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dimanche 2 janvier 2011

[Tech] 2010, année noire pour la virtualisation (et le Green IT)

InfoWorld
En dépit de ses promesses, la virtualisation des serveurs n'a pas progressé en 2010. Selon les études et estimations de Gartner, le taux d'utilisation des serveurs reste à 18%, comme en 2006. Et une enquête d'ESG Research enfonce le clou : moins de 40% des machines virtuelles installées le sont dans un environnement de production.

Les avantages de la virtualisation (augmentation de l'utilisation des serveurs, d'où réduction des coûts et de l'empreinte carbone) ne parviennent pas à convaincre les décideurs malgré la maturité des solutions disponibles. Par conséquent, la majorité des serveurs virtualisés est réservée au développement et aux tests ou, au mieux, à quelques applications de production non critiques.

Cette situation de blocage est due à deux facteurs. D'une part, la gouvernance informatique des entreprises continue à promouvoir le modèle classique dans lequel les applications, dans leur globalité (infrastructures comprises), sont la "propriété" de leurs utilisateurs (les directions "métier"). Dans ces conditions, il est difficile de faire valoir l'intérêt de partager les ressources avec le reste de l'organisation.

D'autre part, si on écarte les impossibilités patentes (notamment les applications anciennes impossibles à virtualiser ou, cas en voie de disparition, les progiciels dont les éditeurs refusent d'assurer le support dans une machine virtuelle), les DSI disent être confrontés à des difficultés budgétaires pour développer la virtualisation dans leurs centres de production. Les autres raisons invoquées pour cette réticence sont les craintes pour la sécurité et les performances. Ainsi, il n'est pas rare de rencontrer des applications critiques fonctionnant sur des serveurs utilisés à 5 ou 10% de leurs capacités, afin de garantir un fonctionnement optimal en cas de pointe de charge.

Triste constat puisqu'une "simple" analyse de la réalité devrait permettre de balayer la plupart de ces objections, au prix, il est vrai, de quelques efforts...

Tout d'abord, en termes de performances, les nouvelles approches de la gestion dynamique de la charge devraient favoriser l'adoption de la virtualisation plutôt qu'attiser les peurs. Ainsi, au lieu d'installer une infrastructure (jamais pleinement utilisée) capable de supporter les pics d'utilisation les plus improbables, les outils modernes permettent de déployer plus ou moins automatiquement de nouvelles machines virtuelles lorsque les sollicitations augmentent puis de les "éteindre" lorsqu'elles ne sont plus nécessaires, laissant les ressources disponibles pour d'autres applications.

Les arguments économiques sont tout autant discutables. Si les serveurs sont utilisés à 18% de leurs capacités, ce sont donc 80% d'entre eux qui sont superflus et 80% de l'énergie consommée pour rien (en simplifiant un peu le raisonnement, je l'admets). Avec les coûts des serveurs, des nouveaux centres de production qu'il faut construire ou de ceux qu'il faut agrandir et de l'électricité nécessaire pour les faire fonctionner, il est difficile de croire qu'un modèle économique rentable n'est pas possible.

Enfin, même si les DSI ne peuvent imposer leurs choix stratégiques à leurs clients internes (ce qui me semblerait pourtant logique), ils sont a minima en mesure de faire valoir les bénéfices de la virtualisation et de "vendre" celle-ci à leurs interlocuteurs, qui sauront certainement y voir leur intérêt.

En conclusion, la généralisation de la virtualisation n'est finalement qu'une question de conviction et de persuasion de la part des DSI. Et les bénéfices pour l'environnement (par la réduction de la consommation énergétique) offrent quelques arguments supplémentaires dans la discussion à l'heure des grands discours sur le développement durable...

D'après un article d'InfoWorld

1 commentaire:

  1. Au delà des aspects liés aux économies d'énergie, les principaux gains économiques sont liés à la faciliter de déployer, administrer et supprimer une machine.

    En revanche, sans règles de gestion précises, on se retrouve vite avec des serveurs virtuels zombies qui sont allumés et administrés, mais ne servent à rien. Voir l'étude de 1E à ce sujet :
    http://www.greenit.fr/tag/1E

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