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jeudi 17 janvier 2013

Quand la Silicon Valley "révolutionne" la banque

GoBank
A l'occasion des dernières annonces de Movenbank, j'évoquais, il y a quelques jours, l'émergence d'une nouvelle génération de banques venant menacer les positions des établissements historiques. Voici une nouvelle illustration de cette tendance avec le lancement de GoBank, présentée comme la révolution du secteur vue par la Silicon Valley.

A l'origine de ce nouveau trublion figure la société Green Dot qui, jusqu'à maintenant, se positionnait sur le marché des cartes prépayées. Grâce à une licence bancaire acquise à travers le rachat d'une autre banque (rebaptisée depuis "Green Dot Bank"), elle franchit donc désormais un nouveau pas dans ses ambitions. Dans un premier temps, GoBank opère un démarrage limité, avec quelques clients recrutés par invitation, l'ouverture globale étant prévue dans le courant de l'année.

Afin de rectifier quelques informations erronées ayant circulé ces derniers jours, précisons d'emblée ce que n'est pas GoBank (malheureusement). Il ne s'agit pas d'une banque exclusivement mobile et, en particulier, il n'est pas prévu de permettre d'ouvrir un compte avec l'application pour smartphone (au moins pour l'instant). Il reste vrai qu'elle a néanmoins été conçue pour offrir tous ses services sur mobile et, en conséquence, une fois le compte créé, le client pourra ne plus jamais revenir sur son site web.

Page d'accueil de GoBank

Côté produits, l'offre n'est pas extrêmement innovante puisqu'elle comprend, un peu comme pour toutes les "nouvelles" banques de ces derniers mois, un compte courant avec une carte de débit, le classique (aux États-Unis) dépôt de chèque via mobile (par photographie), un réseau de GAB important et une option de paiement "P2P" (de "pair à pair") via adresse mail, numéro de téléphone ou compte Facebook.

S'y ajoutent deux possibilités moins banales (mais non exclusives), une de dépôt de fonds en espèces auprès des correspondants actuels de Green Dot (dont les magasins WalMart) et l'autre d'envoi de chèque par mobile (le client fournit les informations, la banque imprime et envoie le chèque à son bénéficiaire).

L'application mobile, pour iPhone et Android, propose, quant à elle, plusieurs fonctions qui sortent un peu de l'ordinaire, outre la gestion de budget qui y est naturellement intégrée. Tout d'abord, elle permet de créer un visuel personnalisé pour la carte bancaire, éventuellement en utilisant une photo issue de Facebook. Ensuite, suivant une tendance émergente, elle permet (si l'utilisateur le souhaite) de consulter le solde du compte sans saisie du code secret.

Enfin, "Fortune Teller" ("diseuse de bonne aventure"), la plus originale, rappelle la fonction "puis-je m'offrir ?" de Meniga, en plus ludique mais moins prédictive : avant de réaliser un achat important, le client peut interroger l'application pour vérifier sa capacité financière ou sa position par rapport à son budget. En cas d'incompatibilité, c'est un message plus ou moins humoristique, choisi parmi une large sélection, qui l'informe de sa situation ("Tu te rappelles la dernière fois que tu as gagné à la loterie ? Moi non plus.").

On le voit donc GoBank apporte quelques petites idées mais la révolution n'est pas au rendez-vous dans son offre. En fait, ses arguments les plus convaincants se situent sur le terrain des coûts, qui sont à la fois faibles et transparents. Ainsi, seuls 4 types de frais sont facturés : les retraits dans les GAB "hors réseau", les achats à l'étranger, le visuel personnalisé sur la carte et un abonnement mensuel. Et encore, ce dernier est optionnel : les clients choisiront de payer entre 0 et 9 $ selon leur degré de satisfaction !

En conclusion, la banque vue par la Silicon Valley ne s'avère pas si différente de celle que l'on connaît déjà. Bien que GoBank place l'innovation dans ses valeurs essentielles, elle tend surtout à se positionner par ses prix bas. Le concept pourra certainement séduire une certaine catégorie de consommateurs, dont ceux, nombreux, qui se plaignent de l'opacité des tarifs des établissements historiques, mais il laissera sur leur faim ceux qui rêvent d'une véritable disruption dans le secteur financier...

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