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vendredi 1 février 2013

Barclays réduit ses coûts avec un nuage et Linux

Barclays
L'information a été lancée en début d'année par le Sunday Times et, malgré ses approximations et ses probables exagérations, elle a de quoi attirer l'attention : grâce à, entre autres, un "cloud" interne, la banque Barclays espérerait économiser jusqu'à 90% sur ses coûts de développement logiciel !

Ce concept de "cloud" interne consiste un peu à mettre en pratique les recettes d'Amazon ou de Google au sein des centres de production de l'entreprise. Ainsi, les infrastructures informatiques (serveurs, stockage, réseau...) sont rassemblées et mises en commun, pour former un "nuage" dont les ressources sont mises à disposition des utilisateurs, en quasi temps réel, en fonction de leurs besoins.

Une application à réaliser ? Le développeur réserve un serveur et commence à coder. Le nouveau logiciel doit être testé ? Les équipes de recette allouent leur propre serveur. Les tests sont terminés ? Le serveur est libéré, près à être utilisé pour le projet suivant. Un pic d'accès à une application à la suite d'une opération marketing ? En quelques minutes, des ressources supplémentaires lui sont affectées. Le trafic revient à la normale ? Le surcroît de capacité est libéré et remis à la disposition des autres utilisateurs.

La deuxième partie de l'équation financière gagnante de Barclays serait une transition massive de ses applications vers le système Linux et, vraisemblablement quelques autres logiciels libres, qui lui permettrait de réduire de manière drastique la facture des grands éditeurs, Microsoft et Oracle en tête. Apparemment, le projet serait même déjà entré dans une phase active, mis en œuvre avec succès dans une poignée d'applications destinées à la clientèle.

Par ailleurs, l'article cite un autre bénéfice des changements en cours au sein de Barclays, prenant justement l'exemple une de ses applications mobiles les plus populaires, Pingit. Celle-ci aurait ainsi été développée en 7 mois, contre un délai estimé de 2 ans avec des méthodes traditionnelles. Si cette affirmation est difficilement vérifiable, un fait incontestable tend à en confirmer la vraisemblance : depuis son lancement, le rythme des évolutions et des mises à jour est impressionnant, du jamais vu pour une réalisation bancaire !

Ecran Pingit sur iPhone

Au final, que penser de cette information ? Premier point important, Barclays démontre qu'il est possible pour une banque de miser sur le logiciel libre et de se lancer dans une initiative de "cloud" interne, et d'en retirer de bons résultats. Les économies annoncées sont certainement exagérées mais la réduction des coûts de licence cumulée à l'amélioration du taux d'utilisation des infrastructures permise par le "nuage" peut effectivement engendrer de sérieuses baisses des factures.

Quant à l'accélération des développements, elle va certes être favorisée par le "cloud" (grâce à l'accès rapide des développeurs aux ressources dont ils ont besoin, ainsi que par la standardisation des environnements qui l'accompagne) mais pas autant qu'annoncé. Cependant, comme le note un article de Finextra, une transformation de l'organisation est aussi en jeu : par exemple, les utilisateurs finaux et les développeurs échangent librement, partageant idées et commentaires. La fluidité du dialogue est un incontestable facteur d'agilité !

Les zones d'ombre sont encore importantes dans la nouvelle approche de Barclays, mais tous les indices tendent à confirmer que son nouveau COO, Shaygan Kheradpir, a initié un vaste chantier de transformation qui veut amener l'informatique de la banque au niveau de l'état de l'art. On rêverait de voir son exemple se propager chez ses concurrentes...

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