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jeudi 8 janvier 2015

Avec Vouch, le prêt redevient personnel

Vouch
Entre finance participative et nouveaux moyens d'évaluation du risque de défaut, le secteur du crédit connaît aujourd'hui une transformation profonde grâce aux technologies numériques. Une jeune pousse américaine, Vouch, imagine maintenant de réintroduire une touche humaine dans les processus, afin d'être encore plus performante.

La startup – créée par des vétérans de Google, PayPal, Prosper et Bank of the West – cible les particuliers souhaitant emprunter entre 500 et 7 500 dollars, sur 1 à 3 ans, avec une offre qui, au moins pendant la période expérimentale, repose sur un financement classique, sur fonds propres. La mise en œuvre d'autres sources, telles que le crowdfunding, pourra être envisagée ultérieurement. En attendant, la proposition de valeur de Vouch est une promesse de taux d'intérêt d'autant plus avantageux que le demandeur saura mobiliser la confiance de sa famille et de ses amis.

Le fonctionnement du dispositif est simple. Le consommateur commence par ouvrir un dossier, en ligne ou dans l'app mobile (qui est, de loin, le canal le plus utilisé par les beta testeurs), en répondant à quelques questions personnelles. S'il est considéré éligible, il va alors recevoir une offre, basée sur des critères classiques (dont son score de crédit). Dernière étape, la plus importante, il va inviter son réseau de connaissances à apporter une caution – morale et/ou financière – à sa demande. Par la suite, chaque « garant » confirmé fera progressivement baisser le taux de l'emprunt proposé.

Vouch sur iPhone

A l'instar d'autres solutions qui lui ressemblent, c'est une analyse de données, basée sur des algorithmes propriétaires, qui permet de déterminer le risque de défaut des clients et, donc, d'ajuster le taux d'intérêt en conséquence. Mais, alors qu'un Lenddo, par exemple, explore le graphe social « statique » sur les plates-formes publiques (Facebook, essentiellement), Vouch interroge directement les référents qui lui sont soumis, en vue d'estimer le niveau de confiance qu'ils accordent à l'emprunteur.

Chacun des contacts est appelé à remplir un formulaire simple (composé de 3 à 5 questions), notamment sur les relations qu'il entretient avec le demandeur. Il peut également, s'il le désire, s'engager – uniquement moralement, semble-t-il – à verser une somme donnée (à partir de 25 dollars) en cas d'incident de remboursement. À partir de différents critères, implicites et explicites, parmi lesquels la rapidité des réponses, le nombre et la qualité des cautions obtenues, le contenu des réponses…, la startup va affiner son évaluation du dossier et optimiser sa proposition.

Il s'agit finalement d'une sorte de retour aux sources pour le crédit « personnel », rappelant l'époque lointaine où le banquier préparait son offre à partir de sa connaissance (intime) de son client. Bien entendu, au XXIème siècle, les méthodes évoluent et peuvent capitaliser sur les technologies et, en particulier, des traitements « intelligents » d'information. Il est vrai que, à notre époque, une telle approche est aussi susceptible de soulever des craintes nouvelles, en matière d'intrusion dans la vie privée…

A lire également, à propos de Vouch, cet article de TechCrunch.

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