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mercredi 27 décembre 2017

Pourquoi la consommation électrique du bitcoin est problématique

Bitcoin
Parmi les polémiques entourant la popularité croissante du bitcoin, celle qui touche à la consommation énergétique me semble être la plus critique car, autant par le sérieux du sujet que par la légèreté avec laquelle de nombreux observateurs l'écartent, elle constitue une véritable menace pour l'avenir même de la cryptomonnaie.

La situation actuelle devrait déjà suffire à soulever l'indignation de quiconque a la moindre sensibilité environnementale : que l'estimation selon laquelle les opérations du réseau bitcoin absorbent l'équivalent de la consommation électrique du Maroc soit juste ou surestimée, la seule idée qu'un instrument financier pratiquement sans fonction économique (à ce jour) autre que la spéculation soit un gouffre énergétique pose une grave question. Même pour ce rôle, d'autres supports seraient plus appropriés.

Cependant, indépendamment des dérives d'usage par rapport à l'idéal initial d'un système de « cash électronique » inscrit dans son texte fondateur, les récents développements tendent à montrer un défaut intrinsèque au bitcoin que, malheureusement, beaucoup de ses défenseurs refusent d'admettre : selon toute vraisemblance, sans changement radical d'approche, son succès ne pourra que s'accompagner d'une croissance de la consommation électrique, incompatible avec les enjeux du XXIème siècle.

Pour comprendre le raisonnement, il suffit de revenir aux basiques de la cryptomonnaie. Commençons par rappeler que le réseau informatique qui la gère est constitué d'une multitude de machines indépendantes qui, grâce à des calculs plus ou moins complexes et énergivores (ce qu'on appelle le « minage »), garantissent l'immutabilité des transactions enregistrées, moyennant une rémunération qui prend, entre autres, la forme d'une commission. Tout le reste est affaire, classique, d'offre et de demande…

Ainsi, la popularité du bitcoin tend logiquement à faire croître le nombre d'opérations. Or la technologie utilisée introduit une limite structurelle à la quantité de transactions qu'il est possible d'enregistrer durant une période donnée (et même si les paramètres étaient changés, il subsisterait toujours un plafond). En conséquence, il apparaît un phénomène de concurrence entre les participants, qui se résout naturellement par une augmentation de tarif : la commission à payer pour valider un transfert augmente.

Inévitablement, cette inflation attire les fournisseurs : le « minage » devenant de plus en plus profitable, il est évidemment tentant de déployer toujours plus de machines sur le réseau pour capter cette manne financière. Il faut noter à ce stade que le nombre de nœuds de calcul est aussi un facteur important de la confiance qui peut être accordée au bitcoin, car il détermine le seuil de puissance qu'il faudrait mettre en œuvre pour « pirater » le système. Plus les sommes circulant sont élevées, plus ce niveau doit être élevé pour décourager les fraudeurs potentiels (qui pourraient être des états).

Ce sont donc deux raisons fondamentales qui justifient une spirale de puissance informatique et de la consommation électrique associée, dont il paraît difficile de sortir sans remettre en cause le principe du bitcoin. Le mécanisme de « preuve de travail » (le travail de calcul, en l'occurrence), en particulier, est au cœur de l'imperfection et aucune alternative ne paraît aujourd'hui offrir une réponse robuste et efficace. Quoi qu'il en soit, il faut impérativement arrêter de croire que le problème se résorbera de lui-même !

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2 commentaires:

  1. Un article (en EN) apportant des pistes de solution : http://mashable.com/2017/12/01/bitcoin-energy/#yUBSsZ7zGPqm

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    1. Je ne vois pas vraiment de solution « structurelle » dans cet article.

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