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lundi 12 février 2018

Services financiers et messageries sociales

Line
Même si le contexte est radicalement différent d'un pays à l'autre, le succès de la plate-forme de messagerie sociale chinoise WeChat dans les services financiers inspire ses alter ego aux 4 coins de la planète. Après le projet d'ICO pharaonique de Telegram, c'est le japonais Line qui affiche désormais des ambitions extensives en la matière.

Naturellement la tentation est grande pour ces acteurs de capitaliser sur leurs millions d'utilisateurs fidèles et l'intégration d'un moyen de paiement, capable d'accompagner le développement du e-commerce sur leurs infrastructures, constitue presque une évidence. Il se trouve que la conjoncture est aujourd'hui particulièrement favorable pour envisager de telles extensions, grâce à la popularité grandissante de crypto-monnaies susceptibles de faciliter leur mise en œuvre, notamment à une échelle internationale.

Dans les deux cas, le déploiement d'une blockchain figure en effet au cœur de la nouvelle infrastructure financière envisagée. Mais si, pour Telegram, l'objectif est principalement de créer une monnaie virtuelle destinée à simplifier les transactions commerciales sur sa plate-forme, Line, qui dispose déjà d'une solution de paiement (classique), a plutôt l'ambition de proposer une palette complète de services financiers, qui, outre une crypto-monnaie, pourrait aussi comprendre crédit, assurances…

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La doctrine en vigueur affirme que les géants technologiques n'auraient pas de visées directes sur le secteur financier, leur intérêt dans le domaine se limitant à capter la relation client (et les données associées, représentant la matière première de leurs modèles économiques). Pourtant, les fournisseurs de messagerie sociale hésitent de moins en moins à s'engager plus avant et l'exemple chinois n'explique pas seul ces initiatives, qui les exposent à des difficultés majeures, réglementaires, entre autres.

En arrière-plan, l'enjeu est colossal pour ces acteurs : afin de maintenir l'addiction des utilisateurs de leurs plates-formes, ils doivent impérativement être à même d'accueillir dans les meilleures conditions tous les outils dont ils ont besoin au quotidien, qu'il s'agisse de discuter avec leurs amis, de réaliser leurs achats, de suivre leur budget, de gérer leurs contrats… Or, dès qu'il est question de finances, les solutions traditionnelles introduisent des frictions insupportables. Il devient alors logique de créer une autre expérience.

En synthèse, je ne crois toujours pas que les entreprises technologiques soient spécialement attirées par les opportunités de la banque et de l'assurance, dont les clés du fonctionnement sont très éloignées de leurs cultures. En revanche, si elles considèrent que les services existants nuisent à leur développement, elles se « résignent » à prendre l'initiative, profitant pour ce faire de l'émergence de nouvelles approches (telles que les crypto-monnaies) grâce auxquelles elles peuvent être plus efficaces.

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