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vendredi 4 mai 2018

Un assureur au volant de la voiture autonome ?

Oxbotica
L'avenir des véhicules autonomes s'annonce brillant… mais lointain. Entre méfiance vis-à-vis d'une « intelligence artificielle » dominatrice et interrogations légitimes sur les responsabilités en cas d'accident, les obstacles sont nombreux. Une startup britannique propose de mettre les assureurs aux commandes pour lever certains d'entre eux…

Oxbotica, une émanation de l'institut de robotique de l'université d'Oxford, conçoit et développe divers logiciels destinés à équiper les automobiles de demain, à la fois pour l'automatisation de la conduite et la gestion de flottes. Alors que de nombreuses expérimentations isolées ont lieu un peu partout dans le monde, elle vient de faire la première démonstration de son système « collaboratif », dans lequel plusieurs voitures communiquent entre elles et avec l'environnement pour plus d'efficacité et de sécurité.

En réalité, cette expérience est menée par un consortium, DRIVEN, qui, outre Oxbotica, comprend notamment un opérateur téléphonique (Telefonica O2), quelques organismes de recherche et un ré-assureur (XL Catlin). L'objectif de cette collaboration est non seulement de faire progresser les technologies rendant possible la conduite autonome sur route ouverte mais également d'adresser tous les enjeux associés, dont la captation, la transmission et l'exploitation des données produites… et la maîtrise des risques.

C'est ainsi qu'est née l'idée que les compagnies d'assurance pourrait, en quelque sorte, prendre le contrôle des paramètres de fonctionnement des véhicules autonomes afin d'appliquer en amont leur expertise de l'évaluation et de la gestion des risques à ce secteur émergent. Concrètement, il s'agirait de leur fournir un accès permanent aux données de conduite de manière à ce que, grâce à leurs modèles actuariels, elles puissent définir des contraintes de sécurité optimisées pour toutes les circonstances.

Consortium Driven – Oxbotica

Un exemple : le partage avec l'assureur des informations collectées par l'automobile sur la configuration géographique des routes et les obstacles qui les jalonnent donnerait lieu à la mise en place d'une limitation de vitesse appropriée. Puis, quand, un jour, une voiture passant à proximité d'une école détecte la sortie de groupes d'enfants en milieu d'après-midi, ce complément de données inciterait à conseiller – directement au véhicule – d'emprunter un autre itinéraire ou de réduire encore la vitesse dans ce contexte.

En perspective, cette idée d'intégrer, d'une certaine façon, l'assurance au cœur de la conduite autonome aurait l'avantage d'instaurer un facteur de sécurité indépendant des constructeurs automobiles et autres concepteurs de logiciels de pilotage. Dans un premier temps, surtout, en apportant un degré de confiance supplémentaire, elle permettrait d'accélérer les expérimentations et laisser espérer une généralisation rapide.

Une question cruciale se pose, cependant : les assureurs sauront-ils saisir l'opportunité qui se présentent à eux de s'inventer un nouveau rôle pour le XXIème siècle ? Ne seront-ils pas plutôt tentés d'éviter de se retrouver en pointe sur un domaine totalement vierge et incertain et, en conséquence, de freiner le développement de la voiture autonome ? Dans tous les cas, on perçoit bien, aussi, que les décisions et les responsabilités seront nécessairement partagées avec les pouvoirs publics…

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