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mardi 6 novembre 2018

Sharegain : encore un marché à démocratiser !

Sharegain
Dix ans après le début de la vague de la FinTech, on pourrait croire qu'elle a épuisé les niches dans lesquelles elle se glisse le plus facilement, c'est-à-dire les produits et services réservés à une minorité avant que la technologie ne les ouvre au plus grand nombre. Au Royaume-Uni, Sharegain en a tout de même trouvé une nouvelle.

En l'occurrence, c'est un secteur extraordinairement étroit auquel a choisi de s'attaquer la startup : le prêt de titres. En effet, celui-ci, est, jusqu'à maintenant, exclusivement réservé aux investisseurs institutionnels, non pour des raisons légales ou réglementaires mais uniquement pour des questions d'ordre pratique. Peu connue, cette activité, vieille de 40 ans, représente pourtant un volume de flux annuel de l'ordre de 2 000 milliards de dollars, à l'échelle mondiale, générant quelques 9 milliards de revenus.

Les emprunteurs, qui sont principalement des grandes banques et des fonds alternatifs, ont diverses raisons pour recourir à ce modèle, entre stratégies de couverture et ventes à découvert (pour le bénéfice supposé de la liquidité et de l'efficacité des marchés, notamment), et il n'est pas réellement question ici de transformer ce versant de l'équation. Cependant, quelles que soient les réserves exprimées face à ces pratiques, il reste la certitude qu'elles ont probablement vocation à se développer.

C'est plutôt du côté des prêteurs – qui, à l'heure actuelle, se trouvent généralement parmi les gérants d'actifs – que Sharegain voit une opportunité de démocratisation : pourquoi l'investisseur lambda ne pourrait-il donc pas lui aussi profiter de cette approche pour rentabiliser son portefeuille, en mettant à disposition d'un tiers les actions, obligations et ETF qu'il détient, moyennant rémunération et sans prendre de risque inconsidéré (il conserve tous les droits, sauf le droit de vote, et les opérations sont nanties).

Accueil Sharegain

Comme il arrive souvent, la technologie est justement prête à apporter son concours à une telle ambition. Le seul facteur qui bloque l'accès des petits portefeuilles au marché du prêt est un déséquilibre de dimension : les emprunteurs cherchent à opérer sur des volumes importants de titres, ils s'adressent donc à des fournisseurs capables de répondre à cette attente. Une solution agrégeant les propositions d'une multitude d'épargnants est désormais en mesure de constituer une alternative crédible.

Sharegain veut ainsi occuper une position classique de plate-forme d'intermédiation, dont le rôle est, en quelque sorte, d'adapter l'impédance entre l'offre et la demande, historiquement élevée, en capitalisant sur l'utilisation des technologies pour garantir la viabilité économique et opérationnelle de sa démarche. Dans ce cas précis, c'est une expertise très particulière (et probablement très rare) qui doit être automatisée, grâce à un soupçon d'intelligence artificielle : la détermination du prix optimal de location.

Le défi majeur de Sharegain – celui qui guette tous les modèles de plate-forme – sera de savoir attirer les participants des deux côtés de son activité. Avec la valeur inédite qu'elle promet aux détenteurs de portefeuilles, la jeune pousse a déjà un atout de son côté. Il lui reste à convaincre les institutionnels qu'elle peut être une autre source d'approvisionnement, tout aussi fiable que leurs partenaires habituels…

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