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samedi 16 novembre 2019

Digiserv, la startup de BNP Paribas au Maroc

BNP Paribas
Au Maroc, BNP Paribas et sa filiale locale, BMCI, ont lancé une nouvelle démarche expérimentale dont l'objectif est de concevoir des services dans des domaines adjacents à leur cœur de métier. Afin de libérer la créativité et de favoriser l'agilité, elles ont choisi de confier leurs projets à une véritable startup qu'elles ont fondé pour l'occasion.

La structure, baptisée Digiserv, présentait officiellement le mois dernier ses deux premières réalisations, actuellement dans un état embryonnaire, tout en affirmant son ambition de s'installer durablement dans le paysage « digital » marocain avec, à terme, une large palette d'outils en ligne ou mobiles susceptibles de répondre à de multiples besoins de la population. Et, même si certains d'entre eux portent une certaine connotation financière, il n'est aucunement question – en tous cas à ce stade – de les relier d'une quelconque manière aux offres ou produits bancaires du groupe.

Nous avons donc, d'un côté, Bricall, une plate-forme web dédiée à la mise en relation des habitants de Casablanca et Marrakech (en attendant le déploiement sur des villes supplémentaires) avec des artisans (électriciens, plombiers, peintres, maçons…). Chaque professionnel y dispose d'une fiche profil, indiquant ses spécialités et fournissant des photos illustratives des chantiers qu'il a réalisés. Les visiteurs peuvent alors le contacter directement (par téléphone) ou déposer sur le site une demande de prestation. Un incontournable système d'évaluation par les utilisateurs complète le dispositif.

Bricall

L'autre solution mise en place (exclusivement sur le web, elle aussi), Dayra, est un outil extrêmement simple de gestion de tontine (appelée « daret », dans sa déclinaison marocaine) : il propose à quiconque de créer une cagnotte, d'y inviter les participants souhaités, puis de suivre les collectes et les versements, à l'exclusion de toute prise en charge des conditions contractuelles et des transferts d'argent effectifs.

Les deux projets sont animés selon une approche itérative et il faut donc considérer que les résultats visibles à ce jour ne sont que des « MVP » (produit minimum viable), destinés à mesurer l'appétence du public pour les concepts et l'intérêt de poursuivre leur développement. Conformément à cette logique, les services devraient s'enrichir rapidement, en particulier, espérons-le, en leur intégrant des possibilités de paiement, ce qui serait la moindre des choses de la part d'une filiale d'institutions financières.

À défaut d'informations plus précises sur l'organisation de Digiserv, on peut cependant s'interroger sur sa finalité réelle. S'agit-il vraiment de rechercher des pistes de diversification pour la banque, à travers la construction d'une collection d'applications pratiques (qui mériteraient alors de s'inscrire dans une stratégie globale cohérente) ? Ou bien faut-il plutôt y voir l'installation d'un environnement expérimental où les collaborateurs peuvent découvrir un autre mode de travail, à l'occasion d'un projet concret ?

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