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vendredi 1 mai 2020

L'inéluctable déclin du crédit personnel ?

Minna Technologies
Dans le registre des transformations du secteur financier engendrées par les évolutions sociétales, voilà une hypothèse originale que propose Hannah Prestone, de la jeune pousse d'origine suédoise Minna Technologies : la disparition progressive du crédit à la consommation à la faveur de la transition vers une économie de l'abonnement.

L'idée est certainement audacieuse, alors que les encours sont en hausse constante depuis quelques années… et qu'ils risquent de se renforcer encore avec la crise sanitaire actuelle. Pourtant, les changements de comportements des consommateurs ne peuvent être ignorés. Certes, dans un premier temps, ce sont surtout les services culturels – musique, cinéma, jeu… – qui ont largement basculé vers les souscriptions tarifées au mois ou à l'année. Mais la tendance prend de l'ampleur et s'étend.

Désormais, les plus grandes marques s'intéressent à cette approche de la distribution. Hannah cite notamment Coca-Cola, Nike et Adidas, ou encore Electrolux, qui lançait, l'année dernière, une expérimentation visant à valider un concept d'aspirateur en location, facturé au mètre-carré nettoyé. Un autre exemple bien connu est celui du constructeur automobile américain Tesla, qui développe une solution similaire avec son modèle de loyer mensuel couvrant usage du véhicule (énergie comprise), entretien, assurance…

Selon toute vraisemblance, le domaine du transport est d'ailleurs promis à être l'un des plus touchés par la mutation, s'il faut en croire l'accélération simultanée des progrès des technologies et des pratiques, entre l'émergence des voitures autonomes (qui rendent possible leur accès à la demande, de manière simple et économique) et la popularité des systèmes de partage (de vélos, de scooters, d'autos…), qui pointe indiscutablement vers une diminution de la logique de propriété… et, donc, du besoin d'achat.

Ainsi, à chaque fois que principe de l'abonnement se généralisera dans ces catégories de produits – et dans toutes les autres : pensons à l'électronique, au mobilier, à l'habillement… –, ce sont des pans entiers d'utilisation habituelle des instruments de crédit personnel qui deviendront obsolètes. Et, bien que la perspective d'une disparition soit évidemment lointaine, l'impact sur les institutions financières serait tellement considérable qu'elle mérite d'être envisagée et de faire l'objet d'un plan de conversion adapté.

Face à la prolifération en cours d'innovations diverses dans l'univers bancaire, qu'elles émanent des acteurs historiques ou des nouveaux entrants, il serait facile de se laisser aveugler par le présent. Or, comme nous le vivons aujourd'hui, de vraies révolutions de notre environnement, beaucoup plus profondes et aux conséquences incommensurables, sont également susceptibles de survenir à moyen et long terme. Alors, la préparation stratégique à tous les scénarios de rupture est plus que jamais essentielle.

Carte de crédit

1 commentaire:


  1. Ce changement vers une consommation d'abonnement semble en effet inéluctable. Des tendances de fonds sont à l’œuvre...

    Prenons un exemple (qui pourrait sembler atypique, mais...) :
    Dans l'industrie de l’édition logicielle, la règle jusque dans les années 2000 était de vendre une licence (assez chère), suivie d'un tarif de maintenance annuel assez bas (de l'ordre de 10-15% du prix de la licence). Cela fonctionnait bien à l'époque...
    Puis, à partir des années 2000, on a commencé à entrevoir les limites de ce modèle, et progressivement, il s'est mis en place deux nouveaux modes de facturation :
    - Le tarif à l'usage (sur la base du nombre d'utilisateurs, nombre d'actions effectuées).
    - La licence annuelle ou mensuelle à coût fixe, qui correspond en fait à un abonnement annuel ou mensuel. Par exemple office 365 plutôt que d'acheter word 20xx, Excel 20xx.

    Le tarif a l'usage a été rendu possible par internet. Il est très bien adapté au B2C, car une multitude de petits ruisseaux individuels vont faire un grand fleuve.
    Dans le monde du B2B, il est souvent plus avisé de faire de l'abonnement annuel plutôt que de l'usage (mais c'est un autre sujet, intéressant d'ailleurs...)

    Je me suis déjà posé la question de ce changement de modèle économique. Dans le fond, je pense qu'il vient du taux d'équipement du marché, et que cette raison est applicable à bien d'autres secteurs que l'édition logicielle.
    Avant les années 2000, on était dans un marché d'équipement. Si je prend l'exemple de word, chaque année, de nouveaux bataillons de personnes (ou entreprises) se mettait à l'informatique et devaient s'équiper (de word par exemple). Ils devaient acheter leurs premières licences... Les revenus du support n'auraient pu à eux seul apporter l'équilibre économique à un éditeur de logiciel. Dès lors que l'on est passé dans un marché de remplacement (car tous le monde est maintenant digital), les revenus ne proviennent plus que du support principalement (les fameux 10-15%) et ne peuvent suffire dans ce modèle. L'équation est cassée. La solution a été de mettre en place l'abonnement annuel (ex: office 365)

    Marché de remplacement = Facteur qui pousse à l'abonnement, d'une manière générale.

    Mais un marché de remplacement peut se ré-installer dans un marché d'équipement, si une évolution technologie majeure jaillit, rendant obsolète les modèles actuels. Un nouvel océan bleu se met en place et rebelotte.

    Quand on est dans un marché d'équipement sans évolutions technologiques majeures, alors la tendance à l'abonnement devrait s'installer, car un autre facteur de fond est à l’œuvre : La dimension écologique.

    Il faut sauver la planète ! (avant de changer le climat, mais c'est une autre histoire!)
    Sauver la planète des millions de tonnes de déchets que nous déversons chaque année et qui ravagent air, terres, ruisseaux, fleuves, mers, ...
    L'économie circulaire est inéluctable.
    Et celle-ci passe certainement par l'abonnement, avec le remplacement systématique tous les x ans de nos équipements, qui peuvent ainsi être systématiquement plus facilement recyclés au bénéfice de la planète.
    Bien des avantages pour l'utilisateur :
    - on reste à jour des nouvelles fonctionnalités
    - on ne s'occupe plus de réparer...
    - c'est pas plus cher
    Et quelques inconvénients :
    - L'obligation de devoir toujours s'adapter à la nouveauté, ce qui peut en rendre fou plus d'un...




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