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mardi 4 août 2020

Google veut être l'interface de la banque digitale

Google
Au début, les rumeurs de lancement d'un compte courant par Google aux États-Unis mentionnaient deux banques partenaires. Six autres viennent désormais les rejoindre officiellement et la porte reste ouverte à toutes celles qui souhaiteraient participer. À travers cette extension, la stratégie du géant technologique commence à prendre forme.

Les huit établissements retenus à ce stade représentent toute la diversité du marché américain, entre la géante Citi et les petites « credit unions » (SEFCU, SFCU) et autres banques communautaires (BankMobile – nouvelle entrante acquise par Customers Bank en 2017 –, Coastal Community Bank, First Independence Bank), en passant par les filiales locales de l'espagnole BBVA et de la canadienne BMO. Ce n'est pas un hasard, puisque Google veut laisser à ses clients le libre choix de leur relation.

Le fait peut surprendre mais il confirme, s'il était encore nécessaire, que l'objectif visé n'est pas de bâtir une solution complète, de bout en bout, mais plutôt d'offrir aux consommateurs qui se détournent des réseaux d'agence une interface « digitale » optimisée, au-dessus d'un socle qui continuera à porter la marque de son fournisseur d'origine. En réalité, en capitalisant sur la confiance acquise aux banques, le maintien de leur visibilité pourrait être un atout magistral pour favoriser et stimuler l'adoption.

Certains se poseront alors la question existentielle : pourquoi des institutions qui possèdent leurs propres applications web et mobiles, dont certaines sont acclamées pour leur qualité, vont-elles se commettre dans cette aventure ? La réponse est peut-être différente pour chacune d'elles mais elles ont certainement en commun la conviction que leur modèle d'interaction n'est pas adapté à tous les publics et qu'il existe un segment de population qui préfèrera l'approche de gestion de l'argent concoctée par Google.

BBVA USA cooperates with Google

On retrouve dans ce raisonnement la vision maintes fois exprimée par BBVA (dont la présence dans l'initiative n'est évidemment ni un hasard, ni une surprise), quand elle poursuit sa cible ultime de conquérir un milliard de clients. Une telle ambition ne sera jamais possible à atteindre sans comprendre les besoins et les attentes qui évoluent d'une génération, d'une catégorie de personnes, d'un individu… à l'autre et sans accepter que des tiers soient mieux positionnés pour répondre à une partie d'entre eux.

Si Google est prête à accueillir d'autres candidates, peu nombreuses sont celles qui ont la maturité suffisante pour franchir le pas, autant du point de vue de la clairvoyance requise que de l'indispensable infrastructure technique. Sur ce dernier plan également, BBVA, avec sa plate-forme ouverte, fait à nouveau figure d'exemple à suivre, ayant pris les devants afin d'être prête à déployer ses services dans toutes les circonstances où, hors de la banque elle-même, ils peuvent s'avérer utiles, voire critiques.

Quelle que soit la perspective par laquelle on l'aborde, la solution à venir – qui devrait voir le jour en 2021 – aura un impact majeur sur l'ensemble du secteur, et probablement au-delà des frontières américaines, car elle peut être répliquée ailleurs (notamment en Europe) sans grande difficulté. Elle devrait encourager les acteurs en place à redoubler d'efforts en matière d'expérience client, où leurs faiblesses sont les plus manifestes, et, surtout, à évaluer leurs options face à la montée de nouveaux intermédiaires qui, à l'instar de Google, se rêvent en point de contact universel avec les consommateurs.

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