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vendredi 17 septembre 2021

La crise fait passer la pilule du bureau flexible

BBVA
Au fil des mois, la crise sanitaire a suscité un grand nombre de projets, souvent innovants, au service des consommateurs, des entreprises… et des salariés. En parallèle, elle offre également un prétexte à des transformations dans l'organisation du travail, dont les « victimes » préféreraient certainement qu'elles n'aient jamais vu le jour.

Sur le plan positif, il restera bien sûr la généralisation du télétravail : abordé, jusqu'en 2019, avec une extrême méfiance autant par les employeurs que par les collaborateurs et les syndicats, son déploiement forcé par les événements à permis à (presque) tous de se rassurer et d'en apprécier les bénéfices, même si la normalisation qui s'opère actuellement tend vers une approche hybride (un consensus semble se dégager autour de deux jours par semaine) parfois perçue comme un peu trop restrictive.

Son corollaire quasiment automatique, en revanche, représente un versant nettement plus sombre. Le concept de bureau flexible est ainsi en train de s'imposer plus ou moins discrètement dans les grands groupes, à l'instar de BBVA, en Espagne. Justifié par la nécessité de gérer la distanciation sociale dans des espaces ouverts trop denses en période de pandémie, il masque difficilement la stratégie sous-jacente de rationalisation de l'occupation des locaux professionnels, aux seules fins d'économies substantielles.

BBVA – Hot Desking

Le mouvement consacre, par contrecoup, le modèle des grands plateaux aux positions de travail banalisées, désormais attribuées indistinctement aux employés en fonction des disponibilités lors de leur arrivée le matin (ou, comme dans le cas de BBVA, sur réservation depuis une application dédiée), un casier autorisant le stockage des affaires personnelles entre deux visites. Naturellement, l'objectif de ces aménagements n'a jamais été dissimulé : il s'agit exclusivement de réduire les surfaces immobilières.

Depuis quelques années, pourtant, les études se multiplient qui soulignent les lourds inconvénients de ces dispositifs, entre, notamment, leur impact sur le bien-être des individus, avec ses conséquences directes, mesurables, sur la productivité, et la baisse de qualité qu'ils engendrent sur la qualité des interactions. Je soupçonne d'ailleurs que le récent succès du travail à domicile soit en partie dû à la lassitude (voire l'épuisement) ressentie vis-à-vis de ces environnements concentrés, sans intimité, sans répit.

Une majorité d'entreprises restent donc définitivement sourdes à ces arguments, jusqu'à franchir aujourd'hui une sorte de point de non retour. Car, quand la situation se stabilisera et que tous les postes pourront à nouveau être utilisés sans risques de contagion, une opération de réduction massive des surfaces de bureau sera certainement engagée, ne laissant que le minimum nécessaire pour chaque personne présente environ la moitié du temps. Et l'efficacité des collaborateurs continuera à s'effondrer…

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