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samedi 26 mars 2022

Détour sur la semaine de l'éducation financière

CIBC
Alors que s'achève la semaine de l'éducation financière 2022, je propose de nous attarder sur une étude réalisée par CIBC auprès des consommateurs (adultes) canadiens, qui révèle leur préoccupation croissante pour leur bien-être mais souligne leurs difficultés à faire face à leur manque d'information et de culture en matière d'argent.

C'est en quelque sorte devenu une évidence pour de nombreux citoyens à travers le monde dans le sillage de la pandémie : prendre soin de ses finances personnelles est important afin d'affronter les vicissitudes de l'existence et de mener à bien ses grands projets de vie. Selon l'enquête diligentée par CIBC, qui pourrait certainement produire les mêmes résultats dans d'autres pays, trois quarts des individus interrogés en font une priorité pour 2022. Hélas, ils ne possèdent pas les bases nécessaires pour réussir…

Sur le sujet emblématique de la préparation de leur retraite, par exemple, une immense majorité d'actifs (88%) confirment n'avoir pris aucune disposition spécifique et moins de la moitié (43%) estiment qu'ils épargnent suffisamment pour s'assurer une pension confortable au moment de leur choix. Il en reste beaucoup, plus particulièrement chez les femmes, qui ignorent à quel âge elles ou ils pourront arrêter de travailler et ne savent pas calculer le montant qu'il leur faudrait mettre de côté pour partir l'esprit tranquille.

Devant une telle situation, CIBC met en cause les réticences des intéressés à consulter un professionnel pour les accompagner dans leur planification (82% ne le font pas et seuls 5% l'envisagent). Je ne m'étendrai pas ici sur mes doutes habituels concernant la capacité réelle de conseil de ces experts qui ont trop souvent tendance à vendre des produits de placement classiques sans prendre le temps qu'il faudrait pour appréhender le contexte et les objectifs de leur client. Examinons plutôt le comportement de ce dernier.

Semaine de l'Éducation Financière

En admettant que la solution soit effectivement de s'adresser à un spécialiste, combien, même parmi ceux qui souhaiteraient faire plus attention à leur avenir financier, sont réellement prêts à y consacrer les efforts que cela impliquerait ? Sans parler de la recherche des justificatifs et autres documents qui en fournirait le support, une véritable analyse des besoins supposerait quelques heures d'entretien. Qui accepterait, dans ce monde en accélération constante, de perdre plus de quelques minutes avec un banquier pour esquisser des hypothèses lointaines sur une thématique rébarbative ?

Le problème ne se limite évidemment pas à ce mode d'interaction. La même limite peut également être observée avec les tentatives de mise en place de sites dédiés à l'éducation financière (tel que celui que vient d'inaugurer BBVA pour cette semaine internationale). Dans l'océan de contenus disponibles sur les canaux « digitaux », quelle infime fraction des internautes choisira de s'instruire plutôt que de se divertir, et combien de temps durera leur engagement ? Un format ludique fera peut-être gagner quelques points… mais ne pourra jamais lutter contre un Mario Kart ou un Candy Crush…

La seule solution viable pour une majorité de consommateurs consisterait probablement à rendre les moments d'apprentissage quasiment invisibles, immergés au cœur des expériences du quotidien. Les outils numériques des banques se prêtent parfaitement à une telle approche : sollicités plusieurs fois par semaine en moyenne, ils devraient profiter de chacun de ces instants d'attention captée pour exposer, en quelques secondes, un concept clé, en lien direct avec les circonstances de l'action entreprise. Quoi qu'il en soit, l'évolution des comportements exige de réinventer les modèles pédagogiques.

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