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samedi 31 janvier 2026

La réduction des coûts par l'IA en question

Gartner
Les agents d'assistance automatisée représentent un des cas d'usage les plus courants de l'intelligence artificielle générative et la motivation principale de ces implémentations réside aujourd'hui presque toujours dans la réduction des coûts du service aux clients. Mais Gartner prévient : ces espoirs d'économies seront anéantis à moyen terme.

Dans cette période de recherche d'efficacité opérationnelle à toute force de la part de nombreuses entreprises, notamment dans le secteur financier, l'IA est fréquemment abordée comme un outil capable de remplacer des milliers d'employés. Ces derniers étant considérés implicitement comme la première (parfois seule) variable d'ajustement de la rentabilité, à défaut de progression significative des revenus, les dirigeants croient alors tenir une martingale susceptible de répondre à tous leurs problèmes.

Or, selon les analystes de Gartner, il s'agit d'une stratégie à courte vue car la perception actuelle du prix de la technologie est faussée. Entre les besoins de puissance de calcul en hausse constante – nécessitant toujours plus d'infrastructures mais consommant également une énergie chaque jour plus onéreuse – et l'inéluctable transition des fournisseurs vers un modèle de rentabilité – alors qu'ils ne font aujourd'hui payer qu'une fraction du coût réel de leurs services –, en passant par la sophistication croissante des applications, exigeante en ressources diverses, la facture va bientôt devenir salée.

En pratique, les projections du cabinet aboutissent à un prix moyen de résolution (d'une demande) dépassant 3 dollars à l'horizon de 2030, supérieur à celui offert par certaines officines délocalisées, avec des interlocuteurs humains. Il n'est certes pas question de qualité à travers ces statistiques triviales mais les erreurs de l'IA risquent de générer autant de mécontentement que les centres de contact traditionnels au rabais.

Autre facteur à prendre en compte dans ce contexte précis, des législations sont en cours d'élaboration un peu partout afin d'instaurer, notamment dans les domaines sensibles, un droit du consommateur à dialoguer avec une personne. Les tentatives d'élimination des effectifs en place pourraient alors se retourner contre leurs instigateurs, qui seraient contraints de reconstituer d'importantes équipes de téléopérateurs en vue d'absorber un afflux de sollicitations de clients encouragés par la réglementation.

La conclusion que tirent les analystes de ces perspectives ne consiste évidemment pas à remettre en cause le recours à l'intelligence artificielle dans le service client mais plutôt à s'interroger sur sa finalité. L'objectif de réduction des coûts est certes le plus séduisant à court terme mais il repose sur un mirage. Il vaudrait donc mieux miser sur la création de valeur et, en particulier, l'optimisation de l'expérience utilisateur.

La recommandation vaut à mon avis d'être étendue à plus grande échelle. Les annonces tonitruantes qui émergent ces derniers mois, vantant les gains obtenus grâce à l'IA et chiffrés en millions d'économies réalisées, en général à travers des licenciements massifs, me paraissent éminemment suspectes. En effet une bonne partie de l'équation économique des initiatives mises en œuvre est soigneusement masquée ou esquivée, les paramètres fluctuants dans le temps (à la hausse) étant les plus dangereux.

Le conseil global à retenir serait ainsi d'envisager en priorité l'introduction de l'intelligence artificielle dans des contextes de transformation radicale et de limiter drastiquement ou, à tout le moins, approcher avec prudence et circonspection les investissements dans des projets relevant seulement de l'amélioration continue.

Chatbot

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