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mercredi 16 mars 2022

Avec Rutter, l'e-commerce a ses API

Rutter
Les API s'emballent ! Après les interfaces avec les systèmes de paye d'Atomic, ce sont cette fois les plates-formes de commerce en ligne qui voient leurs précieuses données exposées, grâce à Rutter, une jeune pousse américaine qui vient de lever 27 millions de dollars, explicitement inspirée par la banque ouverte en général et Plaid en particulier.

Le mouvement sous-jacent suit un cours naturel puisque, depuis maintenant plus de 10 ans, quelques trublions en avance sur leur temps, jeunes pousses et géants du web en tête, exploitent les informations extrêmement riches qu'accumulent les grandes enseignes de la distribution « digitale » afin de mieux connaître les entreprises qui y exercent leur activité et de la sorte mieux répondre à leurs attentes et à leurs besoins, notamment en matière de crédit. Avec la maturité, il devient logique d'envisager une généralisation.

En parfait alignement avec ces tendances, Rutter propose donc un modèle désormais bien connu d'agrégation, à travers lequel ses clients disposent d'un point d'accès unique aux places de marché et autres solutions technologiques les plus fréquemment mis en œuvre par les e-marchands – avec l'accord explicite de ces derniers, naturellement, via une classique demande de connexion unifiée – afin d'y collecter, sous un format homogène et cohérent, les indicateurs leur permettant de remplir leur office.

Sans parler de ses efforts parallèles en direction des outils de comptabilité, Rutter espère atteindre en 2022 une centaine d'intégrations, ajoutant par exemple actuellement FNAC et Prestashop aux partenaires existants tels que Shopify, Magento, Amazon, Square… Dans la mesure du possible, les fonctions qu'elle implémente pour chacune d'elles portent à la fois sur la consultation (des clients, des commandes, des états financiers…) et sur quelques options de modification (ajout de produit, exécution de commande…).

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À ce stade, les utilisateurs du service émanent principalement du secteur financier, entre autres pour les évaluations de fiabilité lors des sollicitations de crédit (à l'instar de Ramp), et dans le domaine du logiciel à destination des commerçants (tels les modules de gestion de catalogue). Mais d'autres usages sont déjà imaginés par ses concepteurs, en assistance à la détection de fraude sur les paiements ou dans la qualification de contrats d'assurance à partir de données fiables, pour n'en citer que deux.

Les API sont fréquemment évoquées dans des applications à l'intention du grand public, mais l'univers des entreprises offre également des opportunités extrêmement attractives. Le contexte est d'ailleurs propice dans l'industrie bancaire (historique ou émergente), où les offres dédiées aux PME sont en vogue. En outre, la moindre résistance au transfert d'information dans l'environnement professionnel observée sur les expériences du passé, constitue un intéressant facteur supplémentaire d'adhésion.

Si, en raison des exigences de leurs métiers, les institutions financières sont en première ligne pour l'exploitation d'informations issues de tous horizons, elles pourraient aussi se positionner sur une autre dimension du sujet. En effet, la prolifération des moyens de partage d'accès numérique induira bientôt un besoin pressant de contrôle. Dans le cas des citoyens, les initiatives publiques devraient le satisfaire. Mais qui prendra en charge les portefeuilles sécurisés de données privées des personnes morales ?

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