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samedi 12 mars 2022

LCL vise un investissement « zéro impact »

LCL
Dans l'univers de l'investissement financier, les préoccupations environnementales prennent de l'importance, du côté des particuliers et, par rebond, du côté des fournisseurs. Malheureusement, les solutions proposées restent fragmentaires. LCL, avec Crédit Agricole CIB, franchit désormais une étape supplémentaire vers l'impact « zéro ».

Au premier abord, son nouveau produit structuré, destiné à ses clients de banque privée et de gestion de fortune, est conçu sous une forme relativement classique. Il comprend donc un support indexé sur une valeur [PDF] de référence, elle-même alignée sur une approche ambitieuse des engagements de l'Accord de Paris, auquel s'ajoute une partie d'un portefeuille spécialisé de CACIB, consacré au financement de projets favorisant la transition énergétique, la réduction des émissions de gaz à effet de serre…

J'émettrai les réserves habituelles sur le volet indiciel du dispositif, dont la contribution réelle aux enjeux climatiques est largement artificielle. Mais LCL s'attarde sur une autre dimension du sujet qui est, elle aussi, généralement ignorée dans l'investissement socialement responsable (ISR) : quid des impacts résiduels ? Aucun des instruments impliqués n'étant totalement neutre vis-à-vis de la planète, l'établissement inclut automatiquement un mécanisme de compensation afin de compléter sa démarche.

Le système retenu dans ce but s'avère extrêmement concret, puisqu'il repose sur le soutien à une initiative opérationnelle de lutte contre la déforestation à Yedeni, en Éthiopie. En pratique, les crédits carbone dégagés par ce programme, certifiés par un organisme indépendant de standardisation, seront acquis à hauteur des émissions non évitables des placements et leur coût sera imputé sur le rendement global. Seule inconnue, la méthode de mesure mise en œuvre en amont n'est pas précisée…

LCL – Net Zero Carbon

Face à une concurrence qui manie facilement le « greenwashing », LCL révèle une stratégie étonnamment pertinente et pragmatique, loin de la facilité qui caractérise souvent la responsabilité sociale et environnementale, surtout dans les grands groupes. Elle prend ainsi en compte, ne serait-ce que partiellement, en complément d'une politique d'allocation passive classique, l'exigence de contribuer à des actions aux effets directement positifs. Surtout, elle prend soin de ne pas tomber dans le piège de la seule compensation, qui n'est qu'un pis-aller vis-à-vis de la véritable cible à atteindre.

Le modèle qu'expose la banque de la sorte est non seulement vertueux en soi mais il offre également une opportunité de sensibiliser les clients aux différentes perspectives que recouvrent les défis environnementaux, y compris au-delà d'une vision exclusivement financière. Il lui resterait maintenant à le généraliser, notamment vers le grand public et les produits d'investissement qu'il privilégie, afin de démultiplier sa portée et son efficacité, singulièrement limitées tant qu'il ne s'adresse qu'à une niche de clientèle nantie.

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