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dimanche 1 mai 2022

L'innovation de Commerzbank passe au vert

Neosfer
Presque 10 ans après la création (en 2013) d'une filiale dédiée à l'innovation, l'allemande Commerzbank veut désormais lui donner une nouvelle impulsion, résolument axée sur le développement durable, sous le nom de Neosfer. S'il est évidemment trop tôt pour savoir si la démarche est sincère, elle ouvre des perspectives intéressantes…

En préambule, il faut bien admettre que les résultats obtenus par la structure, qui s'appelait jusqu'à présent Main Incubator (Main pour ses origines francfortoises, bien sûr), paraissent plutôt modestes, entre sa trentaine d'investissements et ses plus de 400 prototypes réalisés… dont il n'est fait aucune mention de la proportion ayant abouti à une solution viable. Alors, dans tous les cas, peut-être était-il temps de remettre sa mission à plat et d'envisager de revisiter ses priorités et ses principes de fonctionnement.

Tandis que les préoccupations environnementales prennent de l'ampleur dans nos sociétés et que des premiers pas ont déjà été accomplis dans cette direction, notamment via des prises de participation dans quelques startups spécialisées (dont une licorne), le choix a donc été fait de cibler exclusivement l'intersection entre « digitalisation » et écologie (sans oublier l'intégration des problématiques sociales), au bénéfice à la fois des métiers de la banque et des besoins de ses clients, particuliers et professionnels.

En revanche, le modèle opérationnel reste inchangé, toujours distribué entre les expérimentations portées directement pour la maison mère, au besoin avec l'aide de partenaires, et le soutien aux jeunes pousses (européennes), sur les phases précoces (financements d'amorçage ou de série A, jusqu'à 3 millions d'euros). À la jonction des deux s'insère une ambition de stimuler les écosystèmes, matérialisée, entre autres, par un événement annuel, l'Impact Festival, et l'organisation de rencontres régulières.

Neosfer – Build – Invest – Connect

En attendant de découvrir comment atterrira concrètement l'initiative, ses fondations méritent toute notre attention car elles offrent, potentiellement, un éclairage différent sur les approches d'innovation dans le secteur bancaire. En effet, confier une telle mission à une entité (relativement) indépendante est rarement concluant, pour diverses raisons, dont les deux principales sont le risque de perte de contact avec la réalité de l'activité au quotidien et la crainte d'émergence d'une concurrence interne destructrice.

Avec une focalisation thématique sur les enjeux de responsabilité, ces inquiétudes peuvent s'effacer, dans la mesure où, malheureusement, ces questions ne sont pas réellement au cœur des stratégies actuelles, surtout dans leur dimension technologique. L'approche est de la sorte un moyen de corriger une lacune béante et de garantir qu'elle est traitée avec le minimum d'interférences des affaires courantes, et, au contraire, une perception « automatique » de complémentarité avec l'ensemble de l'organisation.

Selon cette logique, Neosfer représente, par exemple, une excellente manière d'éviter les angles morts classiques des politiques environnementales dans les grandes entreprises (à commencer par la tendance à reporter les engagements sur les tiers, clients ou partenaires). En revanche, une difficulté majeure ne lui sera pas épargnée : comment assurer la transition, en douceur, des innovations qu'elle génère vers la production de Commerzbank ? À défaut, les efforts de la banque ne lui profiteront guère.

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