Comme pour contredire mes propos d'hier, Danske Bank a récemment déployé pour sa clientèle d'entreprises des interfaces au standard MCP afin de permettre aux plates-formes d'intelligence artificielle générative d'accéder aux données de leurs comptes et être de la sorte en mesure de répondre à leurs questions sur leur situation financière.
La démarche n'est pas totalement originale (je pense à Qonto, entre autres) mais, émanant d'une banque traditionnelle, elle est tout de même digne d'attention… surtout dans la tendance actuelle de l'industrie à se défier des agents IA prenant le contrôle, à un degré plus ou moins élevé, des comptes des clients. La scandinave ne s'illustre d'ailleurs pas par son audace, en n'autorisant que des fonctions de consultation, à l'exclusion de toute exécution de transactions (notamment de paiement).
L'ambition sous-jacente est d'offrir aux directeurs financiers la possibilité d'exploiter les informations bancaires depuis leur outil préféré (ChatGPT, Claude…), via une simple connexion à l'établissement, pour des requêtes qui vont au-delà de ce que leur fournisent les applications classiques, qu'il s'agisse d'analyser les dépenses selon des critères personnalisés, d'effectuer des projections de trésorerie avec des hypothèses spécifiques, de rédiger des rapports combinant différentes sources de données…
Du point de vue de la sécurité, les services dédiés à l'IA sont construits au-dessus des API existantes. Ils héritent ainsi des mécanismes mis en place pour leur protection (configuration initiale, certificats, habilitations, procédures d'identification et d'authentification…), conçus précisément pour des interactions entre des systèmes logiciels et évitant les risques de partage de mot de passe avec un robot, qui terrorisent tant de responsables (dans les organisations et leurs institutions financières).
Grâce à ces différentes précautions et sauf faille de sécurité (que l'IA pourrait détecter), Danske Bank peut être confiante sur les usages de ses clients, avec l'avantage notable, en comparaison de ses propres solutions, de pouvoir dégager sa responsabilité sur les éventuelles divagations des modèles tiers d'intelligence artificielle auxquels ils recourent. Il n'est même pas nécessaire, dans un périmètre circonscrit à la lecture de données, de se préoccuper des intentions de l'humain agissant en arrière-plan.
Cependant, une fois la porte entrouverte, les firmes qui adoptent cette option souhaiteront rapidement avoir aussi la faculté de piloter leurs comptes, par exemple avec l'automatisation des règlements (pour commencer). L'initiative de Danske Bank ne peut donc être considérée que comme une première étape… et la prochaine sera bien plus complexe à mettre en œuvre. En parallèle, la déclinaison de l'approche sur le marché des particuliers constitue un autre défi à envisager. Quoi qu'il en soit, il est critique de mettre le pied à l'étrier au plus tôt, face à des besoins qui évoluent vite.


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