Le contrôle d'identité des auteurs d'opérations sensibles (ouverture de compte, transfert de montant élevé…) est désormais standardisé autour de mécanismes d'analyse automatique d'une capture vidéo. Hélas les escrocs redoublent d'imagination afin de les contourner. Veriff propose donc une nouvelle escalade dans la course à l'armement.
Il est loin le temps où l'envoi d'un code à usage unique par SMS, à valider sur le site de la banque (ou de toute autre entreprise souhaitant se protéger), suffisait à garantir l'authenticité de l'internaute tentant d'exécuter une opération sur un site web ou dans une application mobile. Aujourd'hui, même la réglementation impose des contraintes plus strictes, qui passent presque toujours par l'enregistrement d'une séquence vidéo pour comparaison du visage de l'interlocuteur en cours avec celui de ses documents d'identité, assortie d'une preuve de vie, pour éviter d'être trompé par une photo.
Si ces dispositifs parviennent à limiter les risques d'abus, ils ne sont pas infaillibles et les progrès de la technologie associés à l'inventivité des cybercriminels réduisent progressivement leur efficacité. Il a d'abord fallu compter avec les fausses vidéos générées, en temps réel, par intelligence artificielle, dont la détection fait maintenant partie de l'arsenal défensif, avec plus ou moins de succès. Autre stratégie particulièrement prisée des manipulateurs « sociaux », que Veriff prend donc en compte dans sa plate-forme de vérification de présence, le téléguidage de l'utilisateur légitime.
Durant une session de contrôle, au déroulement classique pour l'individu connecté, l'outil de la jeune pousse collecte non seulement la séquence d'images qui lui permet en priorité de réaliser sa mission usuelle de confirmation d'identité mais également des éléments sonores contextuels. La combinaison des deux rend ses conclusions plus précises et l'aide en outre à diagnostiquer les cas où la personne suit les instructions malveillantes d'un tiers, par téléphone ou par message, typiquement un vendeur de faux produits d'investissement qui convainc sa victime que sa banque lui mettra des bâtons dans les roues pour des raisons concurrentielles et non pour protéger son argent.
Incidemment, je note que Veriff se concentre exclusivement sur son cœur de métier, l'identité. Cependant, j'imagine que son approche intéresserait aussi potentiellement les acteurs – de la finance (dont certains s'impliquent sur le sujet) ou autres – désireux d'offrir leur assistance aux victimes de violences domestiques…
L'évolution permanente des méthodes employées par les fraudeurs pour parvenir à leurs fins mène presque automatiquement à une multiplication des mécanismes de riposte… dont les consommateurs sortent quasiment toujours perdants. Dans le cas présent, l'expérience utilisateur ne souffre pas vraiment du test supplémentaire, intégré dans le parcours existant, mais celui-ci représente tout de même un surcroît d'intrusion dans la vie privée. Jusqu'où devra-t-on accepter d'être espionnés pour notre sécurité ?




















