Née en 2020 en Afrique du Sud, Float débarque maintenant au Royaume-Uni avec sa solution de crédit à la consommation qui ne dit pas son nom. Alors que la réglementation est en passe d'être renforcée pour les pourvoyeurs de paiement fractionné, elle devrait passer sous les radars, en se greffant sur les cartes de crédit existantes.
Son produit est distribué auprès des commerces de biens d'une certaine valeur – appareils électroniques, mobilier, automobile, vêtements de luxe… – qui souhaitent pouvoir proposer à leurs clients une option de financement plus flexible et plus économique que celle que leur procure leur moyen de paiement habituel, sans avoir à souscrire un emprunt supplémentaire, donc avec un minimum de frictions additionnelles dans leur parcours, que celui-ci se déroule en ligne ou dans une boutique physique.
Comment la jeune pousse parvient-elle réaliser un tel exploit ? En arrière-plan, elle se contente simplement de prélever par mensualités successives le montant de l'achat, sur une durée qui peut s'étendre jusqu'à 12 mois, un peu comme le font les spécialistes du BNPL depuis plusieurs années. Cependant, elle introduit une particularité déterminante dans son modèle : lors de la conclusion de la transaction, elle prend une réserve sur la carte de crédit du consommateur, pour la totalité de la somme due.
Grâce à cette astuce, Float se dispense de l'analyse de risque et de solvabilité du client : c'est celle de l'émetteur qui est automatiquement prise en compte, à travers l'application du plafond de la carte. Le raisonnement sous-jacent est que de nombreux porteurs n'utilisent pas (pleinement) leur solde et que celui-ci crée ainsi une opportunité pour ceux qui préfèrent ne pas laisser courir leur encours et se contraignent donc à régler leur dû avant qu'il ne porte d'intérêts, soit, en général, sous un à deux mois.
La promesse aux marchands se fait de la sorte irrésistible, avec un instrument qui permet aux acheteurs d'étaler leurs règlements dans le temps et, en conséquence, les encourage à dépenser plus, accessible pour un coût minime (variable selon les options retenues, dont le reversement en une fois ou échelonné), en raison de la quasi élimination du risque, et sans tracasseries administratives, au point d'être transparent une fois prise la décision de le mettre en œuvre (sous réserve d'éligibilité de la carte).
Pour le consommateur, la perspective sera plus mitigée. Certes, la faculté de bénéficier gratuitement de l'équivalent d'un prêt sans ses contraintes représentera une aubaine pour ceux qui hésitent à passer à la caisse devant un prix élevé. Mais la flexibilité et la simplicité du système ont leur revers dangereux : outre le risque de laisser les mensualités s'accumuler sur la carte et de payer des intérêts malgré tout, il perd toute visibilité sur son engagement, et ce pour une période beaucoup plus longue que le BNPL classique. Un outil de pilotage de finances personnelles semblerait indispensable.



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