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C'est pas mon idée !

jeudi 10 janvier 2013

L'assurance automobile devra se réinventer

Assurance automobile
Au-delà de leur adoption au sein des compagnies d'assurance, les nouvelles technologies induisent également des changements sociétaux importants, dont les impacts sur le métier même d'assureur peuvent être beaucoup plus disruptifs. Un article de Marik Brockman (PwC) pour la revue Insurance & Technology aborde ainsi les transformations que va amener l'évolution actuelle du secteur automobile.

Particulièrement visible depuis l'annonce publique de l'expérimentation des "Google cars" sans conducteur, auxquelles se joignent désormais Toyota et Audi (selon les derniers échos du CES 2013 à Las Vegas), la future génération de véhicules autonomes promet de réduire drastiquement les risques d'accident. C'est le cas aussi avec l'introduction de nouveaux systèmes de communication entre véhicules, et d'autres innovations encore.

Naturellement, on peut arguer que les progrès déjà réalisés avec, par exemple, le freinage ABS, la généralisation des airbags... n'ont pas conduit à une baisse des primes d'assurance (en raison, notamment, de l'augmentation concomittente des prix des réparations et des frais médicaux). Il est donc improbable que les coûts (et, donc, les revenus des compagnies) s'effondrent du jour au lendemain.

Google Car

Il ne faut pas, cependant, négliger l'effet prévisible, à long terme, de l'automatisation sur la réduction des risques à couvrir. Par ailleurs, comme le note un analyste de Celent, le renforcement des contrôles policiers (eux-mêmes automatisés) et l'évolution de l'arsenal législatif (et si un gouvernement rendait obligatoire les systèmes de communication entre véhicules pour réduire les encombrements sur les routes ?) viendront encore ajouter à cet impact des technologies et en accélérer la concrétisation.

Une autre révolution à attendre de ces tendances émergentes est le report de responsabilité en cas de sinistre. Car, quand la voiture sera autonome, la survenue d'un accident sera due non plus au conducteur mais à une défaillance des technologies embarquées. Dès lors, c'est le constructeur qui deviendrait l'assuré, dans un modèle totalement nouveau où, par exemple, l'achat du véhicule intègrerait le contrat d'assurance et où, par conséquent, l'ensemble de la chaîne de valeur (de la tarification à la distribution) devrait être revu de fond en comble.

Mais avant l'accomplissement de cette vision futuriste, d'autres changements de comportements méritent l'attention des assureurs. Pour les consommateurs urbains, toujours plus nombreux, les diverses approches de type "auto-partage" deviennent des solutions séduisantes en substitution à (ou en complément de) la propriété d'un véhicule. Selon certaines estimations, le phénomène pourrait concerner 4,4 millions de personnes aux États-Unis en 2016. Or, leurs contrats d'assurance devront être adaptés à ces modes de consommation, avec des couvertures facturées à l'usage, sur de courtes périodes, et non plus permanentes.

A plus ou moins longue échéance, des transformations inévitables vont profondément affecter la manière dont l'assurance automobile est conçue et commercialisée. Dès maintenant, les compagnies les plus en pointe explorent les pistes qui leur permettent de s'adapter à la demande de leurs clients avec, notamment, les primes modulées en fonction des comportements et les polices adaptées à la location P2P (de "pair à pair"). Toutes devraient se familiariser rapidement avec ces nouveaux modèles afin d'être prêtes lorsque la déferlante de l'"automobile 2.0" atteindra nos routes !

mercredi 9 janvier 2013

Quels services bancaires pour les TPE ?

Quelle banque pour les TPE ?
Entre le marché des particuliers et celui des PME, chacun ayant leur offre de services parfaitement ciblée, le segment des micro-entreprises est souvent délaissé par les banques, bien qu'il représente l'immense majorité du tissu économique. Un article de la revue "BAI Banking Strategies" propose quelques pistes originales pour remédier à cette défaillance.

En préambule, précisons que le constat que dresse l'auteur concerne les États-Unis mais qu'il est directement transposable dans la plupart des pays développés (et, en particulier, correspond à ma propre expérience).

A l'origine de la réflexion, une étude révèle que les TPE (les entreprises générant moins de 250 000 $ de chiffre d'affaire, dans ce contexte) sont peu satisfaites des services que leur offrent leurs banques. La réalité est tout simplement que les produits qui leur sont destinés ne correspondent pas à leurs besoins : les solutions de gestion de trésorerie ("cash management"), services marchands... conçus pour les entreprises et proposés indistinctement à toutes n'intéressent que les organisations d'une certaine taille.

A l'opposé, les responsables des TPE n'adoptent généralement que des produits basiques (compte de dépôt, chéquier, carte de paiement...) identiques à ceux dont ils disposent en tant que particulier, mais facturés à un tarif beaucoup plus élevé. En fait, il s'avère même que, dans de nombreux cas, les "outils" personnels (c'est le cas, notamment, des cartes) sont largement utilisés pour les opérations professionnelles. Il est donc aisé de comprendre l'insatisfaction qui domine.

Pourtant, 80% des personnes interrogées indiquent qu'elles jugeraient beaucoup plus favorablement leur banque si elle leur offrait des services correspondant à leurs "vraies" attentes. La première suggestion de l'auteur est presque évidente, puisqu'elle constitue l'équivalent pour les entreprises des outils de PFM (gestion de finances personnelles) mis à disposition des consommateurs : il s'agirait de fournir une solution de suivi comptable et financier de l'activité de l'entreprise.

Les autres idées évoquées sont un peu plus éloignées du domaine de compétence de la banque : émission de factures, solutions technologiques pour développer l'activité (par exemple la conception et l'hébergement de sites web professionnels) ou améliorer l'efficacité (scoring de clients et fournisseurs...). Mais les responsables de TPE confirment bien leur intérêt pour des offres de ce type de la part de leur banque, 30% d'entre eux affirmant même qu'elles seraient susceptibles de les inciter à changer d'établissement.

Les micro-entreprises sont les parentes pauvres du système bancaire actuel, au point où on soupçonnerait les banquiers d'ignorer totalement qui sont ces clients (dont le nombre est pourtant loin d'être négligeable) et quels sont leurs besoins en matière de services financiers. Si un établissement prenait la peine de s'intéresser à ce segment à fort potentiel (parmi les TPE d'aujourd'hui figurent les multinationales de demain), en développant des offres adaptées (éventuellement à travers des partenariats), il pourrait aisément conquérir et fidéliser de nouveaux clients...

mardi 8 janvier 2013

HelloWallet : le PFM prédictif facile

Hello Wallet
J'ai déjà eu l'occasion d'aborder le sujet par le passé : l'avenir de la gestion de finances personnelles (PFM) passe inévitablement par une automatisation des tâches aujourd'hui manuelles et par des capacités prédictives qui aideront effectivement l'utilisateur à améliorer sa situation plutôt que de se contenter de lui présenter ses résultats une fois son budget dépassé.

Évidemment, cette vision "brute" peut sembler difficile – voire impossible – à atteindre, tant prévoir les dépenses futures est un exercice approximatif et sensible aux imprévus (et, donc, ouvert aux erreurs). Il est pourtant tout à fait réaliste d'envisager des actions concrètes, permettant d'avancer dans cette direction, tout en restant dans une approche simple et sans risque. Le spécialiste américain du PFM HelloWallet a introduit une fonction au sein de sa plate-forme qui illustre cette idée et n'attend plus que d'être répliquée.

Le principe retenu est de compléter les alertes émises quand un poste du budget est dépassé par l'envoi d'un avertissement préventif lorsque les dépenses constatées en milieu de période tendent vers un dépassement. Ainsi, par exemple, si je fixe un plafond de 200 euros de restaurant par mois, je recevrai un message dans le cas où je franchis un seuil de 100 euros le 15. Très intelligemment, pour en garantir la pertinence, ce mécanisme n'est disponible que sur des catégories de dépenses courantes (elle doivent avoir une certaine fréquence) et particulièrement susceptibles de débordement : loisirs, café, restaurant, habillement...

Ecran HelloWallet

Rien de bien complexe dans ce dispositif, n'est-ce pas ? Pourtant, ces simples alertes seront certainement beaucoup plus utiles au consommateur, s'il veut surveiller "activement" ses dépenses, que celles qu'il reçoit aujourd'hui pour l'informer qu'il est déjà trop tard et qu'il n'a pas respecté son budget.

Il ne doit cependant pas s'agir d'une fin en soi, car à partir de cette première étape, il est aisé d'imaginer les extensions qui pourraient rendre les outils de PFM encore plus utiles. Pour n'en proposer qu'une, que penseriez-vous d'une fonction qui permettrait d'exprimer un souhait (au hasard : "je voudrais réduire mes dépenses de restaurant de 20 euros par mois") et qui signalerait régulièrement les risques de dérives au fur et à mesure des paiements enregistrés ? Il ne resterait plus, ensuite, qu'à suggérer de transférer les économies réalisées sur un compte épargne...

Le concept de gestion de finances personnelles "prédictive" peut facilement laisser entrevoir des systèmes futuristes, manipulant des modèles complexes d'analyse de données et, de ce fait, décourager les bonnes volontés. L'exemple de HelloWallet démontre parfaitement qu'avant d'envisager de tels développements (lourds), il est aussi possible d'apporter de la valeur réelle aux consommateurs avec quelques idées sans prétention et simples à mettre en œuvre. Que ne les voit-on déjà implémentées sur toutes les plates-formes de PFM ?

lundi 7 janvier 2013

Des dirigeants d'entreprise incultes numériques

Livre Blanc CA Tehnologies
Un petit livre blanc a récemment fait frémir la toile française, bien qu'il ait été publié par CA Technologies au mois d'août dernier, en révélant que 80% des 685 DSIs (Directeurs des Systèmes d'Information) interrogés à travers le monde s'inquiètent de l'inculture numérique des dirigeants de leurs entreprises.

Ces prémices sont extrêmement intéressantes, à plus d'un titre, mais je pense que l'étude de CA ne fait qu'effleurer le sujet. En conséquence, je propose d'en approfondir (légèrement) les aspects les plus cruciaux (à mon avis) et d'en revoir (un peu) les conclusions, en prenant l'exemple des banques pour développer mon argumentaire.

Tout d'abord, le constat que dressent les DSIs ne devrait pas constituer une surprise (si ce n'est, peut-être vis-à-vis de leur lucidité !). Lorsque les grandes banques consacrent à leurs réseaux d'agence des budgets au moins 20 fois plus élevés que ceux dédiés aux canaux digitaux, alors que ces derniers sont désormais le principal point de contact des clients, il est évident que les enjeux du numérique ne sont pas encore bien appréhendés au plus haut niveau.

De même, l'inquiétude que suscite chez les DSIs ce qui est en réalité un certain dédain des dirigeants est parfaitement justifiée. Aujourd'hui, l'expérience client se construit essentiellement sur le web et sur mobile et il est impératif de privilégier ces canaux pour satisfaire les clients. Demain, plus encore, l'innovation par les technologies, mise au service des stratégies et des objectifs métiers, sera la clé de la survie des banques. Ne pas être conscient maintenant de cet état de fait est effectivement dangereux.

Pour les rédacteurs du livre blanc, le DSI est le mieux placé pour comprendre ces enjeux et il devrait donc gagner l'oreille de la direction générale pour lui faire prendre conscience de la nouvelle donne. Malheureusement, ce n'est pas si simple !

En effet, dans les organisations "traditionnelles", le DSI est perçu, de longue date, comme un agent d'efficacité opérationnelle et d'amélioration de la productivité, les 2 rôles principaux dévolus historiquement à l'informatique. Entre temps, il est également devenu le responsable d'un centre de coût, consommant des budgets faramineux pour faire fonctionner de vieilles applications et, de temps en temps, tant bien que mal (toujours en retard et pour trop cher), pour en mettre en place de nouvelles.

Partant de cette situation, avant de vanter la capacité des technologies à transformer les métiers de l'entreprise ou à devenir un moteur d'innovation, il devra travailler sa légitimité ! A défaut, son directeur général pourrait bien se laisser convaincre et réaliser qu'il a besoin d'une toute autre personne pour remplir ce nouveau rôle qui n'a rien à voir avec celui que tient son DSI actuel. Pour être pertinent, celui-ci va devoir apporter des preuves, de préférence très concrètes...

Ainsi, c'est une longue route qui l'attend, sur laquelle il va être amené, depuis sa position présente, à lancer les actions indispensables pour augmenter sa capacité à innover (et donc réduire ses coûts de fonctionnement de l'existant), pour pouvoir, ensuite initier les projets qui démontreront la valeur des technologies pour les métiers. Alors seulement, notre DSI pourra-t-il prétendre à atteindre l'oreille de sa direction générale.

En outre, de multiples embûches parsèment ce chemin. L'une d'elles, soulignée à juste titre par le livre blanc de CA, est le risque de focalisation sur les technologies pour elles-mêmes. Il s'agit d'un défaut classique, chez les DSIs mais aussi dans les autres fonctions dirigeantes. La difficulté est bien de garder le cap sur l'objectif d'enrichir l'offre de l'entreprise, dans la droite ligne de sa stratégie. Les technologies ne sont qu'un instrument.

L'attitude d'une majorité de dirigeants vis-à-vis du numérique est indiscutablement préoccupant pour l'avenir de leurs entreprises. Si le DSI est effectivement bien placé – en théorie – pour sonner l'alarme et développer la conscience des enjeux, la réalité est hélas différente. Il doit en effet d'abord se transformer lui-même avant de prétendre guider ses collègues vers l'innovation par les technologies. Il méritera peut-être alors, comme chez NAB, d'abandonner son titre et devenir "Directeur de la Transformation".

dimanche 6 janvier 2013

Brèves autour du paiement via mobile

Si mes dernières brèves sur les paiements via mobile remontent à plus de 2 mois, cela ne signifie pas que le marché s'est assagi mais plutôt, comme je l'évoquais dans mon billet d'alors, que les "nouveautés" ont de plus en plus tendance à être toujours les mêmes, sans grande inventivité. Malgré tout, quelques actualités récentes sortent du lot et méritent une mention ici.


Sail (Verifone)
La première de cette série est l'annonce de la fin d'une aventure : le fabricant de terminaux de paiement Verifone a annoncé l'abandon de "SAIL", son initiative concurrente de Square, proposant une solution d'encaissement sur smartphone par l'intermédiaire d'une application et d'un accessoire à brancher sur le téléphone.

Cet arrêt ne devrait pas être une surprise, puisqu'il ne fait que confirmer une évidence : le marché que cible Square, essentiellement constitué de "micro-commerces", est extrêmement difficile à adresser de manière rentable. Verifone justifie en effet sa décision en citant un équilibre économique défavorable entre les marges très faibles sur les paiements et le coût d'acquisition des clients, auquel il faut encore ajouter un taux élevé de déperdition des utilisateurs (ceux qui testent le dispositif et l'abandonnent immédiatement).

Cette première défection devrait servir de rappel à la multitude de startups qui se précipitent sur ce qu'elles croient être un marché lucratif et facile à aborder. Les problèmes auxquels Verifone a été confrontée seront le lot de tous ceux qui se lancent et ce, d'autant plus en Europe où les coûts d'acquisition sont encore plus élevés, en raison de l'exigence d'utiliser des lecteurs de carte à puce incorporant la saisie de code PIN. Attendons-nous donc à d'autres abandons dans les prochains mois...


Square Wallet
A contrario, pour développer un modèle économique viable, il faut une stratégie solide. Et c'est certainement le cas de Square, dont l'expansion se poursuit sans relâche. Après une première étape dans son partenariat avec Starbucks, qui lui assure un flux régulier de transactions, les phases suivantes se mettent aujourd'hui en place.

Parmi les dernières évolutions apportées, une des plus significatives est l'adoption de Square Wallet pour le paiement dans la chaîne de cafés. Cette solution vient certes en concurrence du porte-monnaie mobile propriétaire de la marque, mais ce "conflit" peut justement constituer une opportunité. Les consommateurs sont désormais habitués à payer avec l'application mobile de Starbucks et ils seront probablement faciles à convaincre de passer à celle de Square pour peu qu'elle soit mise en avant.

Ainsi, la jeune pousse, qui traite actuellement plus de 10 milliards de dollars de flux en tendance annuelle, est en train de se positionner aux premières loges de la course au porte-monnaie mobile. Et lorsqu'elle présente ses cartes cadeaux pour Square Wallet, qui renforce son attractivité et sa viralité, elle ne fait qu'affirmer son ambition dans ce domaine et elle se tient prête à une transition dans un monde où la carte de paiement perdra de son importance...


PayPal
Dans un registre différent, PayPal est à nouveau en passe de créer la sensation avec son option de "paiement flottant", esquissée dans une démonstration réalisée en 2011 et qui, selon un article de Bank Innovation, devrait être introduite prochainement au sein de sa plate-forme de paiement électronique.

Le principe en est très simple : lorsque le consommateur exécute un paiement avec son compte PayPal, il disposera d'un délai de 5 jours pour choisir sur quel instrument de paiement "réel" (une de ses cartes, de débit ou de crédit, un compte bancaire, un crédit...) il doit être affecté. Le bénéficiaire étant réglé immédiatement, PayPal prendra donc à sa charge le risque de crédit correspondant et ce, apparemment, sans coût supplémentaire pour l'utilisateur.

Cette fonction, anodine en apparence, peut tout de même représenter un critère de différenciation important parmi les multiples solutions du marché. Elle permettrait en effet aux consommateurs de réaliser leurs achats en toute quiétude, sachant que les choix difficiles (de sélection du moyen de paiement) pourront être faits à tête reposée, peut-être avec l'aide d'outils de PFM...


Transfi (La Caixa)
La dernière innovation de cette série est anecdotique mais elle illustre (encore une fois) la distance qui sépare les banques des startups technologiques. Le point de départ de ce constat est la nouvelle version de l'application mobile de paiement "P2P" (de "pair à pair") de La Caixa, Transfi, qui propose désormais une option d'échange par QR code.

Rien de révolutionnaire dans cette nouveauté, d'autant qu'elle n'est utilisable qu'entre clients de La Caixa : quand un utilisateur veut demander de l'argent à ses amis (par exemple lors d'un partage d'addition, fonction elle-même intégrée à Transfi), il lui suffit de fournir le montant ; un QR code est alors généré, que les autres parties n'ont qu'à scanner pour confirmer leur règlement. Plus besoin de rechercher ou saisir les noms ou numéros de téléphone pour réaliser une transaction !

Ecran de Transfi sur iPhone

Voilà donc une petite idée sans prétention, facile à mettre en œuvre et facilitant la vie des clients. Avec le nombre de solutions de porte-monnaie mobiles ayant adopté (parfois depuis des années) le QR code dans leur mode opératoire, elle n'était pas non plus impossible à imaginer. Alors, comment se fait-il qu'il s'agisse (à ma connaissance) de la première implémentation de ce genre dans une application fournie par une banque ?

samedi 5 janvier 2013

BitCoin bientôt pour Mr Tout le Monde ?

BitCoin
Bien qu'étant sujet récurrent de curiosité dans la presse (spécialisée ou non), la monnaie virtuelle BitCoin reste aujourd'hui largement réservée à un petit club de spécialistes. Pourtant, l'actualité des derniers mois offre quelques indices d'une démocratisation en cours, dont l'Europe pourrait même devenir le berceau.

Le premier indicateur d'une possible popularisation nous vient ainsi de la Banque Centrale Européenne (BCE). En publiant un rapport [PDF] relativement détaillé sur les monnaies virtuelles, dont une bonne partie est spécifiquement consacrée à BitCoin, l'institution apporte à celle-ci une incontestable crédibilité, même si le ton adopté traduit plus l'inquiétude que l'enthousiasme (ce qui ne surprendra personne).

Il faut tout de même reconnaître une certaine objectivité à cette étude, par ailleurs très pédagogique quant à sa description des principes de BitCoin (jusqu'à ses fondements économiques). En particulier, la BCE admet l'intérêt de cette monnaie virtuelle pour stimuler l'innovation et favoriser l'émergence de nouveaux modes de paiement pour les consommateurs.

Elle est évidemment prompte à souligner les risques inhérents à ce système monétaire fonctionnant en dehors de tout contrôle central, sans lien avec l'économie réelle si ce n'est à travers les "commerçants" qui l'acceptent.

Mais, en dehors de toute considération "politique", le rapport met aussi l'accent sur les préoccupations concrètes du régulateur : les dangers d'une adoption par des consommateurs qui n'en comprennent pas les mécanismes (complexes), la liquidité réduite du marché (qui peut engendrer des variations erratiques de cours de change), l'absence de tout cadre réglementaire...

A ce stade, la BCE considère que le caractère confidentiel de BitCoin permet d'écarter la possibilité qu'il représente une menace pour les équilibres monétaires. Cependant, en filigrane, on perçoit nettement qu'une perspective de généralisation de son utilisation est prise au sérieux et la recommandation aux banques centrales est clairement de surveiller l'évolution du marché et de se préparer à intervenir, au besoin.

Bitcoin-central
En parallèle, une jeune pousse française, Paymium, a justement l'ambition de démocratiser l'utilisation de BitCoin et sa récente annonce (via sa plate-forme Bitcoin-central) d'un partenariat avec le PSP ("Payment Service Provider" – fournisseur de services de paiement) Aqoba représente un pas important dans cette direction.

A travers cette opération, l'idée de Paymium est de proposer aux consommateurs un classique compte prépayé, qui peut être accompagné d'une carte de débit et qui pourra aussi prochainement se voir attribuer un IBAN (identifiant international de compte bancaire). La particularité de cette implémentation est, si j'ai bien compris, qu'un compte BitCoin y est également associé.

Dès lors, les échanges d'argent entre détenteurs de compte Paymium sont réalisés avec la monnaie virtuelle, sans passer par les (coûteux) réseaux de paiement traditionnels. Pour l'utilisateur lambda, le processus est transparent car la startup se charge de réaliser les opérations de change si une des parties veut traiter la transaction en euros. Néanmoins, il est aussi possible de maintenir des fonds en BitCoin et d'utiliser ceux-ci directement pour les paiements.

Avec ce mécanisme, Paymium peut donc largement favoriser le développement de BitCoin, d'une part, en multipliant les échanges (ce qui favorise naturellement la liquidité du marché) et, d'autre part, en exposant ses clients à cette nouvelle monnaie (et à ses avantages), sans leur faire changer immédiatement leurs habitudes.

Ripple
Enfin, il faut noter que Bitcoin n'est pas la seule monnaie virtuelle, même si elle représente actuellement la meilleure combinaison d'universalité (des usages), de popularité et de disruption. De nouveaux concepts sont en gestation, tels que Ripple, concocté par, entre autres, un fondateur du site de "P2P lending" Prosper.

Poussant d'un cran la logique "P2P" ("peer to peer") de BitCoin, Ripple deviendrait une sorte de monnaie sociale, fonctionnant par des échanges de dettes. Son principe repose sur la confiance entre participants : chacun d'eux attribue un montant maximal de crédit qu'il accorderait à ses connaissances. Lorsqu'un paiement doit être réalisé entre 2 personnes, le système établit une chaîne de "prêts" entre eux, via leurs relations respectives, qui permet d'équilibrer leurs comptes.

Bien entendu, le système est encore du domaine expérimental. Mais il démontre bien les multiples possibilités ouvertes par les technologies. Et Ripple est aussi particulièrement notable parce qu'au-delà des seuls échanges d'argent, il ouvre également la porte à une nouvelle approche du crédit.

Ce constat résume d'ailleurs parfaitement la cible commune à ces différents modèles : ils visent très directement à substituer des mécanismes inédits aux fonctions habituellement assurées par les banques. La menace sur ces dernières n'est certainement pas imminente ni de grande ampleur et l'heure n'est pas venue où tout un chacun aura un porte-monnaie rempli de BitCoins, mais il ne fait aucun doute qu'une (petite) partie de leurs activités sera progressivement grignotée par de tels acteurs.

vendredi 4 janvier 2013

Oser l'accès aux comptes sans mot de passe

Sécurité
Tout le monde est d'accord pour affirmer que les systèmes d'authentification reposant sur un identifiant et un mot de passe sont une plaie de la vie digitale moderne. Pour les consommateurs, il est impossible de retenir tous les codes nécessaires pour naviguer sur le web, tandis que pour les entreprises sensibles à la sécurité, banques en tête, ils présentent un risque majeur de fraude.

Alors, que faire ? Un article de la revue en ligne "Credit Union Times" suggère une solution radicale : supprimer les mots de passe, en particulier dans les applications de banque mobile. Le concept paraîtra certainement fou au premier abord, mais il mérite tout de même d'être considéré sérieusement. Et il est même possible qu'il s'agisse d'une de ces idées anodines qui pourraient réellement simplifier la vie des utilisateurs.

Avant de s'indigner d'une telle possibilité, il faut être conscient qu'il existe des précédents. Par exemple, plusieurs banques – dont BNP Paribas avec son application "Mes Comptes" pour iPad – permettent à leurs clients de consulter le solde de leurs comptes sans authentification préalable. Et pourquoi pas ? Certes, personne n'a envie de voir l'état de ses finances exposé au monde entier mais il ne s'agit probablement pas non plus, pour le commun des mortels, d'un secret exigeant des mesures de protection extrêmes.

Mes Comptes sur iPad

En prolongeant ce raisonnement, que penser de la nécessité de saisir systématiquement (et, souvent, avec difficulté) un code secret pour accéder à une application bancaire alors que, dans plus de 90% des cas, l'utilisateur souhaite uniquement consulter les dernières opérations enregistrées ? Là encore, l'exigence de sécurité n'est certainement pas la même que pour exécuter un virement (pour lequel, de toutes manières, un dispositif renforcé d'authentification est généralement mis en place)...

Dans ces scénarios, dont il ne fait aucun doute que les consommateurs apprécieraient le surcroît de confort (et les inciteraient donc à utiliser encore plus souvent les applications de leur banque), quelques solutions simples peuvent permettre d'atténuer les "angoisses" qu'ils peuvent susciter. Ainsi, une première connexion, avec authentification, peut être demandée pour "enrôler" l'appareil utilisé ou bien l'accès sans authentification peut n'être proposé qu'en option (comme dans le cas de "Mes Comptes"), peut-être uniquement si l'utilisateur a configuré un code de verrouillage sur son téléphone...

Mais pourquoi s'en tenir là ? Si la sécurité des systèmes à base de mot de passe est réellement défaillante, autant supprimer ceux-ci entièrement et adopter d'autres techniques, radicalement différentes, pour protéger aussi les opérations "sensibles". Des alternatives existent, dont la maturité varie, mais qui méritent toutes d'être surveillées, voire évaluées. Et certaines institutions financières avancent déjà dans cette voie.

A partir de l'approche, relativement classique, consistant à identifier les appareils de l'utilisateur, le spécialiste de l'identité numérique OneID propose une solution dont le niveau de sécurité est ajustable. Une fois intégrée dans l'application d'une banque, elle va exploiter les informations d'identification stockées (en toute sécurité) sur le mobile pour donner accès aux services élémentaires, mais elle fera appel à un mécanisme complémentaire d'authentification pour, par exemple, réaliser un virement dont le montant est supérieur à un plafond défini par le client. Le produit de OneID n'est pas, à ce jour, déployé dans une institution financière mais un partenariat avec l'association américaine des "Credit Unions" (CUNA) laisse entrevoir une incursion prochaine dans le secteur.

L'autre piste à explorer est, bien entendu, la biométrie, dont beaucoup de déclinaisons s'avèrent parfaitement adaptées aux smartphones, qui représenteront bientôt le premier canal d'accès aux services bancaires. Ce n'est pas un hasard si, récemment, un responsable de Wells Fargo évoquait la possibilité d'une authentification des clients par reconnaissance vocale. Et d'autres pistes sont envisageables, notamment par l'utilisation de l'appareil photo présent sur tous les mobiles modernes, avec des applications de reconnaissance faciale qui commencent à atteindre une fiabilité correcte.

Dans le domaine de la sécurité plus que dans tout autre, il est indispensable de suivre les évolutions technologiques, parce que les menaces progressent elles-mêmes très rapidement. Aujourd'hui les systèmes doivent combiner de multiples approches (authentification forte, détection de fraude, analyse de risques...) pour rester pertinents. Puisqu'il va falloir ajouter de nouveaux dispositifs, quoi qu'il arrive, pourquoi ne pas profiter de l'occasion pour ré-évaluer les priorités (séparer les actes qui nécessitent un haut niveau de protection) et se poser la question de l'utilité du mot de passe dans la palette de solutions mises en œuvre ?

jeudi 3 janvier 2013

Bync passe du PFM aux promotions ciblées

Bync
L'insertion de coupons de réduction et autres promotions au sein des outils de gestion de budget ou des relevés de compte en ligne n'est pas nouvelle (pensons, par exemple, à Fortuneo Budget, en France). Dans le cas de Bync, l'idée prend une nouvelle tournure : après les premiers tests de sa solution de PFM, la startup décide finalement de se concentrer exclusivement sur ce marché.

Dans la première version de la solution, alors baptisée Budgetable, il était en effet question avant tout de gestion de finances personnelles, à l'image de ce que propose Mint aux États-Unis ou Linxo en France. Les offres promotionnelles ciblées étaient alors classiquement conçues comme un moyen de monétiser le service. Or, il s'est avéré que la première vague d'utilisateurs a surtout été conquise par cet aspect du site. Il était donc logique pour la société de ré-orienter son approche.

C'est ainsi que Bync est devenu principalement un site d'"offres du jour", envoyant quotidiennement à chacun de ses membres, par mail, un coupon de réduction ou une offre spéciale. De ses racines, le service a cependant conservé la connexion aux comptes : lors de son inscription, l'utilisateur fournit les codes d'accès aux plates-formes en ligne de ses banques et cartes de crédit et, par voie de conséquence, aux relevés de ses achats.

Cette particularité est la recette magique qui distingue Bync de la multitude de solutions similaires, car l'analyse des dépenses réalisées par le consommateur (après anonymisation) permet de lui proposer des offres particulièrement pertinentes, là où la concurrence se contente de cibler sa localisation géographique et quelques préférences génériques. Grâce à cette technique, le taux de clic serait, selon ses concepteurs, 4 fois supérieur à celui constaté généralement sur les promotions du même type.

Promotions sur le site Bync

En s'écartant du modèle classique du PFM pour se concentrer spécifiquement sur les offres promotionnelles, Bync fait un choix intéressant car cette solution va pouvoir attirer une population nouvelle, à l'affût de bonnes affaires et pas nécessairement préoccupée par la gestion de ses finances personnelles (qu'elle peut d'ailleurs toujours trouver chez un autre fournisseur).

Les banques qui ont lancé des initiatives du même genre sont également menacées par l'irruption de Bync. La startup offre l'avantage d'agréger les multiples comptes de l'utilisateur, ce qui lui donne une vision plus complète et précise de son profil et lui permet donc de beaucoup mieux personnaliser les offres qu'elle lui distribue. Elle est tellement convaincue du surcroît de valeur apporté que, pour l'instant, la connexion à plusieurs comptes est un service payant...

Le marché des promotions ciblées reste extrêmement attirant pour de nombreuses jeunes pousses, qui redoublent d'imagination pour les rendre à la fois plus séduisantes pour les consommateurs et plus rentables pour les commerçants. Et, dans cette course effrénée, les institutions financières, qui semblaient bien armées pour y prendre position, commencent à voir leur avantage se réduire. Bientôt une autre opportunité manquée ?

mercredi 2 janvier 2013

Pas de "BYOD" chez nous !

BYOD Interdit !
Avec l'évolution des technologies – ordinateur personnel, internet, mobile, tablette... – et leur pénétration dans les foyers, souvent bien avant leur arrivée dans l'entreprise, un mouvement est né, le "BYOD" (Bring Your Own Device), qui voit les employés utiliser leurs appareils personnels dans le cadre de leur activité professionnelle.

Les organisations les plus avancées (les sociétés de haute technologie ont été pionnières) ont rapidement compris l'intérêt qu'elles pouvaient avoir à encourager cette nouvelle tendance. Elles ont pu profiter de (au moins) 3 avantages : une productivité accrue (parce que l'utilisateur connaît et maîtrise parfaitement son équipement), une satisfaction en hausse (qui apprécie le PC ou le BlackBerry fourni par son employeur ?) et une réduction des coûts de possession (la propriété d'un appareil rend son utilisateur plus soigneux et plus autonome dans la résolution des incidents).

Hélas, ces bénéfices semblent insuffisants pour convaincre bon nombre de décideurs, et les français travaillant dans le secteur financier ont la malchance d'être les plus mal lotis. En effet, d'une part, selon un article de la revue American Banker, les banquiers sont résolument peu enclins à adopter le concept BYOD, et, d'autre part, une étude de Cisco révèle que les responsables informatiques français sont les plus pessimistes (en comparaison de leurs homologues dans 8 autres pays) quant à sa valeur.

Ainsi, nos "chers" DSI ne sont pas convaincus que les avantages avancés soient réels, malgré tous les retours d'expérience dont on peut disposer aujourd'hui. Surtout, en filigrane, ils redoutent les difficultés prévisibles : assurer la sécurité de ces appareils "incontrôlés" et des informations qu'ils hébergent, faire face aux exigences juridiques (autour du télétravail), adapter leurs applications à de nouvelles plates-formes... Évidemment, ils préfèrent ne rien changer à leurs habitudes, en croyant assez naïvement qu'ils maîtrisent parfaitement la situation !

Du côté des banques (où qu'elles se trouvent), l'argument numéro 1 pour écarter la possibilité d'une politique BYOD est, sans surprise, la combinaison des exigences réglementaires et de sécurité. Alors, les plus ambitieuses tentent de retourner le concept, par exemple en fournissant des iPads plus ou moins verrouillés à leurs collaborateurs, en considérant que le plus important est de satisfaire à la mode de la "consumérisation" de l'informatique.

Malheureusement, c'est une stratégie à courte vue car, en regard des avantages attendus des pratiques BYOD, il est facile de se rendre compte qu'ils sont alors sévèrement amputés. Entre autres limitations, on peut facilement identifier quelques facteurs évidents : le collaborateur déjà équipé à titre personnel ne va pas s'encombrer d'un matériel professionnel redondant ; les appareils fournis par l'entreprise seront traités comme tels (sans grandes précautions), avec notamment un impact redoublé sur les services de support (qui devront prendre en charge de nouveaux systèmes)...

Le coût d'une telle approche risque, au final, d'être considérable, sans apporter de bénéfices tangibles. Il vaudrait bien mieux, quitte à temporiser (un peu) les initiatives, affronter la réalité en face et traiter immédiatement la question de fond : comment mettre en place une politique BYOD cohérente avec les contraintes propres à chaque entreprise ? Comme pour tout projet d'envergure, une fois les besoins et les exigences exprimés, il convient d'identifier les solutions disponibles et d'établir un business plan réaliste. Les croyances et les a priori n'ont pas leur place dans ce processus.

mardi 1 janvier 2013

2012, 2013 ... et 1000 !

2013
Aujourd'hui est un jour spécial... Oui, c'est le 1er janvier et je vais donc sacrifier à la double tradition de la rétrospective de l'année passée et des vœux pour celle qui s'ouvre. Mais ce n'est pas tout : ce billet est également le 1000ème d'une série commencée il y a exactement 30 mois...

Commençons donc par un retour en arrière, avec les 5 articles de 2012 que vous avez le plus appréciés – ou, du moins, le plus lus – sur "C'est pas mon idée !" :

5. Axa Banque ouvre ses données aux développeurs. Cette (presque) première mondiale a été appréciée à sa juste valeur (le billet sur les résultats du concours qui accompagnait l'initiative est d'ailleurs lui-même proche du podium), même si la concrétisation a un peu tardé et si elle n'a pas encore produit tous les résultats qu'on pouvait en attendre. La mise à disposition par Axa Banque d'APIs (interfaces de programmation applicative) représente en effet une belle avancée dans un secteur qui préfère généralement rester replié sur lui-même.

4. SAV sur Twitter : pas facile pour les banques. Position surprenante (à mon avis) pour un billet qui s'attarde sur la difficulté qu'ont les banques (aux États-Unis et, un peu, en France) à répondre aux attentes de leurs clients sur Twitter, qui est aussi le reflet d'une sorte de malaise général des grandes entreprises face aux médias sociaux et, en arrière-plan, à un rapport entre marques et consommateurs en pleine transformation.

3. Axa lance son "assurance 2.0". Premier assureur à lancer une offre complète contre les risques de la vie numérique, Axa a réussi à attirer l'attention avec l'option "Intégr@le" complémentaire de son contrat "Protection Familiale", couvrant atteinte à l'e-réputation, usurpation d'identité, utilisation frauduleuse des moyens de paiement et litiges liés à l'e-commerce.

2. Fortuneo adopte le PFM de Linxo. La gestion de finances personnelles (PFM) a été en vedette en 2012 mais l'implémentation de Fortuneo mérite largement de figurer dans ce classement : il s'agit de la seule (avec celle de Boursorama) permettant l'agrégation de comptes d'établissements tiers et, surtout, elle s'appuie sur les compétences d'une jeune pousse française, Linxo, dans un modèle de partenariat qu'on aimerait voir se développer dans l'hexagone.

1. Avec Simone, le Crédit Agricole dessine la banque de demain. L'initiative du Crédit Agricole, qui s'appelle dorénavant CAStore et non plus Simone, est largement en tête des sujets les plus populaires de l'année écoulée, avec raison. Un peu avant Axa Banque et toujours en avance aujourd'hui, elle est indiscutablement l'innovation la plus importante de 2012, ouvrant des horizons nouveaux à l'exploitation des données financières, grâce à la créativité de développeurs tiers.

CAStore

Tournons-nous maintenant vers 2013 : que peut-on en attendre, en ce qui concerne l'innovation ? Pour ma part, je vois 3 tendances majeures.

1. Dans la continuité de l'année écoulée, les applications mobiles devraient continuer à nous surprendre, avec de nouvelles idées et de nouveaux cas d'utilisation. Les tablettes, dont les ventes suivent une courbe ascendante fulgurante, vont faire l'objet de toutes les attentions et seront peut-être les premières bénéficiaires de ces évolutions.

2. Bien que je ne croie pas que la révolution du paiement mobile soit pour cette année, il ne fait aucun doute que le secteur va continuer à bouillonner sans interruption. Avec un peu de chance, nous pourrions voir apparaître de "vraies" nouvelles idées, qui tenteront de rendre le principe du paiement avec son téléphone irrésistible pour les consommateurs et les commerçants...

3. Après les pionniers de 2011 et 2012 (comme Simple et Movenbank), je pense que le secteur financier va de plus en plus intéresser des startups disruptives, qui opèreront dans un premier temps en collaboration avec des institutions établies mais finiront pas représenter une véritable concurrence pour les acteurs historiques. Et j'espère que la France ne restera pas à l'écart de ce mouvement de fond.

Dans cette perspective, je vous souhaite une excellente année 2013, en espérant qu'elle soit riche en innovations en tout genre (surtout celles qui sont imprévisibles). Et je profite de l'occasion pour vous remercier, chers lecteurs qui consultez mes billets, qui postez un commentaire, qui rédigez un mot d'encouragement, qui me dites que je vous ai inspiré, qui m'invitez à intervenir dans vos événements... MERCI et continuons !