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C'est pas mon idée !

mercredi 20 août 2014

Wells Fargo chaperonne les startups

Wells Fargo
Et une de plus ! Dans le sillage d'une vague qui conquiert les plus grandes banques du monde entier, Wells Fargo annonçait aujourd'hui le lancement officiel de son accélérateur de startups. Quelques particularités notables justifient tout de même de s'arrêter un moment sur cette nouvelle initiative.

Au premier abord, ses modalités de fonctionnement sont pourtant plutôt classiques. Quelques jeunes pousses (entre 10 et 20 par an, en régime de croisière), soigneusement sélectionnées (sur dossier), seront accueillies pour un programme de 6 mois, au cours duquel elles bénéficieront d'un accompagnement rapproché – de la part d'une équipe pluridisciplinaire – qui leur permettra d'affiner et valider leur projet. Par ailleurs, la banque investira entre 50 000 et 500 000 dollars dans chacune des entreprises participantes.

C'est du côté des objectifs assignés à l'accélérateur que l'approche devient moins conventionnelle. Ainsi, le rendement financier des investissements ne figure pas parmi les priorités de Wells Fargo. Surtout, la démarche d'accompagnement s'avère ici extrêmement concrète, puisque la véritable finalité du dispositif serait d'arriver à un déploiement dans la banque des produits des startups choisies. De plus, les candidats au programme seront rassurés de savoir qu'aucune exclusivité ne leur est demandée.

Wells Fargo Startup Accelerator

Ce modèle est frappé au coin du bon sens. En effet, parmi les entrepreneurs se lançant dans la « FinTech », nombreux sont ceux qui manquent cruellement d'expérience dans la relation avec les institutions financières qu'ils sont amenés à fréquenter ou dans les pratiques et usages incontournables du secteur, notamment dans le domaine réglementaire. En conséquence, ils se retrouvent fréquemment confrontés à des difficultés qu'ils n'avaient pas anticipées et qu'ils ne savent pas résoudre au moment de concrétiser leur premier contrat.

Dans ces conditions, il est parfaitement raisonnable de prendre le problème à bras-le-corps, en amont, et de consacrer le temps et les moyens nécessaires à aligner l'offre émergente de la jeune pousse avec les exigences de ses futurs clients ou partenaires. En ce sens, la valeur de l'accélérateur est inestimable pour les 2 parties : Wells Fargo devrait en retirer une certaine assurance d'obtenir une solution compatible avec sa « culture » et la startup gagnera un temps précieux dans son développement, en plus d'une référence prestigieuse.

Si les promesses sont tenues, cette initiative pourrait représenter un magnifique exemple à suivre pour toutes les grandes entreprises désireuses de collaborer avec des jeunes pousses afin de démultiplier leurs capacités d'innovation.

mardi 19 août 2014

PostFinance vend des crédits iTunes sur GAB

PostFinance
Toujours à la recherche de nouvelles opportunités commerciales, dans un contexte difficile, les banques s'aventurent progressivement dans la distribution de produits et services non financiers, depuis le rechargement de comptes téléphoniques prépayés jusqu'à la création de véritables boutiques de m-commerce.

Pour PostFinance, l'ambition ne se place pas aussi haut, puisque la banque suisse ne cible que la vente de biens virtuels, mais elle entend déployer celle-ci sur de multiples canaux. Ainsi, depuis le début du mois de juillet, ses clients ont-ils la possibilité d'acquérir des crédits iTunes sur chacun de ses 1 000 automates (« Postomat »). Il leur suffit de choisir l'option ad hoc sur le distributeur et d'indiquer le montant désiré. Le code d'activation, qu'il ne restera qu'à reporter dans iTunes, est alors imprimé sur le reçu.

Le même système est proposé pour l'achat de crédit PaySafeCard, un compte prépayé relativement populaire, utilisable sur différents sites de commerce en ligne et, en option, par l'intermédiaire d'une carte MasterCard. En fait, l'application mobile de PostFinance offre déjà depuis plus d'un an des options similaires. Apparemment, elles sont très appréciées par les clients de la banque, ce qui a conduit à leur déclinaison, quelques mois plus tard, pour les plates-formes de jeu en ligne Nintendo, PlayStation et XBox.

Postomat

Dans cette première initiative (tout aussi inédite que la nouvelle), l'objectif était avant tout de simplifier l'accès des enfants et adolescents aux différents services concernés, en permettant à leurs parents de créditer leurs comptes sans complication et en toute sérénité. Avec l'introduction de ces options sur les GAB, la cible devient un peu différente : il s'agit vraisemblablement de séduire une population réticente à l'utilisation de services bancaires sur le web (y compris les paiements par carte).

A l'opposé de tentatives plus radicales d'entrée sur le marché du commerce de détail, la banque reste donc ici intégralement dans son rôle d'intermédiaire financier, via lequel elle apporte, de manière tout à fait classique, sa valeur de tiers de confiance dans la relation entre ses clients et ses partenaires. Les premiers y gagnent une certaine sécurité dans leurs transactions tandis que les seconds bénéficient d'un accès à une audience qu'ils pourraient difficilement capter seuls.

En quelque sorte (et encore modestement), PostFinance devient également un élément important de la chaîne de traitement des porte-monnaie virtuels de ses partenaires (ce qui, en particulier avec iTunes, est loin d'être négligeable), lui ouvrant potentiellement la porte sur une autre vision de la banque et de ses (futures) activités dans le monde des biens numériques…

PostFinance est finaliste des prix de l'innovation BAI-Finacle

lundi 18 août 2014

La banque « à porter » séduit

Westpac
Comme plusieurs autres banques dans le monde, la branche néo-zélandaise de Westpac expérimente, depuis le début de l'année, une application sur Google Glass. Un article de la revue American Banker nous donne l'occasion d'en savoir un peu plus sur son accueil par les clients qui ont pu la découvrir dans leur agence.

Bien qu'il ne s'agisse que d'un test (les lunettes de Google n'étant, de toutes manières, pas encore disponibles dans la région), la solution mise en œuvre est tout de même relativement complète. Elle permet ainsi à l'utilisateur de consulter les soldes de ses comptes (courant, d'épargne et de carte), d'exécuter des virements « internes » (entre ses propres comptes), de se faire guider jusqu'à l'automate et l'agence les plus proches, ou encore de recevoir des alertes diverses et variées sur sa situation financière.

La première réaction des clients ayant eu l'occasion de tester l'application au cours d'un roadshow extensif organisé par Westpac à travers le pays est de considérer les lunettes comme un gadget futile… jusqu'au moment où elle sont mises en marche. La perception change alors immédiatement, de l'effet « wow » initial jusqu'à leur prise « en main » effective. Il suffit en général d'à peine plus d'une minute de manipulation pour que les utilisateurs se sentent parfaitement à l'aise avec les Google Glass.

Westpac Cash Tank sur Google Glass

En revanche, un enseignement important de l'expérimentation est la réticence des consommateurs à dialoguer avec l'appareil à haute voix. Alors que les interfaces vocales sont souvent considérées comme une avancée importante dans la qualité de l'expérience utilisateur, surtout pour l'informatique « à porter », il s'avère que, lorsqu'il est question de leur argent et de leurs comptes, les testeurs préfèrent des interactions – plus discrètes – par appui et glissement du doigt sur le bouton présent sur une des branches des lunettes.

Pour beaucoup d'observateurs, les nouveaux appareils connectés, tels que les Google Glass ou la montre Samsung Gear, seront au cœur de la deuxième révolution mobile, après celle des smartphones. Entre une enquête récente de Westpac démontrant que plus d'un quart des personnes interrogées sont prêtes à les adopter et les résultats de ces premiers essais de services bancaires, cette hypothèse devient de plus en plus plausible. Les banques devront être prêtes quand la vague commencera à déferler…

dimanche 17 août 2014

Anytime, une carte prépayée versatile

Anytime
La frénésie médiatique qui a accompagné le lancement de Compte-Nickel au début de l'année semble l'avoir fait oublier, mais son concept de carte prépayée est déjà ancien : PCS MasterCard l'a lancé en France en 2010, avec le même modèle de distribution dans les bureaux de tabac. Pour l'innovation, il faut donc chercher ailleurs…

Regardons, par exemple, du côté d'Anytime, une jeune pousse belge dont l'offre – accessible depuis toute l'Europe – est particulièrement complète. A la base, son principe de fonctionnement est absolument classique : une carte Visa (émise par un établissement britannique, Raphaels Bank) adossée à un compte prépayé, utilisable partout dans le monde, dans les distributeurs de billets, en boutique et en ligne.

La première particularité de la solution est que, outre une approche générique de la carte prépayée, la startup cible quelques cas d'usage spécifiques, pour lesquelles elle met à la disposition de ses clients des outils dédiés. Ainsi, une version « argent de poche » est destinée aux enfants (et à leurs parents), tandis que les options « business » s'adressent soit aux entrepreneurs souhaitant gérer leurs frais professionnels soit aux entreprises qui veulent équiper leurs collaborateurs, sans risque.

Ère numérique oblige, la gestion et le pilotage du compte Anytime sont assurés exclusivement à distance, principalement par des applications web et mobiles. Celles-ci sont d''une richesse incomparable, dépassant largement les capacités de leurs concurrentes directes, voire de celles de bon nombre de banques. En effet, il ne s'agit pas ici uniquement de suivre les dépenses réalisées : une multitude de services complémentaires permettent de répondre à toutes sortes de besoins.

Au plus haut niveau, les parents ayant choisi le compte « argent de poche » pour leurs enfants disposeront d'une visibilité totale sur les dépenses de leur progéniture, en temps réel, grâce aux alertes émises lors de chaque transaction. Ils ont même le pouvoir, si nécessaire, de bloquer la carte à tout moment. De leur côté, les professionnels pourront gérer leurs notes de frais (presque) automatiquement, avec notamment la possibilité d'attacher les reçus (photographiés ou envoyés par e-mail) correspondant à leurs achats.

Les utilisateurs « standards » ne sont pas laissés en reste, avec, par exemple, la gestion de cagnottes et le partage des dépenses entre amis (via mail ou Facebook), le suivi budgétaire (sous forme de graphiques et de statistiques) ou encore les transferts d'argent entre clients Anytime, exploitant (en option) un mode « sans contact » original : il suffit aux deux parties d'approcher leurs cartes du téléphone (compatible NFC) pour définir les comptes à débiter et créditer.

Transfert de carte à carte

La solution comporte bien d'autres fonctions, un peu plus anecdotiques : le rechargement du compte prépayé par virement, par prélèvement SEPA ou par carte, mais également depuis un compte PayPal, le blocage de la carte à la demande (intégralement, des retraits sur distributeurs ou des achats), les alertes lors de chaque achat ou sur des événements spécifiques (solde inférieur à un seuil pré-déterminé…), l'enrichissement des informations sur les transactions (avec un moteur de recherche pour les retrouver)…

Enfin, l'offre d'Anytime est également proposée aux entreprises en marque blanche. Dans ce cas, non seulement la carte pourra être personnalisée aux couleurs du distributeur mais celui-ci aura aussi accès à des APIs (interfaces de programmation applicative), grâce auxquelles il pourra concevoir et développer de nouveaux services (programme de fidélité ?)… Autre capacité, totalement inédite, la puce de la carte est elle-même ouverte aux solutions tierces, y compris en sans contact (pour des applications de billetterie, de portiques d'accès…) !

Face aux approches sans imagination et ancrées dans une représentation passéiste des services financiers (oui, je pense à Compte-Nickel !), Anytime se positionne sur une vision résolument tournée vers l'avenir et, en particulier, vers le monde numérique qui se dessine de plus en plus nettement à l'horizon. Il n'est même plus question ici de carte prépayée : ce que développe la startup, avec ses modestes moyens, est une perspective différente sur la banque de demain…

samedi 16 août 2014

BillGuard détecte la fraude par géolocalisation

BillGuard
Depuis sa création en 2011, BillGuard remplit une mission exclusive pour le (presque) million de consommateurs qui utilisent ses services : détecter et signaler les transactions abusives ou frauduleuses sur leurs comptes et cartes bancaires. Elle complète maintenant son arsenal technique avec une approche par géolocalisation.

Le concept en est extrêmement simple : l'application mobile de la startup détermine et enregistre régulièrement la position (approximative) de l'utilisateur – en respectant scrupuleusement la confidentialité de ces informations – et vérifie pour chacune de ses dépenses qu'il se trouvait effectivement à proximité du commerce correspondant (sauf, bien entendu, dans le cas d'un achat en ligne ou d'un débit récurrent). Dès qu'une incohérence apparaît, une alerte est émise instantanément.

Cette idée semble tellement évidente à l'ère de la géolocalisation permanente et de la fraude galopante qu'il peut paraître étonnant qu'elle ne soit pas plus répandue. Certes, quelques grands acteurs ont déjà lancé des initiatives en ce sens – par exemple MasterCard ou AT&T – mais elles sont encore loin d'être aussi avancées. Avec BillGuard, la nouvelle protection est immédiatement accessible (quoiqu'en version beta, à ce stade), toujours gratuitement, pour tous les américains et tous leurs comptes.

Détection de fraude sur mobile

En l'état, la solution n'est évidemment pas idéale, ne serait-ce que parce que la détection d'une anomalie ne peut intervenir qu'après que la transaction en cause ait été exécutée et confirmée. Toujours est-il que, en comparaison de la situation existante, dans laquelle le porteur d'une carte de crédit risque de ne découvrir une dépense suspecte, au mieux, qu'à la réception de son relevé d'opérations, le progrès est tout de même sensible.

Peut-être faudrait-il surtout s'étonner que ce genre d'approche de la lutte contre la fraude ne soit proposée que par une startup ? Peut-être y a-t-il matière à s'insurger contre les banques qui ne semblent pas autant préoccupées qu'elles le devraient de la protection de l'argent de leurs clients ? Car elles pourraient certainement mettre en œuvre un mécanisme similaire, relativement peu complexe à développer, en y ajoutant aussi des capacités de détection en temps réel, à même de bloquer les versements indus avant qu'ils ne soient autorisés…

En attendant qu'elles se décident à réagir (enfin !), il reste heureusement les applications web et mobiles de BillGuard, dont la récente expansion internationale – en Australie, en Nouvelle-Zélande et au Royaume-Uni – peut laisser espérer qu'elles deviennent prochainement disponibles dans nos contrées…

vendredi 15 août 2014

Citi simplifie l'accès à la banque mobile

Citi
Toujours à portée de la main et accessibles instantanément, les applications pour smartphone sont devenues, en quelques années, le canal d'interaction privilégié des clients dans un nombre croissant de banques. Avec sa nouvelle fonction « Snapshot », Citi souhaite encore faciliter et, donc, développer l'utilisation de la sienne.

Au premier abord, l'idée a pourtant de quoi révolter les maniaques de la sécurité puisqu'elle consiste à permettre à l'utilisateur de consulter sans authentification non seulement le solde de ses comptes (de dépôts et de cartes de crédit), comme cela existe dans d'autres établissements, mais aussi les 15 dernières opérations réalisées sur chacun d'eux. Le suivi des autres comptes (d'investissement, notamment) et l'exécution de transactions restent toutefois protégés par une procédure de connexion complète.

Quelques garde-fous complémentaires sont également prévus, dans le but de renforcer la sécurité ou, peut-être plus prosaïquement, de rassurer les mobinautes. En premier lieu, l'option « Snapshot » n'est (évidemment) pas activée par défaut. Le client doit donc en faire explicitement la demande s'il veut en profiter (mécanisme « opt-in ») et il peut modifier son choix à tout moment. Par ailleurs, une saisie du mot de passe sera malgré tout requise à intervalles réguliers (tous les 15 jours environ).

Citi Mobile Snapshot

En pratique, les risques résiduels ne sont finalement pas très élevés. Ainsi, outre que la seule consultation des transactions récentes ne représente probablement pas un enjeu critique de protection de données personnelles pour une majorité de consommateurs, il s'avère que les informations concernées sont déjà plus ou moins accessibles sans exiger la moindre authentification, par exemple via les services d'alertes (transmis par messagerie, par SMS et, désormais aussi, par l'application mobile).

En ce qui concerne les clients, l'initiative semble être un succès : plus de la moitié de ceux ayant participé au test préliminaire avaient activé l'option et, depuis sa généralisation, le taux d'adoption reste relativement élevé (à 2 chiffres, selon une interview d'un responsable de Citi). Plus intéressant, les adeptes de « Snapshot » consultent leurs comptes 3 fois plus souvent que les autres utilisateurs, ce qui pourrait offrir d'extraordinaires opportunités commerciales à la banque, pour peu qu'elle sache exploiter cette multiplication des contacts.

jeudi 14 août 2014

BBVA Compass : l'agence dans une tablette

BBVA Compass
Voilà une initiative qui pourrait constituer une suite idéale au récent débat sur la mode des « agences du futur » : lorsque BBVA Compass – filiale états-unienne du groupe espagnol – conçoit une application pour tablette à destination de ses conseillers, elle ouvre immédiatement la perspective sur une transformation de la banque…

Fait révélateur de la vision adoptée, les changements qui, par voie de conséquence, affecteront inévitablement l'agence et son rôle dans la relation commerciale ne sont même pas évoqués dans la description du projet. Et, en réalité, cet « oubli » est parfaitement logique, puisque la révolution qui attend, à terme, les collaborateurs et leur métier est bien plus importante et plus structurante pour l'avenir de la banque que les aménagements des points de vente qui l'accompagneront.

L'application en question – développée avec le spécialiste technologique Zenmonics – a en effet une ambition particulièrement large : elle a vocation à embarquer toutes les fonctions nécessaires au conseiller, permettant à celui-ci de répondre à toutes les demandes des clients, au point de pouvoir être considérée comme une agence autonome. Conseil et marketing, service sur les comptes, transaction, vente de produits… toute la banque est ainsi disponible au bout des doigts (intégralement en temps réel, de surcroît), via une interface unifiée.

Zenmonics Mobile Banker

Dans un premier temps, et il s'agit là d'un aspect critique et soigneusement préparé de la gestion de la transition, l'impact de la tablette sur les modèles traditionnels pourra rester limité. Les conseillers remplaceront simplement leurs outils habituels par une nouvelle application, leur offrant un meilleur confort d'utilisation, une autre manière de dialoguer avec leurs clients et, tout au plus, quelques options supplémentaires telles que la signature des contrats à l'écran et l'envoi des documents par moyens électroniques.

Ensuite seulement, la mobilité acquise avec la tablette ouvrira la voie à une autre forme d'interaction, d'abord au sein de l'agence, où le conseiller pourra venir à la rencontre du visiteur, puis, peut-être, à l'extérieur (comme l'esquisse déjà La Caixa pour le secteur des professionnels), avec des collaborateurs itinérants, prêts à répondre aux exigences des clients partout et à tout moment. Il est clair que, à ce stade, le concept d'agence bancaire aura été profondément transformé. Mais on est bien loin d'un projet d'agence du futur…

mercredi 13 août 2014

Shift, une carte pour les gouverner toutes

Shift
En dépit de l'agitation médiatique que suscitent les cryptomonnaies, Bitcoin en tête, celles-ci restent aujourd'hui relativement confidentielles et rares sont les commerces qui les acceptent. Les initiatives se multiplient cependant pour en démocratiser l'usage. La nouvelle carte de paiement de Shift en est une des plus récentes.

Pour remplir sa mission, la startup propose aux consommateurs une carte de paiement adossée à leurs comptes existants sur les plates-formes de monnaie virtuelle Coinbase et Ripple. Ainsi armé, l'utilisateur peut régler ses achats, en ligne ou en boutique, partout où les cartes traditionnelles sont prises en charge. Au moment d'exécuter la transaction, le protocole de compensation P2P de Ripple est mis à contribution pour effectuer les transferts et conversions nécessaires, dans la devise adéquate.

Si elle s'en tenait là, la vision de Shift ne serait qu'une réplique d'une idée déjà développée par ailleurs, par exemple par SmartMetric. Mais il y a plus. Car la technologie de Ripple, totalement agnostique des valeurs échangées, permet d'ouvrir la solution à des transactions réalisées dans toutes sortes de « devises » et pas uniquement le Bitcoin. A terme, la carte pourra donc également être intégrée avec des comptes bancaires classiques, voire même des programmes de fidélité.

Dès lors, grâce à l'application mobile de pilotage qui accompagne sa carte, le porteur pourra choisir d'imputer chacun de ses achats sur l'un ou l'autre de ses comptes liés, qu'il soit virtuel, réel ou constitué de bons de réduction et autres offres promotionnelles. En réalité, on retrouve là les réminiscences d'un autre concept, imaginé par des sociétés telles que Walla.by (ou sous, une autre forme, GoNow), poussé un cran plus loin, au-delà de la seule fédération des cartes de débit et de crédit.

Carte et application mobile Shift

La solution de Shift, devenue moyen de paiement universel, cumulera les avantages des deux approches qu'elle combine : d'une part, une transition douce et transparente vers les cryptomonnaies et, d'autre part, une carte unique remplaçant toutes les autres, utilisable en toutes circonstances. Elle semble encore ajouter à cette dernière caractéristique la faculté unique de pouvoir choisir a posteriori l'affectation des achats au compte souhaité, sécurisée par les mécanismes de non-répudiation de Ripple.

Une telle versatilité rend cette carte idéale pour une multitude de cas d'usages, des plus communs (achats classiques, en ligne ou en magasin) aux plus improbables (entre autres les micro-paiements, pour lesquels Bitcoin offre – enfin ! – un modèle économique viable), et pour toutes sortes de clientèles, des fans de monnaies virtuelles aux populations sous-bancarisées à la recherche d'instruments de paiement économiques, en passant par les consommateurs lambda aux portefeuilles encombrés de trop nombreuses cartes…

mardi 12 août 2014

Gartner : technologies émergentes 2014

Gartner
Comme chaque année depuis 20 ans, le mois d'août marque le retour du « Hype Cycle » Gartner des technologies émergentes, nous offrant un aperçu des grandes tendances à surveiller, leur maturité et leurs perspectives. Passons en revue le résumé des plus de 2 000 thématiques analysées par le cabinet dans 119 catégories différentes.

Conformément à l'air du temps, le fil conducteur de cette nouvelle édition est le voyage vers l'entreprise numérique. Après l'ère analogique, les débuts du web et la génération « e-business », maintenant dépassés, Gartner esquisse les 3 prochaines étapes majeures sur la route qui s'ouvre aux entreprises : le marketing numérique, le business numérique et l'autonomie. Dans cette progression, l'identification des technologies appropriées et leur mise en œuvre au moment opportun représentent un enjeu critique.

Le premier jalon, le marketing numérique, peut certainement être considéré comme déjà bien engagé dans une majorité d'organisations, où ce que Gartner appelle le « nexus des forces » (mobile, social, information et cloud) est mis en œuvre dans le but de multiplier et enrichir les interactions avec les consommateurs. Les efforts devront néanmoins se poursuivre, afin de déployer des moyens de plus en plus sophistiqués d'atteindre les porteurs d'influence et d'en dégager une valeur mesurable.

Le stade suivant, l'entreprise numérique, est aujourd'hui plus souvent un projet qu'une réalité, focalisé sur la convergence entre les personnes, les objets et les métiers. Dans les secteurs économiques fondés sur le « matériel », la transformation se traduira par l'effacement des frontières entre le monde physique et le monde numérique, via, par exemple, des applications web et mobiles intégrées avec les produits fabriqués ou bien à travers l'émergence de l'impression 3D industrielle.

Dans les domaines immatériels, le changement interviendra, en quelque sorte, en deuxième rang : ainsi, notamment, la santé et l'assurance profiteront de la numérisation des attributs de la personne ou des objets (habitation, automobile…) qui l'entoure. Interviendront également de nouvelles formes de « digitalisation », susceptibles d'affecter des concepts historiquement virtuels (et essentiellement numériques), comme l'illustre le phénomène des cryptomonnaies (Bitcoin et consorts).

Dernière étape (pour l'instant ?), l'autonomie sera atteinte lorsque l'entreprise s'appropriera les technologies capables de reproduire ou remplacer des comportements humains. Ce sont les assistants répondant à des questions en langage naturel, les systèmes rédigeant des textes complexes, les voitures sans conducteur…

Hype Cycle des technologies émergentes 2014

La trajectoire dessinée par Gartner est soutenue, à chaque stade, par un ensemble de technologies particulièrement prometteuses : reconnaissance vocale, réalité augmentée, « big data » et science des données… pour le marketing, impression 3D, cryptomonnaie, internet des objets… pour l'entreprise numérique, assistants intelligents, robots évolués, interfaces cerveau-machine… pour l'autonomie. Arrêtons-nous un instant sur l'avis de Gartner sur quelques-unes d'entre elles.

La télématique, sujet d'importance pour les compagnies d'assurance, est toute proche du « plateau de la productivité » mais celui-ci ne serait atteint que dans 5 à 10 ans : voilà peut-être le reflet de technologies mûres mais que les consommateurs ne sont pas prêts à accepter ? A l'inverse, NFC est aujourd'hui au fond du « puits de la désillusion » avec une perspective de maturité à 2 à 5 ans : il sera donc tout de même vraisemblablement trop tard pour le paiement sans contact sur mobile…

Les « big data » abordent une période difficile : actuellement sur la pente des désillusions, elles ne pourront prospérer qu'avec la maturité de la science des données, qui reste cependant en retrait sensible. Enfin, les cryptomonnaies apparaissent pour la première fois dans le « Hype Cycle » générique, sans surprise au sommet du « pic des espérances ». Leur influence en tant que devise est peut-être surestimée mais les fondations techniques sous-jacentes auront probablement un impact durable, sinon immédiat, sur le secteur financier.

Dans tous les cas, il ne serait pas raisonnable de se laisser trop éblouir par cette innovation florissante : ce ne sont pas ces technologies seules qui définiront l'entreprise numérique de demain, la performance et la compétitivité se joueront essentiellement sur les usages qui en seront faits !

lundi 11 août 2014

Trois idées pour la banque mobile

En quelques années, les applications mobiles sont devenues une composante essentielle de l'attirail multi-canal de la banque. Les progrès accomplis depuis la naissance du phénomène sont considérables et tout laisse à penser que les évolutions vont se poursuivre à un rythme effréné. En voici 3 exemples récents susceptibles d'alimenter les réflexions…

TD Bank
Dans toute leur richesse, les solutions de banque mobile restent aujourd'hui focalisées sur l'exécution de transactions (consultation des comptes, virements…). La prochaine frontière à franchir sera de les transformer aussi en support de vente de produits et services. TD Bank fait partie des premières à ouvrir cette voie.

La nouvelle version de son site web mobile permet donc aux clients comme aux prospects d'ouvrir comptes courants personnels et comptes d'épargne ou encore de souscrire certificats de dépôt et autres produits d'investissement basiques. A priori, la procédure semble se dérouler entièrement en ligne (pas de courriers requis pour transmettre des justificatifs) et la seule contrainte imposée est d'accepter de recevoir les contrats et conditions de vente au format électronique.

Le choix d'intégrer ces options uniquement dans les services web et non dans l'application mobile de la banque est cependant surprenant. Il offre certainement l'avantage d'une meilleure accessibilité pour les non clients, qui n'ont pas à installer un logiciel pour en profiter, mais il risque, à l'inverse, de fortement limiter son utilisation par les clients existants. Peut-être n'est-ce qu'une première étape, réalisée à moindre coût, destinée à valider sa pertinence avant une généralisation future ?

Nationwide
Depuis son invention par Westpac en 2011, l'épargne d'impulsion sur smartphone continue à faire des émules dans le monde entier (Banque Populaire et Desjardins en sont 2 exemples en France et au Canada, respectivement). L'une des dernières adeptes, Nationwide, nous offre quelques statistiques rares sur son utilisation.

Au cours des deux mois (juin et juillet) écoulés depuis la publication de la nouvelle version de l'application, accueillant la fonction « Impulse Saver », la banque britannique a ainsi enregistré plus d'1,6 millions de livres sterling de transferts, la moyenne de chacun d'eux s'établissant à 25,18 livres (plus élevée que je ne l'aurais imaginé). Le communiqué nous apprend également que le vendredi et la tranche matinale de 6:00 à 7:00 sont particulièrement propices aux gestes d'épargne…

Nationwide Impulse Saving

Forrester
Troisième et dernière source d'inspiration, le cabinet d'analystes Forrester profite de la publication de son benchmark des applications mobiles des banques australiennes pour identifier 3 caractéristiques clés qui expliquent leur progrès sensible dans son classement mondial de la richesse fonctionnelle.

Passons rapidement sur leurs services pionniers de protection contre la fraude, matérialisés notamment par des options plus ou moins élaborées de configuration et verrouillage de carte bancaire, et attardons-nous surtout sur la capacité spécifique des 4 principaux établissements du pays à faire évoluer très rapidement leurs offres, dans un environnement concurrentiel exacerbé. Pour y parvenir, elle ont un petit secret, qui tient presque entièrement de leur stratégie d'implémentation.

En effet, Westpac et NAB, en particulier, ont préféré une approche « hybride » des applications mobiles, soigneusement ajustée selon les besoins. Les fonctions nécessitant une intégration intime au cœur de la plate-forme et un rendu impeccable sont développées sous forme native, tandis que celles pour lesquelles la priorité est la réactivité et la vitesse de mise en œuvre sont réalisées au format web (tout en restant intégrées dans la même application), au prix d'une finition moins parfaite.