Historiquement, Ekko est une de ces entreprises qui fournissent aux intermédiaires de paiement un outil d'évaluation de l'empreinte environnementale des dépenses à l'intention de leurs utilisateurs. À sa mesure, classique, des émissions d'équivalents en CO2, elle ajoute désormais une estimation inédite des impacts sur la biodiversité.
Le fonctionnement du « Nature Footprint » est identique au mécanisme déjà en place. L'identification, pour chaque transaction, de sa catégorie de marchand, de son montant et du pays dans lequel elle est exécutée permet, grâce à des modèles propriétaires basés sur une recherche validée scientifiquement, de déterminer les effets de l'achat correspondant sur la nature. Ceux-ci sont alors retraduits dans des termes faciles à appréhender (par exemple ramenés à la surface d'un terrain de football).
Dans les détails, les calculs s'appuient sur une connaissance précise des industries et de leurs chaînes d'approvisionnement afin de quantifier leurs effets sur les habitats de la faune et la flore, les usages des terrains, la pression sur les ressources en eau, la pollution… Ces divers facteurs, distribués sur douze dimensions complémentaires, servent ensuite à établir un indicateur composite reconnu : l'abondance moyenne des espèces (MSA), comparant la zone considérée à une référence idéale non perturbée.
Après la conversion de ce score, abstrait, en une illustration sur un exemple concret de conséquence, Ekko propose aux consommateurs exposés à son service d'agir en vue de « compenser » les contrecoups de leurs emplettes. Les méthodes employées dans son but respectent les traditions du genre, avec une invitation à ajouter quelques centimes, par arrondi ou par montant fixe, qui seront ensuite affectés à des projets de préservation de la nature, voués à œuvrer directement dans les domaines évalués.
J'ai l'habitude de critiquer les plates-formes qui « se contentent » de communiquer aux personnes le niveau d'impact de leurs dépenses, surtout quand celui-ci se matérialise par un volume de gaz à effet de serre, qui, même une fois comparé à la consommation d'une voiture sur x kilomètres (ou autre variante du genre), ne représente pas grand chose. Avec une empreinte sur la nature exprimée en m2 d'espaces perdus, les chiffres prennent un peu plus de réalité, facilitant la projection sur son contexte proche.
Autre regret habituel, les possibilités d'action restent limitées et sont essentiellement symboliques. Ekko se veut toute fois candide dans sa démarche : son objectif principal est de fournir aux individus la transparence qui leur manque quand ils déclarent (à 80%, selon une enquête de Mastercard) vouloir vivre de manière plus responsable mais n'ont aucune idée de ce que représentent leurs gestes du quotidien en effets néfastes sur la planète. Il faut leur montrer leur situation existante avant d'espérer changer les pratiques, sa seule découverte pouvant d'ailleurs les inciter à les infléchir.



















