Consciente des besoins croissants de ses clients institutionnels de disposer d'informations et de pouvoir intervenir sur leurs portefeuilles à tout moment et en tout lieu, BNY Mellon leur offre [PDF] désormais "Workbench Mobile", une application iPad qui serait, selon la banque, la première du genre dans le monde.
Et en effet, alors qu'à ma connaissance les établissements concurrents ne proposent encore que de la documentation sur la tablette d'Apple, celle-ci donne accès à des services beaucoup plus complets : rapports des 10 derniers jours sur le portefeuille, tableau de bord des valorisations (par gestionnaire, pays, devise, support...), exposition aux risques par pays ou par classe d'actifs... Les clients ayant retenu cette option pourront même autoriser les transactions sur cash depuis leur iPad.
Afin de rassurer ses utilisateurs, et bien que je doute de l'efficacité de la solution adoptée, BNY Mellon met l'accent sur la sécurité. Ainsi, l'authentification de l'utilisateur passe non seulement par le classique couple identifiant et mot de passe mais également par l'identifiant matériel de la tablette (qui devra donc être enregistré lors de l'activation de l'application).
Par ailleurs, la banque signale son intention d'enrichir progressivement les fonctions incluses dans "Workbench Mobile" ainsi que son objectif de fournir une version adaptée pour les smartphones, iPhone mais aussi Android et BlackBerry. Toujours est-il que le choix de proposer d'abord une solution pour l'iPad est délibéré et correspond vraisemblablement à l'équipement le plus répandu parmi les clients institutionnels de BNY Mellon, outre le fait qu'il est plus adapté à l'usage proposé.
Contrairement à la banque de détail, il est peu probable que la disponibilité d'une application mobile constitue un critère de choix prioritaire pour les entreprises à la recherche d'un gestionnaire d'actifs. Mais le service offert sur iPad sera tout de même un plus non négligeable pour améliorer le niveau de satisfaction des clients.
lundi 25 juillet 2011
dimanche 24 juillet 2011
Syntec publie son livre vert "data center et développement durable"
Poursuivant sa série de livres verts dédiés au "Green IT", le Syntec Numérique, chambre professionnelle des métiers du numérique, vient de publier son nouvel opus, consacré aux centres de production informatique ("data centers"). Ce document constituera une référence utile pour tous les DSI, grâce à une couverture relativement exhaustive du sujet, bien que quelques-uns des arguments développés soient contestables.
Après un bref rappel des enjeux, autant économiques qu'écologiques, du développement durable dans les data centers (raréfaction des ressources énergétiques vs. croissance des besoins de puissance de calcul), le livre vert présente l'état de l'art et les perspectives à moyen terme du centre de production moderne (organisation, caractéristiques...), afin de replacer la réflexion dans le contexte des contraintes (capacités, performances, fiabilité, disponibilité...) auxquelles doit faire face le DSI.
Outre un chapitre consacré aux exigences réglementaires qui pèsent sur les installations et les équipements, la plus grande partie du document est consacrée à des recommandations pratiques destinées aux responsables de data centers. Rien de révolutionnaire, mais le panorama proposé a le mérite de rassembler en quelques pages tous les leviers d'action disponibles, de la nécessité de mesurer l'empreinte environnementale aux optimisations de l'aménagement et des équipements. Parmi ces conseils, citons notamment :
Après un bref rappel des enjeux, autant économiques qu'écologiques, du développement durable dans les data centers (raréfaction des ressources énergétiques vs. croissance des besoins de puissance de calcul), le livre vert présente l'état de l'art et les perspectives à moyen terme du centre de production moderne (organisation, caractéristiques...), afin de replacer la réflexion dans le contexte des contraintes (capacités, performances, fiabilité, disponibilité...) auxquelles doit faire face le DSI.
Outre un chapitre consacré aux exigences réglementaires qui pèsent sur les installations et les équipements, la plus grande partie du document est consacrée à des recommandations pratiques destinées aux responsables de data centers. Rien de révolutionnaire, mais le panorama proposé a le mérite de rassembler en quelques pages tous les leviers d'action disponibles, de la nécessité de mesurer l'empreinte environnementale aux optimisations de l'aménagement et des équipements. Parmi ces conseils, citons notamment :
- La mise en place d'une cartogprahie des composants (CMDB),
- La définition d'indicateurs de suivi de la consommation énergétique,
- L'implication de tous les acteurs, notamment DSI et Immobilier,
- La politique de réduction de la consommation des composants (extinction, mise en veille...),
- Le renouvellement des équipements anciens,
- L'urbanisation (thermique) des installations,
- L'option du free cooling,
- L'augmentation de la température moyenne du centre,
- Le choix de matériels éco-responsables,
- La gestion de la fin de vie des équipements,
- La consolidation et la virtualisation des serveurs et du stockage...
Les rédacteurs montrent cependant leurs limites lorsqu'ils traitent de l'optimisation des logiciels. En effet, lorsqu'ils "accusent" l'empilement de composants et de frameworks d''être responsable de perte d'efficacité, je suis sceptique. Ces couches logicielles sont certes consommatrices de ressources mais il serait un peu rapide de croire qu'elles n'ont pas d'utilité "fonctionnelle"... Et il vaut certainement mieux, pour l'environnement aussi, réutiliser des composants éprouvés plutôt que de tout redévelopper à chaque nouveau projet. Plus précisément, le "procès" fait aux frameworks Java et .Net me semble particulièrement déplacé et, quitte à donner des exemples, il aurait été plus approprié de pointer du doigt les langages de script (de type PHP)...
Enfin, le court paragraphe consacré au cloud computing est, à mon avis, à oublier rapidement car les critiques qui lui sont adressées font preuve d'un manque d'objectivité flagrant. Ainsi, la plupart d'entre elles sont applicables à tous les contextes (par exemple, le décommissionnement des serveurs "remplacés" touche tous les nouveaux projets, comme rappelé par ailleurs dans le document) ou tiennent du procès d'intention (par exemple, la facilité d'allocation des ressources qui favoriserait les excès). Selon moi, le seul point cité méritant effectivement une attention particulière dans un contexte cloud (externe) est celui du réseau (qui peut être source de sur-consommation d'énergie), et encore concerne-t-il toutes les stratégies d'externalisation.
Sur ces deux sujets de désaccord, je recommanderais, pour ma part, d'appliquer le premier conseil donné par le Syntec : mesurer ! Ce n'est en effet qu'en suivant régulièrement l'impact environnemental des data centers qu'on peut effectivement s'assurer d'aller dans la bonne direction. Or, il est vrai que dans le cas du cloud computing, cette mesure est difficile, voire impossible (faute d'information de la part des fournisseurs).
Que ces réserves, qui ne concernent que quelques dizaines de lignes, ne vous empêchent pas de lire ce livre vert [PDF], hautement recommandé.
Enfin, le court paragraphe consacré au cloud computing est, à mon avis, à oublier rapidement car les critiques qui lui sont adressées font preuve d'un manque d'objectivité flagrant. Ainsi, la plupart d'entre elles sont applicables à tous les contextes (par exemple, le décommissionnement des serveurs "remplacés" touche tous les nouveaux projets, comme rappelé par ailleurs dans le document) ou tiennent du procès d'intention (par exemple, la facilité d'allocation des ressources qui favoriserait les excès). Selon moi, le seul point cité méritant effectivement une attention particulière dans un contexte cloud (externe) est celui du réseau (qui peut être source de sur-consommation d'énergie), et encore concerne-t-il toutes les stratégies d'externalisation.
Sur ces deux sujets de désaccord, je recommanderais, pour ma part, d'appliquer le premier conseil donné par le Syntec : mesurer ! Ce n'est en effet qu'en suivant régulièrement l'impact environnemental des data centers qu'on peut effectivement s'assurer d'aller dans la bonne direction. Or, il est vrai que dans le cas du cloud computing, cette mesure est difficile, voire impossible (faute d'information de la part des fournisseurs).
Que ces réserves, qui ne concernent que quelques dizaines de lignes, ne vous empêchent pas de lire ce livre vert [PDF], hautement recommandé.
samedi 23 juillet 2011
Le FinTech Innovation Lab présente ses premières startups
Programme d'incubation de startups lancé en décembre 2010 à l'initiative du fonds d'investissement de la ville de New York, avec l'appui logistique d'Accenture, le FinTech Innovation Lab s'est donné pour objectif de promouvoir le développement de l'innovation technologique dans le secteur de la finance. Il est accompagné par 10 des plus grandes banques mondiales (dont aucune française) et une sélection de firmes de capital risque, qui apportent leurs conseils aux entrepreneurs.
Les 6 premières startups, sélectionnées en mars dernier, viennent d'achever leur cycle d'incubation et leurs réalisations, développées et peaufinées sur 3 mois, ont donc pu être présentées au public. Je vous propose une petite revue de 4 d'entre elles (je suis moins convaincu par les 2 autres).
Aqumin combine ses expertises du traitement graphique, du calcul à haute performance et des marchés de capitaux pour créer une solution de visualisation de données interactive, en 3D et en temps réel. Utilisable avec diverses sources de données, elle cible des applications variées, du trading au suivi de risques, en passant par l'analyse décisionnelle, par exemple.
Avec Mosaic, CB Insights fournit aux investisseurs, gestionnaires de fortune et autres (acheteurs d'entreprise ou établissements de crédit, par exemple) un service d'analyse de la "santé" des PME. Sa particularité est d'exploiter la myriade d'informations disponibles publiquement, sur Internet, pour réaliser son diagnostic.
Lenddo est ma préférée de cette sélection : adoptant une idée que j'évoquais ici il y a quelques mois, elle veut créer un système de "scoring social". La jeune pousse cible prioritairement les classes moyennes des pays émergents, qui n'ont souvent pas accès au crédit, faute de pouvoir justifier de leur "fiabilité" financière.
La solution de Lenddo consiste à demander aux inscrits d'ouvrir un accès à leur "graphe social", sur la plupart des plates-formes publiques en vogue (Facebook, Twitter, LinkedIn...), à partir duquel les algorithmes propriétaires de la startup établissent un score de réputation. Celui-ci peut également être amélioré en recueillant les recommandations de ses amis directement sur le site de Lenddo.
Lorsqu'un prêt est consenti à un utilisateur, son déroulement (ponctualité des remboursements, incidents de paiement...) affectera les scores de tous les membres ayant apporté leur caution, entretenant ainsi une dynamique de communauté.
Notons que, malgré quelques similitudes et une cible proche (les consommateurs à la recherche de micro-crédit pour l'amélioration de leurs conditions de vie), Lenddo ne vise pas le marché des prêts-emprunts P2P ("de pair à pair").
Zipmark remporte la palme du mystère parmi ce panorama : sa présentation suscite l'attention, en citant un "moyen de paiement web et mobile, fonctionnant comme un chèque, mais sans papier" et en évoquant l'utilisation de codes QR. Mais il est impossible d'en savoir plus, pour l'instant. Sera-ce encore un n-ième système de paiement sans originalité ou bien apportera-t-il une vraie nouveauté dans un marché déjà encombré ? A suivre...
Les 6 premières startups, sélectionnées en mars dernier, viennent d'achever leur cycle d'incubation et leurs réalisations, développées et peaufinées sur 3 mois, ont donc pu être présentées au public. Je vous propose une petite revue de 4 d'entre elles (je suis moins convaincu par les 2 autres).
Aqumin combine ses expertises du traitement graphique, du calcul à haute performance et des marchés de capitaux pour créer une solution de visualisation de données interactive, en 3D et en temps réel. Utilisable avec diverses sources de données, elle cible des applications variées, du trading au suivi de risques, en passant par l'analyse décisionnelle, par exemple.
Avec Mosaic, CB Insights fournit aux investisseurs, gestionnaires de fortune et autres (acheteurs d'entreprise ou établissements de crédit, par exemple) un service d'analyse de la "santé" des PME. Sa particularité est d'exploiter la myriade d'informations disponibles publiquement, sur Internet, pour réaliser son diagnostic.
Lenddo est ma préférée de cette sélection : adoptant une idée que j'évoquais ici il y a quelques mois, elle veut créer un système de "scoring social". La jeune pousse cible prioritairement les classes moyennes des pays émergents, qui n'ont souvent pas accès au crédit, faute de pouvoir justifier de leur "fiabilité" financière.
La solution de Lenddo consiste à demander aux inscrits d'ouvrir un accès à leur "graphe social", sur la plupart des plates-formes publiques en vogue (Facebook, Twitter, LinkedIn...), à partir duquel les algorithmes propriétaires de la startup établissent un score de réputation. Celui-ci peut également être amélioré en recueillant les recommandations de ses amis directement sur le site de Lenddo.
Lorsqu'un prêt est consenti à un utilisateur, son déroulement (ponctualité des remboursements, incidents de paiement...) affectera les scores de tous les membres ayant apporté leur caution, entretenant ainsi une dynamique de communauté.
Notons que, malgré quelques similitudes et une cible proche (les consommateurs à la recherche de micro-crédit pour l'amélioration de leurs conditions de vie), Lenddo ne vise pas le marché des prêts-emprunts P2P ("de pair à pair").
Zipmark remporte la palme du mystère parmi ce panorama : sa présentation suscite l'attention, en citant un "moyen de paiement web et mobile, fonctionnant comme un chèque, mais sans papier" et en évoquant l'utilisation de codes QR. Mais il est impossible d'en savoir plus, pour l'instant. Sera-ce encore un n-ième système de paiement sans originalité ou bien apportera-t-il une vraie nouveauté dans un marché déjà encombré ? A suivre...
vendredi 22 juillet 2011
Rapport 2010 de l'observatoire de la sécurité des cartes de paiement
Mandaté par le gouvernement depuis 2001, l'Observatoire de la Sécurité des Paiements par Carte vient de remettre son rapport [PDF] pour l'année 2010. Outre les habituelles statistiques sur la fraude, cette édition porte un regard sur différents sujets : la migration aux standards EMV, les évolutions des systèmes de paiement, les cartes prépayées... Pour ma part, je m'attarderai ici plus particulièrement sur les paiements en ligne.
Ceux-ci représentent désormais près de 5% du nombre total de transactions (retraits compris) par cartes émises en France et 6,5% en valeur. Or ils comptent pour 45% de la fraude (soit 0,276% des montants échangés), un taux en augmentation par rapport à l'année précédente, alors que les paiements sur terminaux physiques sont de moins en moins affectés (la fraude représente 0,012% du montant total des transactions réalisées sur le territoire national), grâce à la généralisation des standards EMV à l'ensemble de l'écosystème.
Face à cette situation préoccupante, l'Observatoire dédie une large part de son rapport aux réponses qui peuvent lui être apportées. Hélas, la tentative s'avère bien limitée, puisque la seule solution envisagée est le développement des systèmes d'authentification non rejouables (utilisant, par exemple, l'envoi par SMS d'un code à l'acheteur ou l'utilisation de tokens et autres lecteurs de cartes pour générer un mot de passe).
A l'appui de sa démonstration, l'étude présente une enquête auprès de consommateurs, qui semble plus tenir de la méthode Coué que d'une mesure objective... Selon celle-ci, 96% des internautes auraient une perception positive de ces méthodes d'authentification (malgré quelques difficultés identifiées lors des premères utilisations, tout de même), ce qui prouverait qu'elles ne sont pas préjudiciables aux ventes. Les e-commerçants constatant des chutes de 20% ou plus de leurs taux de transformation après mise en place de 3D-Secure apprécieront...
Au-delà de cette "légère" distorsion de la réalité, il est également évident que la protection qui pourrait être apportée par ces systèmes ne vaut que si elle est universelle. En effet, comme on le constate aujourd'hui avec l'application disparate des standards EMV, une adoption partielle ne ferait que déplacer la fraude vers les sites ou les pays où l'authentification forte n'est pas implémentée. Ce qui revient finalement à un constat d'impuissance à court et moyen terme devant l'ampleur croissante du phénomène...
On ne peut certes pas attendre de l'Observatoire qu'il propose des solutions révolutionnaires (qui restent à inventer). Mais il aurait été tout de même judicieux d'insister sur les moyens d'analyse des transactions en temps réel et de détection de la fraude à la source, qui, sans être parfaits, offrent dès aujourd'hui une aide précieuse dans la lutte contre la cybercriminalité.
Ceux-ci représentent désormais près de 5% du nombre total de transactions (retraits compris) par cartes émises en France et 6,5% en valeur. Or ils comptent pour 45% de la fraude (soit 0,276% des montants échangés), un taux en augmentation par rapport à l'année précédente, alors que les paiements sur terminaux physiques sont de moins en moins affectés (la fraude représente 0,012% du montant total des transactions réalisées sur le territoire national), grâce à la généralisation des standards EMV à l'ensemble de l'écosystème.
Face à cette situation préoccupante, l'Observatoire dédie une large part de son rapport aux réponses qui peuvent lui être apportées. Hélas, la tentative s'avère bien limitée, puisque la seule solution envisagée est le développement des systèmes d'authentification non rejouables (utilisant, par exemple, l'envoi par SMS d'un code à l'acheteur ou l'utilisation de tokens et autres lecteurs de cartes pour générer un mot de passe).
A l'appui de sa démonstration, l'étude présente une enquête auprès de consommateurs, qui semble plus tenir de la méthode Coué que d'une mesure objective... Selon celle-ci, 96% des internautes auraient une perception positive de ces méthodes d'authentification (malgré quelques difficultés identifiées lors des premères utilisations, tout de même), ce qui prouverait qu'elles ne sont pas préjudiciables aux ventes. Les e-commerçants constatant des chutes de 20% ou plus de leurs taux de transformation après mise en place de 3D-Secure apprécieront...
Au-delà de cette "légère" distorsion de la réalité, il est également évident que la protection qui pourrait être apportée par ces systèmes ne vaut que si elle est universelle. En effet, comme on le constate aujourd'hui avec l'application disparate des standards EMV, une adoption partielle ne ferait que déplacer la fraude vers les sites ou les pays où l'authentification forte n'est pas implémentée. Ce qui revient finalement à un constat d'impuissance à court et moyen terme devant l'ampleur croissante du phénomène...
On ne peut certes pas attendre de l'Observatoire qu'il propose des solutions révolutionnaires (qui restent à inventer). Mais il aurait été tout de même judicieux d'insister sur les moyens d'analyse des transactions en temps réel et de détection de la fraude à la source, qui, sans être parfaits, offrent dès aujourd'hui une aide précieuse dans la lutte contre la cybercriminalité.
mercredi 20 juillet 2011
BBVA mise sur l'innovation
BBVA croit fermement à l'innovation, comme moteur de la croissance économique (et de ses propres activités), comme facteur de développement des sociétés humaines et comme vecteur d'amélioration du bien-être des individus. Pour concrétiser cette vision, la banque espagnole a dévoilé le 7 juillet dernier 3 initiatives en faveur de l'innovation, aux objectifs variés.
La première est la publication d'un livre (en espagnol et en anglais), intitulé "Innovation : perspectives pour le 21ème siècle", disponible gratuitement en téléchargement (aux formats PDF, EPUB et Kindle). Cet imposant ouvrage de plus de 400 pages rassemble 25 articles d'auteurs internationalement reconnus, sur des thèmes aussi variés que les origines de l'innovation, les enjeux de l'innovation pour le changement climatique ou encore l'innovation dans les services financiers (la banque est tout de même présente !).
Ces articles constituent également le cœur de la deuxième initiative, OpenMind, un site (lui aussi en espagnol et en anglais) qui se veut un espace de partage et d'échanges de connaissances et d'idées autour de l'innovation (au sens large). Tous les internautes sont invités à s'inscrire pour apporter leurs commentaires aux articles publiés ou dialoguer directement avec les auteurs participants (chacun d'eux dispose de sa page personnelle). Outre le livre cité plus haut, les articles de deux ouvrages précédemment publiés par BBVA ("Les multiples facettes de la globalisation" et "Les frontières de la connaissance") s'ajoutent aux contenus ainsi accessibles.
Enfin, la banque a profité de la présentation de son livre pour inaugurer le "Centre d'Innovation BBVA" (CIBBVA), un nouveau bâtiment dans le centre de Madrid dont la vocation est d'incuber, développer et tester de nouvelles idées (autour de son métier, cette fois) et, aussi, devenir un point de rencontre des personnes intéressées par l'innovation, pour partager, écouter et apprendre (avec conférences, concours de startups...). Le CIBBVA (aussi présent sur le web et sur les médias sociaux) est présenté comme un élément fondamental de la stratégie de la banque, cristallisant son credo de l'innovation au service du développement de son activité et de l'homme en général.
Cette présentation donne par ailleurs l'occasion de découvrir quelques caractéristiques de la démarche d'innovation de BBVA. Il y est notamment question de son modèle d'innovation ouverte, qui fait appel à une multitude de partenaires, industriels (Intel, HP, Nokia, Cisco...) et académiques (MIT Media Lab...), pour développer les collaborations et la co-création. Lors de l'inauguration du centre, la banque a présenté un exemple d'idée ainsi conçue : un système sur mobile qui permettrait aux personnes handicapées de gérer toutes leurs opérations de banque dans une pharmacie ou une épicerie de proximité...
Dans un contexte économique plutôt difficile, BBVA a le courage de se donner les moyens de ses ambitions et prend résolument en main son avenir. A ceux d'entre vous qui rêveraient de travailler dans de telles conditions, consolez-vous en profitant de tous les contenus que la banque espagnole met à votre disposition !
La première est la publication d'un livre (en espagnol et en anglais), intitulé "Innovation : perspectives pour le 21ème siècle", disponible gratuitement en téléchargement (aux formats PDF, EPUB et Kindle). Cet imposant ouvrage de plus de 400 pages rassemble 25 articles d'auteurs internationalement reconnus, sur des thèmes aussi variés que les origines de l'innovation, les enjeux de l'innovation pour le changement climatique ou encore l'innovation dans les services financiers (la banque est tout de même présente !).
Ces articles constituent également le cœur de la deuxième initiative, OpenMind, un site (lui aussi en espagnol et en anglais) qui se veut un espace de partage et d'échanges de connaissances et d'idées autour de l'innovation (au sens large). Tous les internautes sont invités à s'inscrire pour apporter leurs commentaires aux articles publiés ou dialoguer directement avec les auteurs participants (chacun d'eux dispose de sa page personnelle). Outre le livre cité plus haut, les articles de deux ouvrages précédemment publiés par BBVA ("Les multiples facettes de la globalisation" et "Les frontières de la connaissance") s'ajoutent aux contenus ainsi accessibles.
Enfin, la banque a profité de la présentation de son livre pour inaugurer le "Centre d'Innovation BBVA" (CIBBVA), un nouveau bâtiment dans le centre de Madrid dont la vocation est d'incuber, développer et tester de nouvelles idées (autour de son métier, cette fois) et, aussi, devenir un point de rencontre des personnes intéressées par l'innovation, pour partager, écouter et apprendre (avec conférences, concours de startups...). Le CIBBVA (aussi présent sur le web et sur les médias sociaux) est présenté comme un élément fondamental de la stratégie de la banque, cristallisant son credo de l'innovation au service du développement de son activité et de l'homme en général.
Cette présentation donne par ailleurs l'occasion de découvrir quelques caractéristiques de la démarche d'innovation de BBVA. Il y est notamment question de son modèle d'innovation ouverte, qui fait appel à une multitude de partenaires, industriels (Intel, HP, Nokia, Cisco...) et académiques (MIT Media Lab...), pour développer les collaborations et la co-création. Lors de l'inauguration du centre, la banque a présenté un exemple d'idée ainsi conçue : un système sur mobile qui permettrait aux personnes handicapées de gérer toutes leurs opérations de banque dans une pharmacie ou une épicerie de proximité...
Dans un contexte économique plutôt difficile, BBVA a le courage de se donner les moyens de ses ambitions et prend résolument en main son avenir. A ceux d'entre vous qui rêveraient de travailler dans de telles conditions, consolez-vous en profitant de tous les contenus que la banque espagnole met à votre disposition !
Citi accompagne les introductions en bourse sur iPad
Dans la recherche de cas d'usages des nouveaux moyens de communication mobiles, Citi s'illustre aujourd'hui avec le lancement de "Citi Issuer Access". Il s'agit de fournir un iPad, équipé d'un ensemble d'applications spécialisées, aux entrepreneurs qui préparent leur introduction en bourse (IPO) avec la banque.
Les outils inclus permettront aux émetteurs de :
Au-delà de sa volonté d'afficher une image d'innovateur, Citi veut avec cette initiative affirmer son engagement d'accompagnement, de proximité et en toute transparence, des candidats à l'IPO. L'enjeu "commercial" reste certainement marginal pour la banque mais il est tout aussi vraisemblable que le coût que représente "Citi Issuer Access" est modeste au regard du marché ciblé (les outils embarqués pré-existaient à l'offre).
L'expérience pourrait facilement inspirer d'autres secteurs de la "finance à forte valeur ajoutée" (par exemple la banque privée ?)...
Les outils inclus permettront aux émetteurs de :
- Suivre en temps réel les réservations de titres et les commentaires sur l'opération.
- Gérer leurs tournées et rendez-vous de présentation.
- Consulter les profils des investisseurs, leurs portefeuilles et leurs stratégies d'investissement.
- Accéder à une base de données de contacts institutionnels.
- Consulter la documentation liée à l'offre.
- Accéder aux analyses des spécialistes de Citi avant et après l'introduction.
- ...
Au-delà de sa volonté d'afficher une image d'innovateur, Citi veut avec cette initiative affirmer son engagement d'accompagnement, de proximité et en toute transparence, des candidats à l'IPO. L'enjeu "commercial" reste certainement marginal pour la banque mais il est tout aussi vraisemblable que le coût que représente "Citi Issuer Access" est modeste au regard du marché ciblé (les outils embarqués pré-existaient à l'offre).
L'expérience pourrait facilement inspirer d'autres secteurs de la "finance à forte valeur ajoutée" (par exemple la banque privée ?)...
mardi 19 juillet 2011
Forrester : le mobile sera plus disruptif qu'internet
A l'occasion de la publication d'une note de recherche sur le sujet, les analystes de Forrester se déchaînent (dans au moins 3 billets successifs [1]) pour nous annoncer que le mobile a le potentiel de devenir encore plus important et plus disruptif que ne l'a été Internet jusqu'à maintenant. La clé de cette déclaration péremptoire tient en un mot : "contexte", et la révolution n'en est qu'à ses prémices...
En effet, bien peu de professionnels anticipent aujourd'hui les opportunités que dessinent les caractéristiques uniques, actuelles et futures, des téléphones mobiles. Du côté des technologies, les capteurs GPS, boussoles et accéléromètres sont déjà présents dans tous les smartphones actuels et les fabricants promettent une généralisation dans toutes les gammes d'appareil, ainsi que de nouveaux composants (bientôt les puces sans contact NFC, puis des baromètres...). Du côté des usages, le mobile deviendra (devient ?) un outil universel pour interagir avec sa chambre d'hôtel, son parking, sa télévision, sa banque, sa maison, sa voiture...
Tout cela transforme le téléphone en l'objet qui "connait" le mieux son propriétaire. Et cette connaissance peut être mise à profit pour enrichir l'expérience utilisateur. Concrètement, le contexte ainsi "exploitable" peut se décliner sur 3 axes : situation (position, vitesse, altitude, environnement...), préférences (historique des interactions, informations partagées avec le fournisseur ou sur les réseaux sociaux...) et attitude (les "émotions" que l'on peut déduire des actions exécutées).
Bien entendu, la perception d'intrusion dans la vie privée constitue un risque majeur de cette tendance mais, comme le montrent quelques exemples récents, ces craintes sont rapidement balayées lorsque le bénéfice obtenu en contrepartie devient évident.
Devant ce phénomène, les créateurs d'"expérience mobile" qui perçoivent le téléphone comme un "mini PC" commettent une erreur fondamentale. Les lacunes des interfaces utilisateur (limitées par les contraintes matérielles) doivent être compensées par l'utilisation du contexte, ce qui implique une approche radicalement différente de celles qui prévalent pour les applications web. Incidemment, ce modèle contribuera au maintien de la popularité des applications natives (pouvant accéder à toutes les capacités de l'appareil), n'en déplaise aux tenants du "tout web" et de HTML 5.
La route vers les applications mobiles contextuelles ne sera cependant pas facile à emprunter. Il faudra apprendre à gérer des quantités importantes de données, prenant des formes "inhabituelles", et à exploiter celles-ci intelligemment. La première recommandation qui peut être formulée est de dépasser le stade de la simple géolocalisation, en cherchant à comprendre les comportements des utilisateurs et en adressant en priorité leurs "points de douleur". Mais, surtout, commencez par oublier ce que vous avez appris avec le web !
[1] The Future of Mobile is User Context (Thomas Husson)
What it Means for Content and Collaboration Professionals (Ted Schadler)
Why, How and When to Jump on the Mobile App Bandwagon (Josh Bernoff)
Je souhaite également mentionner une startup (discrète), Mobillus, dont j'ai emprunté le logo pour cet article et qui nous promet (pour bientôt) des solutions innovantes de gestion de contexte sur mobile...
En effet, bien peu de professionnels anticipent aujourd'hui les opportunités que dessinent les caractéristiques uniques, actuelles et futures, des téléphones mobiles. Du côté des technologies, les capteurs GPS, boussoles et accéléromètres sont déjà présents dans tous les smartphones actuels et les fabricants promettent une généralisation dans toutes les gammes d'appareil, ainsi que de nouveaux composants (bientôt les puces sans contact NFC, puis des baromètres...). Du côté des usages, le mobile deviendra (devient ?) un outil universel pour interagir avec sa chambre d'hôtel, son parking, sa télévision, sa banque, sa maison, sa voiture...
Tout cela transforme le téléphone en l'objet qui "connait" le mieux son propriétaire. Et cette connaissance peut être mise à profit pour enrichir l'expérience utilisateur. Concrètement, le contexte ainsi "exploitable" peut se décliner sur 3 axes : situation (position, vitesse, altitude, environnement...), préférences (historique des interactions, informations partagées avec le fournisseur ou sur les réseaux sociaux...) et attitude (les "émotions" que l'on peut déduire des actions exécutées).
Bien entendu, la perception d'intrusion dans la vie privée constitue un risque majeur de cette tendance mais, comme le montrent quelques exemples récents, ces craintes sont rapidement balayées lorsque le bénéfice obtenu en contrepartie devient évident.
Devant ce phénomène, les créateurs d'"expérience mobile" qui perçoivent le téléphone comme un "mini PC" commettent une erreur fondamentale. Les lacunes des interfaces utilisateur (limitées par les contraintes matérielles) doivent être compensées par l'utilisation du contexte, ce qui implique une approche radicalement différente de celles qui prévalent pour les applications web. Incidemment, ce modèle contribuera au maintien de la popularité des applications natives (pouvant accéder à toutes les capacités de l'appareil), n'en déplaise aux tenants du "tout web" et de HTML 5.
La route vers les applications mobiles contextuelles ne sera cependant pas facile à emprunter. Il faudra apprendre à gérer des quantités importantes de données, prenant des formes "inhabituelles", et à exploiter celles-ci intelligemment. La première recommandation qui peut être formulée est de dépasser le stade de la simple géolocalisation, en cherchant à comprendre les comportements des utilisateurs et en adressant en priorité leurs "points de douleur". Mais, surtout, commencez par oublier ce que vous avez appris avec le web !
[1] The Future of Mobile is User Context (Thomas Husson)
What it Means for Content and Collaboration Professionals (Ted Schadler)
Why, How and When to Jump on the Mobile App Bandwagon (Josh Bernoff)
Je souhaite également mentionner une startup (discrète), Mobillus, dont j'ai emprunté le logo pour cet article et qui nous promet (pour bientôt) des solutions innovantes de gestion de contexte sur mobile...
Les coupons de réduction d'AmEx débarquent sur Facebook
Après son partenariat avec FourSquare, American Express poursuit sans relâche sa stratégie de présence sur les médias sociaux, avec ses coupons de réductions "virtuels". La dernière cible en date est Facebook, où l'émetteur de cartes déploie une application, baptisée "Link, Like, Love", destinée à tous ses membres.
Avec ce nouveau service, les porteurs de carte AmEx (américains, pour l'instant) sont invités à lier leur compte à leur profil Facebook, via une simple inscription. Ils pourront dès lors recevoir des offres promotionnelles, sous la forme de réductions (portées directement au crédit de leur carte, sans avoir à imprimer un coupon), de contenus exclusifs, d'accès à des événements spéciaux...
La dimension "sociale" n'est pas oubliée puisque les offres seront délivrées en fonction de leurs centres d'intérêt et de ceux de leurs relations sur Facebook. Ainsi, lorsqu'un utilisateur "like" la chaîne de supermarchés "Whole Foods Market" sur le réseau, il recevra les offres de celle-ci. Autre exemple, si un de ses amis est fan du show télévisé "Glee", il pourra bénéficier d'une invitation à une représentation privée du film qui en est tiré. Les membres auront également la possibilité de partager les offres reçues avec leurs amis.
Initialement, les partenaires d'American Express pour cette opération sont de grandes chaînes de distribution nationales. Mais l'émetteur souhaite également attirer les petits commerçants et ainsi, peut-être, concurrencer Groupon et ses clones. Pour ce faire, il annonce simultanément la prochaine mise en place de "Go Social", une plate-forme de création d'offres en libre service. Cependant, la grande force de cette solution sera surtout son tableau de bord, permettant aux entrepreneurs de suivre précisément les résultats de leurs campagnes, grâce à la position unique d'intermédiaire de paiement qu'occupe AmEx.
La stratégie d'American Express sur les médias sociaux prend progressivement forme et ne peut manquer d'impressionner par sa cohérence et sa pertinence (la marque a déjà plus de 2 millions de fans sur Facebook). Il y a certainement là matière à inspirer d'autres initiatives...
Avec ce nouveau service, les porteurs de carte AmEx (américains, pour l'instant) sont invités à lier leur compte à leur profil Facebook, via une simple inscription. Ils pourront dès lors recevoir des offres promotionnelles, sous la forme de réductions (portées directement au crédit de leur carte, sans avoir à imprimer un coupon), de contenus exclusifs, d'accès à des événements spéciaux...
La dimension "sociale" n'est pas oubliée puisque les offres seront délivrées en fonction de leurs centres d'intérêt et de ceux de leurs relations sur Facebook. Ainsi, lorsqu'un utilisateur "like" la chaîne de supermarchés "Whole Foods Market" sur le réseau, il recevra les offres de celle-ci. Autre exemple, si un de ses amis est fan du show télévisé "Glee", il pourra bénéficier d'une invitation à une représentation privée du film qui en est tiré. Les membres auront également la possibilité de partager les offres reçues avec leurs amis.
Initialement, les partenaires d'American Express pour cette opération sont de grandes chaînes de distribution nationales. Mais l'émetteur souhaite également attirer les petits commerçants et ainsi, peut-être, concurrencer Groupon et ses clones. Pour ce faire, il annonce simultanément la prochaine mise en place de "Go Social", une plate-forme de création d'offres en libre service. Cependant, la grande force de cette solution sera surtout son tableau de bord, permettant aux entrepreneurs de suivre précisément les résultats de leurs campagnes, grâce à la position unique d'intermédiaire de paiement qu'occupe AmEx.
La stratégie d'American Express sur les médias sociaux prend progressivement forme et ne peut manquer d'impressionner par sa cohérence et sa pertinence (la marque a déjà plus de 2 millions de fans sur Facebook). Il y a certainement là matière à inspirer d'autres initiatives...
lundi 18 juillet 2011
Enquête McKinsey-EFMA : évolution des canaux bancaires
Entre les fervents défenseurs de l'agence et les tenants du "tout en ligne", le débat fait rage sur l'avenir des multiples canaux de la relation bancaire d'aujourd'hui. Afin d'éclairer le débat, McKinsey et l'EFMA ont conduit [1] une vaste enquête paneuropéenne auprès de 3000 consommateurs et 150 établissements, qui donne à la fois un aperçu des usages des uns et des perceptions des autres. Morceaux choisis.
Premier constat : le paysage est très contrasté en Europe, entre, par exemple, les néerlandais dont la moitié n'ont pas visité une agence depuis un an (12% en France et 21% globalement) et les italiens qui n'utilisent en moyenne que 2 canaux (3 en France et 2,6 globalement). Sans surprise, les différences générationnelles restent également marquées, les 20-35 ans privilégiant plus les canaux en ligne que leurs aînés (là encore, avec des variations importantes d'un pays à l'autre).
Les résultats de l'étude du marché français me semblent particulièrement intéressants. Ils révèlent ainsi que, si nos compatriotes sont parmi ceux qui utilisent le plus de canaux différents, leur préférence pour l'achat de produits en agence reste très élevée, sans intention forte de changer leurs habitudes dans le futur. Pourtant, les banquiers se montrent extrêmement optimistes quant au transfert des souscriptions de certains produits (comptes épargne et crédit à la consommation, notamment) sur les canaux en libre service.
Une autre observation tend à démontrer une certaine schizophrénie chez les consommateurs français : ils attendent une meilleure sécurité pour développer leur usage de la banque en ligne mais, dans le même temps, l'étude note que les procédures en vigueur sur la plupart des sites pour la gestion des bénéficiaires de virements (avec une phase plus ou moins longue de validation par la banque) est considérée comme trop lourde et constitue un handicap à l'adoption.
Pour réussir dans un environnement en pleine évolution, McKinsey, qui souligne que la densité actuelle d'agences dans l'hexagone se situe dans une bonne moyenne, propose quelques recommandations :
[1] Article et rapport complet accessible sur inscription (gratuite).
Premier constat : le paysage est très contrasté en Europe, entre, par exemple, les néerlandais dont la moitié n'ont pas visité une agence depuis un an (12% en France et 21% globalement) et les italiens qui n'utilisent en moyenne que 2 canaux (3 en France et 2,6 globalement). Sans surprise, les différences générationnelles restent également marquées, les 20-35 ans privilégiant plus les canaux en ligne que leurs aînés (là encore, avec des variations importantes d'un pays à l'autre).
Les résultats de l'étude du marché français me semblent particulièrement intéressants. Ils révèlent ainsi que, si nos compatriotes sont parmi ceux qui utilisent le plus de canaux différents, leur préférence pour l'achat de produits en agence reste très élevée, sans intention forte de changer leurs habitudes dans le futur. Pourtant, les banquiers se montrent extrêmement optimistes quant au transfert des souscriptions de certains produits (comptes épargne et crédit à la consommation, notamment) sur les canaux en libre service.
Une autre observation tend à démontrer une certaine schizophrénie chez les consommateurs français : ils attendent une meilleure sécurité pour développer leur usage de la banque en ligne mais, dans le même temps, l'étude note que les procédures en vigueur sur la plupart des sites pour la gestion des bénéficiaires de virements (avec une phase plus ou moins longue de validation par la banque) est considérée comme trop lourde et constitue un handicap à l'adoption.
Pour réussir dans un environnement en pleine évolution, McKinsey, qui souligne que la densité actuelle d'agences dans l'hexagone se situe dans une bonne moyenne, propose quelques recommandations :
- Adapter les formats des agences pour leur futur rôle de conseil et de vente de produits complexes.
- Transformer la perception des canaux en ligne par les consommateurs en développant la confiance et en réduisant leurs craintes pour la sécurité.
- Développer un véritable approche multi-canal. Les français utilisent de nombreux canaux différents, or très peu de banques ont une capacité à gérer une interaction de bout en bout à travers ceux-ci. Les silos isolés sont encore la règle et les processus sont loin d'être intégrés, même lorsque quelques "rustines" multi-canal ont été mises en place...
[1] Article et rapport complet accessible sur inscription (gratuite).
dimanche 17 juillet 2011
Brèves : Crédit Agricole, AdP, Netvibes
Période estivale oblige, les brèves de cette semaine seront (en partie) destinées aux touristes et voyageurs, quitte à nous écarter un peu des services financiers, avec les nouvelles applications mobiles du Crédit Agricole et des Aéroports de Paris. Nous reviendrons également sur les récentes évolutions de l'offre de Netvibes dans le domaine de la veille.
"Mon Budget", l'outil de gestion de comptes et de suivi de budget du Crédit Agricole dorénavant disponible pour iPhone, Android et Windows Phone, réussit l'exploit de se maintenir à la fois parmi les plus populaires du genre (2ème sur l'AppStore d'Apple) et la mieux notée par ses utilisateurs (4,5 étoiles sur 5 sur le même AppStore).
Mais, comme certaines de ses concurrentes, la banque cherche à diversifier sa présence sur mobile. Elle vient ainsi de lancer, en partenariat avec Keldélice, "Les Bons Plans Terroir du CA" pour iPhone et Android. Loin des questions d'argent, cette application propose de découvrir plus de 10 000 petits producteurs de spécialités du terroir, avec photos, horaires, plans d'accès, catalogue... Naturellement, une option de géolocalisation permet de repérer rapidement les adresses les plus proches, en voyage ou à son domicile. Seule concession au métier du Crédit Agricole, un outil de localisation des GABs est également intégré.
En synthèse, cette nouvelle réalisation représente une belle opération de communication pour la banque, mettant en avant ses valeurs de proximité et de banque du monde rural.
Autre application mobile, récemment dévoilée [PDF] par Aéroports de Paris, "My Way" (pour Android) justifie sa présence ici par les possibilités qu'elle révèle. Il s'agit en effet d'une des premières à intégrer un système de localisation "indoor", guidant ses utilisateurs au cœur des terminaux E et F et de la gare TGV de l'aéroport Roissy - Charles de Gaulle.
La technologie retenue est relativement simple puisqu'elle exploite une cartographie des points d'accès WiFi (privés) qui irriguent les installations.
Cette application démontre la faisabilité d'une nouvelle approche de la géolocalisation, à l'intérieur de locaux où les moyens classiques (GPS) sont souvent inaccessibles ou peu fiables. Elle ouvre ainsi le champ à de multiples opportunités qui ne demandent qu'à être exploitées.
Sans abandonner son modèle d'origine de portail dynamique et personnalisé, Netvibes enrichit progressivement ses services à destination des entreprises. L'annonce du Social Pack (dont la disponibilité publique est prévue pour la fin du mois) veut ainsi séduire les "professionnels des médias sociaux", avec une solution ajoutant des outils d'analyse aux fonctions existantes de surveillance et de veille.
Avec le Social Pack, les utilisateurs pourront donc non seulement suivre en détail les sources d'information qu'ils jugent pertinentes pour leur activité mais également disposer d'une vision synthétique des tendances, selon 5 axes : qui (réseaux d'influence), quoi (quelles idées), où (géographie), quand (évolution dans le temps) et comment (accès aux détails des conversations).
Par rapport aux multiples solutions d'analyse de la voix des consommateurs sur les médias sociaux, la nouvelle offre de Netvibes se distingue par son approche de bout en bout et son niveau de personnalisation (bien que celui-ci requière un important travail de configuration). Certainement de quoi mériter une évaluation à l'heure du choix d'une plate-forme d'entreprise...
Je souhaite d'excellentes vacances à tous ceux d'entre vous qui ont la chance de partir !
"Mon Budget", l'outil de gestion de comptes et de suivi de budget du Crédit Agricole dorénavant disponible pour iPhone, Android et Windows Phone, réussit l'exploit de se maintenir à la fois parmi les plus populaires du genre (2ème sur l'AppStore d'Apple) et la mieux notée par ses utilisateurs (4,5 étoiles sur 5 sur le même AppStore).
Mais, comme certaines de ses concurrentes, la banque cherche à diversifier sa présence sur mobile. Elle vient ainsi de lancer, en partenariat avec Keldélice, "Les Bons Plans Terroir du CA" pour iPhone et Android. Loin des questions d'argent, cette application propose de découvrir plus de 10 000 petits producteurs de spécialités du terroir, avec photos, horaires, plans d'accès, catalogue... Naturellement, une option de géolocalisation permet de repérer rapidement les adresses les plus proches, en voyage ou à son domicile. Seule concession au métier du Crédit Agricole, un outil de localisation des GABs est également intégré.
En synthèse, cette nouvelle réalisation représente une belle opération de communication pour la banque, mettant en avant ses valeurs de proximité et de banque du monde rural.
Autre application mobile, récemment dévoilée [PDF] par Aéroports de Paris, "My Way" (pour Android) justifie sa présence ici par les possibilités qu'elle révèle. Il s'agit en effet d'une des premières à intégrer un système de localisation "indoor", guidant ses utilisateurs au cœur des terminaux E et F et de la gare TGV de l'aéroport Roissy - Charles de Gaulle.
La technologie retenue est relativement simple puisqu'elle exploite une cartographie des points d'accès WiFi (privés) qui irriguent les installations.
Cette application démontre la faisabilité d'une nouvelle approche de la géolocalisation, à l'intérieur de locaux où les moyens classiques (GPS) sont souvent inaccessibles ou peu fiables. Elle ouvre ainsi le champ à de multiples opportunités qui ne demandent qu'à être exploitées.
Sans abandonner son modèle d'origine de portail dynamique et personnalisé, Netvibes enrichit progressivement ses services à destination des entreprises. L'annonce du Social Pack (dont la disponibilité publique est prévue pour la fin du mois) veut ainsi séduire les "professionnels des médias sociaux", avec une solution ajoutant des outils d'analyse aux fonctions existantes de surveillance et de veille.
Avec le Social Pack, les utilisateurs pourront donc non seulement suivre en détail les sources d'information qu'ils jugent pertinentes pour leur activité mais également disposer d'une vision synthétique des tendances, selon 5 axes : qui (réseaux d'influence), quoi (quelles idées), où (géographie), quand (évolution dans le temps) et comment (accès aux détails des conversations).
Par rapport aux multiples solutions d'analyse de la voix des consommateurs sur les médias sociaux, la nouvelle offre de Netvibes se distingue par son approche de bout en bout et son niveau de personnalisation (bien que celui-ci requière un important travail de configuration). Certainement de quoi mériter une évaluation à l'heure du choix d'une plate-forme d'entreprise...
Je souhaite d'excellentes vacances à tous ceux d'entre vous qui ont la chance de partir !
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