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C'est pas mon idée !

jeudi 4 août 2011

Appareils personnels dans l'entreprise : l'idée fait son chemin

Citrix
En regardant autour de soi, il est évident que le concept "BYOD" ("Bring Your Own Device" ou l'utilisation d'appareils personnels dans le cadre professionnel) progresse dans toutes les organisations. Pour rationnaliser le débat, Citrix a commandité une enquête auprès de 700 professionnels des DSI de moyennes et grandes entreprises (en Europe, Amérique du Nord et Inde), dont les résultats démontrent une réelle arrivée à maturité du sujet.

Ainsi le premier constat d'importance est que la politique de l'autruche a laissé la place à une prise de conscience : la quasi-totalité des répondants (92%) sont au courant des pratiques "BYOD" des collaborateurs et ils estiment en moyenne que plus d'un quart des effectifs de leur organisation est concerné. Face à cette réalité, les politiques adéquates sont encore en cours de mise en place (44% des cas) mais l'évolution est rapide (94% prévoient une action dans les 2 ans). Et l'ampleur du phénomène est également bien comprise, puisque 80% des politiques qui seront mises en place en 2013 couvriront tous les employés (et non uniquement un département ou un niveau hiéarchique, par exemple).

Pour un certain nombre de responsables, la position adoptée est plutôt une réaction à la "consumérisation" de l'informatique. Cependant, les visionnaires ont une approche plus volontariste, cherchant avec leurs initiatives à attirer les talents (parmi les populations les plus jeunes, mais pas uniquement), flexibiliser l'environnement de travail (notamment le rendre plus mobile) et augmenter la productivité. Parmi les autres bénéfices attendus, la réduction des coûts est, étonnamment, relativement peu citée (36%).

En pratique, ce sont d'abord les PC portables personnels qui sont les plus répandus aujourd'hui, suivis de près par les smartphones. Mais une transition est en cours des PC vers les tablettes. Par ailleurs, du côté des outils mobiles, les personnes interrogées se préparent à une grande diversité des plates-formes qui devront être supportées, avec tout de même une forte prédominance d'Apple.

Citrix oblige, l'utilisation de la virtualisation du poste de travail pour répondre aux enjeux des initiatives "BYOD" est, naturellement, largement abordée dans l'étude. On retiendra sur ce thème un chiffre intéressant : près de 60% des entreprises qui se lancent dans des projets de ce type le feraient principalement pour supporter des matériels "étrangers".

Si on en croit cette enquête, la position des entreprises vis-à-vis du concept "BYOD" a extraordinairement évolué en quelques mois. Sans vouloir être trop optimiste, il est tout de même probable que cela correspond à une vraie prise de conscience, devant un phénomène qu'il est, de toutes manières, difficile d'ignorer. L'effort pour mettre en place des politiques d'entreprise reste cependant à mener, dans de nombreuses organisations, et c'est peut-être là que les difficultés apparaîtront...

mercredi 3 août 2011

Le Club by BforBank, pour réunir les fans de la bourse sur Facebook

Le Club by BforBank
Les réseaux sociaux autour de la bourse ne sont plus tout à fait une nouveauté (voir, par exemple, hopee.fr de Cortal Consors). "Le Club by BforBank" (BforBank étant la banque privée en ligne du Crédit Agricole) est tout de même un peu différent de ces prédécesseurs, tout d'abord en s'installant sur Facebook et, aussi, en adoptant une approche ludique du sujet.

Pour l'essentiel, cette application est en effet un jeu de prédictions : les participants sont appelés, deux fois par semaine, à soumettre leur pronostics sur les 3 valeurs du CAC 40 en plus forte hausse et les 3 en plus forte baisse sur la journée du concours, ainsi que sur la tendance du prix du baril de Brent. Les prévisions exactes rapportent des points à leurs auteurs, donnant lieu à un classement général.

Le Club by BforBank

Pour capitaliser sur la dynamique communautaire de Facebook, des points supplémentaires sont aussi attribués pour les parrainages. Plus intéressant, les internautes sont invités à poster leurs commentaires, à l'appui de leurs prédictions. Ceux-ci rapportent également des points, lorsqu'ils sont "aimés" (au sens "like" de Facebook) par les autres joueurs.

Je ne sais si c'est intentionnel de la part de BforBank mais ces modalités de jeu pourraient transformer "Le Club" en un système de prédiction en "crowdsourcing", un peu comme celui de TweetTrader. Si les joueurs sont suffisamment nombreux, on peut imaginer que se dégagent progressivement, via la qualité de leurs prédictions et l'appréciation de leurs commentaires, des "experts" influençant plus ou moins directement la moyenne des pronostics, qui deviennent alors plus pertinents.

Ces propos ne doivent pas laisser imaginer que je crois à un modèle de prévision des cours de bourse (comme je l'indiquais déjà avec TweetTrader) mais il y a tout de même là de quoi exciter la curiosité...

Quoiqu'il en soit, l'initiative de BforBank est habilement conçue pour séduire sa cible et entretenir l'intérêt de celle-ci sur la durée. Il s'agit d'ores et déjà d'un bel exemple d'opération marketing sur les médias sociaux.

mardi 2 août 2011

Commidea : et la sécurité du paiement par téléphone ?

Commidea
Les risques de fraudes et autres malversations sur les paiements en ligne focalisent l'attention et stimulent le développement de nouvelles solutions. Mais qu'en est-il des autres canaux à distance et plus particulièrement du canal téléphonique ?

Ce dernier représente toujours une part importante des transactions de vente par correspondance et la généralisation des centres d'appel externalisés le rend de plus en plus sensible à des problèmes de sécurité. Pourtant, le sujet ne semble pas susciter beaucoup d'intérêt et les solutions sont pour le moins discrètes.

Saluons donc l'initiative de la société Commidea qui, en partenariat avec le fournisseur de logiciels de gestion de centre de contact Semafone, propose une réponse intelligente à ces enjeux importants. Celle-ci consiste à "masquer" à l'opérateur la transmission des informations de paiement. Pour ce faire, le client est invité à saisir les caractéristiques de sa carte (numéro, date de validité, CVV) sur les touches de son combiné et non plus à les communiquer à son interlocuteur. Le conseiller est simplement informé lorsque la transaction a été confirmée.

Outre l'impossiblité pour les agents du centre d'appel de détourner les informations fournies, la solution de Commidea présente aussi l'avantage pour ses clients de faciliter la gestion interne des données sensibles. Ainsi, les informations saisies par le client sont directement transmises au processeur de paiement et n'ont donc jamais à être stockées par le commerçant. En évitant les contraintes de sécurisation des données, il pourra réaliser des économies sensibles. D'autant que le dispositif supporte aussi, avec les mêmes protections, la gestion des paiements récurrents.

Une lecture superficielle des statistiques sur la fraude sur les cartes bancaires (par exemple celles de l'Observatoire de la Sécurité des Paiements) pourrait faire oublier certaines réalités. En effet, si les incidents sur les paiements en ligne sont en forte progression, il ne faut pas perdre de vue que les détournements de données permettant ces "attaques" trouvent encore souvent leur origine dans le commerce traditionnel ou ... dans les centres d'appel. La sécurisation de ces canaux ne doit donc pas être négligée et les émetteurs de moyens de paiement devrait promouvoir, sinon développer, des solutions adaptées, telles que celle de Commidea.

lundi 1 août 2011

First Direct Lab, un pas vers la co-création

First Direct
Au Royaume-Uni, la filiale de HSBC « First Direct » occupe une place à part dans le paysage financier, et pas uniquement parce qu'elle est une des premières banques exclusivement à distance du pays. Elle est également pionnière de l'intégration des médias sociaux dans sa stratégie, ce qui lui vaut d'être régulièrement citée en exemple.

Aujourd'hui et après une précédente évocation du sujet en octobre dernier, First Direct annonce une nouvelle étape dans sa volonté de dialogue avec ses clients et le grand public en général : le site First Direct Lab leur propose désormais de participer à la conception des futurs services (et produits ?) de la banque.

Au cœur de la plate-forme, First Direct soumet ses « idées » à l'appréciation et aux commentaires des internautes. Il n'est même pas nécessaire de s'inscrire pour participer. Pour le lancement, 4 thèmes sont déjà présents : l'utilisation des codes QR, le design de la future page d'accueil de la banque, le design des applications mobiles de comparaison des offres de crédit immobilier et le Lab lui-même. De nouveaux « projets » devraient être ajoutés chaque mois.

Capture d'écran

Sans vouloir tempérer l'enthousiasme que suscitera cette initiative, regrettons tout de même l'absence d'information sur les plannings et sur les moyens mis en œuvre pour évaluer, sélectionner et concrétiser les idées des consommateurs. Ces oublis pourraient limiter l'engagement des participants sur le long terme. Un espace est cependant prévu pour présenter le bilan des projets, une fois qu'ils seront clos. Cette partie sera cruciale pour le succès de la démarche.

Dans une approche encore plus « démocratique », une autre section du site permet aux visiteurs de soumettre leurs propres idées, indépendamment de celles qui sont proposées par First Direct. Ces suggestions publiques sont également ouvertes aux avis et commentaires de tous. Plus anecdotique, on trouve enfin un sondage express et une recommandation d'un service externe (actuellement une application mobile de livraison de pizzas), qui seront renouvelés régulièrement.

Quelques heures après l'ouverture de First Direct Lab, plusieurs dizaines de commentaires ont déjà été publiés et ceux-ci démontrent (pour l'instant) un véritable intérêt de la part, a minima, d'une certaine population d'internautes. Et parmi les premières suggestions « libres », quelques-unes surprennent par leur pertinence.

Tout en étant un média complémentaire d'écoute des clients plus qu'une véritable plate-forme de co-innovation, First Direct Lab établit à nouveau un précédent dans le secteur bancaire britannique. D'autres cas ont déjà émergé dans le reste de l'Europe (en particulier en Espagne), à quand le tour de la France ?

dimanche 31 juillet 2011

Forrester : comment exploiter les données des médias sociaux ?

Puzzle
Quelle que soit la position de votre entreprise vis-à-vis des médias sociaux, ceux-ci constituent une formidable source d'information, qui ne demande qu'à être exploitée (intelligemment) et qui ne l'est encore que très peu. Nate Elliot recommande à tous les départements de marketing d'adopter des outils et/ou des pratiques d'écoute et leur donne 5 exemples d'utilisation pertinente.

Identifier les messages. Une communication qui passe bien auprès de sa cible suppose de connaître ses préoccupations et ses envies. De nombreuses organisations ont mis en place des "communautés" privées pour identifier ces attentes mais, progressivement, les échos reçus des médias sociaux orientent aussi les messages.

Utiliser la créativité "ambiante". Le fait n'est plus contestable, les consommateurs font plus confiance à leurs pairs qu'à toute autre source d'information. L'utilisation de contenus publiés par des clients sur les réseaux sociaux (soigneusement sélectionnés) peut ainsi prendre un poids d'autant plus fort dans une campagne marketing.

Améliorer le plan média. Vous connaissez certainement déjà un certain nombre de médias sur lesquels vos campagnes ont prouvé leur efficacité. En écoutant les médias sociaux (dans ce cas, peut-être plus particulièrement les blogs et les forums), vous pourrez trouver de nouveaux sites sur lesquels votre présence sera tout aussi profitable.

Repérer les "influenceurs". Le web 2.0 est un large réseau d'influence : quel que soit le sujet, il existe toujours quelques individus ou sites qui orientent les grandes tendances. Utilisez vos outils d'écoute pour identifier ces personnes et groupes, et essayez ensuite de les atteindre directement, pour profiter de leur "aura".

Réagir à vos clients. Les messages et les conversations sur votre marque, vos produits... sont là, que vous le vouliez ou non. Si vous voulez être en position de réagir aux commentaires, positifs ou négatifs, il faut d'abord que vous sachiez où ils se déroulent...

Cependant, Nate Elliot met en garde contre l'utilisation des données recueillies pour évaluer l'impact des campagnes de communication sur le web. Comme pour tous les conseils précédents, il ne faut en effet jamais perdre de vue que les internautes qui s'expriment sur les médias sociaux ne représentent qu'une petite partie de vos clients. De plus, il est extrêmement difficile d'identifier précisément ce qui déclenche les réactions des consommateurs et, rappelons-le avec force, les outils d'analyse de sentiments, en leur état actuel, sont encore très approximatifs. Ne mesurez pas vos résultats à l'aune des données extraites des média sociaux !

samedi 30 juillet 2011

Brèves : First Direct, Dell, Fujitsu, LogMeIn

Les brèves de cette semaine font la part belle aux technologies, avec des solutions mobiles un peu "exotiques" (Fujitsu et LogMeIn) et une bonne nouvelle pour les promoteurs du "Green IT" (Dell).


First Direct
Je commencerai cependant par un sujet bancaire, à la faveur de la nomination du nouveau PDG de First Direct, Mark Mullen. Celui-ci a précédemment occupé le poste de responsable du marketing et c'est sous sa direction que la banque a lancé ses premières initiatives de dialogue avec les clients, saluées par tous les observateurs. Une belle reconnaissance des efforts entrepris !

Une interview d'Amanda Brown, directrice des relations publiques, nous permet par ailleurs d'en apprendre un peu plus sur la génèse de l'intégration des médias sociaux dans la stratégie de First Direct, qui peut constituer un cas d'école.

En 2008, il était devenu évident que la banque ignorait, comme la plupart de ses consœurs, une bonne partie des conversations qui la concernait. Elle a donc décidé de participer au dialogue, en respectant l'idée que les consommateurs font plus confiance à leurs pairs qu'à leur banque et en reconnaissant que la communication devait rompre avec les modèles unidirectionnels existants pour adopter les modes d'échanges choisis par les clients.

3 ans plus tard, cette approche reste toujours aussi exemplaire et de nombreux établissements sont encore loin d'avoir atteint une telle maturité avec leurs efforts d'intégration des médias sociaux dans la communication d'entreprise...


Dell
Parmi les constructeurs informatiques, Dell se distingue de la concurrence avec une annonce assez retentissante : ses serveurs sont désormais garantis pour un fonctionnement à des températures atteignant 45°C.

Pour les non spécialistes, il faut savoir que les centres de production informatique (data centers) des grandes entreprises sont souvent climatisés à 20°C, parfois 24°C pour les plus "téméraires". Même si les constructeurs garantissent leurs matériels à des niveaux plus élevés (typiquement 35°C), les responsables craignent le développement de "points chauds" pendant les pics d'utilisation et justifient ainsi une valeur moyenne très basse.

Or cela représente une énorme consommation d'électricité, qui impacte à la fois les coûts de fonctionnement et l'empreinte environnementale des installations. En offrant une garantie qui couvre les opérations à 40°C pendant 900 heures et 45°C pendant 90 heures par an, Dell devrait permettre, a minima, de relever sensiblement la température moyenne des data centers et, idéalement, de favoriser le "free cooling" (climatisation par l'air extérieur, sans refroidissement).

Naturellement, cet optimisme ne concernera pour l'instant que les centres ou les salles équipés exclusivement des serveurs du constructeur. Mais il ne fait pas de doute que les concurrents devraient bientôt suivre la voie qui vient d'être ouverte.


LogMeIn
LogMeIn propose depuis longtemps des solutions de connexion à distance, sur mobile, à un PC, pour utiliser ses applications et ses données en tout lieu et à tout moment. Avec sa dernière annonce, la société veut séduire les entreprises en combinant sa technologie "historique" avec des outils d'administration complets.

Ceux-ci permettront aux gestionnaires de flotte de contrôler précisément les utilisateurs et les matériels autorisés à se connecter (qu'ils soient personnels ou fournis par l'entreprise), ainsi que les applications et/ou PC auxquels ils ont accès.

L'approche de LogMeIn par la connexion à distance ne représente certainement pas un besoin important dans la plupart des organisations mais cette nouvelle solution pourra répondre à quelques cas particuliers...


Fujitsu
La dernière annonce de cette série peut ressembler à une solution en quête de problème : les laboratoires de Fujitsu développent une technologie qui permettrait de déployer et exécuter une application de manière temporaire.

Pour illustrer le fonctionnement, une personne se rend à une réunion et son smartphone (ou sa tablette) charge automatiquement les présentations et les applications nécessaires en arrivant à proximité de la salle de conférence. Dès que la réunion est terminée, l'ensemble est effacé.

Si vous avez une idée d'usage pour cette solution, qui devrait être commercialisée en 2012, je suis certain que Fujitsu aimerait vous entendre (et moi aussi) !

vendredi 29 juillet 2011

Offensive de Sabadell dans la banque mobile

Banc Sabadell
Le directeur des opérations et du développement du groupe catalan Banco Sabadell voit le mobile devenir, à terme, le moyen de connexion principal à la banque pour un nombre significatif d'utilisateurs. Une raison suffisante pour lancer une grande campagne de communication sur le thème "ce n'est pas la banque à distance, c'est la banque toujours avec toi", dont la présentation dévoile quelques faits et chiffres intéressants.

Rappelons tout d'abord que Sabadell est bien positionnée sur le secteur de la banque mobile, avec des applications disponibles pour les principaux systèmes du marché (iPhone et iPad, Android, BlackBerry et Windows Phone). Elle est de surcroît pionnière en Europe du dépôt de chèque sur mobile (si on exclut le cas un peu particulier de la Danske Bank).

Ces efforts sur la banque à distance se révèlent payants et confirment les résultats de la récente enquête McKinsey-EFMA : la banque révèle que 80% des opérations sont désormais réalisées à distance et 15% des clients utilisent le canal mobile, une proportion en pleine croissance. La prédiction citée en introduction devient tout à coup beaucoup plus réaliste...

Autre volet de la stratégie de Sabadell : les réseaux sociaux, où elle est l'une des rares européennes (sinon la seule) à offrir un support aux clients 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, sur Twitter et Facebook. Là aussi, la banque mesure une forte augmentation des interactions, avec même l'émergence d'une demande pour des offres commerciales sur ces canaux.

Toutes les tendances actuelles convergent (je pense aussi, entre autres, à l'initiative de Citi sur iPad) : nous sommes à la veille d'une transformation importante des usages bancaires du mobile et les établissements qui préparent dès aujourd'hui une offre adaptée, sans négliger les autres canaux (en particulier les médias sociaux), s'apprêtent à prendre un avantage concurrentiel déterminant.

En France, espérons que la récente annonce commune de BNP Paribas et Orange d'une solution entièrement mobile ne se transforme pas en un simple accord de distribution...

mercredi 27 juillet 2011

La banque sur iPad selon Citi

Citibank
Pour les établissements qui proposent une application de banque mobile sur iPad, il ne s'agit souvent que d'une simple transposition de leur version pour iPhone. Citi, en revanche, a bien compris que la tablette constituait un média "à part", à la fois par ses capacités techniques et par ses usages. Sa nouvelle application reflète parfaitement cette vision, avec une interface et des fonctions conçues spécifiquement pour l'iPad.

Ainsi, le résultat ne ressemble ni aux solutions de banque mobile ni aux sites de banque en ligne auxquels les institutions financières nous ont habitués. On y retrouve certes les fonctions traditionnelles de consultation des soldes et opérations récentes sur les comptes, les options classiques de virement et de paiement de facture, ainsi que l'inévitable outil de localisation d'agences et de GABs. Mais la liste ne s'arrête pas là.


Pour commencer, l'application intègre des fonctions de PFM ("gestion de finances personnelles"), ce qui constitue une première pour Citi (en dehors de ses partenariats avec Bundle.com et Manilla). Celles-ci permettent de visualiser la répartition des dépenses par bénéficiaire et la situation de trésorerie ou encore de comparer son comportement financier avec ses pairs. Et l'implémentation est magnifique : toutes ces informations sont présentées sous forme de graphiques interactifs, exploitant au mieux les possibilités de l'iPad.


L'utilisateur dispose également d'un accès direct à des contenus pratiques, articles issus des sites de conseils et d'information de la banque, notamment "Citi Personal Wealth Management" (pour la gestion de fortune) ou "Women & Co." (pour les femmes). Complétons ce rapide panorama par l'intégration, totalement originale, du support sur Twitter au cœur de l'application.

Cette réalisation de Citi, qui peut être considérée comme exemplaire, n'est pas le fruit du hasard. Dans une interview accordée à Bank Technology News, Tracey Weber, directrice internet et mobile, évoque sa stratégie de développement parmi ses clients de l'usage du PFM, en essayant d'y introduire une dimension ludique. Or, selon plusieurs études (dont une récente de Meniga en Islande), les utilisateurs de ces outils sont sensiblement plus "profitables" que la moyenne des clients d'une banque. L'intérêt économique n'est donc peut-être pas absent de cette initiative...

De plus, le choix d'implémenter ces fonctions dans une application iPad plutôt que sur le web est tout autant mûrement réfléchi. Il découle en effet du constat que l'accès à la banque en ligne est plus souvent guidé par l'"action" (le besoin de vérifier le solde de son compte ou de réaliser un virement, par exemple) alors que l'utilisation d'une tablette, dans son canapé ou au lit avant de se coucher, est plus propice à une consultation approfondie, y compris pour les contenus rédactionnels.

Finalement, sans apporter de nouveauté révolutionnaire dans l'interaction avec la banque, Citi réussit tout de même à produire une solution originale, qui devrait démontrer à toutes ses concurrentes l'intérêt d'adopter une vision spécifique de la banque mobile (sur smartphone ou sur tablette), qui ne se contente pas de copier les habitudes prises sur le web.

mardi 26 juillet 2011

Socialcast : le réseau social d'entreprise s'ouvre au reste du monde

Socialcast
Jusqu'à maintenant, les plates-forme de réseau social d'entreprise (RSE) ne permettaient d'accueillir que les collaborateurs (internes). Pour créer des communautés privées avec les clients ou les fournisseurs, la seule option était de mettre en place une solution spécifique. Socialcast apporte une réponse à cette limitation avec la présentation de la nouvelle version de son produit, qui invite les contributeurs externes à participer aux conversations de l'entreprise.

Bien évidemment, il n'est pas question de simplement ouvrir tout le réseau à ces utilisateurs. Socialcast a donc mis en place un système de gestion de droits qui offre aux administrateurs la possibilité de sélectionner les fonctions et les espaces accessibles à chaque utilisateur ou groupe d'utilisateurs. Ainsi, les fournisseurs ou les clients ne "verront" que ce qui les concerne alors que les collaborateurs disposeront d'un outil unique pour toutes leurs interactions, internes ou avec l'extérieur.

Ce dispositif est disponible à la fois pour la version en SaaS ("Software as a Service") et pour la version déployée dans l'entreprise, et il couvre toutes les options existantes. Il concerne donc aussi les solutions d'analyse ("Socialcast Business Intelligence") et d'intégration avec le Système d'Information ("Socialcast Reach"). A ce titre, la gestion de droits pourra aussi simplifier la création de communautés "réservées" au sein de l'organisation.

Alors que les réseaux sociaux d'entreprise se généralisent dans les grands groupes, il peut paraître surprenant qu'ils n'aient pas été plus ouverts aux participations externes. Il faut certainement voir là un problème de maturité : les communautés internes ayant déjà souvent du mal à se mettre en place, cette extension n'est pas une priorité. Mais la transformation s'opérera progressivement et on peut imaginer que, d'ici quelques années, cette approche de l'"entreprise étendue" sera banalisée. Preuve en est le développement actuel des échanges "professionnels" sur les plates-formes grand public (LinkedIn, notamment).

Pour les clients actuels de Socialcast, cette nouveauté est une excellente opportunité pour expérimenter dès maintenant un nouveau moyen de collaborer avec leurs partenaires, par exemple dans le cadre d'une démarche d'innovation ouverte ou, plus simplement, d'écoute.

Jumio sécurise les paiements en ligne

NetSwipe (Jumio)
Les exemples récents de Card.io et AisleBuyer nous ont déjà familiarisé ces derniers mois avec la capture photographique des informations de la carte bancaire pour faciliter les paiements. Aujourd'hui, Jumio adopte la même technique pour viser un objectif autrement plus ambitieux : sécuriser les paiements et transformer la transaction en ligne en un équivalent du "mode présent" (vérification "physique" de la carte) du commerce traditionnel.

Disponible uniquement pour PC à ce jour (les versions mobiles sont promises pour la fin de l'année), la solution NetSwipe demande à l'utilisateur de présenter sa carte devant sa webcam lorsqu'arrive l'étape de paiement. L'image ainsi capturée est transmise en streaming (sans aucun stockage local, donc) aux serveurs de Jumio, qui appliquent un ensemble d'algorithmes propriétaires pour en extraire les informations et en valider l'authenticité. A titre de sécurité supplémentaire, le code de validation (CVV) de la carte doit tout de même être saisi. La transaction est ensuite traitée "normalement".


Pour les e-commerçants, Jumio fournit un kit simple d'intégration de sa solution, qui viendra compléter leur page de paiement existante. La startup leur promet non seulement une réduction de la fraude mais également, grâce à sa facilité d'utilisation, une meilleure acceptation par les clients, se traduisant par un taux de transformation plus élevé (ce qui me laisse aussi, voire plus, sceptique que dans le cas de Card.io).

Il n'est pas précisé si les émetteurs de cartes applique(ro)nt les taux de commission pratiqués pour les systèmes "CP" ("Card Present"), moins élevés que ceux des transactions en ligne "CNP" ("Card Not Present"), mais l'offre de traitement global des paiements de Jumio est déjà présentée comme plus économique que la concurrence. Et une option d'assurance intéressante est en outre proposée en complément de NetSwipe.

Jumio a convaincu des personnalités importantes, investisseurs (Eduardo Saverin, co-fondateur de Facebook) ou conseils (anciens de Google, Amazon, la NASA), il lui reste maintenant à séduire les commerçants en ligne et à prouver la pertinence de sa solution. A ce stade, saluons déjà la créativité de la startup !