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C'est pas mon idée !

samedi 12 novembre 2011

Les français et la banque sur mobile

BVA
La banque sur mobile est très en vogue ces derniers temps, comme le démontre la prolifération des applications pour smartphone développées par la plupart des enseignes hexagonales. Mais sait-on vraiment ce qu'en pensent les consommateurs ? Une enquête de l'institut BVA, réalisée fin octobre pour ING Direct auprès d'un échantillon représentatif de la population française, fait le point sur cette question.

L'exercice s'avère très instructif puisqu'il permet de relativiser un phénomène qui était jusqu'à maintenant perçu comme suscitant un engouement important. Il devient de plus en plus évident qu'il reste un long chemin à parcourir avant que la révolution promise par le mobile ne se concrétise.

Les services offerts par les banques sont relativement bien connus de leurs clients, puisque près d'un quart d'entre eux à déjà, au moins une fois, consulté un solde de compte sur son mobile et 12% ont même eu l'occasion de réaliser un virement. En ce qui concerne les applications pour smartphones, 57% des personnes interrogées en connaissent l'existence.

Le paysage commence cependant à s'assombrir lorsque 42% de celles-ci déclarent que leur banque ne propose pas une telle application, puis que seuls 23% des "restants" ont effectivement téléchargé celle qui est mise à leur disposition et que, enfin, 36% de ces derniers l'utilisent rarement ou jamais. Au bout du compte, il ne reste donc qu'une très petite proportion (environ 5%) de consommateurs qui ait réellement adopté ce type de solution. Et, plus ennuyeux, l'immense majorité (85%) de ceux qui n'ont pas fait ce choix n'en voient pas l'intérêt !

Heureusement, une question plus précise sur différentes fonctions de banque mobile permet tout de même de percevoir une certaine appétence du public pour des services ciblés : la possibilité de faire opposition rapidement (plebsicitée par près de 4 répondants sur 5), l'accès au solde des comptes, la commande de chéquier, l'envoi de mail au conseiller ou une option de rappel, et même l'exécution de virements (toutes aux alentours de 60%).

Ces résultats ne devraient finalement pas être une surprise : ne serait-ce que par habitude, les clients ne sont pas particulièrement attirés par des applications mobiles proposant les services déjà disponibles en agence ou sur Internet (deux canaus qu'ils disent préférer à 50 et 43%, respectivement). La véritable révolution n'interviendra que quand les applications offriront une valeur spécifique aux usages mobiles. Il reste donc largement matière à innover dans ce domaine...

jeudi 10 novembre 2011

MineralTree développe une passerelle entre banque et PME

MineralTree
L'idée du service que vient de lancer MineralTree est née d'une évidence : à l'inverse des grandes entreprises, qui disposent généralement d'outils sophistiqués de gestion de leur comptabilité fournisseur, les PME sont souvent démunies et doivent traiter manuellement leurs règlements de facture, avec la lourdeur et les risques d'erreur qui en découlent.

La réponse de la startup à ce constat consiste à proposer un service établissant une "passerelle" entre les logiciels de comptabilité classiques des PME (notamment le leader aux Etats-Unis, QuickBooks, d'Intuit) et les systèmes de paiement des banques. Dès l'enregistrement d'une facture, cette brique intermédiaire va prendre en charge la planification de son règlement, son approbation et son émission effective, en terminant par une réconciliation finale dans l'outil comptable.

Ce qui retiendra la plus l'attention dans la solution de MineralTree est son modèle de distribution : la plate-forme (de type "SaaS", ou "Software as a Service") est en effet proposée en marque blanche aux banques, qui pourront alors directement commercialiser le service auprès de leurs PME clientes. Selon la startup, les avantages qu'elles pourront en tirer sont multiples, d'une source de revenus supplémentaire à une meilleure rétention des clients, en passant par l'incitation à faire de l'établissement fournissant le service la "banque principale" de la PME.

De leur côté, les entreprises y gagneront en efficacité et en sécurité (à la fois par la réduction du nombre d'erreurs mais également par la diminution de la fraude que peut induire un processus automatisé). En revanche, il n'est pas question pour elles d'économies directes puisque le service leur sera facturé, pour rémunérer MineralTree et la banque. En partant de l'hypothèse que, parmi les 2,5 millions de PME américaines qui constituent la cible du service, 80 à 90% des factures sont réglées par chèque, il est ainsi envisagé de faire payer jusqu'à 2 USD par facture traitée, soit le montant estimé d'émission d'un chèque, tous frais compris.

Il faut d'ailleurs noter que, pour sa fonction de paiement, MineralTree prend en charge tous les supports existants, de l'émission de chèque à PayPal, en passant par les virements ou autres mandats. La banque pourra donc peut-être aussi profiter de cette opportunité pour promouvoir les moyens de paiement qu'elle veut privilégier.

Comme je le souligne régulièrement, les PME sont souvent mal servies par leurs banques et bénéficient rarement de services réellement adaptés à leurs besoins. La solution de MineralTree est un bon exemple d'une offre à valeur ajoutée parfaitement ciblée. Qu'elle soit transposable en France ou pas, elle pourrait servir d'inspiration aux banques hexagonales...

mercredi 9 novembre 2011

UniCredit, Nasdaq, Bankinter, tous utilisateurs de cloud

Amazon Web Services
En dépit du battage médiatique qui entoure le "cloud computing", force est de constater que son adoption dans les institutions financières reste timide. Une interview pour Wall Street & Technology d'Adam Selipsky, VP d'AWS (Amazon Web Service), permet de s'attarder sur 3 exemples représentatifs dans ce domaine.

Le premier (selon mon ordre préféré) est celui de l'italienne UniCredit, dont l'outil web et mobile de localisation d'agences et de distributeurs de billets est hébergé, avec toutes les données nécessaires, sur les infrastructures d'Amazon. Il s'agit donc d'une application simple et sans enjeu stratégique important, correspondant au premier stade d'adoption du cloud : l'expérimentation, qui permet d'en comprendre les enjeux et les risques avant de passer à une étape plus ambitieuse.

Pour le NASDAQ, utilisateur de longue date des solutions d'Amazon, le deuxième pas a été franchi avec, notamment, sa plate-forme "Market Replay", qui offre un accès à l'intégralité des données des transactions exécutées sur les principales places boursières américaines, permettant aux investisseurs de vérifier leurs stratégies ou d'en tester de nouvelles. Dans cet exemple, c'est un nouveau service à valeur ajoutée (mais sans enjeu critique de sécurité) qui a ainsi pu être créé dans le "nuage", sans requérir d'investissement majeur.

Enfin, Bankinter fournit le dernier exemple notable de cette liste, avec également un court cas d'étude publié sur le site d'Amazon. La banque espagnole a en effet choisi l'offre HPC ("High Performance Computing" ou "Calcul de Haute Performance") du fournisseur pour réaliser ses estimations de risque de crédit. Celles-ci requièrent un nombre important de simulations (plusieurs centaines de milliers) qui, lorsqu'elles sont exécutées sur les grilles de calcul d'Amazon sont massivement parallélisées et peuvent alors être exécutées en une vingtaine de minutes, contre plus de 20 heures précédemment.

Dans ce cas, l'avantage du cloud n'est pas tant la performance accrue que la souplesse acquise : sans avoir à mettre en place une lourde infrastructure qui ne serait utilisée que quelques minutes par jour, Bankinter profite d'un service dont l'efficacité a été décuplée, à coût marginal. De plus, la solution retenue ne connaît quasiment pas de limite, car si une exécution plus rapide ou plus précise (avec un nombre plus élevé de simulations) est nécessaire, elle peut être mise en œuvre presque instantanément.

Parmi ces cas, celui d'UniCredit peut prêter à sourire par sa trivialité. Pourtant, combien de banques se sont déjà familiarisées avec les concepts du cloud à travers une implémentation de ce type ? Et ensuite, combien sont prêtes à aller aussi loin que Bankinter, en déportant dans les "nuages" de véritables applications "métier", pour des bénéfices concrets et immédiats ? Certainement bien peu et leurs efforts sur les soi-disant "clouds internes" sont bien loin d'apporter des résultats du même ordre.

mardi 8 novembre 2011

Encore un pas d'Apple vers le paiement mobile

Apple Store
Les rumeurs sur une future irruption d'Apple dans le secteur des paiements sur mobile vont toujours bon train, sans réellement se concrétiser. Pourtant, pas à pas, la marque à la pomme développe les briques successives qui esquissent peut-être une stratégie à long terme, dont les origines remonteraient à plus de 10 ans, avec la sortie de la première version d'iTunes en 2001.

La nouvelle étape franchie aujourd'hui s'intitule EasyPay, une fonction de paiement en boutique intégrée à l'application "Apple Store" [lien iTunes] pour iPhone. Pour l'instant, elle ne permet de régler que les achats de certains accessoires dans les magasins nord-américains de la marque.

Apple Store

A l'usage, le client doit simplement capturer le code barre de l'article avec l'appareil photographique de son iPhone et fournir son identifiant iTunes. La dépense est alors imputée sur la carte de paiement liée à son compte et un reçu numérique, enregistré dans l'application, pourra rassurer les agents de sécurité, le cas échéant. Ce système rappellera aux fidèles lecteurs une vidéo de démonstration de PayPal ou, plus concrètement, le modèle de la startup AisleBuyer.

Rien ne démontre à l'heure actuelle qu'Apple souhaite effectivement développer une solution de paiement à usage "universel" mais son accumulation d'expériences variées – d'abord avec les achats en ligne sur iTunes, puis le terminal d'encaissement sur iPhone et iPad (ainsi que le partenariat avec Square) et, maintenant, le self-checkout sur mobile – ne peut manquer de susciter la curiosité.

Il est en effet tentant d'imaginer que la société teste ses solutions dans ses propres boutiques, pour en valider les modèles avant, peut-être, de les déployer à grande échelle. Et la direction prise expliquerait alors l'absence persistante d'interface sans contact (NFC) dans l'iPhone, qui ne serait pas considérée comme une voie d'avenir. Si cette hypothèse se vérifiait, elle pourrait déboucher sur une bataille de titans, entre Google, PayPal et Apple, pour imposer leurs visions respectives du porte-monnaie électronique du futur…

lundi 7 novembre 2011

Le gouvernement canadien adopte la gestion d'identités des banques

Canada
Dans le cadre de la recherche d'une nouvelle solution d'identification et d'authentification pour les services en ligne mis à disposition de ses citoyens, le gouvernement canadien vient de faire un choix insolite : les usagers pourront en effet utiliser les systèmes de sécurité de leur banque pour accéder aux sites protégés de l'administration.

Le contribuable pourra ainsi se connecter à ces derniers en utilisant les moyens dont il dispose pour accéder habituellement à la banque en ligne, qu'il s'agisse d'identifiants classiques (avec mot de passe) ou d'une solution d'authentification forte (lecteur de carte à puce ou autre). A aucun moment les données de sécurité ne seront transmises au site de destination et, inversement, la banque ne pourra jamais avoir connaissance des actions réalisées en dehors de son périmètre.

La société SecureKey Technologies a été missionnée pour gérer l'intermédiation entre les deux mondes, permettant de garantir l'étanchéité des informations gérées de part et d'autre. Initialement, 3 banques ont été sélectionnées pour fournir les services de gestion d'identités : BMO Financial Group, TD Bank Group et Scotiabank.

Pour les citoyens, le choix de cette approche leur évitera d'avoir à gérer des identifiants web supplémentaires, ce qui devrait simplifier leur accès aux services publics en ligne. Pour l'administration canadienne, la solution est brillante puisqu'elle lui permet d'économiser la coûteuse mise en place d'une infrastructure lourde et sensible, tout en s'appuyant sur une solution implicitement reconnue pour sa qualité et sa sécurité. Enfin, les banques sont également gagnantes, en s'affirmant comme intermédiaires de confiance pour la gestion d'identités, ce qui pourrait constituer pour elles une nouvelle opportunité, à fort potentiel.

D'autres gouvernements suivront-ils l'exemple du Canada ? Les grandes banques devraient profiter de celui-ci pour offrir leurs services et tenter de convaincre d'éventuels candidats...

Brèves : Tech CU, Euclid, Plastyc, Womply

Dans une actualité relativement pauvre, les brèves de cette série concerneront essentiellement les nouvelles offres de 3 startups américaines.


Technology Credit Union
Commençons cependant par une annonce émanant de la Technology Credit Union : celle-ci va devenir, début 2012, le premier établissement bancaire déployant sur ses GABs ("guichets automatiques de banque") la solution de paiement P2P ("de pair à pair") concoctée par PayPal, NCR et S1 et dévoilée le mois dernier.

La nouvelle fonction offerte aux clients de la petite "Credit Union" californienne (74 000 membres) leur permettra d'envoyer de l'argent à toute personne dans le monde, en saisissant simplement le numéro de téléphone mobile ou l'adresse de messagerie du destinataire. Ce dernier recevra les fonds sur son compte PayPal, qu'il devra créer s'il n'en possède pas un au préalable. Il reste à regretter qu'il ne soit pas possible de retirer l'argent ainsi transféré dans un autre distributeur, comme le propose déjà BBVA.


Tous les commerçants sont avides d'information sur leurs clients et visiteurs, et les responsables d'agence bancaire le sont tout autant. Pour répondre à leurs attentes, Euclid vient de lancer une solution d'analyse de trafic à la fois riche et simple à mettre en œuvre.

La startup exploite en effet les interfaces WiFi de leurs smartphones pour collecter et analyser les informations sur les personnes qui s'arrêtent devant une vitrine et/ou pénètrent dans la boutique (ou l'agence). Il lui suffit donc d'installer quelques détecteurs bon marché pour remplir son rôle. La technique employée permet ainsi de recueillir des données assez précises (fréquence et durée des visites, par exemple) et d'en suivre l'évolution dans le temps.

Euclid prend soin de préciser que, si les informations (individualisées) qu'elle utilise sont collectées à l'insu des consommateurs, elles n'incluent aucune donnée personnelle identifiable.

La seule réelle inconnue de l'approche adoptée est celle du taux de propriétaires de smartphones laissant en permanence l'accès WiFi activé sur leur appareil. Selon les habitudes des utilisateurs en la matière, les analyses réalisées pourraient être faussées...


Plastyc
A l'origine, Plastyc se positionne comme une alternative économique à la banque traditionnelle, en offrant aux populations non ou sous-bancarisée une solution de compte pré-payé en ligne, avec une carte ad hoc.

Elle propose désormais aussi à ses clients un compte d'épargne, entièrement virtuel. L'argent mis de côté via les services en ligne de la startup ne quitte en effet jamais le compte principal mais il devient impossible de l'utiliser, en particulier avec la carte prépayée qui l'accompagne, sans en demander d'abord la mise à disposition, toujours par internet.

L'objectif est donc d'inciter les utilisateurs à constituer des réserves, sans s'embarrasser des démarches nécessaires à l'ouverture d'un vrai compte d'épargne. En contrepartie, les clients ne percevront pas d'intérêts et c'est la raison pour laquelle Plastyc a établi un partenariat avec SaveUp (déjà évoqué à propos de Bank of the West), pour récompenser les plus économes.


Womply
Dans la vague actuelle des nouvelles solutions de couponing, promotions et autres offres groupées, Womply débarque avec une approche, plutôt originale (quoique rappelant un peu une expérimentation d'American Express), focalisée sur la simplicité.

Le principe retenu est de dématérialiser les coupons de réduction ou d'offres spéciales, en les attachant directement à la carte de paiement du consommateur. Les offres "achetées" en ligne sont simplement enregistrées sur son compte et lorsque le client règle avec sa carte un produit concerné, la startup détecte la transaction et rembourse, sous 48 heures, le paiement effectué.

Les avantages sont à la fois d'éliminer les coupons à imprimer et, pour le commerçant, de disposer d'informations précises sur l'utilisation de ses offres (qui peuvent être suivies par Womply). En revanche, il faudra faire accepter au client de payer normalement le produit ou service, en sus du coupon, quitte à être remboursé plus tard...

dimanche 6 novembre 2011

Wells Fargo : dépôt de chèque mobile pour les pros

Wells Fargo
Depuis son lancement par USAA en 2010, le dépôt de chèque par mobile a lentement progressé parmi les banques américaines, sans réellement s'imposer universellement. Alors que cette fonction était jusqu'à maintenant réservée aux particuliers, Wells Fargo prend une nouvelle direction en la proposant d'abord à ses clients entreprises.

Le service est intégré à la dernière version de l'application pour iPhone "CEO" de Wells Fargo, destinée aux entreprises. Son fonctionnement est classique : le client prend une photo recto-verso du chèque, qui est transmise à la banque pour encaissement. Au-delà de son simple aspect pratique, les utilisateurs du système profiteront d'une extension des heures limites de dépôt et d'un processus accéléré, ce qui devrait être bénéfique pour la gestion de leur trésorerie.

Pour les particuliers, le dépôt de chèque par mobile est pratique et (un peu) ludique mais il n'est probablement utilisé qu'épisodiquement. A l'inverse, pour les entreprises, et plus particulièrement les commerces, le service pourra rendre un service quotidien, dont la valeur ajoutée sera plus directement perceptible.

Mais le choix de cette cible par Wells Fargo est peut-être surtout dicté par son existant : la banque propose déjà une solution de dépôt à distance, via son portail web, dont la transposition sur iPhone était certainement aisée. De ce fait, la version mobile s'adressera plutôt aux clients non équipés du matériel nécessaire, petits commerçants et artisans, démocratisant ainsi l'accès au service.

Malgré l'exemple de Sabadell en Espagne, le dépôt de chèque par mobile n'a pas encore percé en dehors des Etats-Unis, principalement en raison de l'absence d'une réglementation favorable telle que le Check 21 Act. Son application au segment des professionnels, certainement plus demandeurs que le grand public, pourrait constituer une opportunité de décliner (et généraliser) enfin le concept en Europe...

jeudi 3 novembre 2011

Bank of the West récompense l'épargne

Bank of the West
Dans la plupart des institutions financières américaines, les clients bénéficient de cadeaux lorsqu'ils dépensent, notamment avec leur carte de crédit. Bank of the West (groupe BNP Paribas) a choisi, en s'associant avec SaveUp, de rompre avec cette tradition : ce sont les gestes d'épargne qu'elle préfère désormais récompenser.

La solution de SaveUp, qui vient tout juste d'être ouverte au public (en version beta), analyse en permanence les comptes des personnes inscrites et leur attribue des "points" quand elles alimentent un compte d'épargne, remboursent un crédit ou encore lorsqu'elles consultent les contenus pédagogiques disponibles sur le site de la startup. Les points ainsi accumulés peuvent être, selon les circonstances, transformés en cadeaux immédiats ou permettre de participer à un tirage au sort pour gagner un grand prix (jusqu'à un jackpot de 2 millions de dollars).

Pour fonctionner quels que soient les établissements où les consommateurs ont leurs comptes (18 000 sont supportés), la plate-forme de SaveUp exploite un service d'aggrégation (peut-être celui de Yodlee ?), qui trouve là un nouvel usage. En termes de modèle économique, la startup compte sur des "sponsors" pour fournir les prix distribués, dont la contrepartie est une forte visibilité auprès des utilisateurs, et sur les commissions perçues sur les souscriptions des produits financiers (de partenaires) qu'elle recommande.

Le service est mis gratuitement à disposition des banques, y compris si elles souhaitent une version personnalisée. C'est donc un choix facile qu'a réalisé Bank of the West, avec quelques autres établissements plus modestes. Il n'en est pas moins original, par son approche nouvelle des programmes de fidélité et de récompenses, favorisant chez ses clients la gestion responsable de leurs finances personnelles, mais dont les bénéfices pour la banque sont probablement aussi tangibles qu'avec les méthodes plus classiques.

L'objectif pour SaveUp comme pour Bank of the West (qui a d'autres initiatives dans ce sens) est avant tout de sensibiliser les consommateurs aux vertus de l'épargne, en leur offrant un argument ludique pour déclencher quelques bons réflexes. Voilà qui change de bon nombre de messages véhiculés par les banques !

mercredi 2 novembre 2011

Square invente le paiement automatique !

Square Card Case
Après 800 000 activations de compte, qui représenteraient 10% des points de vente acceptant les cartes Visa et MasterCard aux Etats-Unis, Square a déjà révolutionné le paiement pour les petits commerces et autres services de proximité. La startup fait désormais porter ses efforts du côté des consommateurs, avec son porte-monnaie virtuel, "Card Case", qui s'enrichit aujourd'hui d'une nouvelle fonction de "paiement automatique".

Pour mémoire, Card Case, dévoilée au printemps dernier, est une application mobile (pour iPhone et Android) permettant aux consommateurs d'enregistrer des cartes virtuelles, correspondant chacune à un compte chez un commerçant partenaire et avec laquelle le paiement devient aussi simple qu'un "tap" sur l'écran (et donc sans avoir à présenter sa carte, dont les informations ont été préalablement enregistrées par Square).

La nouvelle version de l'application rend le paiement encore plus simple, puisque l'utilisateur n'a même plus besoin de sortir son téléphone de sa poche ! Pour chaque "carte" enregistrée, un bouton permet d'activer la fonction d'ouverture automatique du compte, qui se déclenchera dès que le téléphone se trouve dans le voisinage du commerce correspondant. L'application Square du marchand présente à ce dernier la liste de ces clients "proches" et, lorsque l'un d'eux doit régler son achat, il annonce son nom, le commerçant vérifie sa photo et enregistre la transaction qui est alors finalisée, sans aucune autre action.


Si, comme tentent de le vanter depuis des années les promoteurs du "sans contact" (NFC), les commerçants et les consommateurs sont réellement à la recherche de solutions de paiement faciles et ultra-rapides à utiliser, il sera difficile de battre Square sur ce terrain. Mais, en contrepartie, il faudra accepter des concessions sur la sécurité, car les transactions sont bien peu protégées (des fraudes et des erreurs) avec ce système, qui repose entièrement sur la confiance entre les parties... Cette faiblesse laisse tout de même planer un doute sur la viabilité de l'initiative.

Avec la menace que constituent les récentes annonces de Google (Wallet) et de PayPal (et quelques autres), esquissant une (lointaine) future disparition de la carte en plastique, il est naturel que Square cherche les solutions qui lui assureront un avenir toujours radieux. Cette quête se retrouve d'ailleurs également dans les fonctions de recommandation de boutiques intégrées à l'application Card Case, faisant écho à celles que préparent les deux géants, et qui évoluent aussi dans la nouvelle version.

En conclusion, malgré le sceptiscisme que peut susciter le "paiement automatique", on ne peut reprocher à Square de tenter des expériences originales et potentiellement disruptives ("payez sans voir l'impression de payer", comme le souligne le slogan de Card Case). Et si celle-ci échoue, il sera toujours possible de reprendre l'idée, la transformer un peu ou l'appliquer à un autre cas d'usage pour, peut-être, arriver à une innovation majeure.

mardi 1 novembre 2011

Kaching réunit banque et paiement sur mobile

Kaching
Dans un pays (l'Australie) où le taux d'équipement en smartphones est le plus élevé du monde (après Singapour) et où l'accès mobile aux services bancaires explose, il n'est pas surprenant que la Commonwealth Bank of Australia (CBA) cherche à bouleverser les habitudes. En ce sens, le lancement de Kaching tient ses promesses, avec une réalisation originale à plusieurs titres.

Avant tout, Kaching, disponible uniquement pour l'iPhone (pour l'instant), est la nouvelle application de banque mobile de CBA. Contrairement à la plupart de ses concurrentes, elle couvre la quasi-totalité des fonctions disponibles sur le site de banque en ligne. Plus important, sa conception est à la fois basée sur les attentes des clients (par exemple les services qu'ils utilisent le plus) et sur les capacités propres de l'appareil. Pour ne citer qu'un exemple, l'écran d'accueil présente 3 fonctions toujours disponibles, avant authentification : la localisation du GAB le plus proche, le solde du compte courant et l'activation du paiement sans contact.

Car Kaching est aussi une solution de paiement, aux multiples facettes. Il s'agit tout d'abord de paiements P2P ("de pair à pair") dont le fonctionnement est classique mais qui n'en recèle pas moins quelques pépites. Ainsi, l'intégration avec le carnet d'adresses du téléphone permet de sélectionner en quelques gestes le destinataire d'un paiement, par son adresse de messagerie ou par son numéro de mobile. Et le même principe est aussi disponible avec Facebook pour envoyer de l'argent à un contact sur le réseau social.

Ce système est également utilisable (et mis en avant par la banque) pour les paiements aux professionnels, en particulier les artisans, petits commerçants, baby-sitters... Dans le cas des commerces traditionnels, Kaching se transformera en outil de paiement sans contact (NFC), grâce à un boitier spécial pour l'iPhone (un peu comme dans l'expérimentation de BPCE), en attendant qu'Apple intègre l'interface dans ses matériels.


Lors de la présentation de Kaching, le représentant de CBA prend soin de préciser que la banque ne recherche pas une nouvelle source de revenu avec ces services, laissant entendre qu'ils seront gratuits (ainsi que le boîtier pour iPhone) à l'exception probable des frais "normaux" des transactions réalisées (par virement). L'objectif est plutôt d'attirer de nouveaux clients en leur offrant une expérience "différente".

Il est aussi question dans cette présentation des indispensables partenariats nécessaires pour partager les efforts et créer un écosystème viable, avec les "marketeurs" (Google et Facebook, pour l'acquisition), les constructeurs de terminaux (Apple, HTC...) et les réseaux de paiement (Visa, Mastercard...) : cela rappellera les messages déjà entendus à l'occasion de la présentation de Google Wallet.

Je ne peux terminer sans noter la participation du DSI de CBA à l'événement de presse, ce qui constitue aussi une (petite) révolution, confirmant le rôle de plus en plus important (et reconnu) que jouent les technologies dans les banques. En l'occurrence, il rappelle qu'une bonne partie des nouveaux services offerts ne sont possibles que grâce à l'immense chantier préalable de transition vers un système bancaire en temps réel, dont je parlais il y a un an et qui est maintenant achevé.