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C'est pas mon idée !

mardi 6 juillet 2010

L'innovation chez Wells Fargo

Wells Fargo
Dans une session de Q&A (questions / réponses) avec Bank Systems & Technology, Wayne Mekjian, patron des systèmes d'information de Wells Fargo présente son approche de l'innovation technologique.

Si vous ne souhaitez pas prendre le temps de lire l'article, en voici quelques éléments choisis :
  • Travailler "petit" plutôt que voir "grand". La préférence va au petites expérimentations qui peuvent ensuite prendre de l'ampleur.
  • Les sujets du moment comprennent : les communications avec les partenaires et les clients (notamment visioconférence et mobile), cloud computing et gestion des données.
  • Les innovations ciblant les clients sont basées sur leurs attentes. Celles-ci sont évaluées par des méthodes traditionnelles (enquête, focus groups...) mais aussi en mettant à contribution les milliers de collaborateurs de la banque, dont la plupart en sont aussi les clients.
Les recettes de Wells Fargo semblent bien fonctionner : dans un contexte économique difficile et au milieu d'un énorme chantier de fusion (avec Wachovia), la banque a récemment dévoilé trois nouvelles applications mobiles (sur Android, Blackberry et Palm WebOS) et une fonction innovante de transmission électronique des reçus de DAB (distributeur automatique de billet).

CBA esquisse une stratégie "cloud"

Dans une interview, le directeur du "support aux services" de la Commonwealth Bank of Australia présente la stratégie de la banque vis-à-vis du "cloud computing", visiblement très en avance sur la concurrence.

Comme base de cette stratégie, CBA a construit, sous forme de PoCs ("Proof of Concept"), une plate-forme de cloud interne constituant une architecture de référence virtualisée. L'étape suivante est d'imposer cette architecture à tous les fournisseurs consultés pour des contrats d'externalisation traditionnels. Jusque là, il s'agit donc d'une démarche de standardisation facilitant la "réversibilité" et les clauses de transfert classiques des grosses opérations d'externalisation.

Mais la vision de CBA ne s'arrête pas là : au-delà de ce mode hébergé "normal", que le client paye en fonction des ressources réservées (et non en fonction de son usage), l'architecture standardisée doit également permettre à la banque de faire appel à des ressources supplémentaires, en mode cloud cette fois, lorsque des circonstances exceptionnelles le demandent (par exemple lors d'un pic de charge). Bien que concentrée actuellement sur des fournisseurs "privés", CBA n'exclut pas le "cloud public" de sa réflexion même si, en l'état, elle considère les problématiques de sécurité et réglementaires comme bloquantes.

Selon la banque, cela lui permettra d'optimiser ses coûts d'infrastructure, lorsque l'équilibre optimal entre les ressources qui lui sont réservées pour un usage normal (et donc utilisées au mieux) et celles qui sont mises à contribution ponctuellement sera atteint.

Un des exemples cités où cette approche semble prometteuse est celui du développement logiciel, ce qui n'est pas une surprise car il s'agit du principal domaine où la valeur du "cloud computing" est bien comprise par les grandes entreprises.

lundi 5 juillet 2010

Crédit Agricole : banco sur Flash et flop sur iPhone

Crédit Agricole
Le Crédit Agricole fait l'actualité dans deux domaines différents, que je vais aborder (arbitrairement) dans un seul article.

Tout d'abord, c'est l'annonce, commune avec Adobe, du choix de Flash pour le projet NICE, vaste chantier de refonte du "poste de travail" de la banque. Exit donc Silverlight de Microsoft, qui avait été utilisé pour les premiers démonstrateurs. L'objectif affiché est de créer des applications indépendantes de la machine, du système d'exploitation et du navigateur utilisé, accessibles à la fois aux chargés de clientèle et aux clients.

Si cette logique fait sens (avec Flash ou Silverlight), on peut tout de même s'interroger sur la pérennité de cette stratégie alors que de plus en plus de voix s'élèvent pour critiquer Flash, la plus emblématique étant celle de Steve Jobs qui refuse à Adobe le droit de porter sa plate-forme sur l'iPhone. Et cette absence sur le célèbre smartphone d'Apple entaille dès le début du projet la cible d'universalité des futures applications...

Mon BudgetL'autre nouvelle concerne l'application "Mon Budget" pour iPhone : moins d'une semaine après son lancement, un communiqué (sur Facebook !) fait état de gros problèmes de surcharge des serveurs, qui seraient dus à un nombre d'utilisateurs plus important que prévu. Ces difficultés ont conduit la banque à suspendre la distribution de l'application sur l'AppStore d'Apple.

Ces difficultés me surprennent : parmi les informations données dans le communiqué, on peut lire que l'application figure dans le Top 25 de l'AppStore, ce qui devrait correspondre, à mon avis, à un maximum de 50 000 téléchargements. Si les serveurs ne supportent pas cette charge, modeste en regard des 20 millions de clients de la banque, c'est certainement le signe d'un gros raté, dans le développement et dans les tests. Trop de précipitation ?

Une application utile de la réalité augmentée (mais pas dans la banque)

Ikea
Ikea, le géant suédois du meuble en kit, dévoile son catalogue interactif 2010 sur iPhone et en profite y intégrer une fonction de réalité augmentée qui, pour une fois, apporte une vraie valeur ajoutée au consommateur.

Le principe en est simple : après avoir sélectionné les meubles de son choix dans le catalogue, l'utilisateur peut les positionner dans son environnement réel, à travers la caméra de l'iPhone, et ainsi en évaluer l'effet dans son intérieur. Petit plus indispensables : l'application permet d'ajuster la taille du meuble dans l'image (pour un rendu réaliste) et de "prendre une photo" du résultat pour la partager avec son entourage.

Alors que tous les analystes nous vantent la valeur et le potentiel de la réalité augmentée, force est de constater que les applications de cette technologie restent pour beaucoup anecdotiques et misent plus sur l'effet "wow" que sur leur valeur objective pour attirer les clients. Côté banque, les exemples d'applications sont limités : outre BNP Paribas avec son animation autour d'"Arthur et les Minimoys" (à destination des enfants et à objectif ludique), sur mobile, ce sont les applications de localisation d'agence et de DAB qui fleurissent en réalité augmentée... Mais est-ce vraiment un service très utile pour les clients ?

L'effet de découverte de la réalité augmentée est en train de s'estomper. Il serait donc temps d'imaginer des applications réellement utiles et innovantes, comme a su le faire Ikea, pour cette technologie qui a certainement un potentiel important.

Saxo Bank offre des widgets aux blogueurs

Saxo Bank
Saxo Bank, spécialiste de l'investissement et du trading en ligne, annonce le lancement de 7 widgets spécialisés pour le marché des devises (Forex). Ces widgets, qui fournissent des services d'information sous diverses formes, sont mis à disposition des éditeurs de sites web ou de blogs qui souhaitent enrichir leurs contenus.

En retrait par rapport à la mise à disposition d'APIs, la publication de widgets reste néanmoins une idée séduisante : de mise en oeuvre simple et sans risque, elle permet de démultiplier la visibilité des services de celui qui les propose et est appréciée des blogueurs et autres éditeurs de sites web qui peuvent ainsi enrichir leurs créations à bon compte.


On peut cepedant regretter que Saxo Bank ait choisi de développer ses widgets avec la technologie Flash d'Adobe, ce qui en limitera l'intérêt pour certains webmasters et qui n'est pas justifié au vu des services proposés.

Dans le même registre, il semble également dommage que Saxo Bank ne propose pas de widget pour les plates-formes standards (de fait) telle que iGoogle et Netvibes, qui permettent à tout un chacun d'intégrer les contenus proposés dans sa propre page personnalisée. C'est une approche qui a été adoptée en France par, notamment, Cetelem (crédit à la consommation) et Monabanq (banque en ligne). Mais ce genre d'initiative reste, dans tous les cas, encore trop rare pour se plaindre des lacunes d'un nouvel entrant...

samedi 3 juillet 2010

inDinero, le PFM pour les petites entreprises

Après une période de test, inDinero, le service de gestion de comptes en ligne pour les petites entreprise est officiellement lancé. Après le succès du PFM ("Personal Finance Management") pour les particuliers, ce sont donc les entreprises qui vont maintenant pouvoir disposer de solutions similaires, dont la promesse est de simplifier la gestion des comptes et des budgets et d'améliorer leur visibilité sur leurs finances.

Comme la plupart des services de PFM, inDinero s'appuie sur le service de Yodlee pour l'aggrégation de compte (c'est à dire la connexion automatique aux services web des établissements financiers pour récupérer les écritures). Avec ces informations, inDinero offre des tableaux de bord riches et clairs, pour le suivi des comptes de l'entreprise au jour le jour ou pour l'analyse des tendances, des fonctions de filtrage et de classification avancées, pour des recherches plus détaillées et, prochainement, des capacités "prédictives" en fonction de l'historique des comptes et de données économiques externes.


La gestion des finances n'est pas une nouveauté pour les entreprises mais, pour la fondatrice d'inDinero, les solutions existantes (celles de Quicken en particulier) sont trop complexes pour les entrepreneurs, qui préfèrent se consacrer à leur métier plutôt qu'à maîtriser les arcanes de la comptabilité.

Comme pour le PFM, ces solutions de gestion de finances pour les petites entreprises se développent d'abord aux Etats-Unis. Mais, alors que le PFM a des difficultés à s'imposer en France (les français ne seraient pas intéressés par ce type de service ?), la proposition de valeur pour les entrepreneurs devrait être relativement facile à exporter et on ne peut qu'espérer que des solutions équivalentes voient le jour chez nous.

vendredi 2 juillet 2010

L'Appli de la Société Générale a été développée par Atos Worldline

L'Appli, l'application bancaire pour iPhone de la Société Générale a été réalisée par Atos Worldline, selon un communiqué de la SSII. Alors que la plupart des grandes entreprises (par exemple BNP Paribas) choisissent plutôt des "petites" sociétés spécialisées pour se lancer sur de nouvelles plates-formes, SG a donc préféré faire confiance à un de ses "gros" partenaires historiques.

Si les avantages des premières sont la réactivité et des compétences pointues, le choix d'une société familière des Systèmes d'Information bancaires a probablement été guidé par la prudence, vis-à-vis des risques induits par une application qui s'interface avec le coeur de ces SI et accède à des données sensibles.

Le résultat semble satisfaire les utilisateurs : bien que la note moyenne de L'Appli après sa première semaine sur l'AppStore soit de 3 étoiles (ce qui est plus représentatif d'un état d'esprit français que d'une appréciation objective), les commentaires sont plutôt positifs. Et l'application est toujours bien positionnée dans le Top 10 de l'AppStore (ce qui, selon mes estimations, correspond à environ 10000 téléchargements par jour).

Les utilisateurs apprécient particulièrement les fonctions (riches) incluses mais sont plus partagés quant à l'interface. Il faut peut-être voir là la conséquence du choix du prestataire : sans une expérience éprouvée, il n'est en effet pas toujours facile de concevoir une interface optimale sur iPhone. Néanmoins, le plus gros reproche qui est fait à L'Appli est son nom (qui surprend, effectivement), ce qui n'est finalement pas bien grave...

Mise à jour (03/07/2010) :

Presqu'en même temps que L'Appli, la société ALD Automotive (filiale SG de location longue durée de véhicules) dévoile également son application pour iPhone, ALD Ecodrive. Les deux logiciels ont en commun de s'adresser à tous, et pas seulement aux clients respectifs des deux entreprises.

Leurs approches sont tout de même différentes : ALD propose une application ludique (présentée comme un jeu) destinée à sensibiliser les automobilistes à l'éco-conduite, qui n'est donc pas dans le coeur de son métier (même si la proximité est évidente). De plus, ALD Ecodrive a été développée par Mootwin, jeune société spécialisée, bien différente d'Atos Worldline...

Google cible une niche dans le paiement mobile

L'annonce de la nouvelle "Android Payment Extension" de Google (exclusivement pour son navigateur Chrome) me laisse un peu perplexe...

Ciblant les vendeurs itinérants, par exemple ceux qui exposent dans un salon ou proposent leurs produits sur des marchés, le fonctionnement en est relativement simple :
  • Le marchand remplit, sur son PC connecté, un "panier" pour son client, sur son propre site web ;
  • A l'étape de validation, le site utilisant Google Checkout propose une option de paiement "Checkout avec Android" ;
  • Lorsque le marchand sélectionne cette option, un QR code (un type de code barres 2D) est affiché :
  • Le client doit alors scanner le code, qui le renvoie directement sur une page de validation de son paiement, sur laquelle il n'a plus qu'à fournir son code secret pour finaliser la transaction :

Malgré ses efforts avec Checkout, Google n'a toujours pas réussi à s'imposer dans le domaine des paiements en ligne, en particulier face au "géant" PayPal, dont il n'est d'ailleurs pas vraiment un concurrent puisqu'il ne gère que l'intermédiation des paiements par carte (alors que PayPal gère de véritables comptes pour ses clients). Dans ce contexte, le nouveau service proposé peut surprendre puisqu'il ne concernera vraisemblablement qu'une minorité d'utilisateurs, qu'il faudra de plus convaincre de la valeur qu'il délivre...

Par ailleurs, l'adoption de la marque "Android" dans le nom du service semble être une faute de communication : elle pourrait laisser penser que seuls les smartphones sous Android peuvent accéder au service alors que le seul pré-requis est un téléphone équipé d'un lecteur de code 2D et d'un navigateur web (connecté).

Dell acquiert Scalent : le "cloud" s'affirme

Dell annonce l'acquisition de Scalent, une jeune société spécialisée dans l'administration "intelligente" de la virtualisation, avec laquelle un accord OEM était déjà en place depuis quelques mois.

Les produits de Scalent s'inscrivent directement dans la logique de "cloud interne" qui commence à pénétrer dans les centres de production informatique des grandes entreprises. En permettant d'allouer dynamiquement et très simplement les ressources aux applications, selon leurs besoins, ils offrent en effet la capacité d'optimiser l'utilisation des serveurs, du stockage, du réseau... et réduisent ainsi les besoins d'investissement.

Cette acquisition s'incrit dans une tendance forte de concentration, les rachats de spécialistes par des acteurs établis se multipliant ces derniers temps, et démontre que ce marché est sur la voie de la maturité.

Il reste étonnant que les plus gros utilisateurs d'informatique (dont les banques !) n'aient pas encore investi plus massivement dans ce type de solutions : s'il est compréhensible que le "cloud" (public) inquiète, notamment les responsables de la sécurité, l'adoption d'approches du même type dans leurs centres de production devrait aisément séduire les responsables qui sont sous une pression constante d'amélioration de l'efficacité et de réduction des couts…

jeudi 1 juillet 2010

E*Trade invite les développeurs à la créativité

E*Trade, un des leaders américains du trading en ligne, ouvre sa plate-forme aux développeurs avec une nouvelle offre "Open API".

Grâce à ces interfaces d'accès programmatiques ("Application Programming Interface"), E*Trade veut favoriser l'innovation en offrant l'opportunité à tous les développeurs (dûment enregistrés) d'imaginer et créer de nouvelles applications s'appuyant sur ses services de trading.

Cette stratégie de publication d'APIs commence désormais à se répandre dans les services financiers : après, par exemple, Thomson Reuters qui a ouvert l'accès à ses données depuis 2008, PayPal qui permet aux développeurs d'intégrer des services de paiement dans leurs applications, c'est donc le trading qui leur est maintenant ouvert...

Dans tous les cas, c'est bien une volonté de favoriser l'innovation ouverte qui motive les fournisseurs : dans un contexte où les budgets d'innovation sont réduits et où le nombre d'innovateurs potentiels dans l'entreprise reste limité, l'idée de capitaliser sur la créativité d'une multitude de développeurs dans le monde entier est naturellement séduisante et semble payante.

Nous attendons maintenant les premières banques qui adopteront cette démarche. Elles aussi pourraient profiter de l'imagination de leurs millions de clients et ainsi offrir, indirectement, des services différenciants. Malheureusement, il semblerait que les craintes pour la sécurité de leurs Systèmes d'Information les brident encore...