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C'est pas mon idée !

mardi 9 août 2011

Fifth Third s'inspire d'UPS pour le suivi des dépôts de cash

Fifth Third Bank
A l'heure où le dépôt de chèque via mobile se répand dans la banque de détail, les dépôts de fonds des entreprises sont encore (trop) souvent traités manuellement, avec leur lot de bordereaux imprimés et de feuilles Excel pour le suivi. La banque régionale américaine Fifth Third veut automatiser ces procédures et a adopté pour ce faire une approche directement inspirée des options de suivi, désormais standards, des transporteurs de colis.

Le nouveau système, baptisé DTS® ("Deposit Tracking System"), propose ainsi aux clients de l'établissement, notamment les chaînes de commerce de détail, de prendre en charge et suivre en temps réel leurs dépôts d'espèces, sur Internet, depuis l'enlèvement jusqu'à l'encaissement final.

En pratique, le responsable de chaque implantation va créer un bordereau électronique sur le site DTS®, dont il insèrera une copie (imprimée, malheureusement) dans son sac de dépôt. A partir de la prise en charge par le transporteur de fonds, toutes les étapes du traitement sont tracées en détail et accessibles à tout moment sur le même site (par les seuls personnels autorisés, naturellement). Les informations fournies comprennent, par exemple, l'identité de tous les intervenants impliqués.

L'objectif de ce nouveau service n'est pas uniquement d'informer les clients de leurs opérations, avec toute la transparence possible. Il va également aider les entreprises à détecter rapidement les incidents qui peuvent survenir et les traiter dans les plus brefs délais, sans avoir à attendre plusieurs jours de recevoir les rapports traditionnels.

De plus, Fifth Third affiche une forte volonté d'améliorer son efficacité en déterminant dès la création du bordereau les délais estimés de traitement, qui pourront donc être vérifiés par la suite. Des rapports de synthèse (plus de 60 types différents) sont par ailleurs mis à disposition des clients périodiquement, pour leur permettre de suivre la qualité des prestations réalisées.

L'introduction en 2011 d'un système de suivi "électronique" des dépôts peut sembler banale mais cette initiative reste pourtant une exception (sans être unique, cependant). L'innovation bancaire a encore du mal à atteindre la clientèle des entreprises et des professionnels...

lundi 8 août 2011

Brèves : Mastercard, ZestCash, ZashPay, Ingenico, Amazon, Layar

Cette nouvelle série de brèves est plutôt riche, quoique largement dominée par le secteur des paiements (encore une fois), mais j'essaie de rester concis sur chacune d'elles.

Mastercard
Dans le cadre de sa campagne "Priceless" d'offres spéciales à ses membres, Mastercard lance une action originale, mixant codes QR, géolocalisation et réseaux sociaux.

Concrètement, 20 sièges du stade historique (et démantelé en 2010) des Yankees (équipe locale de baseball) ont été dispersés dans la ville de New York. Sur chacun d'eux, un code QR (un type de code barre 2D) permet aux porteurs de carte Mastercard, par un simple "scan", de s'enregistrer ("check in") sur Facebook Places et ainsi participer à un tirage au sort pour gagner des places VIP pour une prochaine rencontre.


ZestCash
La jeune pousse ZestCash, brièvement évoquée dans ces colonnes il y a quelques mois, vient de bénéficier d'un nouveau tour d'investissement, apportant une dose de crédibilité supplémentaire à son modèle d'affaires.

Celui-ci, se positionne en concurrent des prêts par avance sur salaire, très répandus aux Etats-Unis, en proposant des conditions plus avantageuses que les taux usuriers généralement pratiqués dans le secteur, en raison des risques élevés de défaut.

Pour limiter ces risques, dans la lignée des initiatives de social scoring (voir par exemple le cas de Lenddo), ZestCash s'appuie sur la masse de données disponibles sur les consommateurs pour évaluer leur solidité financière, même lorsque les établissements "officiels" de scoring ne disposent pas d'information sur ces personnes, souvent non bancarisées.


ZashPay
Discrètement, ZashPay, la solution de paiement P2P (de "pair à pair") du fournisseur de progiciels bancaires Fiserv, est en train de s'imposer parmi les banques et credit unions américaine comme une alternative sérieuse à l'hégémonique PayPal.

Dernière en date, aux côtés de plus de 800 autres clients, BBVA Compass (filiale de la banque espagnole aux Etats-Unis) annonce son adoption sous le nom de "Simple Personal Payments". Rappelons que ZashPay est un service de transferts d'argent (par virement), ceux-ci étant réalisés en fournissant uniquement l'adresse mail ou le numéro de mobile du destinataire.


Ingenico
Les dons aux associations caritatives ont le vent en poupe parmi les nouvelles initiatives en cours au Royaume-Uni. Après le cas récent de "The Logic Group", Ingenico profite de la généralisation de son système dans la chaîne de restaurants Zizzi pour promouvoir son terminal de paiement acceptant les micro-dons (le montant est fixé à 20 pence), par un simple appui sur un bouton lors de la saisie du code PIN de la carte.


Amazon Web Service
Dans un registre plus technique, signalons les dernières nouveautés introduites dans l'offre Amazon Web Services, qui devraient lever quelques-unes des réticences des entreprises à adopter le "cloud" public.

Il s'agit tout d'abord de nouvelles solutions de connectivité : d'une part, l'extension à toutes les régions du monde du "Virtual Private Cloud" (jusqu'ici disponible uniquement aux Etats-Unis) et, d'autre part, la création d'une nouvelle option, "Direct Connect". La première permet aux entreprises de disposer d'un espace privé au sein des infrastructures d'Amazon, auxquelles elles peuvent se connecter par VPN (réseau privé virtuel). La seconde va encore plus loin en proposant, comme son nom l'indique, une connexion directe (par ligne dédiée) aux data centers d'Amazon. Outre la sécurité renforcée par ces deux offres, cette dernière procure également une meilleure garantie de performance.

Autre nouvelle d'importance, Amazon ajoute la fédération d'identité à sa gamme de services. Celle-ci permettra aux clients d'administrer les utilisateurs de ses application hébergées dans le cloud depuis leur solution interne de gestion des identités et des accès (IAM). Le nuage devient ainsi mieux intégré au système d'information de l'entreprise...


Layar
Terminons avec un appel à la créativité ! En 2009, ING Nederlands était, à ma connaissance, la première banque au monde à diffuser une application de localisation d'agences et de GABs sur mobile en réalité augmentée, basée sur la technologie de Layar.

Cette solution, largement copiée depuis, fonctionnait alors en combinant les informations de localisation et d'orientation du terminal. Dans sa prochaine version, Layar Vision proposera de déclencher l'affichage de contenus numériques par reconnaissance d'image (un imprimé, un objet...). Voilà certainement de quoi susciter de nouvelles idées !

dimanche 7 août 2011

Les GPUs de NVidia accélèrent les calculs de JP Morgan

NVidia Tesla
Le spécialiste des processeurs graphiques NVIDIA révèle quelques détails de l'utilisation de ses puces Tesla par JP Morgan, une des plus importantes banques d'investissement de la planète. Il ne s'agit certes pas du seul établissement à avoir fait le choix de GPUs ("Graphics Processing Unit" ou processeur graphique) pour optimiser ses besoins de calcul mais la portée de l'implémentation et les résultats affichés méritent de s'y attarder.

Fort logiquement, la technologie de NVidia est utilisée pour la valorisation des risques sur les produits dérivés, très consommatrice de puissance de calcul scientifique. La moitié de ces traitements, correspondant à plusieurs dizaines d'applications, est désormais réalisée sur des machines combinant processeurs ordinaires et GPUs.

Les gains annoncés sont énormes, puisque les nouveaux systèmes seraient 40 fois plus rapide tout en générant 80% d'économies sur les coûts de fonctionnement, par rapport aux anciens processeurs "classiques". Ces performances permettent à JP Morgan d'être confiante sur son objectif stratégique de réduction de 75% de ses coûts de gestion du risque en 3 ans, malgré la pression réglementaire croissante. De plus, ces économies sont pour une large part réalisée sur la consommation d'électricité, ce qui devrait donc aussi conduire à une réduction de l'empreinte environnementale de la banque.

Mais l'accélération des calculs constituent également un avantage concurrentiel, en facilitant l'exécution de traitements plus complexes et/ou plus fréquents ou encore en offrant l'opportunité de répondre à un client plus rapidement (lors de la fixation du prix d'un produit). La "qualité" de la gestion du risque devrait ainsi être tout autant améliorée.

Un autre facteur d'efficacité de l'implémentation de JP Morgan est le choix d'une infrastructure en "cloud" interne. Les machines, installées dans plusieurs de ses centres de production ("data centers"), sont fédérées dans une grille de calcul globale, accessible à toutes les applications qui en ont besoin. Grâce à cette approche, la banque peut afficher un taux d'utilisation record de 70% de ses GPUs...

Hormis dans quelques particuliers (par exemple des exigences fortes sur les temps de latence, domaine de prédilection des circuits FPGA), les processeurs graphiques sont en train de s'imposer pour tous les besoins de calcul à haute performance. La standardisation de l'architecture CUDA, facilitant le portage de librairies existantes par les développeurs, n'est certainement pas étrangère à ce succès.

vendredi 5 août 2011

Citizens Bank : les PME pilotent leurs dépenses

Citizens Financial Group
Pour aider les PME à mieux gérer les achats (par carte) de leurs collaborateurs, Citizens Financial Group lance "accessCARD Command", une solution sophistiquée de contrôle de dépenses. Elle est immédiatement disponible au sein de la plate-forme en ligne existante, sans frais supplémentaires, pour tous les clients des cartes commerciales de la banque.

Les responsables de PME disposent ainsi, aux côtés des classiques relevés de transactions et autres outils de suivi de leurs cartes, d'une palette d'options variées, comprenant notamment :
  • La mise en place d'autorisations et/ou de limites de dépenses, très précises, par carte, par zone géographique, par catégorie d'achat, par commerce...
  • La réception, par mail ou SMS, d'alertes sur les transactions effectuées ou "tentées", configurables sur les mêmes critères.
  • Le contrôle, selon les même modalités et les mêmes options, du montant global des dépenses de l'entreprise ou de budgets pré-déterminés, hebdomadaires ou mensuels.
  • La création de cartes virtuelles pour les achats en ligne, offrant les mêmes possibilités de contrôle.

Pour implémenter "accessCARD Command", Citizens s'est appuyée sur la technologie inControl de Mastercard, qui fournit tous les services nécessaires et qu'il ne restait donc plus à la banque qu'à intégrer dans ses applications en ligne. Cette solution est propsée depuis 4 ans par l'émetteur mais n'a étonnamment pas rencontré un grand succès, malgré son potentiel (un des rares cas connus est celui de Citi, pour sa clientèle de particuliers).

Après la récente initiative de Chase avec son application Jot pour iPhone (qui a l'avantage d'être mobile mais est loin d'être aussi riche sur le contrôle des dépenses), il semblerait que l'intérêt des banques américaines pour le segments des PME soit en hausse. Et il ne fait pas de doute que celles-ci apprécieront ces nouveaux services.

jeudi 4 août 2011

Appareils personnels dans l'entreprise : l'idée fait son chemin

Citrix
En regardant autour de soi, il est évident que le concept "BYOD" ("Bring Your Own Device" ou l'utilisation d'appareils personnels dans le cadre professionnel) progresse dans toutes les organisations. Pour rationnaliser le débat, Citrix a commandité une enquête auprès de 700 professionnels des DSI de moyennes et grandes entreprises (en Europe, Amérique du Nord et Inde), dont les résultats démontrent une réelle arrivée à maturité du sujet.

Ainsi le premier constat d'importance est que la politique de l'autruche a laissé la place à une prise de conscience : la quasi-totalité des répondants (92%) sont au courant des pratiques "BYOD" des collaborateurs et ils estiment en moyenne que plus d'un quart des effectifs de leur organisation est concerné. Face à cette réalité, les politiques adéquates sont encore en cours de mise en place (44% des cas) mais l'évolution est rapide (94% prévoient une action dans les 2 ans). Et l'ampleur du phénomène est également bien comprise, puisque 80% des politiques qui seront mises en place en 2013 couvriront tous les employés (et non uniquement un département ou un niveau hiéarchique, par exemple).

Pour un certain nombre de responsables, la position adoptée est plutôt une réaction à la "consumérisation" de l'informatique. Cependant, les visionnaires ont une approche plus volontariste, cherchant avec leurs initiatives à attirer les talents (parmi les populations les plus jeunes, mais pas uniquement), flexibiliser l'environnement de travail (notamment le rendre plus mobile) et augmenter la productivité. Parmi les autres bénéfices attendus, la réduction des coûts est, étonnamment, relativement peu citée (36%).

En pratique, ce sont d'abord les PC portables personnels qui sont les plus répandus aujourd'hui, suivis de près par les smartphones. Mais une transition est en cours des PC vers les tablettes. Par ailleurs, du côté des outils mobiles, les personnes interrogées se préparent à une grande diversité des plates-formes qui devront être supportées, avec tout de même une forte prédominance d'Apple.

Citrix oblige, l'utilisation de la virtualisation du poste de travail pour répondre aux enjeux des initiatives "BYOD" est, naturellement, largement abordée dans l'étude. On retiendra sur ce thème un chiffre intéressant : près de 60% des entreprises qui se lancent dans des projets de ce type le feraient principalement pour supporter des matériels "étrangers".

Si on en croit cette enquête, la position des entreprises vis-à-vis du concept "BYOD" a extraordinairement évolué en quelques mois. Sans vouloir être trop optimiste, il est tout de même probable que cela correspond à une vraie prise de conscience, devant un phénomène qu'il est, de toutes manières, difficile d'ignorer. L'effort pour mettre en place des politiques d'entreprise reste cependant à mener, dans de nombreuses organisations, et c'est peut-être là que les difficultés apparaîtront...

mercredi 3 août 2011

Le Club by BforBank, pour réunir les fans de la bourse sur Facebook

Le Club by BforBank
Les réseaux sociaux autour de la bourse ne sont plus tout à fait une nouveauté (voir, par exemple, hopee.fr de Cortal Consors). "Le Club by BforBank" (BforBank étant la banque privée en ligne du Crédit Agricole) est tout de même un peu différent de ces prédécesseurs, tout d'abord en s'installant sur Facebook et, aussi, en adoptant une approche ludique du sujet.

Pour l'essentiel, cette application est en effet un jeu de prédictions : les participants sont appelés, deux fois par semaine, à soumettre leur pronostics sur les 3 valeurs du CAC 40 en plus forte hausse et les 3 en plus forte baisse sur la journée du concours, ainsi que sur la tendance du prix du baril de Brent. Les prévisions exactes rapportent des points à leurs auteurs, donnant lieu à un classement général.

Le Club by BforBank

Pour capitaliser sur la dynamique communautaire de Facebook, des points supplémentaires sont aussi attribués pour les parrainages. Plus intéressant, les internautes sont invités à poster leurs commentaires, à l'appui de leurs prédictions. Ceux-ci rapportent également des points, lorsqu'ils sont "aimés" (au sens "like" de Facebook) par les autres joueurs.

Je ne sais si c'est intentionnel de la part de BforBank mais ces modalités de jeu pourraient transformer "Le Club" en un système de prédiction en "crowdsourcing", un peu comme celui de TweetTrader. Si les joueurs sont suffisamment nombreux, on peut imaginer que se dégagent progressivement, via la qualité de leurs prédictions et l'appréciation de leurs commentaires, des "experts" influençant plus ou moins directement la moyenne des pronostics, qui deviennent alors plus pertinents.

Ces propos ne doivent pas laisser imaginer que je crois à un modèle de prévision des cours de bourse (comme je l'indiquais déjà avec TweetTrader) mais il y a tout de même là de quoi exciter la curiosité...

Quoiqu'il en soit, l'initiative de BforBank est habilement conçue pour séduire sa cible et entretenir l'intérêt de celle-ci sur la durée. Il s'agit d'ores et déjà d'un bel exemple d'opération marketing sur les médias sociaux.

mardi 2 août 2011

Commidea : et la sécurité du paiement par téléphone ?

Commidea
Les risques de fraudes et autres malversations sur les paiements en ligne focalisent l'attention et stimulent le développement de nouvelles solutions. Mais qu'en est-il des autres canaux à distance et plus particulièrement du canal téléphonique ?

Ce dernier représente toujours une part importante des transactions de vente par correspondance et la généralisation des centres d'appel externalisés le rend de plus en plus sensible à des problèmes de sécurité. Pourtant, le sujet ne semble pas susciter beaucoup d'intérêt et les solutions sont pour le moins discrètes.

Saluons donc l'initiative de la société Commidea qui, en partenariat avec le fournisseur de logiciels de gestion de centre de contact Semafone, propose une réponse intelligente à ces enjeux importants. Celle-ci consiste à "masquer" à l'opérateur la transmission des informations de paiement. Pour ce faire, le client est invité à saisir les caractéristiques de sa carte (numéro, date de validité, CVV) sur les touches de son combiné et non plus à les communiquer à son interlocuteur. Le conseiller est simplement informé lorsque la transaction a été confirmée.

Outre l'impossiblité pour les agents du centre d'appel de détourner les informations fournies, la solution de Commidea présente aussi l'avantage pour ses clients de faciliter la gestion interne des données sensibles. Ainsi, les informations saisies par le client sont directement transmises au processeur de paiement et n'ont donc jamais à être stockées par le commerçant. En évitant les contraintes de sécurisation des données, il pourra réaliser des économies sensibles. D'autant que le dispositif supporte aussi, avec les mêmes protections, la gestion des paiements récurrents.

Une lecture superficielle des statistiques sur la fraude sur les cartes bancaires (par exemple celles de l'Observatoire de la Sécurité des Paiements) pourrait faire oublier certaines réalités. En effet, si les incidents sur les paiements en ligne sont en forte progression, il ne faut pas perdre de vue que les détournements de données permettant ces "attaques" trouvent encore souvent leur origine dans le commerce traditionnel ou ... dans les centres d'appel. La sécurisation de ces canaux ne doit donc pas être négligée et les émetteurs de moyens de paiement devrait promouvoir, sinon développer, des solutions adaptées, telles que celle de Commidea.

lundi 1 août 2011

First Direct Lab, un pas vers la co-création

First Direct
Au Royaume-Uni, la filiale de HSBC « First Direct » occupe une place à part dans le paysage financier, et pas uniquement parce qu'elle est une des premières banques exclusivement à distance du pays. Elle est également pionnière de l'intégration des médias sociaux dans sa stratégie, ce qui lui vaut d'être régulièrement citée en exemple.

Aujourd'hui et après une précédente évocation du sujet en octobre dernier, First Direct annonce une nouvelle étape dans sa volonté de dialogue avec ses clients et le grand public en général : le site First Direct Lab leur propose désormais de participer à la conception des futurs services (et produits ?) de la banque.

Au cœur de la plate-forme, First Direct soumet ses « idées » à l'appréciation et aux commentaires des internautes. Il n'est même pas nécessaire de s'inscrire pour participer. Pour le lancement, 4 thèmes sont déjà présents : l'utilisation des codes QR, le design de la future page d'accueil de la banque, le design des applications mobiles de comparaison des offres de crédit immobilier et le Lab lui-même. De nouveaux « projets » devraient être ajoutés chaque mois.

Capture d'écran

Sans vouloir tempérer l'enthousiasme que suscitera cette initiative, regrettons tout de même l'absence d'information sur les plannings et sur les moyens mis en œuvre pour évaluer, sélectionner et concrétiser les idées des consommateurs. Ces oublis pourraient limiter l'engagement des participants sur le long terme. Un espace est cependant prévu pour présenter le bilan des projets, une fois qu'ils seront clos. Cette partie sera cruciale pour le succès de la démarche.

Dans une approche encore plus « démocratique », une autre section du site permet aux visiteurs de soumettre leurs propres idées, indépendamment de celles qui sont proposées par First Direct. Ces suggestions publiques sont également ouvertes aux avis et commentaires de tous. Plus anecdotique, on trouve enfin un sondage express et une recommandation d'un service externe (actuellement une application mobile de livraison de pizzas), qui seront renouvelés régulièrement.

Quelques heures après l'ouverture de First Direct Lab, plusieurs dizaines de commentaires ont déjà été publiés et ceux-ci démontrent (pour l'instant) un véritable intérêt de la part, a minima, d'une certaine population d'internautes. Et parmi les premières suggestions « libres », quelques-unes surprennent par leur pertinence.

Tout en étant un média complémentaire d'écoute des clients plus qu'une véritable plate-forme de co-innovation, First Direct Lab établit à nouveau un précédent dans le secteur bancaire britannique. D'autres cas ont déjà émergé dans le reste de l'Europe (en particulier en Espagne), à quand le tour de la France ?

dimanche 31 juillet 2011

Forrester : comment exploiter les données des médias sociaux ?

Puzzle
Quelle que soit la position de votre entreprise vis-à-vis des médias sociaux, ceux-ci constituent une formidable source d'information, qui ne demande qu'à être exploitée (intelligemment) et qui ne l'est encore que très peu. Nate Elliot recommande à tous les départements de marketing d'adopter des outils et/ou des pratiques d'écoute et leur donne 5 exemples d'utilisation pertinente.

Identifier les messages. Une communication qui passe bien auprès de sa cible suppose de connaître ses préoccupations et ses envies. De nombreuses organisations ont mis en place des "communautés" privées pour identifier ces attentes mais, progressivement, les échos reçus des médias sociaux orientent aussi les messages.

Utiliser la créativité "ambiante". Le fait n'est plus contestable, les consommateurs font plus confiance à leurs pairs qu'à toute autre source d'information. L'utilisation de contenus publiés par des clients sur les réseaux sociaux (soigneusement sélectionnés) peut ainsi prendre un poids d'autant plus fort dans une campagne marketing.

Améliorer le plan média. Vous connaissez certainement déjà un certain nombre de médias sur lesquels vos campagnes ont prouvé leur efficacité. En écoutant les médias sociaux (dans ce cas, peut-être plus particulièrement les blogs et les forums), vous pourrez trouver de nouveaux sites sur lesquels votre présence sera tout aussi profitable.

Repérer les "influenceurs". Le web 2.0 est un large réseau d'influence : quel que soit le sujet, il existe toujours quelques individus ou sites qui orientent les grandes tendances. Utilisez vos outils d'écoute pour identifier ces personnes et groupes, et essayez ensuite de les atteindre directement, pour profiter de leur "aura".

Réagir à vos clients. Les messages et les conversations sur votre marque, vos produits... sont là, que vous le vouliez ou non. Si vous voulez être en position de réagir aux commentaires, positifs ou négatifs, il faut d'abord que vous sachiez où ils se déroulent...

Cependant, Nate Elliot met en garde contre l'utilisation des données recueillies pour évaluer l'impact des campagnes de communication sur le web. Comme pour tous les conseils précédents, il ne faut en effet jamais perdre de vue que les internautes qui s'expriment sur les médias sociaux ne représentent qu'une petite partie de vos clients. De plus, il est extrêmement difficile d'identifier précisément ce qui déclenche les réactions des consommateurs et, rappelons-le avec force, les outils d'analyse de sentiments, en leur état actuel, sont encore très approximatifs. Ne mesurez pas vos résultats à l'aune des données extraites des média sociaux !

samedi 30 juillet 2011

Brèves : First Direct, Dell, Fujitsu, LogMeIn

Les brèves de cette semaine font la part belle aux technologies, avec des solutions mobiles un peu "exotiques" (Fujitsu et LogMeIn) et une bonne nouvelle pour les promoteurs du "Green IT" (Dell).


First Direct
Je commencerai cependant par un sujet bancaire, à la faveur de la nomination du nouveau PDG de First Direct, Mark Mullen. Celui-ci a précédemment occupé le poste de responsable du marketing et c'est sous sa direction que la banque a lancé ses premières initiatives de dialogue avec les clients, saluées par tous les observateurs. Une belle reconnaissance des efforts entrepris !

Une interview d'Amanda Brown, directrice des relations publiques, nous permet par ailleurs d'en apprendre un peu plus sur la génèse de l'intégration des médias sociaux dans la stratégie de First Direct, qui peut constituer un cas d'école.

En 2008, il était devenu évident que la banque ignorait, comme la plupart de ses consœurs, une bonne partie des conversations qui la concernait. Elle a donc décidé de participer au dialogue, en respectant l'idée que les consommateurs font plus confiance à leurs pairs qu'à leur banque et en reconnaissant que la communication devait rompre avec les modèles unidirectionnels existants pour adopter les modes d'échanges choisis par les clients.

3 ans plus tard, cette approche reste toujours aussi exemplaire et de nombreux établissements sont encore loin d'avoir atteint une telle maturité avec leurs efforts d'intégration des médias sociaux dans la communication d'entreprise...


Dell
Parmi les constructeurs informatiques, Dell se distingue de la concurrence avec une annonce assez retentissante : ses serveurs sont désormais garantis pour un fonctionnement à des températures atteignant 45°C.

Pour les non spécialistes, il faut savoir que les centres de production informatique (data centers) des grandes entreprises sont souvent climatisés à 20°C, parfois 24°C pour les plus "téméraires". Même si les constructeurs garantissent leurs matériels à des niveaux plus élevés (typiquement 35°C), les responsables craignent le développement de "points chauds" pendant les pics d'utilisation et justifient ainsi une valeur moyenne très basse.

Or cela représente une énorme consommation d'électricité, qui impacte à la fois les coûts de fonctionnement et l'empreinte environnementale des installations. En offrant une garantie qui couvre les opérations à 40°C pendant 900 heures et 45°C pendant 90 heures par an, Dell devrait permettre, a minima, de relever sensiblement la température moyenne des data centers et, idéalement, de favoriser le "free cooling" (climatisation par l'air extérieur, sans refroidissement).

Naturellement, cet optimisme ne concernera pour l'instant que les centres ou les salles équipés exclusivement des serveurs du constructeur. Mais il ne fait pas de doute que les concurrents devraient bientôt suivre la voie qui vient d'être ouverte.


LogMeIn
LogMeIn propose depuis longtemps des solutions de connexion à distance, sur mobile, à un PC, pour utiliser ses applications et ses données en tout lieu et à tout moment. Avec sa dernière annonce, la société veut séduire les entreprises en combinant sa technologie "historique" avec des outils d'administration complets.

Ceux-ci permettront aux gestionnaires de flotte de contrôler précisément les utilisateurs et les matériels autorisés à se connecter (qu'ils soient personnels ou fournis par l'entreprise), ainsi que les applications et/ou PC auxquels ils ont accès.

L'approche de LogMeIn par la connexion à distance ne représente certainement pas un besoin important dans la plupart des organisations mais cette nouvelle solution pourra répondre à quelques cas particuliers...


Fujitsu
La dernière annonce de cette série peut ressembler à une solution en quête de problème : les laboratoires de Fujitsu développent une technologie qui permettrait de déployer et exécuter une application de manière temporaire.

Pour illustrer le fonctionnement, une personne se rend à une réunion et son smartphone (ou sa tablette) charge automatiquement les présentations et les applications nécessaires en arrivant à proximité de la salle de conférence. Dès que la réunion est terminée, l'ensemble est effacé.

Si vous avez une idée d'usage pour cette solution, qui devrait être commercialisée en 2012, je suis certain que Fujitsu aimerait vous entendre (et moi aussi) !