Aujourd'hui, l'intelligence artificielle – surtout générative – envahit tous les recoins des entreprises… et de l'actualité, me laissant de plus en plus souvent perplexe quant à la réalité des promesses qui l'accompagnent. En revanche, l'usage que décrit NAB dans le domaine du design et de l'innovation échappe immédiatement au doute.
Le recours à l'IA pour le développement logiciel est une de ces nombreuses disciplines dans lesquelles les espoirs de gain de productivité sont immenses, soutenus par une intense communication des fournisseurs de solutions. Après retour sur terre et analyse approfondie sur des mises en œuvre concrètes, ils s'avèrent hélas largement exagérés voire totalement infondés. Cependant, si les résultats obtenus dans certains contextes sont décevants, ils peuvent devenir exceptionnels dans d'autres conditions.
En l'occurrence, pour NAB, l'ambition est d'exploiter un de ces outils – elle a retenu Cursor.ai – pour la construction de maquettes et autres prototypes. Combinant une interface de génération automatique de code par instructions en langage naturel avec un environnement de programmation complet, capable de s'intégrer avec les principales plates-formes de design du marché, il autorise les équipes « digitales » de la banque à créer rapidement des applications opérationnelles qui matérialisent leurs idées.
Que ce soit pour la mise au point d'un nouveau service ou pour la refonte de l'expérience utilisateur d'un module existant, les bonnes pratiques universelles encouragent la réalisation de modèles susceptibles d'être mis tôt entre les mains de l'audience visée afin de recueillir les commentaires et suggestions qui permettent de l'améliorer dans une itération ultérieure, le cycle étant reproduit plusieurs fois… jusqu'à, si tout va bien, aboutir à une solution optimale qui méritera d'être industrialisée.
Historiquement, les professionnels du design adoptent fréquemment un compromis afin de respecter ce principe essentiel. Soit ils se contentent de techniques de bas de gamme pour leurs prototypes, parfois de simples esquisses dessinées sur papier, économiques mais moins efficaces dans leur capacité à projeter l'utilisateur dans la cible proposée. Soit ils conçoivent des logiciels fidèles à leur vision mais ceux-ci grèvent sévèrement le coût des expérimentations, ce qui finit par limiter leur créativité. Nordstrom montrait par exemple en 2011 comment mitiger au mieux ces contraintes.
Dorénavant, le « vibe coding » offre la possibilité de développer une application (presque) aussi vite que d'en imaginer l'interface et les interactions. Elle comportera probablement quelques anomalies et ne sera certainement pas sécurisée mais qui s'en souciera quand l'objectif est uniquement de recueillir l'avis de futurs utilisateurs sur une innovation en cours d'élaboration ? La démarche par tests et erreurs successifs devient de la sorte beaucoup plus efficace et fructueuse dès les premières étapes du projet.



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