Le faible usage des données bancaires qu'elle a contribué à ouvrir à de nouvelles applications constitue un incontestable marqueur de l'échec – certes relatif – de la deuxième directive européenne des services de paiement (DSP2). Le récent partenariat conclu entre Algoan et Owen illustre une de ces opportunités restant à explorer.
Jusqu'à maintenant, et si je laisse de côté les outils de pilotage budgétaire (dont la popularité reste désespérément marginale), les services d'accès aux comptes exigés par la réglementation sont essentiellement exploités, au moins pour le segment grand public, dans un but d'évaluation de la capacité à assumer un emprunt ou opération équivalente. Leur succès dans ce contexte est admirable mais on est loin de la stimulation de l'innovation que promettaient initialement les promoteurs de la loi.
Avec Owen, on change enfin de registre. La jeune pousse de l'insurtech propose en effet à ses clients, fournisseurs de fonctions de paiement, de personnaliser l'offre d'assurance qu'ils souhaitent associer à leurs produits en fonction de la situation réelle du consommateur. Depuis quelques temps déjà, elle a élaboré un modèle à plusieurs niveaux de prestations, pour des couvertures plus ou moins extensives, qui peuvent même, le cas échéant, être complétées par des options individuelles spécialisées.
Grâce aux informations transmises par Algoan, si la personne accepte de fournir un accès à ses comptes bancaires lors de la souscription, il devient possible de pré-sélectionner une garantie correspondant au mieux à ses comportements et à ses conditions de vie, plutôt que de lui suggérer la même assurance qu'à tout le monde, dont certains éléments lui seront potentiellement inutiles, ou de l'inviter à choisir elle-même la variante qui lui convient, ce qui induit une friction malvenue dans son parcours.
La communication officielle ne précise pas les scénarios envisagés mais il est facile d'imaginer quelques caractéristiques susceptibles de définir des variantes sur une police attachée à, par exemple, une carte de paiement. Outre le critère basique des revenus, qui attribuerait une solution haut de gamme aux plus aisés, il pourrait aussi s'agir, pour ne citer que quelques possibilités triviales, de promouvoir les couvertures sur les voyages uniquement à ceux qui ont un historique de déplacements significatif, de relever les garanties pour ceux qui font régulièrement des achats de montant élevé, d'ajouter une protection contre la fraude en ligne pour les adeptes d'e-commerce…
Alors que l'échéance de FiDA – l'extension de la banque ouverte à tous les produits financiers – commence à se rapprocher (si tout se passe comme prévu), il serait bon de se souvenir de la valeur que ces législations sont censées apporter, au-delà d'une simple transparence dans l'utilisation des données : la faculté, par leur analyse, de comprendre la situation et les habitudes d'un consommateur (s'il le souhaite, répétons-le), de manière à mettre à sa disposition des offres mieux adaptées à ses besoins.



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