Parce que la prévention constitue le premier moyen de lutte contre les impacts du dérèglement climatique sur leurs métiers, trois assureurs français, associés avec deux fournisseurs d'expertise, combinent leurs forces dans le développement d'une plate-forme commune destinée à aider les particuliers et les entreprises à réduire leur exposition.
La multiplication des phénomènes météorologiques autrefois exceptionnels – sécheresse, inondations, tempêtes… – est désormais un fait incontournable, qui affecte dangereusement la capacité des acteurs de l'assurance à remplir leur mission de couverture des dommages aux bâtiments. À défaut de disposer de levier sur la fréquence des sinistres, ils peuvent à tout le moins s'attacher à en limiter les conséquences, notamment financières, de manière à conserver leur raison d'être.
Avec Geoya, Generali France, MAIF et Société Générale Assurances, en collaboration avec Saretec (spécialiste de l'évaluation des dégâts) et Sixsense (conseil pour l'adaptation), visent à appréhender le défi ensemble. Son objectif est d'offrir un accompagnement opérationnel aux plus de 5 millions de clients des trois partenaires pour le diagnostic des menaces pesant sur leur résidence, leurs usines, leurs entrepôts, leurs bureaux… ainsi que pour la définition et la mise en œuvre de solutions.
En pratique, les propriétaires individuels et les PME se verront proposer un outil d'auto-diagnostic grâce auquel il obtiendront une analyse fiable des vulnérabilités de leurs locaux. Si nécessaire ou s'ils le souhaitent, ils pourront le compléter avec une visite d'expert, virtuelle ou physique afin d'affiner les résultats. Le bilan qui leur sera transmis leur procurera non seulement un état des lieux mais également une liste de mesures concrètes à prendre, avec une suggestion de travaux à prévoir et leur coût estimé.
Les grandes structures, quant à elles, pourront bénéficier d'un soutien rapproché, comprenant, au besoin, une étude approfondie sur site, un plan de remédiation personnalisé et la possibilité d'une assistance à la maîtrise d'ouvrage. Dans tous les cas, une aide est apportée aux demandeurs pour l'accès aux subventions et autres financements publics auxquels ils sont éligibles. En revanche, la communication officielle ne mentionne pas les conditions tarifaires applicables aux services de Geoya.
Initialement, la plate-forme se consacrera exclusivement au risque d'inondation – qui représente aujourd'hui la première dépense d'indemnisation des catastrophes naturelles – pour le compte des trois compagnies cofondatrices. Rapidement, elle sera ouverte, via un modèle de souscription, à toutes les entreprises du secteur qui seraient intéressées et, plus tard, elle aura vocation à couvrir les autres domaines d'exposition, tels que le retrait-gonflement des argiles, les tempêtes en tout genre…
Si j'estime positive (et indispensable) la démarche engagée de la sorte pour la prévention, j'avoue être surpris de l'approche collaborative de Geoya. Celle-ci laisse en effet entendre que la thématique est perçue comme une charge générique, mise en commun pour plus d'efficacité économique… alors qu'il me semble qu'elle serait largement susceptible d'être abordée également comme un facteur de différenciation concurrentielle, a minima, peut-être, dans son articulation avec l'assurance elle-même…



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