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C'est pas mon idée !

lundi 10 janvier 2011

C'est mon idée ! 5 anti-prédictions pour les banques françaises en 2011

5 anti-prédictions
Dans la série des traditionnelles prédictions de début d'année, je vous propose aujourd'hui les miennes, autour des technologies dans les banques françaises.

Mais, pour changer un peu de format, je vous présente 5 idées qui, à mon avis, ne décolleront pas en 2011. A ceux qui verraient là un excès de pessimisme, un seul conseil : prenez cet article comme un défi et prouvez-moi que j'ai tort !

PFM

Les analystes ont beau répéter que le PFM  (ou gestion de finances personnelles) est l'avenir de la banque en ligne et en constitue le prolongement naturel, les banques américaines et quelques européennes (dont BBVA) se laissent convaincre (en masse, pour les premières) mais les exemples français restent rares (citons tout de même Boursorama et la timide tentative de gestion de budget de Monabanq).

En 2011, nous verrons peut-être la première initiative d'une grande banque mais je suis convaincu que celle-ci restera en-deça de nos attentes. Nous devrons encore attendre pour que les solutions proposées intègrent l'agrégation de compte multi-établissements et les fonctions "sociales" (de comparaison entre pairs, d'échange de conseils et de recommandations...), qui donnent une nouvelle dimension à la gestion de finances personnelles.

Pourtant, les clients sont demandeurs, comme le démontre (de mon point de vue) le succès des applications pour iPhone de Société Générale ("L'Appli") et du Crédit Agricole ("Mon Budget"), qui esquissent ce que pourrait être le PFM intégré à la banque en ligne.

En attendant le réveil des banques, ce sont des acteurs indépendants, comme Linxo, qui occupent le terrain...

Paiement mobile

Le paiement sans contact sur mobile nous est promis, depuis bientôt 10 ans, comme la prochaine révolution du secteur financier. Il ne se concrétise pourtant toujours que dans des expérimentations locales, au succès discutable (voir par exemple les - seulement - 2500 utilisateurs conquis en 6 mois de test à Nice).

La situation est pourtant en train d'évoluer, notamment avec l'arrivée de la technologie NFC dans les téléphones mobiles (sur Android, par exemple).

Mais l'essentiel reste à faire : convaincre les consommateurs de l'intérêt d'utiliser leur téléphone pour payer et les commerçants de la valeur qu'ils peuvent retirer de l'investissement qu'ils devront consentir (sans parler des frais de transaction qui leur seront facturés). De ce côté, rien de sérieux n'a été fait et même si un lancement de masse devait intervenir, il tournerait probablement au fiasco faute d'adhésion des principaux intéressés.

Autre versant du sujet, le paiement P2P ("pair à pair") sur mobile a, lui, toutes les chances de décoller. Je ne crois cependant pas que ce sont les banques qui vont le plus profiter de cette tendance émergente, malgré les expérimentations lancées de longue date (par exemple celle du Crédit Mutuel avec Pay2You). Entre les innovations presque quotidiennes d'une multitude de startups et la percée de PayPal, le marché est déjà encombré et si un établissement français devait y entrer, la meilleure stratégie serait de s'associer à un de ces acteurs.

Banque mobile

La banque mobile a connu une année 2010 faste, en particulier avec le développement d'applications pour l'iPhone et, plus récemment, pour l'iPad d'Apple, par tous les grands établissements français. Et les propriétaires d'autres téléphones n'ont pas été totalement délaissés avec de nouvelles versions des sites mobiles de banque en ligne et les premières applications pour BlackBerry, Android, Windows Phone...

En toute logique, 2011 devrait voir ces efforts se poursuivre, en particulier vers les clientèles de non particuliers. Si quelques solutions sont offertes aux trésoriers d'entreprise, le secteur des professionnels et des PME reste encore peu gâté et pourra constituer la prochaine cible.

Ce qui ne se produira pas cette année, en revanche, c'est une véritable innovation dans la banque mobile. Aujourd'hui et malgré quelques idées originales, les applications proposées aux clients sont encore trop proches des outils de banque en ligne traditionnels et ne ciblent pas les besoins spécifiques des utilisateurs "en mouvement". Une réflexion de fond est nécessaire pour capitaliser sur cette particularité et elle n'a malheureusement pas encore été entamée.

Cloud computing

Bien que le cloud, sous toutes ses formes (interne ou externe, SaaS, PaaS ou IaaS), soit présenté comme un vecteur d'agilité et, in fine, de réduction des coûts d'infrastructures informatiques, le sujet continue à susciter la méfiance et les réticences des DSI. Leur préférence pour le statu quo et le retour de la croissance des budgets aidant, il est peu vraisemblable qu'une banque annonce une adoption stratégique en 2011.

Je ne doute pas que des initiatives locales vont se développer, pour des besoins internes aux DSI (plates-formes de test ou de développement, par exemple) ou sous la pression de certains utilisateurs (lassés par les délais de mise en oeuvre des projets classiques). Mais ce n'est pas encore en 2011 que nous verrons une institution financière adopter la messagerie GMail de Google ou utiliser AWS (Amazon Web Services) pour réaliser ses calculs de risques ou de valorisation de portefeuille, pour ne citer que ces exemples...

Green IT

Quand la crise financière et l'envol des prix de l'énergie frappaient les entreprises, le "Green IT" avait le vent en poupe. Sauf à être totalement naïf, il ne faisait alors aucun doute que les efforts faits dans le domaine avaient pour premier objectif de réduire les coûts. Mais la perte totale d'intérêt pour le sujet qui transparaît actuellement laisse tout de même un goût amer...

J'espère sincèrement me tromper dans cette prédiction mais, sauf rechute de l'économie mondiale ou nouvelle flambée des prix de l'énergie (qu'on ne souhaite évidemment pas), l'espoir est mince de voir relancées de grandes initiatives pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans les grandes banques françaises. Certes, les projets déjà démarrés se poursuivent, mais les plus grands chantiers restent au fond des tiroirs comme l'illustre, par exemple, la stagnation de la virtualisation.

Pourtant les bénéfices sont toujours à portée de main, non seulement pour l'environnement mais aussi pour la maîtrise des coûts. La relance des projets gouvernementaux de taxe carbone sera peut-être le déclencheur d'un nouvel engouement des DSI (comme c'est le cas dans certaines régions du monde). Mais combien de temps faudra-t-il encore attendre ?

Les DSI de Manpower ont leur AppStore

Informtion Week
Les "AppStores" sont partout : depuis celui d'Apple pour l'iPhone, toutes les plates-formes mobiles ont désormais le leur et ils arrivent maintenant sur les PC de bureau (encore avec Apple !). Rapidement, l'idée d'adapter le concept aux entreprises a commencé à germer, ce qui nous a valu par exemple l'annonce de Citrix Dazzle, dès 2009.

Pourtant et malgré l'exemple magistral de l'administration américaine, les initiatives restent rares. Le cas de Manpower, présenté dans un article d'InformationWeek nous donne donc l'occasion de revenir sur ce sujet, d'autant que la démarche adoptée présente une certaine originalité. En effet, au lieu de proposer aux collaborateurs de télécharger des applications à utiliser sur leur poste de travail, le Solution Store est destiné aux DSI, auxquels il offre une visibilité sur tous les logiciels développés par leurs pairs dans le groupe.

Manpower, comme toutes les entreprises multinationales aux organisations informatiques décentralisées, est confrontée à des difficultés de mutualisation et de maintien de cohérence de son Système d'Information (SI). Pour faire face à ce défi, plutôt que d'adopter une gouvernance centralisée qui serait peu adaptée au besoin d'agilité requis par chaque marché (et ses spécificités locales), le spécialiste de l'intérim a choisi, avec son Solution Store, de developper les synergies et favoriser les collaborations sur les projets. Les équipes informatiques de chaque pays peuvent ainsi mettre en avant les applications qu'elles ont créées et qu'elles utilisent, afin d'en promouvoir l'adoption dans le reste de l'organisation.

Naturellement, les applications du Solution Store sont loin d'être aussi faciles et immédiates à installer que celles de l'AppStore d'Apple, puisqu'elles ont vocation à être déployées et intégrées dans un SI dans lequel l'hétérogénéité prévaut. Pour réduire cette difficulté, des règles d'interopérabilité ont du être mises en place, imposant notamment l'utilisation de messages XML pour tous les échanges avec les systèmes existants.

Pour l'entreprise, l'objectif de cette initiative est triple. Il s'agit d'abord de limiter la redondance des efforts et démultiplier la "force de frappe" des DSI : en donnant de la visibilité aux applications existantes, elles ne seront pas recréées par d'autres entités du groupe, qui pourront ainsi se consacrer à d'autres sujets. Le deuxième point est de faire émerger de nouvelles sources d'innovation dans toute l'organisation, grâce aux ressources ainsi rendues disponibles. Enfin, la satisfaction et la motivation des équipes informatiques devraient être renforcées, en donnant un écho beaucoup plus large à leurs réalisations.

La stratégie de Manpower rappelle sous certains aspects la tendance plus ancienne, qui n'a jamais réellement percé, des "forges" d'entreprise basées sur les modèles collaboratifs du logiciel libre (on pensera par exemple à l'offre NovaForge de Bull). Le choix d'une approche "AppStore", par son côté marketing, plus facile à appréhender, permettra peut-être de relancer le mouvement. Dans les deux cas, un bénéfice important pour la DSI de l'entreprise devrait être celui de l'urbanisation de ses systèmes. En effet, les applications "publiées" auront plus de chances d'être adoptées à travers l'organisation si elles sont faciles à intégrer dans le SI. Dans l'idéal, les équipes qui voudront profiter de la visibilité offerte par le Solution Store devront donc se plier à des règles d'interopérabilité et d'urbanisme qui ne pourront être que bénéfiques à l'ensemble du groupe.

En conclusion je souhaiterais m'attarder sur un volet qui n'est pas abordé dans l'article d'InformationWeek : les utilisateurs. Au-delà des DSI, il semble naturel de développer aussi la visibilité des applications existant dans le groupe auprès des directions "métier", qui pourront également y trouver des solutions auxquelles elles ne pensent pas, qu'elles n'osent pas demander à leurs équipes informatiques ou, plus simplement, qu'elles n'ont pas les moyens de faire développer elles-mêmes. Bien entendu, pour atteindre ces cibles, l'AppStore de Manpower devra leur offrir une vue adaptée des applications, orientée sur leurs attentes et non sur les aspects techniques qui prévalent certainement dans un contexte d'utilisation par des informaticiens.

dimanche 9 janvier 2011

Micronotes veut introduire des publicités dans la banque en ligne

Micronotes
Créée en 2009 et lancée à l'occasion du Finovate Fall 2010, la jeune pousse Micronotes se positionne comme une sorte de régie publicitaire dédiée aux sites de banque en ligne.

Son idée est simple puisqu'il s'agit de capitaliser sur la fréquentation et la connaissance des clients de banque en ligne pour proposer un espace de communication web ciblé et à haut rendement aux "marketeurs". Ceux-ci ont ainsi à leur disposition une plate-forme, baptisée KulaQ, qui leur permet de choisir les segments de clientèle, établis sur des critères démographiques (classiques) et financiers, auxquels il souhaitent s'adresser.

Autre originalité, le format de communication adopté par Micronotes est celui de la "micro-interview". Il s'agit de courts questionnaires (ils ne doivent pas prendre plus de 30 secondes à compléter) à l'issue desquels le client est directement rémunéré (par un virement sur son compte) et reçoit également une promotion, dont la teneur peut être adaptée en fonction de ses réponses.

Pour remplir sa mission, la startup s'est associée à Yodlee, le célèbre aggrégateur américain de données financières, ce qui lui permet d'analyser les profils de dépenses de ses utilisateurs et offre ainsi des possibilités uniques de ciblage des consommateurs. L'application de gestion des "micro-interviews", KulaMula, est elle-même intégrée dans la place de marché des solutions complémentaires de Yodlee (MoneyCenter) et sera accessible à toutes les banques clientes de l'agrégateur dès 2011.

Micronotes

La solution de Micronotes, issue de recherches de la MIT Sloan School of Management, est présentée comme apportant une valeur ajoutée à toutes les parties. Pour les spécialistes du marketing, elle offre des capacités de ciblage sans équivalent et propose un format permettant de recueillir des informations préciseuses sur les consommateurs, à un coût très compétitif. Pour les établissements financiers qui l'intègrent dans leur plate-forme de banque en ligne, elle représente une source de revenus supplémentaire (ils perçoivent une "commission" à chaque réponse de leurs clients) et un facteur de fidélisation, si les consommateurs sont séduits par les offres qu'ils reçoivent. Enfin, aux consommateurs, KulaMula donne accès à des promotions ciblées et rémunératrices, sans quitter l'espace de la banque.

Pour compléter cette présentation, précisons deux points d'importance : d'une part, les banques disposent d'un contrôle sur les marques représentées sur leur site de banque en ligne et, d'autre part, l'accès aux offres est une démarche volontaire ("opt-in") des clients, qui ne se sentiront donc pas "bombardés" de publicité.

Sachant que les sites de banque en ligne sont parmi les plus fréquentés par les internautes, il constituent déjà naturellement un support de choix, jusque là inaccessible, pour tous les spécialistes du marketing interactif. Si on ajoute à cela les possibilités d'analyse des profils des visiteurs et le ciblage qui peut en découler, ils vont certainement ce précipiter sur cette opportunité. Il sera plus difficile de convaincre les banques mais elles seront peut-être sensibles aux arguments de Micronotes, notamment si les revenus supplémentaires qui leurs sont promis se concrétisent.

Après le cas de bundle.com, cette solution originale est une nouvel exemple d'exploitation des immenses gisements de données que possèdent les banques sur leurs clients. Et quel que soit leur avenir, ces expériences vont probablement déclencher une prise de conscience de cette valeur cachée chez quelques banquiers. Je ne serais pas étonné que 2011 voit l'émergence de nouvelles initiatives dans ce sens...

samedi 8 janvier 2011

IsBank simplifie les paiements P2P

Communiqué IsBank [Turc]
La banque turque İş Bankası (IsBank) a récemment lancé "Cebe Havale", un système de paiement P2P ("pair à pair") dont l'utilisation ne pourrait être plus simple. Là où les initiatives équivalentes des autres banques imposent au destinataire des fonds d'ouvrir un compte ou de fournir leurs coordonnées bancaires, IsBank a opté pour une solution sans tracas : le montant transféré peut être retiré sur ses distributeurs automatiques.

Pour l'émetteur du paiement, une nouvelle option, disponible sur son site de banque en ligne ou mobile, ainsi que sur les guichets automatiques (y compris aux non clients, dans ce cas), propose d'envoyer de l'argent à une ou plusieurs personnes, en indiquant le montant et leur numéro de téléphone mobile. Le bénéficiaire reçoit alors un SMS qui l'informe du transfert et lui donne un code de retrait. Il ne lui reste qu'à se rendre à un distributeur de la banque où il lui suffit de saisir son numéro de mobile et le code reçu pour retirer son argent.

La solution d'IsBank constitue une avancée certaine dans le domaine des paiements P2P, qui n'étaient jusqu'alors qu'une version simplifiée des virements (sans RIB). Même si elle ne se substitue pas entièrement aux échanges en espèces, elle a tout pour séduire les consommateurs. Pour la banque, et en dehors des frais qu'elle pourra facturer pour ce service, "Cebe Havale" a surtout l'avantage de développer l'usage de ses guichets automatiques (pour l'envoi et le retrait), un objectif commun à de nombreux établissements.

jeudi 6 janvier 2011

Alpha Projet : le Crédit Agricole innove différemment

Alpha Projet sur FaceBook
Si vous avez été intrigués par les paperboards géants, vous invitant à "dessiner la banque d'après", qui ont couvert pendant deux semaines la façade du 11 avenue Delcassé à Paris 8, vous vous êtes certainement demandés, comme moi, ce qu'avait pu inventer le Crédit Agricole d'Ile de France.

La banque a eu la sympathique idée d'inviter quelques blogueurs (et journalistes), un soir, dans son Alpha Agence pour répondre à cette question. Ayant eu la chance d'être du lot, je vous invite à en découvrir un peu plus sur cette initiative unique.

Commençons par une visite des lieux. Une fois passée la porte d'entrée, vous réalisez que vous n'êtes pas dans une agence classique : point de guichet, aucun des automates habituels, mais une profusion d'écrans vidéo, un iPhone, un iPad, une table Surface... L'Alpha Agence est divisée en 6 espaces : accueil, découverte (pour obtenir de l'information sur les produits et services de la banque), e-Espace (pour apprendre à utiliser les outils de banque à distance, Internet et mobile), libre service (pour réaliser les opérations courantes) et deux bureaux (un ouvert et un privé, pour dialoguer avec un conseiller).

Alpha Agence

Quel est l'objectif du Crédit Agricole IdF avec cette agence étrange ? C'est Laurent Fromageau, Directeur Régional pour Paris, qui nous l'explique, avec toute l'équipe qui nous a accueilli : l'Alpha Agence représente le coeur d'un nouveau dispositif de co-innovation, baptisé Alpha Projet. Contrairement aux initiatives d'autres banques, il ne s'agit pas de créer une agence concept ou autre agence du futur, mais plutôt d'ouvrir un espace dans lequel vont être testées de nouvelles idées, avec les clients, pour "dessiner la banque d'après". Et, pour le Crédit Agricole, la "banque d'après" n'est pas uniquement la banque à distance et consiste surtout à imaginer le futur de la relation de proximité, qui reste une de ses forces.

Dans ce but, l'agence veut recruter un millier de clients prêts à s'investir pour tester les innovations, donner leur avis, proposer des améliorations ou même inventer de nouveaux concepts... Les méthodes employées pour développer l'implication de ces "pionniers" sont encore en cours de maturation mais il est déjà prévu de réaliser des enquêtes "flash", d'organiser des ateliers, de mettre en place des bancs d'essai... Sans oublier le versant "web 2.0" de l'Alpha Projet, avec un profil dédié sur Facebook, dont l'objectif est de maintenir la relation avec les clients entre deux visites et de rester à l'écoute d'un "autre public".

Autre aspect intéressant de l'initiative, les idées explorées sont extrêmement variées, des plus simples aux plus complexes, de celles qui sont visibles des visiteurs à d'autres plus discrètes. Celles qui sont déjà implémentées nous donnent d'ailleurs un aperçu de cette diversité :
  • Idée simple (et peu coûteuse) : l'e-Espace, avec son micro-ordinateur, son iPad et son iPhone, permet aux conseillers de présenter les outils de banque à distance du Crédit Agricole et d'en démontrer concrètement l'utilisation à des clients qui ne se sentent pas toujours à l'aise avec les outils informatiques.
  • Idée plus complexe à mettre en oeuvre (en raison du besoin d'intégration avec les systèmes informatiques de la banque) : un écran tactile près de l'entrée permet aux visiteurs de prendre rendez-vous avec un conseiller en quelques secondes.
  • Idée (très) visible : la présentation des tarifs sur un autre grand écran tactile, qui constitue une vraie innovation en termes de transparence (et non de technologie). Celle-ci illustre également la démarche progressive retenue, puisque d'un simple affichage de document, elle doit évoluer vers une version interactive, adaptée aux attentes des clients.
  • Idée "cachée" : l'entrée de l'agence est équipée de capteurs qui mesurent la fréquentation en temps réel, offrant ainsi la possibilité d'adapter la présence des conseillers en fonction des périodes d'affluence (et réduire les temps d'attente grâce à une organisation optimisée).
Même si les clients n'apportent pas de nouvelles idées, la banque attend beaucoup de leur implication, afin de mesurer leur intérêt pour ce qui leur est proposé. L'Alpha Projet doit ainsi permettre au Crédit Agricole IdF de valider sur le terrain les innovations qui apportent une valeur (équilibrée) aux clients, aux conseillers et/ou à la banque. Et celles qui passeront le test avec succès auront naturellement vocation à être déployées dans le reste du réseau.

Après quelques initiatives de co-innovation menées essentiellement en ligne (par exemple l'opération "Si j'étais banquier" du Crédit Mutuel en 2007), le Crédit Agricole d'Ile de France tente une nouvelle approche en jouant la carte de la proximité dans l'innovation. La démarche est logique pour inventer la relation bancaire de demain mais elle n'en est pas moins ambitieuse. Souhaitons-lui le succès qu'elle mérite !

Idées bonus. Voici deux autres innovations que j'ai aperçues dans l'Alpha Agence : une borne de visio-conférence pour les rendez-vous avec un expert distant et des "douches sonores" qui diffusent un son dans un espace réduit (les usages en sont en cours d'exploration).

lundi 3 janvier 2011

Prédictions Episode III : Bank Systems & Technology

BS&T
Nous poursuivons aujourd'hui notre série sur les prédictions pour 2011 avec la rédaction de Bank Systems & Technology qui nous propose sa sélection de 10 tendances technologiques ayant le potentiel de "changer la donne" et d'offrir aux DSI des institutions financières les moyens de répondre à leurs objectifs.

La révolution de la banque mobile. Le smartphone s'est banalisé en 2010, ce qui se traduit pour les banques par une opportunité d'augmenter l'utilisation de leurs services en tout lieu, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. L'adoption de la banque mobile est en forte croissance mais, pour les analystes, ce n'est qu'en développant des services innovants à forte valeur ajoutée que les institutions financières pourront attirer de nouveaux clients et les conserver. L'exemple donné est (naturellement) celui du dépôt de chèque sur mobile.

L'exploration du cloud hybride. Même si toutes les applications ne sont pas concernées, les banques ne peuvent plus ignorer le "cloud". Ce sont d'abord les nuages internes qui vont se développer, grâce à la virtualisation, apportant plus d'efficacité dans le SI (meilleure utilisation des ressources informatiques, déploiements accélérés...). Et les établissements les plus en pointe commenceront dès 2011 à tester les "clouds" hybrides, qui leur permettront d'étendre, de manière transparente, les ressources internes vers des infrastructures publiques, lorsque la demande croît au-delà des capacités disponibles.

L'agence automatisée. Cette tendance n'est pas réellement nouvelle mais le développement des canaux internet et mobile associé aux pressions croissantes pour la réduction des coûts et l'augmentation des ventes rend l'automatisation des agences toujours plus prioritaire. Et bien que les efforts portent encore beaucoup sur les automates en libre service, le mouvement commence aussi à arriver derrière les guichets avec, par exemple, la numérisation de chèques en agence.

Les médias sociaux pris au sérieux. Qu'elles le veuillent ou non, toutes les institutions financières sont présentes au coeur des médias sociaux, par la voix de leurs clients. La prise de conscience de cet état de fait est en bonne voie et 2011 verra la majorité des banques devenir active sur le web social et participer aux conversations qui les concernent. Cette tendance sera favorisée par l'émergence de véritables plates-formes de gestion de contenu pour les réseaux sociaux (Twitter et Facebook en tête). Sur un autre plan, les outils de suivi et d'analyse des réseaux sociaux gagnent en crédibilité et permettent aux entreprises de percevoir et comprendre ce qui se dit sur elles, voire de mesurer presque en temps réel les effets de ces discussions sur leurs ventes ou le trafic sur leurs sites.

L'équilibre entre risques et développement. Alors que les banques (et les gouvernements) souhaitent développer le crédit, de nouvelles réglementations, dont Bâle III, imposent de nouvelles contraintes dans la gestion des risques. Afin d'atteindre l'équilibre idéal entre ces deux exigences contradictoires, les banques devront développer des modèles personnalisés de calcul des ratios de capital et apprendre à mieux analyser les données dont elles disposent.

La modernisation des systèmes. Malgré les coûts gigantesques et les risques associés, les banques entrent dans une phase de modernisation de leurs "systèmes coeurs" (core banking). Aux Etats-Unis, 4 des 20 premières institutions sont ainsi engagées dans de tels projets en 2011. L'objectif est de répondre à de nouveaux enjeux auxquels les systèmes existants, vieillissants, ne peuvent plus faire face, tels que la flexibilité (par exemple pour la constitution rapide de nouvelles offres) ou le "temps réel" (voir l'exemple de CBA sur ce sujet).

La nouvelle génération décisionnelle. Le domaine de la BI (Business Intelligence) est plus piloté par le développement du marché que par une évolution technologique. Alors que les analystes insistent depuis longtemps sur la valeur des outils d'analyse pour la gestion des risques, la connaissance des clients, l'optimisation des stratégies marketing et commerciales..., les nouvelles réglementations américaines sur les frais bancaires risquent d'être le déclencheur de la prise de conscience (au moins aux Etats-Unis). En effet, une meilleure visibilité sur les comportements des clients, notamment dans le domaine des paiements, permettra aux banques de mieux cibler leurs efforts pour maintenir leurs profits.

L'arrivée du paiement mobile. Comme tous les ans depuis près de 10 ans, les analystes prédisent l'explosion du paiement mobile pour 2011. Pourtant, cette fois, il se pourrait bien qu'ils aient raison. L'arrivée de la technologie NFC (pour le paiement sans contact) dans les téléphones, le lancement d'initiatives fédératrices (comme ISIS aux Etats-Unis) et le développement constant d'offres alternatives sont autant de raison pour justifier cet optimisme.

La collaboration. Le besoin de travailler ensemble malgré les distances est de plus en plus critique dans les entreprises. Pour les plus timides d'entre elles, cette exigence se traduit par l'adoption de systèmes de gestion documentaire (qui permettent non seulement le partage à distance mais favorisent également la "pérennisation" de l'information).  Pour les banques les plus avancées, ce sont également les installations de téléprésence pour les échanges internes ou les outils de visioconférence qui proposent aux clients de dialoguer à distance avec les experts qu'ils recherchent.

L'automatisation des prêts. Le sujet est peut-être plus sensible pour les banques américaines après la crise qu'elles viennent de connaître. Deux tendances opposées s'affrontent dans le domaine du prêt (immobilier, en particulier) avec, d'une part, une volonté de développer cette activité mais, d'autre part, la nécessité de limiter les risques associés. Ces derniers temps, c'est ce second impératif qui a pris le dessus, amenant à des processus de décisions très ralentis et, conséquence directe, une satisfaction de la clientèle en berne. Les établissements gagnants seront ceux qui sauront mettre en place les outils permettant d'accélérer les processus. La tâche n'est cependant pas aisée car elle implique de multiples systèmes (gestion des risques, détection de fraude, conformité réglementaire, gestion de documents...).

Quelques unes de ces prédictions concernent surtout le marché américain mais elles pourraient néanmoins inspirer les banques françaises. Pour le reste, à la suite des prédictions moins ciblées de Gartner et IDC (et d'autres), on se rend compte que quelques sujets vont être incontournables en 2011 : cloud, mobile, réseaux sociaux... Vous les retrouverez certainement sur "C'est pas mon idée !"

dimanche 2 janvier 2011

Avec eGift Social, faites vos cadeaux sur Facebook

Facebook - eGift Social
Je sais qu'il est un peu tard pour en parler mais, de toutes manières, cette offre ne concerne pour l'instant que les américains. First Data, fournisseur de solutions de paiement pour les commerçants et les institutions financières, a lancé eGift Social en juillet dernier et a profité de l'approche de Noël pour annoncer ses nouveaux clients, parmi lesquels figurent quelques grands noms du commerce de détail (Sears, Sephora, Burger King...).

eGift Social est une "simple" application conçue par First Data, que ses partenaires peuvent intégrer dans leur profil Facebook. Elle propose aux adeptes du site de réseau social de choisir un cadeau (qui peut être réel, par exemple un repas, un accessoire de maquillage..., ou bien consister en bons d'achat), préparer une carte personnalisée, choisir le destinataire (par son adresse mail ou son profil Facebook) et payer (en toute sécurité), le tout sans quitter la plate-forme. Le bénéficiaire est alors notifié sur son "mur" (Facebook) et/ou par message électronique, avec les instructions nécessaires pour profiter de son cadeau, dans les boutiques participantes ou sur le site web de la marque choisie, selon les cas.

Dans sa simplicité, l'idée de First Data est séduisante : elle permet au fournisseur d'offrir une solution originale à ses clients (commerçants) et à ceux-ci de développer facilement leur présence (et leur activité commerciale) sur le réseau social n°1.

[Tech] 2010, année noire pour la virtualisation (et le Green IT)

InfoWorld
En dépit de ses promesses, la virtualisation des serveurs n'a pas progressé en 2010. Selon les études et estimations de Gartner, le taux d'utilisation des serveurs reste à 18%, comme en 2006. Et une enquête d'ESG Research enfonce le clou : moins de 40% des machines virtuelles installées le sont dans un environnement de production.

Les avantages de la virtualisation (augmentation de l'utilisation des serveurs, d'où réduction des coûts et de l'empreinte carbone) ne parviennent pas à convaincre les décideurs malgré la maturité des solutions disponibles. Par conséquent, la majorité des serveurs virtualisés est réservée au développement et aux tests ou, au mieux, à quelques applications de production non critiques.

Cette situation de blocage est due à deux facteurs. D'une part, la gouvernance informatique des entreprises continue à promouvoir le modèle classique dans lequel les applications, dans leur globalité (infrastructures comprises), sont la "propriété" de leurs utilisateurs (les directions "métier"). Dans ces conditions, il est difficile de faire valoir l'intérêt de partager les ressources avec le reste de l'organisation.

D'autre part, si on écarte les impossibilités patentes (notamment les applications anciennes impossibles à virtualiser ou, cas en voie de disparition, les progiciels dont les éditeurs refusent d'assurer le support dans une machine virtuelle), les DSI disent être confrontés à des difficultés budgétaires pour développer la virtualisation dans leurs centres de production. Les autres raisons invoquées pour cette réticence sont les craintes pour la sécurité et les performances. Ainsi, il n'est pas rare de rencontrer des applications critiques fonctionnant sur des serveurs utilisés à 5 ou 10% de leurs capacités, afin de garantir un fonctionnement optimal en cas de pointe de charge.

Triste constat puisqu'une "simple" analyse de la réalité devrait permettre de balayer la plupart de ces objections, au prix, il est vrai, de quelques efforts...

Tout d'abord, en termes de performances, les nouvelles approches de la gestion dynamique de la charge devraient favoriser l'adoption de la virtualisation plutôt qu'attiser les peurs. Ainsi, au lieu d'installer une infrastructure (jamais pleinement utilisée) capable de supporter les pics d'utilisation les plus improbables, les outils modernes permettent de déployer plus ou moins automatiquement de nouvelles machines virtuelles lorsque les sollicitations augmentent puis de les "éteindre" lorsqu'elles ne sont plus nécessaires, laissant les ressources disponibles pour d'autres applications.

Les arguments économiques sont tout autant discutables. Si les serveurs sont utilisés à 18% de leurs capacités, ce sont donc 80% d'entre eux qui sont superflus et 80% de l'énergie consommée pour rien (en simplifiant un peu le raisonnement, je l'admets). Avec les coûts des serveurs, des nouveaux centres de production qu'il faut construire ou de ceux qu'il faut agrandir et de l'électricité nécessaire pour les faire fonctionner, il est difficile de croire qu'un modèle économique rentable n'est pas possible.

Enfin, même si les DSI ne peuvent imposer leurs choix stratégiques à leurs clients internes (ce qui me semblerait pourtant logique), ils sont a minima en mesure de faire valoir les bénéfices de la virtualisation et de "vendre" celle-ci à leurs interlocuteurs, qui sauront certainement y voir leur intérêt.

En conclusion, la généralisation de la virtualisation n'est finalement qu'une question de conviction et de persuasion de la part des DSI. Et les bénéfices pour l'environnement (par la réduction de la consommation énergétique) offrent quelques arguments supplémentaires dans la discussion à l'heure des grands discours sur le développement durable...

D'après un article d'InfoWorld

samedi 1 janvier 2011

Vantage, ce n'est pas un compte à papa !

Vantage Credit Union - Not Your Mama's Account
Gestion de finances personnelles (PFM - Personal Finance Management), intégration des réseaux sociaux et offres spécifiques, Vantage Credit Union soigne ses jeunes clients avec son offre "Not Your Mama's Account" (d'où la traduction libre dans le titre de ce sujet) qui leur est dédiée.

Au départ, il y a l'initiative "Young & Free", regroupant 8 Credit Unions (un équivalent de nos banques mutualistes) de différentes régions américaines, proposant aux jeunes adultes blogs, vidéos, conseils d'experts et autres espaces de partage et d'échanges pour mieux gérer leurs finances personnelles. Chacun des sites (un pour chaque CU) est animé par un jeune de la région, qui adopte un ton direct et aborde les sujets qui préoccupent réllement sa génération. Point de banquier et encore moins de discours de banquier !

Pourtant la banque est bien présente dans le dispositif. Pour prolonger cette initiative en direction des jeunes, Vantage a choisi de créer une offre bancaire réservée aux 18-25 ans, dont le nom est bien dans l'esprit "Young & Free". Tout d'abord, "Not Your Mama's Account" offre des produits financiers adaptés à sa cible avec, par exemple, des frais réduits et des options originales telles que l'"épargne automatique" (pour chaque achat par carte, un pourcentage pré-déterminé du montant payé est également viré sur un compte d'épargne).

Mais l'effort de Vantage porte principalement sur la plate-forme de banque en ligne de l'offre, intégrée dans le site "Young & Free". Celle-ci propose en effet des outils complets de PFM (avec, notament, la possibilité d'y intégrer les comptes détenus dans d'autres établissements, le classement des transactions par étiquettes et un nuage de tags pour visualiser rapidement les plus grosses sources de dépenses) et des liens étroits avec les réseaux sociaux publics. Dans ce domaine, la CU ne se contente pas, comme d'autres, d'établir sa présence sur Facebook et Twitter mais introduit au contraire ces médias au coeur de la banque en ligne.

Not Your Mama's Account

Le jeune client peut ainsi suivre les conversations de ses "amis" et changer son "statut" alors qu'il est en train de régler une facture ou de vérifier l'état de ses comptes. Ou bien il peut partager sur Facebook les offres promotionnelles et coupons de réduction qui lui sont proposés par les partenaires de sa banque, toujours sans quitter l'espace de banque en ligne.

L'objectif de cette offre est simple : répondre aux attentes de jeunes adultes qui préfèrent interagir avec leur banque sur internet plutôt qu'en agence et maximiser leur engagement, avec des outils qui les aident. Cette stratégie semble payante pour la "petite" Credit Union puisque les 2 300 (sur un total de 100 000) clients qui ont adopté le produit passent en moyenne deux fois plus de temps que les autres sur leur site, dont une part importante sur mobile. Et même si ces clients ne sont pas "rentables" immédiatement, Vantage espère bien les retenir longtemps et les accompagner dans leurs projets à long terme...

Résolution pour 2011 : en finir avec les présentations ennuyeuses

Pecha Kucha
Vous connaissez certainement ce cauchemar : une présentation interminable, avec une infinité de diapositives, surchargées de texte, et un conférencier soporifique qui récite leur contenu... Si vous êtes comme moi, vous vous souvenez de vous être ennuyé à mourir mais vous avez rapidement oublié le sujet abordé.

Inversement, réfléchissez un instant et repensez à la dernière présentation qui vous a marqué et dont vous avez vraiment retenu les messages. Pour moi, il s'agit de celle de d'Aman Narain (dont j'ai parlé ici, le support et la vidéo sont visibles ici et , respectivement), au moins dans sa première partie. Pour beaucoup, celles de Steve Jobs serviront certainement de référence... Qu'est-ce qui distingue celles-ci des présentations ennuyeuses et vite oubliées ? Au moins deux caractéristiques : elles racontent une histoire et les diapositives présentées "illustrent" cette histoire, au sens propre.

Fondé sur ces deux principes en 2003, le mouvement PechaKucha 20x20 propose un format encore plus radical pour des présentations ayant un maximum d'impact : 20 diapositives affichées prendant 20 secondes chacune et déroulées automatiquement, pour une durée totale de 6 minutes et 40 secondes. Et pour bien marquer la complémentarité entre le discours de l'orateur et le "visuel", les diapositives consistent essentiellement en images en plein écran. Celles-ci servent de support à la narration et offrent aux auditeurs des points de repère forts que leur mémoire enregistre et associe aux messages transmis, pour former une impression durable.

Je fais donc un voeu pour cette nouvelle année : j'aimerais n'assister qu'à des présentations qui "inspirent" (selon les mots de Steve Jobs), à défaut d'être toutes au format PechaKucha. Et en échange, j'essaierai de faire de même avec mes propres interventions...

Excellente année 2011 à tous !

Inspiré par un article de Richard Fouts (Gartner)