Free cookie consent management tool by TermsFeed
C'est pas mon idée !

dimanche 14 août 2011

Brèves : Deutsche Bank, Cardlytics, QR Code, eBeam, IRIS

Les brèves de cette semaine font la part belle aux startups et aux technologies, dont il ne restera plus qu'à trouver des usages dans les services financiers...

Deutsche Bank
Alors que JP Morgan généralise l'utilisation de GPUs (processeurs graphiques) pour ses calculs de valorisation, la division de trading électronique de Deutsche Bank annonce la disponibilité de sa solution à base de circuits FPGA ("field gate programmable array") pour l'accès aux principales places boursières américaines.

Ces deux exemples démontrent clairement la différence entre deux technologies, souvent mises en opposition (à tort, naturellement). Pour JP Morgan, l'objectif est de réduire ses coûts de fonctionnement et accélérer ses traitement sans remettre en cause son capital logicel. A l'opposé, pour Deutsche Bank Autobahn, l'utilisation de FPGAs, plus complexes à mettre en œuvre, lui permet d'obtenir des temps de latence records (de 1,25 à 1,75µs selon les messages, avec une très faible variance), synonymes de performance dans le secteur du trading automatisé.


J'ai déjà eu l'occasion d'écrire à propos de l'offre de Cardlytics, permettant d'insérer des offres promotionnelles dans les relevés de compte en ligne. Grâce à un partenariat avec la société ActivePaths, spécialiste du "mail transactionnel", les mêmes offres vont désormais être intégrées dans les relevés transmis par messagerie électronique, tout en restant totalement interactives.

A l'heure où le mail est sur le déclin, si on en croit certains "experts", le développement de nouveaux services autour de ce "vieux" média peut surprendre. Pourtant, l'envoi des documents par messagerie serait certainement bienvenu pour nombre de consommateurs... ActivePaths promet une solution sécurisée, qui pourrait vaincre les réticences des banquiers et de leurs équipes de sécurité.


comScore
Les codes QR et autres codes 2D sont en fort développement (comme le soulignait le récent Hype Cycle des technologies émergentes de Gartner) mais sa popularité auprès des consommateurs est encore un mystère. Une étude de l'institut comScore vient à point nommé pour nous en donner un aperçu (aux Etats-Unis, malheureusement).

En juillet 2011, un peu plus de 6% des consommateurs américains auraient ainsi capturé un code sur leur mobile. Le chiffre peut sembler faible mais, en le rapportant à la proportion de propriétaires de smartphones (les utilisateurs les plus probables), il prend tout de même une dimension relativement significative. Parmi les autres résultats à retenir, notons que les supports les plus populaires sont les journaux et magazines, les emballages de produits, devant les sites web et les posters et autres brochures commerciales.

Profitons de cette actualité pour signaler l'initiative de Bank of America qui a utilisé un Tag Microsoft (code 2D coloré) pour promouvoir son application mobile sur Windows Phone.


eBeam
Présente depuis longtemps (plus de 20 ans) dans le secteur de l'éducation et de l'enseignement, la société Luidia vise désormais les entreprises avec sa gamme eBeam de solutions de "vidéo-collaboration enrichie".

Les entreprises ont déjà à leur disposition une large palette de solutions pour faciliter la collaboration à distance : visio-conférence, téléprésence, partage interactif de documents... Mais il subsiste toujours des cas où la communication est difficile, par exemple quand un participant prend un feutre et dessine un schéma sur un tableau blanc. eBeam permet de gérer cette situation en capturant les mouvements du stylo et en transmettant les images recomposées par voie électronique, sur les PCs des auditeurs distants ou sur un écran, par projection.

Les usages peuvent paraître anecdotiques mais avec des prix unitaires de l'ordre de 1000 USD, les solutions de Luidia peuvent aisément enrichir les outils de réunion à distance de l'entreprise.


Autre produit qui tiendrait plutôt, à première vue, de l'accessoire, la société belge IRIS annonce [lien PDF] le lancement de son stylo électronique pour la capture de notes manuscrites sur smartphone.

Contrairement à certains de ses concurrents, ce stylo est utilisable sur tout support (sans papier spécial). Un capteur, à placer en haut de la page, détecte tous les mouvements et les retranscrit sous forme d'image. Et la nouvelle version permet donc de transférer les documents enregistrés sur un smartphone (BlackBerry ou Android), pour, par exemple, les envoyer immédiatement par mail.

Ne pourrait-on imaginer d'utiliser ce stylo, couplé à une tablette plutôt qu'un smartphone, pour enregistrer sous format électronique les documents que doit remplir un client ? Cette technique permettrait de limiter le facteur d'intimidation que représente une saisie (ou une signature) sur un écran et, de plus, répondrait aussi aux attentes des personnes qui souhaitent conserver une version imprimée...

samedi 13 août 2011

Deutsche Bank prudente sur le paiement mobile

Deutsche Bank
La celulle de recherche de Deutsche Bank vient de publier [lien PDF] une note de synthèse sur le paiement via mobile dont la modération contraste singulièrement avec le battage médiatique actuel. La démonstration, appuyée par 8 graphiques d'études statistiques, tend en effet à contredire les "gourous" qui prédisent une révolution imminente du secteur...

Précisons d'emblée que le thème abordé est exclusivement celui du paiement dans les commerces "physiques", excluant donc le m-commerce (en ligne sur mobile) et les échanges de personne à personne (ou P2P). Par ailleurs, le champ d'investigation est restreint aux Etats-Unis et à l'Europe. Sans exclure les autres solutions existantes (par exemple par code barre, comme le propose Starbucks), le paiement sans contact (ou NFC) tient une place prépondérante dans l'analyse.

Du côté des facteurs positifs, Deutsche Bank note plusieurs tendances favorables. Tout d'abord, l'intense médiatisation du sujet ces derniers mois a suscité l'intérêt croissant des consommateurs. De plus, l'adoption des smartphones, condition jugée indispensable pour le développement du paiement mobile, est en bonne voie de généralisation. Enfin, la prolifération de cartes de débit ou crédit sans contact (20 millions prévues par Visa au Royaume-Uni à la fin de l'année, 45 millions distribuées par les caisses d'épargne allemandes d'ici 2015...) va inciter les commerçants à s'équiper en lecteurs compatibles, qui devraient pouvoir accepter le paiement via mobile dans le futur.

Néanmoins, les marchands ne sont pas enthousiastes : en Allemagne, comme dans les grandes chaines de distribution américaines, ils ne sont qu'un petit tiers à envisager d'introduire le paiement sans contact à court ou moyen terme. Les consommateurs sont dans le même état d'esprit : malgré une croissance constante, moins de 20% se déclarent actuellement intéressés, étant satisfaits par les solutions actuelles. Par ailleurs, à la question du coût, la réponse est sans appel : plus de 9 sur 10 refusent de payer des frais supplémentaires et les commerçants ne sont pas beaucoup plus enclins à supporter la facture.

Le marché du paiement par mobile sera donc très tendu pour ses acteurs, avec des perspectives de marges réduites et une concurrence féroce entre une multitude de solutions, dont le lancement est facilité par les faibles coûts d'entrée (une diversité qui contribuera d'ailleurs au succès, en permettant aux utilisateurs de disposer de leurs cartes de débit et de crédit, coupons de réduction, cartes de fidélité... toujours à portée de la main).

Et tout ces efforts pour ce qui ne sera finalement qu'une option de paiement parmi d'autres (et non une révolution), adoptée par quelques-uns et ignorée par une grande majorité de consommateurs...

vendredi 12 août 2011

Widgets et communautés au menu de Boursorama

Bousorama
Boursorama profite de l'été pour peaufiner une toute nouvelle version de son site web et propose à ses clients et membres de la tester dès maintenant. Si le changement de design est le premier signe visible de cette refonte, le visiteur découvre rapidement des transformations beaucoup plus profondes, avec des capacités de personnalisation sans égales et une forte orientation communautaire qui suit les tendances du moment.

Pour commencer, une bonne partie du site devient donc configurable à volonté : la page "Bourse" et l'espace personnel "Mon Bourso" se transforment en véritables plates-formes de widgets, sur lesquelles l'utilisateur peut déplacer et réarranger tous les contenus, en ajouter de nouveaux ou retirer ceux qui ne l'intéressent pas. Les quelques dizaines de modules proposés couvrent tous les secteurs du site : informations générales, actualités et analyses des marchés, suivi des cours... ainsi que, pour les clients de Boursorama Banque ou de Boursorama Trading, l'aperçu des comptes ou la consultation du portefeuille et des ordres, entre autres.


La réalisation est brillante et se place d'emblée au niveau des plates-formes dynamiques spécialisées telles que NetVibes. Au chapitre des regrets, notons tout de même l'absence totale de widgets permettant de réaliser des opérations (de banque ou sur les bourses) ainsi que l'oubli dans la palette de services de MoneyCenter, le service de PFM ("Gestion de Finances Personnelles") de la banque. Il reste à espérer que de nouveaux modules viendront bientôt compléter la liste actuelle.

On s'étonnera également du choix des espaces ouverts à cette personnalisation, excusable pour les onglets "Patrimoine" (pour lequel les contenus disponibles sont peu nombreux) ou "Actualité" (dont seule la partie droite peut accueillir des widgets) mais beaucoup plus suprenant sur la page d'accueil, qui reste désespérément figée.

Attardons-nous maintenant sur la page "Mon Bourso", qui constitue un point d'entrée vers les nouvelles fonctions "communautaires". Dans sa configuration par défaut, celle-ci fait en effet la part belle au "partage" entre les membres, avec le fil d'activité des participants ou encore des palmarès divers et variés, des membres les plus actifs ou les plus suivis, des discussions les plus animées...

Pour mieux en comprendre le fonctionnement, il faut cependant se rendre dans un autre espace, baptisé "Communauté". Vous retrouverez là tous les services classiques d'un véritable réseau social, avec fiche profil, suivi des autres membres (ainsi que des valeurs de bourse), fil d'activité, forums de discussions, questions / réponses, options "j'aime" et "partager"... L'ensemble est d'une richesse assez incroyable !

Là également, j'exprimerai tout de même mon incompréhension devant le petit nombre de widgets offerts pour intégrer tous ces contenus au sein de son espace personnel : pas de fil d'actitvité des membres suivis, pas de saisie de message, pas d'accès direct aux sujets marqués intéressants... Si on y prend goût, la plate-forme risque de montrer rapidement ses limites.

Terminons néanmoins sur une note positive : Boursorama fait avec cette nouvelle version le pari d'une nouvelle génération de services sur le web et les concurrents feront désormais bien pâle figure face à cette démonstration des opportunités technologiques actuelles.

jeudi 11 août 2011

CIO 100 2011 : 100 projets IT récompensés

CIO 100
Autre rituel annuel, le magazine CIO a récemment décerné ses "CIO 100" 2011, qui récompensent des projets informatiques (aux Etats-Unis) contribuant directement à l'activité et aux résultats des entreprises.

Comme lors de l'édition précédente, les services financiers sont largement représentés (19 citations au total) mais les compagnies d'assurance font cette fois pâle figure par rapport aux secteur bancaire, seules 4 d'entre elles figurant au palmarès. Parmi les tendances globales, notons également que de nombreux projets retenus cette année sont focalisés sur l'efficacité des processus et les outils décisionnels et sont finalement peu innovants.

Je vous propose ici ma sélection personnelle parmi les 19 institutions financières récompensées. J'ai choisi 1 compagnie d'assurance et 3 établissements bancaires, qui représentent à mon avis le mieux l'esprit d'innovation qui m'intéresse.

  • Chartis. Cette compagnie d'assurance a mis en place "Claims Navigator", un système qui concrétise ce que les spécialistes recommandent avec insistance depuis quelques temps. Il s'agit en effet d'automatiser le traitement des sinistres "simples" avec un outil d'aide à la décision, un gestionnaire de workflow, un ensemble de modèles prédictifs et un service de résolution automatique.

    L'objectif est double : accélérer la prise en compte de la majorité de cas qui ne requiert pas d'expertise et dégager plus de temps "humain" pour les demandes complexes. Un autre bénéfice de ce système est de fiabiliser le paiement des indemnités. A la clé, satisfaction des clients et économies.
  • Wells Fargo. Poursuivant ses multiples initiatives sur ses GABs (voir par exemple ici et là), la banque propose à ses clients utilisateurs des services de banque sur internet de dématérialiser les reçus de leurs transations sur les guichets automatiques. Ils peuvent ainsi les recevoir soit sur une adresse de messagerie standard, soit dans la boîte aux lettres intégrées à leur compte en ligne.

    Pour certains clients adeptes des outils en ligne, cette option sera plus pratique, et, pour tous, elle apporte un surcroît de sécurité, en évitant les risques liés à l'oubli ou à la perte de reçus imprimés. Et, naturellement, la réduction du volume de papier utilisé aura un impact positif sur l'environnement.
  • BNY Mellon. Pour celle-ci, le projet gagnant est un réseau social d'entreprise, baptisé TeamSource, ouvert aux employés pour collaborer autour de leurs activités professionnelles.

    En 4 mois, près de la moitié du personnel a accédé aux profils de la plate-forme, deux tiers d'entre eux font partie d'au moins une des 400 communautés ouvertes et 78000 connexions ont été établies.

    Résolument orienté vers les processus "métier", le réseau permet aux participants d'obtenir facilement des réponses à leurs questions, de suivre l'avancement des projets... Il a aussi stimulé la tenue de sessions de remue-méninges impossibles à envisager auparavant.
  • Discover. L'émetteur de cartes a mis en place une nouvelle méthode de gestion de projets informatiques, combinant approches traditionnelle et agile, pour accroître sa réactivité dans les traitements de données qui deviennent critiques en temps de crise.

    Empruntant aux méthodes agiles la collaboration étroite entre développeurs et responsables "métier" (qui travaillent effectivement ensemble en permanence) et la notion de sprint, la démarche de Discover pousse cette dernière à l'extrême avec une livraison quotidienne de modules prêts à tester et des sprints d'une semaine seulement. Cet "exploit" n'est probablement rendu possible que par le contexte particulier des projets concernés (décisionnels).

    Ces efforts ont déjà permis de réduire les risques encourus en cas de défaut ou de faillite des clients.

Cet échantillon est intéressant aussi par la diversité des initiatives qui peuvent se développer dans différentes entreprises. Voilà autant d'idées qui pourraient être (plus ou moins) facilement copiées, développées et enrichies...

Gartner : Hype Cycle des technologies émergentes 2011

Gartner
Comme chaque année à la même époque (cf. l'édition 2010), les analystes de Gartner nous livrent leurs hype cycles des technologies émergentes, déclinés cette fois selon 76 thèmes différents.

Cet exercice donne aux "stratèges" des entreprises une idée de la maturité, des bénéfices potentiels et des orientations futures de plus de 1900 technologies, sélectionnées pour leur impact potentiel, en les positionnant sur ces fameux cycles entre l'enthousiasme exagéré (qui doit inciter à la prudence) et l'atteinte du réalisme (à partir duquel l'adoption se généralise), en passant par la phase de désillusion (qui intéressera les visionnaires).

Voici un rapide tour d'horizon des tendances principales, parmi lesquelles le mobile, le cloud computing et les médias sociaux tiennent une place prépondérante, assemblées dans un schéma de synthèse :

Hype Cycle des Technologies Emergentes 2011
Copyright Gartner Inc.

Côté mobile, qui focalise toujours l'attention de nombreuses entreprises, la maturité progresse, logiquement, depuis 2010. La géolocalisation est en bonne voie de généralisation, tout comme les "AppStores" et les lecteurs d'e-books. Plus discrètement, l'usage des nouveaux codes barre 2D (QR ou à couleurs, comme les Microsoft Tags) suit la même voie.

En revanche, les tablettes "média" (pensez "iPad") entament leur descente vers le "puits des désillusions" bien que cellle-ci doive être de courte durée. Ce qui n'est pas le cas du paiement sans contact, actuellement au "pic des attentes excessives" (ce n'est pas un scoop !) et dont la généralisation, avec les autres applications des technologies NFC, n'est pas attendue avant 5 à 10 ans. Les perspectives sont identiques pour la réalité augmentée, qui précède tous les autres services "contextualisés". Mais il existe tout de même des opportunités d'application profitable de ces technologies à court terme.

Dans le domaine du cloud computing, les plates-formes web ont achevé leur phase de désillusion alors que le concept "général" et, encore plus, le cloud interne sont désormais arrivés au sommet des espérances. L'évolution est cependant relativement rapide et le "nuage" devrait devenir un "standard" pour les entreprises d'ici 2 à 5 ans, selon Gartner.

Concernant les médias sociaux, ce sont les flux d'activité (le modèle "Twitter"), pour la collaboration professionnelle, et l'exploitation des données des réseaux sociaux, pour l'analyse de sentiments ou la connaissance des clients, qui suscitent l'engouement actuellement, avec, là encore, une perspective de maturité à moyen terme.

Parmi les autres sujets à surveiller, citons :
  • Les outils décisionnels, avec l'arrivée au plateau de productivité pour l'analyse prédictive et une préoccupation émergente pour une extension des volumes et des types de données à exploiter (par exemple celles qui sont issues des médias sociaux), qui se traduit par la progression des technologies telles que les bases de données en mémoire ou encore les concepts "big data" et autres systèmes "extrêmes" de traitement d'information.
  • Les interfaces homme-machine, dont le paysage reste contrasté. Ainsi, la reconnaissance vocale n'a toujours pas atteint la maturité, les mondes virtuels sont presque oubliés et les interfaces directes avec le cerveau restent une vision lointaine. A l'opposé, les exploits (très médiatisés) d'IBM Watson au jeu Jeopardy ont propulsé le traitement du langage naturel sur le devant de la scène et la reconnaissance de gestes devient crédible depuis le lancement de Kinect par Microsoft.
  • La "consumérisation" de l'informatique (introduction de technologies "grand public" dans la sphère professionnelle), qui occupe une position particulière puisqu'en voie de "rédemption", mais dans un mouvement d'adoption jugé extrêmement lent.
  • La "gamification" (utilisation de mécanismes de jeu dans des applications "sérieuses") devient "tendance", comme le confirme l'actualité récente, mais avec une perspective à long terme.

Sans dévoiler de grandes surprises, les analystes de Gartner concentrent dans cette synthèse des hype cycles la diversité des technologies émergentes susceptibles de transformer l'entreprise. Une bonne partie des innovations à venir trouvera son origine parmi celles-ci...

mercredi 10 août 2011

SmartyPig ajoute des promotions à l'épargne sur mobile

SmartyPig
Lancée en 2008 avec pour cible de faciliter l'épargne des consommateurs américains, SmartyPig n'a cessé depuis d'enrichir son offre. Après, par exemple, le lancement en fin d'année dernière d'une carte de paiement prépayée Mastercard, la startup annonce maintenant l'arrivée dans ses applications mobiles d'offres promotionnelles géolocalisées.

Le modèle d'origine de SmartyPig est extrêmement simple : il propose aux internautes de définir des objectifs d'épargne "concrets" (réaliser un voyage de rêve, organiser son mariage, acheter un iPad...), en se fondant sur l'idée sous-jacente, apparemment confirmée par diverses études, que cette "cristallisation" du but à atteindre est très positive pour la motivation.

La mise en œuvre effective du service n'est pas plus complexe. Lors de l'inscription, un compte d'épargne est ouvert (auprès d'une banque partenaire) au nom du participant et un virement périodique est mis en place vers ce compte. Quelques fonctions "sociales" viennent compléter ce taleau, avec, notamment, la possibilité de publier ses objectifs et les jalons atteints sur Facebook ou Twitter ou encore de faire appel à la générosité de ses amis sur les mêmes médias.

La carte prépayée, entièrement gratuite, introduite en novembre dernier ajoute deux avantages supplémentaires : d'une part, elle permet de "retirer" simplement les fonds disponibles sur le compte épargne et, d'autre part, en incluant des options de "cash back", elle donne la possibilité de compléter les économies réalisées via des dépenses quotidiennes. Ces "bonus" viennent en plus de ceux qui sont déjà offerts lorsque l'utilisateur convertit ses fonds, une fois son objectif atteint, en "bons cadeaux" d'un commerçant partenaire.

L'application mobile de SmartyPig (pour iPhone et Android) offre depuis le début de l'année un accès à toutes les fonctions existantes (consultation des transactions et du solde, virement exceptionnel sur le compte, contribution aux objectifs d'un ami...). Et la nouvelle version propose donc aux porteurs de la carte prépayée de découvrir les offres promotionnelles disponibles autour de leur position géographique.

Les recettes qu'applique SmartyPig sont simples mais ne semble pas handicaper son succès, au contraire. Il est tout de même étonnant que les banques ne soient pas plus empressées à répliquer ce modèle (un des rares exemples proches est celui d'OCBC), alors qu'elles ont tous les atouts en main pour le faire...

mardi 9 août 2011

Fifth Third s'inspire d'UPS pour le suivi des dépôts de cash

Fifth Third Bank
A l'heure où le dépôt de chèque via mobile se répand dans la banque de détail, les dépôts de fonds des entreprises sont encore (trop) souvent traités manuellement, avec leur lot de bordereaux imprimés et de feuilles Excel pour le suivi. La banque régionale américaine Fifth Third veut automatiser ces procédures et a adopté pour ce faire une approche directement inspirée des options de suivi, désormais standards, des transporteurs de colis.

Le nouveau système, baptisé DTS® ("Deposit Tracking System"), propose ainsi aux clients de l'établissement, notamment les chaînes de commerce de détail, de prendre en charge et suivre en temps réel leurs dépôts d'espèces, sur Internet, depuis l'enlèvement jusqu'à l'encaissement final.

En pratique, le responsable de chaque implantation va créer un bordereau électronique sur le site DTS®, dont il insèrera une copie (imprimée, malheureusement) dans son sac de dépôt. A partir de la prise en charge par le transporteur de fonds, toutes les étapes du traitement sont tracées en détail et accessibles à tout moment sur le même site (par les seuls personnels autorisés, naturellement). Les informations fournies comprennent, par exemple, l'identité de tous les intervenants impliqués.

L'objectif de ce nouveau service n'est pas uniquement d'informer les clients de leurs opérations, avec toute la transparence possible. Il va également aider les entreprises à détecter rapidement les incidents qui peuvent survenir et les traiter dans les plus brefs délais, sans avoir à attendre plusieurs jours de recevoir les rapports traditionnels.

De plus, Fifth Third affiche une forte volonté d'améliorer son efficacité en déterminant dès la création du bordereau les délais estimés de traitement, qui pourront donc être vérifiés par la suite. Des rapports de synthèse (plus de 60 types différents) sont par ailleurs mis à disposition des clients périodiquement, pour leur permettre de suivre la qualité des prestations réalisées.

L'introduction en 2011 d'un système de suivi "électronique" des dépôts peut sembler banale mais cette initiative reste pourtant une exception (sans être unique, cependant). L'innovation bancaire a encore du mal à atteindre la clientèle des entreprises et des professionnels...

lundi 8 août 2011

Brèves : Mastercard, ZestCash, ZashPay, Ingenico, Amazon, Layar

Cette nouvelle série de brèves est plutôt riche, quoique largement dominée par le secteur des paiements (encore une fois), mais j'essaie de rester concis sur chacune d'elles.

Mastercard
Dans le cadre de sa campagne "Priceless" d'offres spéciales à ses membres, Mastercard lance une action originale, mixant codes QR, géolocalisation et réseaux sociaux.

Concrètement, 20 sièges du stade historique (et démantelé en 2010) des Yankees (équipe locale de baseball) ont été dispersés dans la ville de New York. Sur chacun d'eux, un code QR (un type de code barre 2D) permet aux porteurs de carte Mastercard, par un simple "scan", de s'enregistrer ("check in") sur Facebook Places et ainsi participer à un tirage au sort pour gagner des places VIP pour une prochaine rencontre.


ZestCash
La jeune pousse ZestCash, brièvement évoquée dans ces colonnes il y a quelques mois, vient de bénéficier d'un nouveau tour d'investissement, apportant une dose de crédibilité supplémentaire à son modèle d'affaires.

Celui-ci, se positionne en concurrent des prêts par avance sur salaire, très répandus aux Etats-Unis, en proposant des conditions plus avantageuses que les taux usuriers généralement pratiqués dans le secteur, en raison des risques élevés de défaut.

Pour limiter ces risques, dans la lignée des initiatives de social scoring (voir par exemple le cas de Lenddo), ZestCash s'appuie sur la masse de données disponibles sur les consommateurs pour évaluer leur solidité financière, même lorsque les établissements "officiels" de scoring ne disposent pas d'information sur ces personnes, souvent non bancarisées.


ZashPay
Discrètement, ZashPay, la solution de paiement P2P (de "pair à pair") du fournisseur de progiciels bancaires Fiserv, est en train de s'imposer parmi les banques et credit unions américaine comme une alternative sérieuse à l'hégémonique PayPal.

Dernière en date, aux côtés de plus de 800 autres clients, BBVA Compass (filiale de la banque espagnole aux Etats-Unis) annonce son adoption sous le nom de "Simple Personal Payments". Rappelons que ZashPay est un service de transferts d'argent (par virement), ceux-ci étant réalisés en fournissant uniquement l'adresse mail ou le numéro de mobile du destinataire.


Ingenico
Les dons aux associations caritatives ont le vent en poupe parmi les nouvelles initiatives en cours au Royaume-Uni. Après le cas récent de "The Logic Group", Ingenico profite de la généralisation de son système dans la chaîne de restaurants Zizzi pour promouvoir son terminal de paiement acceptant les micro-dons (le montant est fixé à 20 pence), par un simple appui sur un bouton lors de la saisie du code PIN de la carte.


Amazon Web Service
Dans un registre plus technique, signalons les dernières nouveautés introduites dans l'offre Amazon Web Services, qui devraient lever quelques-unes des réticences des entreprises à adopter le "cloud" public.

Il s'agit tout d'abord de nouvelles solutions de connectivité : d'une part, l'extension à toutes les régions du monde du "Virtual Private Cloud" (jusqu'ici disponible uniquement aux Etats-Unis) et, d'autre part, la création d'une nouvelle option, "Direct Connect". La première permet aux entreprises de disposer d'un espace privé au sein des infrastructures d'Amazon, auxquelles elles peuvent se connecter par VPN (réseau privé virtuel). La seconde va encore plus loin en proposant, comme son nom l'indique, une connexion directe (par ligne dédiée) aux data centers d'Amazon. Outre la sécurité renforcée par ces deux offres, cette dernière procure également une meilleure garantie de performance.

Autre nouvelle d'importance, Amazon ajoute la fédération d'identité à sa gamme de services. Celle-ci permettra aux clients d'administrer les utilisateurs de ses application hébergées dans le cloud depuis leur solution interne de gestion des identités et des accès (IAM). Le nuage devient ainsi mieux intégré au système d'information de l'entreprise...


Layar
Terminons avec un appel à la créativité ! En 2009, ING Nederlands était, à ma connaissance, la première banque au monde à diffuser une application de localisation d'agences et de GABs sur mobile en réalité augmentée, basée sur la technologie de Layar.

Cette solution, largement copiée depuis, fonctionnait alors en combinant les informations de localisation et d'orientation du terminal. Dans sa prochaine version, Layar Vision proposera de déclencher l'affichage de contenus numériques par reconnaissance d'image (un imprimé, un objet...). Voilà certainement de quoi susciter de nouvelles idées !

dimanche 7 août 2011

Les GPUs de NVidia accélèrent les calculs de JP Morgan

NVidia Tesla
Le spécialiste des processeurs graphiques NVIDIA révèle quelques détails de l'utilisation de ses puces Tesla par JP Morgan, une des plus importantes banques d'investissement de la planète. Il ne s'agit certes pas du seul établissement à avoir fait le choix de GPUs ("Graphics Processing Unit" ou processeur graphique) pour optimiser ses besoins de calcul mais la portée de l'implémentation et les résultats affichés méritent de s'y attarder.

Fort logiquement, la technologie de NVidia est utilisée pour la valorisation des risques sur les produits dérivés, très consommatrice de puissance de calcul scientifique. La moitié de ces traitements, correspondant à plusieurs dizaines d'applications, est désormais réalisée sur des machines combinant processeurs ordinaires et GPUs.

Les gains annoncés sont énormes, puisque les nouveaux systèmes seraient 40 fois plus rapide tout en générant 80% d'économies sur les coûts de fonctionnement, par rapport aux anciens processeurs "classiques". Ces performances permettent à JP Morgan d'être confiante sur son objectif stratégique de réduction de 75% de ses coûts de gestion du risque en 3 ans, malgré la pression réglementaire croissante. De plus, ces économies sont pour une large part réalisée sur la consommation d'électricité, ce qui devrait donc aussi conduire à une réduction de l'empreinte environnementale de la banque.

Mais l'accélération des calculs constituent également un avantage concurrentiel, en facilitant l'exécution de traitements plus complexes et/ou plus fréquents ou encore en offrant l'opportunité de répondre à un client plus rapidement (lors de la fixation du prix d'un produit). La "qualité" de la gestion du risque devrait ainsi être tout autant améliorée.

Un autre facteur d'efficacité de l'implémentation de JP Morgan est le choix d'une infrastructure en "cloud" interne. Les machines, installées dans plusieurs de ses centres de production ("data centers"), sont fédérées dans une grille de calcul globale, accessible à toutes les applications qui en ont besoin. Grâce à cette approche, la banque peut afficher un taux d'utilisation record de 70% de ses GPUs...

Hormis dans quelques particuliers (par exemple des exigences fortes sur les temps de latence, domaine de prédilection des circuits FPGA), les processeurs graphiques sont en train de s'imposer pour tous les besoins de calcul à haute performance. La standardisation de l'architecture CUDA, facilitant le portage de librairies existantes par les développeurs, n'est certainement pas étrangère à ce succès.

vendredi 5 août 2011

Citizens Bank : les PME pilotent leurs dépenses

Citizens Financial Group
Pour aider les PME à mieux gérer les achats (par carte) de leurs collaborateurs, Citizens Financial Group lance "accessCARD Command", une solution sophistiquée de contrôle de dépenses. Elle est immédiatement disponible au sein de la plate-forme en ligne existante, sans frais supplémentaires, pour tous les clients des cartes commerciales de la banque.

Les responsables de PME disposent ainsi, aux côtés des classiques relevés de transactions et autres outils de suivi de leurs cartes, d'une palette d'options variées, comprenant notamment :
  • La mise en place d'autorisations et/ou de limites de dépenses, très précises, par carte, par zone géographique, par catégorie d'achat, par commerce...
  • La réception, par mail ou SMS, d'alertes sur les transactions effectuées ou "tentées", configurables sur les mêmes critères.
  • Le contrôle, selon les même modalités et les mêmes options, du montant global des dépenses de l'entreprise ou de budgets pré-déterminés, hebdomadaires ou mensuels.
  • La création de cartes virtuelles pour les achats en ligne, offrant les mêmes possibilités de contrôle.

Pour implémenter "accessCARD Command", Citizens s'est appuyée sur la technologie inControl de Mastercard, qui fournit tous les services nécessaires et qu'il ne restait donc plus à la banque qu'à intégrer dans ses applications en ligne. Cette solution est propsée depuis 4 ans par l'émetteur mais n'a étonnamment pas rencontré un grand succès, malgré son potentiel (un des rares cas connus est celui de Citi, pour sa clientèle de particuliers).

Après la récente initiative de Chase avec son application Jot pour iPhone (qui a l'avantage d'être mobile mais est loin d'être aussi riche sur le contrôle des dépenses), il semblerait que l'intérêt des banques américaines pour le segments des PME soit en hausse. Et il ne fait pas de doute que celles-ci apprécieront ces nouveaux services.