Contrairement à certaines banques qui croient trouver des solutions magiques à leurs déficiences historiques grâce à l'intelligence artificielle, Barclays facilite désormais l'accès des entrepreneurs au crédit hypothécaire, simplement en prenant mieux en compte la performance de leur société dans l'évaluation de leur fiabilité.
Alors que le Royaume-Uni compte aujourd'hui plus de 5 millions de compagnies – « limited », un peu l'équivalent des SARL françaises – enregistrées, il était temps de penser à leurs dirigeants et autres propriétaires ! La nouvelle offre, qui s'adresse donc à ces derniers, dès lors qu'ils détiennent au moins la moitié de leur firme, intègre maintenant dans ses critères d'éligibilité au prêt non seulement leur salaire mais également le bénéfice après impôt de cette dernière en proportion de leurs parts.
L'ajout est assorti d'une autre limitation, à savoir qu'il n'est retenu qu'à partir d'un seuil donné de revenus (totaux), relativement élevé puisqu'il est de 75 000 livres pour un emprunteur individuel et 100 000 livres pour une demande avec un co-emprunteur. Toujours est-il que l'initiative permettra à un nombre important de personnes de faire valoir un complément de rémunération, non versé mais bien réel, lors du dépôt de leur dossier, plus représentatif que les dividendes (qu'il remplace, le cas échéant).
Naturellement, comme dans tous les cas où les banques ajustent leurs pratiques de sélection à des non salariés, dont les rentrées d'argent sont, par essence, variables et imprévisibles, les règles mises en place reflètent une approche extrêmement prudente, qui peut paraître exagérée. Les restrictions imposées par Barclays s'inscrivent dans ce contexte et il est également facile d'imaginer que, sans qu'aucun détail ne soit fourni en la matière, les profits inclus dans les calculs sont pondérés sur plusieurs exercices.
Les méthodes sont diverses selon les cultures et les habitudes, mais la démarche de l'établissement britannique constitue le dernier exemple en date d'une longue lignée de projets menés par ses alter ego dans le monde entier afin de répondre à la transformation sociétale en cours, qui voit les entrepreneurs devenir rapidement une classe de population nombreuse et incontournable (mais aussi hétéroclite, soit dit en passant), pour laquelle la plupart des produits existants ne sont pas conçus.
Une course est donc engagée, d'abord autour des solutions dont les entreprises que ces individus fondent et dirigent ont besoin. Le développement de modèles de banque pour les professionnels depuis quelques années en est l'écho direct. Cette première phase étant dorénavant (plus ou moins) en cours de stabilisation, la prochaine étape consiste à appréhender les attentes des personnes qui se cachent derrière ces structures et sont à ce jour ignorées par les processus traditionnels des banques. Et il y a fort à faire !



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