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C'est pas mon idée !

lundi 22 août 2022

La révolution de l'assurance auto approche

Gouvernement UK
En quelques années, l'hypothèse de véhicules autonomes circulant sur la voie publique s'est muée d'un rêve de science-fiction en une réalité envisageable, entraînant avec elle toutes sortes de conséquences, notamment sur la notion d'assurance. En lançant un plan ambitieux en la matière, le gouvernement britannique fixe les futures règles du jeu.

Bien que nombre d'experts estiment que la maturité, au-delà des expérimentations actuelles, ne sera atteinte que dans plusieurs années, peut-être une décennie ou plus, le Royaume-Uni veut se préparer aux premiers déploiements à partir de 2023, pour des parcours sur autoroute sans intervention d'un conducteur (qui restera cependant requis, avec son permis, pour les autres artères), et vise le début de la généralisation pour 2025, notamment pour les livraisons et le transport public, sans humain au volant.

Un investissement de 100 millions de livres, dont un tiers sera consacré à la sécurité et à la réglementation, accompagne le projet. Et un de ses grands objectifs est justement d'améliorer la sûreté des routes dans le pays. Il est également question de faciliter les accès aux services vitaux qui, comme partout, tendent à disparaître des campagnes, ou encore de créer des milliers d'emplois. En revanche, les impacts environnementaux du transport individuel, positifs comme négatifs, sont totalement absents du débat.

Face à l'urgence imposée par le calendrier ainsi défini et alors qu'une consultation publique est organisée sur les orientations proposées pour la sécurité des véhicules autorisés (qui devront être au moins aussi performants qu'une personne compétente, prudente et attentive), quelques règles et principes fondamentaux sont d'ores et déjà établis. Le plus marquant est, évidemment, le transfert de la responsabilité vers les constructeurs durant les phases de pilotage autonome, qui sera inscrit dans la loi.

Sachant que dans la plupart des juridictions dans le monde, l'obligation d'assurance, quand elle existe, concerne uniquement la responsabilité du conducteur en cas d'accident, c'est une catégorie entière de produits qui disparaîtra, certes progressivement, avec l'arrivée des robots automobiles ! Les compagnies n'auront plus à couvrir, pour ceux qui le souhaitent et qu'il faudra donc convaincre, que les dommages, corporels ou matériels, subis quand une partie adverse n'est pas identifiée.

En remplacement, de nouvelles solutions devront être développées et commercialisées à l'intention des constructeurs. Non plus basées sur les risques d'un individu, celles-ci seront alors modélisées pour les voitures elles-mêmes, au sein desquelles les algorithmes mis en œuvre représenteront une composante critique, sans toutefois ignorer d'autres paramètres, tels que les politiques de mise à jour logicielle… Les actuaires auront du pain sur la planche pour changer leurs habitudes et leurs abaques centenaires.

Les compagnies qui ont commencé à prendre en compte dans leurs polices les capacités avancées d'assistance à la conduite offertes sur certains modèles auront certainement une longueur d'avance dans la transition qui va se jouer d'ici quelques années. Car il est nécessaire d'accumuler dès maintenant les données qui permettront de concevoir ces assurances de demain. Et il serait utile d'anticiper les répercussions sur la distribution, auprès des particuliers (libérés de toute obligation) et des géants de l'automobile.

Voiture Autonome

dimanche 21 août 2022

Comment la réunionite tue la productivité

Clockwise
Quiconque a travaillé dans une direction informatique (et il en est probablement de même dans d'autres départements) a déjà ressenti l'impression de perte de temps incommensurable en réunions. Le spécialiste de la gestion d'agenda Clockwise a analysé les usages de ses clients afin d'en vérifier la réalité… et les résultats sont édifiants.

Après avoir décortiqué quelques 1,5 millions d'événements dans les plannings de plus de 80 000 ingénieurs logiciels opérant dans 5 000 entreprises de toutes tailles, l'enquête révèle que chacun d'eux passe en moyenne près de 11 heures en réunions chaque semaine. Diverses études académiques ayant démontré qu'il faut environ 23 minutes pour reprendre sa concentration après une interruption, elle estime que leur période de pleine activité est de l'ordre de 19 heures, soit la moitié de leur temps de présence effectif.

Autre observation empirique définitivement confirmée par la mesure, les grands groupes sont plus fortement affectés par le phénomène que les petites structures. Entre l'excès de bureaucratie dont ils sont souvent victimes et les contraintes plus légitimes liées à une coordination plus complexe, leurs collaborateurs consacrent deux heures et demies de plus à des rencontres, au prix exorbitant de 5,6 heures supplémentaires de faible concentration (ce qui ne leur laisse que 17 heures véritablement productives).

Sans surprise, les managers se trouvent encore plus profondément confrontés au problème. Quel que soit leur niveau dans l'organisation (du chef de projet au directeur), ils participent à des réunions pendant la moitié de leur vie professionnelle, notamment en entretiens individuels avec leurs subordonnés, ce qui leur laisse à peine plus d'une dizaine d'heures à consacrer sérieusement aux autres tâches qui leur incombent, telles que motivation des équipes, pilotage d'initiatives prioritaires, décisions stratégiques…

Lorsqu'ils sont interrogés, ils se déclarent conscients des impacts sur leurs résultats du manque généralisé de séquences pendant lesquelles les employés peuvent vraiment focaliser leur attention, en termes d'efficacité opérationnelle (pour 90% d'entre eux), de rapidité de livraison des projets (80%) et, en perspective, de revenus pour l'entreprise (76%). Pourtant, en dépit de leur position qui leur procure une certaine latitude d'intervention, ils semblent démunis quant aux moyens de rectifier la situation.

Certes, il ne peut être question de supprimer entièrement les moments d'échange, extrêmement importants pour assurer un fonctionnement cohérent de l'organisation. Clockwise suggère cependant quelques pistes d'optimisation à explorer : la remise en question des innombrables rendez-vous récurrents qui se tiennent même quand rien de nouveau ne mérite d'être partagé (dont, par exemple, le « stand-up meeting » quotidien des méthodes agiles…), la promotion de la communication asynchrone en substitution aux calendriers rigides ou l'instauration d'une journée hebdomadaire sans réunion.

À une époque où elles connaissent d'immenses difficultés de recrutement, surtout dans les professions technologiques, les entreprises devraient certainement s'interroger sur la productivité de leurs effectifs en place et sur les opportunités de l'augmenter afin de pallier le déficit de compétences. Dans ce registre, la réunionite constitue certainement un facteur de premier plan et la mise en œuvre de quelques solutions simples devrait permettre de la réduire sensiblement. Encore faut-il vouloir changer ses habitudes !

Clockwise Benchmark

samedi 20 août 2022

Seedrs crée une communauté d'investisseurs

Seedrs
De nombreux fondateurs de startups ont désormais pris l'habitude de faire appel à l'investissement participatif lors de leurs premières recherches de financement, en complément du recours plus classique au capital-risque institutionnel. Forte de cette observation, la plate-forme britannique Seedrs veut maintenant rapprocher les deux modèles.

Dans cette perspective, elle vient de lancer un programme dédié, qui reprend une partie des principes des firmes de « venture capital », à l'exclusion notable, toutefois, de leur dimension de fonds. Il reste donc plutôt une sorte de club privé, réservé à quelques membres triés sur le volet pour leur compétence et leur expérience dans la création d'activité, leur expertise sectorielle, leur réseau de relations, leur influence… qu'ils mettent au service des porteurs de projets ayant choisi les prestations de Seedrs.

Concrètement, la mission de ces partenaires se répartit sur plusieurs volets. En amont, ils sont d'abord encouragés à soumettre la candidature des jeunes pousses qu'ils identifient au sein de leur cercle. En phase de développement, ils s'engagent ensuite à assurer un accompagnement et un support opérationnel des entrepreneurs, selon leur spécialité. Enfin, ils doivent également contribuer à promouvoir les campagnes de crowdfunding de leurs poulains, de manière à optimiser leurs chances de succès.

Seedrs Venture Partner Program

En contrepartie de leurs efforts, les membres du programme auront la satisfaction symbolique d'accroître leur visibilité, notamment à travers la participation à des événements publics, et de s'intégrer dans une communauté aux centres d'intérêt proches des leurs. Dans un registre plus pragmatique, ils bénéficieront d'un accès privilégié aux rondes d'investissement ainsi que d'une rémunération directe (au minimum de 1 500 livres sterling) pour chaque dossier dont ils aident à faire aboutir la levée de capitaux.

Plus d'une décennie après sa naissance et quelques mois après son acquisition par l'américaine Republic, Seedrs introduit une véritable innovation dans un domaine qui semblait s'être un peu endormi après ses débuts tonitruants (les 2 milliards de livres traités sur son site à ce jour ne paraissent d'ailleurs pas faramineux). Elle s'inscrit en outre dans une ouverture vers une offre de service enrichie et diversifiée, qui complète utilement un produit jusqu'alors (trop ?) focalisé sur les besoins financiers des startups.

vendredi 19 août 2022

USAA facilite l'accès à l'assurance décès

USAA
Afin de simplifier et accélérer son parcours de souscription en ligne d'assurance décès, l'américaine USAA vient de signer un partenariat avec le leader de l'agrégation de données de santé, Human API. Cette importante initiative doit lui permettre d'automatiser les processus de décision et de tarification pour une majorité de ses membres.

Dans un domaine de l'assurance généralement difficile à appréhender parce qu'il impose de se projeter dans les incertitudes de l'avenir, les couvertures contre le décès s'avèrent encore plus délicates à faire valoir auprès d'individus qui préfèrent ne pas penser à leur disparition pourtant inéluctable. Dans ces conditions, les compagnies qui les commercialisent ont le devoir impératif d'éliminer autant que possible les obstacles et les frictions, aussi minimes soient-ils, susceptibles d'ajouter un stress supplémentaire.

Et les opportunités d'optimisation ne manquent pas, tant les méthodes en vigueur dans le secteur regorgent de complexités dans toutes leurs dimensions ! Alors, quand quelques jeunes pousses s'attaquent, par exemple, à la pédagogie de communication en amont (DeadHappy) ou à la personnalisation des contrats selon les besoins réels (Anorak), USAA concentre désormais ses efforts sur le déroulement opérationnel de l'acte d'adhésion, qui est aujourd'hui à la fois (relativement) long et contraignant.

Comme avec tous les produits relatifs, de près ou de loin, à la santé, ce sont les questionnaires sans fin à remplir et les éventuelles visites médicales requises qui nuisent particulièrement à l'expérience utilisateur. Ce sont donc naturellement ces exigences que l'institution aborde maintenant d'une manière différente, en recourant aux informations que Human API lui fournit directement et quasiment en temps réel sur une grande partie des citoyens américains (avec leur consentement, faut-il espérer).

L'entreprise affirme disposer à ce jour de connexions avec plus de 30 000 sources distinctes (il ne faut pas oublier que l'industrie de la santé est extrêmement fragmentée aux États-Unis), dont elle facilite l'accès, dans le strict respect des contraintes réglementaires (notamment HIPAA), grâce à ses interfaces standardisées (sous la forme d'API, bien entendu), qui normalisent, consolident et, parfois, combinent ou enrichissent les données nécessaires aux traitements mis en œuvre par ses clients.

Les bénéfices du modèle d'agrégation de données, largement illustrés dans l'univers de la banque, sont tout aussi prometteurs dans celui de la santé. Par la sensibilité du sujet, il risque toutefois de soulever autant, voire plus, d'inquiétudes, surtout si la transparence des usages n'est pas absolue. Ainsi, dans le cas d'USAA, l'objectif de simplification des parcours semble parfaitement légitime (et louable) mais quelle garantie est offerte à ses membres que les algorithmes ne deviennent pas de la sorte plus discriminatoires ?

USAA Life Insurance

jeudi 18 août 2022

Pomelo, un compte familial sans frontière

Pomelo
Pour des millions d'immigrés qui partagent régulièrement leurs revenus avec leur famille restée dans leur pays d'origine, les méthodes traditionnelles de transferts d'argent internationaux représentent une lourde charge. Profitant de l'évolution globale des infrastructures de paiement, Pomelo a imaginé une approche radicalement nouvelle.

Le marché se mesure en milliards de dollars d'échanges annuels et il est en quelque sorte verrouillé par la nécessité pour une majorité des destinataires de collecter les sommes qui leur sont envoyées en espèces, historiquement le seul instrument universellement accepté dans les régions en voie de développement où ils habitent. Et avec un taux moyen de commissions de 6% sur ces mouvements, la facture est salée, sans parler des autres inconvénients, notamment sur les délais de traitement.

Or, comme l'a remarqué le fondateur de Pomelo avec son entourage (philippin), à la faveur, entre autres, de la crise sanitaire, l'usage de la carte s'est considérablement démocratisé, au moins dans les grandes agglomérations de ces pays émergents où elle était autrefois réservée aux touristes et aux quelques entreprises dont ils constituent la principale clientèle. Désormais, il devient possible d'y vivre sans espèces, tandis que la forte progression du commerce électronique stimule également son adoption.

Cette tendance majeure réduit drastiquement l'avantage concurrentiel des opérateurs classiques (Western Union et consorts) et ouvre naturellement des opportunités extraordinaires, même si celles-ci ne peuvent pour l'instant concerner l'ensemble des populations considérées, en particulier rurales. Pomelo, qui vient d'ouvrir son premier couloir entre les États-Unis et les Philippines, porte justement l'ambition de participer à la révolution autorisée par la modernisation technologique qui touche le monde entier.

Love Pomelo

Son idée consiste à éliminer l'opération de transfert et à la remplacer par un accès direct, contrôlé, aux fonds de l'émetteur, via un compte commun. Concrètement, le résident américain, une fois inscrit, se voit attribuer une carte à débit différé (« charge card » dans le jargon local) assortie d'une ligne de crédit (jusqu'à 1 000 dollars, selon qualification). En parallèle, il invite jusqu'à 3 personnes (aux Philippines) qui recevront aussi une carte, virtuelle (pour les paiements en ligne) et physique, adossée à la sienne.

Outre le suivi des opérations, une application mobile permet de fixer les conditions d'utilisation pour chaque participant : le montant maximal, bien sûr, mais aussi, si nécessaire, les limitations sur les achats acceptables (par exemple une exclusion sur les jeux d'argent). Le détenteur a en outre la faculté d'activer une option d'urgence, grâce à laquelle le bénéficiaire peut exceptionnellement dépasser le plafond qu'il lui a alloué. Et, dans tous les cas, il règle le solde dû, pour tous les porteurs, à chaque fin de mois.

La jeune pousse promet l'absence totale de frais sur les transactions (rien n'est dit sur le taux de change appliqué, si ce n'est qu'il serait compétitif) et affirme que son modèle économique repose sur la perception des commissions d'interchange versées sur chaque paiement, reportant ainsi sa charge sur les marchands. Comme je l'évoquais récemment, ce principe a priori séduisant paraît difficilement viable et un surcoût pourrait être introduit à terme. Rien de comparable, toutefois, avec les pratiques en vigueur aujourd'hui.

Il faut encore ajouter à ce panorama une caractéristique extrêmement importante outre-Atlantique. En effet, le fonctionnement de la carte, assimilable à un prêt de courte durée, contribue à enrichir le score de crédit de son propriétaire, qui voit donc sa réputation croître grâce à ses envois d'argent à ses proches et peut espérer, en conséquence, accélérer son inclusion dans le système financier sans changer ses habitudes.

Contrairement au segment des virements interbancaires (où sévit Wise), celui que vise Pomelo est beaucoup moins sujet à l'innovation et à la disruption. Les quelques initiatives lancées par les spécialistes en place ont surtout pour objectif d'étendre leur périmètre d'activité mais ne touchent jamais vraiment au cœur de leur métier si lucratif. Heureusement, la transformation « digitale » commence à marquer de son empreinte les pays en développement et ouvre la voie à une remise en question du statu quo.

mercredi 17 août 2022

BBVA, le bien-être financier et la voiture…

BBVA
Outil indispensable de la vie quotidienne pour une immense majorité des consommateurs (dans les pays développés), l'automobile constitue également un de leurs principaux postes de dépense, trop souvent sous-évalué, voire oublié. Voilà pourquoi BBVA lui consacre dorénavant un module dédié au sein de son application mobile (en Espagne).

Inscrite dans la stratégie de la banque autour du pilotage des finances personnelles à 360°, la nouvelle fonction (optionnelle, bien entendu) invite d'abord l'utilisateur à fournir les caractéristiques de son (ou ses) véhicules(s) – marque et modèle, âge, puissance, énergie… – ainsi qu'une estimation du kilométrage annuel réalisé. À partir de ces informations, le logiciel détermine la valeur approximative du parc détenu et sa dépréciation depuis son acquisition, qui sont alors enregistrées dans son patrimoine.

En complément, une analyse de l'historique de transactions bancaires permet d'identifier tous les frais engagés pour la voiture et établit de la sorte le budget correspondant, qui est ensuite mis en exergue dans la plate-forme. À cette perspective pécuniaire, vient encore s'ajouter une indispensable mesure des émissions de gaz à effet de serre engendrées à la fois par la possession de l'engin et par les déplacements effectués (pour les clients ayant préalablement activé l'option de suivi sur leurs opérations).

Les relevés fournis s'accompagnent de recommandations adaptées, destinées aussi bien à réduire les coûts qu'à améliorer le bilan environnemental du foyer. Apparemment reprises de la solution spécialisée Valora Coches lancée par la banque en 2020, elles comprennent par exemple un comparatif, économique et écologique, avec un modèle électrique, pour ceux qui envisageraient d'abandonner le moteur à combustion, et une simulation des gains possibles avec une carte de paiement co-brandée avec Repsol.

BBVA – Mis Coches

En dépit de son périmètre restreint, l'initiative de BBVA s'avère extrêmement pertinente, à plus d'un titre. En premier lieu, un domaine tel que l'automobile est relativement simple à circonscrire, pour les objectifs retenus : non seulement les caractéristiques de l'objet sont faciles à collecter mais, en outre, les dépenses afférentes sont elles-mêmes assez simples à isoler. L'ensemble procure donc un socle solide pour élaborer un panorama précis et exhaustif de sa contribution à la situation financière d'un ménage.

Surtout, il s'agit d'un segment aux nombreux angles morts, du point de vue du porte-monnaie, particulièrement critiques en période d'inflation. Combien d'automobilistes perçoivent le véritable coût de leur précieuse machine, alors qu'ils tendent à calculer le prix d'un voyage sur la seule base du carburant consommé (et, peut-être, des péages autoroutiers), en omettant l'amortissement de l'achat, l'entretien, les réparations, les taxes, l'assurance…? Prendre conscience de cette réalité peut agir comme un révélateur.

Entre ce choc de transparence, les enjeux de bien-être financier et l'importance croissante des défis environnementaux pour les usagers, la démarche de BBVA prend immédiatement une place parmi les plus séduisantes en matière d'accompagnement concret de ses clients. Il reste à espérer que l'habitation, autre gros sujet de préoccupation pour tout le monde, et qui dispose déjà d'un embryon de solution similaire, sur sa dimension patrimoniale, bénéficie du même traitement sur son budget.

mardi 16 août 2022

Travelex inaugure le clic&retrait de devises

Travelex
Aux nombreux voyageurs qui préfèrent disposer d'une réserve (minimale) d'espèces lors de leurs déplacements à l'étranger le spécialiste du change Travelex fournit désormais une nouvelle option, d'abord dans un terminal de Heathrow, avant une extension au reste de l'aéroport, puis en Australie et, à terme, aux quatre coins de la planète.

Directement inspirée par la tendance (ancienne) vers la dématérialisation des retraits sur les automates bancaires, la fonction « Click and Collect » propose, comme son nom l'indique, de passer commande des devises nécessaires sur le site web de l'entreprise puis de récupérer le montant demandé sur le distributeur désigné. Seul l'achat d'euros et de dollars, réglé en livres sterling, est supporté à ce stade mais cette limitation aussi sera progressivement levée au fur et à mesure du développement du système.

D'un point de vue pratique, l'utilisateur procède à une opération classique sur la plate-forme en ligne de Travelex et se voit maintenant proposer le nouveau choix, sans aucun frais supplémentaire, en sus des actuelles livraisons à domicile (payantes) et collectes en point de vente. Par sécurité, il doit alors sélectionner le lieu et la date (une période de battement de 72 heures étant prévue) souhaités pour son retrait. Lorsqu'il se présente devant l'appareil retenu, il lui suffit de saisir la référence de son ordre, sa date de naissance et un code secret – transmis par SMS – pour obtenir les billets désirés.

Travelex – ATM Click & Collect

Travelex ne manque pas de souligner les avantages de son initiative, entre le coût réduit de l'accès aux devises et la disponibilité permanente des automates, quelle que soit l'heure du vol à prendre, en passant par l'absence de contacts avec un agent, dont on perçoit bien que leur avenir et celui des bureaux de change traditionnels sont plutôt bouchés. Il faudrait encore ajouter la sérénité d'un taux de conversion fixé par avance… et présenté comme compétitif… ce que démentent toutefois les exemples affichés.

Il n'en reste pas moins que ce dernier argument portera certainement auprès des consommateurs éclairés, qui veulent éviter les charges opaques et exorbitantes généralement imputées sur les transactions en devises réalisées sur les distributeurs des aéroports, tout en conservant le même mode de fonctionnement pratique et rapide et en s'évitant notamment un déplacement dans l'agence de leur banque.

Pour Travelex, qui pourrait sembler être perdante sur les opérations normales conduites sur son réseau de GAB (900 dans le monde), le « Click & Collect » est probablement appréhendé comme un complément permettant d'en maximiser les usages, moyennant une répartition relativement naturelle entre des retraits de petits montants, afin de faire face aux dépenses immédiates, et ceux d'un niveau plus conséquent (entre 50 et 800 euros ou leur équivalent), destinés à couvrir l'ensemble des faux frais d'un séjour.

lundi 15 août 2022

Le trading social, toujours vivant

Vantage
Une douzaine d'années après sa naissance et, incidemment, le lancement d'une des premières initiatives du genre (par eToro), le spécialiste international du trading en ligne Vantage présentait récemment sa propre plate-forme sociale, au Royaume-Uni, directement calquée sur les multiples références existantes sur ce thème.

Le fonctionnement de « V Social » ne comporte donc aucune surprise. D'un côté, les professionnels et autres amateurs aguerris des marchés sont invités à partager leurs connaissances et leur expertise avec la communauté, en donnant une visibilité publique à leurs transactions et/ou en publiant leurs avis et commentaires. De l'autre, les débutants et tous ceux qui recherchent de l'inspiration accèdent à ces contenus, posent des questions… et peuvent répliquer automatiquement les stratégies qui les intéressent.

Les motivations de Vantage à travers cet ajout sont également classiques. La possibilité de mettre en avant des utilisateurs aux performances reconnues est d'abord un facteur de confiance pour les nouveaux clients, puis un moteur d'engagement, susceptible d'encourager plus d'activité sur le site (donc plus de commissions), et, enfin, un motif de rétention pour les habitués à « suivre » telle ou telle « star ». Les contributeurs, eux, y gagnent notoriété, reconnaissance… et une part des revenus qu'ils stimulent.

Vantage – They copy, you earn

Avec, par exemple, l'actualité d'une autre jeune pousse, Shares, qui vise à en développer le principe en Europe (sous une forme légèrement simplifiée), il semblerait qu'un retour en vogue se dessine actuellement pour le trading social, longtemps après ses débuts prometteurs et l'engouement qu'il suscitait alors brièvement. La tendance paraît assez inexplicable, rien ne permettant de percevoir que le succès est au rendez-vous. Certes, eToro, qui reste résolument positionnée sur le créneau, se porte plutôt bien (apparemment)… mais est-ce vraiment dû à cet aspect de son offre ?

Je propose une théorie pour expliquer ce phénomène irrationnel de modes récurrentes (dont les archives regorgent). Tout part d'une idée presque évidente, de celles qui séduisent immédiatement par leur seul énoncé, mais qui, une fois mise en œuvre, ne parvient jamais à trouver son public, quelle que soit la qualité de l'exécution. Elle disparaît donc peu à peu et finit plus ou moins dans l'oubli… jusqu'à ce que, une décennie plus tard, environ, le cycle reprenne avec la génération suivante d'innovateurs, persuadés qu'ils réussiront mieux que leurs aînés, sans même étudier les raisons de leur échec.

Conclusion : il est toujours bon (indispensable ?) d'effectuer une recherche et une analyse approfondies des antécédents avant de se lancer dans l'inconnu (supposé).

dimanche 14 août 2022

Quand les banques investissent dans le low-code

Genesis Global
Encore réservé à quelques niches d'activité, le développement logiciel sans code (« no-code ») ou presque (« low-code ») attire sérieusement l'attention des institutions financières. La récente prise de participation de trois grands noms de Wall Street dans Genesis Global illustre la dimension stratégique que le mouvement est en train de prendre.

Entre besoins quasiment infinis dans une industrie qui dépend toujours plus des technologies et tensions sur le marché des talents, il est évident que les solutions susceptibles d'accroître la productivité des informaticiens, voire de permettre à des non professionnels de créer des applications complètes, ont de quoi faire rêver, même si les réticences persistent largement à leur adoption dans des domaines critiques. Leur niveau de performance et leur maturité laissent désormais entrevoir un point d'inflexion.

Le financement, à hauteur de 20 millions de dollars, qu'apportent Bank of America, BNY Mellon et Citi à Genesis Global constitue un des signaux de cette évolution en cours, confirmée, en outre, par la volonté concomitante clairement affichée des trois établissements de renforcer de la sorte leur collaboration opérationnelle avec la jeune pousse, afin, notamment, d'accélérer leurs démarches d'innovation et mieux répondre aux attentes de leurs clients, dans les métiers de banque commerciale et d'investissement.

Mais, au fait, pourquoi ce choix de Genesis Global ? L'entreprise possède un atout essentiel par rapport aux leaders, pourtant déjà bien implantés, de son marché : elle s'est fortement spécialisée sur le secteur spécifique de ces acteurs. Présentée comme un couteau suisse, capable aussi bien de remplacer (avantageusement) des macros Excel complexes que de générer des applications de trading ultra-sensibles, sa plate-forme est pré-intégrée avec les outils standards en vigueur dans l'univers de la finance.

Accueil Genesis Global

Cependant, derrière cette supériorité indéniable, l'insistance des uns et des autres à souligner la possibilité de développer facilement et rapidement des solutions riches s'appuyant sur les socles historiques (le « legacy ») de la banque, grâce aux connecteurs disponibles, soulève une certaine inquiétude. En effet, le risque est immense, dans ces circonstances, de multiplier les adhérences avec des couches logicielles déjà obsolètes, qui deviendront ainsi de plus en plus difficiles à remplacer.

Il faudrait envisager une remise à plat de l'architecture globale du système d'information, et, en particulier, de ses mécanismes d'isolation logique, de manière à écarter le danger. Malheureusement, la tâche est extrêmement ardue, elle requiert une expertise de haute volée et une parfaite connaissance de l'existant : les nouveaux adeptes du « low-code » assumeront-ils l'effort nécessaire (en auront-ils simplement les moyens)… ou se contenteront-ils d'une approche superficielle, quitte à hypothéquer leur avenir ?

samedi 13 août 2022

Les technologies à surveiller selon Gartner

Gartner
Comme chaque année, le cabinet Gartner présente ces jours-ci sa sélection des technologies émergentes les plus transformatives pour l'avenir. Cette édition 2022 se concentre sur deux tendances majeures, radicalement différentes : les expériences immersives et les outils dédiés à la production de solutions, d'intelligence artificielle ou autres.

Le premier constat que suscite ce nouveau « hype cycle » générique, destiné à synthétiser l'analyse de plus de 2 000 domaines détaillés, est la poursuite d'un mouvement engagé depuis plusieurs années vers l'amont de la courbe, c'est-à-dire sur sa partie la plus sensible au battage publicitaire et la plus lointaine dans le temps, à l'exclusion totale des technologies susceptibles de se rapprocher de la maturité et d'une éventuelle généralisation (en entreprises) à un horizon visible, sinon certain.

Selon ce point de vue, le positionnement proéminent des expériences immersives ne constitue guère une surprise, puisqu'il s'agit de la grande mode du moment, qu'elle soient abordées comme un tout ou par l'intermédiaire de leurs composantes individuelles (NFT, identité décentralisée, web3, métavers, jumeau numérique…). Le choix interroge toutefois sur les arguments objectifs sous-jacents des analystes, par exemple avec les NFT, dont il est difficile de percevoir la valeur technologique, quoi qu'on en pense par ailleurs.

La combinaison proposée donne tout de même du grain à moudre, entre, par exemple, la perspective lointaine, à plus de 10 ans, sur les métavers (ce qui devrait laisser le temps de préparer leur éventuel avènement) et les opportunités indépendantes non précisées sur certaines technologies (l'identité décentralisée, notamment), en passant par le rattachement des super-apps à cette notion d'expérience immersive, qui leur ouvre un vaste potentiel face aux polémiques dont leur viabilité fait l'objet aujourd'hui.

Gartner Hype Cycle for Emerging Technologies 2022

La deuxième thématique retenue par Gartner est plus étonnante… mais elle répond à une logique indiscutable, puisqu'elle intervient à l'intersection entre la complexité croissante de l'informatique, des besoins en progression constante et une pénurie de talents de plus en plus critique. Faute de professionnels capables de concevoir et programmer les applications nécessaires au fonctionnement du monde contemporain, les technologies qui facilitent ou accélèrent ces tâches sont appelées à devenir stratégiques.

L'intelligence artificielle, omniprésente dans le « hype cycle » depuis des années, offre une illustration exacerbée de cette évolution, puisque, dorénavant, elle ressort exclusivement par des approches qu'on pourrait qualifier de « méta-IA », ou l'utilisation de l'IA pour le développement, la mise au point et le déploiement automatiques des modèles requis dans d'innombrables produits (plutôt semi-automatiques, dans les faits, l'humain étant cependant assigné à un autre rôle que celui, central, qu'il assume à ce jour).

La même dynamique affecte toutes les disciplines, telles que l'infonuagique, où elle est aussi particulièrement à l'œuvre. D'une certaine manière, elle me semble inquiétante pour les organisations traditionnelles, où l'isolation, déjà dangereusement forte, entre métier et informatique risque de s'accroître encore, au détriment de la prise en compte du client et de ses attentes dans l'ensemble des activités, ce qui pourrait s'avérer dramatique dans l'hypothèse de la transition annoncée vers les environnements immersifs…