C'est pas mon idée !

lundi 8 août 2022

Une super-app pour la banque ?

WeChat
Depuis le succès des super-apps des dragons chinois, WeChat en tête, la fantasme d'une déclinaison du modèle dans les pays occidentaux perdure. Mais, comme l'explique Ron Shevlin dans un article pour Forbes, le contexte est trop différent pour que la greffe prenne. Le concept pourrait toutefois inspirer une indispensable évolution.

Sans conteste, si on s'en tient à une définition stricte, la possibilité de créer un écosystème au sein duquel une multitude de micro-applications sont accessibles instantanément est plus adaptée à une population équipée de téléphones relativement peu puissants qu'aux consommateurs américains ou européens possédant les smartphones de dernière génération, sur lesquels ils installent une myriade de logiciels offrant toutes les fonctions imaginables… y compris celles qu'ils n'utiliseront jamais.

Selon cette perspective, les tentatives de divers acteurs, dont ceux de la finance, de ré-agréger une palette de services, couvrant des domaines plus ou moins étendus, au sein de leur environnement ne sont pas assimilables à des super-apps et n'ont, en outre, que peu de chances de séduire leur cible tant la seule juxtaposition, souvent artificielle, de quelques outils ne constitue pas une proposition de valeur convaincante.

Pour autant, quand Ron évoque la réalité des usages modernes, décrivant, par exemple, comment les jeunes de la génération Z jonglent aujourd'hui fréquemment avec 25 à 40 relations avec des fournisseurs différents de solutions financières, ces individus préfèrent certainement sélectionner la meilleure en fonction de chacun de leurs besoins… mais cela n'exclut pas l'opportunité de leur offrir une expérience utilisateur mieux intégrée.

Accueil WeChat

Face au rejet des approches auto-centrées des grands groupes et autres géants technologiques, qui visent avant tout à développer leurs marchés, il existe vraisemblablement une demande implicite pour une simplification de la gestion de l'argent, procurant une vision à 360° et facilitant les mouvements entre les multiples services adoptés. Les mobinautes se sont peut-être habitués à naviguer entre 25 à 40 applications hétéroclites mais rejetteraient-ils une sorte de tour de contrôle universelle qui les aiderait à piloter leurs finances personnelles depuis une application unique ?

Bien sûr, il n'est plus ici question de super-app et nous pénétrons sur le territoire de la « plate-forme ». La mise en œuvre technique est radicalement différente, le recours aux API autorisant une intégration plus profonde que ne permettra jamais l'incorporation au niveau de l'interface graphique. Cependant, l'ambition fondamentale reste identique : il s'agit de délivrer aux consommateurs la meilleure expérience possible, fluide, rapide, personnalisée et, idéalement, ouverte sur un accompagnement de proximité.

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