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C'est pas mon idée !

mercredi 31 décembre 2025

CaixaBank croit au paiement fractionné

CaixaBank
Décidément, CaixaBank devient inconditionnelle du paiement fractionné : elle en présente sa troisième variante, dédiée à sa place de marché Facilitea, et elle profite de l'occasion pour lui ajouter quelques avantages supplémentaires. Cependant, cette multiplication des options de financement soulève la question de leur suivi…

Outre les classiques cartes de crédit, l'institution espagnole propose depuis quelques temps une facilité de règlement en plusieurs échéances (gratuite ou payante selon la durée), complétée depuis cette année avec une intégration au sein du porte-monnaie mobile Apple Pay, après que la marque à la pomme ait abandonné ses ambitions directes en la matière. La dernière née est réservée aux clients de l'établissement qui font leurs emplettes dans la boutique en ligne associée à son portail de l'immobilier.

Strictement limitée à une solution de paiement en quatre mensualités sans frais et sans intérêts accessible uniquement à ceux qui ont domicilié leurs revenus auprès de la banque, l'offre introduit un « cashback » de 5 à 10% sur les achats concernés. Dans une pure logique de fidélisation réminiscente de la carte de crédit, le niveau le plus haut est réservé à certains produits et assorti de conditions spécifiques, en termes de solde du compte courant ainsi que de montant de dépôts et de dépenses récurrents.

La démarche de CaixaBank laisse entrevoir que la pression de la concurrence de nouveaux entrants, tels que Klarna, la conduit à chercher par tous les moyens à reprendre le contrôle sur une ligne d'activité où ses méthodes traditionnelles (la carte de crédit, en particulier) ne sont plus aussi efficaces qu'autrefois et où elle peine à s'aligner sur les standards émergents. Et, dans ce contexte, le choix d'une riposte défensive par la concession d'avantages pécuniaires reflète un certain manque d'imagination.

CaixaBank – Facilitea BNPL

Dans un registre différent, l'initiative m'incite surtout à me préoccuper des consommateurs qui succombent aux sirènes de ces propositions de financement. J'ai déjà eu l'occasion de souligner combien il serait important de les accompagner d'une assistance sérieuse au bien-être financier, permettant, a minima, de s'assurer que l'emprunteur se trouve dans une position d'assumer ses futurs remboursements et, idéalement, de prendre soin de lui éviter un stress inutile avec ses engagements.

Avec la prolifération de solutions en tout genre, issues de fournisseurs divers et variés, chacune avec ses propres modalités de fonctionnement, il devient maintenant critique de procurer aussi aux usagers les moyens de consolider une vision globale de leurs finances personnelles. À défaut, ils seront contraints de jongler en permanence entre leurs multiples obligations et perdront potentiellement toute capacité à anticiper l'avenir. Les outils de PFM, tombés en désuétude, mériteraient de revenir au premier plan…

mardi 30 décembre 2025

Drôle d'idée pour encourager l'investissement

FCA
Le régulateur de la finance britannique n'a jamais manqué d'imagination pour encourager l'industrie à mieux servir ses clients. Mais il peut également commettre des erreurs stratégiques… et je pense que ce « support ciblé » qu'il souhaite lancer au printemps prochain en fait partie, ne serait-ce qu'en raison de son anachronisme.

Le diagnostic initial est incontestable et résonnera chez les responsables de tous les pays développés. Une part importante des citoyens de la classe moyenne possèdent une épargne significative (la FCA cite notamment les plus de 7 millions de personnes au Royaume-Uni disposant d'au moins 10 000 livres sterling)… sans profiter de toutes les opportunités qu'elle est susceptible de leur offrir, parce qu'ils laissent leur argent dormir sur un compte courant ou sur un compte à intérêt fixe présumé sans risque.

Le principal frein au recours à des instruments plus performants (sur le long terme) étant le manque de connaissances et d'accompagnement, l'idée qui vient naturellement consiste à développer les démarches de conseil de la part des professionnels. En conséquence, la FCA propose donc d'autoriser la promotion de l'investissement – y compris pour les plans de retraite – par segment de clientèle, sans l'obligation existante de procéder à une analyse complète et individualisée de la situation de chacun.

Inscrit dans la logique du « devoir au consommateur » (« consumer duty »), le mécanisme devrait être strictement encadré, jusque dans la définition des clauses contractuelles qui devront être transmises aux intéressés et dans les contraintes imposées de garantir que les recommandations formulées vont dans le sens de l'intérêt du client, lui permettant d'atteindre une meilleure position. Des consultations sont encore en cours afin de finaliser d'autres évolutions destinées à peaufiner ces exigences.

FCA Targeted Support

Je peux certes comprendre le raisonnement du régulateur, qui constate un déficit dramatique d'assistance financière (elle concerne une personne sur dix), explicable par le coût qu'elle représente, sans aucun espoir de rentabilité avec les approches traditionnelles, et qui conduit de plus en plus fréquemment ceux qui ont un pécule à se tourner vers leurs proches ou vers les réseaux sociaux pour obtenir l'aide qu'ils désirent, avec tous les risques que comportent ces options – totalement hors de contrôle.

Pour autant, la solution retenue me paraît en complet décalage par rapport aux besoins… et à ce qui est possible aujourd'hui. En effet, les réticents à l'investissement expriment plus ou moins explicitement leur attente d'être pris par la main, qui ne sera évidemment pas satisfaite par des suggestions indifférenciées (dont, de surcroît, la frontière avec des campagnes marketing sera ténue et, de ce fait, inspireront d'autant moins confiance). Surtout, les technologies modernes permettraient de renverser le problème : au lieu d'accepter un conseil standardisé, la FCA serait plus inspirée de stimuler les progrès autour de l'ultra-personnalisation de la relation « digitale ».

lundi 29 décembre 2025

Aventur, le conseil financier dopé à l'IA

Aventur
Aventur rejoint le bac à sable dédié à l'intelligence artificielle du régulateur britannique afin de développer sa solution de conseil financier automatisé, destinée tout autant aux consommateurs désireux de reprendre le contrôle sur leur argent et aux institutions qui peinent à se conformer aux exigences réglementaires en la matière.

Pour le grand public, la proposition ressemble à celle qu'on a désormais pris l'habitude de rencontrer chez les acteurs de l'investissement robotisé : le visiteur commence par décrire (rapidement) sa situation puis à expliciter ses grands objectifs de vie, il se voit alors préconiser une stratégie afin de les atteindre. La particularité ici tient à une perspective plus large que celle de la concurrence, qui semble sous-tendue par une véritable ambition d'accompagnement personnalisé vers un avenir meilleur.

Ainsi, il n'est pas seulement question de proposer des plans plus ou moins standardisés pour anticiper une future retraite ou en vue d'acquérir une résidence. Outre ces classiques, Aventur se préoccupe également de la constitution d'une réserve d'urgence – première étape avant tout projet un tant soit peu ambitieux –, de protection contre les accidents de l'existence, de transmission aux héritiers… Chaque domaine requiert potentiellement une approche spécifique, dans une cohérence d'ensemble.

Aux banques, la jeune pousse promet avec son produit de les aider à respecter leur devoir aux consommateurs (« consumer duty »), en vigueur depuis maintenant deux ans, d'une part grâce au niveau de conseil qu'il est effectivement capable de procurer mais également par sa garantie d'explicabilité, qui conserve la trace des « raisonnements » mis en œuvre par ses algorithmes lors de la transformation d'un contexte et d'un besoin en une série de recommandations opérationnelles.

Accueil Aventur

La démarche d'Aventur n'est pas aussi extensive qu'elle le devrait dans sa mission d'assistance au bien-être financier. Elle mériterait, par exemple, de prendre en compte les problématiques d'endettement et, à l'extrême, le suivi et la maîtrise des dépenses du quotidien… qui, de toute évidence, conditionnent aussi la capacité à épargner. Mais, en attendant qu'elle complète son périmètre d'action, elle s'avèrera certainement plus pertinente et efficace que des collaborateurs formés uniquement à la vente.

Là est justement tout l'enjeu du texte qui impose aux acteurs de la finance au Royaume-Uni de s'assurer que leurs conseils sont réellement adaptés aux besoins et aux demandes de leurs clients. Dans un monde où la relation est de plus en plus dématérialisée, il n'est plus envisageable de compter sur quelques experts pour remplir cette obligation : ceux qui subsistent se chargeront des cas les plus complexes tandis que des outils automatiques – à base d'IA ou non – prendront soin (vraiment) des plus élémentaires, sans sacrifier la qualité et donc sans négliger leur devoir.

dimanche 28 décembre 2025

L'IA sait-elle vraiment coder ?

CodeRabbit
La programmation logicielle est aujourd'hui un des domaines où le recours à l'intelligence artificielle générative est le plus courant et considéré le plus productif. Pourtant, une étude, certes imparfaite, du fournisseur de solutions de revue de code informatique CodeRabbit inciterait à relativiser son efficacité, en particulier en termes de qualité.

Pour beaucoup d'entreprises, l'IA est devenue une réalité incontournable d'abord et avant tout dans leur direction des systèmes d'information, où elle permet aux débutants de développer des applications plus rapidement et aux collaborateurs plus expérimentés de se concentrer sur les algorithmes les plus complexes. Avec ce qu'on nomme désormais le « vibe coding », encore rare mais qui se propage rapidement, elle offre même la possibilité à ceux qui ignorent tout du métier de créer des logiciels.

Malheureusement, alors qu'on imagine aisément (moi le premier) que la nature mathématique de la discipline se prête idéalement à son automatisation, l'analyse par CodeRabbit d'un échantillon de sources en licence libre révèle que les modules écrits avec l'assistance de l'IA (selon les déclarations volontaires des contributeurs impliqués) comportent beaucoup plus d'erreurs que ceux qui sont composés exclusivement par des humains, 70% de plus pour être précis, dans tous les registres considérés.

Au-delà du nombre, les anomalies introduites avec l'intelligence artificielle s'avèrent également plus critiques. Et quand on découvre que, outre les problèmes de logique, de maintenabilité, de performance…, les failles de sécurité prolifèrent – mauvaise gestion des mots de passe multipliée par presque deux, tout comme certains défauts techniques classiques, vulnérabilité bien connues de type « cross-site scripting » multipliées par trois… –, la circonspection et la prudence semblent de mise.

Ces résultats donnent d'autant plus à réfléchir que les perceptions de gains de temps grâce aux outils d'assistance semblent aussi démenties par la réalité. Une expérimentation scientifique aurait ainsi démontré que les professionnels estimant avoir travaillé 20% plus rapidement avec l'IA sont en fait plus lents d'autant, en moyenne. Une fois intégrée la durée nécessaire aux contrôles et aux corrections des bogues, sans même parler de ceux qui traverseront les mailles du filet, le bilan devient très négatif.

L'évolution augure mal de l'avenir du logiciel. Entre la liberté de création que procure l'intelligence artificielle, la propension historique des équipes à négliger les tests (et, parfois, à ne pas savoir les organiser correctement) et la tendance à accorder une confiance aveugle à la machine, la multiplication des incidents pourrait déboucher sur des crises majeures, soit à cause de défaillances directes, soit par l'exploitation malicieuse des faiblesses non détectées… qui, elle, est en croissance exponentielle.

Bogue Logiciel

vendredi 26 décembre 2025

Les mystifications du président de la FBF

Fédération Bancaire Française
À l'occasion de cette fin d'année, Daniel Baal, président du Crédit Mutuel et (pour une année) de la Fédération Bancaire Française, se prête à l'exercice de la grande interview avec la Revue Banque. Officiellement titrée sur une logique de « quatre vérités », j'y perçois plutôt une invraisemblable et consternante opération de mystification.

Je ne m'attarderai que sur deux des thématiques abordées dans l'entretien, particulièrement riche (et où, heureusement, tout ne relève pas de contre-vérités) : les monnaies « digitales » de banque centrale et la réglementation européenne dite FIDA, en préparation, sur l'ouverture des données financières au-delà de la vague initiale de la DSP2. Elles révèlent les grandes inquiétudes de l'industrie… sans que ses représentants veuillent admettre ce qui les contrarie vraiment dans ces évolutions.

Sur le premier sujet, je m'émerveille – tout en espérant qu'il s'agisse d'une tentative réthorique incohérente et non d'une conviction sincère qui trahirait son incompréhension – de la capacité du dirigeant à manipuler la réalité pour opposer l'euro numérique, qu'il décrie, aux « stablecoins » qu'il semble défendre. Selon son appréciation, le premier serait un instrument centralisé et basé sur la confiance, incomparable avec le support décentralisé (la « blockchain ») et les actifs garantissant la valeur des seconds.

Comme si la technologie employée – qui est désormais tellement éloignée de ses origines, entre autres dans le bitcoin, qu'elle a perdu toutes ses caractéristiques – suffisait à faire oublier que les instruments virtuels dont il parle sont sous le pilotage centralisé d'une entité émettrice, qui, comme il le souligne, doit en outre gérer une réserve dûment enregistrée. Et comme si la valeur de ces dépôts ne reposait pas elle-même sur la confiance… surtout quand elle est constituée de devises fiduciaires !

Que masquent en fait ces arguments fallacieux ? Les banques voient d'un mauvais œil le projet de la Banque Centrale Européenne parce que, bien que ses contours définitifs ne soient pas encore finalisés, elles craignent le choix d'une gestion directe de la monnaie « digitale », en dehors de leur périmètre, qui leur ferait perdre l'accès à une masse conséquente d'épargne conservée par l'institution. Naturellement, elles préfèrent une option somme toute équivalente… mais sous contrôle privé (le leur).

Quant à FIDA, dont j'ai déjà traité ici des réactions virulentes qu'elle suscitait, notamment de la part du Crédit Mutuel, la caricature est tout aussi pittoresque et absurde. Le seul prétexte que trouve M. Baal en appui de son rejet épidermique du texte consiste à brandir la menace d'emprise sur les données des consommateurs européens par les géants américains et chinois. Et tant pis pour la FinTech, notamment française, qui promeut une avancée décisive pour son pouvoir d'innovation et de transformation.

Et tant pis, au passage, pour les clients des banques qui, après tout, devraient être libres de décider s'ils veulent confier leur vie financière à des entreprises qui, quelle que soit leur origine, leur proposent des services qu'ils ne trouvent pas dans leur établissement traditionnel ! Et voilà finalement tout l'enjeu du discours du président de la FBF : ne changez rien à notre monopole et laissez-nous continuer à opérer comme il y a cinquante ans, sans concurrence… nos clients sont contents ainsi. Quel mépris !

Brouillard

jeudi 25 décembre 2025

Éducation numérique au Crédit Agricole

Crédit Agricole
À travers son lancement d'un parcours « digital » de souscription de crédit immobilier, j'évoquais récemment la transition progressive du Crédit Agricole vers une approche de ses métiers moins centrée sur la relation en agence. Une autre actualité vient aujourd'hui souligner cette évolution : les ateliers Clic Club de la caisse d'Île de France.

Leur principe est largement répandu au Royaume-Uni, où, bien sûr, le rythme de fermeture des points de vente est sans commune mesure avec celui de l'hexagone (il suffit de comparer les plus de 5 000 adresses de la banque verte aux quelque centaines que maintiennent les plus conservatrices de ses homologues britanniques). Mais la mise en place de ces sessions d'accompagnement des clients dans l'usage des outils numériques montre bien que les temps changent pour l'ensemble de l'industrie.

Sur la deuxième quinzaine de novembre, l'établissement a donc mobilisé presque 300 collaborateurs et administrateurs bénévoles pour l'animation d'ateliers, dans ses locaux un peu partout dans la région. Ceux-ci ont permis à quelques 1 500 participants d'en apprendre plus sur deux thématiques jugées prioritaires actuellement : la protection contre la fraude et les arnaques, dont on sait que la sensibilisation des consommateurs est la première arme, et l'utilisation pratique de l'application mobile de l'enseigne.

Selon les commentaires partagés par le Crédit Agricole, il ressort, certes sans grande surprise, que l'audience de ces événements est majoritairement constituée de seniors, moins à l'aise que les jeunes générations avec les interactions à distance. Cependant, leurs réticences sont plus souvent liées à leurs incertitudes et autres hésitations vis-à-vis des plates-formes mises à leur disposition qu'à une véritable incompréhension. En fait d'apprentissage, les clients cherchent plutôt une forme de réassurance.

Crédit Agricole – Clic Club

Les organisateurs des Clic Clubs mettent en avant l'alignement de la démarche avec les valeurs mutualistes, notamment de proximité et de solidarité, du Crédit Agricole. Il est vrai que, au-delà de leur objectif affiché, ces séances procurent aussi une occasion de rencontres entre des responsables, dont les élus, et des clients qui se rendent de moins en moins fréquemment dans leur agence. Quand bien même la population ciblée n'est évidemment pas la plus désengagée quant aux relations en face à face.

Une offre d'assistance à la banque « digitale » est toujours empreinte d'ambivalence, entre la volonté qu'elle manifeste d'attirer des visiteurs dans les implantations physiques et leur ambition de faciliter l'adoption des solutions en ligne. Mais la réalité semble commencer à prendre le pas sur les illusions : tous les clients seront amenés à réaliser une part conséquente de leurs opérations financières sans l'aide d'un professionnel. Cependant, s'ils s'y habituent, continueront-ils alors longtemps à ressentir le besoin d'un conseil humain de proximité pour leurs besoins plus sophistiqués ?

mercredi 24 décembre 2025

BBVA, leader de la finance enfouie

BBVA
Pour le secteur financier, l'année 2025 a été pratiquement consacrée toute entière à l'intelligence artificielle… même si ses applications concrètes restent finalement discrètes. Les services enfouis, largement délaissés, mériteraient pourtant d'être prioritaires et BBVA, récipiendaire d'une distinction dans le domaine, ne s'y trompe pas.

Certes, la tendance n'a (et c'est heureux !) pas totalement disparu et des initiatives émergent régulièrement, un peu partout dans le monde, de mise à disposition de telle ou telle fonction sous forme de services. Mais rares sont les établissements qui tentent de faire de cette approche un modèle de référence pour l'ensemble de leurs métiers. A travers le prix qui vient de lui être décerné par Global Finance, BBVA démontre son engagement dans ce mouvement et sa détermination à le généraliser.

À l'appui de son choix, la publication souligne l'importance pour le groupe espagnol de fournir ses solutions là où ses partenaires en ont besoin, simplement et instantanément. Elle cite ainsi en exemple les jeux d'API que propose sa branche dédiée aux entreprises et à l'investissement pour l'affacturage inversé (prêt à intégrer dans les processus de paiement des fournisseurs), pour le financement de véhicules (autorisant l'accès au crédit sur le point de vente) ou encore pour la gestion de trésorerie des PME.

BBVA – Embedded Finance

L'évolution est enclenchée depuis plusieurs années mais elle ne parvient toujours pas à convaincre les décideurs des institutions traditionnelles, qui persistent à croire que leurs réseaux d'agences constitue la panacée pour la distribution de leurs produits et continuent à hésiter à développer les capacités de vente au sein de leurs propres plates-formes « digitales ». Rappelons que BBVA a pris de l'avance sur ce terrain il y a près d'une décennie et qu'elle montre à nouveau sa lucidité face au changement.

En effet, aujourd'hui, les outils financiers ne peuvent plus se contenter d'un cycle de vie autonome, tel qu'il existe historiquement. Les technologies modernes aidant, ils doivent être disponibles à l'endroit et au moment où ils sont nécessaires et ils doivent s'insérer dans les parcours des usagers, sans friction mais en toute transparence. Voilà l'enjeu essentiel de la banque enfouie, dans laquelle BBVA se positionne en leader grâce à sa compréhension et son anticipation des orientations inéluctables de l'industrie.

Enfin, pour refermer la boucle de mon introduction, ceux qui doutent devraient prendre conscience que leurs tentatives de s'approprier l'intelligence artificielle n'aboutira qu'à des déconvenues ou, au mieux, à des solutions limitées et peu compétitives s'ils ne mettent pas en place au préalable une vraie stratégie de « banque en services »…

mardi 23 décembre 2025

La bourse devient un jeu… d'argent, bien sûr

CME Group
Si la bourse donne fréquemment – à juste titre, d'une certaine manière – l'impression de relever du jeu de hasard, la frontière avec cet univers était jusqu'à maintenant étanche. Aujourd'hui, elle vole toutefois en éclat avec une collaboration entre le spécialiste historique des produits dérivés CME Group et la plate-forme de paris en ligne FanDuel.

Aux côtés, notamment, de ses applications dédiées aux grands événements sportifs, le nouveau titre « Predicts » de l'enseigne permettra aux résidents de cinq états américains (pour commencer, son extension étant prévue dans les prochains mois) de miser sur leur vision d'un certain nombre d'indicateurs de marché et économiques, tels que les indices Nasdaq et S&P, les prix de quelques matières premières et autres cryptomonnaies ou encore les estimations de produit national brut ou d'inflation.

Concrètement, après un enrôlement qui se veut strictement contrôlé – exigeant informations personnelles et document d'identité officiel –, les clients se verront proposer d'acheter ou de vendre des « contrats » sur la réalisation de tel ou tel événement, à une échéance donnée. On retrouve là, jusque dans la faculté de négociation secondaire, le principe des opérations à terme dont CME Group est en quelque sorte expert, la principale différence résidant dans le coût d'accès, minime, à partir de 1 à 99 cents.

FanDuel Predicts

L'objectif de l'institution est d'ailleurs clairement énoncé : il s'agit essentiellement de développer sa base de clientèle, en ouvrant ses produits financiers relativement exotiques aux millions d'adeptes de FanDuel, quitte à en détourner la finalité originelle. De point de vue du fournisseur de jeux, sous le prétexte fallacieux de procurer l'occasion aux citoyens de reprendre contact avec leur environnement – aléas économiques ou rencontres sportives –, la bourse constitue tout simplement un domaine supplémentaire où un minimum de hasard lui donne l'occasion d'étendre son emprise.

Sans chercher à prendre parti sur la moralité de la démarche, il me faut tout de même souligner le danger que peut représenter la « ludification » des marchés financiers pour une population potentiellement immature. Non seulement est-elle contre-productive pour tous ceux qui tentent d'éduquer les populations à un investissement rationnel et catalyseur de projets mais encore se positionne-t-elle, avec sa perspective de pur jeu de hasard, à l'opposé des discours de réassurance autour de la capacité à faire fructifier un capital en vue d'assurer son avenir. Le message implicite est désastreux.

lundi 22 décembre 2025

Mastercard lance le versement de prêt sur carte

Mastercard
Entre la transformation de son support historique en plastique et la désaffection des américains pour la version de la carte dévolue au crédit, Mastercard explore activement les nouvelles opportunités que lui offrent les technologies modernes : grâce à un partenariat avec LoanPro, elle s'apprête à lancer une option pour le prêt classique.

En dehors des cas de financement d'un achat spécifique, le crédit à la consommation non affecté est généralement déboursé via un transfert vers le compte bancaire de l'emprunteur… qui présente quelques inconvénients notables, entre autres de réactivité (quand les virements instantanés ne sont pas systématiques) ou d'exclusion (pour les personnes non bancarisées, nombreuses en Amérique du Nord). Aujourd'hui, les téléphone mobiles autorisent une expérience plus fluide et plus universelle.

La solution introduite par Mastercard consiste donc à fournir au client une carte virtuelle dès le crédit accordé – une déclinaison avec une carte physique est également possible… sans garantir la même instantanéité. Il lui suffit ensuite de l'enregistrer dans son porte-monnaie Google Wallet ou Apple Pay. En un tournemain, il peut alors régler ses achats dans tous les commerces affiliés. Le résultat est presque identique à une carte de crédit… avec un remboursement par échéances fixes, plus facile à maîtriser.

En arrière-plan, LoanPro mettra à la disposition des établissements de crédit intéressés sa plate-forme de distribution de prêts par API, qui leur procure un maximum de flexibilité en vue de l'intégrer à leurs propres services, en proposant un parcours utilisateur optimisé à leur clientèle. Ils peuvent de la sorte déployer facilement un produit attractif auprès du grand public et des entrepreneurs – les deux cibles principales visées –, en ligne avec leurs attentes à l'ère « digitale ». Ils bénéficieront même de la faculté d'enrichir l'expérience, par exemple à travers des programmes de fidélité dédiés.

L'initiative permet naturellement à Mastercard de prolonger la pertinence de son métier dans un monde qui non seulement voit les instruments de paiement se diversifier – avec, en particulier, une menace de plus en plus précise sur son réseau – mais combine aussi désormais fréquemment de manière transparente le paiement avec une forme ou une autre de financement (notamment via les facilités de fractionnement). Et ces arguments résonnent certainement tout autant chez les décideurs des pourvoyeurs de crédit…

Accueil LoanPro

dimanche 21 décembre 2025

Un coach de crédit dans l'app de Garanti

Garanti BBVA
Dans une logique d'accompagnement vers le bien-être financier qui lui devient familière, la filiale turque de BBVA embarque désormais un coach de crédit au cœur de son application mobile, destiné à aider ses clients à simultanément mieux maîtriser leur situation courante et à réaliser leurs projets d'avenir dans les meilleures conditions.

La nouvelle option « Kredi Koçum », accessible depuis la section consacrée au suivi de l'état des finances personnelles, complète cette dernière avec un double objectif. Il s'agit d'une part de fournir à l'utilisateur un aperçu de la précarité ou, au contraire, de la bonne santé de ses comptes, assorti de recommandations concrètes en vue d'améliorer ou maintenir sa position, et, d'autre part, de lui proposer des solutions de financement adaptées à son contexte et à ses besoins dès que nécessaire.

Selon son historique de transactions bancaires, l'outil va, par exemple, suggérer au mobinaute de surveiller ses échéances de paiement ou, plus générique, de réactualiser ses informations personnelles, de manière à, entre autres, optimiser la qualité de son profil d'emprunteur. En parallèle, il se voit présenter en détail les divers produits auxquels il est éligible – crédit à la consommation, découvert négocié, carte de crédit… – avec les modalités applicables à son cas particulier (plafonds, taux d'intérêt…)

Garanti – My Credit Coach

Indispensable appoint à ces fonctions, un dispositif pédagogique dédié enrichit le service, afin, notamment, d'expliquer aux futurs bénéficiaires les mécanismes régissant le crédit, depuis la notion de score jusqu'aux différences essentielles entre les options existantes. On peut même espérer que ces bribes d'éducation financière sont prodiguées en concordance avec les suggestions de souscription évoquées ci-dessus.

Avec ce coach relativement original, l'établissement avance sur une crête dangereuse : en l'absence de précisions sur son implémentation, il est difficile de savoir avec certitude s'il reste sérieusement engagé dans une démarche au bénéfice du client, en lui procurant l'assistance qu'il requiert pour prendre des décisions éclairées, ou s'il prend plutôt prétexte de la santé financière pour encourager le recours au crédit.

Au vu de la culture d'entreprise de BBVA, j'aurais tendance à être optimiste, de ce point de vue. Toujours est-il que l'initiative peut aisément inspirer d'autres banques de suivre sa trace (en choisissant de préférence son versant positif) : parce que l'endettement – surtout quand il devient hors de contrôle, faute d'apprentissage – représente une des plus graves menaces sur l'équilibre budgétaire des consommateurs, la mise en place de solutions spécialisées autour de ce domaine semble constituer une bonne idée…

samedi 20 décembre 2025

Le Crédit Agricole passe au prêt immo digital

Crédit Agricole
Longtemps considéré impossible à transposer en ligne, le crédit immobilier finit par faire sa transition, comme tous les autres services financiers. C'est aujourd'hui au tour du Crédit Agricole – défenseur acharné du réseau d'agences et de la relation avec un conseiller – de franchir le pas… vraisemblablement sous pression de la demande.

La position historique de l'industrie consistait à estimer que l'achat d'une résidence constituait une opération d'une telle importance pour les consommateurs qu'ils ne pouvaient imaginer de la préparer et encore moins la réaliser en totale autonomie, sans l'assistance d'un professionnel capable de les guider dans la complexité supposée de son financement. Tout au plus pouvaient-ils simuler leur projet avec des outils « digitaux » pour rêver un peu, en préambule à un rendez-vous obligatoire.

De toute évidence, les temps changent. Désormais, les clients du Crédit Agricole ont la faculté de créer leur dossier effectif depuis leur application mobile ou leur espace web en vue d'obtenir un accord de principe. Le processus, qui exploite automatiquement les informations déjà disponibles et évite donc les répétitions inutiles (le principe est basique mais encore si rare !), ne leur prendra que 6 minutes, jusqu'à la communication de la décision. Même pour les nouveaux arrivants, il ne faudra que 2 minutes de plus.

La suite des démarches est également possible via les mêmes canaux, notamment l'accès à l'offre de prêt un fois celle-ci établie, les ajustements éventuels sur les conditions, la transmission des justificatifs nécessaires, l'enregistrement des instructions de règlement du notaire et la signature électronique. En outre, tout au long des formalités, l'utilisateur est en mesure de suivre chacune des étapes de mise en œuvre.

La banque ne parvient toutefois pas à lâcher totalement la bride. Ainsi, à l'issue du dépôt d'une demande active, un spécialiste prend contact avec le client et lui proposera un accompagnement pour le reste des opérations. D'autre part, le dispositif comporte quelques limitations, à savoir un plafond de 600 000 euros pour une résidence principale et 300 000 euros pour les autres cas, dont le bien en investissement locatif.

En réalité, c'est parce que l'initiative s'avère incomplète que l'humain reste dans la boucle. En effet, le parcours en libre service déployé semble faire l'impasse sur le conseil et, par exemple, la personnalisation des offres n'est évoquée que dans le contexte des interactions avec le conseillé désigné. La personne la plus aguerrie au « digital » a besoin, pour un acte qui l'engage sur de longues années, d'aide pratique, d'explications détaillées, de recommandations par rapport à sa situation… que, visiblement, l'établissement ne sait pas à date fournir via ses plates-formes en ligne.

e-Immobilier by CA

jeudi 18 décembre 2025

La bonne idée ratée de Ma Carto Climat

AMRAE
Face au désarroi de nombreux chefs d'entreprises quant à leur exposition aux risques climatiques, l'Association du Management des Risques et des Assurances des Entreprises (AMRAE), soutenue par des organismes publics, dont l'ADEME, propose un outil d'auto-diagnostic. Qui s'avère malheureusement consternant d'amateurisme.

Bien que simple, le principe à l'œuvre avec la plate-forme Ma Carto Climat représente une première approche utile pour les dirigeants, notamment de petites et moyennes structures, qui ne savent pas nécessairement par où commencer lorsqu'ils prennent conscience de l'impératif de s'inquiéter de l'avenir de leur firme dans un monde sujet à des catastrophes naturelles toujours plus fréquentes et plus destructrices.

Sa principale valeur réside dans l'énumération de toutes les dimensions du problème, de manière à fournir à l'utilisateur un aperçu exhaustif des points les plus critiques dans son contexte spécifique et, de la sorte, à l'orienter vers les actions prioritaires à engager afin de garantir la résilience de son entreprise. Sont donc prises en compte les différentes composantes d'une activité économique – matières premières, opérations, personnel, informatique, transports, ventes – et les aléas susceptibles de les affecter.

Dans chacun des registres énoncés et pour chacune des catégories d'événement considérées – forte chaleur, froid, feu de forêt, inondation, sécheresse, précipitations, vent, mouvement de terrain, déformation du sol –, il faut évaluer le degré de sensibilité de la zone d'implantation visée (y compris dans son évolution sur l'échéance d'analyse choisie), son impact potentiel pour l'établissement et le niveau de maîtrise de ce dernier, qui précise la maturité du plan de mitigation déjà élaboré, le cas échéant.

Une fois ses informations renseignées, le visiteur se voit proposer de télécharger un rapport complet qui, outre le détail des données qu'il a transmises, synthétise les éléments saillants de son diagnostic personnalisé et présente sous forme graphique les résultats obtenus. Il se conclut par une série de références à consulter pour aller plus loin, organisée dans un parcours type d'adaptation au dérèglement climatique.

Ma Carto Climat

Comme je le signalais d'emblée, l'objectif de la démarche est d'ouvrir les yeux des responsables sur les multiples axes à intégrer pour une mesure globale de leur situation, en leur demandant simplement de réaliser leur propre état des lieux. Naturellement, elle ne peut séduire que si elle est facile d'accès et ne requiert qu'un minimum d'efforts de la part d'individus qui ont tellement d'autres préoccupations en tête. Et c'est bien là où le bât blesse, en raison d'une conception apparemment bâclée du service.

Avec indulgence pour une suggestion passablement complexe à implémenter, passons sur l'absence totale de contextualisation, qui fait que, quel que soit votre secteur industriel (pourtant indiqué lors de l'inscription), vous serez amené à répondre à toutes les questions, certaines sans objet pour vous. Plus ennuyeux, vous devrez rechercher l'exposition aux aléas de votre lieu d'activité, aucun automatisme ne permettant de les récupérer à partir d'une adresse postale, alors que des sources publiques existent. Pire encore, vous devrez les ressaisir, à l'identique, pour chaque classe de processus !

Peut-être l'AMRAE a-t-elle mis en ligne une version beta de sa plate-forme et continue, en arrière-plan, à son enrichissement, à faire de l'expérience un incontournable pour les chefs d'entreprise sensibilisés aux risques climatiques. Je l'espère. Si ce n'est pas le cas, un autre acteur (un assureur, par exemple ?) pourrait-il s'emparer de l'idée et lui procurer la concrétisation qu'elle et que le sujet dans son ensemble méritent ?

mercredi 17 décembre 2025

Worldpay et les enjeux environnementaux du commerce

Ekko
Face aux initiatives dispersées autour de l'impact environnemental dans le commerce, le processeur global de paiements Worldpay déploie une collaboration avec le spécialiste Ekko afin de ramener la thématique dans son domaine naturel et, surtout, là où les parties prenantes ont réellement la possibilité d'agir : chez les marchands.

En dépit d'un reflux sensible depuis plusieurs mois, les consommateurs restent nombreux à vouloir prêter attention à l'empreinte carbone de leurs achats du quotidien. Or, aujourd'hui, les moyens dont ils disposent pour s'informer sont généralement fournis par de jeunes pousses dédiées ou par les banques ayant adopté leurs outils, ceux-ci établissant un bilan à partir d'une analyse des transactions effectuées… donc accessible (plus ou moins) longtemps après les emplettes correspondantes.

Avec l'irruption de Worldpay sur ce terrain, la préoccupation se rapproche de l'instant clé, puisque la technologie d'Ekko lui permet de proposer aux commerçants qu'elle équipe d'afficher directement sur leurs tickets de caisse une estimation du volume d'émissions de gaz à effet de serre du panier du client. Une option complémentaire suggère en outre à ce dernier de verser une petite contribution à un projet écologique… sans toutefois prétendre à une logique de compensation, qui serait totalement artificielle.

En sus de l'interaction immédiate avec les consommateurs, le dispositif offre également une excellente opportunité pour les marchands de s'impliquer concrètement dans les questions relatives aux changement climatique et de mettre en lumière le rôle qu'ils veulent jouer dans ce registre – selon Worldpay, une forte majorité semble estimer qu'il fait partie de leurs moteurs de croissance –, avec une option à la mise en œuvre extrêmement simple, puisqu'elle est entièrement prise en charge par leur fournisseur.

Ekko x Worldpay

Bien entendu, comme avec les autres solutions existantes (notamment dans les banques), je regrette que l'approche retenue reste largement passive, nonobstant la faculté de versement à une association, symbolique. Plus précisément, son intégration lors de la phase de paiement interdit toute anticipation et le seul partage d'un indicateur d'impact environnemental, qui risque par ailleurs de paraître abstrait aux non initiés, n'intéressera que les convaincus et ne les aidera guère à améliorer leur empreinte.

De toute évidence, l'étape suivante est du ressort des commerçants eux-mêmes. Armés de ce petit plus destiné à démontrer une certaine forme d'engagement, ils devront le compléter avec, par exemple, des mécanismes de sensibilisation, pour ceux qui ne se sentent pas concernés (ou de manière superficielle), et un accompagnement vers de meilleures pratiques, ne serait-ce qu'au sein de leur propre boutique. Je ne doute pas que Worldpay, moyennant une volonté de prolonger ses efforts et de s'aventurer hors de son cœur de métier, pourrait proposer quelques idées en la matière…

mardi 16 décembre 2025

L'innovation avec les fournisseurs de tech

Forrester
Dans notre monde dominé par les technologies, la tentation est grande pour les responsables informatiques des grands groupes de demander à leurs fournisseurs de présenter aux représentants des lignes métier les tendances susceptibles de transformer leur activité. Mais, rappelle Forrester, un tel exercice ne doit pas s'organiser n'importe comment.

Dans de nombreux cas, le format classique retenu – que le cabinet d'analystes rassemble sous l'expression de « journées de l'innovation » (je synthétise) et qui existe dans diverses variantes – consiste à simplement solliciter les principaux pourvoyeurs de solutions technologiques avec lesquels travaille l'entreprise afin qu'ils viennent exposer leurs réflexions sur les innovations du moment, accompagnées parfois, et de préférence, de démonstrations de leurs propres avancées en la matière.

Si l'intention est louable, la méthode s'avère déplorable. À défaut d'avoir identifié au préalable les besoins potentiels de l'audience considérée et spécifié les thématiques à privilégier, les invités vont chercher à vanter leurs (futurs) produits de manière générique. Les « spectateurs », incapables de se projeter dans des cas d'usage, perçoivent alors l'événement, au mieux, comme un moment de détente (au cirque) et, au pire, comme une perte de temps qui affecte la crédibilité de toute tentative ultérieure.

L'erreur est presque universelle et émane en droite ligne de la croyance persistante chez la plupart des professionnels de l'informatique que la technologie en elle-même suffit à créer l'innovation. Au cours des années passées, le syndrome a déjà tué la blockchain et le métavers (que je ne regretterai pas, pour ma part) et il menace aujourd'hui l'intelligence artificielle (surtout) agentique. Une mise en contexte, efficace et pertinente, est indispensable pour cristalliser la valeur d'un concept émergent !

Forrester – Co-Innovation Summit

Afin de concrétiser cet objectif, les analystes suggèrent un autre modèle de rencontre, qu'ils qualifient de « sommet de la co-innovation ». Sa caractéristique la plus marquante réside dans sa préparation : il n'est plus question de laisser les partenaires définir l'ordre du jour, ils sont invités à inscrire leur intervention dans un cadre spécifique, plus ou moins large, qui comprend les tendances jugées prioritaires dans l'entreprise et les envisagent au regard de résultats tangibles qu'elle pourrait en retirer.

Un deuxième aspect de l'approche est explicite dans le terme de co-innovation. Il s'agit donc d'éliminer le côté passif du dispositif et, au contraire, de susciter des collaborations opérationnelles entre les différents participants (y compris entre fournisseurs), engagées en amont des sessions planifiées, dans le but de maximiser l'adéquation des solutions présentées avec les orientations fixées initialement, dans une perspective globale et cohérente, jusqu'à esquisser des idées prêtes à implémenter, en quelque sorte.

Naturellement, la démarche exige des efforts conséquents. Les organisateurs doivent commencer par explorer les attentes potentielles de leurs collègues et les transformer en cahier des charges à l'intention des partenaires qu'ils souhaitent convier. Il leur faut ensuite œuvrer conjointement à la construction des pièces maîtresses de l'événement et les agencer de manière à leur donner un sens. Mais c'est une évidence : l'innovation (comme toute autre activité) ne porte ses fruits qu'à force de travail !

lundi 15 décembre 2025

Un lab pour la santé financière des seniors

FinTech Scotland
À la recherche d'une position à défendre face à la puissance londonienne toute proche, l'organisme de promotion de la FinTech en Écosse lance un lab d'innovation qui, contrairement aux standards du genre, n'est pas centré sur la technologie mais se penche sur la question sociétale de la santé et du bien-être financier des seniors.

Dans son principe, le programme, prévu pour une durée de quatre mois, reprend ce qui se fait maintenant depuis des années afin d'encourager le développement de nouveaux concepts dans l'industrie. Il s'agit donc de rassembler un ensemble d'acteurs, issus des grands groupes de la finance, du monde académique, d'instances publiques et de l'écosystème local de startups, et de faire émerger, par leur collaboration, des réflexions, des prototypes, des projets pilotes capables de changer le statu quo.

Cependant, alors que la plupart des initiatives du genre laissent le champ libre aux participants d'exercer leur créativité sur tous les domaines qui les inspirent ou, de plus en plus fréquemment, leur imposent de réfléchir à des solutions exploitant telle ou telle technologie du moment (hier la blockchain, aujourd'hui l'intelligence artificielle, pour citer les exemples les plus courants), le Finance and Health Lab se fixe plutôt un périmètre d'usages, en l'occurrence autour des besoins spécifiques des personnes âgées.

La thématique est évidemment en phase avec une préoccupation largement partagée dans les pays occidentaux, à la population vieillissante. Pour toutes les parties prenantes, les intéressés comme les représentants gouvernementaux et les institutions financières, cette évolution profonde impose des changements de modèles, que ce soit pour les accompagner dans la « digitalisation » du quotidien ou pour la prise en compte des exigences et des contraintes de citoyens qui risquent l'exclusion.

FinTech Scotland – Finance and Health Lab

L'ambition de la démarche, qui inclura une conférence nationale sur la finance et la santé, est d'aider et d'inciter les volontaires à analyser et comprendre les données disponibles, engager des recherches dédiées, proposer des orientations réglementaires, dialoguer entre pairs et, idéalement, produire des solutions concrètes (plus ou moins élaborées) en faveur de la prise de confiance et de l'autonomie des seniors avec leur argent grâce à une série de webinaires, de tables rondes et autres événements.

Naturellement, on verra si le format retenu porte ses fruits et aboutit à un résultat probant, l'exercice du lab s'avérant (hélas) souvent décevant. Toujours est-il que celui-ci a le mérite de prendre l'innovation par le bon angle, en soumettant une problématique clairement identifiée – relevant de surcroît d'enjeux dont tout le monde est conscient – et d'appeler à lui apporter des réponses. Même s'il n'engendre pas de miracle, son approche devrait rester une inspiration, en particulier pour ceux qui imaginent changer le monde en adoptant une technologie sans explorer d'abord un besoin à fond.

dimanche 14 décembre 2025

La prédiction choc quantique de Saxo

Saxo Banque
Comme chaque année, Saxo Banque livre ses prédictions choc, dont les plus technologiques font évidemment référence à l'intelligence artificielle. Cependant, celle qui retient mon attention concerne l'informatique quantique et le risque systémique qu'elle engendrerait si, aussi improbable qu'elle puisse paraître, elle devrait se concrétiser.

Rappelons d'abord, pour ceux qui ne connaîtraient pas l'exercice auquel se livre l'établissement danois tous les mois de décembre, qu'il s'agit non pas de formuler des prévisions économiques au sens propre mais d'imaginer quelques scénarios extrêmement improbables mais aux conséquences formidables s'ils se réalisaient effectivement. Dans le cas qui m'intéresse, l'événement déclencheur serait l'arrivée en 2026 d'un ordinateur quantique opérationnel, tenant toutes ses promesses.

Parmi ces dernières, celle qui constituerait un cataclysme pour notre monde contemporain est sa capacité à briser toutes les barrières de sécurité numériques, qui protègent les communications, les données bancaires et d'identité, les infrastructures… en un mot tout ce qui s'appuie sur des algorithmes de chiffrement. Comment serait-ce possible ? En gros, la future génération de calculateurs est adaptée à une parallélisation de traitements qui se jouerait des secrets cryptographiques employés aujourd'hui.

Face à la survenue subite d'un tel épisode, les équipes de Saxo pointent les cryptoactifs en première ligne des victimes, sans négliger les impacts sévères sur l'ensemble du secteur financier, qui se trouverait largement paralysé. Ils suggèrent une panique généralisée provoquant un repli vers des supports physiques, métaux précieux et monnaie fiduciaire, tandis que les gouvernements et les entreprises se précipiteraient pour déployer une riposte, qu'ils imposeraient sur des échéances très courtes.

Saxo Banque – Prédictions Choc 2026

La perspective n'est pas rose… mais elle me paraît largement sous-estimée ! D'emblée, s'inquiéter de l'effondrement du bitcoin et de ses équivalents (dont la valeur disparaîtrait instantanément) est anecdotique, ne serait-ce que par la part infime de capitalisation qu'ils représentent, en comparaison des répercussions sur les banques, dont non seulement les échanges seraient menacés mais également les données qu'elles conservent, protégées par des mécanismes devenus obsolètes, derrière des pare-feu et autres équipements de filtrage transformés en gruyère « digital ».

Autre sujet d'inquiétude, la mise en place d'une parade efficace demandera des années de travail. Il est parfaitement illusoire d'espérer actualiser rapidement des solutions de sécurité dispersées sur des milliards d'appareils en tout genre et appliqués à des millions de gisements d'information, dont certains (beaucoup) résident dans des systèmes historiques que presque personne ne maîtrise plus désormais. La seule réponse consistera à isoler les entreprises sensibles de l'internet. Est-ce possible ? Et comment imaginer alors de vivre sans les connexions indispensables de notre quotidien ?

L'hypothèse retenue par Saxo n'a évidemment (quasiment) aucune chance de se matérialiser telle que décrite, l'informatique quantique étant une aventure des petits pas, dont l'avènement se produira progressivement, sur plusieurs années. À défaut d'avoir une quelconque valeur de prédiction, sa mise en lumière possède toutefois une vertu majeure, celle de souligner l'ampleur immense des défis auxquels cette technologie émergente risque de confronter nos sociétés et l'urgence de les anticiper.

samedi 13 décembre 2025

Eyst simplifie l'indemnisation

Generali
À l'occasion d'une ronde d'investissement d'Eyst, Generali révèle sa collaboration avec la jeune pousse hexagonale. Dans certaines circonstances, elle propose ainsi à ses assurés une solution prépayée qui leur offre non seulement une indemnisation instantanée, sans avance de fonds, mais aussi quelques avantages supplémentaires.

Grâce à un partenariat avec l'émetteur de moyens de paiement spécialisés Edenred, la startup permet aux compagnies de fournir une carte virtuelle à leurs clients dès que leur déclaration de sinistre ou leur demande de remboursement a été validée. Compatible avec Google Pay et Apple Pay, elle est transmise par SMS et est prête à activer d'un geste. Afin d'éviter les abus, elle présente la particularité de n'être acceptée que pour les catégories de commerçants pour lesquelles elle est configurée.

Le produit s'adapte à divers cas d'usage, parmi lesquels Eyst et Generali suggèrent entre autres, dans le registre de la santé, la prise en charge des consultations de médecine douce ou, dans le domaine de l'habitation, le recours à un serrurier lors d'une perte de clés. Des scénarios sont également envisagés dans le secteur de la mobilité. À chacun correspondent un montant forfaitaire contractuel et ses propres restrictions de bénéficiaire (praticien ou artisan dûment identifié, dans les exemples précédents).

Si cette approche de limitation par classe professionnelle de l'utilisation des cartes distribuées peut susciter quelques doutes, légitimes, notamment en raison d'une gestion approximative de ces informations dans l'industrie financière, Eyst répond avec un accès aux données des transactions exécutées en temps réel, qui procure aux assureurs à la fois une visibilité inégalée sur les pratiques réelles de leurs clients et une capacité de contrôle extrêmement utile pour lutter efficacement contre la fraude.

Accueil Eyst

Non contente de ces bénéfices, Generali a travaillé directement avec les équipes de la jeune pousse en vue d'ajouter un bonus à sa version du dispositif, sous la forme de « cashback », c'est-à-dire la restitution d'une partie des dépenses réalisées (dans des conditions non précisées). J'imagine que cette extension, qui sera intégrée dans l'offre standard d'Eyst, est conçue pour encourager les personnes réticentes à adopter un système susceptible de les inquiéter par sa nouveauté ou par ses limitations.

En synthèse, il ne faut pas s'y tromper : malgré le discours qui vante son intérêt (certes réel) pour les consommateurs, ce genre de solution de dédommagement fondée sur les technologies modernes autorise avant tout une bien meilleure maîtrise de leur gestion des indemnisations pour les compagnies, grâce à la transparence des plates-formes de paiement électronique et aux capacités de pilotage qu'elles comportent aujourd'hui.

vendredi 12 décembre 2025

Une protection contre la fraude par téléphone

Truecaller
Spécialiste historique de l'identification de l'interlocuteur lors d'appels téléphoniques, Truecaller veut maintenant étendre son champ d'action à la protection contre les arnaques, dont on sait qu'elles constituent un des fléaux contemporains. Au-delà du seul volet technologique, elle introduit une dimension familiale séduisante dans sa vision.

Le principe de l'offre s'inscrit dans une logique d'extension des mécanismes relativement classiques de filtrage des numéros indésirables, correspondant en général à des pratiques de démarchage commercial abusif ou à des réseaux d'escroquerie. Il est donc d'abord question d'un outil avec lequel l'utilisateur définit, entre autres, le niveau de restriction souhaité, gère ses propres listes noires et détermine ses préférences de traitement des sollicitations entrant dans les critères d'exclusion fixés.

La particularité avec Family Protection est de confier à un de ses membres le pilotage de la défense pour l'ensemble du foyer. L'abonnement permet ainsi de couvrir jusqu'à cinq personnes, dont celle qui est considérée comme possédant la meilleure maturité numérique est désignée comme administrateur et est alors chargée de configurer la solution pour ses proches. Il ou elle dispose également d'une faculté de support à distance en cas de besoin, par exemple pour lever un doute sur un événement.

Cerise sur le gâteau, mais uniquement pour les adeptes du système Android (en espérant que l'iPhone puisse supporter la même fonction prochainement), le responsable désigné possède une capacité d'intervention en temps réel. S'il le spécifie, il peut recevoir une notification quand un de ses affiliés reçoit un appel signalé par les règles qu'il a mises en place et mettre fin (brutalement) à la conversation si elle a tout de même été engagée… ou rassurer le destinataire avec un message amical.

Truecaller Family Protection

Le service n'est initialement déployé que dans quelques pays – Suède, Chili, Malaisie, Kenya – et son extension se déroulera progressivement, dans des régions clés, notamment en Inde, à partir du premier trimestre 2026, selon les résultats obtenus et les réactions des premiers utilisateurs. Précisons qu'il est gratuit mais qu'une version payante, Premium Family, ajoute quelques options complémentaires (essentiellement sur la lutte contre le spam) et, surtout, procure une expérience sans publicité.

Pour les institutions financières, parmi d'autres entreprises sensibles, qui nous avaient un temps habitué à équiper leurs clients de logiciels antivirus afin de sécuriser leur navigation en ligne, la solution de Truecaller pourrait constituer un nouveau cadeau utile à leur offrir, bénéfique pour tous. L'opportunité de collaboration mériterait d'être explorée alors que, face à une menace désormais presque hors de contrôle, l'industrie ne parvient guère à organiser sa défense… en dehors d'initiatives de sensibilisation.

jeudi 11 décembre 2025

Starling aide à parler d'argent dans le couple

Starling Bank
Le bien-être financier constitue déjà une notion complexe à appréhender pour un individu, alors imaginez le casse-tête à résoudre lorsqu’il faut l’envisager à deux (voire dans une famille complète) ! Starling propose donc un outil avec lequel les couples peuvent aborder une première étape vers l’harmonie… celle de la communication.

Comme toujours lorsqu’on se frotte à ces thématiques, la difficulté provient de l’importance des perceptions et des ressentis vis-à-vis de l’argent, dont l’impact sur la qualité de vie dépasse de très loin les simples questions de chiffres. Entre deux partenaires, en particulier, et c’est l’axe retenu par la jeune pousse, le degré de compatibilité entre leurs sensibilités dans ce domaine précis est un des facteurs essentiels de l’entente à long terme ou, a contrario, de la survenue de conflits.

Les tensions, latentes ou exprimées, sont d’ailleurs reconnues par les intéressés. Ainsi, l’enquête menée par Starling auprès des britanniques révèle que deux tiers d’entre eux confirment que les différences de perspective avec leur conjoint sont génératrices de stress et tendent à retarder leurs grand projets (achat de résidence, enfant…). Et cette situation est aggravée par leur réticence à parler du sujet, considéré tabou (il est trois fois plus susceptible de les effrayer lors d’un premier rendez-vous que le mariage !).

Afin de décrypter les mécanismes en jeu et, autant que possible, apporter des solutions, l’étude comprend une analyse statistique des comportements, aboutissant à la définition de sept profils différents, relativement classiques par rapport à l’état de l’art de la recherche sur la psychologie de l’argent : du parcimonieux (le plus fréquent) à l’autruche (qui ne veut pas affronter la réalité), en passant par, entre autres, l’extravagant (dans l’association à l’amour) ou le secret (gardant jalousement ses pensées pour soi)…

Starling – Let's Talk Money

À partir de cette catégorisation, grossière mais efficace, les chercheurs ont ensuite essayé de déterminer comment la coexistence se déroulait réellement parmi les personnes interrogées. Si, sans surprise, ceux qui ont une approche similaire ont plus de facilité à s’entendre, sans qu'elle soit systématique, toutefois, il ressort des combinaisons que je qualifierai d’explosives (au pire, elles créent des conflits dans 97% des cas) et d’autres dans lesquelles la complémentarité fonctionne parfaitement.

Forte de ces enseignements, Starling Bank met à la disposition des internautes, clients ou non, un outil d’auto-évaluation. Là, ils sont invités à répondre, à deux, à quelques questions, de manière à leur faire découvrir leur style, à le comparer avec celui de leur partenaire, à mesurer leurs risques de déséquilibre et, surtout, à entamer un dialogue. En effet, celui-ci est un premier pas vers l’évitement des dissensions engendrées par les incompréhensions des écarts d’appréciation inévitables entre les individus.

Aussi utile et pédagogique soit la démarche de la néo-banque, je regrette tout de même qu’elle se « contente » d'esquisser un embryon de réponse, essentiellement théorique, aux interrogations qu’elle peut induire chez ses clients. Je m’attendrais par exemple à ce qu’elle s’attache à fournir des solutions de pilotage concrètes, adaptées à leur contexte spécifique, prenant en compte et adoucissant les points de contention les plus courants selon leurs profils. Ce sera peut-être pour une itération future…

mercredi 10 décembre 2025

Un comité consultatif de jeunes pour Block

Cash App
Afin de mieux adapter sa solution de paiement mobile Cash App aux changements sociétaux et aux attentes de ses utilisateurs, Block (ex-Square) met en place, aux États-Unis, un comité consultatif composé d'une quinzaine à une vingtaine de jeunes, dont les réactions et les idées ont vocation à aider la firme à façonner l'avenir de ses produits.

Concrètement, les participants retenus seront sollicités pour des études et autres enquêtes génériques, ainsi que lors de sessions dédiées, qui devraient se tenir mensuellement à distance et sous forme présentielle une fois par trimestre. Intégré au cœur du processus de développement, le dispositif leur permettra d'être impliqués dans divers domaines – nouveaux concepts, expérience utilisateur, comportements « digitaux »… – et à différents niveaux – design, sécurité, stratégie…

Dans une démarche de séduction essentielle, Block fait valoir quelques bénéfices et avantages aux futurs membres de son TAC (« Teen Advisory Council »). Outre les opportunités d'enrichir leurs compétences dans un programme collaboratif, d'étendre leur réseau personnel, de s'immerger dans des sujets technologiques de pointe et d'être parties prenantes à l'élaboration d'outils comptant des millions d'adeptes, ils recevront un soutien à leur progression professionnelle… et une compensation pécuniaire.

Pour l'entreprise, l'initiative, dans sa spécificité, possède un intérêt double. D'une part, il s'agit bien sûr de s'assurer que sa plate-forme répond parfaitement aux attentes de ses clients – ceux d'aujourd'hui, dont une majorité fait partie des générations Y et Z, mais aussi ceux de demain, que préfigurent les adolescents enrôlés pour le comité. L'enjeu est crucial pour la pérennité de l'activité mais il est particulièrement complexe dans un contexte d'évolution constante des habitudes des consommateurs.

Par ailleurs, comme avec d'autres tentatives de recourir au talent des jeunes, les recrues du TAC font partie d'un groupe qui est naturellement curieux et aventureux, donc plus susceptible que d'autres d'anticiper les transformations importantes de demain. Leur regard neuf, en principe, sur une thématique où les pratiques ancestrales sont légion, même dans des startups, constitue un atout supplémentaire, autorisant potentiellement les idées radicales et propice à une différenciation concurrentielle inédite.

La mise en place de comités consultatifs n'est pas inscrite dans les usages courants des grands groupes mais certains se plient tout de même à l'exercice. Dans de nombreux cas, il s'agit plutôt d'instances consacrées à l'acculturation technologique, qui représente effectivement un des défis majeurs de ces acteurs. Cependant, l'adaptation du modèle à une vision prospective des métiers, avec des individus immergés dans une culture la plupart du temps étrangère à leurs dirigeants, mériterait d'être envisagée.

Block – Cash App