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C'est pas mon idée !

vendredi 6 août 2010

Ulule, le soutien financier P2P à la française

Ulule
Lancé début juillet en version "beta", Ulule se présente comme un réseau social français de micro-financement. Il n'est cependant pas question de financement au sens propre mais plutôt de soutien : les contributeurs sont en réalité des donateurs, qui peuvent éventuellement être récompensés par des "cadeaux", à la discrétion du porteur de projet.

Techniquement, Ulule n'assure que la mise en relation entre porteurs et contributeurs. Les projets, qui doivent avoir un objectif artistique, collectif ou public, sont soumis à une validation par l'équipe avant d'être proposés au public. Les promesses de contribution sont enregistrées pendant la durée de validité prédéfinie et, lorsque l'échéance est atteinte, les montants "promis" sont transférés au porteur si la somme demandée a été atteinte (dans le cas contraire, aucune transaction n'a lieu). Tous les échanges financiers sont réalisés par Paypal, directement entre les donateurs et le bénéficiaire.

L'équipe d'Ulule indique avoir dans ses cartons un modèle "freemium" (des services à valeur ajoutée seront offerts moyennant paiement), mais le service est actuellement entièrement gratuit (les bénéficiaires de dons n'échappent cependant pas au paiement des commissions habituelles de Paypal).

Le concept à la base d'Ulule, nouveau en France, n'est pas récent (aux Etats-Unis, Fundable.com a été lancé en 2005). Et on ne peut pas dire qu'il ait encore fait la preuve de sa viabilité (Fundable.com a cessé toute activité en 2009)…

L'achat immobilier sur iPhone par CBA

Commonwealth Bank of Australia
Les applications iPhone continuent à séduire les banques : dernière en date, "Property Guide", proposée par la Commonwealth Bank of Australia (CBA), n'est pas la traditionnelle solution de consultation de comptes ou de gestion d'opérations, puisqu'elle cible les personnes recherchant un bien immobilier.

Elle offre de multiples services, parmi lesquels on trouve : listes de propriétés à vendre, analyse des caractéristiques socio-économiques et indications sur les prix de vente moyens du quartier où se trouve le bien convoité, découverte des logements à vendre en réalité augmentée, photos d'intérieur et autres informations détaillées (assemblées à partir de données de ventes antérieures)...


Naturellement, la banque n'oublie pas son métier et propose donc également des simulateurs d'emprunt immobilier et permet de contacter directement un conseiller.

L'application a été développée en 5 mois avec deux partenaires spécialisés (fournissant les informations sur le marché immobilier) et a immédiatement rencontré un fort succès, en se positionnant en troisième place des applications gratuites de l'AppStore local.

"Property Guide" est non seulement une réalisation originale de la part d'une banque, tout en restant étroitement liée à son métier, mais elle me semble aussi intéressante à un autre titre : il s'agit en effet d'une application "composite", combinant intelligemment des données (et des métiers) différents et complémentaires (vente immobilière et prêt bancaire).

Depuis de nombreuses années, les banques et compagnies d'assurance parlent ainsi d'offres "packagées" qui pourraient être assemblées dynamiquement grâce à l'évolution des technologies de l'information et les possibilités accrues de communication par "services" entre partenaires. Mais à ce jour, les exemples concrets de ce type d'approche sont encore bien rares. CBA n'en est pas encore là avec son application mobile mais elle montre le chemin...

jeudi 5 août 2010

A lire ailleurs : 10 tendances soutenues par les technologies

McKinsey Quarterly
McKinsey présente 10 tendances à surveiller, toutes supportées par de nouvelles technologies et toutes appelées à transformer les entreprises. Cet article du McKinsey Quarterly (accessible sur inscription, gratuite) est le prolongement d'une première version réalisée il y a deux ans et demi, qui évolue en raison des changements qui affectent les technologies elles-mêmes, à un rythme effréné.

En résumé, ces 10 tendances sont :

1. La co-création s'affirme
Après les pionniers de Wikipedia et du logiciel libre, l'entreprise adopte la co-création : une enquête du cabinet auprès de responsables d'entreprises révèle que 70% d'entre elles y font appel. Et il ne faut pas oublier les millions de blogueurs qui publient des tests et des recommandations, dont certains peuvent constituer une base pour faire évoluer produits et services.

2. Le réseau est l'organisation
Les entreprises sont de plus en plus aptes à rompre leurs barrières internes (entre silos) et externes pour rechercher les compétences les plus pertinentes pour accomplir une tâche donnée. McKinsey note cependant que l'orthodoxie dans le management est un frein à l'ouverture vers l'extérieur...

3. La collaboration monte en puissance
Alors que les "knowledge workers" sont de plus en plus nombreux et de plus en plus importants pour l'entreprise, il devient critique d'améliorer leur productivité et la collaboration est un pilier de la capitalisation des connaissances indispensable pour atteindre cet objectif. Mais il ne faut pas croire (comme on le voit encore souvent) que la mise en place d'un outil collaboratif suffit à renforcer la collaboration !

Côté technologies, ces trois premières tendances s'appuient essentiellement sur la puissance du web, les outils collaboratifs et les réseaux sociaux qui effacent les distances et permettent de rapprocher des équipes gigantesques et hétérogènes (pensez aux 300 000 utilisateurs qui ont participé à la traduction de Facebook !).

4. L'internet des objets se développe
Depuis les premières adoptions des technologies RFID, l'internet des objets est composé d'une multitude d'appareils connectés, capturant, calculant, échangeant et traitant des informations de toutes natures. Les domaines d'application restent encore largement à imaginer.

5. Expérimentation et big data
Le volume d'informations dont dispose l'entreprise (sur ses produits, ses clients, ses ventes...) explose et les moyens d'exploiter cette masse commencent à apparaître, offrant des possibilités immenses de tester et expérimenter de nouveaux services ou produits, en limitant les risques d'erreurs.

6. Marcher vers un monde durable
D'un côté, les technologies constituent une source importante d'émissions de gaz à effet de serre, qu'il est nécessaire de maîtriser, et, d'un autre côté elles sont aussi les catalyseurs d'une réduction de l'empreinte environnementale de nombreuses autres activités. La première partie commence à être prise en compte dans l'entreprise et les décideurs doivent maintenant s'attaquer au second volet du "Green IT".

7. Imaginer tout comme service
La capacité à mesurer, personnaliser et facturer l'utilisation de services permet de s'affranchir du modèle classique de la vente de produits. Alors que le "cloud computing" de l'informatique est encore balbutiant, le "tout comme service" commence à toucher d'autres secteurs (pensez aux initiatives d'auto-partage, par exemple).

8. Les modèles business multi-facettes
Ces modèles consistent à passer d'une interaction entre un acheteur et un vendeur à une interaction où plusieurs acteurs interviennent (l'exemple type est celui de la publicité dans les médias). Le modèle publicitaire est largement répandu sur Internet, y compris dans les logiciels professionnels et de nouvelles formes émergent, favorisées par les effets de réseau (un exemple est celui du "freemium" : un service de base est fourni gratuitement mais une partie des utilisateurs payent pour un service plus évolué).

9. L'innovation par la base de la pyramide
Les modèles disruptifs apparaissent plus facilement dans un environnement difficile : c'est une des raisons du succès de certaines initiatives dans les pays émergents, tels que le service de paiement mobile M-Pesa lancé par Safaricom au Kenya. Et ces acteurs vont progressivement exporter leurs modèles vers les pays développés...

10. La production de "bien public"
Les technologies sont appelées à faciliter la production de "bien public", qu'il s'agisse de la gestion des transports dans les villes, des réseaux de distribution d'eau et d'électricité "intelligents" ou de leur contribution à l'efficacité des services publics.

Google Wave, c'est fini

Google Wave
Un peu plus d'un an après sa mise en ligne, Google annonce l'arrêt des développements pour Wave, son outil de communication et de collaboration dynamique en temps réel sur le web.

Lors de son lancement, Google Wave avait attiré l'attention en proposant une approche radicalement nouvelle de la  collaboration sur le web, avec ses possibilités de partage de tout type de contenus et/ou d'applications, immédiatement visibles de tous les participants (jusqu'à suivre la saisie d'un texte caractère par caractère à l'autre bout du monde), dans un mode totalement ouvert. Mais, en même temps, l'outil soulevait des interrogations et laissait perplexe beaucoup de monde quant à ses usages. La rupture était certainement trop importante puisque la faible adhésion des utilisateurs est la raison invoquée pour son arrêt.

Google n'a pas de regrets sur cet échec, considéré comme un risque naturel dans toute démarche innovante, d'autant plus dans un modèle qui consiste à mettre en ligne un outil, sans promotion particulière, pour voir si les utilisateurs sont séduits ou non. Les développements réalisés seront réutilisés dans d'autres projets (le futur réseau social de Google ?) et, le code source de Google Wave étant ouvert, ceux qui seraient intéressés ont toute liberté de poursuivre l'effort...

Google profite également de cette annonce pour faire le point sur Buzz, une autre de ses iniatives récentes, dont le succès semble satisfaisant, notamment du fait de son intégration directe dans GMail.

[Mise à jour - 06/09/2010] Probablement en réponse aux réactions (virulentes) des utilisateurs, les responsables de Wave ont annoncé leur projet de compléter la publication des sources (déjà effective) par la mise à disposition de "Wave in a Box", une version complète et prête à installer de l'application, pour ceux qui souhaiteraient continuer à l'utiliser ou la faire évoluer.

mercredi 4 août 2010

Hype Cycle Gartner des technologies émergentes 2010

Gartner
Aujourd'hui, Gartner présentait publiquement son "Hype Cycle des technologies émergentes" 2010, synthèse d'un ensemble de 68 "hype cycles" spécialisés par domaine, couvrant plus de 1600 technologies différentes.

Si vous ne connaissez pas le principe du "hype cycle", vous pouvez en lire une description (en anglais) sur le site de Gartner. De plus, je m'excuse par avance de l'abus de termes anglais dans cet article mais certaines technologies (de même que l'expression "hype cycle") sont difficiles à traduire fidèlement.

Les technologies émergentes qui, selon Gartner, comptent (ou compteront) en 2010 sont regroupées en quelques "combinaisons", qui représentent les grandes tendances à surveiller dans l'entreprise.

Interactions et expérience utilisateur
Ce groupe, un des plus riches du "hype cycle", se répartit sur deux grandes catégories : les appareils et les modes d'interaction.

Parmi les premiers, les tablettes à stylet atteignent le "plateau de productivité" (même si elles ne se généralisent que dans des secteurs spécifiques) alors que les lecteurs de livres électroniques (e-readers) sont presque dans le "puits des désillusions", avec une généralisation attendue dans les deux ans (attention : on parle bien ici des technologies en entreprise). En revanche, Gartner voit les tablettes "media", dont l'iPad est le représentant le plus connu, au "pic des attentes excessives", mais sur un cycle rapide (deux ans) et avec une capacité de transformation significative...

Dans les seconds, les interfaces tactiles d'aujourd'hui se verront progressivement complétées d'interfaces "tangibles", c'est-à-dire l'utilisation d'objets physiques pour interagir avec les systèmes. Cette vision s'inscrit dans le long terme (plus de 10 ans) mais elle existe pourtant aujourd'hui avec la reconnaissance d'objet qui permet de créer des applications originales sur la table Surface de Microsoft.

Réalité augmentée et informatique contextuelle
Pour Gartner, la réalité augmentée n'est qu'une partie d'une tendance plus générale à laquelle il prédit un brillant avenir : l'informatique contextuelle. La promesse de cet ensemble de technologies est de remplacer l'approche d'une recherche d'information pilotée par l'utilisateur par une offre d'information proposée automatiquement en fonction de son "contexte". Au sein de ce groupe, les applications exploitant la localisation de l'utilisateur sont, sans surprise, en approche du "plateau de productivité".

La réalité augmentée proprement dite, aujourd'hui surtout mobile et qui est en train d'enrichir son approche par la localisation et l'orientation de l'utilisateur avec des capacités de reconnaissance d'images est cependant positionnée sur le "pic des attentes excessives". Les "plates-formes" de réalité augmentée (dont un exemple est Layar, pour Android et iPhone) devraient favoriser une explosion rapide d'applications innovantes, donnant un nouveau potentiel au concept de mashup.

Cloud et plates-formes
Inclus dans le hype cycle depuis 2 ans, le cloud computing est toujours en évolution et il devient de plus en plus important pour les entreprises, où il aura un fort pouvoir de transformation. Mais il approche de la phase de descente dans le "puits des désillusions" et les réactions négatives vont certainement s'amplifier dans peu de temps.

Côté plates-formes, ce sont les AppStores mobiles qui sont mises en évidence, entrant dans la phase d'"illumination" qui se traduit par une adoption en hausse (quelle banque n'est pas aujourd'hui présente sur l'AppStore d'Apple ?).

Décisions pilotées par les données
Les applications décisionnelles sont devenues critiques pour l'entreprise. Dans ce domaine, l'analyse prédictive (consistant à analyser les données historiques et les événéments actuels pour "prédire" le futur) approche le "plateau de productivité". Un aspect intéressant de ces technologies est leur capacité à appliquer des modèles d'un secteur (par exemple bancaire) dans un autre (par exemple la santé), pour faire émerger des utilisations des données auxquelles personne ne pensait auparavant.

En croissance vers le "pic des attentes excessives", on trouve les "social analytics" qui vont intégrer dans les outils décisionnels de l'entreprise des données provenant de sources externes, dont les plus importantes seront les plates-formes du web social.

En périphérie
Un certain nombres de technologies, toutes en phase d'émergence, sont rassemblées dans cette "frange" un peu fourre-tout, qui comprend par exemple : l'impression 3D (dont le potentiel "transformationnel" est jugé important), les robots mobiles (pour des applications ciblées d'asset management, de visioconférence... dans un premier temps)...

Mise à jour du 05/08 : vous pouvez suivre le webinar en différé et télécharger la présentation depuis cette page.

mardi 3 août 2010

A lire ailleurs : le DSI de CBA parle du cloud

Interview du DSI de CBA
Quand Michael Harte, DSI de la Commonwealth Bank of Australia (CBA), la première banque australienne, parle du cloud dans une longue interview, il n'est pas question de théorie mais bien d'une réalité
 
Quelques morceaux choisis pour vous inciter à en lire l'intégralité :
  • Avec le cloud computing, CBA veut se dégager de la gestion des infrastructures et pouvoir ainsi mieux se consacrer à offrir les services que les clients de la banque attendent.
  • CBA a conçu et développé un système de "database as a service" (sur un socle Oracle), qu'elle est prête à partager avec d'autres entreprises.
  • La banque a mis en oeuvre une "capacité de machine virtuelle" pour des serveurs de moyenne gamme, utilisée en interne et en externe (avec Savvis et Amazon) pour le développement et le test d'applications. Ces machines virtuelles sont provisionnées en quelques minutes et peuvent s'adapter à la charge en quasi temps réel.
  • L'utilisation du cloud est limitée actuellement aux développements et tests mais quand on sait que ces activités peuvent représenter jusqu'à 40% de la puissance informatique de la banque, l'intérêt est évident, même si tous les projets ne sont pas candidats au cloud.
  • Concernant les risques et les craintes souvent évoqués avec le cloud computing, Michael Harte a une approche pragmatique : un des savoir-faire d'une banque est la gestion des risques et il s'applique parfaitement à cette problématique. La sécurité, la localisation des données, la portabilité... sont autant de facteurs à prendre en compte dans une évaluation objective des risques et, le cas échéant, peuvent conduire, par exemple, à prendre des précautions spécifiques (telles que des couches de sécurité additionnelles).

Lecture fortement recommandée !

lundi 2 août 2010

Rightcliq by Visa, ma boutique personnelle

Rightcliq
Après Mastercard et sa "MarketPlace", Visa lance à son tour son initiative dans le domaine du e-commerce avec Rightcliq, qui offre un ensemble de services innovants pour les porteurs et non porteurs de cartes de la marque (aux Etats-Unis exclusivement).

Rightcliq, c'est une extension pour navigateur web, qui permet tout d'abord de remplir d'un clic de souris les informations demandées lors d'un achat sur un site de e-commerce : nom et adresse de livraison et caractéristiques de paiement (non limité au paiement par carte).

Rightcliq, c'est également un site permettant de créer sa boutique idéale : au cours de sa navigation sur un site de commerce en ligne, l'internaute peut "marquer" chaque article qui l'intéresse grâce à l'extension installée dans le navigateur. Les articles ainsi retenus sont alors ajoutés à son "wishspace", qu'il peut organiser à sa guise et qui va ainsi rassembler tous les achats qu'il aimerait faire. Et, une fois un achat réalisé, le service permet également de suivre les livraisons en temps réel (avec certains transporteurs seulement).

Enfin, et comme il se doit dans tout service "moderne", Rightcliq ajoute une touche de réseau social à ce site en permettant de partager son "wishspace" (en totalité ou en partie) avec ses amis, pour leur demander leur avis et leurs conseils.

L'idée de Visa, inspirée par les utilisateurs eux-mêmes, est séduisante : le principe d'un site unique sur lequel sont rassemblés tous les achats de l'internaute, et permettant de plus une interaction sociale, va certainement attirer de nombreux utilisateurs, pourvu que la réalisation soit à la hauteur des promesses.

LCL a testé la table tactile "Surface" en agence

Communiqué LCL
On savait que le pôle innovation du groupe Crédit Agricole s'intéressait à la table Surface de Microsoft depuis sa sortie, dont plusieurs démonstrations ont déjà été organisées par la banque. L'étape suivante était naturellement de réaliser un test en situation, ce qui a donc été fait dans l'agence "Quartier Latin" (à Paris) de LCL, au début du mois de juillet.

Accessible en libre service, aux clients comme aux non clients, la table tactile était équipée de l'application "LCL à la Carte", qui permet à chacun de créer son portefeuille de services bancaires et créer ainsi une offre personnalisée.

L'objectif de l'expérimentation était d'évaluer l'intérêt du public pour cette nouvelle technologie, la manière dont elle est appréhendée et son efficacité commerciale. Selon LCL, les résultats sont prometteurs : les visiteurs se sont montrés curieux et impatients de prendre en main la table.

Je suis pourtant sceptique devant cette "innovation" : s'il n'est pas surprenant que le public ait été attiré par la nouveauté et l'aspect ludique de la "Surface" (surtout dans le quartier latin !), il ne me semble pas du tout certain qu'une expérimentation limitée au portage d'une application existante sur un support original puisse en prouver la valeur pour la banque. Ainsi, LCL aura probablement démontré l'attrait d'une certaine population pour la technologie elle-même, mais il reste à imaginer des services originaux exploitant de manière unique les capacités de la table tactile pour qu'une généralisation dans les agences bancaires soit justifiable. Espérons qu'il s'agisse de la prochaine phase du projet du Crédit Agricole !

Référence : communiqué de presse LCL

dimanche 1 août 2010

Rule.fm veut en finir avec l'austérité des applications d'entreprise

rule.fm
Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi les applications d'entreprise étaient tellement austères qu'on en arriverait à penser, comme Oliver Widder sur Geek & Poke, que l'absence de créativité est un critère de recrutement dans les sociétés qui les développent ? Un logiciel "sexy" serait-il néfaste à l'efficacité ?

Quelles qu'en soient les raisons, Fusion Monarch a décidé avec rule.fm de rompre avec la tradition établie (par les IBM, Oracle, Microsoft et autres Salesforce de ce monde) et veut "redéfinir le monde des applications de productivité au point de faire pleurer Apple" (citation de TechCrunch).

Heureusement, l'aspect visuel de rule.fm n'est pas sa seule qualité et l'outil devrait aussi offrir un ensemble de fonctions collaboratives capable de séduire sa cible d'utilisateurs. Le lancement est prévu pour mardi (3 août 2010) mais cette première version ne sera pas encore à la hauteur des ambitions de ses concepteurs, qui affichent une roadmap comprenant de nombreuses nouveautés à venir.

A ce jour, rule.fm comprend des fonctions de gestion de contacts, d'équipes et de groupes, de gestion de projet, de partage de documents, de suivi d'activités (à la Twitter), de messagerie, de gestion de calendrier..., dans une interface, totalement intégrée, agréable et simple à utiliser. Dans le futur, l'outil étendra son périmètre au CRM (Customer Relationship Management ou Gestion de la Relation Client), ajoutera des wikis et de s'ouvrira à l'accès mobile, entre autres.


Alors que nombre de startups orientent leurs innovations vers le grand public, il se dessine une tendance à appliquer les recettes qui ont fait leur succès vers le monde professionnel (voir aussi l'exemple d'Asana, créé par un des fondateurs de Facebook). Cela n'est pas surprenant : la "consumérisation" de l'informatique est en marche et n'a pas fini de transformer l'entreprise, en profondeur.

BNP Paribas & Green IT : peut mieux faire

BNP Paribas - Rapport RSE
BNP Paribas vient de publier son Rapport sur la Responsabilité Sociale et Environnementale pour 2009, qui nous offre une opportunité d'évaluer les efforts de la première banque française en matière de Green IT (ou EcoTIC).

En synthèse, le bilan est globalement mitigé : la banque met en avant un certain nombre d'initiatives mais beaucoup de celles-ci sont locales (limitées à une filiale) et elles ne démontrent pas une volonté de réduction "agressive" des émissions de gaz à effet de serre (GES). Même si quelques-unes de ses concurrentes sont plus avancées, je crains que ce constat ne soit représentatif du secteur financier en général...

Ainsi, pour ce qui concerne la réduction de la consommation énergétique de l'informatique, une des principales sources d'émission de GES dans les entreprises de services, le programme "Green IT" de la DSI cité par le rapport semble manquer d'ambition puisqu'il se concentre sur un petit nombre d'actions, plutôt ponctuelles :
  • L'attention à l'utilisation de composés nocifs pour l'environnement dans les matériels ;
  • Le recyclage des équipements arrivant en fin de vie ;
  • La mise en place de la solution NightWatchMan (qui permet de piloter à distance l'allumage et l'extinction des PC de bureau, sans gêne pour les utilisateurs), malheureusement toujours limitée au Royaume-Uni (où elle permet de réduire la consommation électrique de 50% depuis 2007, selon BNP Paribas) et dont l'extension à d'autres implantations reste "en cours".
Et il n'est fait aucune mention d'une stratégie pour l'optimisation environnementale des centres de production informatiques du Groupe, qui représenterait pourtant un enjeu majeur dans une politique environnementale digne de ce nom !

Le bilan global, relativement élevé, des émissions de GES liées à la consommation énergétique, qui s'établit à 2,34 tonnes d'équivalents CO2 par salarié, reflète finalement ce manque d'ambition.

Parmi les autres initiatives qui nous intéressent, liées d'une manière ou d'une autre à l'utilisation des technologies pour réduire l'empreinte environnementale de la banque, on peut noter :
  • Les trajets domicile - travail dont on peut considérer qu'il s'agit du seul domaine où la banque est réellement "en pointe", puisque la plupart des grandes entreprises ignore ce poste dans leurs évaluations d'émissions de GES. La méthode employée reste approximative (la marge d'erreur estimée est de 20%) mais permet de se rendre compte de son impact, évalué à 38% (soit 2,39 tonnes d'équivalent CO2 par salarié) des émissions du groupe en France. Dans le domaine, BNP Paribas promeut l'utilisation des transports en commun (plutôt "mollement", cependant) et a également mis en place un service de covoiturage qui rencontre un certain succès, avec 10 000 visites du site en 2009.
  • Les déplacements professionnels, qui représentent 36% des émissions de GES et pour lesquels la banque a mis en place quelques initiatives (modestes) : préférence pour les déplacements en train et promotion de la téléphonie et de la visioconférence...
  • L'immobilier, pour lequel des outils de pilotage "intelligents" de l'éclairage, du chauffage et de la climatisation sont en cours de généralisation en vue de réduire la consommation énergétique, notamment dans le réseau d'agences en France.
  • La consommation de papier, qui reste élevée, à près de 200 kg par salarié et pour laquelle, en dehors de mesures "faciles" (comme l'impression des relevés de compte en recto-verso et la sensibilisation des collaborateurs), ne fait l'objet de mesures concrètes que dans quelques filiales.
  • Le recyclage des consommables (papier et cartouches d'encre), dont on peut tout de même espérer qu'il est désormais standard dans les grandes entreprises.
Naturellement, toutes ces initiatives sont utiles et, si toutes les entreprises étaient déjà à ce stade de leur préoccupation environnementale, la planète s'en porterait certainement mieux. Mais on ne peut s'empêcher d'être déçu par la maturité de BNP Paribas dans ce domaine, alors que l'environnement représente un de ses sujets de communication favoris. Espérons que d'autres iniatiatives sont en réflexion et brilleront dans son rapport RSE 2010 !