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C'est pas mon idée !

mercredi 10 janvier 2024

Chimney, le conseil aux propriétaires immobiliers

Chimney
Sa nouvelle collaboration avec un éditeur de logiciels bancaires, Alkami, nous procure une occasion de découvrir en détails comment l'américaine Chimney propose aux propriétaires d'optimiser le pilotage opérationnel de l'actif que représente leur bien immobilier, depuis l'application avec laquelle ils gèrent habituellement leurs comptes.

Aux prémices de sa mission, la jeune pousse exploite une gigantesque base de données de référence (issues de sources diverses, cartographie, cadastres, registres de propriété…) lui permettant d'estimer de manière fiable la valeur d'une résidence à partir de quelques caractéristiques (principalement l'adresse). En combinant cette matière première avec les informations sur les prêts hypothécaires en cours, elle est en mesure de suggérer, par exemple, des options de refinancement, simulateurs à l'appui.

Désormais, son intégration avec une plate-forme couvrant l'ensemble du spectre des métiers de la banque lui ouvre des opportunités démultipliées. Il n'est plus simplement question d'envisager une approche de recommandations théoriques, fondées sur une analyse mécanique des conditions de crédit. En appréhendant la situation globale de la personne concernée, telle qu'elle est reflétée par sa relation avec l'établissement, il devient possible de lui délivrer des conseils personnalisés pour son patrimoine.

À un niveau élémentaire, les offres de financement émises, qui prennent automatiquement en considération à la fois une valorisation sérieuse et les autres paramètres susceptibles d'influencer la décision (score de crédit, autres engagements connus…, voire comportement avec l'argent, historique des interactions, projets identifiés…), sont immédiatement ajustées aux circonstances et autorisent une souscription rapide, en limitant les contrôles préalables nécessaires.

Alkami x Chimney

Dans un registre plus subtil, l'immersion dans un contexte élargi donne à la banque la faculté de prodiguer un accompagnement relevant plus du bien-être financier que de la seule distribution de produits. Une illustration évoquée par Chimney est le scénario suivant : la hausse du prix de l'habitation sur le marché (surveillé régulièrement et faisant l'objet d'un rapport mensuel) permet de débloquer un capital supplémentaire présenté alors comme un moyen de résorber une dette onéreuse sur une carte de crédit.

L'objectif n'est pas seulement de satisfaire les attentes profondes des clients en espérant qu'ils seront ainsi plus fidèles et qu'ils complèteront naturellement leur équipement. Grâce à une démarche proactive pertinente, en particulier dans un domaine où la tentation (légitime) de consulter la concurrence est importante, la probabilité s'accroît significativement de figurer en haut de la liste des fournisseurs potentiels pour le prochain emprunt. Le conseil personnalisé a aussi une rationalité économique !

mardi 9 janvier 2024

Une place de marché de crédit enfouie

Origence
Quand Tesla introduit une nouvelle option de financement au sein de son parcours d'achat de véhicule électrique, il faut toujours s'attendre à un minimum d'innovation. En l'occurrence, il s'agit d'une solution de courtage permettant aux petites « credit unions » américaines de pénétrer un marché qui leur était jusqu'alors plus ou moins interdit.

Dans son principe, le mécanisme mis en œuvre n'est guère original puisqu'il consiste à donner aux futurs propriétaires de véhicule la faculté de souscrire un emprunt durant le processus de commande (en ligne), sans frictions et, notamment, sans jamais quitter l'environnement du constructeur. Cependant, jusqu'à présent, cette possibilité reposait généralement sur un partenariat avec un établissement unique (certaines enseignes ont même créé une filiale dans ce but), dont les conditions sont alors figées.

Dans le cas de la version conçue par le fournisseur de technologies Origence et portée par une filiale dédiée, détentrice d'une licence ad hoc, nous avons plutôt affaire à une sorte de place de marché ouverte à toutes les « credit unions » désireuses de profiter de l'opportunité. Concrètement, le client sollicitant un prêt complète un dossier transmis à FI Connect, qui le valide, puis, dans un rôle de courtier, recherche le crédit optimal pour la demande considérée et le conclut auprès du partenaire sélectionné.

FI Connect

Pour Tesla, et, au-delà, pour tous les commerçants à qui la formule s'adresse, le principal avantage est un accès unifié aux produits d'un écosystème d'institutions financières dont le modèle coopératif induit des coûts réduits et, surtout, capables, chacune, de répondre à des besoins spécifiques pour une meilleure adéquation à chaque client et à chaque circonstance. Voilà un excellent moyen de garantir un traitement préférentiel pour tous (ou presque), susceptible de stimuler les ventes.

Du point de vue des « credit unions », à la portée au mieux régionale (et qui, étant rarement en concurrence entre elles, n'auront pas d'états d'âme à coexister avec d'autres), la promesse de développer leur marché chez des distributeurs nationaux est alléchante. Il faut toutefois souligner que leur fonctionnement, qui impose une adhésion préalable à la relation commerciale, introduit une rupture dans l'expérience utilisateur… probablement compensée par leurs conditions commerciales privilégiées.

Même dans les pays, comme la France, où l'industrie bancaire est contrôlée par quelques grands groupes et où l'approche de FI Connect n'est donc pas directement déclinable, l'idée sous-jacente mérite l'attention. Elle esquisse en effet une autre dimension pour la finance enfouie, dans laquelle ce ne sont plus les établissements individuels qui commercialisent leurs produits mais un courtier qui, dans cette position, est aussi en mesure d'intégrer de manière transparente son expertise de conseil…

lundi 8 janvier 2024

Le Web3 selon Visa

Visa
Avec la fin des grands espoirs (à court terme) pour le métavers, les promesses du web3 se sont elles aussi éloignées, en attendant des jours meilleurs. Qu'à cela ne tienne, Visa profite du déclin pour s'approprier le concept, ou, du moins, son titre, dans le lancement d'une nouvelle plate-forme de fidélisation des consommateurs.

Selon la définition généralement admise, le web3 est une notion relativement théorique – ou, à tout le moins, aux frontières floues – embrassant des principes de décentralisation, des technologies de blockchain et une économie à base de jetons (ou tokens), le tout étant fréquemment orchestré dans des univers immersifs au sein desquels ces composants nativement « digitaux » prennent tout leur sens. Naturellement, un tel pedigree le réserve pour l'instant à une minorité de passionnés.

Et, avec la même évidence, ce n'est pas ce qui intéresse Visa… Sous couvert d'une dénomination qui ne fait pourtant plus rêver grand monde, le géant des paiements évoque des outils destinés à stimuler l'engagement des porteurs de carte de paiement dans le contexte de 2024, donc en prenant pleinement en compte leurs comportements en ligne et leurs attentes correspondantes, en parallèle de leurs parcours dans le monde physique. Tout cela paraît loin d'une troisième génération du web.

Visa Web3 Loyalty Engagement Solution

Concrètement, il est question de programmes de fidélité intégrés en quelques gestes grâce à un porte-monnaie virtuel et pilotés via une application mobile, assortis de récompenses qui, outre les systèmes de points en vigueur, prennent aussi la forme de cadeaux, réels ou virtuels… dont, seule référence effective au web3, des jetons numériques, à convertir ou de collection. Sont également évoqués des possibilités d'animations hybrides, telles que des chasses au trésor en réalité augmentée.

En soi, l'approche est plutôt raisonnable. Partant du constat d'un décalage entre les modèles de cashback traditionnels (et leurs variantes) et l'évolution des habitudes de leurs bénéficiaires, il semble pertinent de les compléter, d'une part sur le volet de l'acquisition des avantages, en misant sur les actes et événements autres que les seuls achats (par exemple l'incontournable partage sur les réseaux sociaux, la participation à une enquête ou à un jeu…), et, d'autre part, côté rétributions, à travers des primes dématérialisées ou virtuelles.

Certes, présenté de la sorte, la nouveauté perd beaucoup de son originalité. Alors un brillant cerveau marketing (à moins qu'ils ne s'y soient mis à plusieurs) a décidé d'intituler le dispositif « Visa Web3 Loyalty Engagement Solution » afin de lui donner une aura futuriste. Encore quelques opérations similaires et le web3, qui avait déjà du plomb dans l'aile, achèvera sa brève carrière dans la dérision et l'oubli général.

dimanche 7 janvier 2024

Focus sur le bien-être financier des employés

Tifin
Lentement mais sûrement, la corrélation entre bien-être financier et engagement au travail entre dans les mentalités. Témoin l'annonce d'une collaboration, aux États-Unis, étonnamment en avance sur le sujet, entre le gérant d'actifs Franklin Templeton et le studio de startups spécialisées TIFIN autour d'une offre destinée aux entreprises.

Historiquement, les employeurs américains introduisent des plans d'épargne retraite dans leurs packages d'avantages aux salariés dans une optique de séduction et de fidélisation, sans vraiment se préoccuper de l'impact potentiel de ces dispositifs sur leur performance. Pourtant, les études prouvant le lien entre stress financier et productivité se multiplient. Dans un autre contexte, j'oserais même avancer l'hypothèse que la baisse observée récemment dans ce dernier domaine en France pourrait avoir un rapport avec les attaques récurrentes menées contre les systèmes publics de retraite (et de santé), causant des inquiétudes sournoises nuisibles à une activité sereine.

Certes, la solution TIFIN @Work, mise à la disposition des gestionnaires de patrimoine désireux de prendre pied dans l'univers professionnel, cherche aussi à convaincre sa cible par l'importance, dans le présent marché du travail, de proposer des compléments à la feuille de paye originaux et différenciants par rapport à la concurrence. Mais il lui faut aussi justifier son positionnement sur une vision élargie au-delà des produits directement liés à la carrière et son prolongement naturel en termes de revenus.

S'imposent alors des réflexions génériques essentielles autour de cette notion de bien-être financier. D'abord, il est question de prise de recul et d'ouverture des horizons. Comme j'aime à le souligner régulièrement, la gestion intelligente de l'argent ne peut fonctionner par juxtaposition de compartiments étanches, un pour les dépenses du quotidien, un pour un grand voyage, un pour anticiper les accidents, un pour l'achat d'une résidence… un pour la retraite… Seule a du sens une approche à 360°, intégrant et coordonnant tous les besoins, tous les projets et toutes les envies.

Tifin @Work

Fort logiquement, une telle perspective est également bénéfique pour la tranquillité d'esprit des employés. En leur procurant les moyens de prendre en main leur destin budgétaire, dans son ensemble, ce qui leur laisse une perception de contrôle radicalement différente de l'habituelle impression d'être à la merci des événements, ils peuvent se libérer, au moins dans une certaine mesure, des angoisses du lendemain et, de la sorte, mieux s'investir dans leurs tâches et leur rôle dans l'entreprise.

Le contenu concret de TIFIN @Work n'est pas décrit en détail, la communication officielle évoquant un modèle d'accompagnement holistique comprenant analyse de la situation initiale, conseils opérationnels personnalisés et éducation « digitalisée ». Au vu de l'implication de Franklin Templeton, le risque est grand d'une focalisation trop marquée sur les produits financiers, au détriment de la logique centrée sur les comportements qui devrait être privilégiée. Quoi qu'il en soit, la démarche « philosophique » sous-jacente est extrêmement pertinente et vaut d'être émulée.

samedi 6 janvier 2024

Cash en hausse, gestion budgétaire en berne

Nationwide Building Society
Alors que la tendance était depuis longtemps à la baisse, voilà que, même en écartant l'effet spécifique de la crise sanitaire, l'usage des espèces, tel qu'il est mesuré par Nationwide à travers les retraits effectués sur ses automates, commence à repartir à la hausse, en corrélation, apparemment, avec la pression sur le pouvoir d'achat.

Le phénomène se reproduit pour la deuxième année consécutive (encore une fois, en excluant les « anomalies » conjoncturelles de 2020 et 2021) et s'il s'explique en partie, pour l'établissement, par son insistance à maintenir ses implantations dans des localités que les grandes banques britanniques désertent, il serait également dû à un comportement défensif en période difficile : pour beaucoup, le recours à l'argent physique continue à représenter le meilleur moyen de maîtriser son budget.

Rien de tel, afin de s'assurer de ne pas dépenser plus que prévu, que de retirer les fonds alloués à telle ou telle catégorie dès réception des revenus, sans aucune possibilité de dépasser le solde disponible, et de régler par la suite tous ses achats en liquide, en laissant la carte de débit (avec ses risques de découvert) ou de crédit (avec ses engagements subreptices) à la maison. Avantage supplémentaire, la matérialité des pièces et des billets permet de surveiller instinctivement le niveau des réserves.

Nationwide – Cash Back

Ce que traduit donc le réflexe de ces consommateurs observé par Nationwide est la complexité persistante pour eux de réguler leurs finances personnelles dans un univers « digitalisé ». Quels que soient les outils mis à leur disposition, une fraction non négligeable de la population ne parvient pas à piloter des comptes bancaires rendus totalement abstraits quand ils ne sont représentés que par des nombres affichés sur un écran. Et le stress croissant des fins de mois ne fait qu'aggraver la situation.

Comment répondre… si on considère que le cash est un pis-aller en voie d'obsolescence face à une problématique profonde ? Il n'existe probablement pas de recette magique, hélas. De toute évidence, la priorité consisterait à travailler sur l'éducation financière élémentaire des personnes concernées, en renforçant leur capacité à gérer leur budget quotidien, avec un accompagnement de proximité proactif afin de leur faciliter la transition d'une approche « tactile » à une logique numérique.

vendredi 5 janvier 2024

HSBC vs. Wise, deuxième round

Zing
La première tentative de HSBC, il y a à peine plus de trois ans, de concurrencer Wise, le trublion des transferts internationaux, n'était guère convaincante. Le géant britannique revient aujourd'hui à la charge, à grand renfort de communication, avec une solution entièrement redéfinie : est-elle mieux armée que la précédente ?

D'emblée, il faut souligner les progrès sensibles enregistrés avec ce qui ressemble malgré tout plus à une évolution de l'ancien « Global Money Account » (apparemment toujours distribué, à ce jour) qu'à une véritable nouveauté. D'abord, dans une démarche qui s'affirme clairement comme une contre-attaque, Zing est ouvert à tous les consommateurs (quoique uniquement les résidents britanniques, pour l'instant) et ne concerne donc plus exclusivement les clients existants de la banque.

Autre évolution remarquable, ses concepteurs ont enfin compris quel était le facteur majeur de différenciation de leur adversaire. Le service fournit donc désormais une totale transparence sur les frais de transfert, sans « tricher » sur les taux de change, comme en ont l'habitude les établissements traditionnels. Selon les tests de TechCrunch, il s'avèrerait même que les coûts des opérations sont réellement compétitifs. Encore faudra-t-il voir si cette tendance ne ressort pas que d'une promotion de lancement.

En revanche, HSBC rate le coche sur une autre caractéristique essentielle de Wise et continue à refuser obstinément tout engagement sur les délais d'exécution des transactions. En comparaison d'une promesse d'arrivée des fonds en moins de 20 secondes (dans la moitié des cas) et de l'affichage systématique d'une estimation, les méthodes standards mises en œuvre par Zing n'autorisent probablement ni une prévision ni ce niveau de performance… même s'ils étaient souhaités.

Accueil Zing

Plus ennuyeux, il semblerait que le principe d'un porte-monnaie prépayé soit conservé dans cette itération (ce qui me conduit justement à évoquer cette idée d'une transition depuis le dispositif antérieur). Ainsi, l'utilisateur qui désire envoyer une somme d'argent ne peut le faire que depuis son compte Zing, dans l'une des 10 devises que celui-ci supporte. Dans le cas où son solde est insuffisant, il doit d'abord le provisionner avant de procéder au mouvement. Ce détail peut paraître anecdotique, il n'en nuit pas moins à l'expérience de ceux qui veulent réaliser un transfert de temps à autre.

En synthèse, douze ans après la naissance de Wise, dont les 5% de part de marché qu'elle assure avoir conquis constitue une épine dans le pied, de plus en plus douloureuse, des grands groupes financiers mondiaux, ces derniers ne parviennent toujours pas à appréhender correctement les clés de son succès et encore moins à les répliquer. Comme toujours (et comme, par exemple, Santander avec PagoFX, rapidement fermé), HSBC compte sur sa réputation pour masquer ses faiblesses… mais cet argument n'a plus beaucoup de poids dans le monde « digital » contemporain.

jeudi 4 janvier 2024

Une compétition d'IA générative chez BBVA

BBVA
Fermement convaincue du potentiel que recèle l'intelligence artificielle générative pour l'optimisation de ses processus, BBVA a eu recours à une de ses techniques favorites afin d'en stimuler l'apprentissage et d'en propager l'adoption parmi ses collaborateurs. Elle a organisé une compétition interne durant quatre semaines.

Contrairement à ce que laisserait croire la facilité d'utilisation de ChatGPT dans sa version destinée au grand public, l'exploitation des « grands modèles de langage » qui en fournissent les fondations exige une expertise certaine pour qui espère en tirer des résultats pertinents et corrects. Choisir la « bonne » manière d'interagir avec le logiciel, entre expressions employées et description de contexte, par exemple, est en passe de devenir une discipline à part entière, le « prompt engineering » en anglais, que les commentateurs les plus enragés décrivent comme LE métier d'avenir.

Pour une institution financière, la fiabilité représente évidemment un pré-requis critique avant d'envisager une mise en œuvre à grande échelle, à laquelle s'ajoute en outre la préoccupation constante pour la sécurité, dont, en particulier, la protection inconditionnelle de la confidentialité des données susceptibles d'être transmises lors des conversations avec les outils d'IA générative. Ces deux contraintes – largement inédites dans un contexte technologique classique – conduisent logiquement la banque espagnole à engager une démarche spécifique pour la formation de ses troupes.

BBVA – Compétition GenAI

En l'occurrence, BBVA a choisi de réaliser une première expérimentation sous la forme d'un concours, comme elle a l'habitude, depuis longtemps, d'en lancer autour de thématiques émergentes. Son « DataRally », apparemment destiné en priorité aux professionnels de la donnée exerçant dans ses différents pays et structures, proposait ainsi aux participants de relever 12 défis successifs grâce à leurs talents d'interrogation d'un modèle d'intelligence artificielle (dont il n'est pas précisé lequel a été retenu).

Quelques 440 salariés, issus de tous les départements de l'entreprise, se sont affrontés, en totale bienveillance et sans enjeu, sur des problèmes de traitement d'information quantitative, de recherche d'anomalies dans des rapports financiers, d'analyse du niveau de satisfaction de clients (fictifs) sur la base de leurs communications… Leur objectif consistait à obtenir les réponses attendues dans le temps le plus court, à travers un minimum d'échanges avec la plate-forme. Chaque étape était conclue par un retour personnalisé et des recommandations pour une approche optimale.

Le succès de l'opération, matérialisé par des évaluations massivement positives (dont 95% de personnes se déclarant prêtes à recommencer), encourage la banque à réfléchir à intégrer le dispositif dans son programme existant de formation sur les données. Dans cette perspective et dans l'optique plus globale de renforcer ses compétences en la matière, un cursus dédié à l'intelligence artificielle générative sera introduit au sein de son « université des données » interne, ouverte à l'ensemble de ses effectifs.

mercredi 3 janvier 2024

La BCE lance un exercice de cyberguerre

BCE
Dans la lignée de ses tests de résistance thématiques, après celui de 2022 consacré au risque climatique, la Banque Centrale Européenne annonce pour cette année un exercice de reprise d'activité des banques après une cyberattaque. La démarche mise en œuvre sera aussi intéressante à observer que ses résultats, attendus pour l'été.

Répondant autant que possible aux enjeux les plus pressants du moment, il n'est guère étonnant que la BCE se concentre maintenant sur les problématiques de cybersécurité, au vu de la progression constante des menaces, en particulier dans une perspective géopolitique exacerbée par les tensions internationales. Ce qui peut paraître plus surprenant, toutefois, est le choix d'envisager un scénario dans lequel une offensive aurait atteint son objectif, dont les institutions auraient alors à se remettre.

Tandis qu'une première étape aurait pu consister à évaluer le niveau de protection des infrastructures informatiques, la décision de considérer en priorité l'hypothèse d'un incident majeur fournit deux indications sur l'état d'esprit du régulateur. D'une part, il s'agit évidemment du cas où l'impact sur l'économie – sa principale préoccupation – est le plus élevé. D'autre part, et ce facteur est à garder à l'esprit, elle reflète la conviction que la survenue d'un tel sinistre est devenue trop probable pour être ignorée.

Le test concernera 109 établissements placés sous la supervision directe de la BCE, parmi lesquels 28, représentatifs de la diversité de l'industrie du continent, seront soumis à un examen approfondi. Le principe repose, comme toujours, sur une simulation – en l'occurrence d'un incident perturbant leurs opérations quotidiennes – à partir de laquelle les participants seront invités à expliciter et analyser les réactions, décisions, procédures et plans d'urgence déployés en vue de rétablir un fonctionnement optimal.

Test de résistance de la BCE

La présentation du dispositif manque hélas de détails. Il serait pourtant extrêmement intéressant et utile de savoir, entre autres, quel(s) type(s) d'attaque entreront dans le champ de l'étude (il paraît impossible de les intégrer tous) et, plus important, de quelle manière seront mesurées les réponses des banques. En effet, on imagine mal que les plans de secours soient activés en production, ce qui serait pourtant le seul moyen de vérifier objectivement leur efficacité et les délais de restauration de services.

Quoi qu'il en soit, les résultats, s'ils sont fidèles à la réalité… et s'ils sont diffusés publiquement, promettent d'être passionnants à éplucher car il est rare de pouvoir plonger au cœur des mécanismes de résilience des systèmes informatiques et d'obtenir un aperçu de leur degré de préparation à des événements adverses. En outre, les conclusions serviront ultérieurement à ajuster les missions de contrôle routinières, ce qui laisse augurer d'un focus réglementaire renforcé sur la cybersécurité, à long terme.

mardi 2 janvier 2024

2024, année de l'ouverture d'Apple ?

Apple Pay
Si les accusations de pratiques anti-concurrentielles ont émergé presque immédiatement après le lancement d'Apple Pay, les régulateurs interpelés n'ont jusqu'à maintenant imposé aucune mesure corrective ni sanction. Selon certains observateurs, la situation pourrait cependant changer à court terme. Mais pour quels enjeux ?

Rappelons, pour les distraits, les origines du conflit. Lorsque la marque à la pomme a déployé son porte-monnaie mobile, elle a mis en œuvre une interface (standard) NFC au sein de ses téléphones afin de permettre à ceux-ci de communiquer avec les terminaux d'encaissement. Mais elle en garde précieusement le secret pour elle, interdisant de la sorte toute possibilité pour une autre entreprise d'implémenter sa propre solution compatible avec les réseaux d'acceptation les plus répandus dans le monde.

L'apathie des autorités face à ce qui ressemble fortement à un abus de position dominante pourrait donc toucher à sa fin, pour diverses raisons. D'une part, les actions à l'encontre des deux géants des smartphones se multiplient, sur différents sujets, et certaines commencent à déboucher, comme celles qui visent les AppStores de Google et Apple. D'autre part, les velléités de souveraineté, à l'instar de celles qui motivent en partie l'EPI, ont aujourd'hui tendance à encourager les interventions réglementaires.

Il ne serait toutefois question que d'obliger l'entreprise à autoriser librement l'exploitation des fonctions sans contact de ses appareils par les développeurs tiers, ce qui pourrait s'avérer insuffisant pour contrer l'avantage déloyal d'Apple Pay. En effet, ce dernier repose au moins autant sur l'expérience utilisateur – en particulier l'activation instantanée de la carte virtuelle au moment d'effectuer un paiement, jalousement protégée, elle aussi – que sur la disponibilité de la technologie sous-jacente.

En ajoutant à ce premier obstacle l'habitude prise par les consommateurs de régler leurs achats avec l'outil intégré à leur téléphone et la difficulté que rencontrent apparemment d'éventuels concurrents à développer unr alternative (après tout, le système Android, qui ne présente aucun blocage, n'a pas suscité la création d'une pléthore de solutions), il est clair que l'ouverture envisagée est un moyen d'esquiver une répression de plus en plus probable sans prendre de risques avec la profitabilité d'une activité lucrative.

À tout le moins, un accès complet aux capacités NFC du téléphone créerait des opportunités pour de nouvelles applications, au-delà des paiements, bien que, là encore, il faille craindre une bataille féroce autour de celles qu'Apple entend s'approprier directement. Ce sera vraisemblablement le cas pour les services d'identité « digitale », notamment. La lutte pour leur contrôle, que les états indépendants n'entendront certainement pas abandonner, sera toutefois plus âprement disputée.

Apple Pay

lundi 1 janvier 2024

Tendances 2024 pour le secteur financier

Tendances 2024

Après une vingtaine d’années de veille et d’analyse de l’innovation dans les services financiers, dont bientôt 14 ponctuées par un billet (presque) quotidien sur le blog « C’est pas mon idée ! », je me décide à publier pour la première fois un aperçu des tendances importantes, selon moi, pour les mois et années à venir.

Certes, je ne suis pas le seul à m’aventurer dans ce genre d’exercice, auquel le début d’année est propice. Je me lance pourtant, avec quelques idées originales qui, je crois, devraient distinguer la vision que je partage ici de celles que vous consultez habituellement :
  • Une focalisation exclusive sur le secteur financier et son rapport à l’innovation, concernant à la fois, autant que possible, les jeunes pousses et les institutions historiques, la banque et l’assurance…

  • Des orientations issues d’une observation permanente et prolongée du marché, à l’échelle de la planète, en particulier dans ses initiatives les plus en pointe, à travers un prisme sciemment subjectif… mais toujours argumenté.

  • Une approche duale, intégrant et articulant les perspectives métier et technologique, intimement imbriquées l’une avec l’autre, ce qui constitue une des spécificités – un des charmes – de l’univers de la finance.
En voici la vue de synthèse (cliquez sur l'image pour une version agrandie) :

Tendances 2024

Si vous souhaitez recevoir la version complète, comprenant une douzaine de pages d'analyse détaillée pour chacune des 21 tendances identifiées, transmettez-moi votre adresse de courriel à patrice@cestpasmonidee.fr, je vous l'enverrai dans les meilleurs délais. Je propose également des présentations interactives pour vous et/ou vos équipes, à distance ou en présentiel : contactez-moi pour connaître les modalités.

Je vous souhaite une excellente année 2024 !

An English version of the map is available here. You may also request the complete analysis, just send me a mail at patrice@cestpasmonidee.fr.