Voilà plus d'un an qu'Apple annonçait l'abandon de sa propre solution de paiement fractionné au profit de partenariats avec divers spécialistes, y compris en dehors des États-Unis. L'implémentation promise avec l'espagnole CaixaBank débarque tout juste et ses limitations risquent de décevoir ceux qui l'attendaient impatiemment.
La perspective est forcément attractive pour n'importe quel établissement financier : au lieu de compter sur les commerçants partenaires, acquis à grands frais, pour proposer leurs offres au moment opportun ou d'intégrer celles-ci au sein de leurs plates-formes mobiles, où elles ont toutes les chances d'être rapidement oubliées, quoi de mieux que de suggérer un plan de financement au niveau de l'instrument de paiement lui-même, toujours visible et potentiellement applicable à toutes les dépenses ?
C'est donc l'approche que déploie désormais CaixaBank à l'intention de tous les porteurs d'une de ses cartes, dans la mesure où ils l'ont installée dans leur porte-monnaie « digital ». Avant de valider un règlement – sur une transaction éligible –, ils disposent sur leur écran de la possibilité de répartir le montant en plusieurs échéances, sur deux à douze mois (selon les conditions de leur contrat), en quelques gestes simples, le coût total et les mensualités étant systématiquement affichés par souci de transparence.
Comme toujours avec son système de paiement et bien qu'elle en soit l'intermédiaire, la marque à la pomme respecte scrupuleusement la vie privée de ses client et n'a, à ce titre, aucun accès aux détails de l'opération. En revanche, ce dont la banque néglige de se vanter, c'est que le marchand non plus n'a aucune connaissance – et n'est en rien impacté par – des particularités du paiement, ce dernier étant pour lui strictement identique à n'importe quel autre règlement par carte dématérialisée.
La nouvelle fonction souffre malheureusement d'un défaut majeur : elle n'est disponible que pour les achats en ligne ou dans les applications mobiles (« in-app »). En soi, cette restriction n'est pas surprenante car il n'est guère évident d'insérer une étape de choix (quelconque) dans une expérience de paiement de proximité via le smartphone. La rupture qui serait introduite dans le parcours constituerait une régression inacceptable. Mais c'est une portion immense de l'opportunité qui échappe ainsi à CaixaBank.
Rétrospectivement, cette faiblesse est peut-être à l'origine de l'échec d'Apple avec son produit, qui aurait conduit à son retrait, laissant à d'autres acteurs le soin de combler le vide laissé. Ce que ne fait pas donc pas réellement l'institution espagnole, qui semble refuser l'obstacle. Il y aurait pourtant quelques pistes à explorer, entre définitions de règles a priori et capacités d'ajustement a posteriori, en imaginant des moyens afin que ces actions « asynchrones » restent présentes à l'esprit des consommateurs.
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