L'intelligence artificielle s'infiltrant partout, nous ne sommes probablement qu'au début de la déferlante qu'inaugure (entre autres) Oracle en ce début d'année avec la présentation de sa plate-forme bancaire agentique. Mais ses promesses d'efficacité opérationnelle et d'expérience client optimisée doivent-elles vraiment faire rêver ?
Le fournisseur historique de cœurs de système pour l'industrie – il met en avant Crédit Agricole, HSBC, Santander… parmi ses références – n'est certes pas à la pointe de l'actualité en matière d'IA, en comparaison des autres géants de la tech américaine, mais ce retard apparent ne l'empêche pas de dégainer une vision entièrement renouvelée de son catalogue, composé d'applications (métier), d'outils de conception et développement, d'agents prêts à l'emploi… tous propulsés à l'intelligence artificielle.
Son ambition est de proposer aux établissements les briques avec lesquelles ils pourront bâtir un modèle de banque réinventé, introduisant des fonctions intelligentes dans toutes les interactions et tous les processus, en ligne, dans une application mobile ou en agence. Connaissant les réticences de son marché à l'automatisation à outrance, l'éditeur ne manque pas de préciser que ses capacités autorisent nativement une intégration avec l'expertise humaine existante, indispensable à la relation.
Dans un premier temps, Oracle n'a toutefois que deux implémentations concrètes à son actif. L'une porte sur la souscription de crédit, avec des assistants pour la collecte cohérente des informations requises, pour le suivi du parcours (y compris, notamment, la prédiction des temps d'attente), pour l'analyse du dossier et la prise de décision. L'autre concerne les démarches de recouvrement, soutenues principalement par des outils de retranscription des conversations et de contrôle de leur conformité réglementaire.
Sans surprise, la réalité semble largement en-dessous de ce que laissent imaginer les grandes déclarations d'intention. Cependant, les exemples cités illustrent une prise en compte sérieuse de quelques-unes des problématiques stratégiques des institutions financières. En effet, la rationalisation des traitements et des processus constitue un des plus importants projets à mener aujourd'hui dans les grands groupes afin d'offrir une expérience à l'état de l'art – instantanée et sans frictions – à leurs clients.
En revanche, quand Oracle évoque ses velléités d'exploiter l'IA dans un but d'hyper-personnalisation de l'engagement, débouchant potentiellement sur une logique de conseil piloté par les agents, je commence à m'inquiéter. Non pas sur le principe même de l'automatisation de l'accompagnement (que je défends depuis longtemps) mais sur le recours à une solution d'un partenaire technologique à cette fin. Le risque est de mettre en place une couche d'assistance relativement artificielle et, surtout, banalisée.
S'il n'est pas seulement question, comme c'est trop souvent le cas, de personnaliser les messages marketing, il serait à mon avis dangereux de remplacer le manque actuel de conseil – auquel s'est désormais substituée une approche commerciale exclusivement focalisée sur la vente de produit – par un moteur de recommandations dénué à la fois de sensibilité humaine et des spécificités culturelles de la banque, qui représentent sa seule différenciation concurrentielle quand son cœur est confié à un tiers.





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