L'information, partagée par le Financial Times, a fait le tour du monde en quelques jours : les analystes de Morgan Stanley prévoient la disparition de 200 000 emplois dans les banques européennes d'ici 2030… entre autres en raison de leur recours croissant à l'intelligence artificielle. Hypothèse réelle ou sensationnalisme injustifié ?
Notons d'emblée que les arguments avancés par l'étude, qui porte sur 35 établissements de la région, paraissent parfois un peu flous, voire incohérents. Elle souligne ainsi trois facteurs exerçant un impact majeur sur les effectifs du secteur, à savoir, outre les promesses de l'IA, la fermeture continue d'agences et la « digitalisation » de la relation client. Pourtant, elle affirme que les métiers les plus touchés se trouveront dans les fonctions centrales, en particulier au niveau des middle- et back-offices.
La France et l'Allemagne, dont les grandes institutions financières exhibent des indicateurs économiques défavorables (par rapport à leurs homologues d'autres pays), seraient concernées en première ligne par les exigences de réduction des coûts et de progression de la rentabilité. Or leur principale « faiblesse » (toujours en comparaison de la concurrence) réside justement dans l'étendue excessive de leurs réseaux physiques, qui justifierait donc plutôt de supprimer des postes parmi les conseillers à la clientèle.
Ce qui ne signifie toutefois pas que les activités de production et de support ne constituent pas des gisements d'économies potentielles. Je suis fermement convaincu que les opérations reposent aujourd'hui sur des processus lourds et complexes, dont l'automatisation, historiquement réalisée par strates successives et sans perspective globale, reste très partielle, requérant des interventions manuelles pour maintenir la continuité des traitements entre des applications disparates et étanches.
En revanche, je ne crois absolument pas que l'IA apporte une réponse à ces problèmes à court ou moyen terme. D'une part, parce que les systèmes en place ne sont pas adaptés à une mise en œuvre efficace. D'autre part, et surtout, parce que les responsables ont une confiance trop limitée dans les outils qui leur sont proposés pour leur confier des tâches sensibles, telles que celles qui relèvent de la gestion des risques et de la conformité, que Morgan Stanley considère propices à la rationalisation.
L'unique option envisageable pour une automatisation complète et maîtrisée des opérations consisterait à reprendre le sujet à zéro, en commençant par la conception de processus en fonction des besoins d'aujourd'hui – et non plus en ajustant sans cesse ceux qui ont été mis en place il y a un demi-siècle – puis à développer et déployer les plates-formes techniques nécessaires à leur exécution, avec toute la fluidité et la réactivité nécessaires. Naturellement, un tel programme n'aboutira pas en 2030 !
En fait, je pense que les analystes de Morgan Stanley expriment leurs rêves en tant qu'investisseurs, sans se préoccuper de la réalité du fonctionnement des banques qu'ils prétendent étudier et probablement sans appréhender les contraintes des technologies qu'ils perçoivent comme miraculeuses. Pour ma part, j'estime que le niveau d'emploi dans la banque va surtout évoluer au fur et à mesure de la transition des clients vers les interactions à distance et je doute que la baisse soit très sensible en 5 ans.





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