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C'est pas mon idée !

lundi 12 octobre 2026

U.S. Bank lance une offre de cyberprotection

U.S. Bank
L'idée de capitaliser sur la confiance des consommateurs en la banque, en tant qu'institution sécurisée, n'est pas récente. Aujourd'hui U.S. Bank la transforme en un nouveau produit commercial, destiné à fournir à ses clients, de plus en plus préoccupés par le sujet, un premier niveau de défense contre les dangers de la cybercriminalité.

Dans le sillage des services de surveillance des informations de crédit (auprès des agences de notation), devenus plus ou moins la norme dans les établissements anglo-saxons, U.S. Bank ajoute au sein de ses applications web et mobile diverses capacités de suivi des risques en matière d'identité et de données personnelles. Ceux-ci font en effet partie des domaines de sécurité les plus sensibles et les plus inquiétants, entre autres en raison de la forte médiatisation des nombreux incidents détectés.

La solution Protect 360 se décompose en deux versions. L'une, gratuite mais qui demande toutefois un enrôlement actif, intègre des options principalement orientée vers le contrôle du score de crédit, y compris à travers la recherche d'informations propagées sur le « dark web » et autres plates-formes de revente de données qui seraient susceptibles de l'affecter. Pour leur élimination, un accompagnement limité est proposé. Dans un registre un peu anecdotique, l'analyse de l'endettement est aussi incluse.

En revanche, dans sa déclinaison « premium », facturée 9,99 dollars par mois, l'offre se positionne clairement sur la protection extensive contre la fraude. Outre les (relativement) classiques alertes sur des dépenses inhabituelles, des déclarations de changement d'adresse, les arnaques en cours, l'observation des réseaux sociaux…, elle couvre les mouvements suspects sur les titres de propriété, le retrait de données divulguées, la restauration et l'indemnisation en cas d'usurpation d'identité…

U.S. Bank Protect 360

La démarche d'U.S. Bank, qui s'inscrit dans la tendance souvent décevante des services extra-bancaires, a cette fois plusieurs facteurs qui jouent en sa faveur. D'une part, elle répond à une vraie attente des clients, même si elle ne s'exprime, implicitement, qu'à travers des craintes d'être victime d'une escroquerie ou autre malversation. D'autre part, les intéressés sont fréquemment démunis face aux menaces : ils sont en permanence bombardés de recommandations de vigilance et de prudence mais il ne savent pas nécessairement vers qui se tourner pour une protection opérationnelle.

Enfin, sur ce dernier plan, la banque occupe une place privilégiée dans l'esprit de ses clients. Perçue, en général, comme un interlocuteur de confiance sur les thématiques de sécurité, elle paraît immédiatement légitime pour offrir son assistance en la matière. D'autre part, la relation étroite qu'entretiennent la plupart des personnes avec leur application bancaire constitue un atout pour des outils à vocation de surveillance, dont les alertes doivent être prises autant au sérieux que celles qui affectent les comptes…

dimanche 11 octobre 2026

Mastercard déploie le paiement hors ligne

Mastercard
De nos jours, le paiement électronique est devenu une composante critique de notre quotidien et il ne peut plus, en tant que tel, supporter des indisponibilités, à l'instar de celle qui affectait plus de 50 millions de personnes dans la péninsule ibérique en avril 2025. Mastercard déploie donc maintenant en Europe une solution fonctionnant sans réseau.

De plus en plus de consommateurs dans le monde abandonnent les pièces et les billets qui constituaient la base des échanges commerciaux depuis plusieurs siècles et les remplacent par les cartes et autres porte-monnaie mobiles, dont l'acceptation tend vers l'universalité. Nulle part ailleurs que dans les pays nordiques cette révolution s'est-elle imposée, ce qui explique pourquoi Mastercard s'emploie depuis quelques temps déjà à adapter sa technologie au Danemark, en Suède, en Estonie et en Lettonie.

Le principe, éprouvé sur le terrain lors d'une récente tempête (en Lettonie) et d'une interruption partielle de service (au Danemark), consiste à introduire une capacité supplémentaire dans les puces équipant les cartes modernes. Il s'agit « simplement » d'y enregistrer un plafond de paiement local, déterminé par la banque émettrice, que le terminal d'encaissement consulte et actualise lors de l'exécution d'une transaction hors ligne, avant de la transmettre normalement dès que la connexion est rétablie.

Satisfaite du déroulement de ses expérimentations initiales, Mastercard passe dorénavant à la phase de généralisation dans l'UE… qui prendra tout de même quelques années, en raison des contraintes logistiques. En premier lieu, à partir de février prochain, toutes les nouvelles cartes distribuées sur le continent possèderont l'option ad hoc. En parallèle, à compter du mois de mai, les fournisseurs de terminaux devront eux-mêmes être en mesure de prendre en charge le mode déconnecté.

Naturellement, la méthode retenue laisse certains détails dans l'ombre. Je ne m'attarderai pas sur l'obstacle que représente le cas fréquent de la perte d'alimentation électrique pour les appareils qu'exploitent la plupart des commerçants. Peut-être plus gênant, alors que la carte en plastique cède peu à peu la place à sa déclinaison virtuelle sur téléphone (ou tout autre gadget), parfois de manière exclusive (les comptes sans carte physique se répandent), le mécanisme proposé n'est adapté qu'à celle-ci.

La démarche de Mastercard n'en est pas moins bienvenue dans un contexte où les responsables politiques s'inquiètent de résilience des infrastructures essentielles face à diverses menaces. Mais, selon toute vraisemblance et quoique indirectement, le géant américain vise aussi d'autres enjeux… notamment en réponse aux velléités de souveraineté de l'Europe. Sa solution vient en effet combler une lacune qui affecte également les alternatives locales, monnaie « digitale » de banque centrale ou paiement de compte à compte, et maintient de la sorte un avantage concurrentiel indiscutable.

Mastercard

samedi 10 octobre 2026

LCL facilite l'emprunt immobilier des freelances

L By LCL Pro
Alors que le statut indépendant poursuit sa progression dans la population française, sans que, hélas, les habitudes du secteur financier ne se soient toujours bien adaptées à cette évolution sociétale profonde, LCL entame un partenariat avec la plate-forme spécialisée Malt afin de faciliter l'accès des freelances au crédit immobilier.

Cette catégorie de travailleurs constitue depuis longtemps un angle mort des banques, dont, en particulier, les outils d'analyse de risque – qui déterminent la décision d'accorder ou non un prêt – sont conçus pour un monde de salariés. Aujourd'hui, entre un million et un million et demi de personnes (selon les estimations) sont sorties de ce modèle en France, dont une immense majorité par choix délibéré et sans intention de revenir en arrière. Il n'est plus possible d'ignorer leur existence et leurs besoins.

Le problème le plus criant concerne, naturellement, l'accession à la propriété, dont le financement requiert en général de justifier d'un niveau de revenu suffisant dans une position stable. Ce dernier critère est celui qui pêche le plus pour ceux qui ne possèdent pas un contrat de travail (à durée indéterminée). En guise d'alignement approximatif avec le standard de l'industrie, ils se retrouvent à devoir justifier d'un chiffre d'affaires significatif, sans creux d'activité marqué, sur une durée de plusieurs années.

LCL s'attaque donc frontalement à cette injustice en exploitant les données dont dispose Malt sur les utilisateurs de ses services – seuls ceux-ci pourront bénéficier de l'offre… mais ils sont tout de même plus de 650 000 – afin d'évaluer leur éligibilité sur des paramètres correspondant à leur profil. Entre autres avantages, un seul bilan suffit alors pour autoriser une étude de dossier de crédit et, en cas d'accord, les débutants pourront obtenir un différé partiel de remboursement pendant les douze premiers mois.

LCL x Malt

Si le dispositif représente pour Malt un moyen de développer sa palette de compétences à l'intention de son audience, au-delà de sa mission originelle de mise en contact des freelances avec des clients, l'enjeu pour la banque est plus critique, puisqu'il s'agit, d'un point de vue tactique, de continuer à proposer un produit phare à un segment de clientèle important, qui risque l'exclusion, et, à un niveau plus stratégique, de maintenir son positionnement généraliste dans un environnement en pleine mutation.

Sur ce plan, LCL joue également sa différenciation concurrentielle. En effet, le parcours de demande de prêt immobilier est disponible à la fois en agence, en interaction avec un conseiller, et dans la plate-forme 100% « digitale » destinée aux professionnels que l'établissement a lancée au début de 2026. Face à des trublions désormais bien installés dans le paysage hexagonal, Qonto en tête, la filiale du Crédit Agricole, qui entrait dans la danse tardivement, peut enfin démontrer un avantage par rapport à ces acteurs.

jeudi 8 octobre 2026

Sur la sécurité, NAB joue la bataille d'hier

NAB
De nos jours, l'usurpation d'identité fait partie des principaux fléaux qui affectent les finances personnelles des consommateurs (sans parler des entreprises), face à laquelle l'australienne NAB met donc en place une nouvelle solution de contrôle… dans ses agences. La priorité n'aurait-elle pourtant pas dû porter sur les interactions à distance ?

Le nouveau dispositif est déployé progressivement dans le Queensland, seul état du pays à avoir instauré les conditions techniques nécessaires avec un permis de conduire virtualisé, sur mobile. Son principe est simple et sans originalité puisqu'il s'agit d'un partage des informations d'identité par transfert électronique depuis le téléphone du client vers la banque, sous un protocole conforme aux standards internationaux, vanté avec insistance comme inviolable (ce qui paraît être la moindre des choses).

Concrètement, au moment opportun, tel qu'une signature de contrat, le visiteur est invité à ouvrir l'application correspondante pour capture par son conseiller. Il se voit alors présenter les données dont il lui est demandé de confirmer la transmission. Une fois cette étape franchie, les détails requis sont communiqués directement aux systèmes de l'établissement, sans risque de falsification ou de détournement, et en évitant une saisie manuelle fastidieuse qui constitue également une source potentielle d'erreurs.

Si je peux aisément admettre que le dispositif autorise un gain de temps et de fiabilité, la mise en avant acharnée des arguments de sécurité me laisse beaucoup plus sceptique. Tout d'abord, tout le monde n'étant pas équipé du précieux sésame électronique, il n'est pas question de remplacer les vérifications classiques avec des documents physiques. Les cybercriminels n'auront donc qu'à recourir à cette méthode pour contourner le surcroît de protection promis de manière indiscriminée aux clients.

NAB – Identity Verification

Mais le défaut le plus embarrassant réside dans le choix de mise en œuvre dans les relations face à face avec un employé. À l'ère « digitale », dans laquelle les malversations se déroulent essentiellement en ligne, il semblerait plus important d'exploiter un système d'identité numérique, justement, en vue de renforcer les défenses contre ces dernières. L'ironie atteint son comble quand on se souvient que les banques exprimaient jusqu'à récemment (et parfois encore aujourd'hui) leurs réticences à réaliser des opérations sensibles via internet, préférant la sécurité d'un échange en agence.

Dans un autre registre, je suis toujours étonné des écarts de maturité qu'on peut observer entre différentes régions du monde. Ainsi, avec les avancées de la dématérialisation des documents officiels, le contrôle d'identité 100% « digital » est aujourd'hui généralisé dans de nombreux pays (l'Ukraine est le premier exemple qui vient à l'esprit) tandis que d'autres en sont encore à un stade expérimental. L'ouverture au reste du monde, surtout dans les démarches d'innovation, a des progrès à faire…

mercredi 7 octobre 2026

Un outil pour contrôler les agents IA

Incognia
Depuis toujours, les institutions financières engagent des efforts considérables dans la protection de l'argent de leurs clients. Et soudain, avec l'irruption des agents propulsés à l'intelligence artificielle auxquels ils sont de plus en plus enclins à confier toutes sortes de tâches, ce travail est remis en question. Incognia promet une solution.

Les outils de lutte contre la fraude « digitale », en particulier, sont constamment enrichis, à grands frais, afin de prendre en compte les menaces émergentes au fur et à mesure de leur apparition et leur fonctionnement repose en grande partie sur la connaissance de l'utilisateur qui interagit avec les applications de l'entreprise à un moment donné, qu'il s'agisse de l'identifier et l'authentifier ou de s'assurer, par exemple, que les transactions qu'il cherche à exécuter sont légitimes et réellement délibérées.

Or quand un agent IA se substitue au client, les mécanismes existants ne peuvent plus œuvrer de la même manière. Des problématiques différentes surgissent, complémentaires de celles qui sont déjà prises en compte. Au premier plan, bien sûr, la priorité consiste à garantir que l'automatisme qui se connecte est effectivement mandaté par la personne qu'il déclare représenter. Mais, par la suite, il faut également vérifier que les opérations qu'il exécute correspondent bien à la demande de son « maître ».

La solution d'Incognia promet de répondre à ces multiples niveaux d'enjeu. Elle sait d'abord distinguer les robots en tout genre des humains lorsqu'ils naviguent dans les logiciels qui leur sont exposés. Deuxième étape, les intelligences artificielles repérées font l'objet d'un filtrage préliminaire afin d'écarter celles qui paraissent suspectes par essence. Puis vient le contrôle de la délégation, dans laquelle le lien avec l'individu finalement responsable du comportement de l'agent est établi et validé.

Incognia – Beyond AI Agent Detection

À ce stade, l'évaluation de l'utilisateur à l'origine de la session est terminée. Entre alors en jeu une couche supplémentaire, destinée cette fois à surveiller les actions engagées. Outre l'inspection du certificat d'intention – qui devrait s'imposer rapidement comme un standard – et son enregistrement (comme les autres éléments de preuve du processus), la plate-forme analyse les opérations initiées en regard des habitudes du client, de manière à prévenir des écarts indicatifs d'éventuelles dérives.

En parallèle de leurs propres projets d'IA, les institutions financières doivent appréhender en urgence les dangers qu'implique l'adoption d'agents plus ou moins autonomes par les consommateurs. Elles ne pourront se contenter longtemps des réflexions initiales sur la traçabilité des contrôles passifs qu'elles mettent en œuvre. Elles devront très vite investir dans des mécanismes de protection proactifs si elles ne veulent pas se voir reprocher un laxisme coupable relevant potentiellement d'un défaut de conseil. Dans ce contexte, l'approche d'Incognia mérite largement l'attention.

mardi 6 octobre 2026

Cette drôle de relation entre finance et voyage

BBVA
Il y avait, historiquement, cette habitude des cartes de crédit affinitaires distribuées avec les compagnies aériennes, qui ont dérivé vers une généralisation des avantages associés au paiement dans l'univers du voyage. Il y eut aussi le cas, assez différent, de Revolut. Et maintenant les entités « digitales » de BBVA se lancent dans l'aventure.

En dépit d'une promesse de synergies à long terme, le partenariat entre le groupe espagnol et le spécialiste eDreams ne changera pas la face du monde, au moins dans un premier temps. En effet, à ce stade, il s'agira d'offrir, pour un an, aux nouveaux clients des filiales allemandes et italiennes du premier l'abonnement aux services « premium » du second (sous la marque Opodo), leur octroyant l'accès à diverses promotions exclusives sur des vols, trajets en train, séjours à l'hôtel, locations de voiture…

La proposition de valeur à l'intention de l'audience ciblée n'est guère plus élaborée. Pour le versant bancaire, l'ambition consiste à étendre le périmètre de la relation au-delà des problématiques seulement financières (laissant entrevoir une ouverture future à d'autres domaines) tandis qu'eDreams vise avant tout une exposition de ses produits à une population additionnelle, dans une démarche 100% marketing. Je ne sens pas dans cette description une préoccupation profonde pour les attentes des clients.

La seule dimension périphérique de l'opération susceptible d'avoir du sens pour les détenteurs de comptes BBVA, dans une vision globale du voyage, concerne l'absence de frais sur les dépenses en devises étrangères. Non seulement cette caractéristique – parfois trompeuse quand les taux de change ne sont pas évoqués – tend-elle désormais à s'imposer progressivement comme un standard, elle est ici brandie essentiellement en argument justifiant une surreprésentation de voyageurs attractive pour Opodo.

BBVA x eDreams

Je suis toujours mystifié par la persistance des entreprises (en tout genre) à développer des programmes promotionnels basiques… et tout autant par la séduction qu'ils parviennent à exercer auprès des consommateurs (sinon, ils auraient disparu). Toujours est-il que plus la récompense est minime et de courte durée (en l'occurrence, une valeur de moins de 120 euros, sur un an), moins son effet sera durable, ce qui en rend automatiquement l'équilibre économique difficile, voire impossible, à atteindre.

À ce stade de l'analyse, il faut évidemment traiter le cas spécifique de Revolut. Pour le trublion aussi, le voyage est un vecteur de conquête, depuis sa naissance, en fait. En revanche, son approche est aux antipodes de ces méthodes traditionnelles puisqu'elle est entièrement conçue à partir des besoins des globe-trotters, dans l'optique de leur fournir non des gadgets qui peuvent les amuser un moment mais bien de leur offrir une solution complète qui s'adapte à leurs habitudes et à leurs pratiques.

Si les banques rêvent encore d'intégrer le voyage dans leur périmètre d'activité, elles doivent comprendre que leur procurer une expérience personnalisée représente aujourd'hui la seule manière d'en conquérir et d'en fidéliser durablement les adeptes.

lundi 5 octobre 2026

La gouvernance de l'IA s'organise

Bank of America
Alors que les institutions financières se ruent sur les promesses de l'intelligence artificielle, elle en voient les coûts s'accumuler, parfois jusqu'à paraître hors de contrôle. Face au risque de dérive, la mise en place de règles concrètes d'utilisation devient impérative et Bank of America a créé une couche d'orchestration pour les implémenter.

Dans toutes les entreprises, la vague de fascination pour la nouvelle technologie à la mode a rapidement donné lieu à une dangereuse (mais classique) tendance à vouloir l'appliquer à tous les besoins et autres problèmes rencontrés. Le phénomène a désormais atteint un stade où il n'est plus tenable, ne serait-ce qu'en raison des factures qu'il engendre. Les entreprises les plus mûres commencent donc à définir une gouvernance rigoureuse afin de maîtriser la situation sans rater les opportunités.

Pour Bank of America, le premier principe relève du bon sens : avant de lancer un projet et de foncer sans plus réfléchir vers le recours à l'IA, les équipes doivent s'assurer de la pertinence de l'option envisagée. La démarche débute par une analyse soigneuse de la demande à traiter, qui permettra de trancher. Selon le directeur informatique de l'établissement, une approche traditionnelle – application mobile, logiciel déterministe… – est fréquemment reconnue comme la plus appropriée et sera donc développée.

Ensuite, dans le cas où l'intelligence artificielle est effectivement retenue, le dispositif impose le filtre d'une revue extensive, couvrant 16 piliers de risques (à éviter). Sont par exemple abordés, en amont des études, les enjeux de respect de la vie privée, de biais potentiels, d'impacts sur les collaborateurs, de propriété intellectuelle… Il est hors de question d'entamer la moindre exécution sans avoir au préalable vérifié que la solution proposée respectait les exigences communes dans ces différents domaines.

Enfin, au moment de sélectionner la plate-forme technique adéquate pour l'objectif visé, une couche d'orchestration (baptisée Orchestra) détermine le ou les modèles à privilégier en fonction des tâches à prendre en charge. De ce point de vue, la banque se veut agnostique des fournisseurs et des outils. Elle peut ainsi confier des besognes de classification à des modèles ouverts, implémentés sur ses propres infrastructures, et se tourner vers des solutions externes fermées pour des calculs sophistiqués.

Quand Bank of America dépense 400 millions de dollars pour quelques 140 applications d'IA et prévoit de doubler ce budget l'année prochaine, il ne peut plus être question de se cantonner à un mode expérimental dans lequel chacun serait libre de choisir ses méthodes de travail. Elle ne peut s'éviter l'instauration d'une gouvernance formelle… qui doit s'accompagner également, même si l'article en référence ne le détaille pas, d'une réflexion sur la rentabilité des initiatives et les indicateurs de mesure associés.

Bank of America – Erica

dimanche 4 octobre 2026

Bradesco organise un festival de l'innovation

Bradesco Seguros
Il y a quelques années, quand les exigences de « digitalisation » imposaient leur rythme effréné et les nouveaux entrants menaçaient les empires installés, le festival d'innovation que Bradesco Seguros organise régulièrement aurait paru banal. Aujourd'hui il fait figure d'exception et Qorus le distingue parmi ses prix dans l'assurance.

La dernière édition en date a eu lieu il y a un an, en adoptant un nouveau format, plus approprié pour les objectifs visés. Ainsi, plutôt que de se cantonner à des conférences et autres présentations passives, les participants, collaborateurs et personnes externes, étaient invités à s'immerger dans un certain nombre d'expériences concrètes, destinées à leur faire prendre profondément conscience des capacités des solutions, notamment technologiques, qui transforment les métiers de la compagnie.

Sur une durée de trois jours, organisés dans une progression logique depuis les compétences émergentes jusqu'à la mesure des impacts attendus dans la vie professionnelle et personnelle, en passant par l'écoute des signaux de rupture, l'ambition du dispositif était de faire appréhender à son audience le besoin de s'adapter aux changements qu'ils subissent, parfois avec un sentiment d'impuissance, et les qualités qu'ils doivent cultiver afin de maintenir la valeur de l'humain dans leurs activités.

Dans cette optique, l'événement mélangeait donc des employés de Bradesco Seguros avec, entre autres, des représentants de partenaires (dont des courtiers), de jeunes pousses de l'InsurTech… et proposait à cette population diversifiée un programme aux multiples facettes, composé d'interventions classiques, de séances de « pitch » de startups, d'animations interactives… et de la désignation de l'innovation (interne) de l'année. Le tout est conçu pour stimuler les échanges et promouvoir l'esprit de collaboration, qui représentent justement un des enjeux des mutations en cours.

Bradesco – Festival da Inovação

Après une vague de popularité dans le sillage de la grande révolution numérique, ce genre d'événements dédiés à l'innovation – dont il faut avouer que certaines déclinaisons manquaient de focalisation claire – semble être désormais tombé en désuétude. Et pourtant, la période actuelle, avec ses mutations radicales (l'irruption soudaine de l'intelligence artificielle, partout, n'en est que la manifestation la plus visible) et les incertitudes qu'elles engendrent, mériterait bien de réhabiliter le principe.

Deux raisons au moins militent pour cette remise au goût du jour. D'une part, les firmes ont un devoir d'accompagnement de leurs salariés dans les évolutions qu'elles leur font subir. Elles ne peuvent pas les laisser dans le noir face aux nouveaux outils et aux nouvelles méthodes qu'elles imposent ou elles risquent de laisser s'installer des fantasmes qui mèneront à la démotivation et à la perte de productivité. Un effort de rationalisation, passant par la démystification des technologies, est indispensable.

D'autre part, dans une industrie qui en est toujours à rechercher comment profiter au mieux des dernières inventions à la mode, il est plus que jamais critique d'enrôler tous les employés dans cette exploration. Et là encore, il faut préparer le terrain, avec une dose d'éducation et d'aide à l'appropriation des concepts et des solutions émergentes afin de rendre la démarche d'innovation participative aussi efficace que possible.

samedi 3 octobre 2026

IA et droits d'auteur dans la banque

CommBank
L'irruption soudaine de l'intelligence artificielle générative dans les entreprises soulève une multitude de questions dans de nombreux domaines mais, hormis pour les principaux intéressés, celles qui concernent les droits des auteurs de contenus originaux figurent rarement en tête de liste. CommBank commence à rectifier cet oubli.

Bien entendu, le sujet engendre depuis des mois des débats passionnés sur la rémunération que mériterait l'exploitation que font les plates-formes des articles de presse, romans, et autres textes en tous genres (sans parler des images, vidéos, sons…) mais il est généralement cantonné aux géants technologiques et à la manière dont ils entraînent leurs modèles avec cette matière première indispensable à la performance de leurs produits. En quoi la banque serait-elle donc impliquée ?

Après tout, comme les autres firmes utilisatrices, elles adoptent des solutions dont les fournisseurs ont la responsabilité de s'assurer du respect des exigences légales relatives à la propriété intellectuelle et, lorsqu'elles développent leurs propres outils, elles les mettent au point avec leurs propres données… parce qu'elles visent à spécialiser les résultats sur leur expertise et leur culture internes. Il reste pourtant un cas à couvrir, quand les employés reprennent des extraits d'information dans leurs interrogations.

CommBank – AI Copyright Fees

Alors, afin de ne laisser aucune place à la moindre lacune, CommBank choisit de compléter son accord avec l'agence australienne de gestion des droits d'auteur pour intégrer cette nouvelle possibilité. Sa licence existante, qui autorisait précédemment, moyennant rétribution, les collaborateurs de l'institution financière à copier et partager des éléments issus de l'actualité, de rapports de recherche, de livres…, admet désormais aussi leur usage dans les invites soumises aux plates-formes d'intelligence artificielle, par exemple en vue d'en obtenir un résumé ou en dériver une présentation.

L'initiative ne représentera évidemment qu'une goutte d'eau pour les ayant-droits, dont les principales demandes restent insatisfaites. Mais elle a le mérite de démontrer une volonté de la part de l'établissement d'appréhender l'IA dans une démarche responsable, sous tous ses aspects, que ce soit vis-à-vis de ses clients, de ses effectifs ou de la société. En arrière-plan, elle reflète également les efforts d'analyse conduits dans le but de comprendre et maîtriser à 360° les enjeux et les impacts de la technologie.

vendredi 2 octobre 2026

Santander se déleste des clients vulnérables ?

Santander
Après l'avoir accueillie, il y a deux ans, dans son concours de jeunes pousses, la filiale britannique de Santander entame maintenant une collaboration avec Sibstar, à travers laquelle elle renverra ses clients vulnérables (ou leurs proches) vers cette dernière, qui leur proposera une solution de banque du quotidien conçue pour leur protection.

Entre, notamment, les personnes atteintes de maladies neuro-dégénératives (presque un million au Royaume-Uni), dont la fréquence augmente au fur et à mesure du vieillissement de la population, celles qui rencontrent des difficultés d'apprentissage ou, plus simplement, celles que les dangers du monde numérique paralysent, le besoin de contrôle sur son argent et de certitudes quant à son immunité vis-à-vis des escroqueries qui font désormais partie de la vie courante concerne énormément de monde.

À ces consommateurs, Sibstar offre une réponse relativement classique qui prend la forme d'une carte de débit et d'une application mobile destinée à en piloter les caractéristiques. Elle permet ainsi de définir des plafonds d'utilisation sur différents critères, de spécifier des catégories de dépenses autorisées ou encore d'émettre des notifications, au porteur et/ou à un tiers, lors de chaque opération, selon les préférences de chacun. Le maître mot reste l'autonomie de l'usager, dans un espace de confiance.

Sibstar

Ce qui m'interpelle dans cette actualité est le choix de Santander de s'appuyer sur un partenaire pour combler une attente qui, de toute évidence, touche déjà une fraction notable de sa clientèle. Après tout, même si le principe de ne pas tout faire en interne est louable, le service de Sibstar ne représente rien de révolutionnaire et il pourrait être aisément répliqué par l'établissement… Ses options seraient d'ailleurs susceptibles d'être utiles à d'autres catégories d'individus (par exemple les plus jeunes).

En l'occurrence, la banque donne l'impression de dire à ses clients fragiles – dont bon nombre seront les plus anciens et les plus fidèles – qu'elle n'est plus en mesure d'assurer la sécurité de leurs comptes et qu'il vaut mieux, par précaution, qu'ils se tournent vers une entreprise dont il n'auront jamais entendu parler. J'ose espérer que ce n'est pas le fond de la pensée des porteurs du projet mais la communication paraît pour le moins un peu maladroite. N'aurait-il pas été envisageable, a minima, qu'elle d'intègre dans son catalogue une version en marque blanche de la solution de Sibstar ?