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C'est pas mon idée !

samedi 29 août 2026

Visa avance dans la cybersécurité

Visa
Tandis que le recours à l'intelligence artificielle prend de l'ampleur dans les offensives contre tous les secteurs économiques, Visa enrichit sa solution propulsée à l'IA d'analyse de vulnérabilités, mise au point dans le sillage de sa collaboration avec Anthropic, et lui ajoute des capacités d'assistance à la remédiation qui deviennent indispensables.

Le constat qui justifie la nouveauté aurait pu être fait dès la publication de la première version du « Vulnerability Agentic Harness », mais il fallait bien laisser un peu de temps à ses concepteurs pour lui adjoindre ces fonctions supplémentaires. C'est que la détection de failles de sécurité grâce à l'IA n'a désormais plus rien d'exceptionnel, y compris pour les cybercriminels. Le défi réside aujourd'hui plutôt dans la faculté des firmes à colmater les innombrables brèches repérées avec la réactivité nécessaire.

Les signalements automatisés arrivent à un rythme tellement effréné que bien des organisations admettent que leurs équipes informatiques (et leurs fournisseurs) n'arrivent plus à suivre. Conséquence principale, les corrections prennent du retard et les délais induits sont mis à profit par les personnes mal intentionnées afin de réaliser leurs méfaits. La seule solution envisageable, et concrétisée par Visa, consiste donc à miser aussi sur l'intelligence artificielle lors des travaux de remise à niveau.

Outre une ouverture sur d'autres modèles d'IA que celui d'Anthropic, l'évolution qu'apporte l'institution à son outil porte donc en priorité sur cet aspect. Un module additionnel propose ainsi des modifications de code destinées à neutraliser les défauts identifiés. Pour plus d'efficacité, il opère en boucle fermée : il est en mesure d'évaluer les changements réalisés et d'informer les développeurs des erreurs résiduelles, jusqu'à validation finale, matérialisée par l'éradication « officielle » de l'anomalie en cause.

Visa Vulnerability Agentic Harness

En parallèle de cette mise à jour technologique, sachant que VVAH (son petit nom) est distribué sous licence libre, Visa complète également son offre d'accompagnement. Celle-ci comporte notamment diverses composantes pédagogiques, permettant entre autres aux entreprises de s'approprier la plate-forme, et une formule d'assistance sur le terrain, en vue d'aider ses clients dans son utilisation, par exemple pour l'analyse des résultats, la définition des priorités et l'établissement d'une stratégie à long terme.

Depuis la récente apparition d'applications capables de rechercher les vulnérabilités des logiciels à une échelle industrielle grâce à l'intelligence artificielle, les responsables de sécurité ont tendance à perdre le sommeil, surtout dans les industries les plus sensibles, en raison autant de l'ampleur des risques qu'ils découvrent soudainement que du nombre ingérable d'alertes qu'ils reçoivent et qu'ils doivent trier dans la précipitation et donc avec de fortes probabilités d'erreur. Ils ont besoin en urgence absolue de solutions – informatiques et humaines – telles que celles que déploie Visa.

vendredi 28 août 2026

AXA aide les parents solos

AXA
Dans un monde qui change en permanence, l'assurance doit régulièrement s'adapter aux grandes évolutions sociétales. Les garanties contre le harcèlement, notamment scolaire, se sont ainsi fortement développées depuis quelques années. AXA s'attaque maintenant aux défis qu'affrontent les parents solos au quotidien.

Les médias abordent de plus en plus fréquemment le sujet, surtout en période de rentrée des classes, pendant laquelle la pression est particulièrement sensible. Aujourd'hui, environ une famille sur quatre est composée d'un seul adulte et, dans une immense majorité des cas (82%), c'est une femme, dans une position statistiquement plus fragile qu'un homme, qui assume seule la charge des enfants, avec ses impacts importants sur son budget, son emploi du temps, sa santé psychologique…

Ces risques sont donc ceux que couvre dorénavant le contrat « Accidents de la Vie » d'AXA France. Les parents concernés – quelles qu'en soient les conditions, divorce, séparation ou deuil – bénéficieront ainsi pendant les 12 mois qui suivent l'événement déclencheur de services d'assistance qui leur permettront de faire face aux urgences de leur nouvelle situation et de reprendre pied progressivement dans leur vie d'après : garde des enfants, soutien scolaire, support psychologique (par téléphone)…

AXA – Parents Solos

Un second volet ajoute en outre un accompagnement administratif et juridique au dispositif. Il inclut notamment un accès à des informations qui peuvent s'avérer difficiles à obtenir par soi-même pour qui se trouve soudainement confronté au besoin d'effectuer des demandes d'aide sociale ou de connaître ses droits, par exemple. Si nécessaire, l'assureur propose également la mise en relation avec des associations spécialisés et des recommandations d'avocats (sans inclure leurs prestations, toutefois).

Traditionnellement, les accidents de la vie, tels que les conçoit l'industrie, englobaient les accidents et la maladie (dont, soit dit en passant, la couverture d'AXA introduit désormais aussi des composantes dédiées aux parents solos). Cependant, les comportements et les habitudes de la population évoluent avec le temps. Naturellement, la transition vers un modèle familial monoparental a toujours représenté un cataclysme pour ceux qui la subissent mais, au XXIème siècle, il s'agit presque de la norme. Il paraît donc indispensable de prévoir une assistance ad hoc dans ces circonstances.

jeudi 27 août 2026

Démocratiser la gestion de patrimoine avec l'IA

Vanguard
Rêve ancien mais, hélas, jamais concrétisé, la gestion de patrimoine pour tous semble aujourd'hui réveiller les appétits, à l'aune des promesses de l'intelligence artificielle. Le géant américain Vanguard annonce ainsi l'acquisition d'Altruist, en espérant que sa plate-forme aide les conseillers spécialisés à démultiplier leur force de frappe.

Avec les générations successives de « robots-conseillers », la première vague de démocratisation du secteur vise, depuis une quinzaine d'années, à proposer une alternative aux personnes ne disposant pas des moyens de bénéficier des services d'un professionnel. L'absence d'une dimension d'accompagnement de proximité dans ces outils les a malheureusement relégués à un rôle de plate-forme d'investissement certes accessible, mais avec laquelle le client est largement laissé seul devant ses choix.

La vision cible a maintenant changé, y compris chez les trublions d'autrefois, qui, pour les plus évolués, ont mis en place des modèles de conseil humain pour les utilisateurs « haut de gamme ». L'objectif privilégié consiste désormais à rendre ces approches plus efficaces, de manière à en abaisser les coûts et parvenir de la sorte à les ouvrir à une population plus large… qui ne pourra cependant englober l'immense majorité des ménages, modestes, voués, pour l'instant (à jamais ?), à rester à l'écart de la tendance.

Altruist se positionne clairement sur ce créneau, avec une solution propulsée à l'IA pour l'optimisation des processus administratifs qui consomment tellement de temps et d'énergie chez les conseillers, qu'ils préfèreraient consacrer à aider plus d'individus dans le pilotage de leur argent : ouvertures de compte (et les contraintes, notamment réglementaires, associées), suivi des portefeuilles et rapports contextualisés (incluant aussi un portail dédié pour les clients), pilotage des opérations, facturation…

Vanguard x Altruist

Le domaine de la gestion de patrimoine est historiquement en retard dans sa transformation « digitale » et cette situation crée une opportunité pour des jeunes pousses qui voient dans l'intelligence artificielle un moyen de combler le déficit (en France, Patrimind, dont je parlais récemment en fournit un autre exemple). En revanche, leurs offres adressent en priorité des enjeux de productivité dans les métiers existants plutôt que d'envisager une modernisation pourtant nécessaire de l'expérience client.

Je reste toutefois optimiste pour l'avenir, même si celui ci semble encore lointain, car, comme je le remarquais dans un article précédent, je pense que les acteurs qui commencent à convaincre la profession de recourir à l'IA dans leur quotidien – et l'irruption de Vanguard dans la bataille devrait accélérer le mouvement – prendront certainement conscience, avec leurs clients, des possibilités d'étendre progressivement leur périmètre d'intervention, en particulier en permettant à leurs outils d'offrir les niveaux de conseil primaires qui font aussi partie du train-train des spécialistes et peuvent couvrir une part importante des besoins des moins fortunés.

mercredi 26 août 2026

CommBank prépare l'abandon du chèque

CommBank
Tandis que l'Australie doit entamer son processus d'abandon du chèque comme moyen de paiement à partir de 2028, x15ventures, la filiale de capital-risque de CommBank, présente dès maintenant une solution de substitution pour un cas d'usage courant en entreprise : les règlements en volume à l'intention de bénéficiaires mal identifiés.

À l'ère des échanges électroniques généralisés, le chèque imprimé paraît totalement anachronique mais, bien que son utilisation soit en régression constante, il conserve un attrait incomparable pour les organisations qui doivent, pour une raison ou une autre (indemnisation sur litige, remboursement de trop perçu…), verser des fonds à des clients dont elle ne possède que peu d'informations de contact : un courrier à une adresse préalablement enregistrée et le tour est joué (du moins de leur point de vue).

Afin de transposer ces pratiques dans la banque du XXIème siècle, PaidIt déploie un annuaire généralisé des données de paiement des consommateurs, accompagné d'un service qui permet d'automatiser l'émission d'un règlement vers un individu à partir des éléments d'identification disponibles, aussi fragmentaires soient-ils. Afin d'en garantir l'efficacité, l'ensemble s'appuie sur les infrastructures existantes, dont les plates-formes locales de virement instantané (NPP, PayId) et d'identité bancaire (ConnectId).

En pratique, l'organisation qui souhaite réaliser une transaction commence par interroger PaidIt avec les informations qu'elle possède. Dans l'hypothèse d'une correspondance sans ambiguïté, elle obtient une réponse positive et le transfert est initié sans délai, vers le compte et via le protocole préférés du destinataire. S'il subsiste un doute sur la reconnaissance des données transmises, une demande de compléments est retournée et il va alors falloir contacter la personne afin qu'elle s'enrôle.

PaidIt by CommBank

Naturellement, à ce stade, on retombe sur les mêmes limitations que pour l'envoi d'un chèque. En revanche, si la requête parvient bien à son bénéficiaire, celui-ci est invité à inscrire ses références de compte dans le registre (pour réutilisation pour les besoins ultérieurs) ou à assigner le nouveau règlement à son profil existant, de manière à recevoir son dû en quelques secondes et sans autres complications administratives.

Le principe est donc similaire à celui mis en œuvre dans la plupart des systèmes de paiement entre particuliers, la seule différence, et la seule complexité supplémentaire, avec PaidIt résidant dans les mécanismes de réconciliation des informations personnelles des consommateurs, alors que le numéro de téléphone constitue généralement un identifiant universel dans les dispositifs destinés au grand public.

PaidIt est d'ores et déjà exploité par CommBank dans certaines circonstances spécifiques dont, apparemment, le versement de dividendes aux actionnaires (quoique avec des délais de traitement…). La démarche de la banque soulève toutefois une interrogation : le registre de PaidIt aurait vocation, par essence, à devenir un référentiel de place, partagé par tous les établissements australiens. Sa création par une filiale de l'un d'eux risque de freiner son adoption… et son ambition vis-à-vis du chèque.

Toujours est-il que l'initiative mériterait d'intéresser et d'inspirer toutes les institutions financières – ou, de préférence, leurs regroupements nationaux – qui désirent éliminer le chèque de leurs offres, qu'une stratégie officielle de retrait ait été décrétée ou non.

mardi 25 août 2026

La banque en temps réel, pas à pas

Citi
Avec la généralisation des communications instantanées, toutes les interactions personnelles et commerciales s'exécutent désormais en temps réel. Toutes ? Pas tout à fait, puisque la banque continue à introduire des délais dans nombre de ses processus, vestiges des débuts de l'informatique qui résistent toujours à la modernisation.

Les clients particuliers des établissements traditionnels sont certes accoutumés aux décalages dans l'apparition de leurs dépenses sur leurs relevés de compte mais ils pourraient croire que les investisseurs institutionnels bénéficient d'un meilleur niveau de service, surtout avec des opérations sur les marchés, quand la réactivité est primordiale. Or il n'en est rien, en tous cas en ce qui concerne les traitements qui se déroulent en arrière-plan, notamment dans l'univers de la conservation de titres.

Voilà pourquoi Citi Investor Services, qui fait partie de cette catégorie, est fière de présenter sa nouvelle solution « Custody+ », portant la promesse d'une accélération drastique de ses capacités… à défaut d'un engagement au 100% temps réel. 80% des activités, dont les transactions portant sur les actifs détenus, par exemple, seront enfin gérées au fil de l'eau grâce à cette avancée, qui s'appuie sur une nouvelle infrastructure universelle de pilotage des événements mise en place à l'échelle de l'entreprise.

Sans grande surprise, la démarche de la banque n'émane pas d'une volonté endogène d'optimiser son modèle et de l'aligner sur les exigences de rapidité de ses clients, encore rarement exprimées explicitement. Ce sont bien des facteurs externes qui la conduisent à remettre en question ses pratiques d'une autre époque, à savoir l'évolution globale des marchés vers une réduction des délais de compensation et la prise de conscience de l'avantage qu'offre leur fonctionnement instantané aux cryptoactifs.

Citi profite ainsi de son annonce pour rappeler sa prochaine entrée dans le cirque du bitcoin. Dans un registre similaire, elle souligne que les opérations sur les dépôts « tokenisés » grâce à sa solution ad hoc sont déjà réalisées en temps réel. Dans une logique absurde, ce message veut laisser entendre que la transition vers ce genre d'approche technique est une condition de l'accélération alors que l'initiative dont il est question démontre clairement qu'elle relève uniquement d'un choix stratégique.

Citi Investor Services

lundi 24 août 2026

Testudo assure contre les risques de l'IA

Testudo
Dans de nombreuses entreprises, l'intelligence artificielle générative est perçue comme une extraordinaire source d'opportunités mais également de risques impossibles à maîtriser, qui entravent leurs initiatives, notamment celles qui s'adressent directement aux clients. L'américaine Testudo leur propose désormais une assurance dédiée.

Les dirigeants ont de quoi s'inquiéter : alors que les applications de l'IA se propagent à grande vitesse dans leurs organisations, leurs garanties de responsabilité civile excluent progressivement celles-ci de leur périmètre. En parallèle, les litiges sont de plus en plus nombreux, qu'ils portent sur les conséquences d'erreurs commises par les outils ou sur des questions de propriété intellectuelle, pour ne citer que les cas les plus fréquents, et les montants d'indemnisation réclamés se chiffrent en millions de dollars.

Naturellement, la jeunesse de la technologie et la nouveauté de ses impacts (notamment par rapport à des logiciels traditionnels) expliquent les réticences des assureurs. Mais elles n'empêchent pas Testudo de développer ses modèles actuariels propres, adossés à Lloyd's, grâce à une approche adaptée. Elle s'appuie en particulier sur une veille permanente des dossiers traités par la justice, de manière à pouvoir ajuster ses paramètres en quasi temps réel, en fonction des profils spécifiques de ses clients.

Pour ces derniers, l'offre se décline en trois composantes successives. En premier lieu, la jeune pousse réalise une analyse de leur exposition, sur la base, entre autres, de leur domaine d'activité et des cas d'usages d'IA effectivement mis en œuvre. Ainsi armée, elle déploie ensuite son protocole de communication contextualisé de l'actualité via lequel elle transmet à chaque entreprise les informations susceptibles de la concerner, décisions judiciaires, interventions réglementaires, incidents et autres sinistres… de manière à lui permettre de prendre des mesures préventives ad hoc.

La dernière partie consiste en la couverture à proprement parler, personnalisée par rapport au résultat de l'étude préliminaire et rafraîchie régulièrement au fil des événements identifiés dans l'univers de l'IA. Elle prend en charge, à hauteur d'un maximum de 10 millions de dollars (selon les polices), les différends suscités par les impacts d'hallucinations, y compris d'éventuels dommages physiques, les divulgations de données confidentielles, les violations de copyright, les infractions réglementaires…

Testudo se donne pour mission d'apporter de la confiance dans l'économie de l'IA et il est vrai qu'elle en a besoin. Combien d'expérimentations sont mises en sommeil en raison des dangers qu'entraînerait le moindre écart dans le comportement des modèles ? Une multitude d'acteurs se positionnent aujourd'hui sur leur encadrement, afin d'éviter ces dérives, mais il leur est difficile de garantir qu'elles sont totalement éliminées. Une assurance fournit alors la dernière couche de protection, qui deviendra vite indispensable. Pas étonnant que Goldman Sachs ait investi dans la startup !

Testudo

dimanche 23 août 2026

NatWest teste un nouvel outil d'accessibilité

NatWest
Grâce à une collaboration avec la jeune pousse spécialisée Be My Eyes, NatWest expérimente une approche révolutionnaire pour assister ses clients souffrant de handicap visuel dans leurs démarches bancaires courantes et réduire de la sorte leur exposition aux dangers de l'univers « digital », leur risque d'exclusion et leur dépendance.

Naturellement, les entreprises qui font preuve d'un minimum d'engagement pour l'accessibilité de leurs services mettent en œuvre diverses solutions afin d'aider les individus affectés par une quelconque déficience à utiliser leurs outils numériques, notamment à travers le respect des standards internationaux pour les sites web ou les recommandations des fournisseurs de systèmes pour les applications mobiles. En revanche, les interactions avec le monde réel restent fréquemment un problème.

La méthode adoptée par Be My Eyes répond justement à ce besoin, correspondant par exemple, dans le cas de NatWest, à la lecture d'un courrier ou l'activation d'une nouvelle carte de crédit, toutes tâches difficiles à accomplir en totale autonomie. Son principe consiste alors à partager ce que la personne sollicitant une assistance a sous les yeux, via la caméra de son téléphone ou, encore mieux, ses lunettes connectées, avec un collaborateur qui se charge de la guider pas à pas dans l'exécution de l'action requise.

NatWest x Be My Eyes

Concrètement, les consommateurs intéressés devront installer le logiciel de Be My Eyes – qui, dans son fonctionnement normal, propose de recourir à des bénévoles pour leurs demandes du quotidien – et rechercher le support de NatWest dans son annuaire intégré. Dès lors, ils sont pris en charge par un employé de la banque, formé dans ce but, pour traiter leur problématique sans crainte pour la sécurité et la confidentialité de leur interaction. L'option est entièrement gratuite (du moins dans la phase pilote).

Historiquement, la technologie favorise l'inclusion des individus portant une incapacité, pour peu que les organisations avec lesquelles ils échangent portent attention à leurs attentes. Les impacts en sont toutefois, en général, plus importants dans les usages « digitaux », l'intégration de contraintes d'adaptation étant alors plus « automatique ». Or, comme le démontre NatWest (et, surtout, Be My Eyes), dont j'aime l'exploitation des lunettes connectées pour une application véritablement utile, les opportunités d'amélioration de l'expérience dans le monde réel sont également envisageables.

samedi 22 août 2026

Quelle différenciation pour une banque ?

CommBank
Dans l'univers financier banalisé contemporain, les grandes institutions n'imaginent plus guère de solutions pour se différencier par rapport à leurs concurrentes. L'australienne CommBank recourt donc à une stratégie éculée et enrichit son programme d'avantages. N'existerait-il donc plus aucun moyen de revigorer, voire réinventer, le secteur ?

S'appuyant sur des enquêtes qui, sans surprise dans le contexte actuel de tension sur le pouvoir d'achat, révèlent que les consommateurs sont plus que jamais intéressés par les systèmes de récompenses attachés à leurs cartes de crédit, la banque annonce qu'elle en étend désormais la portée à l'ensemble de son catalogue. Ses clients accumuleront ainsi des points de fidélité aussi sur leurs crédits immobiliers, leurs comptes d'épargne, leurs contrats d'assurance… (les critères applicables n'étant pas précisés).

Pour un maximum d'attractivité auprès des 9 millions d'adeptes de son programme « Yello », CommBank insiste en outre sur la faculté qu'elle offre de convertir ces primes facilement, depuis ses applications web et mobile, en réductions sur des dépenses courantes – courses du quotidien, pleins de carburant, factures d'eau, de téléphonie, d'électricité… – comme sur des projets plus exceptionnels – notamment les sorties ou les voyages – par l'intermédiaire d'un certain nombre de partenaires renommés.

L'objectif de la démarche paraît parfaitement transparent. Alors que les dispositifs du genre sont devenus universels sur le marché des cartes de crédit, du moins dans les pays anglo-saxons, où ils constituent un argument de séduction de nouveaux porteurs, il est plutôt question ici de fidéliser les clients en leur faisant valoir l'extension aux autres produits bancaires des bénéfices qu'ils apprécient déjà. Le principe fait évidemment sens à une époque où les consommateurs deviennent volages et n'hésitent plus à multiplier leurs fournisseurs, traditionnels ou acteurs de la FinTech.

CommBank Rewards

Toujours est-il que la méthode employée fait partie de celles qui révèlent un épuisement de la capacité d'innovation. En effet, quand l'offre est identique d'une enseigne à une autre, les seules options subsistant pour se distinguer consistent soit à baisser les prix, soit à promettre des cadeaux, cette dernière étant souvent préférée car elle procure à son bénéficiaire un sentiment de récompense positif qui se répète dans la durée tandis que la première est adoptée par les nouveaux entrants en phase de conquête.

Cette situation ne devrait pourtant pas être inévitable. Historiquement, la relation avec leur conseiller individuel et la qualité de son accompagnement figuraient parmi les principaux facteurs de loyauté des clients envers leur teneur de compte. Or cet aspect a quasiment disparu des radars de l'industrie, entre autres en raison de la transition vers des interactions « digitales ». Il me semble cependant envisageable de recréer un équivalent de ce conseil personnalisé et contextualisé avec les outils numériques disponibles aujourd'hui et d'en faire un avantage concurrentiel inestimable.

jeudi 20 août 2026

L'innovation IA en crowdsourcing chez Starling

Starling Bank
Tous ses clients ne se sentant pas qualifiés pour exploiter son assistant intelligent, Starling Bank lui ajoute maintenant une rubrique « smart tools » qui leur propose des sortes de recettes prêtes à l'emploi pour divers besoins courants. Et elle promet de l'enrichir chaque semaine, y compris avec des suggestions en provenance de ses utilisateurs.

L'outil de la néo-banque a dépassé depuis quelques temps le stade du chatbot qui aide à la navigation dans les comptes, les produits, la documentation… via une interface en langage naturel. Vanté comme pionnier au Royaume-Uni, il sait aussi exécuter des actions pour le compte de son « maître ». Les plus aguerris s'en servent pour automatiser des tâches récurrentes mais une partie de la clientèle reste à l'écart de ces possibilités, faute de confiance en sa capacité à piloter l'intelligence artificielle.

L'onglet « smart tools » est conçu pour cette population. Au lieu de se contenter de quelques exemples de consignes (« prompts ») simples puis de laisser la personne se débrouiller devant l'invitation à engager la conversation avec l'IA, il liste un certain nombre de services prédéfinis, offrant plus ou moins de latitude de personnalisation, beaucoup plus faciles à mettre en œuvre et, surtout, rassurants pour les néophytes, puisqu'ils portent la garantie implicite de ne pas prendre de risques insoupçonnés.

Au lancement, seules quatre fonctions sont incluses. Deux d'entre elles s'adressent aux particuliers, dans une approche relativement élémentaire, puisqu'il est question d'un quizz sur les habitudes de dépenses et de préparation de budget pour les étudiants. Les petites entreprises, quant à elles, bénéficient d'un module d'épargne automatisée pour les taxes (dans lequel le responsable indique comment identifier les opérations concernées) et d'un guide de migration vers la dématérialisation des impôts.

Starling Smart Tools

D'ici la fin du mois, deux options supplémentaires rejoindront le catalogue, l'une pour la mise en place et l'alimentation d'une réserve d'urgence adaptée à la situation spécifique de l'utilisateur et l'autre pour l'activation des protections contre la fraude selon son contexte. La liste devrait ainsi s'allonger de la sorte toutes les semaines, la jeune pousse profitant de la facilité avec laquelle elle peut « programmer » ces activités grâce à sa plate-forme d'IA (propulsée par Gemini de Google, si je ne m'abuse).

En outre, même si elle enclenche la démarche avec ses propres idées, elle est déterminée à répondre en priorité aux attentes des adeptes. Dans cette perspective, Starling demande à ces derniers de leur transmettre leurs propositions qui, si elles paraissent cohérentes, seront implémentées dans les « smart tools ». La communication officielle ne précise pas, toutefois, si les contributions doivent être fournies sous forme de commandes agentiques ou si des présentations de concept sont acceptées.

L'approche me rappelle celle de Monzo avec IFTTT, qui, avant l'ère de l'intelligence artificielle, essayait également de capitaliser sur la créativité de ses clients afin de partager des services utiles. À l'époque comme aujourd'hui, le développement des fonctions complémentaires était réservé à une élite et la banque jouait le rôle d'intermédiaire pour diffuser les meilleures auprès de ceux qui ne possèdent pas les compétences requises… ou ne pensent pas à toutes les opportunités.

Avec l'IA et sa rapidité de production, le modèle est désormais en mesure de prendre une autre dimension, notamment en matière d'hyper-personnalisation : il n'existe quasiment plus de limite technique au déploiement de fonctions dédiées aux niches les plus étroites. Il faudra tout au plus veiller à ce que l'accès en reste toujours aisé.

mercredi 19 août 2026

La confiance en la banque s'érode

ANZ
En Australie, ANZ lance une campagne auprès de ses clients afin de les sensibiliser à la nouvelle tendance qui voit les fraudeurs aider leurs victimes à contourner les moyens de détection destinés à les protéger. Mais le succès de ces méthodes de manipulation constitue aussi un inquiétant révélateur de l'état de la confiance dans les banques.

Les auteurs de malversations que je qualifierais « de proximité », dans lesquelles un contact direct est pris avec leurs cibles, souvent par téléphone et parfois au fil d'un engagement prolongé, connaissent sur le bout des doigts les mesures que mettent en œuvre les institutions financières en vue d'intercepter leurs agissements. Alors, quand ils ne parviennent pas à les déjouer techniquement, ils exploitent leur talents relationnels pour convaincre les consommateurs de mentir à leur teneur de compte.

Les arnaques aux investissements mirobolants, notamment dans les cryptoactifs, sont fréquemment concernées. Lorsque le client veut transférer une somme d'argent importante, voire toutes ses économies, le criminel va lui expliquer comment répondre aux questions de contrôle de sa banque de manière à ne pas éveiller les soupçons, par exemple en niant agir via un intermédiaire. Dans certains cas, il peut même assister à l'entretien avec un conseiller et guider les échanges, par une oreillette ou par SMS.

Comme avec chaque « innovation » dans l'art de l'escroquerie, l'industrie réagit d'abord par la communication. En l'occurrence, elle rappelle qu'elle instaure sans cesse des mécanismes supplémentaires dans le but de repousser les attaques et que, bien qu'ils paraissent excessifs et frustrants, il ne faut jamais oublier qu'ils sont là pour la sécurité de l'argent des déposants. Elle renchérit ensuite en soulignant – comment peut-il en être besoin ? – qu'un individu qui incite à tricher est immédiatement suspect.

ANZ – Scam Coaching

Cependant la situation devrait encourager le secteur financier à l'introspection. En effet, quelle que soit l'habileté sociale des malfaiteurs, le fait que des personnes finissent par accepter, après plus ou moins de pression, d'adopter les techniques pour le moins douteuses qu'ils leurs suggèrent est certainement révélateur d'une méfiance latente vis-à-vis de la banque. Et, ironiquement, les bloquages et autres frictions introduits dans les parcours du quotidien pour la lutte contre la fraude y contribuent.

Quand ces dispositifs dépassent un niveau acceptable de nuisance, ce qui est hélas de plus en plus souvent le cas, il devient presque facile de faire croire aux consommateurs qui les subissent dans des circonstances parfaitement banales et sans risques qu'ils sont déployés pour défendre les intérêts de l'établissement et non ceux de ses clients. Il s'agit d'une conséquence dérivée du déséquilibre croissant entre l'efficacité des instruments de défense des banques et leur impact sur l'expérience utilisateur.

A minima et à défaut de trouver de meilleures solutions de protection, les efforts de pédagogie mériteraient d'être démultipliés autour de ces barrières qui deviennent insupportables. Plus profondément, les institutions financières devraient se préoccuper sérieusement de la confiance qu'elles inspirent, dont elles croient toujours qu'elle est inébranlable alors qu'elle s'effrite progressivement via divers facteurs, parmi lesquels la popularité des influenceurs et l'émergence de la FinTech jouent un rôle.