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C'est pas mon idée !

vendredi 31 janvier 2025

Google appelle les entreprises pour vous

Google
Depuis sa première démonstration de prise de rendez-vous automatisée en 2020, Google a commencé à tester, l'année dernière, un agent virtuel qui patiente au téléphone pour le compte de son utilisateur humain. Celui-ci évolue maintenant avec la capacité d'interroger l'entreprise contactée sur ses services et ses horaires.

Toujours en mode expérimental, réservée aux internautes éligibles inscrits au programme Search Labs, la fonction « ask for me » (« demande pour moi ») concerne pour l'instant uniquement les salons de manucure et les garages automobiles. Concrètement, après une requête classique sur ces catégories d'activité (par exemple « où puis-je effectuer une vidange près de chez moi ? »), un bouton dédié apparaît dans la liste de résultats permettant d'obtenir rapidement plus d'information via un appel téléphonique, pris en charge de bout en bout par une intelligence artificielle.

La démarche s'avère prudente puisque, outre le périmètre limité à deux métiers, il faut d'abord sélectionner la question à poser aux commerçants suggérés au sein d'une liste prédéfinie, comprenant les principaux actes qu'ils sont à même de proposer, et préciser les créneaux horaires envisageables. Ce n'est qu'après avoir franchi cette étape que le robot va lancer sa campagne d'appels afin de recueillir les réponses correspondantes, qui seront finalement présentées au demandeur dans un format synthétique.

Alors que les nouveaux entrants de l’intelligence artificielle laissent planer une menace existentielle sur le leader incontesté de la recherche en ligne, Google réagit, entre autres, en introduisant une approche inédite de son cœur de métier qui consiste à enrichir les données dont dispose son moteur sur les PME, souvent partielles et/ou obsolètes, avec une option d’accès à la source intégrée de manière (plus ou moins) transparente dans un parcours bien connu – tenant du réflexe – des usagers du web.

Le scénario du client robot – sorte d’esclave numérique exécutant de façon autonome les tâches simples à la place des humains auprès de leurs fournisseurs – prend ainsi forme, pas à pas. Avec lui, se rapproche également la menace d’une submersion des professionnels par les sollicitations permanentes, éventuellement malveillantes, de logiciels infatigables. Si, dans un premier temps, des automates téléphoniques pourront aider à faire face, il sera probablement nécessaire, à terme, pour plus d’efficacité, de mettre en place un canal d’interaction spécifique aux agents intelligents…

Google Search Labs

jeudi 30 janvier 2025

X Money : deux ans pour en arriver là ?!

X Money
Naturellement, nous sommes maintenant largement habitués aux promesses farfelues et jamais tenues d'Elon Musk. Toujours est-il que son « ambition » de transformer Twitter en une « super app » révolutionnaire prend une tournure ridicule, sa seule annonce deux ans plus tard étant un accord avec Visa, acteur traditionnel s'il en est.

Faisant fi des avis d'analystes (dont je fais partie depuis longtemps) qui considèrent qu'il s'agit d'une pure chimère, le rêve de répliquer dans les pays occidentaux le succès des plates-formes mobiles universelles chinoises – WeChat en tête – reste donc au premier plan de la stratégie de ce que sont désormais les vestiges de Twitter. Or, dans cette perspective, la mise en place d'une solution de paiement intégrée, aussi transparente et facile d'accès que possible constitue un préalable indispensable.

En réponse à ce besoin, c'est l'option Visa Direct que retient X. Grâce à celle-ci, les utilisateurs du réseau social pourront facilement alimenter leur porte-monnaie virtuel depuis une carte de paiement et, surtout, réaliser des transferts portant directement sur cette dernière (et le compte bancaire associé). La seule application mentionnée à ce stade, qui est d'ailleurs la cible normale du produit de Visa, concerne les échanges entre pairs. On est encore bien loin des usages requis pour une super app !

Visa x X Money

Plus profondément, l'innovation semble résolument en panne dans l'univers des paiements. Que l'industrie traditionnelle – aux États-Unis, avec Zelle, comme en France, avec PayLib puis Wero – ait du mal à dépasser le stade des versements entre amis est finalement compréhensible, au vu, entre autres, de ses intérêts dans les modèles existants. Qu'un trublion (auto-proclamé) passe par les mêmes voies, des années plus tard et derrière une concurrence aujourd'hui consolidée, qui plus est en s'appuyant sur un partenaire qui ne lui ouvrira guère d'horizons nouveaux, est plus désespérant.

Essayons de nous rassurer en considérant que, malgré les velléités et les déclarations tonitruantes de son propriétaire, X n'est décidément pas une référence à suivre et qu'il n'y a rien à en attendre pour le secteur financier (ni pour le reste, vraisemblablement). Malheureusement, les besoins émergents, notamment en matière de paiements, restent à couvrir et rares sont les entreprises – historiques ou startups – qui s'attellent à la tâche (dans la mesure où, bien sûr, j'exclus du champ les cryptomonnaies, qui cherchent plutôt à apporter des réponses à des questions que personne ne se pose).

mercredi 29 janvier 2025

Le retour des acteurs historiques ?

BNP Paribas
Prises de cours par l'innovation foisonnante de la FinTech, les institutions financières traditionnelles se sont laissées distancer pendant plusieurs années. Les trublions s'étant maintenant assagis, elles ont une opportunité de reprendre l'avantage. Illustration avec le partenariat [PDF] conclu entre BNP Paribas Personal Finance et Apple.

L'univers du crédit à la consommation représente l'archétype d'une révolution menée tambour battant par une génération de jeunes pousses – telles que Klarna – extrêmement agressives avec leurs outils de paiement fractionné. En quelques années, leur capacité à offrir un financement, certes de court terme, en quelques instants, dans un parcours incroyablement fluide et transparent, remisait au rang d'antiquités les processus longs et lourds (entre autres en justificatifs) des acteurs historiques.

Cependant, l'avantage initial ne pouvait pas durer éternellement et les établissements qui ont d'abord accusé le coup n'ont évidemment pas manqué de réagir. Après tout, ils possèdent d'immenses ressources qu'ils peuvent choisir de consacrer à combler leur retard et même s'ils ne sont pas aussi réactifs que les startups, ils finissent tout de même par parvenir au même résultat. Et quand leurs concurrents n'ont pas fait de nouveaux progrès entre temps, leur proposition de valeur devient redoutable.

Prenez le cas d'Apple. Il y a quelque temps, les boutiques de la marque proposait la solution d'Alma pour étaler le paiement des achats de ses appareils. Depuis aujourd'hui, c'est Cetelem qui assume ce rôle, ayant remporté un marché réputé particulièrement difficile, entre des conditions financières drastiques et des exigences hors normes en matière d'expérience utilisateur… auxquelles la filiale de BNP Paribas ajoute une flexibilité que l'expertise d'un grand groupe est (presque) seule capable de fournir.

Apple Store x Cetelem

En l'occurrence, elle autorise la combinaison de modes de financement distincts sur les différentes lignes d'un panier multiple, en intégrant l'éventuelle reprise d'un matériel d'occasion ou des avantages spécifiques pour les souscripteurs d'une extension de garantie. Elle profite là de son vaste catalogue de produits, alors que les nouveaux entrants ne disposent que d'une gamme réduite (et que leur principale préoccupation du moment porte plutôt sur les contraintes réglementaires imminentes du secteur).

Naturellement, l'exemple de BNP Paribas Personal Finance n'est pas généralisable et il existe encore de nombreux domaines – à commencer par la banque de détail – dans lesquels l'avance de la FinTech n'a toujours pas été rattrapée par l'industrie traditionnelle, notamment au niveau de l'expérience client. À tout le moins, il souligne que l'innovation introduite depuis plus de 15 ans dans la finance n'était pas suffisamment profonde et persistante pour créer la rupture radicale dont rêvaient les pionniers.

mardi 28 janvier 2025

Serene prédit la vulnérabilité financière

Serene
Née à l'automne 2022, intégrée en 2023 au programme d'accélération de NatWest, qui vient d'en prendre une part minoritaire, Serene propose aux institutions financières un outil – à base d'intelligence artificielle, évidemment – destiné à anticiper les vulnérabilités susceptibles d'affecter leurs clients et à les aider à les surmonter.

Au cœur de son approche, la jeune pousse analyse une combinaison de données bancaires – notamment les historiques de transactions, provenant de l'établissement qui implémente sa solution et/ou d'autres institutions, via les mécanismes de finance ouverte – et d'informations complémentaires sur les personnes afin de déterminer leur exposition aux principaux facteurs de fragilité, tels qu'ils sont énoncés [PDF] par le régulateur dans ses efforts en vue d'un traitement équitable de la population.

Au plus haut niveau, les résultats obtenus sont synthétisés sous la forme d'un score de risque, permettant d'émettre des alertes sur des situations potentiellement urgentes ou encore de définir les priorités parmi les individus requérant une assistance. Naturellement, une vue plus détaillée est ensuite fournie sur chaque cas, comprenant, entre autres, des précisions sur chacun des domaines de sensibilité (santé, moments de vie, résilience, aptitudes, selon la FCA) ou une prévision de l'évolution dans le temps.

Une fois les difficultés à venir identifiées, Serene finalise sa démarche avec la suggestion des actions appropriées afin de les résoudre ou, a minima, d'en contenir les effets. S'appuyant sur des principes de science comportementale, elle recommandera l'envoi de messages préventifs, la consultation de guides, la transmission du dossier à un organisme spécialisé, la souscription de produits…, tous personnalisés à la fois en fonction des symptômes observés et du contexte, des habitudes… du client.

Accueil Serene

Cette dimension de conseil est, bien entendu, essentielle. En vérité, les moyens de prévoir les dérives ou les incidents financiers à partir de l'étude des comptes bancaires sont disponibles depuis des années. Mais le plus complexe est bien d'appréhender quoi faire de la connaissance acquise de la sorte et, en particulier, comment en tirer parti pour remettre sur de bons rails le client en voie de fragilité. La tâche s'avère d'autant plus ardue que les freins et les obstacles émanent de tous les acteurs impliqués.

La victime présumée est ainsi en première ligne des réticences : entre le danger d'une perception d'intrusion indésirable dans la vie privée et le refus probable pour quelqu'un d'admettre que les prémices d'un déclin sont précurseurs d'un possible accident à une échéance plus ou moins lointaine, il est délicat non seulement de convaincre d'agir par anticipation mais également – et tout simplement – d'aborder le sujet avec tact. Je ne sais pas si Serene prend en compte cet aspect mais il me semble critique.

L'autre source du problème réside dans les banques, historiquement peu enclines à investir pour le bien-être de leurs clients vulnérables. Leur focalisation excessive sur la rentabilité immédiate s'accommode mal de projets dont les bénéfices, incertains, ne se matérialisent qu'à long terme quand les personnes accompagnées dans une mauvaise passe retrouvent le chemin de la prospérité. Ce doute justifie certainement l'argument réglementaire brandi par Serene, spécifiquement sur le « devoir vis-à-vis du consommateur ». Il restera à voir s'il fait mouche, chez NatWest pour commencer…

dimanche 26 janvier 2025

Une app pour préparer l'achat immobilier

Foyer Savings
Entre prix élevés de l'immobilier, pouvoir d'achat en baisse et remontée des taux d'intérêt, les primo-accédants à la propriété voient les difficultés s'accumuler devant leur projet. Alors, en parallèle des acteurs imaginant des modes de financement originaux, Foyer les aide à rassembler l'apport personnel qui leur mettra le pied à l'étrier.

Aux États-Unis, comme dans de nombreuses régions du monde, il n'a jamais été plus compliqué, depuis une quarantaine d'années, pour des locataires soumis à la pression croissante des loyers d'envisager d'acquérir un logement, alors que cet acte représente à la fois le rêve d'une vie pour une forte proportion des populations et une première étape importante dans la constitution d'un patrimoine. En dépit de cette conjoncture, rares sont les offres d'assistance consacrées au parcours de préparation.

C'est, en particulier, parce qu'il considère que les solutions d'épargne existantes, y compris celles qui fonctionnent par projet, restent trop génériques pour être réellement efficaces que Landy Liu a décidé de fonder Foyer. Son application propose donc beaucoup plus qu'un compte dédié destiné à accumuler le montant minimal requis pour obtenir un prêt hypothécaire, sous la forme d'un accompagnement personnalisé.

Ainsi, dès son inscription, l'utilisateur est pris par la main pour la définition de son objectif. En fonction de sa situation et de ses ambitions, l'outil l'aide à déterminer le budget prévisionnel de sa future résidence, dont l'apport personnel qui sera exigé par la banque. Dès lors, il se voit suggérer un plan afin de mettre de côté la dite somme sur un compte d'épargne dédié, rémunéré (généreusement) et complété de primes qui lui sont allouées selon son comportement… et l'aident à atteindre son but plus rapidement.

Foyer Savings

Par ailleurs, dans une logique pédagogique, la plate-forme dispense des informations et des recommandations tout au long de son usage, non seulement sur des thématiques financières (dont le crédit hypothécaire et ses complexités, naturellement) mais également sur le marché et les ficelles de l'acquisition d'un bien. Enfin, quand le moment est venu, elle peut également orienter le futur propriétaire vers un agent immobilier partenaire (mais, étonnamment, pas vers des établissements prêteurs).

Bien que j'aie tendance à préférer l'accompagnement financier à 360°, plus approprié pour les besoins réels des individus, voire des familles, qui doivent jongler simultanément avec leurs dépenses quotidiennes, leurs emprunts en cours, leurs différents rêves (à court et long terme)…, l'approche de Foyer présente un intérêt indéniable en se focalisant sur ce qui, pour la plupart des gens, est le projet prioritaire, qu'ils privilégient avant tout et qui focalise le maximum de leur attention.

samedi 25 janvier 2025

Generali collabore avec le MIT sur l'IA

Generali
Le secteur de l'assurance, comme tant d'autres, ressent une injonction à l'utilisation de l'intelligence artificielle, sans pourtant toujours identifier précisément quels pourraient être ses meilleures opportunités. Alors, Generali entame une collaboration avec un laboratoire du prestigieux MIT afin de l'assister dans ses explorations et dans ses projets.

Concrètement, dès ce début de 2025, les professionnels de l'analyse de données œuvrant dans différentes lignes d'activité de la compagnie travailleront avec trois équipes de recherche spécialisées dans les systèmes d'information et de décision en vue de tirer parti des outils d'IA et d'apprentissage automatique existants dans des cas d'usage nouveaux, pertinents pour les métiers de l'assurance. L'objectif comprend à la fois la création de solutions opérationnelles et le partage de connaissance.

Les thématiques d'application envisagées ne surprendront guère, entre modélisation des risques – dans une perspective d'adaptation des méthodes d'actuariat – et évaluation des dommages sur les sinistres, en passant par ce qui, sous l'expression « smart souscription », semble désigner les moyens de simplifier ses parcours client. On le voit donc, bien qu'il soit explicitement question d'innovation, Generali entend rester dans une logique d'optimisation de ses processus (qui plus est centrée sur sa propre efficacité plus que sur les besoins des clients), sans rêver de rupture industrielle.

Generali x MIT

La démarche de l'assureur répond de la sorte aux défis auxquels sont confrontées toutes les institutions financières devant l'émergence d'une technologie présentée comme une profonde menace pour leurs pratiques historiques. Elle vise à trouver la voie vers une adoption rationnelle, qui lui permettre d'en tirer la valeur promise sans remettre en cause sa nature prudente et conservatrice. On peut toutefois s'étonner qu'il recoure dans ce but à une structure de recherche (certes appliquée) et non aux fournisseurs, toujours prêts à accompagner les entreprises désireuses d'exploiter leurs outils.

Enfin, l'initiative me paraît entachée d'un défaut classique – et particulièrement tentant avec un sujet aussi médiatisé que l'intelligence artificielle – mais rédhibitoire. Elle aborde en effet l'ambition d'innovation par le mauvais bout, dans une approche qui part d'une réponse prédéterminée puis recherche les problématiques que celle-ci est susceptible de traiter. Voilà une manière idéale d'aboutir à de fausses bonnes idées, marquées par un biais de confirmation quasiment inévitable. Je crains fort que les experts – plutôt techniques – du MIT ne soient pas les mieux placés pour esquiver un tel danger…

vendredi 24 janvier 2025

Un crédit avantageux pour les bons conducteurs

DriveScore
À l'instar de quelques compagnies d'assurance, DriveScore propose aux automobilistes britanniques, en tant que courtier, de bénéficier de tarifs avantageux sur leur couverture moyennant l'évaluation de leur comportement au volant via son application mobile. Elle décline maintenant le principe en vue de réduire le coût de leur crédit.

Le fonctionnement du dispositif reste inchangé : le logiciel de la jeune pousse analyse les caractéristiques de conduite de l'utilisateur – vitesse, accélérations et freinages, prise de virages… – à partir desquelles elle lui attribue une note globale, comprise entre 0 et 1 000, l'atteinte du seuil de 750 étant nécessaire pour obtenir une qualification positive. Dès lors, s'il accepte de partager l'information avec les établissements participants, il se voit octroyer un rabais lorsqu'il sollicite un prêt automobile.

Selon un responsable, l'avantage consenti n'est pas le fruit d'une simple opération marketing puisqu'il correspond en réalité aux résultats d'une étude menée sur l'immense échantillon de données collectées par DriveScore depuis ses débuts, qui démontrerait une corrélation entre la qualité de conduite et la propension à régler ses dettes – sur carte de crédit et autres emprunts – en temps et en heure. Notons tout de même que la prudence n'est valorisée qu'à un montant maximal modeste de 170 livres sterling.

Naturellement, la démarche n'est possible que parce que DriveScore est une filiale du groupe ClearScore, dont le métier d'origine porte sur l'exploitation de données alternatives – essentiellement issues des mécanismes de banque ouverte – pour la production d'un score de crédit plus efficace, plus équitable, plus universel que ne l'autorisent les méthodes traditionnelles. Ayant diversifié ses activités vers de nouvelles catégories d'information pour d'autres besoins, elle referme ainsi la boucle.

Accueil DriveScore

Dans une certaine mesure, l'identification d'une simple corrélation, potentiellement accidentelle, entre l'attitude au volant et la gestion responsable d'engagements financiers, en l'absence de toute causalité irréfutable, paraît insuffisante pour justifier la démarche de DriveScore. En revanche, si elle est effectivement rationalisée, elle offre une intéressante perspective de convergence d'intérêts entre la banque et l'assurance, l'une sur les risques de défaut et l'autre sur la sinistralité. La présence d'Admiral parmi les institutions qui mettent en œuvre le système en constitue peut-être une validation…

jeudi 23 janvier 2025

Cette fois, ce n'est pas moi qui le dit !

HSBC
Un an après son lancement en grandes pompes, HSBC abandonne sa plate-forme Zing, qui voulait concurrencer Wise et Revolut. Plutôt que de ressasser mes commentaires personnels sur les raisons d'un tel échec, attardons-nous plutôt sur l'analyse qu'en propose l'ancien directeur des opérations du groupe bancaire. Ce qui revient au même.

Ritesh Jain, qui l'a quittée en 2020, reconnaît pourtant le positionnement indéniablement propice de l'institution financière, transcendant les frontières et disposant des infrastructures nécessaires, pour un projet de solution « digitale » de paiement international. Mais, dans l'exemple du jour, il résume en trois faiblesses l'incapacité d'une entreprise de cette dimension à capitaliser sur ses forces existantes afin d'innover… Ces facteurs se retrouvent, à des degrés divers, dans toutes les histoires similaires.

En premier lieu, il est question de calendrier et de fenêtre d'opportunité (manquée, en l'occurrence). Quand une firme prétend imposer un nouveau produit, elle ne peut espérer réussir qu'en apportant une valeur différenciante à ses clients. Or, comme je le soulignais dès son annonce, Zing n'était guère plus qu'une pâle copie de solutions disponibles sur le marché – et populaires – depuis des années. Dans la compétition avec la FinTech, il ne suffit pas de répliquer le présent, il faut anticiper l'avenir !

Deuxième axe, qui résonne avec le fameux dilemme de l'innovateur, le paquebot HSBC fonctionne sur des principes et des règles qui entrent en conflit direct avec la création d'une solution disruptive. En l'espèce, la cible vise un segment d'activité – des échanges transfrontaliers – qui représente une source de revenus confortable, tandis que les équipes se voient obligées de s'appuyer sur des systèmes en place lourds et coûteux, en devant tenir compte d'une exigence de retour sur investissement rapide.

Goodbye Zing

Dernier pilier de l'équation impossible, la conformité, qui constitue, dans une large mesure, une déclinaison du précédent. Les contraintes réglementaires s'imposent certes de la même manière aux jeunes pousses et aux grandes banques. Mais quand les premières sont en mesure de déployer des systèmes de contrôle modernes et agiles, les secondes se complaisent à mettre en branle leur immense machinerie, à l'inefficacité avérée (j'ai même abordé le sujet spécifiquement sur le cas HSBC).

Tout n'est cependant pas à jeter dans l'expérience de Zing. Même si son arrêt prématuré est largement dû à ce que j'appelle la malédiction du changement de dirigeant (Georges Elhedry a été nommé directeur général en 2024 et s'engage dans une tristement « banale » stratégie de réduction des coûts), il représente également une occasion d'apprendre par la pratique les erreurs fatales à l'innovation… et il donne l'exemple (rare) d'une gouvernance qui sait mettre un terme à ce qui ne fonctionne pas.

mercredi 22 janvier 2025

La carte biométrique bouge encore…

Idemia
Apparue en 2018, la carte biométrique – qui permet de valider un paiement par empreinte digitale sur son lecteur intégré au lieu de la saisie d'un code – comporte plusieurs limitations gênantes. Idemia, fournisseur pionnier, veut lever une d'elles en proposant un enrôlement direct sur le smartphone du porteur. Qui introduit d'autres frictions.

Commençons par un bilan pour une innovation que j'ai jugée, dès la première expérimentation, sans intérêt pour l'utilisateur final. Bien que, selon une enquête, les consommateurs semblent attirés par ses promesses de sécurité renforcée et que ses promoteurs se félicitent de son développement, l'estimation d'un volume de livraisons de 37 millions d'unités dans le monde à l'horizon 2028 est tristement dérisoire face aux près de 30 milliards de cartes qui devraient être distribuées à la même échéance ou aux 5,5 milliards d'adeptes de porte-monnaie électroniques projetés pour 2027.

Outre son coût – généralement (toujours ?) reporté sur le client sous prétexte de garantie superflue –, un frein à l'adoption, surtout du côté des émetteurs, réside dans l'impératif de mettre en place un processus d'enregistrement de l'empreinte digitale sur la carte. Celui-ci requiert en effet un déploiement en agence, impliquant installation, formation des agents, prise en charge des demandes, gestion des incidents… Exigence incongrue dans un contexte de « digitalisation » massive des opérations courantes.

Afin de pallier ce handicap, Idemia offre donc désormais une solution autonome : l'utilisateur connecte un lecteur à son téléphone, y insère sa carte puis suit les instructions formulées dans l'application de sa banque et le tour est joué, les données biométriques sont inscrites dans la puce. On perçoit hélas immédiatement le défaut du système, impliquant l'envoi d'un composant complémentaire, qui surenchérit le prix et risque d'engendrer des frustrations chez les personnes réfractaires à l'informatique. Sans même parler de l'empreinte environnementale d'un gadget à usage unique.

Annonce Idemia

En résumé, ce n'est pas avec un tel ajout – qui trouve ici une confirmation supplémentaire de sa conception pour les besoins des émetteurs et non de leurs clients, dans une approche centrée sur la technologie, sans considération pour le design – que la carte biométrique va résorber ses lacunes et, surtout, son retard par rapport aux modes de paiement via mobile, dont la popularité, la sécurité et la qualité de l'expérience utilisateur (en particulier à l'enrôlement) sont infiniment plus convaincantes.

Par exemple, je suis étonné que personne, ni du côté de l'industriel ni du côté des banques ayant inscrit le produit à leur catalogue, n'ait envisagé d'en faire la promotion auprès des individus souffrant de déficiences visuelles, auxquels il procurerait une réponse idéale aux difficultés de saisie de code secret (qui suscitent leurs propres innovations). Certes, il ne s'agirait que d'un marché de niche… mais, par rapport à celui d'aujourd'hui, il a le mérite de viser une vraie problématique rencontrée par les clients.

mardi 21 janvier 2025

Barclays signe la fin de la FinTech

Rise
Ce ne sera probablement qu'un des premiers épisodes dans une longue série à venir : Barclays s'apprête à fermer son accélérateur FinTech après 10 ans marqués par quelques succès notables (WealthOS, Alloy…) parmi ses 120 anciens résidents. L'événement signale en fait la fin d'une ère pour l'innovation dans la finance.

Rise est représentative d'une génération de structures créées par des banques – dont elle aime se décrire comme une pionnière et une des plus importantes au monde – qui se donnent pour mission depuis leurs débuts de connecter des entrepreneurs, des idées, des talents, des investisseurs, des clients… (et, occasionnellement, de financer quelques projets prometteurs) au profit du développement de produits et services innovants pour l'industrie financière. Mais la situation a bien changé, depuis 2015.

La justification officielle de l'abandon de l'initiative, dont le budget a pu atteindre jusqu'à 10 millions de livres par cohorte, tiendrait à un constat de maturité : l'époque des acteurs de niche, nécessitant un soutien et un accompagnement rapprochés, a laissé place à un écosystème stable intégré dans le paysage. La veille, la mise en place de partenariats, les prises de participation… que l'institution entend poursuivre peuvent désormais s'opérer dans un cadre ouvert, requérant un engagement moindre.

Welcome to the Home of Fintech

En réalité, il serait plus juste de parler d'une transformation de ce qui était, pendant un moment, perçu comme une menace. En effet, la mode des incubateurs et accélérateurs dans les grands groupes à émergé quand des trublions sortis de nulle part se sont mis en tête d'ébranler un secteur ronronnant, privilégiant ses profits et non la satisfaction des besoins de sa clientèle. L'objectif était alors de tenter de dompter les dangereux disrupteurs en les amadouant avec des capacités d'accueil confortables.

Peut-être la stratégie a-t-elle réussi à éteindre les velléités de rupture, toujours est-il que, aujourd'hui, rares sont les startups qui portent l'ambition de changer le monde comme, en leur temps, Wise, Revolut, Lydia et quelques autres… La plupart des nouveaux entrants visent désormais plutôt à aider les entreprises historiques à mieux utiliser les technologies disponibles – par exemple l'intelligence artificielle – et les programmes d'accélération, s'ils sont encore utiles, seront pris en charge par les fournisseurs.

En résumé, je considère que, en 2025, le véritable esprit de la FinTech – celui des origines – a disparu, laissant derrière lui, heureusement, quelques vestiges de réussites retentissantes. Il faudrait certainement employer un autre terme pour décrire ce qui l'a remplacée : TechFin, comme il fut envisagé il y a des années (au sens de « Technologie pour la Finance », pas de « Technologie comme Fin en soi » 😉) ?

lundi 20 janvier 2025

Atom offre un assistant d'efficacité énergétique

Atom Bank
Un peu partout dans le monde, des gouvernements avisés tentent de convaincre leurs populations d'attacher plus d'importance à l'efficacité énergétique de leur habitation. Malheureusement, les programmes déployés dans ce but s'avèrent souvent complexes. Voilà pourquoi Atom Bank propose désormais un outil d'assistance à ses clients.

Comme beaucoup d'autres pays dans le monde, le Royaume-Uni a instauré, à partir de 2007, un système de classement des bâtiments permettant de déterminer rapidement leur qualité environnementale, afin, entre autres, de donner aux propriétaires une idée précise des opportunités d'amélioration, synonymes d'économies et de meilleure valorisation sur le marché. Or, selon une étude menée par la néo-banque, plus de la moitié des britanniques ne connaissent pas la note de leur résidence tandis que 6 sur 10 déclarent mal comprendre le fonctionnement de ces dispositifs.

Étonnamment, en dépit de ces lacunes, 68% des personnes interrogées sont tout de même conscientes de l'intérêt d'engager des travaux en vue d'optimiser leur score, notamment pour réduire leurs factures de chauffage (en moyenne de près de 30% pour un passage du niveau D au niveau C) et augmenter le prix de revente de leur bien. En revanche, leur perception de l'investissement nécessaire semble totalement hors de proportions : alors que la plupart imaginent un budget supérieur à 25 000 livres, des initiatives simples, à partir de 1 500 livres, peuvent parfois suffire à progresser.

Atom Retrofit Explorer

En réponse au déficit d'information généralisée et parce qu'il ne pourra jamais être résorbé sans faciliter le premier pas, Atom a donc développé « Retrofit Explorer ». Ouverte à tous les visiteurs, l'application les invite d'abord à réaliser un diagnostic rapide, en s'appuyant autant que possible sur des données publiques, de manière à limiter les saisies nécessaires. À partir des informations collectées, elle établit ensuite un plan d'amélioration personnalisé, ajusté en fonction d'un montant spécifié.

Dernière étape, qui cible également un des principaux facteurs d'abandon des bonnes résolutions pour ceux qui envisagent d'agir mais ne savent pas comment s'y prendre, la plate-forme fournit des noms et adresses d'entreprises susceptibles de réaliser les aménagements suggérés. Il est même possible de sélectionner uniquement des firmes locales ou celles qui seront en mesure de prendre en charge l'ensemble du chantier.

Avec cette nouvelle solution, Atom prolonge ses efforts pour une approche responsable de ses activités, même si elle n'aura finalement que des répercussions marginales sur son cœur de métier, en l'occurrence le renchérissement et la sécurisation des actifs sur lesquels elle offre des prêts hypothécaires. Pour une banque opérant sur un périmètre plus large (elle s'étant recentrée sur l'épargne, le crédit immobilier et les prêts aux entreprises), s'ajouterait potentiellement le financement des travaux.

Mais l'essentiel pour la jeune pousse est d'accompagner ses clients dans leurs préoccupations financières, ce qui ne se réduit évidemment pas à la vente de produits.

dimanche 19 janvier 2025

Le biais jeuniste de l'innovation

Seniors
Je profite de la publication récente par Thierry Spencer, spécialiste de la relation client, de son billet intitulé « le client sera vieux » pour questionner aujourd'hui les thématiques privilégiées par ceux qui portent l'innovation dans nos sociétés, en particulier les startups, alors qu'elles ciblent presque systématiquement les jeunes générations.

Actuellement, en France comme dans tous les pays économiquement avancés (certes à des degrés divers), le segment des plus de 65 ans atteint, voire dépasse, en nombre, les moins de 20 ans et l'évolution démographique, telle qu'elle est esquissée par la pyramide des âges, par exemple, montre que la tendance ne va aller qu'en s'amplifiant. Dans ces conditions, pourquoi les entrepreneurs, qui cherchent à conquérir le maximum de clients, persistent-ils à focaliser leurs efforts vers les seconds ?

La première raison est triviale. Les individus les plus enclins à innover, en prenant les risques susceptibles de les amener à créer de vraies ruptures, sont eux-mêmes généralement jeunes et leurs priorités vont vers les problématiques et les attentes de leurs pairs plutôt que vers les enjeux de leurs aînés, qu'ils ne perçoivent, au mieux, qu'à travers un regard indirect. Naturellement, les investisseurs pourraient avoir plus de discernement mais leurs options sont limitées… et ils se laissent aisément éblouir.

Une deuxième explication, au moins dans le cas (fréquent dans le secteur financier) où la créativité s'exprime sous forme « digitale », réside peut-être dans la conviction que, malgré leur nombre, les seniors ne constituent pas une audience attractive car une forte proportion d'entre eux restent allergiques aux outils électroniques modernes. Il existe une indéniable part de vérité dans cette thèse… mais ce serait justement le travail des concepteurs que de leur proposer des produits qu'ils adoptent massivement.

En effet, il y a du serpent qui se mord la queue dans cette affaire. Comment peut-on croire que les plus âgés vont adhérer à des solutions qui, dans leur immense majorité, ont été conçues de bout en bout – du design aux modes d'interaction, en passant, bien sûr, par les fonctions déployées – pour leurs petits-enfants ? Comme le souligne Thierry Spencer, comprendre leurs besoins et developper des applications qui correspondent à leurs modes de pensée est essentiel pour les séduire (comme n'importe qui).

Dans une large mesure, on retombe ensuite sur le premier point : faute d'être imaginées et mises au point par des personnes directement concernées par les frictions qu'elles essaient de soulager, les innovations destinées aux seniors ont toutes les chances d'échouer et de disparaître. D'où un déficit flagrant dans l'offre qui leur est dédiée.

Comment réparer l'anomalie ? Une idée consisterait à promouvoir l'entrepreneuriat des premiers intéressés, autant qu'on le fait pour les jeunes. Ils ont certainement des propositions à évaluer, des projets à envisager… et ils sont souvent déchargés des responsabilités qui pourraient les retenir de s'aventurer dans l'inconnu…

Troisième Âge

samedi 18 janvier 2025

Gartner prédit le déclin des apps mobiles

Gartner
Voilà un autre impact important à attendre du développement de l'intelligence artificielle : selon Gartner, l'usage des applications mobiles devrait fléchir de 25% d'ici à 2027, remplacé par le recours à l'interrogation d'assistants virtuels. Les conséquences d'une telle mutation des modes d'interaction pourraient s'avérer considérables.

Initialement et sans surprise, les premières victimes de la tendance seraient les entreprises qui ne comptent pas particulièrement sur leurs logiciels pour stimuler l'engagement de leurs clients. Dans ces conditions, elles pourraient considérer que cette évolution constitue une aubaine, leur permettant de réduire leurs investissements dans ce canal, tout en profitant de la nouvelle vogue des agents intelligents. Encore faudra-t-il qu'elles adaptent tout de même leur stratégie à cette dernière.

En effet, dans un registre parallèle, le cabinet d'analystes rappelle qu'une grande partie des budgets marketing sont consacrés au web et, souvent, optimisés pour les moteurs de recherche. Or, avec les comportements qui commencent déjà à émerger parmi les consommateurs, il deviendra bientôt primordial, lors de la production des contenus, de penser en priorité à leur exploitation par les moteurs à base d'intelligence artificielle, afin de ne pas perdre également le contact dans le contexte de ces activités.

L'enjeu principal, dans le cas de l'exploration sur la toile (essentiel, entre autres, pour l'assurance) comme avec les applications mobiles des entreprises qui en font un de leurs premiers supports de relation (par exemple les banques), est de conserver une source de données dites « de premier rang » sur les utilisateurs (par rapport à celles qui transitent par un intermédiaire), permettant de mieux les connaître et, partant, de leur offrir les services les plus appropriés pour leurs besoins et pour leur contexte.

Une troisième perspective qu'évoque Gartner sans la développer dans son communiqué suscite ma curiosité : face au recul de l'accès aux applications mobiles, les marques se lanceraient dans un mouvement de consolidation, via des alliances, afin de réduire leurs coûts grâce à un effet d'échelle sur l'audience touchée. Faudrait-il voir dans cette hypothèse l'idée que l'avenir ne sera plus à des outils disjoints mais à la création d'expériences globales cohérentes, seul moyen de résister à l'IA ?

Je crois cependant qu'il existe une voie spécifique pour le secteur financier. Au-delà des capacités des assistants intelligents génériques, d'aujourd'hui et de demain, ses solutions – applications mobiles ou agents dédiés – peuvent continuer à rester au premier plan de la relation client… à condition qu'elles portent son expertise unique. Je pense notamment (en ligne avec mon obsession permanente 😉) à son rôle de conseil et d'accompagnement, à la fois sur l'argent et plus largement sur la vie quotidienne.

Smartphone

vendredi 17 janvier 2025

Au Far-West des données personnelles

OnStar
Une action engagée par l'agence américaine de protection des consommateurs à l'encontre de General Motors démontre à quel point la collecte et les usages incontrôlés de données personnelles peuvent se développer, y compris dans des enseignes réputées, illustrant l'importance d'une législation adaptée ET d'une vigilance constante.

Le motif de la procédure initiée par la FTC n'est hélas guère surprenant, si ce n'est par l'étendue de ses ramifications. Ainsi, le constructeur automobile est accusé d'avoir encouragé ses clients à adopter ses solutions OnStar d'assistance télématique… sans leur révéler clairement la nature des données capturées pour leur fonctionnement ni, surtout, qu'elles étaient susceptibles d'être commercialisées. Ce qui tomberait sous le coup du RGPD en Europe n'est pas moins répréhensible aux États-Unis.

L'affaire prend une dimension dystopique quand on apprend que les informations dont il est question comprennent, dans le pire des scénarios (selon l'abonnement retenu), les caractéristiques comportementales de conduite et la géolocalisation du véhicule (échantillonnée jusqu'à toutes les 3 secondes), associées à l'identité de l'utilisateur. Un sommet de l'intrusion dans la vie privée ! En outre, les acheteurs sont des agences spécialisées de vente de données, dont les pratiques s'avèrent parfois opaques.

Un usage particulièrement préoccupant évoqué dans la communication de la FTC concerne les compagnies d'assurance, qui n'hésitent pas, apparemment, à exploiter ces sources afin de refuser de couvrir certaines personnes ou d'ajuster les tarifs proposés selon leur profil. Si le fait surprend, notamment par l'absence totale de transparence de leurs procédés (laissant les victimes des discriminations s'interroger sur leurs raisons), il fait ressortir une impossibilité de résister à la tentation…

OnStar

Étonnamment, aucune sanction ne semble viser, à ce stade, les assureurs coupables de tels agissements, seules General Motors et sa filiale OnStar étant désormais exposées à une interdiction de toute distribution de données pendant cinq ans et à des contraintes strictes de communication aux clients sur l'enregistrement et l'usage de leurs informations, assorties de moyens de décider à tout moment d'accepter ou refuser les conditions énoncées (sauf pour des cas exceptionnels, dont les services d'urgence).

Il n'en reste pas moins que, pour peu que les médias propagent l'actualité auprès du grand public, ces méthodes sournoises contribueront à éroder la confiance des consommateurs, d'abord vis-à-vis de la marque automobile et des assureurs ayant profité de sa « générosité » mais également, comme je l'évoquais dernièrement à propos d'Apple, de l'ensemble des acteurs en capacité de manipuler des données sensibles. Dans cette perspective, l'existence d'une réglementation telle que le RGPD représente finalement un excellent garde-fou contre les dommages réputationnels inférés.

jeudi 16 janvier 2025

Le désastre environnemental de l'IA

Capgemini
Au pire moment pour l'avenir de la planète, la prolifération d'applications de l'intelligence artificielle générative suscite une recrudescence des émissions de gaz à effet de serre et autres graves impacts environnementaux… dont beaucoup reconnaissent la réalité… mais qui sont pourtant ignorés par une majorité d'entreprises.

Une étude menée par l'institut de recherche de Capgemini auprès de 2 000 hauts responsables dans de grandes entreprises montre qu'il reste d'énormes efforts à faire, dans plusieurs dimensions, afin de les sensibiliser aux enjeux écologiques que soulèvent leur adoption échevelée de l'IA. Et, alors que l'urgence monte face aux bouleversements du climat et de la biodiversité, il faudra encore plus de travail avant d'infléchir la tendance qui est, pour l'instant, extrêmement mal orientée.

Le premier axe de la prise de conscience porte sur la véritable empreinte environnementale des outils. Si tout le monde a entendu parler du gouffre énergétique que représente l'entraînement des modèles, il s'avère que leur utilisation, souvent combinée avec des méthodes de renforcement de l'apprentissage, n'est pas moins consommatrice. En outre, la production et la gestion de la fin de vie des puces mises en œuvre et fréquemment renouvelées a aussi des effets délétères sur la planète.

Conséquence immédiate, près de la moitié des dirigeants interrogés avouent que les émissions d'équivalents CO2 de leur organisation sont désormais reparties à la hausse (de 6% en moyenne), une proportion similaire estimant que leur déploiement de l'IA générative est, au moins en partie, responsable de cette augmentation. Enfin, quatre sur dix lui imputent directement leur décision, contrainte, de remettre en cause leurs engagements antérieurs en matière de développement durable.

Capgemini – Sustainable GenAI

Mais le pire se trouve dans une autre statistique : en dépit de la perception généralisée de son ampleur, seulement 12% des répondants déclarent effectivement mesurer l'impact de l'intelligence artificielle générative. Bien que l'excuse paraisse un peu facile, trois quarts de l'échantillon incriminent le manque de transparence – avéré – des fournisseurs comme un frein une éventuelle évaluation. Avec un certain réalisme, 68% admettent tout de même une absence d'intérêt de la part des responsables.

Avant même d'envisager des actions concrètes de reprise de contrôle – telles que celles que Capgemini propose sur la sélection avisée des matériels et des modèles appropriés, sur l'efficacité énergétique des centres informatiques (vieux sujet), sur l'optimisation des modèles… –, la priorité consisterait évidemment à alerter les acteurs concernés dans les entreprises sur la voie dangereuse qu'ils empruntent plus ou moins inconsciemment et donc sans en vérifier au préalable l'équilibre (global) coûts-bénéfices.

En attendant, la recommandation que formule Thomas Husson (Forrester) pourrait aider à infléchir les excès de l'enthousiasme de la nouveauté : n'utiliser l'IA générative qu'à bon escient. Il peut s'agir, comme il le suggère, de ne pas solliciter systématiquement le dernier outil disponible pour des problèmes qu'une analyse de données classique est capable de résoudre. J'ajouterais qu'il faudrait également s'interroger sur la pertinence de mettre à la disposition des collaborateurs des outils qu'ils peuvent employer à tout et n'importe quoi : a minima, le coût environnemental de chaque requête (10 fois supérieur à son moteur de recherche, chez Google) devrait être sérieusement pris en compte.

mercredi 15 janvier 2025

Au jeu avec la vie privée, tout le monde perd

Apple
À l'occasion d'une récente mésaventure avec son assistant vocal Siri, Apple a appris à ses dépens que, quelles que soient sa bonne volonté et les mesures qu'elles prend afin de conquérir et maintenir la confiance de ses clients, celle-ci est inéluctablement érodée par les pratiques moins vertueuses de la majorité des acteurs du marché.

L'histoire commence en 2019 par une petite erreur qui prend rapidement des dimensions incontrôlées : une fuite révèle que des extraits de conversations avec Siri – parfois intimes et sans que leurs auteurs aient conscience d'être écoutés et encore moins d'être enregistrés – sont transmis à des opérateurs humains afin de contrôler la qualité de fonctionnement des algorithmes de reconnaissance vocale. Les victimes estiment d'abord ne pas avoir été clairement informées de cette possibilité.

D'une certaine manière, Apple ne conteste pas cette appréciation puisque le programme de surveillance est suspendu peu après et l'entreprise promet d'instaurer des mécanismes plus transparents (effectivement mis en place depuis) permettant à l'utilisateur d'accepter explicitement et de manière proactive la transmission de ses échanges avec l'agent virtuel à des fins exclusives d'amélioration du service. Mais une fois l'emballement déclenché, un tel discours de réassurance ne pouvait pas suffire.

Un groupe de consommateurs a ainsi déposé une plainte arguant que le contenu de leurs conversations était exploité dans le but de leur soumettre des publicités ciblées. Apple a résolument réfuté ces affirmations et rien n'autorise à penser qu'il s'agisse d'un mensonge de sa part… mais elle a tout de même mis un terme aux poursuites engagées, sans reconnaître la moindre culpabilité, moyennant une compensation de 95 millions de dollars, destinée uniquement à éteindre la polémique.

Apple et Confidentialité

En réponse à ces derniers rebondissements, la marque à la pomme vient de publier un communiqué détaillant tous ses efforts en matière de protection de la vie privée et de la confidentialité des données que ses outils sont amenés à manipuler. Sans être totalement irréprochable, son historique en la matière est plus que satisfaisant et son usage comme argument marketing est légitime. Mais, comme le souligne un article de ComputerWorld, dans le monde contemporain, un rien fait basculer l'opinion.

Parce que nous sommes tous aujourd'hui habitués au web et aux AppStores infestés de services et d'applications qui abusent sans vergogne de nos données personnelles – phénomène qui empire avec le développement de l'intelligence artificielle – et parce que le moindre soupçon est instantanément amplifié et transformé en fait irréfutable, le plus petit écart peut se transformer en scandale international et mettre à bas des années de travail voués à établir une relation de confiance au long cours.

Si j'aborde ce sujet ici, c'est en raison, naturellement, de l'écho qu'il rencontre dans les institutions financières. Entre les informations extrêmement sensibles qu'elles détiennent, leurs velléités récurrentes de mettre à profit celles-ci dans de nouvelles lignes d'activité et la valeur critique pour leur survie de la confiance de leurs clients, elles sont extraordinairement exposées à ce même risque d'être accusées à tort d'abus. Il doit donc être soigneusement considéré dans chaque initiative (notamment avec l'IA) et il faut sans cesse rassurer, preuves à l'appui, afin de le réduire. Espérons toutefois que les craintes qu'il est susceptible de susciter ne handicapent pas trop l'innovation.

mardi 14 janvier 2025

Steppin combine bien-être physique et mental

Steppin
Prenez, d'un côté, les applications qui tentent de vous convaincre de faire de l'exercice régulièrement et, de l'autre, les outils qui veulent vous aider à maîtriser le temps que vous perdez sur l'écran de votre smartphone. Mélangez les deux et vous obtenez Steppin dont l'ambition est ainsi d'améliorer votre bien-être général.

Concrètement, une fois que vous avez installé son logiciel sur votre appareil et établi vos paramètres personnels, vous ne pourrez plus accéder aux applications les plus addictives, qui vous entraînent dans une spirale de consultation décérébrée sans fin, qu'à la condition préalable d'avoir effectué un certain nombre de pas, leur total déterminant même la durée de votre immersion dans le trou noir de l'internet mobile.

Naturellement, l'adoption de la solution repose exclusivement sur la volonté individuelle. Elle autorise donc chacun à fixer ses règles, plus ou moins permissives, à tous les niveaux. Il est d'abord possible de choisir les applications qui seront bloquées : réseaux sociaux pour les uns, jeux ou vidéos pour les autres, par exemple. D'autre part, l'effort nécessaire pour obtenir une minute d'accès est configuré librement.

Vous pourrez aussi décider de remettre les compteurs à zéro quotidiennement, de manière hebdomadaire ou jamais, selon vos préférences. Enfin, pour ceux qui auraient trop de difficultés à accepter le sevrage imposé (ou en cas d'urgence ?), un mécanisme permet d'outrepasser le verrouillage occasionnellement. Cependant, dans ce cas, la tricherie est enregistrée et rappelée à l'utilisateur afin de le culpabiliser (un peu).

Accueil Steppin

Il est désormais notoire que le temps d'écran des consommateurs – surtout, mais pas uniquement, chez les jeunes générations – est un important facteur de stress et de malaise, notamment lorsqu'il porte sur les médias sociaux. Steppin apporte donc un double bénéfice, pour la santé physique et mentale, en encourageant simultanément les personnes à bouger plus et à consommer moins de contenus « digitaux ».

L'idée pourrait peut-être intéresser les assureurs, en particulier ceux qui, pendant un temps (apparemment plus ou moins révolu) proposait des programmes d'incitation à la marche à pied (avec récompenses, pour les plus séduisants) et ceux qui incluent des prestations de relaxation, de yoga… Leur conviction de l'impact positif du bien-être des assurés sur leur modèle économique devrait représenter un argument de poids.

lundi 13 janvier 2025

Le Crédit Agricole s'essaie au co-investissement

Crédit Agricole
Dans le contexte actuel de tensions prolongées sur le marché de l'immobilier, rendant toujours plus difficile l'acquisition d'un premier bien, le Crédit Agricole propose désormais à ses clients une solution de co-investissement grâce à laquelle ils peuvent envisager de s'engager un peu au-dessus de leurs moyens sans risque de surendettement.

Développée par Khome, une des startups internes incubées dans le studio de la banque verte (la Fabrique), dédiée jusqu'à maintenant à l'exploitation des données au service de la gestion des risques immobiliers (à destination des acteurs institutionnels), Apport+ est mise à la disposition des caisses régionales, permettant à celles-ci d'offrir un complément de financement original aux projets de leurs clients.

En résumé, la banque, à travers sa structure foncière, propose de prendre une part – typiquement 10%, le plafond étant fixé à 20%, sans limite de budget – de la propriété concernée, inscrite dans l'acte notarial. L'acheteur est libre de revendre la résidence ou de se porter acquéreur de la fraction détenue par l'institution à tout moment, mais il devra impérativement effectuer ce choix au plus tard 10 ans après la transaction.

Dans le premier cas, 15% du montant de la cession seront rétrocédés à la banque (sans aucun autre frais ou remboursement), tandis que, avec la seconde option, le prix de rachat est fixé au standard du marché (dont l'évaluation s'appuie logiquement sur les compétences premières de Khome)… et, le cas échant, il peut être à son tour financé par la banque si les conditions habituelles d'emprunt immobilier sont réunies.

Apport+ by CA

Le dispositif est ouvert, sous le même format, à toutes les catégories de projet : résidence principale (pour abaissser le montant de l'engagement de départ, par exemple en vue de garder une réserve pour des travaux d'aménagement, ou afin de viser une plus grande surface), immobilier locatif (de manière à bénéficier d'un niveau de loyer plus élevé) ou résidence secondaire (pour une localisation plus propice…).

Cependant, après une première expérimentation au sein de la caisse Alpes-Provence, la cible privilégiée pour Apport+ sera celle des clients aisés ou des investisseurs, ce qui permet à la banque d'éviter les risques de surendettement… mais réduit singulièrement la promesse initiale de rendre l'acquisition immobilière plus accessible. Tant pis pour ceux qui auraient aimé profiter de l'aubaine pour leur premier logement à eux.

Ce dernier bémol vient hélas ternir une initiative a priori intéressante. Il ne fait guère de doutes qu'elle rencontrera son public et qu'elle a toutes les chances de s'avérer profitable pour le Crédit Agricole. En revanche, cette dernière n'aurait-elle pas oublié son slogan ? En effet, une démocratisation large de la solution, en particulier à l'intention de ceux qui soufrent de la situation du marché immobilier, aurait certainement été plus appropriée s'il était vraiment question d'agir « pour le bien de la société »…

dimanche 12 janvier 2025

Allianz se penche sur les risques émergents

Allianz
Face aux profonds changements du monde qui nous entoure – le réchauffement climatique, avec ses conséquences, n'en étant qu'un parmi d'autres – l'assurance, menacée, doit impérativement s'adapter. Dans cette perspective, Allianz France lance avec l'ENSAE (et la Fondation du Risque) une chaire consacrée aux risques émergents.

D'emblée, la compagnie reconnaît que les mutations rapides que nous connaissons aujourd'hui représentent un défi considérable pour ses métiers, à la fois en raison de l'apparition de phénomènes – par exemple météorologiques – dont la fréquence, la sévérité et la quasi-certitude remettent en cause la possibilité même d'une garantie et par leur nouveauté et leur développement fulgurant, laissant les actuaires sans le recul nécessaire au recueil des données qui permettraient de les modéliser.

Le projet de recherche pluridisciplinaire qu'elle met sur pied vise donc d'abord à tenter de pallier ces manques afin de créer des méthodes d'analyse quantitative lui procurant la capacité de comprendre et anticiper l'évolution des risques, sous toutes leurs facettes, en vue d'améliorer leur couverture. Cette approche sera notamment appliquée sur le champ des catastrophes naturelles engendrées par le bouleversement du climat, en particulier la prédiction de leur ampleur et les tendances à moyen et long terme.

Mais, parce qu'il devient de plus en plus vraisemblable que certains risques ne pourront plus être couverts à travers des méthodes traditionnelles, il ne sera pas uniquement question de l'assurabilité. Ainsi, des réflexions seront également menées sur les stratégies à déployer afin de distribuer les responsabilités (et les charges) entre les différentes parties prenantes – assureurs, réassureurs, assurés, pouvoirs publics… – selon leurs attentes et leurs comportements (qu'il faudra donc aussi étudier).

Actualité Allianz France

Pour les mêmes raisons, qui commencent donc à s'imposer, un autre axe important des travaux portera sur la prévention. Fréquemment négligée jusqu'à maintenant, celle-ci prend de la sorte une place de premier plan dans la panoplie de l'assurance, autant dans un objectif de réduction de la probabilité des sinistres que pour une meilleure maîtrise des dommages pris en charge. Pour Allianz, cet aspect constitue en outre une réponse à un immense enjeu d'inclusion. Il s'avérera en effet critique pour pouvoir proposer une protection aux personnes et entreprises sans accès à l'assurance.

Il y a quelques semaines, je partageais mon point de vue sur les inévitables ruptures qui attendent l'industrie de l'assurance dans le contexte des transformations actuelles, en soulignant combien elle devrait innover, voire se réinventer totalement, pour conserver sa raison d'être. L'initiative d'Allianz fait écho à ces préoccupations et il reste à espérer que, au-delà des recherches menées via cette chaire, les applications concrètes de leurs résultats ne tarderont pas trop à naître… car il y a une certaine urgence.

samedi 11 janvier 2025

Une IA dédiée à la banque pour RBC

RBC
Dans l'euphorie générale qui entoure l'intelligence artificielle générative et tandis que les mises en œuvre opérationnelles restent tout de même relativement rares, la canadienne RBC collabore avec le spécialiste Cohere afin de développer une plate-forme spécifiquement adaptée aux exigences et aux contraintes de l'industrie bancaire.

La solution North que vient de présenter la jeune pousse (fondée en 2019 à Toronto) est déjà focalisée sur les besoins des entreprises, prenant notamment en compte leur fréquente volonté de disposer d'une installation privée, capable de fonctionner même dans un environnement déconnecté d'internet, entraînée avec leurs propres données, sans risquer de compromettre la sécurité et la confidentialité. La version pour les banques concoctée avec RBC capitalise naturellement sur ces propriétés.

La vision portée par les deux partenaires consiste à exploiter la connaissance des particularités des métiers de la finance de l'institution afin de concevoir des modèles directement adaptés à ceux-ci, destinés à la commercialisation (et donc non réservés à l'établissement canadien). Les autres axes distinctifs de cette déclinaison sectorielle, comprennent une attention renforcée à la protection des informations sensibles et à l'explicabilité des résultats fournis, en alignement avec les principes d'IA responsable.

Notons encore que North se présente à la fois sous la forme d'un module logiciel prêt à intégrer de manière transparente dans des applications ou des processus existants et comme une plate-forme dotée d'une interface conviviale permettant à l'utilisateur de l'interroger à la manière d'un ChatGPT. Dans tous les cas, l'ensemble de ses modèles, personnalisés pour chaque client, est mis à contribution lors de chaque requête.

North

Pour RBC, comme pour les autres banques susceptibles de la suivre, la promesse de Cohere constitue une réponse attractive à certains des principaux obstacles à l'adoption sans réserve de l'IA, au-delà de ses quelques initiatives (classiques) précédentes, entre aide à la recherche d'information des conseillers et, dans la branche des marchés de capitaux, assistance à l'analyse financière. La perspective est d'autant plus importante que la réglementation pourrait à terme imposer la mise en œuvre de tels garde-fous.

RBC ne se départit d'ailleurs pas de la prudence caractéristique de son milieu. Quand Cohere met en avant la faculté de créer facilement des agents intelligents, qui piloteraient en totale autonomie les outils de l'entreprise (y compris propriétaires), elle se contente d'évoquer les usages, basiques, de recherche simplifiée d'information ou de synthèse automatique de contenus. Ces applications devraient certes contribuer à une amélioration de la productivité – probablement à une échelle modeste, toutefois – mais on est là bien loin de la révolution qu'est supposée amener la technologie !

vendredi 10 janvier 2025

EToro éclaire les investisseurs

eToro
L'engouement massif pour l'investissement qui s'est développé notamment dans le sillage de la crise sanitaire a entraîné une foule de débutants dans un univers dont ils ignoraient souvent les principes élémentaires. Face à cette situation, la plate-forme eToro introduit une série d'outils destinés à les aider à aborder les marchés sereinement.

Même si son approche « sociale » a toujours été un moyen de faciliter l'entrée des néophytes dans les arcanes de la bourse, la pléthore d'instruments aujourd'hui disponible dans les applications de la jeune pousse est à la fois intimidante pour ses nouveaux utilisateurs et, surtout, propice aux risques d'erreurs basiques et tragiques pour des personnes qui veulent simplement faire fructifier leurs économies, sans posséder ni expérience ni connaissance des fondamentaux de la finance.

L'exemple le plus trivial est celui de la diversification du portefeuille, une des premières règles à respecter impérativement afin de limiter les dangers de la volatilité. Une partie de la population ignore certainement ce précepte et ceux qui en ont entendu parler ne savent probablement pas ce qu'il recouvre exactement ni comment l'implémenter efficacement. Avec eToro, ceux-là disposeront dorénavant d'un tableau de bord spécifique sur lequel ils obtiendront directement les informations nécessaires.

Point particulièrement intéressant, il n'est pas uniquement question d'analyse passive mais également de conseils opérationnels. Ainsi, outre un aperçu de la répartition effective de leurs actifs sur toutes les dimensions importantes – catégories, secteurs, géographies, bourses – qui leur permettent d'appréhender concrètement l'adéquation de leur stratégie, ils bénéficieront aussi, s'ils le souhaitent, de recommandations pratiques, personnalisées, afin de rectifier les éventuels déséquilibres identifiés.

eToro

Une approche similaire est par ailleurs proposée sur une perspective globale des risques sous-jacents. Plus précisément, la solution met en exergue les lignes du portefeuille qui exercent l'impact le plus puissant sur son score général de risque. Et, là encore, s'il désire réduire son niveau d'exposition, l'investisseur se voit préconiser des titres présentant le moins de corrélation avec ceux qu'il détient déjà, dans l'optique, toujours, d'optimiser la distribution de son épargne, en quelques gestes.

La démarche adoptée par eToro mériterait d'inspirer tous les acteurs qui, sous couvert d'éducation financière (indispensable), se contentent de partager quelques contenus pédagogiques avec leurs clients. Tout le monde sait qu'un apprentissage reposant uniquement sur la diffusion d'informations, même dans des formats attractifs, n'a qu'une portée restreinte. Tandis que son intégration dans le contexte personnel, accompagnée de suggestions d'actions correctives, est infiniment plus percutante. Naturellement, il n'y a pas que dans l'investissement qu'une telle méthode est envisageable.