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mercredi 17 mai 2017

App de services ou app de paiement ?

LCL Avantage +
L'actualité récente nous procure, encore une fois, une petite collision d'annonces comme je les affectionne. Entre le (re-)lancement du porte-monnaie mobile Lyf Pay par BNP Paribas et Crédit Mutuel et la publication de l'application Avantage+ de LCL, nous nous trouvons en effet face à deux conceptions opposées du développement de services à valeur ajoutée dans l'univers du paiement.

Même s'il a relativement peu progressé, le thème est récurrent depuis plusieurs années : tous les acteurs du secteur des paiements considèrent que, les marges sur les commissions s'érodant progressivement (notamment sous la pression réglementaire et l'aiguillon permanent que constituent les nouveaux entrants), l'avenir de leur modèle économique doit, d'une manière ou d'une autre, intégrer des services additionnels dans le parcours du consommateur, avant ou après la transaction proprement dite.

Ainsi énoncé, le principe paraît large. En réalité, ses seules véritables incarnations concernent les offres promotionnelles. Sous différentes formes (coupons, programmes de fidélité, réductions immédiates…), il s'agit de fournir au consommateur des avantages spécifiques lors de ses achats, en le guidant vers les boutiques qui lui proposent les meilleures conditions. Sans surprise, ce sont donc aussi des approches de ce type que veulent promouvoir BNP Paribas et Crédit Mutuel, d'une part, et LCL, d'autre part.

Pour cette dernière, le dispositif est extrêmement simple du point de vue du client : tout porteur de carte de la banque peut s'inscrire au programme Avantage+, qui lui permet de recevoir des offres de « cashback » sur ses achats, sans intervention de sa part. À chaque fois qu'il réalise une dépense qualifiante avec sa carte, sa cagnotte est alimentée (dans un délai plus ou moins long, pour gérer les cas de retours ou d'annulation) et celle-ci peut être reversée sur le compte courant dès qu'elle atteint le seuil de 20 euros.

LCL Avantage + sur iPhone

Depuis quelques jours, la nouvelle application mobile de LCL ajoute à sa solution une indispensable touche de marketing que les marchands devraient apprécier, puisqu'elle donne de la visibilité, en amont, à leur participation. L'utilisateur y aura notamment accès aux différentes promotions auxquelles il peut prétendre ainsi qu'aux boutiques dans lesquelles il peut en profiter, autour de lui, via une recherche géolocalisée.

De son côté, Lyf Pay met en avant sa capacité à intégrer toutes les variantes d'offres promotionnelles existantes (au-delà du seul « cashback »), mais sa différence s'exprime essentiellement par le fait qu'il s'agit d'abord et avant tout d'un porte-monnaie mobile, complété de services destinés à enrichir l'expérience. Le parcours d'achat est donc pris en charge de bout en bout par un instrument unique, pour la recherche d'un commerçant, pour les paiements et pour le suivi des avantages accumulés.

La mise en regard de ces 2 initiatives soulève alors une question cruciale : à partir du moment où les services autour du paiement peuvent être incorporés de manière transparente dans les transactions par carte, est-il encore raisonnable de penser qu'ils peuvent représenter un argument décisif en faveur de l'adoption d'un porte-monnaie mobile ? Et, si cet avantage disparaît, revient au premier plan la question de la simplicité de l'acte de paiement, qui n'est toujours pas à l'avantage du smartphone

En l'occurrence, une des clés de l'équation sera l'intérêt que porteront les marchands à la proposition de valeur qui leur est soumise. Avec LCL, ils ne changent rien à leurs habitudes et au fonctionnement de leur entreprise, ils n'ont qu'à programmer leurs promotions à leur guise pour gérer leurs campagnes. Avec Lyf Pay, ils doivent en outre adopter un nouveau système d'encaissement, dont l'usage n'apporte finalement aucun bénéfice tangible, en tant que tel. À leur place, que préfèreriez-vous ?

lundi 24 octobre 2016

AmEx crée le crédit contextuel pour PME

American Express
Son offre d'avance de trésorerie aux PME à peine lancée, American Express veut déjà en simplifier l'accès. En l'intégrant directement dans l'une des plates-formes de comptabilité les plus populaires aux États-Unis, QuickBooks, l'institution permettra bientôt à ses clients d'obtenir un financement en quelques clics et en moins d'une minute.

Ce partenariat avec Intuit (éditeur de QuickBooks) prolonge une précédente collaboration, qui permet, depuis l'an dernier, aux entrepreneurs d'intégrer automatiquement dans leurs livres comptables les dépenses effectuées avec une carte AmEx, pré-catégorisées. Pensé dans la même logique d'accompagnement, le nouveau service « Working Capital Terms » ne se contente pas de faciliter la soumission d'une demande de crédit : il comprend également les fonctions nécessaires pour fluidifier les opérations.

Une fois son financement accordé, le client a ainsi la possibilité de piloter le règlement de ses factures en souffrance depuis son espace QuickBooks. En outre, les transactions correspondantes sont immédiatement comptabilisées au sein de la plate-forme, sans qu'il n'ait à se préoccuper des détails à aucun moment. Le résultat est une vraie simplification de la vie du dirigeant à un moment potentiellement critique pour son entreprise, quand un défaut de trésorerie peut mettre celle-ci en danger.

Naturellement, les bénéfices pour American Express sont évidents : non seulement sa solution acquiert de la sorte une visibilité sans équivalent, mais elle peut aussi maîtriser (et optimiser) la chaîne complète de paiement, au-delà du seul versement des fonds prêtés. On peut, par ailleurs, soupçonner que l'intégration avec QuickBooks lui procure des opportunités de collecter des informations utiles sur l'activité de ses clients (soit sur ses créanciers, lors du règlement des factures, soit, peut-être, en amont).

QuickBooks

Avec cette initiative, American Express offre une nouvelle concrétisation du concept de « banque des moments », celle qui s'infiltre de manière invisible dans la vie quotidienne (de l'entreprise en l'occurrence) afin de la rendre plus facile. Il est vrai que l'imagination laisse entrevoir des opportunités supplémentaires : pourquoi, par exemple, la plate-forme de comptabilité ne déterminerait-elle pas seule les besoins de trésorerie, jusqu'à émettre, le cas échéant, une demande de crédit, qu'il ne resterait qu'à valider ?

En attendant d'atteindre ce niveau d'« intelligence », la tendance à l'intégration des services financiers dans les outils des entreprises s'affirme résolument, même si les niveaux de maturité sont encore très variables selon les acteurs, comme l'illustrent les cas respectifs de la startup Finexkap (qui insère sa solution d'affacturage dans les outils de gestion) et de LCL (à travers son annonce récente d'un partenariat avec Fizen pour l'intégration automatique des transactions bancaires dans la comptabilité).

mercredi 25 novembre 2015

Google bouscule le crédit immobilier

Google
Après la carte de crédit et l'assurance automobile, Google s'attaque maintenant au crédit hypothécaire. Annoncé au printemps, l'ouverture officielle de son nouveau comparateur d'offres (assortie de l'obtention d'une licence de courtier) est devenue une réalité en Californie, en attendant l'extension prochaine à d'autres états.

L'événement, qui n'est donc pas une surprise, constitue d'abord une confirmation sans équivoque de l'intention du géant du web de prendre pied dans le secteur financier, même si cela ne passe pas par la Google Bank redoutée par certains. Quoi qu'il en soit, la menace que représente l'initiative pour les acteurs en place est tout à fait réelle : comme l'a déjà démontré le cas de l'assurance, la capacité du moteur de recherche à devenir le principal outil de recommandation d'une catégorie de produits a un fort potentiel disruptif.

Cependant, je soupçonne que cette aventure de Google esquisse une autre évolution, plus profonde et bien plus dérangeante pour les banques traditionnelles. Après tout, lorsque ces dernières évoquent l'immuabilité de leurs réseaux d'agences et du conseil de proximité, le crédit immobilier est souvent cité en exemple, supposé démontrer que les consommateurs ne peuvent (et ne pourront jamais) se passer d'un dialogue avec un expert au moment de réaliser une opération induisant un engagement important.

Alors, que vient faire Google dans un écosystème où l'interaction avec un humain serait primordiale ? La réponse à cette question est facile à trouver, dans le comparateur lui-même. La réalité est que la fameuse complexité du crédit immobilier se concentre sur 5 à 10 critères (destination du bien, localisation, montant emprunté, apport personnel, score de crédit…) et que le choix d'un fournisseur se résume finalement à trouver le meilleur « prix » (en prenant en compte taux d'intérêt et frais de dossier).


Aux banquiers qui serait tentés de lever les bras au ciel devant ce qu'ils estimeraient être une caricature, je suggère de réfléchir sérieusement à leurs pratiques. Je ne suis pas certain qu'ils mettent en œuvre autant de paramètres dans leurs dossiers de crédit. En revanche, il ne fait absolument aucun doute que la décision finale de leurs clients fait passer le montant de leurs mensualités devant toute autre considération (à la seule exception, parfois, de l'inertie incitant à rester dans le même établissement).

Bien sûr, les habitudes ont la vie dure et les consommateurs ne sont peut-être pas encore tout à fait prêts à se passer d'un conseiller lors de la recherche de leur crédit. Mais l'arrivée (et la généralisation à venir) de comparateurs complets, détaillés et, surtout, parfaitement transparents et pédagogiques les mènera inévitablement à les exploiter pour rechercher la meilleure réponse à leurs besoins. En raisonnant à rebours, c'est justement parce qu'il est convaincu de cette mutation que Google se positionne.

Et ce n'est là qu'un des angles d'attaque des modèles historiques. Dans un autre registre, le « Rocket Mortgage » que propose depuis peu Quicken Loans (filiale d'Intuit) sur tout le territoire des États-Unis est une véritable démystification du crédit hypothécaire : au-delà du simple comparateur d'offres, il permet à l'utilisateur de finaliser la contractualisation entièrement en ligne, en 8 minutes, en bénéficiant d'une transparence inégalée, concrétisée notamment par des explications claires et compréhensibles.

Rocket Mortgage

Face à de telles transformations, que restera-t-il donc d'expertise à distiller dans les agences bancaires ? Car, plutôt que de faire confiance à un conseiller pour lui expliquer – plus ou moins approximativement – les détails d'un contrat alambiqué, le consommateur préférera certainement une proposition simple et, ainsi, immédiatement rassurante. Présenté différemment, du point de vue de la banque, vaut-il mieux maintenir la complexité actuelle (et les méthodes dépassées qui l'accompagnent) ou est-il plus raisonnable de réinventer les processus de manière à les rendre plus accessibles ?

Le changement ne sera évidemment pas immédiat, il est au contraire probable qu'il s'étale sur une longue période. Mais il doit tout de même être pris en compte aujourd'hui, car ses implications futures seront extrêmement lourdes. C'est la raison pour laquelle la récente campagne de LCL vantant le recrutement de plus de 1 000 conseillers en 2015 me semble choquante. Quelles qu'en soient les raisons (et certaines peuvent paraître tactiquement valides), ce n'est en tous cas pas une leçon de clairvoyance que donne la banque. Il faudra s'en souvenir dans quelques années…

Recrutement LCL

lundi 6 juillet 2015

LCL se lance dans les offres marketing ciblées

LCL
Après les rumeurs du printemps, le lancement serait désormais imminent, selon Les Échos : dans quelques mois, LCL deviendra la première banque française à intégrer des « offres liées à la carte » (ou CLO en anglais, pour « Card Linked Offers ») au cœur de ses services en ligne, pour être suivie plus tard, peut-êttre, par le Crédit Agricole.

Le programme « Avantage + » de l'établissement est tout à fait conforme aux standards du genre (américains, principalement) : sur la base d'une analyse de ses transactions (par carte) passées, le système sélectionne des promotions ajustées au mieux au comportement du consommateur et les lui propose ensuite au sein de son espace personnel. Une fois acceptées, les offres sont automatiquement appliquées lors des dépenses éligibles, sous la forme de reversements (cashback) sur son compte.

Comme prévu, la plate-forme mise en œuvre serait celle de CDLK (anciennement Cardlinkin'), le pionnier du sujet en France, combinée à l'expertise de Plebicom pour toute la partie concernant les relations avec les annonceurs. À travers cette initiative, LCL vise plusieurs bénéfices, en matière de fidélisation de sa clientèle, entre restitution de valeur sur les cotisations des cartes (face à la concurrence du gratuit), augmentation du volume des paiements par carte et attractivité des promotions distribuées.

CDLK

Le système est simple et apparemment impossible à ne pas aimer, il fait fureur aux États-Unis, mais il peine à s'installer en Europe continentale. Pourquoi ? Par peur de réactions de rejet, comme ING en a déclenché aux Pays-Bas. Le risque est grand, en effet, de froisser les consommateurs, à la fois peu habitués (et, par conséquent, relativement peu réceptifs) aux coupons de réduction et prompts à s'inquiéter de l'utilisation qui est faite de leurs données personnelles, surtout quand elles sont aussi intimes que leurs achats.

Mais, visiblement, la tentation est trop grande pour y résister et LCL tente donc l'aventure. La banque veut toutefois mettre tous les atouts de son côté, en établissant un système d'opt-in (activation volontaire du service), à renouveler tous les 3 mois, et en insistant sur le fait que les données de ses clients ne sont jamais transmises à un tiers. Par ailleurs, le dispositif sera d'abord expérimenté, cet été, auprès de quelques utilisateurs pilotes avant une généralisation prévue, pour l'instant, au mois d'octobre.

Rendez-vous à cette date pour voir si le test du premier déploiement se déroule sans anicroche (à moins que la révélation des Échos ne soit auparavant montée en épingle par la presse, comme ce fut le cas avec ING). L'étape d'après consistera à vérifier si la valeur attendue est au rendez-vous, ce qui reste également à prouver. Et, derrière, il ne fait aucun doute que toutes les banques de l'hexagone (et probablement plus loin) surveillent cette expérience à la loupe, prêtes à rapidement suivre l'exemple de LCL.

dimanche 26 avril 2015

Des banques et l'Apple Watch

Apple Watch
Après 8 mois d'attente, l'Apple Watch a finalement fait sa première sortie mondiale vendredi dernier, déclenchant un engouement sans précédent parmi les institutions financières, s'il faut en croire le déluge d'annonces d'applications compatibles. En guise de décryptage, faisons un petit tour des initiatives des banques françaises…

Commençons tout d'abord par remettre les pieds sur terre : tous les établissements ne se sont pas lancés à corps perdu derrière la montre événement. Parmi les grands absents de cette vague initiale, figurent ainsi Société Générale, la Banque Postale, la Caisse d'Épargne et Crédit Agricole. Ceux-là font peut-être preuve d'une certaine sagesse, attendant (?) de mesurer l'appétence de leurs clients pour le nouveau gadget d'Apple, puis pour une application bancaire adaptée.

A l'inverse, outre le Crédit Mutuel Arkea qui avait dégainé début mars, BNP Paribas, ainsi que sa petite sœur Hello Bank! (déjà présente sur les montres Android), le CIC et le Crédit Mutuel ont tous succombé à la sirène Apple. Hélas, rien de bien révolutionnaire, à ce stade, dans leurs réalisations : un accès au solde et aux dernières opérations du compte principal (ou préféré), complété, selon les cas, par la localisation d'agences et/ou de GAB, quelques notifications et autres options d'appel d'un conseiller.

BNP Paribas sur Apple Watch

Le constat est à peu près identique pour les Banques Populaires – qui choisissent cependant de cibler prioritairement les entreprises et permettent à celles-ci de valider leurs remises bancaires – ou bien Natixis – et ses solutions dédiées à l'épargne salariale [PDF] et aux titres de restauration Apetiz [PDF] (tout comme son concurrent Edenred, au demeurant). Dans tous les cas, ce sont encore quelques fonctions existantes dans les applications mobiles qui sont simplement transposées sur la montre.

Dans ce panorama, il est impossible de ne pas remarquer que les principales banques 100% en ligne indépendantes (ou presque) – ING, Boursorama et Axa Banque / Soon – restent prudemment à l'écart de la vague. Il est d'ailleurs intéressant de s'attarder sur le cas de Boursorama : son parti pris de développer des applications web (accessibles uniquement via le navigateur) lui interdit de fait (au moins pour l'instant) de proposer une déclinaison sur l'Apple Watch. Serait-ce là une faille imprévue de sa stratégie ?

En synthèse, et sans surprise, les banques françaises n'ont donc résolument pas trouvé l'idée géniale qui rendrait indispensable leur présence sur le nouveau gadget à la mode. En étendant le champ de vision, il existe pourtant quelques exemples plus originaux, tels que l'épargne d'impulsion proposée par Desjardins (au Canada) ou la judicieuse approche de la jeune pousse hexagonale Lydia, qui utilise la montre comme second facteur d'authentification pour confirmer les paiements en ligne.

mardi 16 septembre 2014

Une carte LCL qui se pilote sur mobile

LCL Excellence
Que ce soit pour mieux gérer son budget ou pour lutter contre la fraude galopante, les solutions de pilotage en « temps réel » des cartes de paiement se développent rapidement dans le monde. L'offre de MasterCard en la matière, InControl, depuis longtemps déployée aux États-Unis, débarque désormais en France, chez LCL.

La banque dévoile en effet cette fonction pour la première fois à l'occasion du lancement de sa « Carte LCL Excellence ». Destinée aux professions libérales, cette nouvelle carte, positionnée sur le haut de gamme, intègre également deux autres services originaux, ciblant spécifiquement cette clientèle : secrétariat de remplacement et conciergerie disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Le pilotage InControl qui nous intéresse ici est accessible aussi bien depuis le site web professionnel de LCL que depuis une application mobile dédiée.

En revanche, par rapport à la version qu'ont mise en œuvre les banques étrangères (notamment Citi, Citizens Bank…), les options proposées restent limitées. Il est en effet seulement possible de verrouiller les achats en ligne ou à l'étranger ainsi que de définir un seuil de dépense (supérieur à 50 euros) à partir duquel chaque transaction fait l'objet d'un SMS de notification. Point donc, entre autres, de choix des typologies de paiement ou catégories d'achat autorisées, bloquées ou soumises à un plafond.

Carte LCL Excellence

Difficulté opérationnelle du côté de MasterCard (sur l'identification des catégories fiables, peut-être) ou choix de prudence (excessive et/ou temporaire ?) de la part de LCL ? Impossible de comprendre à ce stade le pourquoi de ce minimalisme. Cependant, indépendamment de ces considérations, la démonstration est maintenant faite que les systèmes de paiement actuels permettent de suivre et, potentiellement, d'agir sur les transactions en (quasi) temps réel, en France comme partout ailleurs.

Les opportunités d'exploitation d'une telle capacité sont immenses et ne se limitent pas – comme c'est souvent le cas actuellement – aux cartes professionnelles. Quoi qu'en pensent les immobilistes qui ne voient le monde que par ce qu'il fut et non ce qu'il devient, les consommateurs seraient indubitablement preneurs d'information et de contrôle instantanés sur leurs achats, sous la forme, par exemple, d'une analyse des impacts sur leur budget et d'alertes en cas de dépenses « excessives »…

Les banques qui prétendent se rapprocher de leurs clients seraient bien inspirées de comprendre ces nouveaux besoins fondamentaux, en pleine évolution, et de commencer à leur offrir des réponses adaptées. Et une fois les barrières techniques levées, il n'y a plus d'excuse valable pour procrastiner…

Information repérée grâce à A. Jaeger et R. Miralles (merci !)

jeudi 26 juin 2014

Banque et SMS : je t'aime… moi non plus

LCL
Bien avant la prolifération des smartphones et des applications mobiles, la communication par SMS a amené de nouveaux usages, notamment à des fins de sécurité dans la banque et les paiements. Une petite collision d'actualités au sein du groupe Crédit Agricole nous donne l'occasion d'en évaluer les perspectives futures…

La première des deux annonces en question concerne LCL. Selon un court article du site FStech, la banque est désormais en mesure de transmettre à ses clients les codes secrets de leur carte par SMS, en motivant cette évolution par des raisons de sécurité. Le raisonnement est en effet qu'un envoi postal à la même adresse que celle où est envoyée la carte – dans l'hypothèse où le bénéficiaire ne se déplace pas en agence pour la retirer – constitue un risque de fraude significatif contre lequel elle veut lutter.

La nouveauté a également pour objectif de fluidifier l'activation des cartes – grâce à l'immédiateté et l'ubiquité de la réception du code sur le téléphone mobile – et de réduire les coûts administratifs. Sur ce dernier volet, outre la diminution drastique des frais d'acheminement, la plate-forme mise en œuvre permettant d'envoyer un rappel en cas d'oubli, ce sont toutes les charges liées aux ré-initialisations et ré-émissions de codes PIN qui pourront être potentiellement abaissées, sinon effacées.

La seconde information notable est à découvrir dans le « guide de sécurité internet » du Crédit Agricole. Les clients y apprennent à reconnaître les applications mobiles malveillantes destinées à capturer les SMS utilisés, entre autres, pour la validation des paiements 3-D Secure ou la confirmation de virement bancaire. Les attaques de ce genre, combinant des composantes sur PC et sur téléphone, ne sont certes pas nouvelles mais le fait que la banque y consacre un article montre qu'elles deviennent préoccupantes.

Exemples de logiciel malveillant mobile

Alors, le SMS, facteur de sécurité ou solution menacée ? La réponse tient dans une vision variable des échelles de temps. Pour les experts du Crédit Agricole, le danger est bien réel et si l'usage des messages texte en tant qu'élément de protection perdure, ce n'est que parce qu'il n'a pas à ce jour de substitut efficace. A l'inverse, du point de vue des responsables opérationnels de LCL, les bénéfices espérés sont suffisamment importants pour justifier une prise de risque encore perçue comme acceptable.

Pourtant, leurs trajectoires convergeront tôt ou tard, car la sécurité du SMS comme deuxième facteur d'authentification est (en l'état) définitivement compromise. L'approche adoptée par LCL aura donc nécessairement une durée de vie réduite. D'autant plus que, outre les risques de détournement des messages, l'envoi du code secret par SMS pourrait promouvoir des comportements dangereux chez les clients, s'ils sont ainsi tentés de le stocker en permanence sur leur téléphone, sans protection…

Information sur le Crédit Agricole repérée grâce à Sémaphore Conseil (merci !)

samedi 18 janvier 2014

Brèves du paiement : Visa, Flashiz, Sixdots…

L'actualité des paiements se fait plus rare dans ces colonnes mais il ne faudrait pas pour autant en déduire qu'elle faiblit ! Pour preuve, voici quelques-unes des annonces les plus notables (à mon avis) parmi celles de ces dernières semaines.

V.me
Dans la foulée de Paylib, distribué par BNP Paribas, Société Générale et La Banque Postale, un autre groupe de banques, mené par BPCE et LCL, fait le choix du partenariat avec Visa pour le lancement d'une nouvelle solution de paiement en ligne.

A ce stade, V.me,  qui nous est présenté comme un « porte-monnaie numérique universel et pan-européen » (sic !) n'offre qu'une seule fonction, basique : le paiement sécurisé (et garanti) sur les sites de e-commerce, sans requérir la transmission des données de la carte bancaire. Il dispose malgré tout de quelques avantages par rapport à son concurrent direct, dont notamment un nombre significatif de marchands enrôlés et, à terme, une possible couverture de l'Europe entière.

Pour BPCE, cette nouvelle initiative pourrait être complémentaire de son propre porte-monnaie mobile S-Money (dont on n'entend plus parler, son déploiement n'ayant apparemment pas beaucoup progressé depuis 1 an) : la première ciblerait les paiements sur internet tandis que le second serait plutôt destiné au commerce de proximité et aux échanges d'argent entre particuliers (P2P). En guise de pont entre les 2, les utilisateurs de V.me pourront définir leur porte-monnaie S-Money comme l'un des moyens de paiement liés.


Flashiz
Pendant ce temps, les acteurs français de la grande distribution poursuivent leurs expérimentations, sans attendre les solutions des banques. Auchan avait lancé la sienne (flash'N pay) à la fin de 2012, E.Leclerc vient de lui emboîter le pas, via un partenariat avec la jeune pousse luxembourgeoise Flashiz.

Son application mobile, disponible pour iOS et Android, consiste en un porte-monnaie virtuel, lié à la carte bancaire. Lors de son passage en caisse, le client capture, avec son téléphone, le QR code qui lui est présenté, il n'a plus alors qu'à valider la transaction pour finaliser son règlement. Le dispositif, sélectionné pour sa facilité de mise en œuvre, est aujourd'hui en test dans 4 grandes surfaces du groupe et il pourrait être généralisé dès le premier semestre 2014.


Sixdots
En Belgique, la situation est bien différente de celle de l'hexagone et la révolution du paiement par mobile est peut-être en train de s'y dérouler, discrètement. En effet, la plate-forme « Sixdots » (Belgian Mobile Wallet), lancée initialement par BNP Paribas Fortis et Belgacom, semble en voie de conquérir [PDF] le marché national.

Ainsi, ce sont 9 banques et 3 opérateurs de télécommunications qui sont désormais rassemblés autour de ce porte-monnaie universel, combinant moyens de paiement, cartes de fidélité, bons de réduction, tickets et billets divers… et utilisable aussi bien en boutique que sur le commerce en ligne ou mobile. Seul bémol à l'euphorie que pourrait déclencher cette annonce : la solution n'est pas encore opérationnelle, un projet pilote doit être déployé fin janvier et la distribution commerciale est promise pour le printemps.

Les banques belges (ainsi que MasterCard, qui fournit sa technologie MasterPass pour les fonctions de paiement) parviendront-elles réellement à respecter ce planning ambitieux ? Cela représenterait un exploit digne d'être inscrit dans les annales de l'agilité des grandes entreprises !

Sixdots


O2 Wallet
Tempérons d'ailleurs les espérances avec l'un des rares cas (que je connaisse) où le réalisme finit par prendre le dessus : l'opérateur de téléphonie britannique O2 annonce l'arrêt de son « Wallet » mobile, 18 mois après son lancement et en dépit de l'investissement colossal qu'il paraissait représenter alors.

L'échec est donc avéré (publiquement) et confirme, sans réelle surprise, que l'entrée sur le marché des paiements pour les opérateurs n'était pas aussi évident qu'ils pouvaient le croire il y a quelques années. Beaucoup poursuivent pourtant la chimère d'une prise de position dans le secteur, qui a en réalité de moins en moins de chances de se produire, surtout tant que les stratégies ne changent pas radicalement…


Apple Store
Enfin, une autre mode immuable est celle des rumeurs autour d'un hypothétique porte-monnaie mobile conçu par Apple. Comme toujours, c'est un brevet déposé aux États-Unis qui alimente les spéculations, décrivant par le menu une solution complète de paiements, prête à implémenter sur l'iPhone.

Sans revenir sur la probabilité d'un passage de l'idée à un produit (à laquelle, pour ma part, je ne crois pas beaucoup), il est intéressant de découvrir comment les réflexions sur les paiements par mobile évoluent, avec cet exemple reprenant la plupart des principes apparus ces derniers mois : connexion sans fil à courte distance pour l'échange d'informations sur la transaction (avec le terminal), liaison internet pour l'exécution du paiement (côté serveurs), anonymisation des données de paiement, élément de sécurité du processeur pour stocker les informations sensibles…

En dépit de la présence de l'acronyme « NFC » dans les schémas, une des seules certitudes qui pourraient ressortir de ce brevet est que la technologie de paiement sans contact, telle qu'on la connaît actuellement, n'est résolument pas dans les plans d'Apple.

jeudi 14 novembre 2013

Le Crédit Agricole lance une solution d'encaissement sur mobile

Smart TPE
Bien des acteurs européens envient le succès de Square aux États-Unis mais, hélas, celui-ci est impossible à transposer dans les pays où règnent la carte à puce et la validation par code secret (ou "Chip & PIN"). Malgré tout, quelques-unes des idées de la startup peuvent être répliquées et c'est justement ce que tente de faire le Crédit Agricole avec sa nouvelle offre à destination des petits commerçants.

Bientôt disponible à la fois dans les réseaux LCL (sous le nom de "Monem Mobile") et Crédit Agricole (où elle s'appellera "Smart TPE"), la solution reprend le concept du terminal de paiement intégré au smartphone (Android et iPhone), accompagné ici d'un lecteur de carte à puce (avec son clavier pour la saisie du code) afin d'assurer la conformité à nos standards EMV. Elle sera testée dès janvier prochain auprès d'environ 300 commerçants pilotes avant une généralisation prévue dans le courant du premier trimestre.

Comme on pouvait s'y attendre, les qualités du "modèle" Square ne sont pas toutes au rendez-vous, en particulier du point de vue de la procédure d'adhésion et des coûts. L'offre ne sera proposée qu'aux clients des 2 banques du groupe, qui devront souscrire (en agence) un contrat monétique classique. Côté tarifs, rien n'est figé (un des enjeux du test initial est justement de déterminer le "bon" modèle) mais les hypothèses actuelles suggèrent un ticket d'entrée de 100€ (pour le lecteur de carte), un abonnement mensuel de 10 à 15€ et des commissions sur transaction à un niveau habituel (de l'ordre de 0,6 à 0,8%).

Ces petits détails, qui, s'ajoutant les uns aux autres, nuisent à la simplicité d'accès, font que la clientèle ciblée par le Crédit Agricole sera plus restreinte que celle de Square. Il restera des commerçants et artisans n'acceptant pas aujourd'hui les paiements par carte et sensibles à une offre (tout de même) plus abordable que les terminaux d'encaissement classiques. Ces utilisateurs ne généreront d'ailleurs probablement pas un volume de transactions très important (l'application mobile ne se prêtant pas à un usage intensif, dans tous les cas).

Monem Mobile

Cependant, la solution apporte aussi d'autres avantages que la seule acceptation des règlements par carte. Ainsi, outre la personnalisation des reçus (envoyés par messagerie électronique), le commerçant aura la possibilité, s'il le souhaite, d'intégrer son catalogue de produits (afin de détailler ses factures) et de suivre l'ensemble de ses ventes (quel que soit le moyen de paiement utilisé). L'application mobile et le portail web mis à sa disposition peuvent alors se transformer en un véritable outil de gestion de caisse.

Cette extension sera certainement bien accueillie par les petits marchands et artisans, souvent dépourvus de logiciel remplissant cet office et qui, même simple, peut pourtant apporter des bénéfices importants dans la conduite quotidienne de leur activité. L'application proposée par le Crédit Agricole pourrait d'ailleurs évoluer avec le temps, pour y ajouter progressivement quelques nouvelles fonctions plus élaborées (ciblant par exemple l'analyse des données de vente).

Au chapitre des futures évolutions (dont il n'est pas encore question), notons que la solution se prêterait idéalement à la mise en place de programmes de fidélité, qui pourraient également être très appréciés par sa cible de clientèle, celle-ci étant relativement mal servie dans ce domaine. Et, inévitablement, l'intégration de promotions et autres coupons de réduction semblerait tout aussi logique. Autant d'idées qui ont progressivement complété l'offre de Square et mériteraient d'être répliquées…

Alors que celle de BNP Paribas, annoncée il y a plus d'un an, n'a toujours pas vu le jour (!), la solution d'encaissement mobile du Crédit Agricole est bien partie pour devenir la première à être déployée par une banque en France (tandis que la startup Payleven démarre ses propres tests en ce moment). Elle va donc permettre enfin de tester en grandeur réelle l'appétence pour ce genre d'offre de ses 300 000 utilisateurs potentiels (estimés).

samedi 1 septembre 2012

Eruption de QR codes dans les agences bancaires

Alors que rien n'indique qu'ils soient devenus soudain plus populaires auprès des consommateurs, cet été a apparemment connu une véritable contagion d'affichage de "QR codes" dans les vitrines des agences bancaires. Au fil des jours, et uniquement sur mon trajet quotidien, 3 enseignes ont ainsi successivement cédé aux sirènes de ces drôles de codes à 2 dimensions. Tour d'horizon.

Affiche BNP Paribas

La première rencontre (chronologiquement, au moins dans l'ordre des codes qui ont attiré mon attention) est l'œuvre d'une agence de BNP Paribas, apparemment unique puisque les autres agences du groupe que j'ai pu voir depuis n'ont pas adopté l'idée. Le message porté est simple et sans détour : il invite les passants à devenir fan de la banque sur Facebook et son code à barres renvoie directement sur la page de BNP Paribas.net, sur la plate-forme de réseau social.

Affiche LCL

Dans le cas de LCL, le code se fait plutôt discret, au sein d'un panneau de promotion d'une offre (de circonstance) destinée aux étudiants. Petite trahison, la banque use d'un subterfuge (mineur) dans sa communication : le message qui accompagne le code sous-entend qu'il mène à un jeu sur Facebook mais, en réalité, c'est une page promotionnelle qui est atteinte après la capture, l'accès au concours étant relégué plus bas, sur un deuxième écran (après défilement).

Affiche BRED

Enfin, la BRED s'aligne sur la même idée (exactement identique : la banque à 1 € par mois pour les étudiants) mais son QR code est proéminent. Malheureusement, dans ce cas, la réalisation ne suit pas car, malgré sa taille imposante, entre les reflets de la vitrine (pourtant à l'ombre) et le contraste réduit des couleurs retenues, le code s'est révélé impossible à décoder. J'imagine qu'il renvoie le mobinaute vers une page d'information (du type de celle-ci) mais aucune indication ne précise son objet, ce qui constitue en soit un autre défaut.

Le premier enseignement à tirer de ces 3 cas est donc évident : si vous utilisez un QR code dans votre communication, assurez-vous qu'il peut être lu facilement et rapidement. A défaut, non seulement l'effort sera perdu mais vous risquez de frustrer les personnes qui voudraient en profiter. Par exemple, le contraste élevé du code de LCL est suffisant pour assurer une lecture sans problème, même derrière une vitrine et en dépit de ses dimensions réduites.

Dans le cas de BNP Paribas, la pose à l'extérieur garantit un décodage parfait. Cependant, ce choix peut aussi attirer des détournements malveillants, comme cela m'a été suggéré récemment. Il suffirait en effet de superposer à l'original un code ouvrant une autre page pour exploiter la notoriété de la banque à des fins hostiles, sans trop éveiller les soupçons si le maquillage est bien exécuté.

Ceci dit, le risque pour la sécurité peut être généralisé à toute utilisation des codes à barres : une affiche "usurpatrice" apposée sur une agence pendant un week-end pourrait aisément hameçonner quelques clients... Comme, de surcroît, ces codes renvoient généralement à des adresses non reconnaissables (c'est le cas pour les 2 que j'ai testés – vérifiez : ce sont les liens sur les photos BNP Paribas et LCL ci-dessus), la sensibilisation des consommateurs à la prudence est bien mal engagée !

Et, pour conclure, à quoi tout cela sert-il ? Les QR codes peuvent avoir des applications intéressantes mais, à ce jour, ils sont très peu utilisés par les propriétaires de smartphones, bien qu'ils se répandent partout, dans la rue, dans la presse, sur internet... L'effet de mode et le faible coût de mise en place suffisent-il à justifier cette prolifération actuelle ?

Veuillez excuser la mauvaise qualité des images, les vitrines ne sont jamais très photogéniques sans filtre polarisant...

mardi 7 février 2012

Kinect entre dans les agences LCL

LCL
Depuis sa sortie, en novembre 2010, la Kinect de Microsoft fait rêver à de nouveaux modes d'interaction, par de simples gestes – sans clavier, souris ou autre manette – avec les logiciels "sérieux" qui envahissent notre quotidien.

Or, depuis le 1er février, la technologie est sortie officiellement du domaine du jeu qui l'a vue naître pour arriver dans l'univers Windows. Et quelques jours plus tard, LCL en dévoile sa première utilisation "bancaire" en France...

Les lecteurs fidèles se souviendront peut-être, sur le même thème, de la démonstration précédente de la Banque de Moscou, mais LCL est cette fois dans une démarche plus "industrielle", puisque 10 de ses agences (dans plusieurs grandes villes de l'hexagone) sont équipées de ces nouvelles bornes à l'interactivité réinventée.

Kinect en agence LCL

Toutefois, comme sa consœur russe, la banque française se contente pour l'instant de proposer à ses clients une navigation dans ses produits et services grâce à quelques gestes simples. Il n'est donc pas (à ce stade) question de grandes innovations d'usage, exploitant une véritable nouvelle dimension dans l'interaction du public avec les écrans d'information qui peuplent les agences bancaires.

Cette première expérience devrait malgré tout permettre de tester, d'une part, la capacité des visiteurs à s'approprier une interface qui n'est probablement pas encore universellement maîtrisée et, d'autre part, leur appétence à adopter dans l'espace "sérieux" d'une banque un comportement plutôt associé au jeu...

Sur le fond, le service proposé ne manque pas de sens, offrant, sans complication (notamment matérielle), une expérience utilisateur enrichie par rapport aux contenus "statiques" des écrans habituels, qui devrait permettre de mieux retenir l'attention du client. Mais il sera probablement nécessaire d'aller beaucoup plus loin dans les applications ainsi mises à leur disposition pour engager durablement les "joueurs".

A défaut, le risque qui guette la Kinect en agence est le même qu'a connue avant elle la table Surface (du même Microsoft) : après une phase initiale d'engouement extraordinaire et une multitude d'expérimentations, il n'est aujourd'hui (presque) plus question de déploiements, faute d'avoir su en imaginer les "bons" usages.

Merci à Emmanuel P-S pour le pointeur vers cette information !

lundi 16 janvier 2012

LCL modernise son espace de banque en ligne

LCL
Une présentation, en vidéo, de la nouvelle version des services en lignes de LCL, repérée il y a plus d'un mois par Antoine Wintrebert (de Marketing-Banque), laissait alors entrevoir des nouveautés que j'étais impatient de découvrir. Son lancement officiel, la semaine dernière, permettait enfin de satisfaire ma curiosité. Hélas, autant le révéler sans attendre, c'est la déception qui m'attendait...

Ma réaction initiale avait été déclenchée par l'esquisse d'une nouvelle interface que l'utilisateur peut personnaliser à sa convenance. Et, comme promis, il est en effet possible de choisir le thème de couleur de la page d'accueil ainsi que d'y intégrer des "modules" et les agencer, selon ses préférences.

Capture d'écran LCL

Malheureusement, les options de configuration sont extrêmement limitées : 6 modules seulement sont disponibles (visibles sur la capture d'écran), qui ne peuvent être ajoutés que sur la page d'accueil et dans la zone réservée à cet effet ("Mes favoris").

Encore pourrait-on apprécier la simplicité et la clarté de cette page d'accueil, qui respecte ainsi les tendances actuelles en matière de banque en ligne. Mais non, dès que l'utilisateur souhaite entrer dans le "vif du sujet", il se trouve confronté à un véritable cauchemar d'options, dans les menus qui s'offrent à lui. Pour ne prendre qu'un exemple, le choix "Effectuer une opération" propose une liste de plus de 40 actions différentes :

Capture d'écran LCL

Pour être honnête, je reconnais qu'il est difficile de concevoir une interface simple pour gérer la richesse des services disponibles. Mais il devrait être évident qu'une telle liste d'options n'est pas un modèle d'ergonomie. Or, puisque la page d'accueil est personnalisable, il aurait semblé logique, a minima, de permettre au client d'y installer un accès, aussi rapide que possible, à ses fonctions favorites.

Face à un tel site, on comprend mieux la proposition de valeur de BankSimple (ou Simple, comme elle s'appelle dorénavant) !

mercredi 31 août 2011

Communiquer avec sa banque : 12 agences en ligne testées

Communication
A l'occasion de l'annonce de BNP Paribas, "Ouvrez un compte en un tweet", et de l'expérience de MAAF avec le tchat, une interrogation a germé dans mon esprit : quels sont, en pratique, les outils de communication en ligne offerts par les banques ? Pour le savoir, j'ai fait le tour de 12 agences en ligne et j'ai également profité de l'occasion pour comparer leurs procédures d'ouverture de compte.

Présentation

Les forces en présence pour cette évaluation comprennent 5 "pure players" et 7 agences de banque de réseau, parmi les plus importantes en France : Axa Banque, Boursorama (groupe Société Générale), Fortuneo (groupe Crédit Mutuel), ING Direct, Monabanq, l'Agence Directe de la Société Générale, e-BP2L (représentant ici les Banques Populaires), e-LCL, HSBC Compte Direct, MonBanquierEnLigne (Caisses d'Epargne), la Net Agence de BNP Paribas et Tookam (représentant le Crédit Agricole).

Les critères de comparaison sont, d'une part, les outils de communication proposés aux clients pour dialoguer avec leur banque et, d'autre part, les démarches nécessaires à l'ouverture d'un premier compte. La méthode que j'ai adoptée a été de consulter les informations disponibles sur les sites de chaque établissement et, si nécessaire, d'initier une ouverture de compte pour en apprendre plus. Il est donc possible que les résultats présentés ici ne soient pas exhaustifs mais ils reflètent en tous cas fidèlement les options visibles pour le visiteur lambda.

Résultats

Toutes les banques étudiées proposent les 3 canaux à distance "de base" que sont le site web, le téléphone et la messagerie électronique, qui ne sont donc pas repris dans la synthèse. De même, l'ouverture de compte commence systématiquement par un formulaire à remplir et une option de renvoi du dossier et des justificatifs par courrier, seules les autres solutions ou les étapes supplémentaires sont donc mises en évidence.

12 banques en ligne comparées

Moyens de communication

Sur ce critère, il ressort tout d'abord une nette différence entre les "pure players" et les agences en ligne des banques de réseau (à l'exception de HSBC). Les premières, jouant leur différence sur leurs prix, tendent à ignorer les attentes variées de leurs clients en matière de communication. Monabanq est la seule à se distinguer un peu, en proposant un conseiller dédié et la visiophonie, qu'elle a d'ailleurs été la première à adopter.

A l'inverse, les banques "classiques" cherchent, pour la plupart, à multiplier les points de contact et profitent de leur expérience des agences "physiques" pour mettre en avant le conseiller "personnel" dans la relation client. Les deux offres les plus complètes sont celles des Banques Populaires et des Caisses d'Epargne (appartenant au même groupe), avec application mobile, visiophonie et tchat. Malgré l'absence d'option vidéo, Tookam mérite aussi une mention particulière pour son compte Twitter et son profil Facebook, utilisés comme un réel canal de dialogue avec ses clients.

Les applications mobiles, surtout pour iPhone mais aussi de plus en plus pour d'autres plates-formes, se sont largement imposées. Leur absence dans les offres de Monabanq et HSBC, qui proposent uniquement un site web mobile, est d'autant plus notable...

Ouverture de compte

Sur ce sujet, les différences sont également très marquées mais les écarts ne se font plus ici entre "pure players" et banques "classiques". Dans la majorité des cas, ouvrir un compte nécessite de remplir un formulaire et de renvoyer son dossier accompagné des pièces justificatives par courrier. Pour Monabanq, e-LCL et MonBanquierEnLigne, un contact téléphonique sera aussi nécessaire (avant constitution du dossier pour e-LCL). Et pour l'Agence en Ligne de la Société Générale, il faudra retirer ses moyens de paiement dans une agence physique !

A l'opposé, 3 établissements se détachent du lot avec une ouverture de compte entièrement en ligne : Boursorama, BNP Paribas et Tookam. Les deux premières mettent en œuvre une solution de signature électronique (QuickSign) alors que la dernière s'affranchit de cette étape, qui me semble être, de toutes manières, plus symbolique qu'une réelle mesure de sécurité.

Conséquence directe de l'annonce de BNP Paribas et de son  slogan "ouvrez un compte en un tweet" (qui n'est en réalité qu'une demande de prise de contact par Twitter), je me suis intéressé aux options de rappel téléphonique du prospect. Seules 4 banques le proposent (Axa Banque, Boursorama, Caisse d'Epargne et Tookam). Point de BNP Paribas dans cette liste et pour cause : le contact par Twitter n'est assorti d'aucun engagement (de délai, notamment) et ne servira probablement qu'à diriger l'internaute sur le site de la Net Agence...

Conclusions

S'il fallait établir un palmarès sur cette mini-étude, Tookam (pour l'ensemble de ses prestations) et les Banques Populaires (pour son offre complète, avec visiophonie) remporteraient aisément les premières places. Et, malgré les exagérations exaspérantes de ses équipes marketing, BNP Paribas ne fait pas trop pâle figure.

Plus important, ces résultats confirment deux impressions (les miennes, en tous cas) qui méritaient d'être confrontées à la réalité. En premier lieu, la dématérialisation des actes "majeurs" de contractualisation (avec ou sans signature électronique) est encore marginale parmi les établissements financiers. Ensuite, les banques (et surtout les "pure players") n'ont pas encore pris la mesure des attentes de leurs clients en matière de canaux de communication : le site web est une option mais les consommateurs demandent des moyens différents en fonction de la tâche à accomplir et de leurs préférences.

Il reste donc encore des marges de progrès (et/ou de différenciation) dans la banque sur Internet !

samedi 18 juin 2011

Brèves : LCL, BMO, GoalMine, Ecolife, Fixnetix, Endace

Cette nouvelle série de brèves traite d'une grande variété de sujets : GABs multi-fonctions (LCL), alertes personnalisées (BMO), épargne pour les populations sous-bancarisées (GoalMine), assurance vie mobile (Ecolife), trading à faible latence (Fixnetix) et capture de flux pour les tests d'algorithmes de trading (Endace).


LCL
Après des tests, vraisemblablement concluants, lancés en avril à Nanterre et Paris, LCL va progressivement déployer ses nouveaux GABs ("Guichets Automatiques de Banque") multi-fonctions dans l'ensemble de son réseau.

Inspirés d'initiatives similaires à travers le monde entier, les automates proposent des services extra-bancaires à tous les porteurs de cartes, clients ou non de la banque. Il est question par exemple de rechargement de cartes prépayées de téléphonie mobile (pas très original !) mais aussi de réservation de billets de spectacle et, à l'avenir, d'achat de titres de transport et de paiement de factures.

Canal de libre-service longtemps négligé, les GABs suscitent beaucoup plus d'attention et d'innovations ces derniers temps. Nous n'avons pas fini d'en voir apparaître de nouveaux usages...


BMO
Pour BMO Banque de Montréal, la gestion de budget ne se limite pas aux outils de PFM (qu'elle propose aussi, avec "Budget Sensé"), elle passe également par une surveillance et un suivi des dépenses quotidiennes. C'est la raison pour laquelle la banque annonce une nouvelle offre, très complète, d'alertes personnalisées et gratuites.

Délivrées par messagerie électronique, SMS ou via la fonction native de l'iPhone, ces notifications concernent tous les compartiments de la gestion de compte :
  • Atteinte d'un seuil sur le solde ;
  • Retrait ou dépôt supérieur à un montant pré-déterminé ;
  • Mouvements inhabituels sur la carte bancaire...
Dans la plupart des cas, c'est le client qui détermine les paramètres qui déclencheront l'envoi d'un message.

Il ne fait aucun doute que ces services séduiront les consommateurs qui souhaitent surveiller de près leurs finances personnelles. Naturellement, les alertes émises seront d'autant plus pertinentes que les transactions sont traitées rapidement par la banque. Une justification supplémentaire pour une transition vers des systèmes de gestion en "temps réel" !


GoalMine
Son premier prix au "Core Underbanked Innovators Challenge" nous donne l'occasion de nous arrêter un instant sur GoalMine et son modèle ciblant les populations sous-bancarisées des Etats-Unis. Il s'agit d'une "vraie" institution financière proposant un compte d'épargne et deux fonds d'investissement (un en bons du trésor et l'autre en actions), accessibles à tous.

Concrètement, cela se traduit notamment par un langage clair, dénué de tout jargon financier, une intégration avec des cartes pré-payées (un compte bancaire n'est donc pas nécessaire) et un seuil minimal d'investissement de seulement 25 USD. Une autre fonction intéressante de GoalMine est de permettre à ses clients de partager leurs objectifs d'épargne avec leurs amis sur les médias sociaux, avec la possibilité de faire appel à leur participation (toujours avec des cartes pré-payées).


Ecolife
Autre continent mais même cible non- ou sous-bancarisée, l'opérateur mobile zimbabwéen Econet propose à ses clients, en partenariat avec la compagnie First Mutual Life, Ecolife, une assurance vie "gratuite" avec l'achat de minutes de communication.

Cette initiative rappelle celle de MFS Africa au Ghana, bien que le modèle soit un peu différent. Le client d'Econet doit simplement s'inscrire (par SMS) auprès de l'opérateur et, dès lors qu'il acquiert un minimum de 3 USD de communication par mois, il bénéficie d'une couverture contre le décès, qui peut atteindre jusqu'à 10 000 USD, selon le montant dépensé (au-delà du seuil de 3 USD).

Dans les pays émergents, dont une grande partie de la population est peu familière avec les services financiers, les institutions sont contraintes de développer des approches innovantes pour étendre leurs marchés. Ecolife va ainsi certainement aider à promouvoir le "concept" d'assurance vie au Zimbabwe et à diffuser plus largement ce type de produit auprès des habitants.


Fixnetix
La course à la faible latence, en particulier pour le trading algorithmique, semble sans fin. Le nouveau "record" est à mettre à l'actif de Fixnetix, qui annonce une performance de 740 ns (nanosecondes) avec son appliance à base de puces FPGA.

Je pense cependant que la startup d'origine française NovaSparks, qui est positionnée sur le même créneau, offre les mêmes capacités...


Endace
La dernière information de cette série concerne encore l'algo-trading : la société néo-zélandaise Endace dévoile une nouvelle gamme de solutions destinées à faciliter les tests des algorithmes. Ses systèmes permettent de capturer précisément les flux de données de marché et de transactions (jusqu'à 16 To) et de les rejouer, en respectant le séquencement d'origine.


Avec ces technologies (dont Endace ne détient pas l'exclusivité), il devient ainsi possible de tester les algorithmes avant leur déploiement en conditions réelles, pour détecter d'éventuelles erreurs ou anomalies ou encore pour en vérifier la performance.

lundi 2 août 2010

LCL a testé la table tactile "Surface" en agence

Communiqué LCL
On savait que le pôle innovation du groupe Crédit Agricole s'intéressait à la table Surface de Microsoft depuis sa sortie, dont plusieurs démonstrations ont déjà été organisées par la banque. L'étape suivante était naturellement de réaliser un test en situation, ce qui a donc été fait dans l'agence "Quartier Latin" (à Paris) de LCL, au début du mois de juillet.

Accessible en libre service, aux clients comme aux non clients, la table tactile était équipée de l'application "LCL à la Carte", qui permet à chacun de créer son portefeuille de services bancaires et créer ainsi une offre personnalisée.

L'objectif de l'expérimentation était d'évaluer l'intérêt du public pour cette nouvelle technologie, la manière dont elle est appréhendée et son efficacité commerciale. Selon LCL, les résultats sont prometteurs : les visiteurs se sont montrés curieux et impatients de prendre en main la table.

Je suis pourtant sceptique devant cette "innovation" : s'il n'est pas surprenant que le public ait été attiré par la nouveauté et l'aspect ludique de la "Surface" (surtout dans le quartier latin !), il ne me semble pas du tout certain qu'une expérimentation limitée au portage d'une application existante sur un support original puisse en prouver la valeur pour la banque. Ainsi, LCL aura probablement démontré l'attrait d'une certaine population pour la technologie elle-même, mais il reste à imaginer des services originaux exploitant de manière unique les capacités de la table tactile pour qu'une généralisation dans les agences bancaires soit justifiable. Espérons qu'il s'agisse de la prochaine phase du projet du Crédit Agricole !

Référence : communiqué de presse LCL