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C'est pas mon idée !

mercredi 15 juillet 2026

Bientôt la fin des enquêtes de satisfaction ?

BBVA
Voilà plusieurs années que je mets en cause la valeur des enquêtes de satisfaction et des mesures de qualité de l'expérience client qui en sont régulièrement tirées. Grâce aux progrès de l'analyse de l'information et de l'intelligence artificielle, une nouvelle ère est peut-être enfin en train de s'ouvrir, dont BBVA veut être une des pionnières.

Maxie Schmidt, pour le cabinet Forrester, évoquait justement il y a quelques jours plusieurs défauts des outils mis en œuvre dans la plupart des institutions financières. En particulier, l'envoi des questionnaires après une interaction écarte fréquemment les personnes qui ne sont pas parvenues à la fin de leur parcours et, même quand une solution a été apportée, ils sont sommés d'y répondre avant de pouvoir déterminer objectivement si celle-ci était réellement pertinente par rapport à leur demande.

Désireuse de mieux connaître l'état d'esprit de ses clients grâce à une évaluation plus fiable, plus précise et, potentiellement, plus exhaustive, BBVA commence désormais à compléter la méthode traditionnelle de calcul du NPS (« Net Promoter Score ») avec un modèle d'IA qui se charge d'extraire directement des échanges qu'ils tiennent avec ses conseillers, par téléphone ou par tchat, et des actions réalisées sur ses plates-formes numériques leurs véritables avis et les faiblesses et autres frictions qu'elle doit corriger.

À travers les retranscriptions des conversations enregistrées mais aussi les réclamations déposées et les commentaires accompagnant les enquêtes de satisfaction (qui n'ont donc pas encore disparu), le dispositif est capable d'identifier l'objet du contact, les difficultés que les utilisateurs rencontrent dans leur expérience, les facteurs qui ont une importance particulière pour eux, leur sentiment de résolution de leur problème… et d'en faire un suivi dans le temps, par exemple en cas de rappel ultérieur.

BBVA – CX Measurement

Cet aspect de continuité prend un relief spécifique avec l'intégration des données issues des manipulations effectuées dans les applications web et mobile de la banque. Le constat d'une interruption inopinée de la session en cours, aboutissant quelques minutes ou quelques heures plus tard à solliciter l'assistance d'un téléopérateur permet de mieux comprendre ce qui ne fonctionne pas correctement et, si l'événement se répète, d'en déduire qu'une amélioration est probablement nécessaire.

Au-delà des statistiques indispensables pour la mesure du ressenti des clients et la détection des pistes d'optimisation à envisager, le même système est également mis au service de la personnalisation de la relation. Lors d'un appel entrant, le collaborateur de l'établissement reçoit immédiatement une synthèse sur son interlocuteur qui l'aide à appréhender le motif sous-jacent, lui décrit ses interactions précédentes, sur tous les canaux, et esquisse son contexte général. L'enjeu est maintenant qu'il l'exploite.

Face aux limitations bien connues du NPS, les institutions financières (et les autres entreprises) ont désormais à leur disposition des moyens bien plus efficaces d'observer la satisfaction de leurs clients… et les petits et grands imperfections de l'organisation qui la rognent insidieusement. Il est temps de changer les pratiques et de profiter enfin de ces nouvelles approches, bénéfiques à la fois pour les firmes ET leurs clients.

mardi 14 juillet 2026

L'épargne pour la génération de l'instantanéité

Stoa
Au Royaume-Uni comme ailleurs, les consommateurs ont tendance à laisser dormir leurs économies sur leurs comptes courants, sans chercher à les faire fructifier, même sur un placement sans risque. Stoa a imaginé une approche originale afin de vaincre leur résistance implicite, jouant sur leurs biais comportementaux les plus basiques.

Les estimations varient mais elles sont toujours impressionnantes : un rapport publié récemment dans le Financial Times évaluait à plus de 600 milliards de livres la trésorerie disponible des britanniques et à quelques 50 000 milliards l'ampleur du problème à l'échelle globale. Pourquoi ses détenteurs ne se préoccupent-ils pas plus de valoriser cette fortune ? Peut-être par insouciance, par indifférence, par méconnaissance… et, surtout, parce qu'ils n'en perçoivent pas les bénéfices.

L'équation paraît pourtant claire : bloquez l'argent que vous ne souhaitez pas dépenser immédiatement et percevez une rémunération en échange. Objectivement, qui peut refuser une telle proposition ? En réalité, la plupart des humains restent insensibles à ce message parce qu'il fait appel à leur rationalité et que celle-ci est facilement submergée par divers parasites, tels que la difficulté à appréhender le concept mathématique d'intérêts ou, sur le plan psychologique, le délai d'obtention de la récompense promise.

C'est donc sur ce terrain cognitif que Stoa porte ses efforts afin d'encourager le réflexe d'épargne chez un maximum d'individus. Son premier produit est, fondamentalement, un compte à terme, sur une seule échéance, de 12 mois. En revanche, il ne rapporte pas d'intérêts classiques. À la place, le souscripteur reçoit une sorte de prime le jour du versement des fonds… et elle prend la forme d'un cadeau au choix, un peu à la manière des programmes de fidélité qui séduisent tant les consommateurs modernes.

Accueil Stoa

Dans une logique d'adaptation comportementale poussée à l'extrême, le modèle habituel est totalement renversé puisque le client est d'abord invité à sélectionner sa (ou ses) récompense(s) – parmi une liste extrêmement riche, comprenant des bons d'achat dans des enseignes connues, des abonnements à toutes sortes de services (de loisir, de bien-être, d'IA…), des dons à des associations… Son choix détermine alors le montant du dépôt requis. Le mécanisme est en outre reproduit à l'échéance, avec une proposition de renouvellement du cadeau… pour un prolongement d'un an du contrat.

La solution est également proposée aux entreprises, notamment les PME, dont les responsables sont évidemment sujets aux mêmes égarements de leur cerveau. Dans ce cas, les offres privilégient des services professionnels, entre, par exemple, outils numériques du quotidien (stockage infonuagique, antivirus…) et accès à des plates-formes de formation en ligne. De manière générale, les avantages distribués représentent environ 5% des sommes engagées, ce qui est inférieur aux taux des comptes à terme. Mais ce détail n'est bien sûr pas significatif pour l'audience ciblée.

Que l'ambition affichée consiste, pour Stoa, à stimuler l'épargne parmi ses concitoyens ou, pour la majorité des institutions financières, à sécuriser un surcroît de capital pour leur production de crédit, la démarche devrait être la même : il faut comprendre pourquoi tant de personnes possédant un pécule ne se laissent pas tenter par les offres qui leur sont faites (entre autres à coups de taux bonifiés) et transformer les méthodes traditionnelles afin de prendre en compte leurs blocages psychologiques.

lundi 13 juillet 2026

Monzo automatise la consolidation de dette

Monzo
La consolidation de dette fait partie de ces solutions qui, en principe, simplifient la vie des consommateurs mais, en réalité, tendent à la leur compliquer un peu plus, notamment en raison des démarches manuelles qu'elle exige. Monzo collabore désormais avec ClearScore afin de réduire cette charge… et, incidemment, d'optimiser son offre.

Pour les personnes qui se débattent entre carte(s) de crédit, prêt(s) à la consommation et autres formes de financement personnel, la proposition, émanant en général des banques, de rassembler tous ces engagements sur un seul emprunt, à un taux (un peu) plus avantageux, à rembourser par mensualités fixes et prévisibles, représente une opportunité incomparable de faciliter leur pilotage budgétaire et, dans bien des cas, de refaire surface après un plongeon plus ou moins profond dans la précarité.

Malheureusement, le passage à la pratique s'avère souvent semé d'embûches. D'abord, l'intéressé devra déterminer lui-même, sans aucune assistance, tous les crédits éligibles et, surtout, les conditions de sortie anticipée qu'ils comportent, dont les éventuelles pénalités exigibles. Ensuite, une fois, l'opération réalisée, c'est encore à lui seul de procéder aux clôtures des contrats visés, en subissant les tracas administratifs de chacun des fournisseurs. Sans surprise, beaucoup renoncent en cours de route.

Pour ceux qui abandonnent avant de tenter l'expérience, il s'agit tout au plus d'une occasion manquée, en raison d'une promesse non tenue. Plus grave, la plupart des personnes qui souscrivent l'emprunt supposé libérateur n'en utilisent qu'une partie pour éponger, partiellement, leur dette existante et aggravent de la sorte leur situation initiale. En outre, les établissements de crédit, conscients de cette statistique imparable et de ses conséquences sur le risque, adaptent leurs limites et leurs taux d'intérêt.

Monzo – Debt Consolidation

Grâce à la technologie « Clearer » de ClearScore, originellement un des leaders britanniques du score de crédit, Monzo change les paramètres de l'équation. Lorsqu'un client entame un parcours en vue de consolider sa dette, la néo-banque se charge elle-même, sans lui demander aucune intervention supplémentaire (si ce n'est de valider les informations collectées), de contacter ses créanciers afin de connaître l'encours à solder, puis, une fois la transaction conclue, de leur verser les fonds dus, directement.

Il faut tout de même regretter deux lacunes dans ce dispositif, qui seront peut-être corrigées ultérieurement. D'une part, il ne semble pas possible d'inclure le BNPL dans le périmètre couvert. Il est vrai qu'il ne fait pas partie, stricto sensu, des solutions de crédit, même s'il peut devenir un fardeau équivalent en cas d'excès. Par ailleurs, et plus sensible, le consommateur n'est pas accompagné sur les coûts de remboursement anticipé. Voilà une lacune sévère dans l'indispensable transparence de l'offre.

En synthèse, l'approche mise en œuvre profite à la jeune pousse, qui maîtrise mieux son engagement sur un volet important de développement de son activité tout en captant un surcroît de connaissance sur ses clients, mais également à ces derniers, qui disposent là d'un produit véritablement conçu pour leur faciliter l'existence… et les aider à mieux gérer leurs finances personnelles. Le résultat est, comme (presque) toujours avec Monzo, un coup de pouce bienvenu au bien-être et à la sérénité de ses utilisateurs.

dimanche 12 juillet 2026

Comment CommBank stimule l'innovation

CommBank
Ils ne sont certes pas révolutionnaires et peuvent même sembler triviaux mais ces quelques conseils que prodigue un responsable IA de CommBank afin de développer et entretenir une culture d'innovation dans un grand groupe financier – combinant autonomie, liberté, confiance et discipline – méritent incontestablement d'être propagés.

Officiellement, Ashkan Amiri n'est pas un spécialiste de l'innovation mais ses rôles successifs dans les métiers de la banque, de la cybersécurité et, aujourd'hui, de l'intelligence artificielle lui ont donné l'occasion de valider un certain nombre de pratiques qui laissent ses équipes exprimer leur créativité et leur capacité à concevoir des solutions originales aux problèmes qu'ils rencontrent dans leur activité ou dont ils prennent conscience que les clients de l'établissement doivent les affronter.

Sa principale conviction, celle qui guide son approche, est que les collaborateurs doivent disposer de suffisamment d'« air pour respirer ». Ils se sentiront à l'aise et se montreront efficaces face aux attentes d'esprit d'initiative formulée explicitement ou implicitement par leur hiérarchie si, d'une part, ils comprennent pleinement la vision et la stratégie de leur organisation et, d'autre part, ils savent qu'ils seront soutenus sans ambiguïté, dans leurs prises de risques et jusque dans leurs (inévitables) erreurs.

Le cercle de confiance à travers lequel chacun est non seulement autorisé mais, plus encore, encouragé à s'exprimer, à poser des questions (aussi dérangeantes soient-elles), à s'égarer dans une mauvaise direction… représente selon M. Amiri un principe inestimable pour l'innovation dans une entreprise. Il explique ainsi comment, plutôt que d'apporter une solution toute prête lorsqu'il est sollicité par un subordonné, il s'est mis à ne leur donner qu'une orientation afin qu'ils identifient eux-mêmes la réponse : en opérant de la sorte, ils viennent progressivement le voir avec leurs propres idées.

Naturellement, dans un environnement bancaire, il n'est pas question de laisser libre cours à toutes les fantaisies. Un cadre délimitant ce qui est acceptable en termes de risques, d'impact sur les clients, de coûts, de réglementation… est indispensable. Le plus important en la matière est de s'assurer que tous les participants maîtrisent ces règles… et les protocoles qui permettent éventuellement de les négocier. Au bout du compte, l'équilibre entre autonomie et contrôle est déterminant pour le succès.

S'il ne faut retenir qu'un message de cette expérience, ce serait, à mon avis, celui de la transparence : dans trop de firmes, surtout parmi les plus grandes, les employés n'ont jamais été informés clairement ni de ce qui est admissible de leur part (liberté) ni des frontières à ne pas franchir (discipline). Partager formellement ces valeurs d'entreprise constitue un premier pas critique vers la mise en place d'une culture d'innovation.

CommBank – Priceless Culture

samedi 11 juillet 2026

Visa démystifie le grand transfert de patrimoine

Visa
La transmission générationnelle de patrimoine qui doit se dérouler d'ici une vingtaine d'année entre les « baby boomers » – particulièrement nombreux et nantis – et leurs descendants tend à susciter des fantasmes. Visa essaie donc de rationaliser les projections, via une enquête approfondie sur le sujet, aux États-Unis.

Pour ce seul pays, les dernières évaluations font état de presque 100 000 milliards de dollars détenus par les personnes nées durant les trente glorieuses qui changeront de mains d'ici 2045, au profit (partiel) d'une population relativement plus réduite, en raison de la baisse régulière de la natalité depuis cette période. Le phénomène concerne aussi, évidemment, les autres régions développées et les constats établis par l'étude de Visa y sont certainement applicables, même si des variations sont inévitables.

D'emblée, seule une fraction de cette manne financière peut être considérée comme réellement destinée aux héritiers, après élimination du 1% des plus riches (qui ont d'autres plans), des engagements à liquider (notamment le remboursement des dettes, typique de l'économie américaine) et des charges diverses qui restent à assumer avant le grand saut (pension, impôts…). Selon les calculs des analystes, il resterait environ 36 000 milliards à redistribuer effectivement au cours des deux prochaines décennies.

Les montants faramineux évoqués laissent généralement espérer un bond de consommation et une progression globale de la richesse des pays affectés. Malheureusement, il s'avère que l'essentiel (trois quarts) des mouvements de patrimoine s'adresseront à des citoyens eux-même aisés, qui adopteront donc un réflexe d'épargne et d'investissement plus que de dépenses. Ainsi, dans l'ensemble, il ne faut guère attendre du grand transfert un choc transformationnel mais des impacts ciblés.

Visa – Great Wealth Transfer

Par exemple, les 8 000 milliards de dollars qui pourraient, malgré tout, être consacrés à des achats représenteront un petit surcroît de 0,1% de consommation jusqu'en 2046. En outre, ils porteront principalement sur quelques catégories sectorielles, correspondant également à la situation des bénéficiaires (en moyenne) : habitation, automobile, voyage… qui, en conséquence, connaîtront une croissance plus soutenue.

Cependant, un autre résultat vaut d'être souligné. En effet, les « baby boomers » n'attendent pas la dernière extrémité pour entamer la transmission. Depuis quelques temps maintenant, les jeunes reçoivent de leur part un coup de pouce pour la constitution d'un apport personnel lors de l'acquisition d'un logement ou se font offrir des vacances avec leurs grands-parents, entre autres tendances qui prennent de l'ampleur.

Pour les institutions financières, la compréhension fine des mécanismes en jeu dans la transition qui se prépare est indispensable afin de capitaliser sur les opportunités qu'elle engendre. Les sommes considérables qui iront plus ou moins directement dans des produits d'épargne ou d'investissement figureront naturellement en tête des préoccupations. Encore faudra-t-il appréhender correctement les attentes de ces clients. Mais les autres aspects méritent tout autant l'attention, qu'il s'agisse d'accompagner les seniors désireux d'aider aujourd'hui leur famille dans les meilleures conditions ou d'anticiper les changements de comportement d'achat après un transfert…

jeudi 9 juillet 2026

Float vampirise la carte de crédit

Float
Née en 2020 en Afrique du Sud, Float débarque maintenant au Royaume-Uni avec sa solution de crédit à la consommation qui ne dit pas son nom. Alors que la réglementation est en passe d'être renforcée pour les pourvoyeurs de paiement fractionné, elle devrait passer sous les radars, en se greffant sur les cartes de crédit existantes.

Son produit est distribué auprès des commerces de biens d'une certaine valeur – appareils électroniques, mobilier, automobile, vêtements de luxe… – qui souhaitent pouvoir proposer à leurs clients une option de financement plus flexible et plus économique que celle que leur procure leur moyen de paiement habituel, sans avoir à souscrire un emprunt supplémentaire, donc avec un minimum de frictions additionnelles dans leur parcours, que celui-ci se déroule en ligne ou dans une boutique physique.

Comment la jeune pousse parvient-elle réaliser un tel exploit ? En arrière-plan, elle se contente simplement de prélever par mensualités successives le montant de l'achat, sur une durée qui peut s'étendre jusqu'à 12 mois, un peu comme le font les spécialistes du BNPL depuis plusieurs années. Cependant, elle introduit une particularité déterminante dans son modèle : lors de la conclusion de la transaction, elle prend une réserve sur la carte de crédit du consommateur, pour la totalité de la somme due.

Grâce à cette astuce, Float se dispense de l'analyse de risque et de solvabilité du client : c'est celle de l'émetteur qui est automatiquement prise en compte, à travers l'application du plafond de la carte. Le raisonnement sous-jacent est que de nombreux porteurs n'utilisent pas (pleinement) leur solde et que celui-ci crée ainsi une opportunité pour ceux qui préfèrent ne pas laisser courir leur encours et se contraignent donc à régler leur dû avant qu'il ne porte d'intérêts, soit, en général, sous un à deux mois.

Accueil Float

La promesse aux marchands se fait de la sorte irrésistible, avec un instrument qui permet aux acheteurs d'étaler leurs règlements dans le temps et, en conséquence, les encourage à dépenser plus, accessible pour un coût minime (variable selon les options retenues, dont le reversement en une fois ou échelonné), en raison de la quasi élimination du risque, et sans tracasseries administratives, au point d'être transparent une fois prise la décision de le mettre en œuvre (sous réserve d'éligibilité de la carte).

Pour le consommateur, la perspective sera plus mitigée. Certes, la faculté de bénéficier gratuitement de l'équivalent d'un prêt sans ses contraintes représentera une aubaine pour ceux qui hésitent à passer à la caisse devant un prix élevé. Mais la flexibilité et la simplicité du système ont leur revers dangereux : outre le risque de laisser les mensualités s'accumuler sur la carte et de payer des intérêts malgré tout, il perd toute visibilité sur son engagement, et ce pour une période beaucoup plus longue que le BNPL classique. Un outil de pilotage de finances personnelles semblerait indispensable.

mercredi 8 juillet 2026

L'IA a eu la peau du turc mécanique (d'Amazon)

Amazon
Alors qu'Amazon prépare la mise à la retraite progressive de son « turc mécanique » après une vingtaine d'années de bons et loyaux services, l'ironie de l'histoire ne peut manquer de frapper les esprits : c'est l'intelligence artificielle que son ancêtre du XVIIIème siècle tentait de contrefaire qui a aujourd'hui raison de son principe de fonctionnement.

Dans sa version originale, il s'agissait d'un automate joueur d'échecs, qui dissimulait en réalité une personne en chair et en os et mystifiait de la sorte les spectateurs ébahis. À partir de 2005, Amazon a donc repris le nom pour décrire son service de distribution industrielle de micro-tâches élémentaires à des personnes rémunérées dans ce but. L'idée initiale consistait à confier à des personnes des activités répétitives mais impossibles à informatiser à l'époque, et elle a ensuite évolué vers, essentiellement, la génération d'information d'apprentissage à destination des plates-formes d'IA.

Depuis quelques années, et avec la progression fulgurante de la technologie, le système a commencé à atteindre « naturellement » ses limites. De plus en plus fréquemment, les personnes enrôlées se sont mises à déléguer les demandes qui leur étaient assignées aux outils disponibles publiquement, démultipliant ainsi leur capacité de travail et leurs émoluments, au détriment de la qualité du résultat (entraîner l'IA avec les données d'une autre est une excellente recette pour un désastre)… et de la déontologie du dispositif.

Il n'est pas formellement question de fermeture à ce stade mais Amazon annonce que, à partir du 30 juillet, le site n'acceptera plus de nouveaux clients, les utilisateurs existants pouvant cependant continuer à déposer leurs requêtes. Le message sous-jacent est double : d'une part, la progression des abus devient peut-être incontrôlable et nuit à la valeur du service et, d'autre part, les catégories de tâches les plus appropriées pour MTurk sont probablement désormais à la portée de l'intelligence artificielle.

En résumé, voilà une boucle temporelle étourdissante. Le « turc mécanique » est né comme une escroquerie faisant passer une personne pour une machine, s'est mué à l'ère « digitale » en une usine virtuelle de petites mains exécutant les basses œuvres des maîtres de la technologie et finit par être remplacé lui-même par l'intelligence artificielle qui avait, d'une certaine manière, inspiré l'arnaque initiale. Au passage, des emplois humains, aussi faiblement qualifiés soient-ils, disparaissent bel et bien.

Le Turc Mécanique

mardi 7 juillet 2026

Les promesses environnementales oubliées

Google
Comme en écho à l'alerte récemment lancée par le cabinet Gartner vis-à-vis de la dégradation de l'impact environnemental de l'univers « digital », en particulier avec le développement de l'intelligence artificielle, les rapports que viennent de publier Google et Amazon pour l'année 2025 viennent confirmer les estimations les plus pessimistes.

Alors que les deux acteurs ont déclaré leur engagement à atteindre la neutralité carbone d'ici à quelques années (aussi futile soit ce genre de promesse) et après des progrès sensibles réalisés dans un premier temps, leurs derniers bilans en date illustrent la dérive en cours, laissant planer un doute de plus en plus lourd sur leurs véritables trajectoires. Sans parler d'autres indicateurs (tels que la consommation d'eau), leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) ont ainsi progressé de 16 à 18% en un an.

En outre, si cette croissance paraît inquiétante en elle-même, elle ne reflète probablement pas entièrement la réalité à venir. En prenant principalement l'exemple de Google, la majeure partie de l'augmentation enregistrée est imputable à la construction et l'aménagement de centres de production informatique supplémentaires, requis afin de faire face à la demande de l'IA. Le béton des bâtiments et les composants électroniques des serveurs figurent parmi les principales sources (indirectes) de GES.

La consommation électrique de ces installations n'interviendrait donc pas dans la comptabilité ? En réalité, il s'agit, dans une large mesure, d'une illusion. Google admet un surcroît de 37% par rapport à 2024… mais il ne se traduit que par un petit +2% d'émissions de GES. Cette apparence vertueuse est justifiée par le recours à des énergies renouvelables (qui ont tout de même aussi un impact)… et de la compensation sur les marchés du carbone, ce qui n'est qu'un pis-aller (sinon une mascarade).

Google Sustainability

Mais la situation va indubitablement continuer à s'aggraver car, entre les politiques désastreuses de l'administration américaine actuelle et les limites techniques de l'industrie de l'énergie, les nouveaux centres de données sont de plus en plus fréquemment alimentés par une électricité carbonée (en général à base de gaz naturel). Avec leur mise en service, les bilans environnementaux vont certainement prendre un coup de massue qu'aucune compensation ne pourra jamais dissimuler.

Les géants de la Silicon Valley veulent maintenant nous faire croire que l'IA, qui est responsable de l'essentiel de la catastrophe qui se profile, serait aussi sa solution. Mais ils n'ont aucune démonstration concrète à offrir et se contentent de vagues illustrations peu convaincantes, à l'instar de celles de Google affirmant que quelques-uns de ses produits (dont les thermostats NEST et la navigation routière), qui existaient avant l'IA, permettent d'éviter des millions de tonnes de CO2 rejetées dans l'atmosphère.

En vérité, leurs engagements d'autrefois sont en voie d'être rangés aux oubliettes… et advienne que pourra (à l'humanité). Le cynisme est désormais (à nouveau ?) la seule loi qui règne et le format du rapport environnemental de Google en fournit un aperçu presque caricatural, en consacrant plus de 80% de ses pages à la description de ses initiatives, plus ou moins sérieuses, et de ses ambitions, et en enfouissant soigneusement les données brutes de son diagnostic à la fin du document.

lundi 6 juillet 2026

Klarna offre un bilan de santé financière

Klarna
En permanence sur la défensive face aux accusations éventuelles d'encouragement de l'endettement, sinon sincèrement préoccupée de la situation de ses clients (ce qui serait plus honorable), Klarna propose maintenant à ces derniers, au Royaume-Uni, un accès libre et gratuit au bilan de santé financière du spécialiste Money Wellness.

Dans le sillage de plusieurs initiatives aux objectifs similaires, dont une autre collaboration en faveur de la lutte contre le surendettement, le nouveau service se présente comme un équivalent du contrôle technique automobile, sans obligation toutefois (!), décliné en diagnostic budgétaire à l'intention des individus (et ménages ?). Il est ainsi justifié par un parallèle sur les prémices : réalisez une évaluation périodique plutôt que d'attendre un incident pour vous rendre compte d'un problème.

Disponible pour tous les utilisateurs de la jeune pousse, apparemment sans distinction par rapport à un statut de membre premium (et payant), le « Money MOT » permet d'établir un état des lieux des finances personnelles en quelques étapes simples. Plus important, il fournit également un ensemble de recommandations personnalisées afin d'aider chaque consommateur à optimiser sa relation avec son argent, depuis l'apprentissage de la gestion budgétaire jusqu'à la maîtrise de l'endettement (encore !).

L'offre de Money Wellness, réglementée par la FCA, comporte une particularité notable, susceptible de la rendre plus efficace pour plus de monde. En effet, outre sa version « digitale », exploitable en totale autonomie, elle s'adapte aux préférences d'interaction de la population, avec la possibilité de dialoguer par téléphone avec un expert, à la demande ou sur rendez-vous, pour ceux qui se sentent rassurés par une approche humaine… et n'hésitent pas à confier des détails sur leur vie privée à un inconnu.

Comme toujours, la démarche est louable pour un acteur qui peut être facilement jugé comme facilitateur de difficultés financières pour ses clients. Elle n'est cependant pas exempte de quelques critiques. En premier lieu, elle repose sur un acte volontaire de la part des consommateurs : il faut qu'ils aient pris conscience d'un besoin d'accompagnement pour en profiter, laissant de côté, notamment, ceux qui s'enfoncent doucement dans la précarité sans s'en apercevoir. Elle mériterait par exemple d'être contextualisée : Klarna est certainement en mesure d'identifier des comportements parmi ses adeptes à partir desquels elle pourrait leur suggérer une consultation.

Klarna x Money Wellness

dimanche 5 juillet 2026

Le Crédit Agricole s'attaque à Apple Pay

Crédit Agricole
Deux ans après que la Commission Européenne ait contraint Apple à ouvrir sa technologie sans contact, le Crédit Agricole devient la première banque française à saisir l'opportunité pour proposer sa propre solution de paiement sur iPhone. Hélas, sans surprise, ses limitations en font une concurrente peu convaincante d'Apple Pay.

Un petit rappel historique n'est pas inutile pour comprendre le côté piquant de l'aventure. Lors de son lancement, en 2014, le porte-monnaie mobile de la marque à la pomme était massivement décrié par les banques en raison des commissions exigées par le constructeur pour « accepter » de les enrôler. Après qu'elles aient fini par se soumettre à ces conditions, elles ont toujours dénoncé son monopole sur le composant technique de communication autorisant les paiements, qui leur interdisait de créer une offre alternative, et auquel les autorités européennes ont donc mis fin en 2024.

Or, depuis cette « victoire » et jusqu'à cette initiative du Crédit Agricole, aucun établissement de l'hexagone n'a développé un service susceptible de se substituer à Apple Pay, alors que des initiatives ont émergé ici et là dans le reste du continent, démontrant sa faisabilité. L'industrie se serait-elle résignée à la taxe prélevée sur leurs revenus pour une plate-forme qui rencontre un vif succès auprès des consommateurs ou bien aurait-elle pris conscience qu'il n'était pas si facile d'égaler son excellence ?

Pas de compromis, en tous cas, côté Crédit Agricole… mais on peut tout de même, à travers sa riposte, identifier en quoi la deuxième option serait celle de la raison. Certes, son application de paiement mobile semble rivaliser avec son modèle (comme celle qui existe depuis longtemps pour les appareils Android) : une activation simple, depuis l'espace bancaire, la protection par authentification biométrique, la faculté d'exécuter le paiement rapidement, avec le geste réservé habituellement à Apple Pay…

Paiement Mobile Crédit Agricole

Mais le diable se cache dans les détails. D'abord, sur le côté pratique, seules les opérations de proximité sont prises en charge, à l'exclusion des règlements en ligne, tandis que les personnes qui basculent régulièrement entre des moyens de paiement détenus auprès de plusieurs banques devront jongler avec des logiciels différents (au lieu d'une sélection de carte dans un outil universel). Plus généralement, il n'est évidemment pas question de remplacer le porte-monnaie virtuel, avec ses fonctions de gestion de billets de train, de cartes d'embarquement, de cartes de fidélité, de clés…

Plus gênant encore, selon le site d'actualités spécialisées iGeneration, le dispositif mettrait en œuvre un mode d'émulation de l'interface sans contact, qui introduirait des restrictions supplémentaires, à savoir celles de la carte de paiement à laquelle il est associé, notamment le plafond de dépense par transaction et l'exigence de ré-authentification à intervalle régulier. L'annonce officielle du Crédit Agricole ne permet malheureusement pas de lever le doute sur ce point, qui paraît quasi rédhibitoire.

L'erreur sous-jacente est de croire que le « wallet » d'Apple se résume à un instrument de paiement. Comme son nom l'indique, il est plus un équivalent électronique d'un portefeuille et une grande partie de son succès est bien dû à sa capacité à en intégrer (progressivement) toutes les composantes. Déployer aujourd'hui un système mono-usage a peu de chances de séduire ses habitués… et il est difficile d'imaginer comment une banque isolée pourrait s'aligner sur son niveau de commodité : il n'est envisageable qu'à travers un regroupement d'acteurs… tel que celui de Wero, peut-être ?

samedi 4 juillet 2026

Qonto intègre l'expertise comptable

Qonto
Depuis des années, Qonto prend soin de sa collaboration avec les experts comptables. Cependant, le métier de ces derniers évoluant, notamment avec l'introduction de l'intelligence artificielle, la néo-banque acquiert [PDF] le spécialiste Acasi afin d'offrir sa propre solution « digitale » pour une partie de sa clientèle, demandeuse d'intégration.

La frontière entre le futur service proposé directement par Qonto au sein de sa plate-forme et celui de ses 10 000 partenaires actuels, dont elle ne voudrait pas apparaître comme une concurrente directe, risque d'être difficile à marquer mais l'évolution est inévitable puisqu'elle émane d'un besoin exprimé par ses utilisateurs, accoutumés à disposer de tout ce dont ils ont besoin pour gérer leur activité dans une application unique et qui souhaitent donc prolonger cette commodité pour leur comptabilité.

En parallèle, une profonde transformation est en cours dans ce domaine. Réservé à des professionnels agréés dont la mission traditionnelle comporte une majorité de tâches quasiment mécaniques, il devient une cible privilégiée pour l'IA. Pour des travailleurs indépendants ou de petites structures, un logiciel certifié devient aujourd'hui capable de prendre en charge l'essentiel – sinon la totalité – de leurs besoins en la matière. L'expertise humaine n'est alors plus requise que pour des demandes spécifiques.

Forte de ce constat, Qonto va donc inclure dans sa palette de fonctions – aux côtés des paiements, de l'encaissement, de la facturation, de la gestion de notes de frais, du suivi de trésorerie… – le produit en ligne d'Acasi et son équipe d'une trentaine de collaborateurs, justement dédiés aux freelances, et poursuivre de la sorte sa stratégie d'accompagnement des entreprises sur l'ensemble de leurs problématiques de pilotage, bien au-delà de son positionnement initial de banque du quotidien.

Avec cette logique, la jeune pousse s'inscrit dans une tendance généralisée parmi les nouveaux entrants, qui leur procure un avantage considérable par rapport aux établissements historiques. Même lorsque ces derniers développent des offres pour les TPE, notamment avec des promesses de personnalisation, ils ne parviennent pas à prendre en considération les attentes très particulières de leur audience, à savoir leur recherche du fournisseur qui les soulage de toutes leurs corvées administratives.

Qonto x Acasi

vendredi 3 juillet 2026

AmEx ajoute ses points dans Apple Pay

American Express
Les temps sont probablement difficiles pour American Express, entre la pression qu'exercent les nouveaux mécanismes de financement de la consommation sur le modèle de la carte de crédit et les programmes de récompense simplifiés en comparaison de son approche historique par « points ». Un ajout dans Apple Pay tente de réduire l'écart.

Quand, aujourd'hui, tous les acteurs des paiements, au sens large, choisissent plutôt des solutions de type « cashback », c'est-à-dire un reversement direct d'une partie des dépenses afin de fidéliser leurs utilisateurs, il faut admettre que le principe – auquel s'accroche fermement American Express – des points accumulés sur des achats éligibles, à convertir ensuite en primes, induit des frictions notables dans l'expérience client (qui faisaient probablement partie du dispositif par conception).

Dans le but d'éliminer un peu de cet inconvénient, l'entreprise propose donc maintenant aux adeptes d'Apple Pay de transformer directement leurs avantages acquis en dollars sonnants et trébuchants, déductibles « instantanément » d'un paiement (uniquement en ligne, semble-t-il). Pour ce faire, il leur faudra sélectionner une option dédiée (pas de sélection par défaut !), choisir leur carte AmEx, préciser le recours aux « points », puis, enfin, spécifier le nombre de ceux-ci à imputer, avant de valider la transaction.

American Express – Apple Pay

Le parcours est pour le moins alambiqué… et risque de frustrer des mobinautes accoutumés à plus de fluidité et de transparence dans leurs actes du quotidien… même s'il représente un progrès par rapport aux méthodes anciennes exigeant d'anticiper la conversion des « points ». En d'autres termes, American Express se contente ici d'apporter une demie-réponse à une attente critique de ses usagers et, incidemment, je m'étonne qu'Apple, partie prenante du projet, ait accepté un tel compromis.

Voilà une illustration typique de la paralysie qui saisit une organisation jusque là performante face à une rupture majeure dans son écosystème. Elle se trouve dans l'incapacité de remettre radicalement en cause le moteur de son succès depuis plus d'un demi-siècle (en dépit de l'introduction d'un produit assorti de « cashback »), quitte à ignorer les attentes de son audience, et, encore plus, les évolutions dans leurs comportements. Sans prise de conscience de ces changements, elle continuera à voir ses clients préférer les acteurs émergents, qui, désormais, les comprennent mieux.

jeudi 2 juillet 2026

L'IA bientôt plus coûteuse que les développeurs

Gartner
Selon le cabinet Gartner, entre les priorités incontrôlées des utilisateurs et l'évolution des modèles économiques des fournisseurs, le recours aux plates-formes d'intelligence artificielle pour la programmation informatique pourrait bientôt coûter plus cher aux entreprises que le salaire moyen de leurs développeurs… et ne plus être rentable.

Il s'agit d'un des cas d'usage de l'IA générative les plus matures et les plus populaires, dans tous les secteurs d'activité, qui a même conduit à des vagues de licenciement massives : confier à ces outils l'écriture du code, soit dans sa totalité soit pour ses parties les plus routinières, permet d'accélérer drastiquement la création d'applications… même si des défauts de qualité peuvent survenir. Or, jusqu'à maintenant, la facture correspondante est peu surveillée, ce qui pourrait devenir un sérieux problème.

En effet, les analystes notent que, en parallèle de cette croissance phénoménale de l'adoption, les solutions mises en œuvre évoluent progressivement d'un modèle économique basé sur le nombre d'utilisateurs à une nouvelle approche par « token » (c'est-à-dire l'unité d'information traitée en entrée et en sortie des moteurs d'IA), qui reflète directement le niveau de sollicitation du produit. Par exemple, les derniers modèles d'Anthropic sont accessibles à un prix public de 10 à 50 dollars par million).

Pour les directions financières, le changement de référence induit un coût variable présentant une de ces caractéristiques qu'ils redoutent : l'imprévisibilité. Car, bien que le critère de mesure paraisse relativement objectif et quantifiable, il s'avère que, dans la pratique, il est totalement impossible d'évaluer a priori, et donc de prédire, la consommation de « tokens » de chaque développeur. Les paramètres à prendre en compte sont trop complexes et dépendent en outre des comportements individuels.

Gartner – AI Token

Avec les habitudes déjà acquises, le danger est immense d'assister à une explosion des dépenses et il sera illusoire d'espérer une auto-discipline de la part des principaux intéressés, qui sont préoccupés par leur confort, leur vélocité et leur efficacité et non par la note pour leur employeur. Dans des organisations qui, pour la plupart, n'ont pas encore mis en place d'indicateurs formels de mesure de la rentabilité de leurs investissements dans l'intelligence artificielle, l'opacité peut devenir tragique.

En guise de palliatif (plutôt que de véritable solution), Gartner suggère de définir un cadre rigoureux à l'intention des équipes de production logicielle. En premier lieu, il doit spécifier des règles quant aux conditions de recours à l'IA pour les différentes tâches des collaborateurs et préciser les catégories de modèle acceptables selon leur difficulté (en privilégiant les moins onéreux). Ensuite, dans le prolongement des initiatives de promotion de l'éco-conception (en n'oubliant pas que l'enjeu environnemental de l'IA est également critique), une formation au « bon » usage des tokens sera impérative. Enfin, l'instauration d'une gouvernance et d'un pilotage spécifiques devient urgente.

mercredi 1 juillet 2026

Sumeria protège aussi les IBAN

Sumeria
Ce n'est certainement pas une solution miracle contre la fraude, mais la dernière nouveauté proposée par Sumeria afin de protéger les coordonnées bancaires représente un de ces petits plus qui procurera un peu de tranquillité d'esprit à ses clients, tandis qu'ils se sentent menacés de toutes parts, notamment du côté de leurs économies.

Pour les consommateurs, le piratage dont a été victime l'opérateur de téléphonie Free en 2024 a agi, de manière plus ou moins rationnelle, comme un révélateur du danger auquel est exposé leur IBAN (l'identité du compte bancaire) alors qu'ils le partagent sans retenue, auprès de leurs fournisseurs de services pour le règlement des factures, bien sûr, mais également avec leurs proches, pour toutes sortes de transactions du quotidien, ou avec des inconnus, par exemple lors d'une vente d'un objet d'occasion.

Dans ces derniers cas, se pose inévitablement la question de la sécurité : que se passe-t-il si j'ai affaire à une personne malintentionnée ou, plus couramment, si un de mes correspondants laisse traîner ces informations au vu de tous ? La réponse pragmatique est que le risque d'abus est faible, puisque, d'une part, un éventuel escroc laisserait des traces s'il réalisait un prélèvement sur ce compte et, d'autre part, et surtout, les victimes disposent d'un délai confortable pour réclamer un remboursement.

Mais parce qu'il vaut mieux prévenir que guérir, c'est-à-dire que tout le monde préfèrera ne pas s'exposer à ces désagréments (y compris les conséquences indirectes d'un débit imprévu sur le budget) plutôt que de devoir déposer une réclamation et attendre une régularisation, Sumeria permet désormais d'associer deux IBAN distincts à chaque compte : aux côtés de la référence classique, qui autorise à la fois les prélèvements et les encaissements, le deuxième n'est utilisable que pour la réception de fonds.

Sumeria – IBAN One Way

Dans tous les cas où un client souhaite transmettre ses coordonnées de paiement à un tiers pour collecter un paiement, il lui suffira donc de choisir ce deuxième IBAN, dit « One Way », et il aura alors la garantie que celui-ci ne pourra jamais être exploité à des fins malhonnêtes. Notons que l'option est disponible non seulement pour le compte principal mais également pour les « enveloppes » de réserve éventuellement configurées (l'usage de son IBAN étant alors par essence presque exclusivement réservé aux provisions).

Voilà une initiative simple, qui ne prétend pas transformer radicalement la banque, mais qui œuvre directement au bien-être des clients de Sumeria. Cependant, outre cette préoccupation vis-à-vis des attentes de son audience, il me semble utile de souligner combien l'approche retenue relève du bon sens et mériterait d'être répliquée par l'ensemble de l'industrie : la première règle de la sécurité consiste à ne toujours partager que l'information strictement nécessaire à l'interaction considérée. Restreindre le périmètre d'action d'un IBAN pour percevoir des fonds en fait naturellement partie.

mardi 30 juin 2026

Revolut crée son propre modèle de fondation IA

Revolut
Au lieu de s'appuyer, comme tout le monde (ou presque), sur des produits génériques, fournis par les leaders du marché, pour ses applications d'intelligence artificielle, Revolut a choisi de développer son propre modèle de fondation, avec un double objectif de meilleure contextualisation des références et de mutualisation de son socle.

Avec le temps et ses vagues technologiques successives, les institutions financières font actuellement vivre en parallèle deux grandes catégories de projets capitalisant sur le traitement avancé de l'information : d'un côté, la première génération de science des données (et d'apprentissage automatique), en général entièrement mise au point en interne, et, de l'autre, le recours aux désormais incontournables solutions d'IA générative fournies par des tiers, ensuite déclinées sur des cas d'usage spécifiques.

Pour les équipes de Revolut, les deux options présentaient des défauts gênants. L'approche historique repose habituellement sur une processus autonome, dans laquelle chaque application extrait les données requises, réalise sa phase d'entraînement, puis gère son cycle de vie. Avec les outils modernes, le problème est d'un autre ordre : leur pré-entraînement absorbe un gisement gigantesque d'information… mais celui-ci étant générique, il perd de son efficacité lorsqu'il doit opérer sur un domaine bancaire pointu.

Leur réponse consiste à développer un modèle de fondation dédié, alimenté uniquement par le patrimoine de la jeune pousse, à savoir les enregistrements de quelques 26 millions de clients dans 111 pays et les 24 milliards d'événements qu'ils ont générés au fil de 28 mois d'historique de leur relation (correspondant à plus de 200 milliards de « tokens »). Une de ses particularités les plus importantes, par rapport à des équivalents plus standards, réside dans l'exploitation de la temporalité des transactions.

L'utilisation de ce socle, baptisé PRAGMA, est maintenant généralisée à tous les projets concernés par l'analyse de données. Chacun dérive sa version, actualisée régulièrement, pour l'entraînement sur un problème précis lors d'une expérimentation, pour un ajustement fin des paramètres… Les configurations personnalisées, plus ou moins complètes, permettent alors aussi bien de concevoir des modèles d'inférence à faible temps de réponse que des solutions prédictives visant une fiabilité maximale.

D'ores et déjà mis en œuvre par les équipes en charge des risques, de la lutte contre la fraude, du marketing, des produits… PRAGMA affiche des résultats significatifs par rapport à la démarche traditionnelle antérieure, non seulement en termes de vélocité de développement (3 à 5 fois supérieure, grâce au socle commun) mais également de performance et de qualité (en particulier sur la détection de fraude). À l'avenir, outre des cas d'usage additionnels (par exemple l'évaluation de la valeur des clients à long terme ou une interface applicative qui s'adapte au comportement de l'utilisateur), Revolut veut aussi enrichir sa plate-forme et renforcer ainsi son avantage concurrentiel.

Revolut

lundi 29 juin 2026

NatWest forme à l'éthique de l'IA

NatWest
Depuis plusieurs mois, la déferlante de l'intelligence artificielle générative dans les institutions financières entraîne dans son sillage la mise en place de campagnes de formation à l'intention de leurs collaborateurs. NatWest en arrive maintenant à un deuxième niveau de sensibilisation, focalisé sur les considérations éthiques du sujet.

Après des débuts hésitants, les banques déploient désormais massivement des outils d'IA afin de renforcer l'efficacité et la productivité de leurs employés… et ces derniers s'en emparent sans réserves, pour la plupart. Mais, avec des usages concernant de plus en plus des domaines sensibles, notamment dans des interactions avec les clients, les risques s'accroissent et les protections technologiques mises en œuvre ne peuvent suffire à les contenir. Le facteur humain doit impérativement être pris en compte.

L'objectif du programme pédagogique de NatWest vise donc à ajouter aux compétences opérationnelles acquises avec les cursus initiaux (et l'expérience pratique) une indispensable dimension morale, afin de garantir une utilisation responsable des services déployés. Il s'agit en particulier d'éviter en toute circonstance des décisions inéquitables ou entachées de biais, susceptibles d'affecter la confiance, sans même évoquer les éventuelles conséquences juridiques de dérives incontrôlées.

Construit en collaboration avec l'université d'Edinburgh, le dispositif, d'abord expérimenté avec un petite centaine de cobayes, comportera huit modules (dont le développement va se poursuivre jusqu'au mois d'octobre). Il sera accessible à la totalité des 60 000 salariés de l'établissement sous la forme de cours en ligne complétés par une session d'une demie journée en groupe pour des exercices d'immersion avec des cas pratiques. Les élèves devront compter 2 à 3 mois afin de terminer le parcours.

NatWest – Data and AI Ethics

Au-delà de l'IA, et de la gestion des données également comprise dans son périmètre, la formation étant alignée avec le code de conduite de l'entreprise, elle est en mesure d'offrir aux collaborateurs un aperçu sur les valeurs qu'ils sont censés défendre au quotidien : la transparence et la protection absolue de la vie privée, l'accompagnement éclairé des clients et la capacité à expliquer dans un langage compréhensible les choix présentés, le pouvoir humain sur la machine (au moins de contrôle) et la prise en compte des impacts sociaux et environnementaux des actions engagées…

Cet aspect est d'autant plus important que l'industrie a tendance à considérer les enjeux éthiques, entre autres en ce qu'ils s'appliquent à leurs employés, d'un point de vue essentiellement réglementaire. Avec l'intelligence artificielle, ce dernier introduit des contraintes spécifiques – la lutte contre les biais en fournit une illustration évidente – qui encouragent une déclinaison beaucoup plus pragmatique. La diffusion d'une culture de responsabilité vis-à-vis des clients et de la société pourrait ainsi en bénéficier…

dimanche 28 juin 2026

NAB Nexus coordonne la protection des clients

NAB
Décidément, la lutte contre les cyber-malversations de toutes sortes devient la principale préoccupation des institutions financières face à la prolifération d'attaques, de plus en plus sophistiquées grâce à l'intelligence artificielle. NAB met ainsi sur pied une structure pluridisciplinaire de réponse, active 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

Le volume et la dangerosité des menaces qui pèsent sur les finances des consommateurs et des entreprises reste bien sûr un problème crucial pour les équipes des banques mais, désormais, la capacité à rapidement détecter leur apparition et leurs mutations puis organiser une riposte devient de plus en plus critique afin d'en contenir les impacts. C'est pourquoi la banque australienne remet aujourd'hui en question les méthodes traditionnelles, qui semblent atteindre leurs limites.

Son NAB Nexus, chargé de la surveillance et de la défense contre la fraude, les escroqueries, les cyber-attaques…, est donc opérationnel toute l'année sans interruption. Mais, plus important, il rassemble au sein d'une même structure toutes les parties prenantes du sujet – spécialistes informatiques, experts de sécurité (y compris physique), équipes de lutte anti-fraude, professionnels des paiements… – dans le but d'encourager la collaboration et de la sorte améliorer la performance du dispositif.

Le raisonnement sous-jacent est simple et de bon sens : les attaques visant le secteur financier actuellement sont fréquemment multi-facettes et ne peuvent donc plus être considérées isolément par tel ou tel département de la banque sous peine de n'en traiter qu'une partie et d'en négliger, potentiellement, les aspects les plus dangereux. Ce n'est que par un partage constant et fluide d'informations que toutes les dimensions d'un incident peuvent être analysées conjointement et dans les meilleurs délais.

NAB Nexus

La communication officielle de NAB ne l'évoque pas mais l'impératif de dialogue devrait certainement dépasser les seules entités responsables de la protection de l'établissement ou de ses clients. Il mérite aussi d'inclure les personnels de première ligne, conseillers en agence ou téléopérateurs des centres d'appel. Il est évidemment impossible de les embarquer dans leur ensemble mais, a minima, il faudrait envisager de désigner un interlocuteur dédié, préalablement formé à son rôle d'intermédiaire.

L'initiative est probablement coûteuse mais les banques ont-elles vraiment le choix en 2026 ? Les solutions purement technologiques, notamment à base d'IA, sont certes extrêmement utiles mais elles ne peuvent entièrement remplacer les compétences humaines, en particulier lorsqu'il s'agit de rapprocher et corréler des événements disparates. Dans ces conditions, le NAB Nexus à toutes les chances de préfigurer le standard de la lutte contre la cyber-criminalité pour les années à venir.

samedi 27 juin 2026

Le plan anti-canicule de Metro Bank

Metro Bank
La canicule, qui sévit ces jours-ci autant en Angleterre que sur le continent, fournit une opportunité à Metro Bank de renforcer son message d'établissement ancré dans sa communauté locale. En effet, la totalité de ses 78 points de vente sur le territoire sont ouverts tout l'été aux visiteurs, clients ou non, éprouvant le besoin de se rafraîchir.

L'opération restera active jusqu'au premier septembre prochain et, pour sa composante londonienne, elle s'inscrit dans une initiative globale des autorités. Concrètement, elle permet à n'importe qui d'entrer dans une agence de la banque pendant ses heures d'ouverture normales (hélas réduites à la tranche classique de 9:00 à 17:00, en général), de profiter de sa climatisation dans un espace dédié, équipé de sièges, et d'accéder à de l'eau potable. Le tout gratuitement et sans engagement, bien entendu.

La démarche a de nombreuses vertus. Outre celle que Metro Bank met en avant, relative à sa présence active dans les écosystèmes où elle est implantée, il faut probablement citer, toujours dans une logique d'intérêt général, l'utilisation à bon escient de locaux relativement peu fréquentés (non seulement au vu de la baisse de trafic généralisée mais également de son pic durant la période des vacances). Et ces visites inopinées pourraient procurer une occasion d'enrôler quelques nouveaux clients.

Les banques du monde entier s'efforcent depuis des années de ré-inventer le modèle et la mission de leurs réseaux physiques, par exemple en les transformant en cafés, en lieux d'exposition, en bureaux et salles de réunion partagés… ou en y organisant des formations, conférences… Pourquoi ? Elles tiennent à préserver leur différenciation par rapport aux acteurs 100% « digitaux » mais leurs agences, de plus en plus réservées aux interactions à forte valeur ajoutée (par opposition aux opérations courantes), accueillent automatiquement moins de clients. Peut-être la solution pour y maintenir un peu d'animation consiste-t-elle donc à en faire des espaces semi-publics…

Metro Bank

vendredi 26 juin 2026

La gestion de patrimoine en mutation

McKinsey
Au sein de l'univers bancaire, on peut facilement croire que la gestion de patrimoine est (quasiment) immuable. Pas du tout. Une enquête de McKinsey auprès de clients européens révèle cinq profonds changements dans leurs attentes… et il est loin d'être seulement question de « digitalisation » de la relation ou d'intelligence artificielle.

1. La prudence. La tendance est identique pour les trois segments considérés par l'étude – par niveau de patrimoine croissant, clients aisés, privés et fortunés – et elle marque un revirement fondamental par rapport aux habitudes du passé : la recherche de performance à tout prix cède la place à une attitude plus mesurée, avec une prise en compte du profil de risque dans les choix d'investissement. La baisse sensible du nombre de répondants se décrivant comme offensifs reflète aussi ce mouvement.

2. L'évolution de la confiance. Signe des temps et de la maturité, les réticences vis-à-vis des « robots-conseillers » s'estompent nettement dans toutes les catégories de consommateurs (étonnamment, elles sont moindres chez les plus nantis) et le principal reproche qui leur reste adressé concerne le manque de personnalisation des recommandations. En parallèle, le recours à l'intelligence artificielle commence à être accepté, mais plutôt comme outil au service du conseiller qu'en facteur d'autonomie.

3. Extension du périmètre. Voilà certainement le résultat le plus disruptif pour l'industrie, puisqu'il s'agit d'une sorte de remise en cause du rôle des boutiques de gestion de patrimoine. En effet, leurs clients, dans une proportion qui ne peut plus être ignorée et qui croît avec leur fortune, demandent à être accompagnés dans d'autres dimensions de leur existence que leurs seuls portefeuilles, surtout dans le long terme. Sont évoqués le choix d'une résidence, l'assistance aux proches, les grandes transitions de vie…

McKinsey – European Wealth Management

4. La fin de la standardisation. J'avoue que l'idée que les établissements déclinent les mêmes solutions pour les trois grands groupes de clients me surprend mais, quoi qu'il en soit, il devient désormais clair que les besoins divergent tellement, par exemple sur les supports préférés ou sur les canaux d'interaction, qu'il n'est plus possible d'appliquer les mêmes recettes à tous. Je soupçonne cependant que les exigences de personnalisation imposent une analyse beaucoup plus fine, sinon entièrement individualisée.

5. La pression sur la fidélité. Entre les préoccupations vis-à-vis des frais et les envies de services complémentaires – autour de la santé et du bien-être, de promotions sur des marques populaires, d'éducation financière… –, les sondés se déclarent prêts à succomber aux sirènes de la concurrence, surtout quand celle-ci les sollicite directement tandis qu'ils sont parfois déçus par leur fournisseur (notamment quand il ne les contacte pas lors d'événements géopolitiques majeurs tels qu'en regorge l'actualité).

Comment réagir ? La réponse semble naturelle… et serait, à mon sens, applicable à tous les métiers de la banque. Il s'agit de construire un modèle hybride, combinant relation humaine, plate-forme « digitale » et IA, avec une capacité d'ajustement sur mesure, selon les préférences et le contexte de chaque client. D'autre part, il faut impérativement réviser les principes du conseil, pour prendre en compte ses grands objectifs de vie, l'aligner avec ses nouvelles exigences (y compris sur les valeurs personnelles, telles que l'écologie) et renforcer un engagement proactif. Au travail !

jeudi 25 juin 2026

Une alliance pour évaluer l'empreinte de l'IA

Alliance GenAI Footprint
Alors que les Nations Unies exprimaient récemment des inquiétudes sur l'empreinte environnementale de l'intelligence artificielle, un groupe de grandes entreprises françaises mené par Axa, Engie, Publicis et La Poste annonçaient à VivaTech le lancement de l'Alliance GenAI FootPrint pour, a minima, la création d'un outil de mesure fiable.

Les constats que partagent l'organisation internationale sont en effet préoccupants et soulignent le peu de cas qui est fait aujourd'hui d'un problème qui s'aggrave à une vitesse alarmante. Si les projections des usages massifs actuels de l'IA et de la consommation d'énergie associée – estimée à 945 TWh annuels à l'horizon de 2030 (l'équivalent des 650 millions d'habitants du Pakistan, du Bangladesh et du Nigeria) – sont connues, le rapport s'attarde aussi sur ce qui n'est pas mesuré aujourd'hui.

Première anomalie, la plupart des bilans énergétiques du secteur se concentrent sur les coûts de l'entraînement des modèles. Or l'étude révèle que celui-ci ne représente, en moyenne, que 10 à 20% de la facture d'électricité, les usages quotidiens des plates-formes étant infiniment plus gourmands… du simple fait de leur popularité : une seule d'entre elle traiterait ainsi 2,5 milliards d'interrogations par jour, à rapprocher des quelques 8,5 milliards de recherches sur le moteur de Google, bien moins énergivore.

Autre angle mort de l'équation, les centres informatiques sont des gouffres en eau, à tel point que, à la même échéance de la fin de la décennie, ils pourraient atteindre le niveau des besoins domestiques d'environ 1,3 milliards de terriens, sans compter les déperditions en amont, notamment dans la chaîne de production d'électricité. Enfin, il reste deux domaines d'impacts presque totalement ignorés : l'artificialisation des terrains réquisitionnés pour ces installations et la prolifération des déchets électroniques.

Dans ces conditions, l'instrument de mesure promis par l'Alliance GenAI FootPrint est bienvenu, d'autant plus qu'elle se fixe pour objectif de le distribuer sous licence libre et de le mettre à la disposition des acteurs de tous secteurs désireux de surveiller leur impact environnemental. Combinant des méthodes de calcul scientifiques dûment validées, il vise à fournir une évaluation précise des émissions de gaz à effet de serre générées par les différentes mises en œuvre de l'intelligence artificielle générative.

Naturellement, le parallèle avec les travaux des Nations Unies donne immédiatement à comprendre l'étendue du chemin qui reste à parcourir pour intégrer toutes les dimensions du sujet au sein du projet qui, apparemment, ne considère à ce stade que les conséquences de la consommation énergétique de l'IA. Espérons que des itérations ultérieures prendront en charge les problématiques d'usage de l'eau, particulièrement sensibles à l'échelle planétaire, sinon les autres volets, plus difficiles à quantifier.

VivaTech