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samedi 8 août 2026

Un mode enfant pour Google Wallet

Google Wallet
À l'approche de la rentrée scolaire, Google introduit un mode « enfant » pour son porte-monnaie virtuel, comprenant (évidemment) les indispensables options de contrôle parental, adaptables selon les préférences des adultes et l'âge de leur progéniture. Les offres des banques dédiées aux mineurs perdent rapidement de leur utilité…

En effet, avec cette nouvelle facilité (disponible uniquement aux États-Unis à ce stade et sans aucune information sur son éventuelle extension à d'autres marchés), il devient superflu d'ouvrir un compte de paiement pour les moins de 18 ans. Grâce à la généralisation des règlements sans contact, autant dans leur acceptation par les commerçants que dans leur adoption par les consommateurs, la possession d'un porte-monnaie mobile suffit largement à satisfaire tous les besoins de la vie courante.

La déclinaison de Google reprend naturellement les caractéristiques habituelles de cette catégorie de solutions, maintenant stabilisées depuis plus d'une dizaine d'années. En premier lieu, les parents peuvent donc ouvrir un compte virtuel pour leur enfant à la demande et le provisionner à leur convenance, depuis leur propre porte-monnaie électronique. La possibilité de versements récurrents, par exemple pour l'argent de poche classique, n'est pas disponible pour l'instant mais est promise à court terme.

Google Wallet for Kids

Une fois la mise en place réalisée, le responsable garde en permanence une certaine maîtrise sur les usages de l'argent ainsi alloué. Il peut notamment définir un plafond de dépense quotidien et, en cas de suspicion de perte ou de vol, il dispose d'un verrou instantané, bloquant toute transaction ultérieure. S'il s'inquiète de l'évolution du solde du compte, il est aussi en mesure de mettre le système en pause à tout moment. Enfin, il peut aussi choisir de recevoir une notification lors de chaque achat effectué.

Avec ce service, Google rattrape son retard sur Apple, établissant de la sorte le « wallet » pour mineur comme une fonction standard du paiement mobile. Elle se positionne d'emblée en concurrence des produits spécialisés, qu'ils soient fournis par des nouveaux entrants ou par des établissements traditionnels (pour qui ils représentent souvent un instrument de capture précoce de leur clientèle). Certes, ces derniers sont en principe plus sophistiqués, entre autres à travers des moyens de contrôles plus fins ou des capacités d'éducation financière formelles : les acteurs concernés vont désormais devoir mettre l'accent sur cette différenciation s'ils ne veulent pas être submergés.

mardi 7 juillet 2026

Les promesses environnementales oubliées

Google
Comme en écho à l'alerte récemment lancée par le cabinet Gartner vis-à-vis de la dégradation de l'impact environnemental de l'univers « digital », en particulier avec le développement de l'intelligence artificielle, les rapports que viennent de publier Google et Amazon pour l'année 2025 viennent confirmer les estimations les plus pessimistes.

Alors que les deux acteurs ont déclaré leur engagement à atteindre la neutralité carbone d'ici à quelques années (aussi futile soit ce genre de promesse) et après des progrès sensibles réalisés dans un premier temps, leurs derniers bilans en date illustrent la dérive en cours, laissant planer un doute de plus en plus lourd sur leurs véritables trajectoires. Sans parler d'autres indicateurs (tels que la consommation d'eau), leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) ont ainsi progressé de 16 à 18% en un an.

En outre, si cette croissance paraît inquiétante en elle-même, elle ne reflète probablement pas entièrement la réalité à venir. En prenant principalement l'exemple de Google, la majeure partie de l'augmentation enregistrée est imputable à la construction et l'aménagement de centres de production informatique supplémentaires, requis afin de faire face à la demande de l'IA. Le béton des bâtiments et les composants électroniques des serveurs figurent parmi les principales sources (indirectes) de GES.

La consommation électrique de ces installations n'interviendrait donc pas dans la comptabilité ? En réalité, il s'agit, dans une large mesure, d'une illusion. Google admet un surcroît de 37% par rapport à 2024… mais il ne se traduit que par un petit +2% d'émissions de GES. Cette apparence vertueuse est justifiée par le recours à des énergies renouvelables (qui ont tout de même aussi un impact)… et de la compensation sur les marchés du carbone, ce qui n'est qu'un pis-aller (sinon une mascarade).

Google Sustainability

Mais la situation va indubitablement continuer à s'aggraver car, entre les politiques désastreuses de l'administration américaine actuelle et les limites techniques de l'industrie de l'énergie, les nouveaux centres de données sont de plus en plus fréquemment alimentés par une électricité carbonée (en général à base de gaz naturel). Avec leur mise en service, les bilans environnementaux vont certainement prendre un coup de massue qu'aucune compensation ne pourra jamais dissimuler.

Les géants de la Silicon Valley veulent maintenant nous faire croire que l'IA, qui est responsable de l'essentiel de la catastrophe qui se profile, serait aussi sa solution. Mais ils n'ont aucune démonstration concrète à offrir et se contentent de vagues illustrations peu convaincantes, à l'instar de celles de Google affirmant que quelques-uns de ses produits (dont les thermostats NEST et la navigation routière), qui existaient avant l'IA, permettent d'éviter des millions de tonnes de CO2 rejetées dans l'atmosphère.

En vérité, leurs engagements d'autrefois sont en voie d'être rangés aux oubliettes… et advienne que pourra (à l'humanité). Le cynisme est désormais (à nouveau ?) la seule loi qui règne et le format du rapport environnemental de Google en fournit un aperçu presque caricatural, en consacrant plus de 80% de ses pages à la description de ses initiatives, plus ou moins sérieuses, et de ses ambitions, et en enfouissant soigneusement les données brutes de son diagnostic à la fin du document.

mercredi 18 février 2026

Les Google Glass bientôt de retour ?

Android
Séquence nostalgie (encore !). Une douzaine d'années après sa première tentative, qui s'est soldée par un retrait du marché, Google se lance à nouveau dans l'aventure des lunettes connectées, probablement sous la pression concurrentielle du partenariat conclu entre Meta et Ray-Ban. Les évolutions apportées à cette itération suffiront-elles cette fois à lui ouvrir les portes du succès ?

Il faut d'abord préciser que, pour l'instant, il n'est pas directement question pour le géant du web de produire et distribuer ses propres matériels. Seules sont proposées des recommandations de design pour les développeurs d'applications qui souhaiteront adapter à ces futurs appareils leurs solutions conçues pour le système Android XR. Elles s'accompagnent de divers indices sur les exigences que devront respecter les constructeurs, l'ensemble donnant une idée du mode de fonctionnement envisagé.

Deux versions de lunettes sont prises en charge, avec ou sans un écran privé, qui complète l'affichage superposé au champ de vision normal. Les composants d'interaction physique ne rompent pas avec les traditions et se limitent essentiellement à un interrupteur général et une petite surface sur une branche jouant un rôle de pavé tactile. De toutes manières, la première préconisation de Google est un pilotage multi-modal des logiciels, reposant largement sur les commandes vocales et par gestes.

En termes de fonctions natives, aucune révolution non plus : le principal attrait de ce genre d'équipement réside dans sa caméra et sa capacité à prendre des photos ou capturer des séquences vidéo. S'y ajoute tout au plus un accès direct à l'agent d'intelligence artificielle générative maison, Gemini, qui remplace le moteur de recherche historique et autorise une prise en compte du contexte de l'utilisateur (par exemple pour le guidage sur les trajets). Les développeurs tiers devront inventer le reste.

Google AI Glasses

À la découverte de ces caractéristiques, je ne peux manquer de remarquer une forte similarité avec les Google Glass d'antan. Peut-être les progrès techniques permettent-ils d'améliorer le confort de l'utilisateur, physique et visuel, indispensable alors que l'objectif affiché est d'encourager le port permanent. Mais il ne s'agit pas d'un bouleversement majeur, d'autant plus que des limitations physiques surprenantes subsistent (cf. le conseil de modérer le recours à certaines couleurs dans l'interface afin d'éviter la surchauffe). L'introduction de l'IA, mise aussi à la disposition des développeurs, constitue donc la seule véritable avancée par rapport à la première génération mais rien ne montre à ce stade qu'elle suscitera des usages disruptifs.

L'apparente réticence de la firme à créer son propre matériel donne l'impression que cette initiative est avant tout une réponse à un frémissement de l'industrie, dont elle espère mollement qu'elle trouvera maintenant son audience (justifiant son précédent échec par l'excuse d'avoir été en avance sur son temps). Indépendamment de l'exemple à ce jour peu concluant de Meta, les inconnues sont encore nombreuses avant de pouvoir valider l'hypothèse : il lui faudra convaincre des fabricants (ou se lancer) et des éditeurs capables de concevoir des applications incontournables, les uns attendant l'engagement des autres avant d'investir dans ce qui peut se révéler une impasse…

mardi 18 novembre 2025

L'IA de Google accompagne le shopping

Google
Après une série d'initiatives ponctuelles, parfois expérimentales, Google lance maintenant une vaste offensive afin d'introduire l'intelligence artificielle au cœur de l'expérience de shopping. Elle vise un objectif très précis : laisser le consommateur profiter de ce qui la rend agréable mais lui en épargner toutes les étapes fastidieuses.

Sont concernées quatre sources de friction principales des emplettes « plaisir », en ligne ou dans les boutiques : l'inspiration, la disponibilité, le meilleur prix et le paiement. Ce sont donc les sujets sur lesquels l'IA va désormais pouvoir intervenir.

Pour le premier, Google tente d'imaginer une nouvelle façon d'explorer les opportunités commerciales, que ce soit dans son moteur de recherche (avec l'option ad hoc activée) ou directement dans son application dédiée Gemini. La démarche d'achat devient conversationnelle, comme elle se déroulerait entre amis, et le moteur s'adapte au contexte pour, par exemple, présenter des photos quand elles sont plus explicites que des mots ou afficher un comparatif face à une hésitation entre plusieurs choix.

Une fois le produit rêvé repéré, pour ceux qui ne peuvent attendre et souhaitent trouver un magasin où ils pourront l'acquérir immédiatement, la technologie Duplex, aperçue jusqu'à maintenant dans des démonstrations, propose d'appeler automatiquement les commerçants de proximité de manière à déterminer où il sera disponible, sans perdre du temps à les contacter un par un et attendre leur réponse. Seules quelques catégories sont éligibles initialement aux États-Unis, jouets, santé, beauté, électronique.

Google AI Shopping

Vient ensuite le système de surveillance des prix, idéal pour quiconque tombe sur un article désiré mais le considère trop cher. Vous spécifiez l'objet en question, avec les précisions importantes (couleur, taille…), vous fixez le montant que vous êtes prêts à dépenser et vous recevrez une notification dès qu'il entre dans votre budget.

Dernière possibilité à l'issue de ce parcours, l'agent intelligent peut, si vous lui en donnez l'autorisation, réaliser la transaction pour votre compte sans plus vous solliciter, via votre porte-monnaie « digital » (de la marque, évidemment). Là encore, cette fonction n'est aujourd'hui disponible que pour les américains, sur quelques sites marchands.

De plus en plus, les géants du web s'approprient l'IA – qui n'était encore récemment qu'un gadget remplaçant un moteur de recherche par un chatbot – dans le but de transformer les expériences du quotidien. Ici, Google en applique les facultés multiformes à son « Shopping Graph » et ses 50 milliards de référence, et peut ainsi vraiment prétendre à un bouleversement des habitudes des consommateurs, avec des arguments de simplification et d'optimisation qui ont tout pour les séduire.

mardi 16 septembre 2025

Google lance un protocole de paiement pour l'IA

Google
Plus d'un quart de siècle après la naissance du e-commerce, les standards de paiement web ne se sont toujours pas imposés sur le marché, laissant place à des mécanismes qui certes fonctionnent mais ne sont pas optimaux. Les ténors de l'intelligence artificielle veulent éviter la même erreur, quitte à tomber dans la précipitation : Google dévoile donc un protocole de paiement pour agents intelligents.

Le géant du web revendique la paternité de la spécification, publiée sous licence libre, mais il n'a pas travaillé seul. Une soixantaine de partenaires ont contribué au chantier, parmi lesquels figurent naturellement, outre quelques-uns des acteurs mondiaux du commerce en ligne et diverses entreprises technologiques, tous les grands noms des paiements – American Express, Ant International, Checkout.com, Mastercard, PayPal, Union Pay, Worldline… – à l'exception notable de Visa, toutefois.

C'est que celle-ci n'est pas la première initiative dans ce domaine. Quelques pionniers ont notamment exploré la possibilité d'exploiter les travaux du W3C que j'évoquais en introduction. La nouvelle venue choisit cependant une approche différente. Ainsi, il n'est pas question d'adapter un modèle imaginé pour un contexte historique de transactions via internet mais d'inventer un système nativement conçu pour un futur monde piloté par l'IA, même s'il s'appuie sur les normes de fait existant dans cet univers.

Il est vrai que les scénarios dans lesquels une personne confie à son compagnon virtuel des tâches impliquant un règlement – composer un voyage complet pour un budget prédéterminé, acheter un ticket de concert dès l'ouverture des guichets… – créent des contraintes spécifiques. En conséquence, le protocole AP2 (Agent Payments Protocol) inclut des capacités de délégation d'autorisation, de contrôle d'authenticité et de responsabilité, assortis de fonctions de gestion de preuve à tous les niveaux.

Google – Protocole de Paiement Agentique

L'objectif recherché consiste à instiller la confiance chez toutes les parties prenantes : le fournisseur de l'agent intelligent, le marchand, l'intermédiaire de paiement et le client. Par exemple, la demande formulée par ce dernier constitue une intention dûment consignée, assortie de conditions dans le cas d'un mandat sans validation humaine, tandis que le vendeur fait signer une confirmation de commande, à l'utilisateur s'il est sollicité ou à l'agent s'il en a l'autorisation, dont il fournit alors tous les détails.

L'engouement universel autour de l'IA agentique et ses promesses de simplification des interactions avec toutes sortes de services rend inévitable la mise en place rapide de fonctions de paiement. On peut toutefois s'inquiéter d'une telle réactivité de l'industrie, alors que les risques de fraude s'avèrent extrêmement élevés avec les solutions disponibles aujourd'hui, ceux-ci n'étant (logiquement) pas pris en considération par le protocole proposé par Google, autrement qu'à travers l'assurance de savoir assigner sans ambiguïté la responsabilité des incidents à un des participants.

mardi 12 août 2025

Des paiements plus transparents avec Google

Google
Comme les autres géants technologiques, Google veut prendre une place en propre dans les paiements. Mais cela ne l'empêche pas, en parallèle, de continuer à enrichir les possibilités proposées avec les instruments traditionnels, carte en tête. L'introduction de nouvelles options dans son navigateur Chrome offre un cas intéressant.

Passons rapidement sur les informations additionnelles qui seront fournies aux internautes utilisant le moteur de recherche de l'entreprise ou son porte-monnaie en ligne lors de leurs interrogations sur les taux de change : dans un mode pour l'instant expérimental, les résultats habituels seront complétés par l'affichage direct des conditions – frais compris – pratiquées par quelques spécialistes tels que Ria et Wise. Un transfert pourra ensuite être exécuté sur ces plates-formes en quelques gestes.

La suite concerne la fonction de remplissage automatique des données de paiement incluse dans le navigateur web. Un premier ajout s'inscrit dans une tendance majeure, qui vient donc désormais s'immiscer au plus profond de l'expérience e-commerce : outre le choix d'un des supports préalablement enregistrés, le consommateur pourra également régler ses achats (éligibles) en plusieurs fois grâce aux solutions de BNPL d'un éventail de partenaires (Affirm et Zip initialement, Klarna et d'autres à venir).

Enfin, dernière évolution, particulièrement notable pour le marché américain (seul visé à ce stade), l'outil connaît maintenant les détails des programmes de récompense qui accompagnent plus de 100 cartes de crédit parmi les plus populaires. Ainsi armé, il devient capable d'afficher automatiquement, lors de la demande de sélection d'un moyen de paiement, les primes et autres avantages auxquels peut prétendre le porteur sur son achat en cours avec chacune de ses cartes, afin d'éclairer sa décision.

Paiement dans Chrome

L'approche devrait facilement séduire les consommateurs, qui n'hésitent pas à adopter de multiples cartes, en grande partie sur la base de leurs promesses d'économies et/ou de cadeaux, mais qui ne savent plus, au moment opportun, laquelle leur procurera le bénéfice optimal pour chaque transaction à finaliser, et se résolvent alors généralement à recourir à la plus familière d'entre elles, effaçant de la sorte toutes les opportunités qui les avaient conduit d'abord à accumuler une vaste collection dans leur portefeuille.

En revanche, les émetteurs seront peut-être moins enthousiastes, entre ceux qui profitent, par exemple en raison de leur notoriété, de l'effet de carte préférée à défaut de maîtriser toutes les caractéristiques des autres, et ceux qui vantent des avantages extravagants en comptant sur la mémoire courte de leurs clients pour en limiter le coût. Quoi qu'il en soit, Google donne ici une leçon magistrale sur la manière dont les outils modernes peuvent contribuer à mettre plus de transparence dans les actes du quotidien, avec une information contextuelle qui aide à prendre de meilleures décisions.

mardi 5 août 2025

Google régule sa consommation électrique

Google
Étant un des grands fournisseurs mondiaux de capacités d'intelligence artificielle, Google est confronté à l'immense problème de leur consommation énergétique. Fidèle à son habitude d'optimisation, la firme commence donc à déployer des mécanismes sophistiqués afin d'ajuster au mieux ses besoins aux contraintes de ses fournisseurs.

Le contexte le plus propice à la mise en œuvre de ce nouveau dispositif est celui de l'atteinte des limites de capacité à l'occasion de pics de consommation (par exemple en période de grand froid et son impact sur la demande de chauffage) : les centres de production informatique concernés, directement reliés aux systèmes des distributeurs d'électricité et donc informés en temps réel, sont alors configurés pour reporter ultérieurement l'exécution de tâches considérées comme moins prioritaires.

Le premier cas d'usage implémenté par Google, déjà activé trois fois dans une de ses installations aux États-Unis, concerne le traitement des vidéos téléchargées sur YouTube, mises en attente pendant que le moteur de recherche et le service de cartographie continuent à fonctionner au plus haut niveau de performance. Logiquement, des réflexions sont maintenant engagées pour décliner le principe sur les opérations d'apprentissage automatique et d'entrainement de l'IA, particulièrement gourmandes.

Google – Flexible Data Center

Les avantages d'une telle architecture sont multiples. Il s'agit d'abord de soulager la pression exercée sur les réseaux de transport, en offrant à leurs opérateurs une meilleure visibilité sur la consommation maximale possible, ce qui leur permet de mieux s'organiser – en termes de production ou de liaisons entre usines, notamment – et, en conséquence, d'accélérer le déploiement de raccordements supplémentaires.

Vient ensuite, naturellement, l'argument environnemental : les énergies renouvelables étant pour la plupart intermittentes, la faculté de choisir les moments d'une partie de la charge autorise non seulement de réduire le recours à des sources polluantes lors des pointes mais également, avec les « bons » paramètres de sélectionner les intervalles de temps durant lesquels les centrales solaires ou éoliennes tournent à plein régime. Le coût pourrait aussi entrer en ligne de compte, si les tarifs sont modulés au fil de l'eau.

Si, bien sûr, l'électricité la plus verte est celle qui n'est pas nécessaire, la tendance actuelle à l'explosion des besoins impose de rechercher des moyens d'en minimiser l'impact. Comme toujours, Google propose une idée qui mériterait d'être répliquée dans toutes les industries grandes utilisatrices d'informatique… dont les institutions financières. Elles pourraient ainsi commencer à réfléchir sur leurs fonctions réellement essentielles et envisager de piloter les autres selon les impératifs énergétiques.

samedi 14 juin 2025

Le contrôle d'âge devient une priorité

Google
Rien de tel que la pression réglementaire pour encourager des acteurs réticents à prendre des mesures sur un sujet aussi sensible que le contrôle de l'âge pour l'accès à certains produits et services. Et même si beaucoup ont encore tendance à reporter la responsabilité sur leur voisin, Google propose désormais une solution opérationnelle… tout en soulignant discrètement une incohérence du législateur européen.

Alors que, ici, les sanctions menacent désormais les sites pour adultes qui ne se conforment pas aux exigences de vérification de majorité pour tous leurs utilisateurs et que sont évoquées des interdictions d'accès aux réseaux sociaux au moins de 15 ans, la première réaction des entreprises concernées consiste à brandir l'argument de la non faisabilité… qui ne trompe personne : elles sont surtout inquiètes de perdre des revenus sur une population facile à conquérir, même quand elles prétendent l'écarter, ou, au mieux, elles ne veulent pas investir dans le déploiement des outils requis.

Cependant, comme la position adoptée dans l'Union Européenne, pionnière en la matière, semble inébranlable, les récriminations évoluent maintenant vers le renvoi de l'obligation de contrôle vers une autre entité, généralement désignée de manière assez floue. Quelques-uns suggèrent d'instaurer un mécanisme de protection dans le système d'exploitation des machines, d'autres, dont Meta (qui est particulièrement visée par Google), demandent qu'il soit placé dans les boutiques d'applications mobiles. Autant d'idées qui ne couvrent absolument pas l'ensemble des scénarios à considérer.

Google – Age Assurance Tool

Tous les géants du web s'inquiètent de leur exposition aux foudres (et aux lourdes amendes) des régulateurs, s'ils devaient endosser la responsabilité d'éventuelles infractions, qu'elles soient directement de leur fait ou non. Alors Google, comme quelques autres, prend les devants et offre donc aux développeurs d'applications pour son système Android un service prêt à l'emploi – sous la forme, classique dans ce domaine, d'une API – leur permettant d'invoquer les contrôles que leur impose la loi.

Estimant toutefois que son rôle n'inclut pas la vérification d'identité des porteurs de téléphone, l'interface se contente de transférer les requêtes vers les dispositifs existants, sa valeur résidant uniquement dans sa capacité à fournir un mécanisme universel et international à l'écosystème des éditeurs de logiciels. Initialement, la firme capitalise ainsi sur la publication par l'UE des spécifications d'interactions avec son futur portefeuille d'identité « digitale » (que j'ai précédemment couvert dans ces colonnes).

Le modèle se veut à l'état de l'art, notamment en termes de protection des données personnelles. Grâce à son approche « Zero-Knowledge Proof » (ZKP), le demandeur n'est autorisé à interroger que les informations sont il a strictement besoin. Par exemple, une app réservée aux individus majeurs se contentera de la réponse à la question « cet utilisateur a-t-il plus de 18 ans ? », sans obtenir sa date de naissance ni même son âge (ce qui est le cas, incidemment, avec la consultation d'une carte d'identité).

Petit problème… l'identité « digitale » européenne est encore à l'état embryonnaire, le projet accumulant des retards désastreux (comme je le craignais dès son annonce, au vu de son planning totalement irréaliste). Google n'insiste pas sur ce « détail » mais aura beau jeu de retourner la balle à la Commission Européenne si d'aventure celle-ci voulait lui chercher noise. Pour sa défense, il faut bien admettre que, en l'occurrence, les autorités paraissent prendre leurs décisions sans trop se préoccuper de cohérence…

lundi 26 mai 2025

Google ouvre un canal prioritaire contre la fraude

Google
Bien que, par rapport aux autres géants du web (Meta en tête), Google semble plutôt vertueux en matière de lutte contre la fraude financière, ses équipes renforcent encore leurs efforts, en mettant désormais en place un canal de signalement prioritaire pour les membres de FS-ISAC, l'association sectorielle pour la cybersécurité et la résilience.

L'initiative s'inscrit dans un dispositif plus global instauré par Google – le « Priority Flagger Program » – destiné à optimiser ses procédures d'identification, de dénonciation et de résolution des menaces affectant ses plates-formes, dont, plus spécifiquement, ses outils de bureautique (« Workspace ») et ses programmes publicitaires, qui constituent les cibles les plus fréquentes de malveillance au sein de son écosystème.

Pour sa branche dédiée au secteur financier, FS-ISAC se chargera de déployer et opérer un espace permettant à ses adhérents de transmettre les informations sur les fraudes et autres activités suspectes dont ils ont connaissance, de manière à engager une réponse appropriée aussi rapidement que possible, avant que les dégâts causés ne prennent de l'ampleur, pour une meilleure protection des institutions et de leurs clients.

Le service a d'abord été expérimenté dans le cadre d'un pilote, auquel participait un petit groupe d'établissements. Selon la communication officielle, durant les 10 premiers jours du test, 21 comptes ont été signalés par son intermédiaire, à partir desquels Google a pu repérer et désactiver presque 300 comptes aux comportements abusifs. Ces résultats concluants ont bien sûr contribué à la décision de le généraliser.

FS-ISAC + Google

Il ne faut évidemment pas être dupe de la manœuvre du leader de la recherche en ligne, qui est tout à fait conscient de son intérêt à coopérer avec l'industrie pour éviter de se retrouver en position d'être tenu responsable des dommages encourus par ses utilisateurs victimes de fraude émanant de ses applications, comme le réclament avec véhémence les plus grandes enseignes face aux réseaux sociaux. En faisant peser une partie de la charge (déclarative) sur les demandeurs, il espère s'en tirer à bon compte.

Toujours est-il que la méthode retenue démontre toute sa pertinence, entre le bénéfice du partage fluide d'informations entre différents acteurs de la chaîne de valeur et l'impact concret d'une réactivité maximale sur le fléau de la fraude. Car, aujourd'hui, une des principales faiblesses de la bataille menée contre la cybercriminalité réside justement dans la capacité de ses auteurs à opérer sur des périodes longues sans être inquiétés.

mercredi 19 mars 2025

Google Wallet disponible pour les enfants

Google
En 2025, les enfants possèdent assez tôt (trop tôt ?) leur propre téléphone et, les habitudes évoluant, ils sont de plus en plus nombreux à manipuler l'argent sous forme numérique, notamment avec des cartes conçues pour eux. À la croisée logique des deux tendances, Google leur propose désormais l'accès à son porte-monnaie mobile.

Déployée dans les semaines qui viennent, aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Australie, en Espagne et en Pologne (pour commencer ?), la nouvelle option permettra aux mineurs de profiter pleinement de l'ensemble des services de Google Wallet : pour les paiements bien sûr, mais également pour les cartes cadeaux et autres catégories de support prises en charge, telles que les programmes de fidélité, les billets de spectacle, les badges de bibliothèque, voire les titres de transports (pas explicitement cités)…

L'enregistrement d'une carte de débit ou de crédit se fait impérativement sous la supervision d'un parent ou tuteur (sans que soit précisé comment est validée l'autorité de l'adulte), qui conserve par la suite un droit de regard sur les usages de l'enfant. Chaque transaction lui est ainsi notifiée par courriel, en complément d'un tableau de bord de suivi des dépenses, dans son espace familial. Il dispose en outre de la faculté de révoquer l'instrument à tout moment ou d'en suspendre le fonctionnement.

Google Wallet for Kids

Particularité notable, pour laquelle Google ne fournit pas de justification, la carte virtuelle n'est utilisable que dans les boutiques physiques, excluant tout achat en ligne, y compris sur les propres plates-formes de l'entreprise. Soulignons par ailleurs que l'implémentation ne comprend aucun mécanisme de filtrage (par exemple le blocage dans certains commerces ou la mise en place de plafonds), comme il en existe souvent dans les solutions destinées aux jeunes. L'objectif est d'autoriser l'intégration de cartes dédiées à ce segment – sur lesquelles reposent alors la responsabilité d'offrir cette capacité – pas d'accepter une délégation sur celle d'un parent.

Bien qu'elle réponde à un besoin réel de sa cible, l'initiative de Google me semble rater une opportunité d'apporter aux enfants et aux adolescents les éléments d'éducation financière qui leur font tellement défaut de nos jours, en jouant entre autres sur la relation avec un proche instaurée dès le début pour encourager un accompagnement de proximité. Les banques qui souhaitent se positionner sur ce domaine se réjouiront d'éviter un puissant concurrent mais celles-ci étant rares, elle laisse une génération de futurs consommateurs se débrouiller avec un outil potentiellement dangereux.

vendredi 31 janvier 2025

Google appelle les entreprises pour vous

Google
Depuis sa première démonstration de prise de rendez-vous automatisée en 2020, Google a commencé à tester, l'année dernière, un agent virtuel qui patiente au téléphone pour le compte de son utilisateur humain. Celui-ci évolue maintenant avec la capacité d'interroger l'entreprise contactée sur ses services et ses horaires.

Toujours en mode expérimental, réservée aux internautes éligibles inscrits au programme Search Labs, la fonction « ask for me » (« demande pour moi ») concerne pour l'instant uniquement les salons de manucure et les garages automobiles. Concrètement, après une requête classique sur ces catégories d'activité (par exemple « où puis-je effectuer une vidange près de chez moi ? »), un bouton dédié apparaît dans la liste de résultats permettant d'obtenir rapidement plus d'information via un appel téléphonique, pris en charge de bout en bout par une intelligence artificielle.

La démarche s'avère prudente puisque, outre le périmètre limité à deux métiers, il faut d'abord sélectionner la question à poser aux commerçants suggérés au sein d'une liste prédéfinie, comprenant les principaux actes qu'ils sont à même de proposer, et préciser les créneaux horaires envisageables. Ce n'est qu'après avoir franchi cette étape que le robot va lancer sa campagne d'appels afin de recueillir les réponses correspondantes, qui seront finalement présentées au demandeur dans un format synthétique.

Alors que les nouveaux entrants de l’intelligence artificielle laissent planer une menace existentielle sur le leader incontesté de la recherche en ligne, Google réagit, entre autres, en introduisant une approche inédite de son cœur de métier qui consiste à enrichir les données dont dispose son moteur sur les PME, souvent partielles et/ou obsolètes, avec une option d’accès à la source intégrée de manière (plus ou moins) transparente dans un parcours bien connu – tenant du réflexe – des usagers du web.

Le scénario du client robot – sorte d’esclave numérique exécutant de façon autonome les tâches simples à la place des humains auprès de leurs fournisseurs – prend ainsi forme, pas à pas. Avec lui, se rapproche également la menace d’une submersion des professionnels par les sollicitations permanentes, éventuellement malveillantes, de logiciels infatigables. Si, dans un premier temps, des automates téléphoniques pourront aider à faire face, il sera probablement nécessaire, à terme, pour plus d’efficacité, de mettre en place un canal d’interaction spécifique aux agents intelligents…

Google Search Labs

mardi 8 octobre 2024

Google distribue aussi du crédit (en Inde)

Google
La nouvelle solution de prêts gagés sur l'or de Google Pay en Inde, issue d'une collaboration avec le spécialiste local Muthoot Finance, révèle simultanément l'intérêt persistant du géant de l'internet pour les services financiers et, à travers la stratégie qu'il met en œuvre sur le long terme, un peu de ses véritables ambitions en la matière.

Bien que des progrès considérables aient été enregistrés depuis quelques années, entre autres grâce à l'initiative de paiement universelle (UPI) pour le droit à un compte basique, l'exclusion financière continue à affecter une immense majorité de la population indienne : le recours au crédit « classique », en particulier, reste réservé aux privilégiés qui ont réussi à qualifier leur profil auprès des agences de notation.

À tous les autres, Google propose donc une alternative. Connaissant la passion, d'ordre culturel, des habitants du sous-continent pour l'or, dont même les plus pauvres accumulent quelques fragments au cours de leur vie, l'entreprise offre, depuis son porte-monnaie mobile, des prêts garantis par le métal précieux, ceux-ci étant effectivement gérés, d'un point de vue des flux et de la logistique, par son partenaire.

Outre le soutien immédiat que ce crédit, en général d'un montant modeste, est susceptible d'apporter aux emprunteurs, la démarche se veut également vertueuse en leur procurant une première occasion d'être identifiés et reconnus par les acteurs du scoring. Ils peuvent de la sorte franchir le premier obstacle de l'inclusion et espérer devenir éligibles aux financements traditionnels (aussi disponibles via Google Pay).

La tactique est limpide. Il s'agit de prendre pied dans un marché où les besoins sont gigantesques (à l'échelle du pays le plus peuplé du monde), où les produits existants ne sont pas facilement accessibles ou manquent de notoriété (par exemple ceux de Muthoot Finance), en capitalisant sur la réputation acquise (et la prééminence de Google Pay, en l'occurrence) afin de s'imposer comme intermédiaire incontournable.

Voilà une nouvelle illustration de la vision globale que Google porte sur le secteur financier. Il n'est guère question de développer des solutions en propre mais plutôt de rechercher les opportunités les plus significatives, en appréhendant les spécificités de chaque région, et de cultiver les collaborations adéquates en vue de se positionner très vite comme un distributeur de premier plan, nettement démarqué de la concurrence.

Google for India

mercredi 3 juillet 2024

L'IA, protectrice ou ruine du climat ?

Google
Depuis plusieurs années, Google prend sa responsabilité environnementale au sérieux et son nouveau rapport annuel [PDF] consacré au sujet en fournit encore une preuve difficilement contestable. Pourtant les grandes tendances qui se dégagent au fil de ses pages ont de quoi inquiéter pour l'avenir de la planète… bien que le géant du web s'efforce désespérément de rassurer ses lecteurs.

Fidèle à ses convictions historiques, l'entreprise poursuit ses efforts afin de concourir à la réduction des impacts des activités humaines sur le monde qui nous entoure, dans toutes ses dimensions (ce qui la distingue de bien d'autres opérateurs), par exemple à travers la conception de services contribuant à la lutte contre le réchauffement (tels que les système d'alerte aux catastrophes naturelles) et ses préoccupations concrètes vis-à-vis de la biodiversité ou de sa consommation d'eau (trop souvent oubliée).

Malheureusement, dans son cœur de métier, les nouvelles sont mauvaises. Ainsi, en dépit de ses investissements constants dans la production d'énergie renouvelable, son objectif d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2030 est désormais présenté comme probablement difficile à atteindre et ses estimations d'émissions de gaz à effet de serre expliquent clairement pourquoi, avec une hausse de 66% depuis 2020, dont 13% au cours des 12 derniers mois, pour atteindre 14,3 millions de tonnes d'équivalent CO2.

La principale cause de cette augmentation continue depuis 4 ans se situe dans le « Scope 2 » du référentiel international, à savoir, en l'occurrence, la consommation d'énergie des centres de données de Google qui a crû de 37% en 2023. Comme le souligne TechCrunch, les responsables évitent soigneusement d'entrer dans des détails quantifiés mais, selon toute vraisemblance, le développement de l'intelligence artificielle et de ses applications est au premier rang sur le banc des accusés.

Rapport Environnemental Google 2024

Le constat est d'autant plus alarmant que, au détour d'une tentative de minimisation de sa contribution à l'équilibre général (p. 12 pour qui veut vérifier), on découvre que les infrastructures de Google absorberaient environ 1‰ de l'électricité mondiale ! Une seule firme, parmi les dizaines qui s'engouffrent dans les promesses de l'IA, dont la plupart ne s'inquiètent guère de leur empreinte carbone, engloutit 1 MWh sur 1000 MWh produits sur Terre, avec toutes les conséquences que cela implique, dont l'impossibilité manifeste de les verdir à court terme. Et ce n'est que le début !

Naturellement, Google vante les opportunités d'optimisation environnementale que crée l'intelligence artificielle et qu'elle exploite déjà, évoquant notamment un potentiel d'action (à défaut de réduction ?) sur 5 à 10% des émissions de gaz à effet de serre globales. Cependant, avec ces deux parties de l'équation qui convergent dangereusement, il va falloir s'interroger en conscience sur chaque initiative engagée. Les analyses de retour sur investissement des projets d'IA, surtout à vocation climatique, devront impérativement intégrer les effets néfastes des technologies mises en œuvre.

dimanche 21 avril 2024

Google s'attaque aux catastrophes naturelles

Alphabet X
À la convergence de ses expertises incontestables en matière de cartographie et d'intelligence artificielle, Alphabet (Google) développe activement, dans le cadre de sa division X dédiée à ses projets les plus ambitieux, des solutions avancées de prédiction et d'aide à la remédiation des catastrophes naturelles et de leurs impacts.

Quelles que soient les actions entreprises maintenant en vue de le limiter à terme, le réchauffement climatique est désormais une certitude, tout comme ses conséquences, dont notamment l'augmentation dramatique inéluctable du nombre de phénomènes dangereux, constatée presque quotidiennement partout autour de la planète. En parallèle des efforts environnementaux, l'humanité à donc besoin, en urgence, de moyens de contrôler ces épisodes qui menacent des populations entières.

L'initiative Bellwether prend donc ce problème à bras-le-corps, sous deux angles complémentaires. D'abord focalisée sur les deux catégories de sinistres les plus fréquents et les plus dévastateurs que sont les incendies et les inondations, elle élabore en amont des modèles prédictifs capables de déterminer la probabilité de survenue d'un événement sur une longue période (jusqu'à 5 ans), tandis que, en aval, elle conçoit des outils destinés à identifier rapidement les dommages et où concentrer les secours.

L'approche retenue s'avère extrêmement sophistiquée, basée principalement sur l'accumulation de photographies aériennes et combinant, entre autres, une analyse de l'évolution dans la durée de la surface de la terre, à la fois dans sa dimension naturelle et à travers ses constructions, avec un recensement des éléments surveillés (par exemple les catégories d'essence végétale, les types de bâtiment, les vents dominants…) permettant d'évaluer aussi finement que possible les risques à appréhender.

Alphabet X – Betllwether

La mission que se donne l'équipe de Bellwether est également double. D'une part, il s'agit d'offrir aux parties prenantes – citoyens, organismes publics, entreprises privées (dont, évidemment, les assurances)… – de la visibilité et de la transparence sur leurs niveaux d'exposition, grâce auxquelles elles sont en mesure d'anticiper les cataclysmes et, donc, de s'y préparer, voire de s'en prémunir, avec beaucoup plus d'efficacité.

Puis le deuxième volet entre en jeu quand arrive le pire : il faut réagir vite et en priorité là où c'est le plus important afin de limiter les dégâts (matériels et humains), ce que la plate-forme aide à qualifier immédiatement. La Garde Nationale américaine a ainsi adopté le système, avec lequel elle ne perd plus, comme aujourd'hui, des heures à chercher, manuellement, les cartes les plus appropriées de la zone affectée et à repérer les points sensibles où elle doit intervenir pour optimiser ses opérations.

Parce que le dérèglement climatique est déjà enclenché, parce que rien ne permettra de l'infléchir avant des décennies et parce que ses effets sur nos vies et nos activités vont devenir de plus en plus écrasants, la mise au point de solutions de prévention et d'assistance, telles que celles d'Alphabet X, devient aussi critique que les démarches de protection de l'environnement et de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Voilà un nouveau chantier à engager… notamment par le secteur de l'assurance.

lundi 26 février 2024

Ce robot qui appelle le support pour vous

Google
En dépit de la prolifération des chatbots, plus ou moins intelligents, nombre de circonstances de la vie courante nous contraignent toujours à interagir avec de vraies personnes. Google déborde d'imagination afin de simplifier ces échanges, pour une prise de rendez-vous, depuis quelque temps, ou, dorénavant, pour contacter un service client.

Cette dernière fonction – pour l'instant expérimentée auprès des utilisateurs inscrits aux Search Labs de la firme et disponible pour une trentaine d'enseignes du transport aérien, des télécoms, du commerce de détail, de l'assurance (Esurance et StateFarm)… – consiste à proposer à l'internaute qui recherche les coordonnées d'un centre de support d'initier l'appel pour son compte et d'assumer (automatiquement, bien sûr) toutes les étapes préliminaires jusqu'à la connexion avec un opérateur humain.

Certes, quelques (rares) marques, particulièrement attentives au confort de leurs clients, offrent déjà la faculté de demander à être appelé, parfois même avec le choix de créneau horaire. Avec l'option « talk to a live representative », celle-ci pourrait être généralisée à toutes les entreprises : vous indiquez le motif de votre demande et votre numéro de téléphone, vous raccrochez puis vous attendez – avec un suivi du temps d'attente actualisé par SMS – la mise en ligne, dès qu'un conseiller décroche. Votre seule obligation est de vous tenir prêt à répondre au téléphone à ce moment-là.

Google Search Labs

Voilà une autre incarnation du client robot cher à Gartner, capable de prendre la place de son « maître » dans les circonstances pénibles ou délicates, de manière à lui faciliter l'existence. Et il ne fait guère de doute que cette première itération évoluera : s'il n'est aujourd'hui question que d'éviter la navigation dans les menus du système et l'attente avant d'obtenir un interlocuteur, il deviendra un jour possible d'expliquer à un assistant virtuel le problème rencontré et de le laisser s'en débrouiller avec le fournisseur. En quelque sorte l'inversion du modèle du chatbot, au bénéfice du consommateur !

Dans la lignée des exemples précédents de cette tendance qui prend décidément de l'ampleur, les organisations qui n'offrent pas une expérience utilisateur optimale et, par exemple, négligent la qualité de service dans leurs centres de contact seront les plus exposées à la transformation qui s'annonce. Rien n'arrêtera plus le flot d'insatisfaction et de mécontentement, qui finira par les submerger totalement. Il faut donc anticiper et corriger les déficiences (généralement bien connues) dès maintenant.

samedi 1 avril 2023

Une autre raison de moderniser les logiciels

Android
Une publication à vocation légèrement propagandiste de Google, vantant les mérites de ses outils de développement maison, nous procure aujourd'hui l'occasion d'évoquer une raison trop souvent négligée de moderniser les logiciels qui s'accumulent dans les systèmes d'information des grands groupes, du secteur financier ou autre.

L'exemple provient de Mercari, une place de marché généraliste japonaise, qui a entièrement réécrit les interfaces graphiques de son application mobile pour la plate-forme Android (vieilles de 7 ans et comprenant plus de 130 écrans) avec le kit de développement de dernière génération Jetpack Compose. Elle a pu de la sorte réduire son volume de code de 355 000 lignes, ce qui représente plus des deux tiers (69%) de l'ancienne version, en améliorant au passage l'ergonomie, la rapidité d'exécution…

Les arguments classiques destinés à justifier les programmes de refonte de grande ampleur relèvent habituellement de ces dernières considérations, en invoquant les progrès technologiques au bénéfice de services enrichis et plus performants pour les utilisateurs. Dans le cas des entreprises, telles que les banques et les compagnies d'assurance, qui entretiennent un patrimoine âgé de plusieurs décennies, l'obsolescence des plates-formes sous-jacentes est également un puissant levier de décision.

L'expérience de Mercari en souligne donc un autre, aussi sensible, que je résume à la capacité à garder le contrôle sur un actif en expansion permanente et irrémédiablement soumis aux lois de l'entropie. Deux effets complémentaires se combinent afin de résorber les empilements de code aux conséquences délétères (dérivées de la complexité croissante à en appréhender une vision globale et à en comprendre le fonctionnement, exigences essentielles pour une gestion efficace de la maintenance et des évolutions).

En premier lieu, un remplacement complet de l'existant, y compris s'il se contentait d'une réplique à l'identique, permet d'éradiquer les vestiges des ajouts et remaniements partiels historiques, de rationaliser l'architecture de l'ensemble et de repartir d'une base « propre ». Peut-être moins évidente mais encore plus percutante est la simplification radicale que peut apporter un outillage récent, grâce à une abstraction toujours plus élevée, autorisant la création d'une même opération avec moins d'instructions.

Entre une structure générale plus claire et un code beaucoup plus sobre, les développeurs, notamment ceux qui interviennent ultérieurement, gagnent en lisibilité, surtout dans l'hypothèse d'adoption d'une approche qui, à l’instar de Jetpack Compose, privilégie un modèle déclaratif par rapport à la programmation, et peuvent ainsi mieux détecter les erreurs présentes et éviter d'en introduire d'autres. La qualité des livraisons comme la productivité s'en ressentent immédiatement, comme le confirme Mercari.

Naturellement, la médaille a son revers, à savoir la dépendance grandissante vis-à-vis des fournisseurs de ces solutions. Car les services de haut niveau qu'ils proposent embarquent nécessairement la complexité qu'ils masquent à leurs utilisateurs et ils sont exposés aux dysfonctionnements comme les autres. En revanche, leur exploitation dans de nombreux contextes, par une vaste population de professionnels, limite en principe ces risques… en tous cas pour les éditeurs les plus sérieux et les plus populaires.

La conservation de logiciels pendant des durées excessives constitue une cause majeure d'immobilisme, en particulier dans les grandes organisations, et les tentatives de « digitalisation » poussives qui s'appuient sur de tels socles en fournissent la preuve chaque jour. Afin d'éliminer ce goulet d'étranglement de l'innovation, il serait indispensable de fixer une date de péremption sur chaque composant, dès sa conception, et d'inscrire dès l'origine les modalités de décomissionnement dans le plan du projet correspondant.

Mercari reduces code by 69%

lundi 20 mars 2023

Déstabilisé par ChatGPT, Google ?

Google
Le lancement public de l'application ChatGPT, rapidement suivi de son adoption inconditionnelle par Microsoft, a fait dire à de nombreux observateurs que Google avait raté le coche de l'intelligence artificielle générative et était en passe d'être distancé. Ses dernières annonces, qui éclairent sa stratégie, devraient remettre les pendules à l'heure.

Derrière son indiscutable succès populaire et médiatique, ChatGPT est aujourd'hui essentiellement un outil de démonstration pour la technologie d'OpenAI… qui ne semble pas si simple à déployer pour ses clients potentiels, ainsi que l'ont démontrés les hésitations et autres déboires rencontrés par Microsoft lors de son intégration, certes hâtive, au sein du moteur de recherche Bing. De là à imaginer que la solution n'a pas véritablement atteint la maturité commerciale et industrielle, il n'y a qu'un pas…

À l'inverse, Google, qui s'est peut-être laissé surprendre par cet empressement à la mise sur le marché, ne place apparemment pas ses priorités sur les applications à destination du grand public (bien que quelques soupçons d'IA aient été introduits dans sa suite de productivité Workspace) et préfère focaliser ses efforts sur des usages professionnels, seuls susceptibles de susciter une nouvelle ligne métier (et des revenus non publicitaires), à ce genre d'opérations qui, en pratique, relève exclusivement du marketing.

En l'occurrence, il ne lui aura pas fallu longtemps pour réagir au semblant de menace concurrentielle, en prenant une approche immédiatement opérationnelle du sujet, même si les grandes nouveautés dévoilées sont pour l'instant réservées à l'élite nord-américaine des clients de l'infonuagique de Google. Il est en effet question ici d'une batterie de produits permettant aux entreprises – et à leurs équipes informatiques – de facilement mettre en œuvre ses capacités d'IA générative dans leurs propres logiciels.

Google – The Next Generation of AI for Developers

Une première partie consiste à embarquer, entre autres, le modèle de langage PaLM, dont les caractéristiques n'ont définitivement rien à envier à son équivalent (GPT), dans sa plate-forme existante de développement d'applications d'apprentissage automatique Vertex AI. En complément, un service de conception visuelle de chatbots et d'assistants virtuels est également proposé aux utilisateurs, qui pourront de la sorte assembler leurs interfaces conversationnelles en quelques minutes à quelques heures.

La deuxième partie consiste en l'exposition du même modèle sous forme d'API, prêtes à intégrer dans les systèmes d'information des organisations clientes. Elles s'accompagnent en outre d'un outil de prototypage adapté, MakerSuite, grâce auquel il est possible de tester ses facultés de manière intuitive, sans perdre de temps. Le plus intéressant est que l'ensemble de ces dispositifs, API (bientôt) comprises, autorisent aussi la personnalisation des algorithmes, notamment par l'injection de données spécifiques d'entraînement.

Ceux qui, impressionnés par les paillettes de ChatGPT, pensaient que Google avait pris du retard seront probablement surpris d'apprendre que ces innovations sont déjà exploitées par quelques grandes enseignes telles que Toyota et Deutsche Bank. Et, encore une fois, le géant du web démontre ses qualités de visionnaire en assumant que la réalisation du potentiel de transformation de l'IA générative passera d'abord par les créateurs de solutions (une idée que Microsoft a oublié de sa lointaine jeunesse).

mercredi 4 janvier 2023

Même chez Google, l'innovation s'étiole

Google
Quand Google présente une retrospective de 22 produits lancés en 2022, dont on peut légitimement supposer que ce sont ceux dont ses équipes sont les plus fières, il faut hélas se rendre à l'évidence : l'innovation de rupture a largement disparu. Assistons-nous là à un phénomène local ou est-ce le reflet d'une morosité généralisée ?

En fait, le palmarès du géant du web est tellement pauvre qu'il ne comprend qu'une seule véritable nouveauté, et encore, la Pixel Watch n'est qu'une montre connectée supplémentaire, dans un marché qu'Apple occupe depuis 7 ans, avec quelques autres (y compris au sein de l'écosystème logiciel de Google), et qui semble plutôt en voie d'essoufflement ces derniers temps. Pour le reste, il faut se contenter de quelques mises à jour, dont beaucoup ne méritent pas le qualificatif d'innovation, même incrémentale.

Outre la version 13 du système d'exploitation Android, une gamme rafraîchie de téléphones Pixel (7 et 7 Pro) capture à elle seule 5 places sur le podium, pour l'appareil et les améliorations qui l'accompagnent (notamment sur le volet photographique). Une trajectoire similaire d'évolution marginale touche également le reste de la gamme de matériels : écouteurs (Pixel Bud), sonnette vidéo (Nest Doorbell), interface vidéo (Chromecast), routeur WiFi (Nest WiFi), suivi d'activité (Fitbit)… Rien de palpitant.

Côté applications, le constat est identique, voire encore plus triste, tellement la plupart des changements apportés laissent indifférents : un design rajeuni pour la messagerie Gmail, quelques options additionnelles sur les outils de cartographie, des capacités mineures ajoutées à la suite de gestion de documents, aux albums photographiques, au moteur de recherche… et une énième itération sur le porte-monnaie Google Wallet… qui l'amène tout juste au niveau de son concurrent Apple Pay, avec des années de retard.

Google in 2022

Avec un tel catalogue, c'est à se demander pourquoi les communicants prennent la peine de publier un article. La seule conclusion à tirer de cette synthèse est que la créativité est sérieusement en berne dans une entreprise qui nous a pourtant habitués à tirer le reste de l'industrie. Apparemment, les budgets de recherche et développement n'ont pas été coupés et des idées révolutionnaires continuent à être explorées. En revanche, la transformation des concepts en produits à commercialiser paraît en panne.

Et la situation n'est guère meilleure dans le reste du club des GAFA. Amazon tente probablement de maintenir ses positions après la surperformance enregistrée grâce à la crise sanitaire, Facebook se débat dans sa mue vers le métavers, qui ressemble de plus en plus à une erreur stratégique (ou une vision prématurée, pour adopter une perspective optimiste) et Apple est surtout préoccupée par des difficultés logistiques. Au-delà de ces leaders traditionnels, le monde technologique dans son ensemble est resté fort sage.

Ce passage à vide, qui se pressent depuis plusieurs mois, ne constitue pas nécessairement une anomalie et n'est certainement pas inquiétant. Chaque cycle important d'innovation, dont celui que nous avons connu depuis une quinzaine d'années, s'achève toujours par une période de stabilisation et de consolidation. La chance, si j'ose dire, que nous avons aujourd'hui est que l'apparition de nouveaux défis vitaux, entre autres autour de l'environnement, devrait stimuler rapidement la prochaine vague.

mercredi 21 décembre 2022

Google se met au paiement délégué

Google
Naturellement désireuse de satisfaire l'appétit inépuisable des plus jeunes pour l'infinité de contenus « digitaux » qu'elle distribue sur sa place de marché électronique, Google propose désormais aux familles une option de paiement supplémentaire qui devrait leur permettre de mieux contrôler les achats de leur progéniture, en toute simplicité.

Bien entendu, le géant américain n'a pas attendu aujourd'hui pour procurer une solution aux enfants qui demandent un minimum d'autonomie dans leur emplettes en ligne. Cependant, la seule méthode disponible jusqu'à maintenant, classique dans sa catégorie, consistait pour un adulte à partager le moyen de paiement enregistré sur son profil avec l'ensemble du cercle familial associé, incluant une capacité d'approbation des dépenses des moins de 13 ans. Et ce principe ne convient pas à toutes les situations.

Dans le cas de parents réticents à mettre en commun leur compte ou bien qui souhaitent continuer à maîtriser les risques de leurs adolescents plus âgés, par exemple, l'alternative passe par une sorte de délégation : les membres de leur groupe qui n'ont pas directement accès à un instrument de paiement sur Google Play, individuel ou collectif, donc principalement les mineurs, peuvent, d'un geste, demander au responsable de valider leur commande (un peu comme ils le feraient dans une boutique physique).

Google – Family Link

La requête est transmise en temps réel, sous la forme d'une notification mobile. Le destinataire peut alors, évidemment, la refuser ou l'accepter et, dans cette dernière hypothèse, il va lui-même finaliser la transaction, avec son compte personnel (qui ainsi le reste) et le mode de règlement de son choix. Si la réponse se fait attendre, la sollicitation est également placée dans une file d'attente pour traitement ultérieur (peut-être à l'occasion d'une discussion au fond des yeux sur les questions d'argent…).

L'approche de Google rappelle singulièrement celle qu'avait déployée l'enseigne de prêt-à-porter pour adolescentes Jennyfer il y a deux ans. À vrai dire, il est très surprenant que l'idée n'ait pas émergé plus tôt et, encore plus, que, au vu des frictions existantes dans les parcours utilisateur, elle ne se répande pas comme une trainée de poudre dans tous les secteurs de vente à distance dont la jeunesse constitue une part importante de la clientèle cible (bien que leurs parents s'en portent certainement mieux).

dimanche 6 novembre 2022

L'IA aidera à gérer la crise climatique

Google
À l'heure où s'ouvre la COP 27, le changement climatique est devenu une évidence dont il faut donc désormais tenter de limiter à la fois l'extension excessive et les effets néfastes. Sur ce dernier plan, et plus spécifiquement dans le registre de la prévention, plusieurs initiatives de Google illustrent les opportunités qu'offrent les technologies modernes.

Les phénomènes météorologiques extrêmes provoquent des catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes, dont l'anticipation et la surveillance minutieuse s'avèrent critiques afin d'assurer la sécurité des populations et des biens. Par l'intermédiaire de sa structure de recherche dédiée aux réponses aux crises, Google propose des solutions au grand public et aux agences gouvernementales dans les trois principales catégories de fléaux qui menacent les territoires : les inondations, les incendies et les tempêtes.

En ce qui concerne les premières, des millions d'alertes sont émises dans les outils de recherche et de cartographie du géant internet (115 millions en 2021), informant leurs visiteurs de nombreux pays (en Afrique, en Asie du Sud-Est, en Amérique du Sud) des dangers qu'ils encourent et les encourageant à prendre les précautions nécessaires avant qu'ils ne se manifestent. Depuis peu, sa plate-forme FloodHub fournit en outre une visualisation géographique précise de l'élévation prévue du niveau des rivières.

Pour les feux et les ouragans, outre le relais sur ses sites des prévisions et des annonces communiquées par les autorités, Google met en œuvre (essentiellement en Amérique du Nord, pour l'instant) ses modèles d'apprentissage automatique sur l'imagerie satellite dans le but d'identifier les zones touchées, pendant et après l'événement, partagées en temps réel pour optimiser le travail des équipes de secours. Les efforts portent aussi sur d'autres domaines, tels que les nuées de criquets sur les cultures.

Google AI Climate

Bien entendu, ces capacités analytiques représentent une aubaine pour les institutions financières. À deux extrémités de l'échelle des entreprises, Google cite ainsi le cas d'OKO, qui fournit aux petits exploitants agricoles africains une micro-assurance sur leur récolte assise sur son suivi météorologique, et de la canadienne BMO, qui cherche à intégrer une meilleure connaissance du climat dans son pilotage des risques (en collaboration avec ses clients) comme dans sa stratégie environnementale.

Qu'il s'agisse de conclure un partenariat avec la firme américaine, et profiter de la sorte de l'avance considérable qu'elle a déjà acquise sur le terrain, ou de développer une expertise interne, qui sera probablement nécessaire dans les régions non couvertes à ce jour, les banques et les compagnies d'assurance ont le devoir, à court terme, autant pour leurs clients que pour leurs actionnaires (et leur survie), de prendre en compte les impacts du réchauffement sur leurs métiers. Si elles tardent trop, ce sera une nouvelle brèche ouverte pour l'installation d'une concurrence mieux armée en la matière.