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samedi 8 août 2026

Un mode enfant pour Google Wallet

Google Wallet
À l'approche de la rentrée scolaire, Google introduit un mode « enfant » pour son porte-monnaie virtuel, comprenant (évidemment) les indispensables options de contrôle parental, adaptables selon les préférences des adultes et l'âge de leur progéniture. Les offres des banques dédiées aux mineurs perdent rapidement de leur utilité…

En effet, avec cette nouvelle facilité (disponible uniquement aux États-Unis à ce stade et sans aucune information sur son éventuelle extension à d'autres marchés), il devient superflu d'ouvrir un compte de paiement pour les moins de 18 ans. Grâce à la généralisation des règlements sans contact, autant dans leur acceptation par les commerçants que dans leur adoption par les consommateurs, la possession d'un porte-monnaie mobile suffit largement à satisfaire tous les besoins de la vie courante.

La déclinaison de Google reprend naturellement les caractéristiques habituelles de cette catégorie de solutions, maintenant stabilisées depuis plus d'une dizaine d'années. En premier lieu, les parents peuvent donc ouvrir un compte virtuel pour leur enfant à la demande et le provisionner à leur convenance, depuis leur propre porte-monnaie électronique. La possibilité de versements récurrents, par exemple pour l'argent de poche classique, n'est pas disponible pour l'instant mais est promise à court terme.

Google Wallet for Kids

Une fois la mise en place réalisée, le responsable garde en permanence une certaine maîtrise sur les usages de l'argent ainsi alloué. Il peut notamment définir un plafond de dépense quotidien et, en cas de suspicion de perte ou de vol, il dispose d'un verrou instantané, bloquant toute transaction ultérieure. S'il s'inquiète de l'évolution du solde du compte, il est aussi en mesure de mettre le système en pause à tout moment. Enfin, il peut aussi choisir de recevoir une notification lors de chaque achat effectué.

Avec ce service, Google rattrape son retard sur Apple, établissant de la sorte le « wallet » pour mineur comme une fonction standard du paiement mobile. Elle se positionne d'emblée en concurrence des produits spécialisés, qu'ils soient fournis par des nouveaux entrants ou par des établissements traditionnels (pour qui ils représentent souvent un instrument de capture précoce de leur clientèle). Certes, ces derniers sont en principe plus sophistiqués, entre autres à travers des moyens de contrôles plus fins ou des capacités d'éducation financière formelles : les acteurs concernés vont désormais devoir mettre l'accent sur cette différenciation s'ils ne veulent pas être submergés.

jeudi 23 juillet 2026

Bizum défie les réseaux américains

Bizum
Beaucoup l'ont promis, parfois depuis des années, l'espagnole Bizum est la première à le concrétiser à grande échelle : son tout nouveau porte-monnaie virtuel autorise désormais les paiements sans contact de proximité par virement interbancaire instantané, en totale indépendance des grands réseaux américains Visa et Mastercard.

Voilà enfin la grande avancée attendue pour la souveraineté européenne des paiements. Avec Bizum Pay, disponible sur les App Stores depuis le milieu du mois, quelques 32 millions de consommateurs espagnols peuvent sélectionner une option 100% locale pour leurs règlements en magasin, sans rien changer à leurs habitudes : double appui sur le bouton latéral sur iPhone ou déverrouillage du téléphone s'il est équipé du système Android avant d'approcher l'appareil du terminal d'encaissement.

Le seul préalable consistera pour l'utilisateur à configurer la nouvelle application par défaut pour ses paiements. Certes, tous les commerçants ne sont pas encore prêts à accepter le nouveau modèle… mais Bizum affirme que, d'emblée, 60% de leurs équipements sont d'ores et déjà compatibles et, pour ceux qui auraient tardé à s'enrôler, il leur suffit de contacter leur fournisseur afin de l'activer, à distance, avec un avenant à leur contrat existant (je suppose). Aucun changement de matériel n'est nécessaire.

Cette limitation aura toutefois un impact limité sur l'adoption, puisque, même si elle privilégie les transferts directs de banque à banque, l'application Bizum Pay supporte aussi l'intégration des cartes classiques émises par tous les établissements partenaires. Outre la liberté laissée ainsi à chacun de choisir son instrument préféré à tout moment, dans les boutiques n'ayant pas effectué la transition, les opérations exploiteront donc les « rails » historiques, avec un minimum de friction pour le client.

Bizum Pay NFC

Le consortium est parfaitement conscient de l'impératif, pour espérer réussir à prendre la place des leaders américains, de déployer une solution qui couvre tous les usages d'un porte-monnaie mobile moderne. Ce n'est pas entièrement le cas aujourd'hui mais les extensions requises sont prévues avec, entre autres, l'introduction prochaine des règlements en ligne (le service Bizum d'origine proposant sa propre déclinaison) ou la prise en charge des programmes de fidélité, de billets de transport ou de spectacle…

Les réglementations de l'UE qui ont successivement instauré le mécanisme de virement instantané et imposé l'ouverture de la technologie sans contact sur les iPhones d'Apple avaient préparé le terrain. La matérialisation de la promesse sous-jacente a pris du temps mais Bizum Pay semble démontrer brillamment sa faisabilité. La voie est dorénavant ouverte (en particulier pour Wero) à la généralisation d'un système de paiement souverain transeuropéen sans compromis sur l'expérience utilisateur.

Légèrement hors sujet, je suis curieux de voir si l'Amérique de Donald Trump réagira à cette nouvelle menace contre ses géants Visa et Mastercard, émanant de surcroît d'un pays avec qui ses relations sont actuellement en froid, de la même manière qu'elle l'a fait avec le Brésil et son système Pix (soutenu par le gouvernement, il est vrai)…

dimanche 5 juillet 2026

Le Crédit Agricole s'attaque à Apple Pay

Crédit Agricole
Deux ans après que la Commission Européenne ait contraint Apple à ouvrir sa technologie sans contact, le Crédit Agricole devient la première banque française à saisir l'opportunité pour proposer sa propre solution de paiement sur iPhone. Hélas, sans surprise, ses limitations en font une concurrente peu convaincante d'Apple Pay.

Un petit rappel historique n'est pas inutile pour comprendre le côté piquant de l'aventure. Lors de son lancement, en 2014, le porte-monnaie mobile de la marque à la pomme était massivement décrié par les banques en raison des commissions exigées par le constructeur pour « accepter » de les enrôler. Après qu'elles aient fini par se soumettre à ces conditions, elles ont toujours dénoncé son monopole sur le composant technique de communication autorisant les paiements, qui leur interdisait de créer une offre alternative, et auquel les autorités européennes ont donc mis fin en 2024.

Or, depuis cette « victoire » et jusqu'à cette initiative du Crédit Agricole, aucun établissement de l'hexagone n'a développé un service susceptible de se substituer à Apple Pay, alors que des initiatives ont émergé ici et là dans le reste du continent, démontrant sa faisabilité. L'industrie se serait-elle résignée à la taxe prélevée sur leurs revenus pour une plate-forme qui rencontre un vif succès auprès des consommateurs ou bien aurait-elle pris conscience qu'il n'était pas si facile d'égaler son excellence ?

Pas de compromis, en tous cas, côté Crédit Agricole… mais on peut tout de même, à travers sa riposte, identifier en quoi la deuxième option serait celle de la raison. Certes, son application de paiement mobile semble rivaliser avec son modèle (comme celle qui existe depuis longtemps pour les appareils Android) : une activation simple, depuis l'espace bancaire, la protection par authentification biométrique, la faculté d'exécuter le paiement rapidement, avec le geste réservé habituellement à Apple Pay…

Paiement Mobile Crédit Agricole

Mais le diable se cache dans les détails. D'abord, sur le côté pratique, seules les opérations de proximité sont prises en charge, à l'exclusion des règlements en ligne, tandis que les personnes qui basculent régulièrement entre des moyens de paiement détenus auprès de plusieurs banques devront jongler avec des logiciels différents (au lieu d'une sélection de carte dans un outil universel). Plus généralement, il n'est évidemment pas question de remplacer le porte-monnaie virtuel, avec ses fonctions de gestion de billets de train, de cartes d'embarquement, de cartes de fidélité, de clés…

Plus gênant encore, selon le site d'actualités spécialisées iGeneration, le dispositif mettrait en œuvre un mode d'émulation de l'interface sans contact, qui introduirait des restrictions supplémentaires, à savoir celles de la carte de paiement à laquelle il est associé, notamment le plafond de dépense par transaction et l'exigence de ré-authentification à intervalle régulier. L'annonce officielle du Crédit Agricole ne permet malheureusement pas de lever le doute sur ce point, qui paraît quasi rédhibitoire.

L'erreur sous-jacente est de croire que le « wallet » d'Apple se résume à un instrument de paiement. Comme son nom l'indique, il est plus un équivalent électronique d'un portefeuille et une grande partie de son succès est bien dû à sa capacité à en intégrer (progressivement) toutes les composantes. Déployer aujourd'hui un système mono-usage a peu de chances de séduire ses habitués… et il est difficile d'imaginer comment une banque isolée pourrait s'aligner sur son niveau de commodité : il n'est envisageable qu'à travers un regroupement d'acteurs… tel que celui de Wero, peut-être ?

lundi 9 février 2026

La vieille génération du m-paiement disparaît

Lyf Pay
Né il y a presque dix ans de la fusion de deux initiatives similaires de BNP Paribas et Crédit Mutuel, le porte-monnaie mobile Lyf tirera sa référence prochainement, faute de rentabilité. Cette issue ne constitue pas vraiment une surprise pour une solution qui n'a guère évolué avec les transformations majeures intervenues dans son domaine.

Il faut se souvenir du contexte de 2016 pour comprendre le parcours de la jeune pousse. Deux ans plus tôt, Apple annonçait son application de paiement sur iPhone et, à ce stade de son histoire, celle-ci ne parvenait pas à s'imposer, tout comme les équivalents de ses concurrents, Google et Samsung. Il semblait donc rester une place pour une approche différente, techniquement moins élaborée avec ses QR codes, mais intégrant nativement la gestion de programmes de fidélité et autres offres promotionnelles.

Aujourd'hui, la situation est bouleversée : le téléphone représente environ 15% des transactions par carte (en France), stimulé par une expérience utilisateur optimisée, en passe d'entrer dans les habitudes, et une compatibilité totale avec les infrastructures existantes (chez les commerçants). En parallèle, les outils marketing se sont rapprochés du modèle américain, avec des mécanismes de « cashback », par exemple, adossés à l'instrument de paiement sous-jacent, éliminant le besoin d'un support dédié.

En contrepoint de cette progression, Lyf affirme, de son côté, avoir enregistré 10 millions de téléchargements pour son logiciel… mais aurait généré moins de 2 millions d'euros de chiffres d'affaires (sur l'année 2023), creusant de la sorte un trou qui atteindrait quelques 180 millions depuis sa création. De toute évidence, l'entreprise n'a pas trouvé de modèle économique viable capitalisant sur une audience potentielle de taille respectable et elle n'a d'autre choix que de déclarer forfait (un peu tardivement ?).

Lyf – Fermeture

Les raisons profondes de cette défaillance sont multiples, entre frictions dans l'expérience client, nécessité d'un équipement spécifique pour les marchands, entraînant elle-même une diffusion limitée donc des opportunités d'usage réduites… On regrettera cependant qu'aucune réorientation n'ait été tentée quand il était encore temps. Lyf a tout au plus ajouté quelques fonctions cosmétiques au fil des ans, dont les cagnottes entre amis, mais ne paraît pas avoir cherché à traiter son problème de rentabilité.

En résumé, je retrouve là une des difficultés classiques des aventures de grands groupes dans la FinTech : la forte réticence – quand ce n'est pas une impossibilité absolue – à envisager un « pivot », pourtant essentiel dans les stratégies de startups. Le parallèle qu'établit la presse entre le destin de Lyf et celui de deux autres spécialistes des paiements, Lydia et Wero, est à ce titre intéressant, la première ayant démontré sa capacité à se réinventer plusieurs fois pour réussir, la deuxième, initiative d'un consortium bancaire, ayant tendance à afficher une certaine rigidité dans sa trajectoire.

mercredi 22 octobre 2025

BBVA Pay court-circuite Apple

BBVA
Réclamée à cor et à cris par l'industrie, l'ouverture par Apple de l'interface sans contact de ses iPhones a finalement été imposée par la Commission Européenne au cours de l'été 2024. Les porte-monnaie mobiles alternatifs à l'ex-monopole de la pomme restent pourtant rares. BBVA devient de la sorte une des premières à se positionner.

Un peu d'histoire pour commencer. Il y a plus de dix ans, quand Apple Pay faisait ses premiers pas, l'industrie était extrêmement réticente à accepter les conditions – notamment le taux de commission sur les transactions – qui accompagnaient son adoption. Même quand ils finissaient par céder à la pression (de leurs clients, en général), les établissements s'insurgeaient – et ils n'ont jamais cessé – contre la protection technique qui leur interdisait de créer un système équivalent sur les iPhones.

On peut donc s'étonner que, une fois leurs exigences satisfaites, seules une poignée de jeunes pousses de la FinTech (dont une pionnière était Vipps en Scandinavie) aient jusqu'à maintenant saisi l'opportunité tellement revendiquée. Peut-être les projets s'avèrent-ils plus lourds et plus longs qu'imaginés… à moins que la tempête de protestations n'ait été que de principe et que, finalement, les institutions financières s'accommodent de leurs arrangements avec Apple, aussi coûteux soient-ils.

Toujours est-il que, désormais, BBVA passe à l'offensive et déploie progressivement auprès de ses clients sa propre déclinaison du paiement sans contact sur l'iPhone, intégrée nativement à son application mobile. Il faut préciser que la solution, élaborée en partenariat avec Visa, est strictement équivalente à Apple Pay, traitant des opérations par cartes, via les réseaux classiques. Il n'est pas question, à ce stade, de mettre en place un véritable système de paiement indépendant (comme le rêve parfois l'EPI).

BBVA Pay sur iPhone

Afin de justifier son initiative et, apparemment, de convaincre ses clients de basculer (puisqu'il semblerait qu'ils puissent continuer à utiliser l'option Apple), BBVA brandit deux arguments intéressants. Le premier joue à la fois la carte de la souveraineté et celle de la confidentialité des données, en insistant sur le fait que son porte-monnaie virtuel conserve toutes les informations dans l'environnement de la banque, sans jamais les partager avec une entité tierce étrangère (en minorant ainsi le rôle de Visa).

La seconde arme de séduction repose sur une promesse d'avantages et de promotions spécifiques pour ceux qui règlent leurs achats avec BBVA Pay. En réalité, ne serait-ce pas là un juste retour des choses et une manière de partager avec ses clients les économies réalisées, quand l'établissement évite les reversements de revenus à Apple ? Prise sous cet angle, la démarche coercitive décriée du constructeur aura eu – ironie de l'histoire – ses effets bénéfiques sur le marché…

Maintenant que la digue est rompue et que, sur un plan pratique, la faisabilité est démontrée, on attend avec impatience la déferlante de solutions similaires de la part de tous les acteurs du continent ! Ou bien faudra-t-il continuer à se contenter des plates-formes américaines et attendre – combien de temps encore ? – qu'un produit européen (Wero ou autre) vienne prendre la relève sur l'ensemble de la chaîne de valeur ?

samedi 30 août 2025

CaixaBank introduit le BNPL dans Apple Pay

CaixaBank
Voilà plus d'un an qu'Apple annonçait l'abandon de sa propre solution de paiement fractionné au profit de partenariats avec divers spécialistes, y compris en dehors des États-Unis. L'implémentation promise avec l'espagnole CaixaBank débarque tout juste et ses limitations risquent de décevoir ceux qui l'attendaient impatiemment.

La perspective est forcément attractive pour n'importe quel établissement financier : au lieu de compter sur les commerçants partenaires, acquis à grands frais, pour proposer leurs offres au moment opportun ou d'intégrer celles-ci au sein de leurs plates-formes mobiles, où elles ont toutes les chances d'être rapidement oubliées, quoi de mieux que de suggérer un plan de financement au niveau de l'instrument de paiement lui-même, toujours visible et potentiellement applicable à toutes les dépenses ?

C'est donc l'approche que déploie désormais CaixaBank à l'intention de tous les porteurs d'une de ses cartes, dans la mesure où ils l'ont installée dans leur porte-monnaie « digital ». Avant de valider un règlement – sur une transaction éligible –, ils disposent sur leur écran de la possibilité de répartir le montant en plusieurs échéances, sur deux à douze mois (selon les conditions de leur contrat), en quelques gestes simples, le coût total et les mensualités étant systématiquement affichés par souci de transparence.

Comme toujours avec son système de paiement et bien qu'elle en soit l'intermédiaire, la marque à la pomme respecte scrupuleusement la vie privée de ses client et n'a, à ce titre, aucun accès aux détails de l'opération. En revanche, ce dont la banque néglige de se vanter, c'est que le marchand non plus n'a aucune connaissance – et n'est en rien impacté par – des particularités du paiement, ce dernier étant pour lui strictement identique à n'importe quel autre règlement par carte dématérialisée.

CaixaBank – Apple Pay BNPL

La nouvelle fonction souffre malheureusement d'un défaut majeur : elle n'est disponible que pour les achats en ligne ou dans les applications mobiles (« in-app »). En soi, cette restriction n'est pas surprenante car il n'est guère évident d'insérer une étape de choix (quelconque) dans une expérience de paiement de proximité via le smartphone. La rupture qui serait introduite dans le parcours constituerait une régression inacceptable. Mais c'est une portion immense de l'opportunité qui échappe ainsi à CaixaBank.

Rétrospectivement, cette faiblesse est peut-être à l'origine de l'échec d'Apple avec son produit, qui aurait conduit à son retrait, laissant à d'autres acteurs le soin de combler le vide laissé. Ce que ne fait pas donc pas réellement l'institution espagnole, qui semble refuser l'obstacle. Il y aurait pourtant quelques pistes à explorer, entre définitions de règles a priori et capacités d'ajustement a posteriori, en imaginant des moyens afin que ces actions « asynchrones » restent présentes à l'esprit des consommateurs.

mardi 13 mai 2025

Encore des frictions contre la fraude

DBS
L'ajout d'une carte de paiement aux porte-monnaie mobiles (Apple Pay, Google Pay…) étant devenu un vecteur de fraude prédominant, la singapourienne DBS prend des mesures afin de renforcer la protection de ses clients. Comme il semble devenir de coutume, celles-ci passeront par l'introduction de frictions dans le parcours utilisateur.

D'ici quelques jours, la procédure d'enregistrement d'une nouvelle carte impliquera donc plusieurs étapes supplémentaires. En premier lieu, il faudra activer l'option ad hoc (désactivée par défaut, comme il se doit) dans l'application mobile de l'établissement et, si cela n'a pas été fait au préalable, une notification « actionnable » sera affichée lors de toute tentative. Naturellement, le porteur devra s'authentifier avant d'accéder à la fonction, multipliant de la sorte le nombre de gestes qu'il aura à exécuter.

Mais ce n'est pas tout. Lors de la confirmation de son souhait de connecter la carte retenue au système de paiement de son téléphone, le client sera invité à réitérer sa décision par l'intermédiaire de la saisie d'un code à usage unique transmis par SMS. Et, par surcroît de précaution, la réception du sésame est divisée en deux messages, l'un prenant la forme d'un avertissement et le second seulement incluant le code proprement dit, le tout assorti d'alertes sur les dangers potentiellement encourus.

DBS – Mobile Wallets

L'approche, aussi pesante soit-elle, est évidemment justifiée par la fréquence des incidents et par les méthodes employées, souvent avec succès, par les escrocs. Car, outre la facilité avec laquelle les données d'une carte peuvent être capturées afin d'autoriser leur utilisation dans un porte-monnaie mobile, les armes d'ingénierie sociale soigneusement élaborées par les auteurs de malversations ont tendance à réduire l'efficacité des mécanismes de prévention. Il faut, par exemple, insister lourdement pour éviter qu'un code secret ne soit communiqué à un interlocuteur persuasif.

L'expérience client est hélas la victime collatérale de ces solutions. Les dégâts ne seraient pas très graves s'ils se limitaient à une perte (mineure) d'énergie et de temps pour une meilleure protection. Mais les conséquences sont plus sévères pour les personnes les plus fragiles, peu à l'aise avec les outils « digitaux », pour lesquelles les actions requises induiront un sentiment de confusion ou, pire encore, de défiance, qui rejaillira sur l'ensemble de leurs interactions avec leur banque. Il s'agirait de ne jamais perdre de vue les enjeux de l'inclusion numérique dans les initiatives de sécurité…

lundi 5 mai 2025

PayPal avance dans le paiement en magasin

PayPal
PayPal serait-elle en passe de réaliser un de ses plus vieux rêves ? D'ici l'été prochain, en Allemagne pour commencer, la doyenne de la FinTech déploiera pour la première fois un instrument de paiement sans contact – aligné sur les standards du marché – au sein de son application mobile, et y ajoute quelques surprises en prime.

À première vue, la nouvelle fonction ne réserve pas de surprise sur le plan de son implémentation puisqu'il semblerait qu'elle soit rendue possible par la simple association aux comptes PayPal d'une carte virtuelle, fournie par Mastercard (donc acceptée par tous les terminaux connectés à son réseau) et prête à intégrer dans les porte-monnaie électroniques de Google et Apple. Toujours est-il que, du point de vue de l'utilisateur, la solution de la firme devient de la sorte un compte de paiement presque classique.

Afin de donner un peu plus d'attrait à son annonce, PayPal indique en outre lancer simultanément son service de règlement fractionné, en 3, 6, 12 ou 24 mois, jusqu'à présent indisponible en Europe. Comme aux États-Unis, où il existe depuis plusieurs années, il permet au consommateur de choisir, en totale transparence (notamment des conditions), à tout moment (y compris après finalisation de la transaction ?), depuis son téléphone, une option de financement sur ses achats de montant élevé.

Autre complément, dont les détails seront cependant dévoilés ultérieurement, le recours à PayPal pour les emplettes en boutique physique génèrera des primes (cashback) dans diverses enseignes populaires en Allemagne. Les programmes de récompense associés aux cartes de crédit, dont les américains sont tellement friands (depuis toujours), commencent visiblement à se faire une place dans le paysage européen.

PayPal – Better Than Cash

Si l'extension de l'initiative à d'autres pays est bien envisagée, la primeur donnée à l'Allemagne répond à des critères soigneusement analysés. Non seulement s'agit-il d'un marché où la confiance dans la plate-forme de PayPal et le niveau d'adhésion sont parmi les plus élevés, il possède également la particularité, explicitement soulignée dans la communication officielle, d'être encore dominé par les espèces, ce qui ouvre probablement une opportunité spécifique pour un trublion par ailleurs bien implanté.

Il y a longtemps que PayPal tourne autour des paiements de proximité, entre autres à travers des plates-formes destinées aux commerçants, sans jamais convaincre. Cette fois, l'adoption d'une approche universelle – au moins en Europe, avec son interface NFC – lui procure quelques chances de réussir. Je soupçonne que la collaboration avec Mastercard dans ce qui ressemble à une étape de validation du concept pourrait, en cas de succès, laisser ensuite place à une mise en œuvre ad hoc sans aucune carte, celle-ci paraissant un peu incongrue par rapport à la culture de l'entreprise.

mercredi 19 mars 2025

Google Wallet disponible pour les enfants

Google
En 2025, les enfants possèdent assez tôt (trop tôt ?) leur propre téléphone et, les habitudes évoluant, ils sont de plus en plus nombreux à manipuler l'argent sous forme numérique, notamment avec des cartes conçues pour eux. À la croisée logique des deux tendances, Google leur propose désormais l'accès à son porte-monnaie mobile.

Déployée dans les semaines qui viennent, aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Australie, en Espagne et en Pologne (pour commencer ?), la nouvelle option permettra aux mineurs de profiter pleinement de l'ensemble des services de Google Wallet : pour les paiements bien sûr, mais également pour les cartes cadeaux et autres catégories de support prises en charge, telles que les programmes de fidélité, les billets de spectacle, les badges de bibliothèque, voire les titres de transports (pas explicitement cités)…

L'enregistrement d'une carte de débit ou de crédit se fait impérativement sous la supervision d'un parent ou tuteur (sans que soit précisé comment est validée l'autorité de l'adulte), qui conserve par la suite un droit de regard sur les usages de l'enfant. Chaque transaction lui est ainsi notifiée par courriel, en complément d'un tableau de bord de suivi des dépenses, dans son espace familial. Il dispose en outre de la faculté de révoquer l'instrument à tout moment ou d'en suspendre le fonctionnement.

Google Wallet for Kids

Particularité notable, pour laquelle Google ne fournit pas de justification, la carte virtuelle n'est utilisable que dans les boutiques physiques, excluant tout achat en ligne, y compris sur les propres plates-formes de l'entreprise. Soulignons par ailleurs que l'implémentation ne comprend aucun mécanisme de filtrage (par exemple le blocage dans certains commerces ou la mise en place de plafonds), comme il en existe souvent dans les solutions destinées aux jeunes. L'objectif est d'autoriser l'intégration de cartes dédiées à ce segment – sur lesquelles reposent alors la responsabilité d'offrir cette capacité – pas d'accepter une délégation sur celle d'un parent.

Bien qu'elle réponde à un besoin réel de sa cible, l'initiative de Google me semble rater une opportunité d'apporter aux enfants et aux adolescents les éléments d'éducation financière qui leur font tellement défaut de nos jours, en jouant entre autres sur la relation avec un proche instaurée dès le début pour encourager un accompagnement de proximité. Les banques qui souhaitent se positionner sur ce domaine se réjouiront d'éviter un puissant concurrent mais celles-ci étant rares, elle laisse une génération de futurs consommateurs se débrouiller avec un outil potentiellement dangereux.

mardi 10 décembre 2024

La première alternative à Apple Pay arrive

Vipps
Après des années de blocage plus ou moins arbitraire et sous la pression insistante de la commission européenne, Apple a fini par accepter, au cours de l'été dernier, d'ouvrir l'interface sans contact de son iPhone afin de permettre à des entreprises tierces d'offrir leur solution de paiement mobile concurrente à la sienne. À peine 6 mois plus tard, la première à saisir l'opportunité est la norvégienne Vipps.

Les quelques millions d'utilisateurs du numéro un local peuvent donc désormais sélectionner son porte-monnaie virtuel comme moyen de paiement par défaut sur leur téléphone, quel que soit le système d'exploitation qui l'équipe (iOS ou Android). Dès lors, c'est lui, et non plus Apple Pay (ou Google Pay), qui sera activé automatiquement pour toute transaction sans contact sur un terminal d'encaissement en magasin.

Avec cet ajout très attendu, Vipps se réjouit de pouvoir enfin proposer aux consommateurs un outil complet, capable de répondre à tous leurs besoins avec une expérience optimale, depuis les échanges entre proches jusqu'aux règlements en boutique, en passant par l'e-commerce. Sa rapidité de mise en œuvre montre à quel point la possibilité de reprendre la main sur les géants américains lui était importante.

À ce stade, le dispositif n'est opérationnel qu'en Norvège et sur les terminaux (majoritaires dans le pays) acceptant le schéma scandinave BankAxept, mais, dès 2025, il devrait être étendu au Danemark (d'où est originaire MobilePay avec lequel Vipps a fusionné en 2021), en Finlande et en Suède, couvrant alors 11,5 millions de clients, ainsi qu'aux réseaux Visa et Mastercard, pour les usages (transparents) à l'étranger.

Vipps MobilePay

Ce lancement relativement rapide nous procure une occasion de nous attarder sur Vipps, peu connu dans le reste du monde. En résumé, il s'agit d'un équivalent de notre PayLib hexagonal : détenu par un consortium de banques, son application pour smartphone a vocation à prendre en charge tous les paiements du quotidien des particuliers. Il me paraît intéressant de noter que ses racines dans l'industrie traditionnelle ne l'empêche pas de développer l'agilité et la réactivité d'une startup.

Par ailleurs, la comparaison avec le porte-monnaie électronique européen Wero est inévitable. Non seulement sur ces mêmes critères de vélocité et de dynamisme mais également, dorénavant, sur le plan concurrentiel. En effet, la démonstration qu'une initiative indépendante est en mesure de dépasser les promesses du grand projet continental (et de loin, les paiements marchands étant au mieux prévus pour la mi-2025) risque de sérieusement freiner d'hypothétiques velléités de rejoindre ce dernier.

dimanche 17 novembre 2024

CommBank surveille les porte-monnaie digitaux

CommBank
La fraude, encore et toujours au sommet de l'actualité pour l'industrie bancaire. Cette fois, c'est l'australienne CommBank qui propose à ses clients une surveillance proactive de l'enregistrement de leurs comptes dans les porte-monnaie électroniques, alors que ces derniers deviennent de plus en plus populaires… et sources de problèmes.

Le pays compte aujourd'hui plus de 7 millions de ces « wallets » mobiles (Apple Pay, Google Pay, Samsung Pay…) et leur méthode de configuration constitue une aubaine pour les escrocs chevronnés en matière d'ingénierie sociale : il suffit d'extorquer quelques données à la victime – références de carte et informations d'identité, pour l'essentiel – pour instancier en un tournemain un moyen de paiement en son nom (et puisant dans ses réserves) utilisable immédiatement sans autre obstacle.

Bien sûr, depuis toujours, CommBank alerte ses clients dès qu'un nouveau porte-monnaie virtuel est connecté à un de leurs comptes. Mais cette précaution n'est pas suffisante car un criminel un peu futé saura rassurer sa cible afin d'éviter qu'elle n'intervienne. La banque a donc installé une fonction supplémentaire inédite au sein de son application mobile, qui fournit la liste de toutes les intégrations connues, avec quelques détails utiles, tels que l'appareil concerné et la date de son association.

CommBank Anti-Scam

Un peu à la manière des inventaires des bénéficiaires (de virements), des mandats de prélèvement, voire, dans quelques établissements en pointe, des sites marchands où les coordonnées de carte sont conservées, cette option permet à chacun de surveiller en permanence l'exploitation de son compte… et, naturellement, de prendre des mesures en cas de suspicion (mais aussi sur les configurations obsolètes, incidemment). En effet, il est possible de supprimer une entrée indésirable d'un seul geste.

Si toutes les initiatives visant à améliorer la sécurité sont bienvenues dans l'univers de la finance, celle-ci a, comme beaucoup d'autres, le défaut d'être passive, ce qui limite nécessairement son impact potentiel : c'est au consommateur de s'inquiéter et d'agir, spontanément, en vue de détecter et stopper une fraude. À tout le moins, espérons que des suggestions personnalisées de contrôle seront émises, pour rappel, par exemple à l'occasion des premières utilisations d'un « wallet » qui vient juste d'être paramétré.

La démarche de CommBank souligne également à quel point la multiplication des outils disponibles, notamment numériques, augmente la surface d'exposition aux risques. Or la mise en place d'une réponse distincte et plus ou moins isolée pour chaque source potentielle induit une confusion qui nuit à son efficacité propre et à celle de l'ensemble. Il faudrait peut-être que les banques commencent à envisager une approche à 360° de la protection contre la fraude, cohérente et facile à appréhender par leurs clients.

lundi 24 juin 2024

Curve en embuscade pour attaquer Apple

Curve
L'annonce d'un investissement de la part de la division de capital risque de Samsung, dont il propulse le porte-monnaie mobile (au Royaume-Uni) depuis quatre ans, met en lumière la prochaine bataille stratégique – contre Apple, rien de moins – à laquelle se prépare désormais activement le pionnier des « super cartes » Curve.

Traversant une période difficile ces derniers mois, comme la FinTech dans son ensemble, en raison de la raréfaction des capitaux, on aurait presque oublié la jeune pousse et son produit pourtant toujours aussi unique. Les déboires réglementaires d'Apple auprès de la Commission Européenne, qui enquête sur ses pratiques soupçonnées d'être anti-concurrentielles, pourraient lui donner un puissant coup de pouce (dont j'imagine qu'il a contribué au bouclage de son tour de financement).

En effet, son approche représente un substitut idéal à la solution de paiement de la marque à la pomme, à commencer par son principe fondamental, consistant à fédérer les différentes cartes du consommateur au sein d'un seul et même instrument piloté par une application mobile. Jusqu'à maintenant, l'intégration sur un iPhone passe par l'enregistrement de la carte fournie par Curve, comme celle de n'importe quel émetteur, dont la gestion reste cependant assurée ensuite par son logiciel propre.

Mais l'avenir est déjà prêt à être déployé (il serait même déjà embarqué, discrètement, dans la version actuelle de l'outil), dès que les instances européennes auront imposé à Apple l'ouverture de son système à la concurrence. L'application pourra alors se substituer entièrement à celle du constructeur et devenir de facto le porte-monnaie mobile par défaut du smartphone, avec sa collection d'avantages exclusifs.

Accueil Curve

Et la proposition est alléchante ! Imaginez ainsi que vous ajoutiez aux fonctions d'Apple Pay que vous connaissez – y compris le paiement fractionné, en plus flexible – la possibilité de changer de support utilisé pour chaque transaction jusqu'à 30 à 120 jours (selon le plan choisi) après son exécution, une bascule transparente sur une carte de secours en cas de rejet sur celle que vous aviez d'abord sélectionnée, la faculté de définir des règles automatiques afin de ne plus oublier de, par exemple, porter vos dépenses professionnelles sur votre compte d'entreprise…

Sans parler du bénéfice pour la jeune pousse, qui économiserait ainsi la « taxe » prélevée par le géant californien sur les règlements effectués via sa plate-forme, la simplification de l'expérience utilisateur qu'apporterait son assimilation au cœur de l'appareil, aussi minime soit-elle, constitue un facteur de séduction, surtout dans un environnement où chaque détail en la matière est valorisé. Curve pourrait de la sorte prétendre à une visibilité qui lui fait largement défaut avec son modèle autonome.

jeudi 25 avril 2024

Square généralise le paiement hors ligne

Square
À l’occasion de l’annonce de sa généralisation à l’ensemble de sa gamme de terminaux, dans tous les pays où ceux-ci sont distribués, je redécouvre cette option de Square, dont la première implémentation remonte à 10 ans, permettant aux marchands de conserver leur capacité d’encaissement en l’absence de toute connectivité.

Le principe était évidemment essentiel pour le modèle d’origine de la jeune pousse, puisqu’elle s’adressait en priorité aux professionnels itinérants (commerçants occasionnels, vendeurs sur les marchés, artisans à domicile…), pour lesquels la possibilité d’accéder à un réseau internet fiable est impossible à garantir en permanence (encore moins en 2014 qu’aujourd’hui). Or, s’ils ne peuvent accepter les paiements en toute circonstance, l’intérêt de la solution est sérieusement diminué.

Concrètement, c’est un mode de secours, dégradé, qui est proposé aux utilisateurs. Activé à la demande, il va enregistrer les transactions sur le terminal et attendre la restauration d’une connexion opérationnelle afin de les transmettre pour traitement (normal). Du point de vue du client final, l’expérience est totalement transparente. En revanche, en raison des risques d’incident a posteriori (dont l'inconnue que représente la persistance de l’interruption au-delà du délai maximal de 24 heures indiqué dans les conditions de mise en œuvre), le vendeur peut définir des limites spécifiques.

Square Offline Payments

Avec l’extension du mécanisme à l’intégralité du catalogue de Square, il n’est désormais plus seulement question de maintenir le service dans les zones blanches ou lors de défaillances d’un fournisseur de télécommunications. Tout en insistant sur ses efforts constants en vue d’assurer une disponibilité maximale, l’entreprise reconnaît qu’elle peut, elle aussi, être victime de pannes. Son palliatif vient alors à la rescousse et contribue à réduire, sinon entièrement éliminer, les impacts pour ses clients.

Tandis que toutes les tentatives récentes de mise au point de porte-monnaie électroniques universels, en particulier celles émanant de banques centrales désireuses de remplacer les espèces, butent sur le dilemme des échanges hors ligne, l’historique de Square sur le sujet, apparemment validé par sa décision de prolonger son approche, constitue une source d’enseignements extraordinaires, même s’ils doivent être contextualisés, depuis la confirmation des compromis nécessaires entre intégrité des paiements et continuité de service jusqu’à leur acceptation par les intéressés.

mardi 26 mars 2024

ChitChat, un WeChat pour l'Afrique

ChitChat
Portant l'ambition de dépasser les quelques initiatives locales au succès retentissant – dont m-Pesa est certainement la plus représentative – et de défendre la souveraineté panafricaine, la FinTech Union54 déploie en Zambie ChitChat, qui fait penser au chinois WeChat, et promet son extension rapide au reste du continent.

Quand tant de candidats à l'émulation ont essayé de commencer par l'un pour ensuite ajouter l'autre, la version beta de ChitChat inclut d'emblée les fonctions de communication, par tchat (comme son nom l'indique) ou par appel vocal, et de paiements entre proches. Cette dernière permet, sans surprise, d'envoyer de l'argent à un correspondant par le seul intermédiaire de son numéro de téléphone.

Selon toute vraisemblance, le dispositif s'appuie sur un compte prépayé pour son volet financier. Il possède cependant la particularité d'être libellé en dollars américains. Cette sévère concession aux velléités de souveraineté est malheureusement indispensable afin d'envisager une portée transnationale. Les conversions en kwachas zambiens devraient toutefois être réalisées à des conditions avantageuses, sinon sans frais.

En dehors des échanges instantanés entre utilisateurs enregistrés, les possibilités d'utilisation de ChitChat ne sont pas très claires, notamment en ce qui concerne la sortie des fonds, sous quelque forme que ce soit (virement bancaire, espèces…). En revanche, dans ce registre précis comme de manière générale, les projets esquissés pour l'avenir sont nombreux… et suivent un schéma finalement classique.

Accueil ChitChat

D'abord, une carte Mastercard, virtuelle ou matérielle, pourra être attachée au compte, autorisant de la sorte les règlements dans les commerces physiques et en ligne. Elle s'accompagnerait d'un module de gestion de finances personnelles pour ceux qui en ferait leur instrument principal, prenant en charge analyse des dépenses, création de sous-comptes pour un pilotage fin, épargne automatique, paiement de factures…

Mais, à l'image des références chinoises, il est également question d'introduire la faculté pour les marchands et autres fournisseurs de services d'installer leur boutique au cœur de l'outil de messagerie, qui deviendrait de la sorte une « super app » telle qu'en rêvent tant d'acteurs. Là encore, l'originalité de la démarche est, à terme, de proposer automatiquement aux participants l'accès au marché africain global.

Enfin, Union54 (pour les 54 états africains, j'imagine) veut miser aussi sur les tendances et les besoins émergents susceptibles de capitaliser sur sa technologie. Elle a ainsi prévu de distribuer la solution sous forme d'API, offrant l'opportunité à n'importe quelle entreprise de développer sa propre déclinaison, sous sa marque, pour ses usage(r)s spécifiques. Une instance dédiée aux gouvernements et à leurs employés, avec toutes les règles de sécurité et de confidentialité requises, est déjà dans les cartons.

Si je suis généralement sceptique quant aux chances de succès des tentatives de « super app » en Europe ou en Amérique du Nord, l'expérimentation que constitue ChitChat se place dans un contexte radicalement différent, encore vierge, à ma connaissance, d'initiatives d'ampleur dans ce domaine. Incidemment, il restera à voir si les citoyens seront sensibles à la fibre africaniste brandie par ses fondateurs.

jeudi 1 février 2024

Revolut se connecte aux wallets du monde

Revolut
Alors qu'elle est désormais devenue une néo-banque généraliste, Revolut fait un petit retour vers sa promesse originelle de faciliter la vie des citoyens sans frontières – qui reste son facteur de conquête pour bon nombre de clients – en introduisant une fonction de transfert direct de fonds à destination des porte-monnaie électroniques du monde.

Dans un nombre croissant de régions autour de la planète, le téléphone mobile est devenu ou devient le support privilégié de l'argent, en substitution aux espèces dont il élimine bien des inconvénients (le besoin d'interaction face à face pour les échanges, les risques de vol…). Tel est le cas notamment au Kenya, pionnier en la matière avec son système M-Pesa vieux de 17 ans, et au Bangladesh avec son bKash à peine moins ancien, les deux premiers marchés concernés par la nouveauté de Revolut… en attendant son extension à d'autres services similaires prévue prochainement.

Le fonctionnement est extrêmement simple. En fait, un des objectifs de la mise en place des « Mobile Wallets » (selon la terminologie officielle de la jeune pousse) est justement de faciliter (et sécuriser) les transactions. Ainsi, la personne désirant envoyer quelques euros ou livres sterling – en effet, la fonction n'est pour l'instant disponible qu'au Royaume-Uni et dans « la plupart » des pays européens – à destination de ces plates-formes n'a qu'à fournir l'adresse de courriel ou le numéro de téléphone qui en constitue l'identification de référence, accompagnée du nom de son détenteur.

Revolut Mobile Wallets

Outre l'élimination des frictions dans le parcours utilisateur, l'ajout est un complément essentiel pour une entreprise qui persiste à défendre son positionnement d'acteur global. Car les outils mobiles ne sont pas qu'une option populaire dans les pays les plus en pointe, ils représentent surtout le seul instrument disponible pour des individus majoritairement non bancarisés et donc le seul moyen de recevoir de l'argent – rapidement – sans recourir à un intermédiaire capable de leur remettre du cash.

Naturellement, Revolut n'est pas la première de sa catégorie à intégrer les porte-monnaie « digitaux » au cœur de ses capacités de transfert. Dans ce registre, Wise a pris une bonne longueur d'avance et la tentative de rattrapage montre que, bien qu'issus de deux concepts initiaux différents (le compte des globe-trotters pour l'une, les mouvements internationaux pour l'autre), les deux acteurs se trouvent de plus en plus en concurrence frontale. Le second, en maintenant son cap, paraît plus convaincant.

mardi 2 janvier 2024

2024, année de l'ouverture d'Apple ?

Apple Pay
Si les accusations de pratiques anti-concurrentielles ont émergé presque immédiatement après le lancement d'Apple Pay, les régulateurs interpelés n'ont jusqu'à maintenant imposé aucune mesure corrective ni sanction. Selon certains observateurs, la situation pourrait cependant changer à court terme. Mais pour quels enjeux ?

Rappelons, pour les distraits, les origines du conflit. Lorsque la marque à la pomme a déployé son porte-monnaie mobile, elle a mis en œuvre une interface (standard) NFC au sein de ses téléphones afin de permettre à ceux-ci de communiquer avec les terminaux d'encaissement. Mais elle en garde précieusement le secret pour elle, interdisant de la sorte toute possibilité pour une autre entreprise d'implémenter sa propre solution compatible avec les réseaux d'acceptation les plus répandus dans le monde.

L'apathie des autorités face à ce qui ressemble fortement à un abus de position dominante pourrait donc toucher à sa fin, pour diverses raisons. D'une part, les actions à l'encontre des deux géants des smartphones se multiplient, sur différents sujets, et certaines commencent à déboucher, comme celles qui visent les AppStores de Google et Apple. D'autre part, les velléités de souveraineté, à l'instar de celles qui motivent en partie l'EPI, ont aujourd'hui tendance à encourager les interventions réglementaires.

Il ne serait toutefois question que d'obliger l'entreprise à autoriser librement l'exploitation des fonctions sans contact de ses appareils par les développeurs tiers, ce qui pourrait s'avérer insuffisant pour contrer l'avantage déloyal d'Apple Pay. En effet, ce dernier repose au moins autant sur l'expérience utilisateur – en particulier l'activation instantanée de la carte virtuelle au moment d'effectuer un paiement, jalousement protégée, elle aussi – que sur la disponibilité de la technologie sous-jacente.

En ajoutant à ce premier obstacle l'habitude prise par les consommateurs de régler leurs achats avec l'outil intégré à leur téléphone et la difficulté que rencontrent apparemment d'éventuels concurrents à développer unr alternative (après tout, le système Android, qui ne présente aucun blocage, n'a pas suscité la création d'une pléthore de solutions), il est clair que l'ouverture envisagée est un moyen d'esquiver une répression de plus en plus probable sans prendre de risques avec la profitabilité d'une activité lucrative.

À tout le moins, un accès complet aux capacités NFC du téléphone créerait des opportunités pour de nouvelles applications, au-delà des paiements, bien que, là encore, il faille craindre une bataille féroce autour de celles qu'Apple entend s'approprier directement. Ce sera vraisemblablement le cas pour les services d'identité « digitale », notamment. La lutte pour leur contrôle, que les états indépendants n'entendront certainement pas abandonner, sera toutefois plus âprement disputée.

Apple Pay

mercredi 6 décembre 2023

La banque pilotée par photo

Tinkoff Bank
Depuis longtemps maintenant, la caméra des téléphones mobiles est exploitée dans le but de capturer des QR codes simplifiant l'exécution de toutes sortes de transactions. Pour la russe Tinkoff, la puissance des appareils actuels permet de s'affranchir des contraintes de format : elle propose de déclencher les opérations via de simples photos.

Bien qu'elle paraisse anecdotique, la banque nourrit de grandes ambitions pour cette technologie… qu'elle a toutefois l'intention de déployer progressivement. Parmi ses premières implémentations, la plus prometteuse porte sur la lecture automatique de facture, quels que soient son origine et son format : à partir d'un cliché, l'application bancaire devient capable d'extraire instantanément les coordonnées bancaires du créancier et le montant à régler, de manière à émettre le paiement en un geste.

Toujours utile quoique secondaire, la détection d'un numéro de téléphone dans le champ de l'objectif se transformera en une proposition de réaliser un transfert d'argent (par exemple à un proche) via le service intégré de paiement entre pairs. Dans un registre plus énigmatique, sur lequel une promotion est offerte à l'occasion du lancement, l'identification d'un animal de compagnie entraîne une invitation à verser une somme d'argent à une association. Et l'option du QR code reste bien sûr disponible.

À l'avenir, la solution, qui s'appuie sur des outils de reconnaissance d'image et de texte – y compris l'écriture manuscrite, sur n'importe quelle surface – à base d'intelligence artificielle, pourra également répondre à de multiples scénarios spécifiques : une addition de restaurant ou de bar pour un groupe d'amis afin de calculer la part exacte de chacun, un reçu d'achat pour comparaison de prix, une automobile (pour souscription d'une assurance ?), un visage (en substitution au numéro de téléphone ?)…

Comme il arrive régulièrement avec les innovations de Tinkoff, il est difficile de se faire un avis sur cette approche : idée géniale ou chimère ridicule ? Seul l'avenir le dira et c'est tout l'intérêt de lancer un produit (incomplet) sur le marché afin de vérifier son potentiel. Après tout, il est possible que quelques cas d'usage soient réellement pertinents. Pour les banques européennes qui aimeraient s'approprier les flux transitant aujourd'hui par les réseaux de cartes américains, peut-être un tel dispositif éliminerait-il les frictions qui gâchent l'expérience utilisateur des échanges de compte à compte.

Tinkoff Mobile

lundi 11 septembre 2023

Un GAB relié au système de paiement indien

UPI
À l'occasion de la « Fête de la FinTech » qui se déroulait récemment à Mumbai, Hitachi Payment Services a dévoilé [PDF] un distributeur de billets constituant le chaînon manquant du système de paiement unifié (UPI) « digital » indien. Elle devrait aussi intéresser la plupart des initiatives similaires autour de la planète, affectées par la même lacune.

Chaque déclinaison possède ses spécificités locales mais tous les projets du genre, à vocation plus ou moins universalistes, sont nés d'une ambition identique, à savoir de concevoir et déployer une méthode de paiement moderne, donc électronique, facile à utiliser, disponible partout et tout le temps, instantanée, sécurisée, indépendante des grands groupes monopolistiques (souvent étrangers)… susceptible de remplacer, à terme, les espèces et d'éliminer leurs inconvénients historiques de support physique.

En la matière, l'Inde semble avoir réussi son pari, lancé aux alentours de 2015. Aujourd'hui, l'interface centralisée mise en place par l'organisme mixte public-privé NPCI rassemble 473 établissements, qui proposent un porte-monnaie mobile compatible à leurs clients, leur permettant d'effectuer des transferts gratuits en quelques gestes sur leur téléphone. Selon les dernières statistiques, la barre des 10 milliards de transactions mensuelles (pour l'équivalent de 180 milliards de dollars) est en passe d'être franchie.

Pourtant, comme toutes ses équivalentes, la démarche a oublié, jusqu'à maintenant, un facteur essentiel afin de remplir sa mission : assurer la transition entre les deux générations d'instruments, depuis le matériel vers le virtuel. Dans le cas des pays émergents, l'enjeu est de maintenir l'accès aux pièces et billets qui restent prédominants dans l'économie et le resteront encore longtemps. Dans les pays développés, il s'agirait plutôt d'éradiquer la dépendance à la carte qui est, elle, apte à gérer le lien.

Hitachi Money Spot

Naturellement, le vecteur privilégié pour une telle passerelle est l'automate bancaire, pour l'instant réservé exclusivement aux porteurs de cartes. C'est donc sur un de ses « Money Spots » qu'Hitachi a présenté sa démonstration (opérationnelle), ouvrant la perspective d'offrir la possibilité aux millions d'utilisateurs d'une des différentes applications compatibles avec l'UPI (distribuée par leur banque) de retirer grâce à celle-ci une somme d'argent en liquide, prélevée en temps réel sur leur compte courant.

Concrètement, le consommateur sélectionne l'option ad hoc sur le terminal puis précise le montant désiré. Il ne lui reste alors qu'à capturer le QR code affiché à l'écran depuis son porte-monnaie virtuel (quel qu'en soit le fournisseur, interopérabilité oblige), à choisir, s'il en détient plusieurs, le compte à débiter et, enfin, à valider l'opération par la saisie de son code secret, de manière à obtenir les billets demandés. Accessoirement, le mécanisme réduit fortement les risques de fraude ou de vol qui affectent les cartes.

C'est un angle mort de la vision traditionnelle de la dématérialisation complète des paiements : elle prend en compte les échanges entre personnes, les règlements présentiels ou en ligne… mais ignore presque toujours, selon les marchés, un des usages importants de l'outil à remplacer et/ou un moyen de migration en douceur. L'approche indienne peut apporter une réponse… bien qu'il faille rester prudent sur un déploiement généralisé des GAB adaptés (l'effort technologique requis restant cependant modéré).

lundi 28 août 2023

BMO introduit le partage de cartes virtuelles

BMO
Si la distribution de cartes virtuelles aux collaborateurs des entreprises n'est pas une idée neuve, la manière dont BMO l'aborde, en collaboration avec le spécialiste Extend, lui procurera un surcroît de flexibilité bienvenue, correspondant beaucoup mieux aux besoins et aux usages en vigueur, en particulier dans les grandes structures.

Pour les PME, dont le responsable financier est en général relativement accessible, il existe de nombreuses solutions, proposées par des banques ou des jeunes pousses, qui permettent à celui-ci de fournir des cartes à la demande, adossées à un compte bancaire de la société, aux employés ayant un besoin ponctuel. Naturellement, ce genre de mécanisme centralisé (même si des délégations sont parfois possibles) est beaucoup moins adapté quand les requêtes peuvent émaner de milliers de personnes.

Dans l'approche de BMO, ce sont les managers possédant une carte physique qui prennent la responsabilité directe de partager cette dernière avec les membres de leur équipe. Ils disposent pour ce faire d'une application dans laquelle il leur suffit d'indiquer l'adresse de messagerie du bénéficiaire, la date d'expiration souhaitée et le plafond applicable pour créer une carte virtuelle dont les transactions sont imputés sur leur compte, avec les classiques fonctions d'intégration de justificatifs et de réconciliation.

Dans sa version du logiciel, le destinataire a accès aux informations nécessaires pour régler des achats en ligne et il peut ajouter la carte reçue à son porte-monnaie mobile, Google Pay ou Apple Pay, pour les dépenses dans des commerces en dur (boutiques mais aussi taxis, hôtels… lors de déplacements professionnels). Soulignons également l'existence de deux variantes, l'une pour les « invités » (par exemple des travailleurs occasionnels) et l'autre à rechargement automatique pour une utilisation récurrente.

BMO x Extend

Des options supplémentaires ajoutent encore à la polyvalence du système. D'une part, le porteur a la capacité, à tout moment, d'annuler une des cartes qu'il a émises. D'autre part, les allocataires sont en mesure de solliciter une mise à jour de leur support, notamment pour un relèvement du montant autorisé. Toutes ces interactions se déroulent dans l'application (en complément, probablement, d'une défense orale de ses arguments par le demandeur) et les changements sont (évidemment) instantanés.

La gestion des achats professionnels est souvent un pire cauchemar dans les grands groupes que dans les petites entreprises. Les instruments de paiement « officiels » ne sont normalement attribués qu'à des personnes ayant atteint un certain niveau dans la hiérarchie et toutes celles qui n'en bénéficient pas doivent se contenter des traditionnelles procédures manuelles de remboursement (lourdes, coûteuses et sources d'erreur)… à moins que leur chef ne leur prête sa carte, avec les risques associés. BMO apporte enfin ure réponse à cette problématique, au profit de l'efficacité et de la simplicité.

lundi 23 janvier 2023

Les banques américaines ont 20 ans de retard

Early Warning
Quand les banques françaises lançaient leur solution de paiement en ligne Paylib, en 2013, je m'amusais de leur lenteur à réagir à la menace des trublions tels que PayPal. Je peux désormais relativiser mes sarcasmes puisque, selon le Wall Street Journal, l'industrie américaine s'éveillerait tout juste aux mêmes enjeux… avec 20 ans de retard.

Ceux qui croiraient naïvement que ce délai d'incubation – de l'idée, la réalisation n'ayant vraisemblablement pas encore débuté – ait abouti à une solution révolutionnaire en seront pour leurs frais. Les informations disponibles à ce stade laissent entrevoir un module d'encaissement tout à fait classique du côté des marchands et un parcours de règlement banal basé sur la saisie d'une adresse de courriel ou d'un numéro de téléphone, reliés en arrière-boutique à une carte de débit ou de crédit standard.

La mise en œuvre du projet paraît tout aussi rocambolesque. Ainsi, la première option envisagée – qui consistait, à l'inverse de la démarche adoptée dans l'hexagone, à étendre les capacités du service d'échanges d'argent entre pairs, Zelle – a été abandonnée en raison des polémiques jamais éteintes sur la fraude incontrôlable qui affecte son fonctionnement et sa réputation. Le nouveau dispositif serait confié au même prestataire – Early Warning, appartenant aux principales banques – mais en resterait indépendant.

Le résultat serait donc, en résumé, un système de paiement rigoureusement identique à ceux qui ont fait leurs preuves, parfois depuis plus de deux décennies, et ont déjà conquis des millions d'adeptes fidèles, surtout sur leur marché domestique, aux États-Unis, sans même espérer profiter d'une synergie étroite avec l'outil déployé précédemment pour un autre besoin, qui, en dépit de ses défauts, a réussi à capter une large audience grâce à sa promotion par les institutions financières auprès de leurs détenteurs de comptes.

Je ne sais pas comment raisonnent les stratèges dans ces entreprises mais il ne faut pas être grand clerc pour imaginer qu'une telle proposition de valeur est irrémédiablement vouée à l'échec. L'exemple de Paylib, dont on ne peut hélas penser qu'ils ont connaissance, pourrait pourtant les éclairer : son aventure dans le paiement en ligne a fait long feu et laissé place à une plate-forme de transferts entre amis… assez étrangement assortie de paiement de proximité (pour les appareils équipés du système Android).

Apparemment, la réaction des acteurs historiques serait due à la soudaine prise de conscience du risque que représentent pour eux les « nouveaux » entrants, en particulier par leur capacité à s'emparer de la relation avec leurs clients. Bien sûr, l'irruption d'Apple constitue en la matière une alerte bien plus puissante que celle de PayPal auparavant, mais la tendance, perceptible depuis des années, a été trop longtemps ignorée… et les tentatives de corriger le tir aujourd'hui, dans la panique, sont risibles et désespérées.

Early Warning - When money moves, life happens