En pleine saison de remises de prix diverses et variées à des entreprises innovantes (nous avons déjà évoqué ici TechCrunch Disrupt et FinovateFall), l'Open World Forum, dédié au logiciel libre, organisait au début du mois à Paris l'Open Innovation Summit et sa traditionnelle Demo Cup qui a récompensé 5 produits open source pour leur qualité, leur différenciation et leur valeur.
Je passerai rapidement sur le grand prix, décerné au projet BlueGriffon (un éditeur HTML), non parce que je ne le juge pas intéressant mais parce qu'il n'est pas le produit le plus pertinent de la sélection pour une entreprise.
XWiki a lui aussi failli disparaître de ma sélection car il s'agit d'un outil de wiki comme il en existe des dizaines d'autres, propriétaires ou libres. Il s'agit pourtant d'une offre un peu différente puisqu'elle est destinée aux entreprises (ce qui est déjà plus rare) et que, à ce titre, elle offre des fonctions spécifiques qui pourront séduire les plus grandes organisations, telles que l'intégration avec la suite bureautique Office de Microsoft (il n'est étonnamment pas question d'OpenOffice) ou une console d'administration qui permet de centraliser la gestion d'espaces multiples, de modèles de wiki, des utilisateurs et de leurs droits et bien d'autres paramètres... sans oublier des tableaux de bord de suivi de l'activité.
A ce rapide tour d'horizon, on ajoutera la disponibilité de l'application XWiki Watch, qui est une déclinaison du wiki "de base" dédiée à la veille collaborative sur Internet. Elle offre une palette d'outils facilitant le recueil, le filtrage, l'enrichissement et la diffusion d'informations extraites du web. Pour avoir, par le passé, travaillé sur un wiki de veille technologique, je suis convaincu que l'approche a beaucoup de sens et cette implémentation de XWiki serait certainement aujourd'hui dans mon radar des solutions de veille.
Est-il encore besoin de présenter JasperSoft ? Il s'agit de la solution libre le plus déployée dans le domaine du décisionnel et ses nombreuses références parlent pour elle. La suite de JasperSoft couvre tous les domaines de l'analyse de données, incluant générateur de rapports, outils de requêtage, création de tableau de bord... destinés à des utilisateurs néophytes ou avancés.
La maturité de JasperSoft est indiscutable et ses qualités le placent au niveau des meilleures solutions propriétaires, ce que confirment les analystes (dont le Gartner). Si vous êtes à la recherche d'une solution de Business Intelligence, vous vous devez de l'inclure dans votre sélection de candidats !
Dans un autre domaine, la gestion des données, Talend occupe une position similaire, cumulant maturité, puissance de la solution, références prestigieuses (dont Citi, Bank of America et, en France, la SNCF ou Poweo) et reconnaissance des analystes.
La compétence de Talend, qui se développe progressivement, s'organise désormais autour de 3 domaines qui sont au coeur des préoccupations de nombreuses entreprises : l'intégration des données, la qualité des données et le Master Data Management (MDM ou gestion des données référentielles). Si vous ne connaissez pas encore Talend et que vous avez un problème de données à résoudre, je vous recommande d'étudier ces solutions de près.
Moins connue que les deux société précédentes, Obeo est un spécialiste des MDA ("Model Driven Architecture" ou architecture pilotée par les modèles), qui sont une approche de la conception de logiciels par déclinaisons successives de modèles, dont le dernier est le "code". L'intérêt de cette méthode est de pouvoir être automatisée, au moins pour une bonne partie sinon en totalité.
Le produit d'Obeo récompensé par un Open Innovation Award est Acceleo, dont le rôle est justement de générer le code des applications à partir des modèles. Intégré à l'environnement Eclipse, Acceleo est compatible avec différents standards de modélisation (UML, Merise...) et supporte les principales plates-formes techniques du marché pour les applications produites (Java, C#, PHP...). Il offre également des possibilités de templating, qui permettent à l'entreprise d'adapter le code produit à ses propres normes.
En bonus, j'ajoute à ma sélection un produit qui n'a pas obtenu de récompense mais qui figurait tout de même parmi les 13 finalistes : iceScrum. Celui-ci est un outil de gestion de projet Scrum (Scrum étant la méthode agile la plus populaire du moment, dont je vous ai déjà proposé une découverte rapide ici).
jeudi 7 octobre 2010
mercredi 6 octobre 2010
Du nouveau pour "L'Appli" (iPhone) de Société Générale
Lorsque Société Générale a lancé, il y a 3 mois, son application iPhone, "L'Appli" elle offrait 8 fonctions et la banque lançait un appel aux utilisateurs pour choisir la neuvième fonction qui la complèterait. La sélection finale vient d'être révélée et la prochaine version de l'application permettra donc aux clients de contacter leur conseiller par messagerie sécurisée.
Au-delà de ce seul résultat, l'annonce de Société Générale offre quelques informations complémentaires dignes de s'y arrêter un instant. Ainsi, le Top 10 des idées soumises montre que la demande la plus populaire (18% du total), à relativiser malgré tout puisque 226 réponses seulement ont été recueillies, est pour une version Android de l'Appli.
Alors que la France, seul pays où l'iPhone est proposé par tous les opérateurs, pouvait être considéré comme un bastion indéboulonnable d'Apple, ce plébiscite démontre que le système de Google en devient un concurrent très sérieux et plus seulement aux Etats-Unis. La bonne nouvelle est que la banque a déjà prévu cette version, qui devrait être disponible avant la fin de l'année, captures d'écran à l'appui :
Au-delà de ce seul résultat, l'annonce de Société Générale offre quelques informations complémentaires dignes de s'y arrêter un instant. Ainsi, le Top 10 des idées soumises montre que la demande la plus populaire (18% du total), à relativiser malgré tout puisque 226 réponses seulement ont été recueillies, est pour une version Android de l'Appli.
Alors que la France, seul pays où l'iPhone est proposé par tous les opérateurs, pouvait être considéré comme un bastion indéboulonnable d'Apple, ce plébiscite démontre que le système de Google en devient un concurrent très sérieux et plus seulement aux Etats-Unis. La bonne nouvelle est que la banque a déjà prévu cette version, qui devrait être disponible avant la fin de l'année, captures d'écran à l'appui :
La deuxième place au Top 10 des souhaits exprimés peut surprendre puisqu'il s'agit de la gestion des dépenses, alors que cette fonction est déjà disponible dans "L'Appli". Sauf à prendre les utilisateurs pour des imbéciles, cela signifie que la fonction actuelle est considérée comme insuffisante (ce qui ressort aussi des commentaires visibles sur l'AppStore). Espérons que la SG a prévu de l'améliorer également dans sa prochaine version. Ce choix montre encore une fois que les consommateurs sont intéressés par des fonctions de PFM ("Personal Finance Management" ou gestion de finances personnelles), quoi qu'en pensent les services marketing des banques…
C'est donc la troisième fonction du Top 10, "contacter son conseiller" qui a été finalement retenue pour compléter L'Appli. Un petit doute me taraude tout de même car sous cette demande de pouvoir "contacter" son conseiller, je penserais plutôt que les clients voudraient pouvoir l'appeler au téléphone plutôt que de simplement lui envoyer des mails… Sachant que la politique de la banque est, à ma connaissance, de ne pas donner les numéros de téléphone individuels des conseillers, la "réorientation" de la demande est assez plausible, malheureusement.
Les autres demandes du Top 10 méritent également quelques commentaires. Ainsi 6% des réponses évoquent le paiement mobile, ce qui pourrait (devrait) inciter les banques à développer des offres et arrêter de se contenter d'expérimentations de paiement sans contact qui s'éternisent. Je terminerai mon parcours du classement avec le souhait de pouvoir consulter le solde des comptes en temps réel (pour 8%). Avec les multitudes de services (par exemple les applications sur les réseaux sociaux) qui se développent actuellement, le temps réel est devenu incontournable sur le web et encore plus sur mobile, et c'est avec raison que les analystes alertent depuis longtemps les banques sur la nécessité de suivre cette tendance. Mais je suis certain que cette attente doit donner des sueurs froides à plus d'un DSI…
Société Générale profite de cette annonce pour révéler que L'Appli a été téléchargée plus de 280 000 fois en moins de 3 mois. La comparaison avec les chiffres de BNP Paribas (environ moitié moins de téléchargements) prouve que la qualité et l'innovation font la différence. Et c'est une excellente nouvelle !
Enfin, félicitons également la banque pour sa timide mais réelle incursion dans le domaine de la co-innovation avec l'appel aux idées du public pour la neuvième fonction de "L'Appli".
C'est donc la troisième fonction du Top 10, "contacter son conseiller" qui a été finalement retenue pour compléter L'Appli. Un petit doute me taraude tout de même car sous cette demande de pouvoir "contacter" son conseiller, je penserais plutôt que les clients voudraient pouvoir l'appeler au téléphone plutôt que de simplement lui envoyer des mails… Sachant que la politique de la banque est, à ma connaissance, de ne pas donner les numéros de téléphone individuels des conseillers, la "réorientation" de la demande est assez plausible, malheureusement.
Les autres demandes du Top 10 méritent également quelques commentaires. Ainsi 6% des réponses évoquent le paiement mobile, ce qui pourrait (devrait) inciter les banques à développer des offres et arrêter de se contenter d'expérimentations de paiement sans contact qui s'éternisent. Je terminerai mon parcours du classement avec le souhait de pouvoir consulter le solde des comptes en temps réel (pour 8%). Avec les multitudes de services (par exemple les applications sur les réseaux sociaux) qui se développent actuellement, le temps réel est devenu incontournable sur le web et encore plus sur mobile, et c'est avec raison que les analystes alertent depuis longtemps les banques sur la nécessité de suivre cette tendance. Mais je suis certain que cette attente doit donner des sueurs froides à plus d'un DSI…
Société Générale profite de cette annonce pour révéler que L'Appli a été téléchargée plus de 280 000 fois en moins de 3 mois. La comparaison avec les chiffres de BNP Paribas (environ moitié moins de téléchargements) prouve que la qualité et l'innovation font la différence. Et c'est une excellente nouvelle !
Enfin, félicitons également la banque pour sa timide mais réelle incursion dans le domaine de la co-innovation avec l'appel aux idées du public pour la neuvième fonction de "L'Appli".
mardi 5 octobre 2010
Des chercheurs de Cambridge analysent les émotions avec une application mobile
Le laboratoire informatique de l'université de Cambridge va peut-être donner corps à une nouvelle dimension de l'informatique contextuelle chère aux analystes de Gartner. En effet, une équipe de chercheurs a mis au point EmotionSense, une application mobile qui analyse en permanence les émotions de son propriétaire à travers sa voix.
Le logiciel n'est pour l'instant destiné qu'à aider les recherches en psychologie sociale, pour étudier les comportements des personnes et leurs interactions, mais on ne peut s'empêcher d'imaginer des utilisations plus proches de nos préoccupations. Que diriez-vous par exemple d'une application qui évite de vous annoncer brutalement que votre compte bancaire est dans le rouge quand vous êtes déprimé ou qui profite d'un moment d'euphorie pour vous proposer un crédit ?
Naturellement, l'utilisation pertinente de ces techniques pose un problème encore plus complexe que l'analyse des émotions elle-même, d'autant qu'elle peut aussi faire face à des réticences fortes ou un rejet total de la part des consommateurs. Mais des applications bien conçues et dont la valeur est aisément perceptible sauront certainement convaincre les utilisateurs, comme c'est le cas aujourd'hui avec la géolocalisation. Il ne reste qu'à les inventer !
Le logiciel n'est pour l'instant destiné qu'à aider les recherches en psychologie sociale, pour étudier les comportements des personnes et leurs interactions, mais on ne peut s'empêcher d'imaginer des utilisations plus proches de nos préoccupations. Que diriez-vous par exemple d'une application qui évite de vous annoncer brutalement que votre compte bancaire est dans le rouge quand vous êtes déprimé ou qui profite d'un moment d'euphorie pour vous proposer un crédit ?
Naturellement, l'utilisation pertinente de ces techniques pose un problème encore plus complexe que l'analyse des émotions elle-même, d'autant qu'elle peut aussi faire face à des réticences fortes ou un rejet total de la part des consommateurs. Mais des applications bien conçues et dont la valeur est aisément perceptible sauront certainement convaincre les utilisateurs, comme c'est le cas aujourd'hui avec la géolocalisation. Il ne reste qu'à les inventer !
Le Crédit Mutuel expérimente Tick€ Malin sur ses automates
Les distributeurs de billets des banques sont progressivement devenus des terminaux complets, aux interfaces ergonomiques, offrant des services de plus en plus riches.
Dans l'optique de développer les usages de ses automates, le Crédit Mutuel Arkéa a lancé, dans les régions Sud Ouest et Massif Central, Tick€ Malin, une expérimentation qui permet à tout porteur de carte d'imprimer des bons de réduction et autres offres promotionnelles utilisables immédiatement (sans obligation de transaction).
Cette application s'inscrit pour le groupe bancaire dans sa stratégie de proximité avec les commerçants. Pour ceux-ci, le développement d'une communication locale (et localisée) sur des terminaux omniprésents représente une opportunité de dynamiser leur activité. Enfin, pour les consommateurs, toujours à l'affut de bonnes affaires, les distributeurs de la marque offrent ainsi une attraction supplémentaire et différenciante.
Depuis les premières extensions au rechargement de forfaits prépayés pour mobile, les automates bancaires n'avaient pas fait l'objet d'innovations. Il est pourtant certain que de nombreuses banques ont dans leurs cartons des projets et le Crédit Mutuel Arkéa ouvre probablement la voie à de nouvelles applications à venir...
Dans l'optique de développer les usages de ses automates, le Crédit Mutuel Arkéa a lancé, dans les régions Sud Ouest et Massif Central, Tick€ Malin, une expérimentation qui permet à tout porteur de carte d'imprimer des bons de réduction et autres offres promotionnelles utilisables immédiatement (sans obligation de transaction).
Cette application s'inscrit pour le groupe bancaire dans sa stratégie de proximité avec les commerçants. Pour ceux-ci, le développement d'une communication locale (et localisée) sur des terminaux omniprésents représente une opportunité de dynamiser leur activité. Enfin, pour les consommateurs, toujours à l'affut de bonnes affaires, les distributeurs de la marque offrent ainsi une attraction supplémentaire et différenciante.
Depuis les premières extensions au rechargement de forfaits prépayés pour mobile, les automates bancaires n'avaient pas fait l'objet d'innovations. Il est pourtant certain que de nombreuses banques ont dans leurs cartons des projets et le Crédit Mutuel Arkéa ouvre probablement la voie à de nouvelles applications à venir...
Google va-t-il réveiller les tags 2D ?
L'utilisation des tags 2D se répand lentement dans différents secteurs mais ils n'ont pas, jusqu'à maintenant, connu en Europe ou en Amérique l'explosion observée au Japon depuis plusieurs années. Le lancement par Google d'un service d'URLs raccourcies (goo.gl) proposant systématiquement un raccourci sous forme de QR Code pourrait être un élément déclencheur d'une adoption massive.
Les tags 2D sont une évolution des codes à barre qu'arborent tous les produits de la vie courante, utilisant un codage en deux dimensions qui leur permet de "contenir" une information plus riche (jusqu'à plus de 2000 caractères). Une autre caractéristique essentielle de ces tags est qu'une bonne partie de leurs applications sont destinées au grand public, via le téléphone mobile. Ainsi, avec le logiciel adéquat installé sur votre smatphone, si vous "flashez" le code ci-dessus, votre navigateur affichera directement ce blog.
A ce jour, les usages des tags 2D restent relativement confidentiels. Vous en avez peut-être aperçu quelques-uns dans les éditions récentes des pages jaunes, où ils permettent de consulter le site d'information associé à une annonce. Les parisiens les ont aussi certainement rencontrés sur les 12000 poteaux de bus de l'agglomération, où ils donnent accès rapidement et simplement aux horaires des prochaines passages (la RATP indique 50000 utilisations par jour, ce qui démontre un certain succès auprès du public puisqu'un grand nombre d'arrêts sont équipés du système SIEL affichant directement la même information).
Des utilisations professionnelles se développent également, par exemple pour la billeterie de spectacle ou pour les tickets dématérialisés d'Air France. Dans ces deux cas, le mobile du consommateur est utilisé pour stocker le code, qui peut être lu par un lecteur peu coûteux (qui peut lui même être un mobile).
La technologie des tags 2D n'a certes rien de révolutionnaire mais elle est tellement simple à mettre en oeuvre, pour un bénéfice immédiat (même s'il ne s'agit que d'éviter de saisir une longue URL sur son téléphone mobile), qu'il me semble étrange qu'elle ne soit pas plus répandue. Dans ces conditions, le nouveau service de Google va peut-être enfin la populariser en lui donnant une visibilité immédiate pour des millions d'utilisateurs.
Sur le plan technique, le choix par Google du système QR Code, d'origine japonaise, sera une mauvaise nouvelle pour l'AFMM (Association Française du Multimedia Mobile) et son propre "standard" (payant) FlashCode, qui risque de souffrir de la concurrence...
Article inspiré par Mark Raskino (Gartner).
Les tags 2D sont une évolution des codes à barre qu'arborent tous les produits de la vie courante, utilisant un codage en deux dimensions qui leur permet de "contenir" une information plus riche (jusqu'à plus de 2000 caractères). Une autre caractéristique essentielle de ces tags est qu'une bonne partie de leurs applications sont destinées au grand public, via le téléphone mobile. Ainsi, avec le logiciel adéquat installé sur votre smatphone, si vous "flashez" le code ci-dessus, votre navigateur affichera directement ce blog.
A ce jour, les usages des tags 2D restent relativement confidentiels. Vous en avez peut-être aperçu quelques-uns dans les éditions récentes des pages jaunes, où ils permettent de consulter le site d'information associé à une annonce. Les parisiens les ont aussi certainement rencontrés sur les 12000 poteaux de bus de l'agglomération, où ils donnent accès rapidement et simplement aux horaires des prochaines passages (la RATP indique 50000 utilisations par jour, ce qui démontre un certain succès auprès du public puisqu'un grand nombre d'arrêts sont équipés du système SIEL affichant directement la même information).
Des utilisations professionnelles se développent également, par exemple pour la billeterie de spectacle ou pour les tickets dématérialisés d'Air France. Dans ces deux cas, le mobile du consommateur est utilisé pour stocker le code, qui peut être lu par un lecteur peu coûteux (qui peut lui même être un mobile).
La technologie des tags 2D n'a certes rien de révolutionnaire mais elle est tellement simple à mettre en oeuvre, pour un bénéfice immédiat (même s'il ne s'agit que d'éviter de saisir une longue URL sur son téléphone mobile), qu'il me semble étrange qu'elle ne soit pas plus répandue. Dans ces conditions, le nouveau service de Google va peut-être enfin la populariser en lui donnant une visibilité immédiate pour des millions d'utilisateurs.
Sur le plan technique, le choix par Google du système QR Code, d'origine japonaise, sera une mauvaise nouvelle pour l'AFMM (Association Française du Multimedia Mobile) et son propre "standard" (payant) FlashCode, qui risque de souffrir de la concurrence...
Article inspiré par Mark Raskino (Gartner).
Citi teste la carte de Dynamics, l'innovation en berne !
Malgré un titre de "DEMOgod" et le prix du public lors du DEMO Fall 2010 et une présentation planifiée à la conférence Finovate, je m'étais jusque là abstenu de tout commentaire public sur la "carte révolutionnaire" de Dynamics Inc. Mais l'annonce (justement à Finovate) que Citi teste cette carte depuis mai 2010 et envisage une extension de ce test à l'automne a finalement raison de mes bonnes résolutions...
Ce nouveau produit, qui fait tant parler de lui, est donc une carte à piste magnétique (!) dynamique et reprogrammable, grâce à un processeur embarqué. Totalement compatible avec les lecteurs de pistes existants, une des applications mises en avant est la possibilité pour son porteur de choisir, avec les petits boutons qui l'ornent, le compte sur lequel réaliser chaque opération. Il s'agit d'ailleurs de l'usage testé par Citi dont la carte permet de sélectionner le compte "normal" de leur carte de crédit ou un compte de fidélité.
Ce nouveau produit, qui fait tant parler de lui, est donc une carte à piste magnétique (!) dynamique et reprogrammable, grâce à un processeur embarqué. Totalement compatible avec les lecteurs de pistes existants, une des applications mises en avant est la possibilité pour son porteur de choisir, avec les petits boutons qui l'ornent, le compte sur lequel réaliser chaque opération. Il s'agit d'ailleurs de l'usage testé par Citi dont la carte permet de sélectionner le compte "normal" de leur carte de crédit ou un compte de fidélité.
J'ai beaucoup de mal à comprendre l'engouement suscité par une innovation appliquée à une technologie vieille de 40 ans et vouée à disparaître. Non seulement les cartes à puces se répandent à travers le monde (bien que les Etats-Unis constituent une poche de résistance) mais à l'heure où on prédit l'avènement prochain du paiement dématérialisé, en particulier sur mobile, quel peuvent être les perspectives d'une carte à piste magnétique ?
Même des arguments économiques me paraîtraient douteux en comparaison des cartes à puces (qui supportent naturellement des applications multiples, même si celles-ci n'ont pas émergé) : la technologie nécessaire à la programmation dynamique de la piste magnétique a probablement un coût non négligeable et un processeur complémentaire est, de toutes manières, nécessaire (sans parler de l'alimentation qui complète le dispositif). Les surcoûts engendrés seraient certainement mieux employés dans d'autres applications.
Rappelons également que le principe de la piste magnétique programmable n'est pas nouveau puisque QSecure l'avait expérimenté dès 2003, dans le but de produire des cartes sécurisées (en ajoutant un code à usage unique au numéro de carte lors de la lecture). Et cette expérience nous rappelle également les difficultés auxquelles ce système a du faire face, en termes de fiabilité et de fragilité de la carte...
Même des arguments économiques me paraîtraient douteux en comparaison des cartes à puces (qui supportent naturellement des applications multiples, même si celles-ci n'ont pas émergé) : la technologie nécessaire à la programmation dynamique de la piste magnétique a probablement un coût non négligeable et un processeur complémentaire est, de toutes manières, nécessaire (sans parler de l'alimentation qui complète le dispositif). Les surcoûts engendrés seraient certainement mieux employés dans d'autres applications.
Rappelons également que le principe de la piste magnétique programmable n'est pas nouveau puisque QSecure l'avait expérimenté dès 2003, dans le but de produire des cartes sécurisées (en ajoutant un code à usage unique au numéro de carte lors de la lecture). Et cette expérience nous rappelle également les difficultés auxquelles ce système a du faire face, en termes de fiabilité et de fragilité de la carte...
Les chercheurs de Microsoft présentent leurs interfaces du futur
Après sa table Surface, puis sa variante Sphere et, plus récemment, sa technologie Kinect, Microsoft présente au symposium UIST ("User Interface Software and Technology") les plus récentes évolutions de ses recherches sur les interfaces homme-machine avec sa "salle intelligente" (smart room) LightSpace.
La petite pièce utilisée pour la présentation de ce concept est équipée de plusieurs projecteurs et caméras à analyse de profondeur, qui permettent de transformer toute surface en un composant de l'interface utilisateur. La détection des surfaces est dynamique et supporte ainsi des interactions avec le corps humain, comme dans la démonstration où l'utilisateur peut transférer un objet virtuel d'une table dans sa main, pour le déplacer sur un mur...
La petite pièce utilisée pour la présentation de ce concept est équipée de plusieurs projecteurs et caméras à analyse de profondeur, qui permettent de transformer toute surface en un composant de l'interface utilisateur. La détection des surfaces est dynamique et supporte ainsi des interactions avec le corps humain, comme dans la démonstration où l'utilisateur peut transférer un objet virtuel d'une table dans sa main, pour le déplacer sur un mur...
Malgré la démonstration bien réelle, LightSpace n'en est encore qu'au stade de la recherche et ses possibles applications restent à inventer. La seule idée évoquée par ses concepteurs est celle d'une salle de conférence où les participants pourraient disposer de leurs documents à leur place (sur la table) et les échanger ou les afficher au mur d'un simple geste de la main. Mais, même si ce projet ne se concrétise jamais tel quel, ne doutons pas que les interfaces intégrées au monde réel vont certainement se généraliser.
Et les entreprises (avec leur DSI) devraient réfléchir dès aujourd'hui aux futures possibilités qui leur seront offertes. Alors que les applications de la table Surface (disponible depuis presque 2 ans) sont encore peu répandues et, de mon point de vue, pauvres (au sens où elles n'exploitent pas l'originalité de la technologie) et que personne (à ma connaissance) n'a encore envisagé l'utilisation de Kinect (ou de la Wii de Nintendo) pour d'autres usages que le jeu vidéo, il serait temps de faire preuve d'un peu de créativité...
Et les entreprises (avec leur DSI) devraient réfléchir dès aujourd'hui aux futures possibilités qui leur seront offertes. Alors que les applications de la table Surface (disponible depuis presque 2 ans) sont encore peu répandues et, de mon point de vue, pauvres (au sens où elles n'exploitent pas l'originalité de la technologie) et que personne (à ma connaissance) n'a encore envisagé l'utilisation de Kinect (ou de la Wii de Nintendo) pour d'autres usages que le jeu vidéo, il serait temps de faire preuve d'un peu de créativité...
Les recettes du succès pour le paiement mobile
IDC Financial Insight a publié une étude sur le paiement mobile qui, au lieu de se focaliser sur les dizaines de technologies en compétition, analyse les facteurs organisationnels et structurels qui déterminent le succès de 5 offres prises en exemple (Mastercard, Jibun Bank, Zoompass, SK Telecom et PayPal mobile).
La principale conclusion du cabinet est qu'il n'existe pas de solution universelle et que chaque pays (avec ses caractéristiques économiques), chaque culture et chaque typologie de besoin est adapté à un modèle différent.
L'étude fait cependant ressortir un fait saillant : les offres qui réussisent le mieux sont celles qui sont proposées par un acteur contrôlant à la fois les enjeux bancaires et de télécommunication. Dans les pays où les opérateurs mobiles sont peu nombreux, l'un d'entre eux prend le contrôle d'une banque pour définir sa stratégie, comme dans l'exemple de SK Telecom en Corée du Sud. Quand à la fois les banques et les opérateurs sont peu nombreux, c'est une joint-venture qui peut émerger, à l'image de Jibun Bank au Japon.
Enfin, dans les pays où les banques et les opérateurs sont nombreux, comme en Amérique du Nord, la situation est assez chaotique avec des solutions lancées par les établissements financiers (Mastercard Moneysend), d'autres lancées par les opérateurs (Zoompass) et des opportunités encore ouvertes pour des opérateurs indépendants (comme PayPal ou Obopay). Mais dans ce cas, la diversité des attentes et des besoins des consommateurs peuvent également ouvrir le champ à plusieurs offfres qui cohabiteront.
En France, on pourrait s'attendre à une évolution similaire à celle du Japon, dont les conditions de marché (bancaire et télécom) sont proches des notres. Mais l'obstacle dans notre pays semble être la difficulté des banques et des opérateurs à s'entendre sur un modèle commun où chacun pourrait trouver son compte. En attendant cette hypothétique convergence de vue, la solution pourrait être l'émergence de standards de paiement mobile...
La principale conclusion du cabinet est qu'il n'existe pas de solution universelle et que chaque pays (avec ses caractéristiques économiques), chaque culture et chaque typologie de besoin est adapté à un modèle différent.
L'étude fait cependant ressortir un fait saillant : les offres qui réussisent le mieux sont celles qui sont proposées par un acteur contrôlant à la fois les enjeux bancaires et de télécommunication. Dans les pays où les opérateurs mobiles sont peu nombreux, l'un d'entre eux prend le contrôle d'une banque pour définir sa stratégie, comme dans l'exemple de SK Telecom en Corée du Sud. Quand à la fois les banques et les opérateurs sont peu nombreux, c'est une joint-venture qui peut émerger, à l'image de Jibun Bank au Japon.
Enfin, dans les pays où les banques et les opérateurs sont nombreux, comme en Amérique du Nord, la situation est assez chaotique avec des solutions lancées par les établissements financiers (Mastercard Moneysend), d'autres lancées par les opérateurs (Zoompass) et des opportunités encore ouvertes pour des opérateurs indépendants (comme PayPal ou Obopay). Mais dans ce cas, la diversité des attentes et des besoins des consommateurs peuvent également ouvrir le champ à plusieurs offfres qui cohabiteront.
En France, on pourrait s'attendre à une évolution similaire à celle du Japon, dont les conditions de marché (bancaire et télécom) sont proches des notres. Mais l'obstacle dans notre pays semble être la difficulté des banques et des opérateurs à s'entendre sur un modèle commun où chacun pourrait trouver son compte. En attendant cette hypothétique convergence de vue, la solution pourrait être l'émergence de standards de paiement mobile...
lundi 4 octobre 2010
First Direct fait un pas vers la co-innovation
Selon un article de Finextra, la banque en ligne britannique first direct s'apprête à dévoiler son "Beta Lab", un espace sur le web destiné à recueillir les idées et réactions du public sur ses futurs produits et services.
Après "Talking Point", un site où les consommateurs étaient invités à donner leur avis et échanger avec les représentants de la banque sur différents sujets (touchant notamment au service à la clientèle), First Direct franchit donc une nouvelle étape en invitant les internautes à participer à la création des nouvelles offres de la banque.
L'initiative est fièrement présentée comme une première au Royaume-Uni mais elle reste aussi exceptionnelle pour le reste du monde. En effet, si de nombreuses banques ont créé des "labs" divers et variés, ceux-ci sont souvent réservés à un accès interne (et parfois restreint) et la mise à contribution du public pour innover est rare dans le secteur financier. Pourtant, le vivier de personnes prêtes à s'investir pour apporter leurs idées constitue une richesse inestimable dont des programmes de co-innovation bien conçus peuvent tirer profit. Mais il faut croire que les banques sont encore effrayées par ces approches, qui se développent dans d'autres secteurs moins "frileux".
Et First Direct n'en restera certainement pas là. Dans un chat twitter et web, un de ses responsables évoque la possibilité de mettre à disposition des développeurs des API ("application programming interface") qui leur permettront de créer les applications que la banque n'a pas les moyens ou la volonté de réaliser ("la banque ne peut pas tout faire"). L'esprit reste le même : comme le suggèrent avec insistance les spécialistes, cette initiative ouvrira la voie à une innovation IT (informatique) ouverte sur les idées des millions de développeurs disponibles dans le monde entier (avec leurs cultures et perspectives différentes) et génèrera les logiciels que les DSI traditionnelles sont incapables de concevoir.
Avec cet état d'esprit (et son attention au service client), il n'est pas surprenant que First Direct soit la mieux placée au Royaume-Uni en terme de satisfaction de sa clientèle. Il est en revanche étonnant que ses bonnes pratiques ne soient pas plus copiées !
Après "Talking Point", un site où les consommateurs étaient invités à donner leur avis et échanger avec les représentants de la banque sur différents sujets (touchant notamment au service à la clientèle), First Direct franchit donc une nouvelle étape en invitant les internautes à participer à la création des nouvelles offres de la banque.
L'initiative est fièrement présentée comme une première au Royaume-Uni mais elle reste aussi exceptionnelle pour le reste du monde. En effet, si de nombreuses banques ont créé des "labs" divers et variés, ceux-ci sont souvent réservés à un accès interne (et parfois restreint) et la mise à contribution du public pour innover est rare dans le secteur financier. Pourtant, le vivier de personnes prêtes à s'investir pour apporter leurs idées constitue une richesse inestimable dont des programmes de co-innovation bien conçus peuvent tirer profit. Mais il faut croire que les banques sont encore effrayées par ces approches, qui se développent dans d'autres secteurs moins "frileux".
Et First Direct n'en restera certainement pas là. Dans un chat twitter et web, un de ses responsables évoque la possibilité de mettre à disposition des développeurs des API ("application programming interface") qui leur permettront de créer les applications que la banque n'a pas les moyens ou la volonté de réaliser ("la banque ne peut pas tout faire"). L'esprit reste le même : comme le suggèrent avec insistance les spécialistes, cette initiative ouvrira la voie à une innovation IT (informatique) ouverte sur les idées des millions de développeurs disponibles dans le monde entier (avec leurs cultures et perspectives différentes) et génèrera les logiciels que les DSI traditionnelles sont incapables de concevoir.
Avec cet état d'esprit (et son attention au service client), il n'est pas surprenant que First Direct soit la mieux placée au Royaume-Uni en terme de satisfaction de sa clientèle. Il est en revanche étonnant que ses bonnes pratiques ne soient pas plus copiées !
dimanche 3 octobre 2010
Tour d'horizon des démos de FinovateFall 2010
La conférence FinovateFall 2010 commence demain et donnera l'occasion de découvrir (ou redécouvrir) 56 solutions innovantes, dont je vous propose un rapide tour d'horizon.
Les grandes tendances parmi les entreprises invitées ne réservent pas beaucoup de surprises. On retrouve en effet les sujets à la mode en ce moment, parmi lesquels :
Après étude des 56 sociétés en présence, j'en ai sélectionné 4, à mon avis (subjectif et partial) dignes d'intérêt, à des titres divers. J'aurais pu en ajouter une cinquième, Credit Sesame, mais elle a déjà été traitée dans mon article sur la conférence "TechCrunch Disrupt" où elle était présente.
Backbase a déjà une longue histoire avec sa plate-forme de "portail 2.0", adoptée, dans sa version pour la banque en ligne, par Bank of America, Deutsche Bank et ING, entre autres.
La vision d'un portail de banque en ligne dynamique et personnalisable n'est certes pas nouvelle mais lorsqu'on voit sa progression (quasi nulle) sur les sites des banques françaises, l'offre de Backbase mérite d'être citée...
FinSphere propose au grand public PinPoint Fraud, une solution de détection de fraude destinée à répondre aux déficiences des banques et autres services spécialisés (de monitoring de crédit) en la matière.
Créé par des experts de la fraude, le produit promet une analyse (au moins) quotidienne des transactions pour une détection au plus tôt des anomalies. Une composante de l'analyse repose sur le téléphone mobile de l'utilisateur, qui détermine en permanence sa localisation (via une application fournie) et détecte les transactions "géographiquement anormales".
PinPoint Fraud cible ainsi les consommateurs qui ne surveillent pas leurs relevés de compte, en les alertant (par mail ou mobile) dès qu'une opération suspecte est réalisée.
Complémentaire des plates-formes de trading en ligne, la solution de HiddenLevers propose aux investisseurs individuels des outils d'analyse prédictive sur leur portefeuille.
Utilisant divers modèles d'analyse statistique, les experts de la startup établissent des corrélations entre les secteurs d'industrie et les facteurs économiques globaux. A partir de ces relations, le site propose d'appliquer des scénarios macro-économiques (par exemple un prolongement de la crise de l'euro) pour en voir l'effet probable sur un portefeuille, à travers une évaluation de l'impact sur les différents secteurs d'activité puis sur les actions de chaque entreprise.
Segmint propose une solution originale de gestion personnalisée de la relation client, exploitant la richesse d'information disponible au coeur des transactions bancaires de chaque client.
Chacune de ces transactions est analysée (de manière anonyme) pour identifier les activités (professionnelles, passe-temps...) et les événements de la vie du client. A partir de ces données élémentaires, des "KLIs" ("Key Lifestyle Indicators" ou indicateurs clés de style de vie) sont générés et utilisés pour identifier de nouvelles opportunités ciblées d'offres de produits ou de services.
Alors que la plupart des banques ont investi (massivement) dans des systèmes de gestion de la relation client (CRM), les résultats sont toujours loin d'être probants. Pourtant avec la connaissance intime (bien qu'"enfouie") de la vie quotidienne de leurs clients, à travers les paiements qu'ils effectuent, on pourrait s'attendre à une performance qu'aucun autre secteur ne peut espérer atteindre. Naturellement, il reste à intégrer ces informations dans des solutions de CRM qui n'ont pas été conçues pour cela...
Encore une fois, cette sélection représente pour moi un mélange de produits que les grandes entreprises pourraient mettre en oeuvre avec profit et, surtout, une source d'idées d'innovations qui permettraient aux banques de mieux répondre aux attentes de leurs clients.
Et merci à Laurent pour le pointeur sur la conférence ;-)
Les grandes tendances parmi les entreprises invitées ne réservent pas beaucoup de surprises. On retrouve en effet les sujets à la mode en ce moment, parmi lesquels :
- Le PFM ("Personal Finance Management" ou gestion de finances personnelles) et ses variations, notamment pour les petites entreprises, avec des offres connues (par exemple Yodlee , Strands ou encore Bundle, issue d'un partenariat entre Citi et Microsoft) ou moins connues. Des solutions plus traditionnelles de banque en ligne (ClairMail) ou mobile (mFoundry) sont également représentées.
- Le trading en ligne et autres outils d'aide à l'investissement (comme Unience, encore un réseau social pour investisseurs), avec des approches qui se veulent plus simples à appréhender, voire ludiques.
- Les paiements, avec un quota obligatoire de solutions mobiles, dont les noms sont pour la plupart connus (Bling Nation et ses autocollants NFC, PopMoney de CashEdge, PayNearMe dont nous avons déjà parlé...).
- Les plates-formes mobiles qui promettent la création d'applications "universelles" (comme celle de Kony Solutions), développées une fois et déployables sur tous les smartphones du marché (un message connu auquel je ne crois toujours pas...).
Après étude des 56 sociétés en présence, j'en ai sélectionné 4, à mon avis (subjectif et partial) dignes d'intérêt, à des titres divers. J'aurais pu en ajouter une cinquième, Credit Sesame, mais elle a déjà été traitée dans mon article sur la conférence "TechCrunch Disrupt" où elle était présente.
Backbase a déjà une longue histoire avec sa plate-forme de "portail 2.0", adoptée, dans sa version pour la banque en ligne, par Bank of America, Deutsche Bank et ING, entre autres.
La vision d'un portail de banque en ligne dynamique et personnalisable n'est certes pas nouvelle mais lorsqu'on voit sa progression (quasi nulle) sur les sites des banques françaises, l'offre de Backbase mérite d'être citée...
FinSphere propose au grand public PinPoint Fraud, une solution de détection de fraude destinée à répondre aux déficiences des banques et autres services spécialisés (de monitoring de crédit) en la matière.
Créé par des experts de la fraude, le produit promet une analyse (au moins) quotidienne des transactions pour une détection au plus tôt des anomalies. Une composante de l'analyse repose sur le téléphone mobile de l'utilisateur, qui détermine en permanence sa localisation (via une application fournie) et détecte les transactions "géographiquement anormales".
PinPoint Fraud cible ainsi les consommateurs qui ne surveillent pas leurs relevés de compte, en les alertant (par mail ou mobile) dès qu'une opération suspecte est réalisée.
Complémentaire des plates-formes de trading en ligne, la solution de HiddenLevers propose aux investisseurs individuels des outils d'analyse prédictive sur leur portefeuille.
Utilisant divers modèles d'analyse statistique, les experts de la startup établissent des corrélations entre les secteurs d'industrie et les facteurs économiques globaux. A partir de ces relations, le site propose d'appliquer des scénarios macro-économiques (par exemple un prolongement de la crise de l'euro) pour en voir l'effet probable sur un portefeuille, à travers une évaluation de l'impact sur les différents secteurs d'activité puis sur les actions de chaque entreprise.
Segmint propose une solution originale de gestion personnalisée de la relation client, exploitant la richesse d'information disponible au coeur des transactions bancaires de chaque client.
Chacune de ces transactions est analysée (de manière anonyme) pour identifier les activités (professionnelles, passe-temps...) et les événements de la vie du client. A partir de ces données élémentaires, des "KLIs" ("Key Lifestyle Indicators" ou indicateurs clés de style de vie) sont générés et utilisés pour identifier de nouvelles opportunités ciblées d'offres de produits ou de services.
Alors que la plupart des banques ont investi (massivement) dans des systèmes de gestion de la relation client (CRM), les résultats sont toujours loin d'être probants. Pourtant avec la connaissance intime (bien qu'"enfouie") de la vie quotidienne de leurs clients, à travers les paiements qu'ils effectuent, on pourrait s'attendre à une performance qu'aucun autre secteur ne peut espérer atteindre. Naturellement, il reste à intégrer ces informations dans des solutions de CRM qui n'ont pas été conçues pour cela...
Encore une fois, cette sélection représente pour moi un mélange de produits que les grandes entreprises pourraient mettre en oeuvre avec profit et, surtout, une source d'idées d'innovations qui permettraient aux banques de mieux répondre aux attentes de leurs clients.
Et merci à Laurent pour le pointeur sur la conférence ;-)
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