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C'est pas mon idée !

mercredi 7 décembre 2011

Prédictions 2012 (3) : CIO.com

Prédictions
Le feuilleton des prédictions pour 2012 se poursuit et nous devons ce 3ème épisode au magazine CIO.com. Celui-ci cible clairement les DSI mais il devrait néanmoins intéresser tous les acteurs de l'entreprise tant les choix informatiques ont d'influence dans tous les domaines.

Voici donc 10 tendances, qui rejoignent celles déjà évoquées par IDC et Gartner, autour des grands thèmes du mobile, du cloud computing, des médias sociaux...
  • Les données deviennent "liquides", une expression qui veut illustrer le fait que l'information s'infiltre dans toutes les activités, pour lesquelles elle devient rapidement critique, et qu'elle doit donc être activement gérée, partout, et protégée.
  • La "consumérisation" de l'informatique explose et dépasse largement les premiers mouvements d'intégration des appareils personnels (mobiles, en particuliers) dans le périmètre du Système d'Information (avec les initiatives BYOD - "Bring Your Own Device"). Les réseaux sociaux, les services dans le cloud, sous toutes leurs formes, la ludification... vont également faire une entrée fracassante dans l'entreprise.
  • Ce mouvement va s'accompagner d'un transfert du point d'attention des projets informatiques de la conception des interfaces graphiques à la qualité de l'expérience utilisateur dans l'utilisation des solutions mises à disposition des collaborateurs ou des clients. Autrement dit, il faut passer d'une logique de maquette d'écrans à une gestion "globale" des interactions de l'utilisateur.
  • Le commerce électronique s'étend sur le mobile et les médias sociaux, jusqu'à représenter 20 à 30 % du volume total des transactions.
  • La virtualisation devient virale : après les serveurs et le stockage (où l'effet en est peu visible pour les utilisateurs), les technologies de virtualisation vont investir le poste de travail, le mobile, les données personnelles... Ce qui sera un exercice difficile pour le DSI (en matière de sécurité, notamment) ouvrira aussi de nouvelles opportunités aux collaborateurs, par exemple en leur permettant de retrouver leur environnement de travail à l'identique (quasiment) sur tous leurs appareils.
  • Le cloud devient opérationnel et, après les discussions théoriques et les expérimentations, les préoccupations concernent désormais l'implémentation, l'administration et la sécurisation.
  • Les relations avec les directeurs financier et marketing se renforcent, pour l'un en raison de la pression persistante sur la maîtrise des coûts, et pour l'autre, du fait de l'importance croissante des technologies dans le métier du marketing. Le DSI devra choisir entre compétition et collaboration avec ces deux partenaires.
  • La croissance interne et externe s'intensifie et tire les stratégies dans deux directions opposées : l'optimisation des processus internes et la contribution à l'augmentation des revenus de l'entreprise. Les équipes informatiques auront-elles les moyens et les compétences pour mener ces deux chantiers de front ?
  • L'économie globale est en mauvaise posture et le DSI devra nécessairement ré-examiner sa stratégie, notamment à la lumière des "méga-tendances" du mobile, du cloud, des médias sociaux, de big data, de la consumérisation.
  • La pertinence du DSI est à nouveau en question et celui-ci va encore devoir prouver la valeur qu'il apporte au business de l'entreprise pour conserver le pouvoir et l'influence acquis au cours de la décennie écoulée.

mardi 6 décembre 2011

CBA invite ses clients à imaginer la banque du futur

IdeaBank (CBA)
La banque australienne CBA (Commonwealth Bank of Australia), qui faisait déjà l'actualité le mois dernier avec son (impressionnante) application mobile Kaching, revient sur le devant de la scène en dévoilant IdeaBank, sa nouvelle initiative d'innovation ouverte. Parce que, selon ses termes, "les meilleurs idées ne viendront pas de nous mais de vous", CommBank fait "simplement" appel au grand public pour imaginer la banque du futur.

Le cœur du dispositif est constitué d'une plate-forme collaborative – dont l'ouverture est prévue ce 8 décembre – qui permettra à tous les internautes de proposer leurs idées, évaluer celles des autres et engager des discussions avec les autres participants autour des suggestions émises. Les échanges seront ouverts jusqu'à début mars et se conclueront par la sélection (par le vote du public et de dirigeants de la banque) d'un "vainqueur", qui se verra récompenser par un prix de 10 000 AUD.

Au-delà du thème général (la banque du futur) de la compétition, les participants auront toute liberté de décliner leurs idées sur tous les sujets qui les inspirent, des taux d'intérêts à l'amélioration des infrastructures informatiques.

IdeaBank (CBA)

Avec cette opération, l'objectif pour CBA est essentiellement de développer l'innovation, afin de se différencier de ses concurrentes, de créer de nouveaux services et d'améliorer l'expérience de ses utilisateurs. Concrètement, elle affirme sa ferme intention, sous réserve de faisabilité, d'implémenter les meilleures idées qui lui seront proposées et de les mettre à disposition de ses clients le plus rapidement possible dans le "My NetBank Lab", l'espace qu'elle a dédié à ses expérimentations.

Une autre volonté affichée est de pérenniser l'approche d'innovation en crowdsourcing. Ainsi, après le thème de la banque du futur (qui semblait pertinent à l'occasion du 100ème anniversaire de l'institution), de nouvelles catégories, touchant à tous les secteurs financiers, seront proposées dès 2012.

Côté technique, il faudra retenir qu'IdeaBank est basée sur une plate-forme SalesForce, un des fournisseurs "habituels" de CBA, et qu'elle a donné toute satisfaction, en particulier du point de vue de sa rapidité de mise en œuvre. Cette expérience viendra donc, aussi, compléter la liste des succès du "cloud computing", avec un cas d'usage presque idéal.

L'initiative de CommBank rappelle l'opération "Si j'étais un banquier" du Crédit Mutuel (en 2007), qui était restée, jusqu'à maintenant, une exception parmi les institutions financières et qui n'a d'ailleurs par été prolongée après ce qui m'avait pourtant semblé être une réussite. Par rapport à cette "référence", IdeaBank profite des progrès réalisés en 4 ans, en intégrant, par exemple, des fonctions empruntées aux réseaux sociaux, favorisant les échanges entre les participants.

Dans un dispositif globalement séduisant, je noterai malgré tout deux défauts : d'une part, le thème de la "compétition" me semble beaucoup trop large, ce qui risque de limiter la participation, faute d'une compréhension précise de ce qui est attendu de la part des internautes, et, d'autre part, l'attribution d'un prix à 1 vainqueur (individuel) paraît contradictoire avec l'esprit communautaire que CBA essaie d'instiller. Espérons que ces handicaps ne nuisent pas trop au succès d'IdeaBank !

lundi 5 décembre 2011

Prédictions 2012 (2) : Gartner

Prédictions
Sur les talons d'IDC, Gartner produit à son tour sa série de prédictions à l'approche de la fin d'année. Les mêmes thèmes sont à l'honneur, toutefois abordés d'une manière sensiblement différente. Et, malheureusement, les visions à long terme du cabinet nous empêchent d'évaluer la validité des pronostics établis l'an dernier.

Dans le secteur du mobile, la principale conviction de Gartner est l'imminence d'une domination écrasante par rapport aux PC traditionnels. Celle-ci se traduira par une explosion du nombre de projets ciblant, en priorité ou exclusivement, les plates-formes mobiles. Qui plus est, ces réalisations seront le domaine privilégié de l'innovation, favorisée par l'extension continue des capacités des systèmes et matériels.

Une autre tendance dans le même domaine, et qui relève aussi de la consumérisation des technologies, est la progression des appareils mobiles (téléphones et tablettes), ainsi que des interfaces web, pour l'accès à la messagerie professionnelle. Les clients "lourds" (inévitables MS Outlook ou Lotus Notes) ne représenteraient alors plus que la moitié des usages en 2016.

Dans le même registre de la consumérisation, une partie importante des dépenses informatiques va échapper au DSI (35% en 2015, pour une majorité d'entreprises), alors que les responsables "métier" et les utilisateurs finaux trouveront les solutions qui leur conviennent sur le marché, directement, sans qu'elles aient à être "contextualisées" par leur département informatique.

Du côté des réseaux sociaux, le cabinet d'analyste fait preuve d'une certaine audace en prédisant l'éclatement de la bulle des investissements, qui s'amplifie actuellement, en 2013 pour les sites grand public et en 2014 pour les plates-formes d'entreprise. Le développement à un rythme effréné de nouvelles solutions dans un marché naturellement limité n'est pas viable pour nombre des petits acteurs qui tentent d'atteindre la taille critique, alors que les géants (Microsoft, IBM, Oracle, Google, VMWare...) affirment leur présence.

En ce qui concerne les "big data", Gartner choisit de souligner la difficulté pour les organisations d'en maîtriser la complexité, qui n'est pas uniquement celle du volume des données mais concerne aussi la capacité à les analyser, de manière pertinente, en temps réel. Les analystes n'hésitent pas à déclarer qu'en 2015, 85% des grandes entreprises (les "Fortune 500") seront toujours incapables de tirer un avantage concurrentiel de ces technologies.

Soulignant l'importance du "cloud computing", une bonne partie des prédictions y sont consacrées. Il est question, par exemple, des préoccupations de sécurité et de protection des données, qui vont progressivement être domptées : d'une part les exigences d'audit indépendant de la part des fournisseurs se banaliseront (un pré-requis pour 40% des entreprises en 2016) et, d'autre part, les utilisateurs s'habitueront à héberger des données (client) sensibles dans le "nuage" (50% des grandes organisations en 2015).

Pourtant, la cybercriminalité ne faiblira pas, avec une croissance soutenue de son impact financier (10% annuellement jusqu'en 2016), due à la découverte permanente de nouvelles vulnérabilités et la mise en œuvre d'attaques de plus en plus ciblées.

Dans un registre un peu anecdotique, et toujours à propos du "cloud", Gartner estime que, progressivement, la tarification des services va isoler les coûts de l'énergie du reste de la facture, et qu'ils deviendront variables. Une bonne nouvelle pour les tenants du "Green IT", qui disposeront ainsi d'un levier supplémentaire pour leurs actions...

Les grands thèmes évoqués par Gartner ne réservent pas de surprise et il est probable qu'on les retrouvera dans tous les exercices du genre de la saison. Certaines des prédictions individuelles, par leur côté "pointu", ont malgré tout le mérite d'éveiller la curiosité et d'inciter à une réflexion un peu différente...

dimanche 4 décembre 2011

Prédictions 2012 (1) : IDC

Prédictions
Voilà le retour de cette période particulière de l'année où tous les analystes de la terre rivalisent de prédictions pour l'avenir. Premier à se lancer dans cet exercice, le cabinet IDC livre sa vision pour 2012 et au-delà, que je résumerai par l'expression : "début de la bataille pour 2020" (inspirée du sous-titre du rapport, "Competing for 2020").

Mais avant de nous projeter dans le futur, je vous propose un court retour en arrière, sur les prédictions d'IDC pour 2011. Au premier rang de celles-ci, la croissance des dépenses informatiques a dépassé les projections initiales, pourtant optimistes. Du côté des technologies, le mobile, les réseaux sociaux et le cloud computing n'ont effectivement pas manqué de se développer à un rythme soutenu, même si, dans les détails, toutes les prédictions n'ont pas été concrétisées. Globalement, IDC ne se tire pas mal de cette petite vérification de pertinence.

En 2012, la continuité prévaudra et les mêmes thèmes resteront d'actualité. En revanche, il s'agira d'une année charnière, au cours de laquelle commenceront à se dégager les leaders (et les perdants) du secteur technologique de la prochaine décennie. Celle-ci fixera le point de départ d'une troisième génération de plates-formes (après les mainframes et les PC en réseau), caractérisée par (évidemment !) les mobiles, les médias sociaux, le cloud et big data.

Ainsi, 2012 va être l'année où les réseaux, appareils et applications mobiles vont prendre le pas sur leurs équivalents "fixes", avec une explosion des solutions (nombre d'utilisateurs, nombre d'applications...). Dans le cas des systèmes d'exploitation, la concurrence va devenir féroce entre les leaders actuels (Apple et Google) et leurs challengers (RIM et Microsoft, ainsi que HP, qui reviendrait dans la bataille). Les mois qui viennent vont s'avérer décisifs pour déterminer si ces derniers ont un avenir.

Le cloud computing va vivre à nouveau une année de croissance extrême, accompagnée d'une intensification de la guerre que se livrent les grands fournisseurs de plates-formes (Amazon, Google, IBM, Microsoft, Oracle, Salesforce, VMWare...), qui va aussi accélérer les concentrations. Autre signe de l'arrivée à maturité, les acteurs vont progressivement passer de systèmes spécifiques à des solutions du marché, en particulier pour l'administration. De plus, 80% des nouveaux progiciels seront désormais conçus directement pour le "nuage".

Dans le domaine des réseaux sociaux, une même tendance aux fusions-acquisitions va affecter les éditeurs de plates-formes d'entreprise (IDC cite, par exemple, Microsoft et LinkedIn ou SAP et Jive). Côté grand public, Facebook vise à devenir la solution de choix pour la relation B2C (et semble déjà en bonne voie d'y parvenir).

Sans surprise, après la médiatisation du sujet en 2011, le mouvement big data va susciter de nouveaux développements de produits décisionnels et analytiques, exploitant et combinant bases de données en mémoire, fonctions d'analyse intégrées , appliances dédiées... A mon sens, il reste cependant à voir si les utilisateurs parviendront à la maturité nécessaire pour exploiter ces outils.

Enfin, IDC se permet un détour parmi ces tendances "lourdes" en citant l'internet des objets dans sa liste de prédictions. Le cabinet ne s'avance cependant pas beaucoup sur le sujet, si ce n'est pour annoncer que, d'ici moins de 2 ans, les appareils connectés seront 2 fois plus nombreux que les outils informatiques traditionnels. Les analystes laissent imaginer les opportunités que cette tendance peut offrir, avec la popularisation des technologies NFC et de microblogging (pour les échanges d'information entre objets et personnes), sans en préciser plus les contours.

En termes de marché global, les dépenses informatiques devraient continuer à progresser à un niveau similaire à celui de 2011 (proche de 7%). Mais la situation sera très contrastée entre les pays émergents, qui tirent la plus grande partie de cette croissance et l'Europe où la crise de l'euro pourrait la rabaisser à 2%...

En conclusion, 2012 va certainement ressembler à 2011 mais, si on en croit IDC, l'année sera (encore) plus passionnante à suivre, en raison de l'élévation du niveau des enjeux (vitaux) qui se joueront entre les acteurs des technologies.

MasterCard et mFoundry intègrent banque et paiements mobiles

mFoundry
Après les échecs répétés des expérimentations de paiement sans contact sur mobile à travers le monde, il devient clair que son attraction pour les consommateurs passera par l'intégration de services diversifiés. Dans cette logique, deux approches commencent à s'opposer : d'un côté, les nouveaux entrants (Google, par exemple) parient sur la couverture du cycle d'achat complet (avant, pendant et après la transaction) et, de l'autre, les banques misent sur la combinaison du paiement et des services bancaires.

Le fournisseur de solutions de banque mobile mFoundry a choisi cette deuxième voie et la concrétise sous la forme d'un partenariat avec MasterCard, assorti d'une entrée de cette dernière au capital de la startup. Grâce à cette opération, la technologie sans contact (NFC) PayPass de la seconde sera prochainement intégrée aux applications de la première, la rendant ainsi (presque) automatiquement accessible aux clients des quelques 600 établissements américains (banques et credit unions) qui lui font confiance.

Pour mFoundry, l'entrée sur le marché du paiement mobile n'est pas tout à fait une première : elle est, en particulier, à l'origine de l'application de Starbucks, une véritable "success story" du secteur. Celle-ci est d'ailleurs maintenant déclinée en une offre inscrite au catalogue de la startup, destinée à la fois aux institutions financières et aux opérateurs de télécommunication. Déjà avant le partenariat avec MasterCard, la technologie NFC était inscrite dans la feuille de route de cette solution et le nouvel accord va certainement en accélérer le développement.

Il n'en reste pas moins que c'est probablement l'intégration des fonctions de paiement au cœur des services de banque mobile qui suscite l'intérêt de MasterCard. Elle lui permettra, en effet, de stimuler l'adoption du paiement sur smartphone par les consommateurs, ne serait-ce que par le simple fait que ceux-ci seront "exposés" aux options de paiement à chaque utilisation (de plus en plus fréquente et régulière) des services bancaires.

Cette stratégie ne constitue pas un cas isolé et rappellera, notamment, celles de la Commonwealth Bank of Australia avec Kaching ou, dans une moindre mesure, de BNP Paribas Mobile, bien que dans ce dernier cas, l'approche par applications "élémentaires" nuise aux synergies entre banque et paiements.

Et, pour revenir aux visions divergentes que j'évoquais en introduction, il me semble que leur opposition devrait rapidement s'estomper, pour laisser place à une intégration la plus large possible. Après tout, la principale valeur du porte-monnaie virtuel, par rapport à son modèle "physique", sera d'être universel.

jeudi 1 décembre 2011

10 conseils pour une "entreprise sociale"

Social Network
Aujourd'hui toutes les grandes entreprises (ou presque) se piquent de réseaux sociaux et, qu'il s'agisse d'engager le dialogue avec les clients sur les plates-formes publiques ou de développer les discussions internes entre les collaborateurs, les initiatives se répandent, avec plus ou moins de succès. Eric Lundquist (InformationWeek) propose 10 conseils simples pour éviter quelques tâtonnements et erreurs.

Ne recréez pas une solution de toutes pièces : de nombreux éditeurs proposent désormais des produits adaptés aux besoins des entreprises, prenant en compte, en particulier, leurs exigences de sécurité, de protection de la vie privée et de conformité réglementaire.

Trouvez les expertises en interne. Pour gérer les interactions avec les clients comme pour stimuler la collaboration interne, les utilisateurs "pilotes" sont déjà présents dans toutes les strates de l'organisation. Et les "Générations Y" ne sont pas les seuls candidats possibles !

Il n'est plus nécessaire d'inventer les cas d'utilisation, comme c'était encore le cas il y a quelques années. Dorénavant, les retours d'expériences sont légion et largement relayés dans la presse, constituant une immense source d'inspiration pour les nouvelles initiatives.

Les réseaux sociaux publics ne concernent pas que le marketing : au-delà des premières utilisations pour promouvoir la marque ou développer la notoriété de l'entreprise, les autres départements de l'organisation, tels que le service client, ont aussi leur place dans les dispositifs.

Les médias sociaux ne se limitent pas à du texte et les sites dominants intègrent aussi du son, de la vidéo, des animations, jusqu'à en constituer une composante perçue comme indispensable par les internautes...

Comprenez les nouvelles plates-formes. Facebook, tout comme LinkedIn, Twitter, Google+..., sont progressivement devenus beaucoup plus que de simples réseaux sociaux, pour constituer de véritables socles de développement d'applications, aux paradigmes particuliers, qu'il faut apprendre à maîtriser.

Ne pensez pas uniquement "PC", le mobile et les médias sociaux sont intimement liés et la tendance ne fait que s'amplifier. La prise en compte des accès par téléphone ou par tablette, depuis l'extérieur des murs de l'entreprise, devient particulièrement importante pour les initiatives internes.

Le réseau social d'entreprise requiert une implication à haut niveau. Cette recommandation, très concrète, est tirée de l'observation de la réalité : le succès des implémentations d'outils tels que Yammer ou Chatter est plus facile à atteindre quand quelques dirigeants ou responsables haut placés dans la hiérarchie participent (régulièrement) aux discussions.

Ne cherchez pas à tout faire en même temps. La maîtrise de l'entreprise sociale est un projet de grande ampleur, qu'il vaut mieux aborder par étapes successives, dont les premières auront intérêt à rester plutôt modestes.

Personne n'a toutes les réponses et les "bonnes recettes" se construisent en partageant les expériences et les conseils entre pairs. Par exemple sur un réseau social !

mercredi 30 novembre 2011

En Inde, l'inclusion financière passe par le mobile

HDFC Bank
Depuis le lancement de M-Pesa au Kenya, en 2003, et le retentissant succès que constituent ses 14 millions d'utilisateurs actuels, ce modèle unique de banque mobile n'avait fait l'objet (pour l'instant) que d'extensions limitées en Afrique du Sud et en Tanzanie et d'une timide expérimentation en Afghanistan. Le lancement [lien PDF] en Inde d'une déclinaison locale va (enfin) éprouver sa viabilité à grande échelle dans une autre région du monde.

La nouvelle offre est le fruit d'un partenariat entre HDFC Bank et Vodafone (dont Safaricom, à l'origine de M-Pesa, est une filiale). Dans une vision de développement de l'inclusion financière (qui a démontré sa réelle pertinence au Kenya), elle offre, sur les téléphones mobiles les plus simples, des services élémentaires – transferts, épargne, dépôt et retrait d'espèces – relayés dans les boutiques de l'opérateur.

En effet, celles-ci jouent aussi un rôle d'agence bancaire, bénéfciant d'une couverture géographique sans commune mesure avec celle des institutions financières du pays. Le Rajasthan, premier état dans lequel le déploiement est opérationnel, compte ainsi déjà plus de 2200 points de vente opérationnels, dans 54 villes et 320 villages. Dans ce cas, au moins, la valeur apportée par l'opérateur de télécommunications dans le partenariat est claire et incontestable !

Comme en Afrique, la population indienne, en particulier rurale, n'a qu'un accès limité aux banques, qui ne sont présentes, pour l'essentiel, que dans les grandes villes. A l'opposé, la formidable expansion du téléphone mobile représente une opportunité sans précédent pour apporter des services financiers de base à des populations jusque là exclues du système bancaire. Avec sa solution mobile, HDFC Bank espère toucher 10 millions de familles d'ici 5 ans et leur apporter praticité, sécurité, capacité d'épargne... dans la gestion de leur argent.

mardi 29 novembre 2011

Le Digital Innovation Lab de Capital One

Capital One
Les "Innovation Labs" deviennent populaires dans les banques du monde entier. Si, pour les quelques établissements français qui s'y sont essayés, ils sont souvent conçus comme des espaces de démonstration (technologique), l'américaine Capital One adopte une approche différente, plus opérationnelle, qu'une interview pour Bank Technology News de Mark Jamison, responsable du "Digital Innovation Lab" de la banque, nous permet de découvrir.

Le meilleur moyen de percevoir la particularité de cette nouvelle structure est de consulter une annonce publiée récemment pour recruter un "entrepreneur en résidence". Et, comme cet intitulé l'indique clairement, une des principales attentes vis-à-vis des candidats est une expérience de création d'entreprise. Jamison est lui-même dans ce cas, son CV comportant près de 15 ans passés dans des startups, utilement complétés par un passage chez Charles Schwab.

Il justifie cette préférence par la conviction fondamentale que la rapidité et l'agilité sont critiques pour l'innovation. Quand de nouveaux produits ou services sont mis sur le marché pour la première fois et distribués à de "vrais" clients, ils ne sont jamais "parfaits" à 100% et il faut l'expérience et la "culture" d'un entrepreneur pour gérer cette situation et savoir choisir ce qui doit être conservé, puis comment améliorer le "premier jet".

L'organisation des projets reflète directement cette philosophie : chacun est pris en charge par une équipe de 3 personnes complémentaires – un analyste métier, un ingénieur et un designer – qui travaillent ensemble à transformer un concept en une réalisation tangible sur un cycle court, de 2 ou 3 semaines. Ce qui serait (évidemment) impensable dans les DSI "traditionnelles" des banques...

Les thèmes abordés sont les "standards" de l'innovation dans les services financiers : mobile et médias sociaux, expérience utilisateur, solutions de paiement émergentes... Autant de sujets que Jamison n'hésite pas à comparer à un "far west", encore totalement ouvert aux pionniers.

Le Lab de Capital One a été créé au début de l'année et les premiers mois ont été consacrés au recrutement de l'équipe (qui compte déjà une dizaine de personnes) et à la mise en place de l'organisation. Ses premières réalisations devraient être dévoilées sous peu, ce qui nous donnera l'occasion de vérifier si les promesses sont tenues...

lundi 28 novembre 2011

L'application "Mon Budget" du Crédit Agricole évolue

Mon Budget
Les 3 grandes banques françaises avaient lancé leurs applications mobiles presque simultanément, au début de l'été 2010, elles sont à nouveau synchronisées pour leurs "versions 2" respectives. Après "L'Appli" de Société Générale et sa "neuvième fonction", et dans la foulée de la vaste initiative "BNP Paribas Mobile", le Crédit Agricole s'apprête ainsi à publier une nouvelle mouture de "Mon Budget", que j'ai pu découvrir en avant-première à l'Alpha Agence (merci Tugdual !).

Alors que l'application est déjà l'incontestable n°1 des AppStores en satisfaction des clients (avec 4 étoiles et demie), la banque a interrogé ses utilisateurs pour connaître leurs frustrations et leurs attentes. Cette grande enquête a permis d'identifier 72 fonctions largement demandées, plus ou moins complexes, dont une bonne partie fera son apparition dans la prochaine version de l'application.

Ces nouveautés sont, selon les cas, implémentées dans les différentes éditions disponibles mais l'iPad est le mieux servi. D'emblée, la page d'accueil donne le ton, avec sa présentation modulaire des informations essentielles sur les comptes :

Mon Budget V2

Outre la "météo" (très visuelle et paramétrable), qui existait déjà sur Android et devient disponible sur les appareils d'Apple, l'utilisateur voit, d'un seul coup d'oeil, l'évolution du solde de son compte courant, un aperçu de ses dépenses par familles (sous deux formes différentes) et la répartition de son patrimoine. Invisible sur cette image, chacun de ces "modules" peut être personnalisé (pour, par exemple, prendre en compte une période mensuelle ou annuelle). On notera également la présence d'un espace réservé aux "conseils" qui permettront à la banque de diffuser des messages d'information à ses clients.

Sans reprendre la totalité des nouvelles fonctions, je m'attarderai sur celles qui me semblent les plus importantes. A commencer par la catégorisation automatique des opérations, basée sur leur libellé, qui devrait ouvrir la gestion de finances personnelles (PFM) à un public beaucoup plus large, car ne réclamant plus aucun effort.

Pour les plus pointilleux, il restera tout de même la possibilité de modifier la sélection, si nécessaire. Les catégories ne peuvent toujours pas être personnalisées (ce qui est probablement lié à l'automatisation du classement) mais une notion de "famille", regroupant plusieurs catégories, offrira un peu de latitude aux utilisateurs qui souhaitent organiser leurs comptes à leur guise.

Prenant peut-être exemple sur BankSimple (renommée récemment), le Crédit Agricole introduit un moteur de recherche sur les transactions qui, sans être à base de langage naturel, permettra de retrouver rapidement une opération. Il aurait cependant été intéressant de le rendre accessible depuis toute page de l'application.

J'apprécie aussi la fonction (qui, semble-t-il existait déjà dans la version Android actuelle) permettant de créer et suivre un "projet". Un peu comme avec l'offre "Frank by OCBC" (et quelques autres), le client peut définir son ou ses projet(s), avec un budget et un planning d'épargne associés. Sans avoir à ouvrir un compte dédié, ces fonds "réservés" seront simplement mis de côté "virtuellement", apparaissant comme tels dans les vues du budget.

Plus anecdotique mais démontrant un souci du détail louable, l'application pour iPad permet à l'utilisateur d'insérer un post-it sur toute page à sa convenance, pour annoter une dépense, se souvenir d'un virement à effectuer...

Sans constituer une solution de PFM absolument complète (il lui manque encore, par exemple, l'intégration automatique de comptes externes), "Mon Budget" reste l'initiative la plus aboutie du genre (sur mobile) parmi les grandes banques françaises.

Et si j'attribuais récemment une palme à BNP Paribas pour le spectre de son offre mobile, le Crédit Agricole maintient largement son avance en ce qui concerne la qualité et la richesse de son application bancaire. Celle-ci risque même de frustrer les utilisateurs du site internet de la banque, dont les services vont leur paraitre un peu "fades" en comparaison de l'interface sur iPad !

dimanche 27 novembre 2011

Brèves : Serve, Facebook, BBVA

Les quelques brèves de cette série touchent à des thèmes bien différents les uns des autres : paiement en ligne (avec American Express), réseaux sociaux (avec Facebook) et formation (avec BBVA).


Serve
American Express poursuit sa marche forcée avec sa solution de paiement électronique Serve, y ajoutant régulièrement de nouvelles fonctions. Et les efforts semblent commencer à porter leurs fruits, si toutefois on les mesure à l'aune des commerçants qui se laissent séduire. Le partenariat signé avec Ticketmaster est à ce titre représentatif, tout en adoptant une approche intelligente.

Ainsi, plutôt que de faire de Serve une énième option de paiement sur le site de billetterie, il est plutôt proposé comme un moyen de répartir entre amis le prix des billets réservés. Une des causes les plus fréquentes des abandons de transaction sur le site de Ticketmaster est justement la crainte pour l'acheteur des difficultés à se faire rembourser la dépense par les autres participants. Il sera désormais possible, en 3 clics, de notifier directement toutes les personnes impliquées de leur part de la dépense, qu'ils pourront à leur tour régler presque instantanément.


Facebook
La société SociableLabs est spécialisée dans l'intégration des réseaux sociaux au sein des sites de commerce en ligne, ce qui la place dans une position idéale pour se livrer à quelques études d'usage. C'est ainsi qu'elle a déterminé que, en moyenne, la moitié des internautes consultant un site marchand étaient (simultanément) identifiés sur Facebook.

Cette observation, qui, par extrapolation, doit être plus ou moins applicable aux sites bancaires, laisse imaginer de nouvelles applications. Car, lorsque l'utilisateur est déjà connecté, l'intégration de fonctions sociales dans les sites qu'il visite devient beaucoup plus transparente et immédiate, permettant, par exemple, de contacter ses amis en une seule action.


BBVA e-learning
La banque espagnole BBVA est citée fréquemment dans ces colonnes pour ses innovations technologico-bancaires. Mais cette fois, ce qui a attiré mon attention est une initiative éloignée de son cœur d'activité, puisqu'il s'agit d'une offre de e-learning, destinée aux entreprises de toutes tailles.

BBVA est suffisamment fière de sa plate-forme technique et des contenus de ses formations internes (délivrées à ses plus de 110 000 collaborateurs à travers le monde) pour considérer qu'elle vaut la peine d'être déclinée en une nouvelle activité à part entière. Une centaine de cours différents sont disponibles, la plupart sous forme courte, sur des sujets de gestion financière et des risques, gestion commerciale, management ou encore relations humaines.