Les bonnes pratiques en matière de "culture de l'innovation" peuvent venir de partout. Preuve en est cet article de ComputerWorld présentant les "recettes" de David Richter, responsable des infrastructures informatiques de Kimberly-Clark (vous savez, le fabricant des Kleenex !), dont la volonté de promouvoir la créativité de ses équipes est incontestablement ambitieuse.
En effet, les conditions idéales étaient loin d'être réunies lorsqu'il s'est lancé dans l'aventure : entre une série de restructurations (une succession d'externalisation et de ré-internalisation), qui a rendu tous les collaborateurs méfiants, et une organisation reposant entièrement sur des processus hyper-formalisés, les idées avaient tendance à être rapidement bloquées, souvent à la source.
La démarche que Richter souhaitait mettre en place devait être adaptée au contexte de l'entreprise. Il lui a donc fallu ré-instaurer la confiance et faire tomber les principales barrières. Première étape, c'est un modèle typique de capital-risqueur qu'il a choisi : n'importe lequel des 250 employés de son département peut venir lui soumettre une idée, sous la forme d'un pitch court, de 30 minutes. L'objectif de cette présentation est d'esquisser les bénéfices potentiels pour l'entreprise face aux efforts nécessaires et aux coûts engendrés, sans pour autant chercher à dégager un modèle économique auquel Richter ne croit pas dans ces phases amont, d'incubation.
Si l'argumentaire est suffisamment convaincant, le projet passe à l'étape suivante, en recevant son premier tour de financement. Là encore, l'expérience va à l'encontre des théories et, surtout, des craintes habituelles. Car la plupart des idées qui sont émises peuvent être mise en œuvre, pour un premier test, avec un minimum de moyens. Richter indique qu'en 10 mois, il a investi moins de 10 000 $ dans les idées qui lui ont été soumises.
Le plus important à ce stade du processus est de définir un livrable et une échéance, au besoin en limitant la portée du "prototype" à produire, de manière à éviter tout risque qu'il ne s'étale indéfiniment dans le temps, sans résultat tangible. Ensuite seulement, si l'essai se transforme en succès, alors interviendra le deuxième tour de financement, indispensable pour passer au mode "industriel".
Enfin, une dernière étape apporte la touche finale à ce cycle : la publication, sur l'intranet de l'entreprise, des idées proposées, toutes les idées, qu'elles réussissent ou non, avec leurs résultats. Cette exposition publique constitue un facteur majeur de motivation et de confiance des collaborateurs et un instrument de démonstration de la (dure) réalité de l'innovation : pour quelques succès il y a beaucoup d'échecs, qui doivent aussi être mis à profit pour progresser, devenant ainsi autant d'occasions d'apprendre...
mardi 10 avril 2012
lundi 9 avril 2012
Brèves : 15 jours d'actualité des paiements
L'actualité des paiements est plus que jamais brûlante mais elle tend à se diversifier, ces derniers temps. Ainsi, par exemple, parmi les annonces qui composent cette série de brèves, 3 concernent le mobile et 3 ciblent le paiement en ligne, 3 sont le fait de startups contre 2 émanant de banques et 1 d'un spécialiste des transferts d'argent...
La première nouveauté ne constituera pas une révolution : l'annonce par USAA de l'introduction d'un service de paiement P2P ("pair à pair") dans ses applications mobiles vient ainsi compléter une liste de banques qui commence à se faire longue. Son fonctionnement est tout aussi classique : il suffit d'indiquer l'adresse mail ou le numéro de téléphone du bénéficiaire pour lui envoyer de l'argent.
Fait notable, comme dans d'autres exemples récents, la communication officielle d'USAA vise plus particulièrement les règlements auprès des artisans (un mécanicien) ou pour des services à la personne (une baby-sitter), et non plus les échanges entre particuliers.
Mais la vraie originalité de ce nouveau service est d'être basé sur la technologie de PayPal. Il ne s'agit certes pas d'une première (voir notamment le cas de La Caixa, en Europe), mais ce choix me semble révélateur de la part d'une institution qui a une certaine maturité en matière d'innovation et qui préfère ici s'appuyer sur un service existant plutôt que de le développer en propre. Une leçon à retenir pour ceux qui veulent encore tout créer par eux-mêmes...
La Mercantile Bank of Michigan pourrait être aussi considérée comme un modèle en matière d'adoption de solutions développées par des tiers (elle fait d'ailleurs aussi partie des partenaires, de longue date, de PayPal), mais il serait facile d'arguer que les moyens limités d'un établissement relativement modeste limitent ses options.
Quelles que soient ses motivations, en lançant la solution GoPayment en association avec Intuit, la banque démontre qu'une stratégie d'innovation ne se construit pas toujours avec des moyens lourds. Pour mémoire, GoPayment est une solution similaire à celle de Square, permettant à tout commerçant d'accepter les paiements par carte grâce à une application mobile et un petit lecteur de piste magnétique à connecter à un smartphone ou une tablette.
Devant le succès remporté par Square sur ce marché, la Mercantile Bank n'a pu que prendre conscience de l'appétence des petits entrepreneurs pour ce type de solution et elle répond donc à leurs attentes, même si elle risque d'y perdre quelques opportunités de placer ses propres services d'encaissement. Cette (légère) menace est certainement préférable à la perspective de voir les flux financiers de ses clients lui échapper entièrement.
Depuis son acquisition de la plate-forme eBillMe en octobre dernier, l'arrivée de Western Union sur le terrain du e-commerce était attendue. C'est désormais chose faite, avec l'annonce de WU Pay, qui n'est finalement guère plus que la solution d'origine de la startup, remise aux couleurs de son nouveau propriétaire.
Destinée aux consommateurs non-bancarisés ou ne souhaitant pas utiliser leurs moyens de paiement classiques sur internet, WU Pay leur envoie une facture électronique à l'issue de leur achat, qu'ils peuvent ensuite régler sur leur site de banque en ligne ou auprès d'un des plus de 40 000 agents Western Union installés aux Etats-Unis.
Le changement est donc limité pour eBillMe mais il a beaucoup de sens pour Western Union, qui capitalise ainsi sur son réseau de correspondants tout en offrant un service supplémentaire à son cœur de cible.
Parmi les startups des paiements, certaines font figure d'OVNI, difficiles à cerner et auxquelles il est difficile de croire. Au premier abord, la solution de l'israélienne PlugWallet, qui vise elle aussi les populations non-bancarisées, semble faire partie de cette catégorie mais quelques-unes de ses caractéristiques attirent malgré tout l'attention.
Un survol rapide de la présentation de la "PlugWallet Key" pourrait par exemple faire croire qu'il s'agit d'un porte-monnaie sur une puce (à l'image de celui de la Monnaie Royale du Canada). Mais la réalité est beaucoup plus prosaïque puisqu'il s'agit "simplement" d'un compte en ligne dont l'accès est protégé par un moyen d'authentification forte (à deux facteurs), matérialisé par cette clé USB, en complément d'un identifiant (adresse mail) et d'un mot de passe.
Restent un ensemble de spécificités qui rendent cette solution unique : l'alimentation du compte par le versement d'espèces à un coursier, à domicile, un anonymat total (aucune information personnelle n'est enregistrée en dehors d'une adresse de messagerie) et, donc, un système d'authentification forte. Si le résultat reste un OVNI, ces idées mériteraient peut-être d'être creusées...
Autre startup de cette série, PayCento réplique un modèle déjà inventé par SociallyPay, dont l'objectif est de faciliter les paiements en ligne (de préférence les micro-paiements) en permettant de les réaliser d'un clic de souris.
Pour ce faire, le système exploite l'identité de l'utilisateur sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter) et exécute un règlement par l'intermédiaire d'un bouton affiché sur le site commerçant, comme un bouton "like" ou "tweet". La seule originalité de PayCento par rapport à son prédécesseur est de proposer son service pour les paiements aussi bien en devises "réelles" qu'en monnaie virtuelle.
Enfin, nous conclurons ce long billet avec un épisode de ce qui ressemble à la chronique d'une fin douloureuse... En effet, quand la société Bump Technologies présente sa nouvelle application "Bump Pay", qui permet de réaliser un transfert PayPal d'un "choc" entre deux téléphones mobiles, on s'interroge sur la fonction similaire embarquée dans l'application du même PayPal.
Or, apparemment, cette dernière serait en passe d'abandonner la fonction et Bump n'aurait donc d'autre choix que de reprendre le flambeau. Si cette hypothèse était vérifiée, elle pourrait confirmer mon sentiment que le "bump" est un système ludique au premier abord mais sans réel valeur d'usage. Et PayPal ne ferait alors que mettre en pratique la règle n°1 de l'innovation : ne jamais hésiter à écarter les "mauvaises" idées.
La première nouveauté ne constituera pas une révolution : l'annonce par USAA de l'introduction d'un service de paiement P2P ("pair à pair") dans ses applications mobiles vient ainsi compléter une liste de banques qui commence à se faire longue. Son fonctionnement est tout aussi classique : il suffit d'indiquer l'adresse mail ou le numéro de téléphone du bénéficiaire pour lui envoyer de l'argent.
Fait notable, comme dans d'autres exemples récents, la communication officielle d'USAA vise plus particulièrement les règlements auprès des artisans (un mécanicien) ou pour des services à la personne (une baby-sitter), et non plus les échanges entre particuliers.
Mais la vraie originalité de ce nouveau service est d'être basé sur la technologie de PayPal. Il ne s'agit certes pas d'une première (voir notamment le cas de La Caixa, en Europe), mais ce choix me semble révélateur de la part d'une institution qui a une certaine maturité en matière d'innovation et qui préfère ici s'appuyer sur un service existant plutôt que de le développer en propre. Une leçon à retenir pour ceux qui veulent encore tout créer par eux-mêmes...
La Mercantile Bank of Michigan pourrait être aussi considérée comme un modèle en matière d'adoption de solutions développées par des tiers (elle fait d'ailleurs aussi partie des partenaires, de longue date, de PayPal), mais il serait facile d'arguer que les moyens limités d'un établissement relativement modeste limitent ses options.
Quelles que soient ses motivations, en lançant la solution GoPayment en association avec Intuit, la banque démontre qu'une stratégie d'innovation ne se construit pas toujours avec des moyens lourds. Pour mémoire, GoPayment est une solution similaire à celle de Square, permettant à tout commerçant d'accepter les paiements par carte grâce à une application mobile et un petit lecteur de piste magnétique à connecter à un smartphone ou une tablette.
Devant le succès remporté par Square sur ce marché, la Mercantile Bank n'a pu que prendre conscience de l'appétence des petits entrepreneurs pour ce type de solution et elle répond donc à leurs attentes, même si elle risque d'y perdre quelques opportunités de placer ses propres services d'encaissement. Cette (légère) menace est certainement préférable à la perspective de voir les flux financiers de ses clients lui échapper entièrement.
Depuis son acquisition de la plate-forme eBillMe en octobre dernier, l'arrivée de Western Union sur le terrain du e-commerce était attendue. C'est désormais chose faite, avec l'annonce de WU Pay, qui n'est finalement guère plus que la solution d'origine de la startup, remise aux couleurs de son nouveau propriétaire.
Destinée aux consommateurs non-bancarisés ou ne souhaitant pas utiliser leurs moyens de paiement classiques sur internet, WU Pay leur envoie une facture électronique à l'issue de leur achat, qu'ils peuvent ensuite régler sur leur site de banque en ligne ou auprès d'un des plus de 40 000 agents Western Union installés aux Etats-Unis.
Le changement est donc limité pour eBillMe mais il a beaucoup de sens pour Western Union, qui capitalise ainsi sur son réseau de correspondants tout en offrant un service supplémentaire à son cœur de cible.
Parmi les startups des paiements, certaines font figure d'OVNI, difficiles à cerner et auxquelles il est difficile de croire. Au premier abord, la solution de l'israélienne PlugWallet, qui vise elle aussi les populations non-bancarisées, semble faire partie de cette catégorie mais quelques-unes de ses caractéristiques attirent malgré tout l'attention.
Un survol rapide de la présentation de la "PlugWallet Key" pourrait par exemple faire croire qu'il s'agit d'un porte-monnaie sur une puce (à l'image de celui de la Monnaie Royale du Canada). Mais la réalité est beaucoup plus prosaïque puisqu'il s'agit "simplement" d'un compte en ligne dont l'accès est protégé par un moyen d'authentification forte (à deux facteurs), matérialisé par cette clé USB, en complément d'un identifiant (adresse mail) et d'un mot de passe.
Restent un ensemble de spécificités qui rendent cette solution unique : l'alimentation du compte par le versement d'espèces à un coursier, à domicile, un anonymat total (aucune information personnelle n'est enregistrée en dehors d'une adresse de messagerie) et, donc, un système d'authentification forte. Si le résultat reste un OVNI, ces idées mériteraient peut-être d'être creusées...
Autre startup de cette série, PayCento réplique un modèle déjà inventé par SociallyPay, dont l'objectif est de faciliter les paiements en ligne (de préférence les micro-paiements) en permettant de les réaliser d'un clic de souris.
Pour ce faire, le système exploite l'identité de l'utilisateur sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter) et exécute un règlement par l'intermédiaire d'un bouton affiché sur le site commerçant, comme un bouton "like" ou "tweet". La seule originalité de PayCento par rapport à son prédécesseur est de proposer son service pour les paiements aussi bien en devises "réelles" qu'en monnaie virtuelle.
Enfin, nous conclurons ce long billet avec un épisode de ce qui ressemble à la chronique d'une fin douloureuse... En effet, quand la société Bump Technologies présente sa nouvelle application "Bump Pay", qui permet de réaliser un transfert PayPal d'un "choc" entre deux téléphones mobiles, on s'interroge sur la fonction similaire embarquée dans l'application du même PayPal.
Or, apparemment, cette dernière serait en passe d'abandonner la fonction et Bump n'aurait donc d'autre choix que de reprendre le flambeau. Si cette hypothèse était vérifiée, elle pourrait confirmer mon sentiment que le "bump" est un système ludique au premier abord mais sans réel valeur d'usage. Et PayPal ne ferait alors que mettre en pratique la règle n°1 de l'innovation : ne jamais hésiter à écarter les "mauvaises" idées.
KissKissBankBank lance un concours d'apps mobiles avec la Banque Postale
Petite devinette : quel est le point commun entre une banque, un opérateur (virtuel) de télécommunication et un site de financement participatif ? Réponse : pour la Banque Postale, la Poste Mobile et KissKissBankBank (tous partenaires par ailleurs) , c'est un concours d'applications mobiles, une idée décidément en vogue !
Les 3 partenaires ont combiné leurs forces respectives pour construire un défi, au fonctionnement assez original, où chacun a sa part. L'objectif de base est tout de même simple : les participants sont (classiquement) invités à soumettre leurs applications mobiles, sans limitation de thème mais exclusivement pour le système Android de Google. Toujours dans la tradition du genre, un jury de professionnels sélectionnera ensuite ses (au plus) 10 réalisations préférées.
A partir de ce point, le modèle s'écarte cependant des standards. En effet, les 10 projets retenus seront alors présentés sur le site de KissKissBanBank pour obtenir un "financement communautaire", qui permettra au grand public de participer à la désignation du vainqueur. Le premier projet qui réussira à collecter 2500 € se verra attribuer 2500 € supplémentaires par la Banque Postale et sera installé sur les mobiles Android de la Poste Mobile. Les deux projets suivants réussissant à atteindre 5000 € bénéficieront aussi de cette présence sur les appareils de l'opérateur.
En réalité, le concours est, pour la Banque Postale, une déclinaison de son partenariat existant avec KissKissBankBank, pour une fois ciblé, sur des applications mobiles (la dernière opération spéciale était orientée vers le cinéma). Et ce choix justifie naturellement, à son tour, le rôle de la Poste Mobile.
L'initiative est sympathique et peut constituer une aubaine pour les développeurs d'applications mobiles. Mais on ne peut s'empêcher de lui trouver un côté un peu "amateur", qui nuit à sa crédibilité. Ainsi, par exemple, l'absence de thème spécifique pourrait induire des frustrations parmi les participants, d'autant que les critères retenus pour désigner les lauréats ne sont pas précisés et que le règlement indique que l'opérateur peut décider, à sa seule discrétion, de ne pas publier une application sur ses téléphones.
Même si cela pouvait certainement générer un autre type de risque (le désintérêt et la désaffection), on aurait rêvé d'un concours d'applications financières (dans un sens plus ou moins large), tellement plus pertinent pour la Banque Postale. Après tout, le "hackathon" de La Caixa a déjà démontré qu'il n'était pas impossible de séduire les développeurs avec un tel sujet...
Les 3 partenaires ont combiné leurs forces respectives pour construire un défi, au fonctionnement assez original, où chacun a sa part. L'objectif de base est tout de même simple : les participants sont (classiquement) invités à soumettre leurs applications mobiles, sans limitation de thème mais exclusivement pour le système Android de Google. Toujours dans la tradition du genre, un jury de professionnels sélectionnera ensuite ses (au plus) 10 réalisations préférées.
A partir de ce point, le modèle s'écarte cependant des standards. En effet, les 10 projets retenus seront alors présentés sur le site de KissKissBanBank pour obtenir un "financement communautaire", qui permettra au grand public de participer à la désignation du vainqueur. Le premier projet qui réussira à collecter 2500 € se verra attribuer 2500 € supplémentaires par la Banque Postale et sera installé sur les mobiles Android de la Poste Mobile. Les deux projets suivants réussissant à atteindre 5000 € bénéficieront aussi de cette présence sur les appareils de l'opérateur.
En réalité, le concours est, pour la Banque Postale, une déclinaison de son partenariat existant avec KissKissBankBank, pour une fois ciblé, sur des applications mobiles (la dernière opération spéciale était orientée vers le cinéma). Et ce choix justifie naturellement, à son tour, le rôle de la Poste Mobile.
L'initiative est sympathique et peut constituer une aubaine pour les développeurs d'applications mobiles. Mais on ne peut s'empêcher de lui trouver un côté un peu "amateur", qui nuit à sa crédibilité. Ainsi, par exemple, l'absence de thème spécifique pourrait induire des frustrations parmi les participants, d'autant que les critères retenus pour désigner les lauréats ne sont pas précisés et que le règlement indique que l'opérateur peut décider, à sa seule discrétion, de ne pas publier une application sur ses téléphones.
Même si cela pouvait certainement générer un autre type de risque (le désintérêt et la désaffection), on aurait rêvé d'un concours d'applications financières (dans un sens plus ou moins large), tellement plus pertinent pour la Banque Postale. Après tout, le "hackathon" de La Caixa a déjà démontré qu'il n'était pas impossible de séduire les développeurs avec un tel sujet...
dimanche 8 avril 2012
Le Crédit Agricole finance les "Kompany" sur Facebook
Les grandes entreprises sont déjà familières des jeux sur les réseaux sociaux, que ce soit par des réalisations qui leurs sont propres, des adaptations de titres existants ou la simple présence de leur marque au détour d'un décor. Avec Kompany, la jeune société Ouat Entertainment leur propose maintenant un nouveau modèle, qui a déjà séduit plusieurs grands noms dont le Crédit Agricole d'Ile de France [1] fait partie.
La vocation de ce nouveau jeu sur Facebook est avant tout pédagogique : à travers une simulation de création et de gestion d'entreprise, Kompany veut donner aux jeunes qui constituent sa cible une première connaissance des mécanismes fondamentaux de l'économie moderne. Ils devront ainsi recruter et dorloter des collaborateurs, prendre soin de leurs fournisseurs et sous-traitants, livrer leurs clients à temps, veiller à la responsabilité sociale et environnementale de leur activité...
Et où et comment interviennent les entreprises dans le jeu ? Tout simplement dans leur rôle "réel". C'est ainsi que Manpower est le partenaire des joueurs pour recruter des salariés ou des travailleurs temporaires, tandis qu'EDF leur recommande les meilleures solutions "énergie" disponibles et que le Crédit Agricole est la banque vers laquelle ils se tourneront pour obtenir des conseils financiers ou un crédit.
Pour la société à l'origine du jeu, la participation des entreprises est essentielle à son modèle économique puisque c'est leur contribution financière qui permet de diffuser Kompany gratuitement. En contrepartie, les partenaires bénéficient non seulement d'une forte visibilité auprès des joueurs mais aussi d'une opportunité incomparable de présenter et valoriser leurs activités et leurs métiers. D'autant plus qu'elles participent à la conception des scénarios de jeu qu'elles intègrent et peuvent donc choisir les "facettes" qu'elles souhaitent présenter au public.
Alors que la présence des marques sur les médias sociaux, et particulièrement sur Facebook, est encore largement dominée par les réflexes de communication traditionnelle (il suffit de voir toutes celles qui bloquent les posts sur leurs murs pour le vérifier), les initiatives originales telles que celle-ci sont réconfortantes : il n'est pas certain qu'elle se transforme en succès mais, à tout le moins, elle apporte une approche nouvelle et adaptée à son média...
[1] L'initiative est portée par l'ensemble des Caisses Régionales du Crédit Agricole et non uniquement par la Caisse Ile de France comme un logo (probablement ciblé) m'avait porté à le croire initalement. Merci à Fabien pour sa vigilance et son commentaire !
La vocation de ce nouveau jeu sur Facebook est avant tout pédagogique : à travers une simulation de création et de gestion d'entreprise, Kompany veut donner aux jeunes qui constituent sa cible une première connaissance des mécanismes fondamentaux de l'économie moderne. Ils devront ainsi recruter et dorloter des collaborateurs, prendre soin de leurs fournisseurs et sous-traitants, livrer leurs clients à temps, veiller à la responsabilité sociale et environnementale de leur activité...
Et où et comment interviennent les entreprises dans le jeu ? Tout simplement dans leur rôle "réel". C'est ainsi que Manpower est le partenaire des joueurs pour recruter des salariés ou des travailleurs temporaires, tandis qu'EDF leur recommande les meilleures solutions "énergie" disponibles et que le Crédit Agricole est la banque vers laquelle ils se tourneront pour obtenir des conseils financiers ou un crédit.
Pour la société à l'origine du jeu, la participation des entreprises est essentielle à son modèle économique puisque c'est leur contribution financière qui permet de diffuser Kompany gratuitement. En contrepartie, les partenaires bénéficient non seulement d'une forte visibilité auprès des joueurs mais aussi d'une opportunité incomparable de présenter et valoriser leurs activités et leurs métiers. D'autant plus qu'elles participent à la conception des scénarios de jeu qu'elles intègrent et peuvent donc choisir les "facettes" qu'elles souhaitent présenter au public.
Alors que la présence des marques sur les médias sociaux, et particulièrement sur Facebook, est encore largement dominée par les réflexes de communication traditionnelle (il suffit de voir toutes celles qui bloquent les posts sur leurs murs pour le vérifier), les initiatives originales telles que celle-ci sont réconfortantes : il n'est pas certain qu'elle se transforme en succès mais, à tout le moins, elle apporte une approche nouvelle et adaptée à son média...
[1] L'initiative est portée par l'ensemble des Caisses Régionales du Crédit Agricole et non uniquement par la Caisse Ile de France comme un logo (probablement ciblé) m'avait porté à le croire initalement. Merci à Fabien pour sa vigilance et son commentaire !
samedi 7 avril 2012
Le Canada invente la monnaie du futur en crowdsourcing
A peine dévoilée, l'initiative "Cybermonnaie" (MintChip en anglais) de la Monnaie Royale Canadienne a déjà fait couler beaucoup d'encre, relayant parfois confusions et phantasmes. Si elle peut surprendre de la part d'une institution "officielle" d'émission de monnaie, ce devrait pourtant être plus par son approche que par sa cible, qui s'inscrit parfaitement dans la logique de sa mission.
Commençons par rétablir la réalité de cette "Cybermonnaie" : son seul objectif est de passer de l'ère (historique) des pièces et billets à l'âge (moderne) de la monnaie (fiduciaire) numérique. Il n'est donc pas question de créer une nouvelle monnaie (au sens économique du terme). Le Canada a la ferme intention de continuer à utiliser son dollar et les tenants de BitCoin peuvent se rassurer, leur création ne sera pas plagiée !
La vision n'en est pas moins ambitieuse et la vidéo de présentation, particulièrement emphatique, n'hésite pas à positionner le Canada dans la lignée des nations ayant transformé les paiements au cours de l'histoire, du troc au papier monnaie, en passant par les métaux précieux :
En fait, il serait peut-être plus judicieux de parler de porte-monnaie virtuel et non de monnaie. L'innovation réside en effet d'abord dans le support stockant l'argent, qui prend la forme d'une puce électronique pouvant être intégrée dans une carte mémoire (pour un téléphone), une clé USB (pour un PC), le "nuage" d'internet (pour un accès universel) ou tout autre dispositif (à inventer). La deuxième composante importante de la "Cybermonnaie" est son système d'échange, sécurisé et anonyme, qui permet de transférer un montant donné d'un utilisateur à un autre, en ligne ou en boutique, avec tous les avantages qu'offrent nos pièces et billets actuels.
A l'évidence, cette présentation peut faire trembler quelques acteurs des paiements, à tout le moins ceux qui croiront à la viabilité de la "Cybermonnaie". En effet, celle-ci se positionne en concurrente directe, infiniment plus économique car "autonome", des myriades de solutions de porte-monnaie électronique émergentes, en particulier celles-qui ciblent les micro-paiements. Et son caractère officiel, la rendant immédiatement digne de confiance, est un argument supplémentaire face aux startups du secteur...
Mais quoi de plus normal pour une institution dont le rôle est d'émettre la monnaie nationale ? Sa légitimité peut difficilement être mise en cause, même si cela doit froisser quelques plumes, y compris celles des banques qui rêvaient (peut-être) de profiter un jour des flux financiers (en espèces) qui leur échappent aujourd'hui. En tous cas, elles n'ont qu'une place marginale dans l'écosystème imaginé par la Monnaie Royale, semblable à celle qu'elles ont actuellement avec leurs distributeurs de billets (ou les guichets d'antan) :
Cependant, ces perspectives ne sont encore que conjectures. En effet, la "Cybermonnaie" n'est proposée qu'en test, pour l'instant. Et pas n'importe quel test puisque ce sont les développeurs d'applications (mobiles, notamment) qui sont sollicités en premier pour imaginer les futures modalités d'utilisation du système, et bénéficient pour ce faire des premiers prototypes disponibles.
Pour stimuler leur créativité, un concours richement doté est organisé sur les 6 prochains mois. La plate-forme dédiée, ouverte en priorité aux concepteurs de logiciels, accueille également le grand public, qui y est invité à soumettre ses idées d'usage de la monnaie virtuelle.
Le plus fascinant n'est pourtant pas cet événement éphémère mais bien plutôt la perspective d'une monnaie nativement ouverte à toutes sortes d'applications, via des API (interfaces de programmation) accessibles à tous les développeurs. L'emphase de la vidéo de présentation est peut-être justifiée, tout compte fait !
Il est finalement rassurant de voir un émetteur (enfin) se préoccuper de l'avenir de la monnaie, même si les pièces et billets ont encore un bel avenir devant eux. La méthode retenue par l'institution canadienne est elle-même digne d'éloge car elle permettra à la fois de mesurer l'intérêt du public pour une "Cybermonnaie" encore largement immature et, si l'imagination est bien au rendez-vous, d'en mieux dégager les modes d'utilisation possibles, voire les évolutions nécessaires pour la rendre réellement utile, dans la durée.
Il est cependant clair que la route vers la monnaie du futur sera longue et tortueuse. En attendant, tout le monde peut participer à l'aventure (et les grincheux aussi) !
Commençons par rétablir la réalité de cette "Cybermonnaie" : son seul objectif est de passer de l'ère (historique) des pièces et billets à l'âge (moderne) de la monnaie (fiduciaire) numérique. Il n'est donc pas question de créer une nouvelle monnaie (au sens économique du terme). Le Canada a la ferme intention de continuer à utiliser son dollar et les tenants de BitCoin peuvent se rassurer, leur création ne sera pas plagiée !
La vision n'en est pas moins ambitieuse et la vidéo de présentation, particulièrement emphatique, n'hésite pas à positionner le Canada dans la lignée des nations ayant transformé les paiements au cours de l'histoire, du troc au papier monnaie, en passant par les métaux précieux :
En fait, il serait peut-être plus judicieux de parler de porte-monnaie virtuel et non de monnaie. L'innovation réside en effet d'abord dans le support stockant l'argent, qui prend la forme d'une puce électronique pouvant être intégrée dans une carte mémoire (pour un téléphone), une clé USB (pour un PC), le "nuage" d'internet (pour un accès universel) ou tout autre dispositif (à inventer). La deuxième composante importante de la "Cybermonnaie" est son système d'échange, sécurisé et anonyme, qui permet de transférer un montant donné d'un utilisateur à un autre, en ligne ou en boutique, avec tous les avantages qu'offrent nos pièces et billets actuels.
A l'évidence, cette présentation peut faire trembler quelques acteurs des paiements, à tout le moins ceux qui croiront à la viabilité de la "Cybermonnaie". En effet, celle-ci se positionne en concurrente directe, infiniment plus économique car "autonome", des myriades de solutions de porte-monnaie électronique émergentes, en particulier celles-qui ciblent les micro-paiements. Et son caractère officiel, la rendant immédiatement digne de confiance, est un argument supplémentaire face aux startups du secteur...
Mais quoi de plus normal pour une institution dont le rôle est d'émettre la monnaie nationale ? Sa légitimité peut difficilement être mise en cause, même si cela doit froisser quelques plumes, y compris celles des banques qui rêvaient (peut-être) de profiter un jour des flux financiers (en espèces) qui leur échappent aujourd'hui. En tous cas, elles n'ont qu'une place marginale dans l'écosystème imaginé par la Monnaie Royale, semblable à celle qu'elles ont actuellement avec leurs distributeurs de billets (ou les guichets d'antan) :
Cependant, ces perspectives ne sont encore que conjectures. En effet, la "Cybermonnaie" n'est proposée qu'en test, pour l'instant. Et pas n'importe quel test puisque ce sont les développeurs d'applications (mobiles, notamment) qui sont sollicités en premier pour imaginer les futures modalités d'utilisation du système, et bénéficient pour ce faire des premiers prototypes disponibles.
Pour stimuler leur créativité, un concours richement doté est organisé sur les 6 prochains mois. La plate-forme dédiée, ouverte en priorité aux concepteurs de logiciels, accueille également le grand public, qui y est invité à soumettre ses idées d'usage de la monnaie virtuelle.
Le plus fascinant n'est pourtant pas cet événement éphémère mais bien plutôt la perspective d'une monnaie nativement ouverte à toutes sortes d'applications, via des API (interfaces de programmation) accessibles à tous les développeurs. L'emphase de la vidéo de présentation est peut-être justifiée, tout compte fait !
Il est finalement rassurant de voir un émetteur (enfin) se préoccuper de l'avenir de la monnaie, même si les pièces et billets ont encore un bel avenir devant eux. La méthode retenue par l'institution canadienne est elle-même digne d'éloge car elle permettra à la fois de mesurer l'intérêt du public pour une "Cybermonnaie" encore largement immature et, si l'imagination est bien au rendez-vous, d'en mieux dégager les modes d'utilisation possibles, voire les évolutions nécessaires pour la rendre réellement utile, dans la durée.
Il est cependant clair que la route vers la monnaie du futur sera longue et tortueuse. En attendant, tout le monde peut participer à l'aventure (et les grincheux aussi) !
SmarterBank accélère le remboursement des prêts étudiants
Depuis 2006, SimpleTuition propose aux jeunes américains (et à leurs parents) des conseils et des solutions pratiques pour optimiser le financement de leurs études supérieures. Le lancement de SmarterBank vient désormais compléter cette offre, avec un compte bancaire assorti d'un programme de récompenses exclusivement centré sur le remboursement de prêt étudiant.
Les caractéristiques du compte lui-même, géré par un établissement "officiel" (Bancorp), sont plutôt basiques puisqu'elles comprennent, pour l'essentiel, une carte de débit et un accès aux services en ligne. Mais sa véritable originalité se situe dans son programme "SmarterBucks", dont l'unique vocation est d'utiliser les primes collectées à chaque achat réalisé avec la carte pour rembourser le prêt étudiant que le client aura enregistré lors de son inscription.
Avec un taux de reversement ("cashback") limité (0,5% jusqu'à 100 USD et 1% au-delà), l'encours des crédits aux étudiants, actuellement estimé à 1000 milliards aux Etats-Unis, ne sera certainement pas résorbé du jour au lendemain. Mais SmarterBank ne manque pas de noter qu'un remboursement anticipé, même de quelques dollars chaque mois, représente un gain potentiellement important du fait des intérêts économisés. Le site de SmarterBucks met d'ailleurs largement l'accent sur ces bénéfices à long terme.
Le programme SmarterBucks essaie également de jouer une carte "sociale" avec une fonction intégrée au site qui permet à l'utilisateur de faire appel à sa famille ou à ses amis pour contribuer à rembourser son prêt. Il est tout de même dommage que seul l'envoi de mail soit prévu pour ce faire, là où on attend (évidemment) une intégration avec les réseaux sociaux... La startup envisage aussi, prochainement, de permettre à toute personne (même sans prêt en cours) d'ouvrir un compte, les primes collectées pouvant alors être versées à un autre membre.
Le modèle de SmarterBank n'est probablement pas réplicable directement en France : je ne suis pas certain, par exemple, qu'il soit aujourd'hui possible de procéder à des remboursements anticipés de petits montants, à tout moment, sur nos crédits. En revanche, il ne fait aucun doute que les étudiants sont confrontés aux mêmes difficultés financières des deux côtés de l'Atlantique. Sachant qu'ils représentent un futur gisement de clientèle profitable pour les banques, peut-être pourraient-elles réfléchir aux moyens de décliner cette idée (et d'autres) pour faciliter leur entrée dans la vie active...
Les caractéristiques du compte lui-même, géré par un établissement "officiel" (Bancorp), sont plutôt basiques puisqu'elles comprennent, pour l'essentiel, une carte de débit et un accès aux services en ligne. Mais sa véritable originalité se situe dans son programme "SmarterBucks", dont l'unique vocation est d'utiliser les primes collectées à chaque achat réalisé avec la carte pour rembourser le prêt étudiant que le client aura enregistré lors de son inscription.
Avec un taux de reversement ("cashback") limité (0,5% jusqu'à 100 USD et 1% au-delà), l'encours des crédits aux étudiants, actuellement estimé à 1000 milliards aux Etats-Unis, ne sera certainement pas résorbé du jour au lendemain. Mais SmarterBank ne manque pas de noter qu'un remboursement anticipé, même de quelques dollars chaque mois, représente un gain potentiellement important du fait des intérêts économisés. Le site de SmarterBucks met d'ailleurs largement l'accent sur ces bénéfices à long terme.
Le programme SmarterBucks essaie également de jouer une carte "sociale" avec une fonction intégrée au site qui permet à l'utilisateur de faire appel à sa famille ou à ses amis pour contribuer à rembourser son prêt. Il est tout de même dommage que seul l'envoi de mail soit prévu pour ce faire, là où on attend (évidemment) une intégration avec les réseaux sociaux... La startup envisage aussi, prochainement, de permettre à toute personne (même sans prêt en cours) d'ouvrir un compte, les primes collectées pouvant alors être versées à un autre membre.
Le modèle de SmarterBank n'est probablement pas réplicable directement en France : je ne suis pas certain, par exemple, qu'il soit aujourd'hui possible de procéder à des remboursements anticipés de petits montants, à tout moment, sur nos crédits. En revanche, il ne fait aucun doute que les étudiants sont confrontés aux mêmes difficultés financières des deux côtés de l'Atlantique. Sachant qu'ils représentent un futur gisement de clientèle profitable pour les banques, peut-être pourraient-elles réfléchir aux moyens de décliner cette idée (et d'autres) pour faciliter leur entrée dans la vie active...
jeudi 5 avril 2012
BodeTree décline les recettes du PFM pour les PME
Toutes les entreprises gèrent leur comptabilité mais combien d'entre elles, surtout parmi les plus petites, maîtrisent réellement leurs finances ? La différence entre les deux propositions peut paraître anecdotique mais la réponse à la question ("très peu") a donné l'idée à BodeTree de proposer aux PME un outil leur permettant de piloter effectivement leur activité et même, idéalement, de développer leur stratégie.
Contrairement à un outil comme inDinero, qui se connecte aux services de banque en ligne pour proposer une plate-forme proche des classiques du PFM ("gestion de finances personnelles") grand public, BodeTree vient se greffer sur QuickBooks (de la société Intuit), l'outil n°1 de gestion comptable des PME, aux États-Unis. Ce sont donc toutes les écritures comptables et non uniquement les mouvements de trésorerie que le logiciel va exploiter pour remplir son office.
Malgré tout, le principe de fonctionnement rappellera, au premier abord, les outils habituellement destinés aux particuliers, avec, en premier lieu, une mascotte dont la couleur reflète la santé financière immédiate de l'entreprise et un tableau de bord très riche et très graphique, présentant un ensemble d'indicateurs extrêmement simples à appréhender (le solde de trésorerie, le cash flow, le chiffre d'affaire... les tendances...).
Or, ces graphiques ne sont que la partie émergée de l'iceberg. La vraie valeur de BodeTree réside dans ses capacités d'analyse. Par exemple, l'entrepreneur découvrira une estimation automatique de la valorisation de sa société (calculée en temps réel) et pourra comparer sa performance avec celle de la concurrence, sur une multitude de critères, lui permettant d'identifier rapidement ses points forts et ses axes d'amélioration possible.
Plus ambitieux encore, un module d'optimisation propose de déterminer une stratégie de développement pour l'entreprise, qui donnera lieu à l'établissement d'une feuille de route dont les effets sur la situation financière pourront être instantanément évalués par une simulation.
L'objectif de BodeTree est d'offrir aux petites organisations, à moindre frais (25 USD par mois), le même service que proposent des consultants spécialisés, généralement hors de leur portée (financièrement parlant). Il n'est cependant pas question de faire concurrence à ces derniers mais plutôt de combler un vide, car les responsables de ces structures ont (malheureusement) souvent tendance à se désintéresser du pilotage financier de leur activité.
Et j'arrive justement là où il me semble que les banques pourraient intervenir. En effet, si leur intérêt est bien d'aider leurs PME clientes se développer, elles devraient naturellement être disposées à promouvoir un outil de ce type, d'une manière ou d'une autre (par mise à disposition directe, partenariats...), et en profitant de leur position privilégiée dans la vie financière de l'entreprise. Une idée à creuser ?
Contrairement à un outil comme inDinero, qui se connecte aux services de banque en ligne pour proposer une plate-forme proche des classiques du PFM ("gestion de finances personnelles") grand public, BodeTree vient se greffer sur QuickBooks (de la société Intuit), l'outil n°1 de gestion comptable des PME, aux États-Unis. Ce sont donc toutes les écritures comptables et non uniquement les mouvements de trésorerie que le logiciel va exploiter pour remplir son office.
Malgré tout, le principe de fonctionnement rappellera, au premier abord, les outils habituellement destinés aux particuliers, avec, en premier lieu, une mascotte dont la couleur reflète la santé financière immédiate de l'entreprise et un tableau de bord très riche et très graphique, présentant un ensemble d'indicateurs extrêmement simples à appréhender (le solde de trésorerie, le cash flow, le chiffre d'affaire... les tendances...).
Or, ces graphiques ne sont que la partie émergée de l'iceberg. La vraie valeur de BodeTree réside dans ses capacités d'analyse. Par exemple, l'entrepreneur découvrira une estimation automatique de la valorisation de sa société (calculée en temps réel) et pourra comparer sa performance avec celle de la concurrence, sur une multitude de critères, lui permettant d'identifier rapidement ses points forts et ses axes d'amélioration possible.
Plus ambitieux encore, un module d'optimisation propose de déterminer une stratégie de développement pour l'entreprise, qui donnera lieu à l'établissement d'une feuille de route dont les effets sur la situation financière pourront être instantanément évalués par une simulation.
L'objectif de BodeTree est d'offrir aux petites organisations, à moindre frais (25 USD par mois), le même service que proposent des consultants spécialisés, généralement hors de leur portée (financièrement parlant). Il n'est cependant pas question de faire concurrence à ces derniers mais plutôt de combler un vide, car les responsables de ces structures ont (malheureusement) souvent tendance à se désintéresser du pilotage financier de leur activité.
Et j'arrive justement là où il me semble que les banques pourraient intervenir. En effet, si leur intérêt est bien d'aider leurs PME clientes se développer, elles devraient naturellement être disposées à promouvoir un outil de ce type, d'une manière ou d'une autre (par mise à disposition directe, partenariats...), et en profitant de leur position privilégiée dans la vie financière de l'entreprise. Une idée à creuser ?
mercredi 4 avril 2012
La 48ème app de La Caixa est dédiée aux cartes
La stratégie de "prolifération" d'applications mobiles de La Caixa peut susciter la perplexité, elle a au moins l'avantage de nous surprendre, avec l'apparition régulière de nouveaux titres, qui sont aussi, souvent, des premières mondiales. C'est encore le cas aujourd'hui avec la sortie de "Tarjetas" pour iPhone, une solution de gestion des cartes bancaires plutôt originale.
A vrai dire, l'application existait déjà, uniquement sous forme web mobile, pour permettre à ses utilisateurs de consulter le solde et les transactions réalisées sur leurs cartes de paiement. La transition vers l'iPhone est mise à profit pour ajouter à ces fonctions de base la fragmentation des règlements et la liquidation des soldes (pour les cartes de crédit), l'activation ou le blocage d'une carte ou encore la consultation des points de fidélité du programme "Estrella" de la banque.
Cependant, ce qui distingue vraiment cette application, c'est la possibilité de souscrire une nouvelle carte sur son iPhone, parmi une large gamme disponible. Les occasions d'exploiter cette option seront certainement peu fréquentes pour la plupart des clients mais quand on découvre qu'elle permet aussi d'obtenir une "carte cadeau" (prépayée) et que, dans ce cas, l'utilisateur se voit proposer d'en sélectionner le visuel parmi ses propres photos, le cas d'usage commence à prendre forme...
"Tarjetas" ne bouleversera pas l'AppStore ni le monde bancaire mais elle décline intelligemment plusieurs idées plus ou moins existantes, de la souscription de carte à sa personnalisation sur mobile (cette dernière avait déjà été implémentée par la Bred), en essayant d'en améliorer la proposition de valeur et le potentiel retour sur investissement : la combinaison d'une fonction d'usage "quotidien" (le suivi des dépenses) et d'une autre, plus occasionnelle mais pas noyée dans un ensemble trop riche, est probablement un bon moyen de développer la seconde, particulièrement rentable.
Et si, finalement, la multiplication des applications mobiles prenait un sens (commercial) ?
A vrai dire, l'application existait déjà, uniquement sous forme web mobile, pour permettre à ses utilisateurs de consulter le solde et les transactions réalisées sur leurs cartes de paiement. La transition vers l'iPhone est mise à profit pour ajouter à ces fonctions de base la fragmentation des règlements et la liquidation des soldes (pour les cartes de crédit), l'activation ou le blocage d'une carte ou encore la consultation des points de fidélité du programme "Estrella" de la banque.
Cependant, ce qui distingue vraiment cette application, c'est la possibilité de souscrire une nouvelle carte sur son iPhone, parmi une large gamme disponible. Les occasions d'exploiter cette option seront certainement peu fréquentes pour la plupart des clients mais quand on découvre qu'elle permet aussi d'obtenir une "carte cadeau" (prépayée) et que, dans ce cas, l'utilisateur se voit proposer d'en sélectionner le visuel parmi ses propres photos, le cas d'usage commence à prendre forme...
"Tarjetas" ne bouleversera pas l'AppStore ni le monde bancaire mais elle décline intelligemment plusieurs idées plus ou moins existantes, de la souscription de carte à sa personnalisation sur mobile (cette dernière avait déjà été implémentée par la Bred), en essayant d'en améliorer la proposition de valeur et le potentiel retour sur investissement : la combinaison d'une fonction d'usage "quotidien" (le suivi des dépenses) et d'une autre, plus occasionnelle mais pas noyée dans un ensemble trop riche, est probablement un bon moyen de développer la seconde, particulièrement rentable.
Et si, finalement, la multiplication des applications mobiles prenait un sens (commercial) ?
mardi 3 avril 2012
Société Générale avance dans la co-création
Un appel au public pour imaginer la neuvième fonction de son application mobile, un compte Twitter pour interagir avec la clientèle, une gestion de budget déployée en version beta et permettant de donner son avis… et, à chaque fois, des commentaires, des critiques, des suggestions… qui ont permis d'enrichir les solutions offertes aux clients, en réponse directe à leurs attentes…
Après cette période d'apprentissage progressif de la co-création, il était temps pour Société Générale de passer à une nouvelle étape. C'est aujourd'hui (euh, demain, en réalité) chose faite avec le lancement [PDF] d'une plate-forme dédiée, baptisée "SG et Vous", comme le compte Twitter de la banque, dont elle constitue en quelque sorte un prolongement.
Ouvert à tous les internautes, clients ou non, ce site a en effet vocation à devenir un espace d'échange privilégié autour de la relation bancaire, juste un peu plus "structuré" et à la mémoire sensiblement plus longue que Twitter. Dans la logique des usages constatés de ce dernier, il permet à chacun de poser des questions, auxquelles l'équipe de Société Générale et les autres utilisateurs peuvent répondre, et il invite les participants à soumettre leurs idées, pour améliorer les produits et services existants (bancaires ou numériques) ou en créer de nouveaux, avec un système de suivi qui permettra de vérifier leur prise en compte et leur aboutissement.
Après cette période d'apprentissage progressif de la co-création, il était temps pour Société Générale de passer à une nouvelle étape. C'est aujourd'hui (euh, demain, en réalité) chose faite avec le lancement [PDF] d'une plate-forme dédiée, baptisée "SG et Vous", comme le compte Twitter de la banque, dont elle constitue en quelque sorte un prolongement.
Ouvert à tous les internautes, clients ou non, ce site a en effet vocation à devenir un espace d'échange privilégié autour de la relation bancaire, juste un peu plus "structuré" et à la mémoire sensiblement plus longue que Twitter. Dans la logique des usages constatés de ce dernier, il permet à chacun de poser des questions, auxquelles l'équipe de Société Générale et les autres utilisateurs peuvent répondre, et il invite les participants à soumettre leurs idées, pour améliorer les produits et services existants (bancaires ou numériques) ou en créer de nouveaux, avec un système de suivi qui permettra de vérifier leur prise en compte et leur aboutissement.
Naturellement, l'expérience proposée inclut quelques (incontournables) fonctions sociales, à travers des possibilités de noter les questions-réponses et les idées, de les rediffuser sur les principaux réseaux publics (Facebook, Twitter, Google+), de les commenter… ou encore avec une mise en exergue des sujets les plus populaires ou les plus commentés, des participants les plus actifs…
Dans ce tour d'horizon, je ne peux éviter de souligner un défaut majeur de cette initiative, dont je prie pour qu'il soit très rapidement corrigé : les contributions des internautes (questions, commentaires, idées…) ne sont effectivement publiées qu'après validation par les modérateurs "officiels" de la banque, donc uniquement pendant les jours et heures ouvrés. La dynamique des échanges va nécessairement s'en ressentir, mettant même en danger, à mon avis, l'attrait de la plate-forme pour ses participants (par rapport à Twitter, par exemple).
Par ailleurs, il faut espérer que la banque se donne les moyens de ses ambitions, dans la durée. En particulier, il lui faudra, pour réussir, faire preuve d'une réactivité qui n'a pas toujours été inscrite dans son ADN (mais qui semble en voie d'amélioration), car les clients n'accepteront de jouer le jeu des suggestions et des idées que s'ils se sentent écoutés, "concrètement". Le renfort de l'équipe en charge des médias sociaux, qui passe de 2 à 4 personnes, devrait pouvoir répondre à cet enjeu dans le domaine du SAV mais l'exercice sera incontestablement plus difficile pour le développement de produits et services innovants !
Malgré ces quelques réserves et interrogations, somme toute bénignes, "SG et Vous" place directement Société Générale dans le peloton de tête des banques françaises qui misent brillamment sur la co-innovation avec leurs clients, en répliquant, plus ou moins fidèlement, une approche qui a prouvé son immense valeur ailleurs dans le monde (par exemple en Australie). Attendons maintenant la moisson d'idées originales qui en découlera !
Dans ce tour d'horizon, je ne peux éviter de souligner un défaut majeur de cette initiative, dont je prie pour qu'il soit très rapidement corrigé : les contributions des internautes (questions, commentaires, idées…) ne sont effectivement publiées qu'après validation par les modérateurs "officiels" de la banque, donc uniquement pendant les jours et heures ouvrés. La dynamique des échanges va nécessairement s'en ressentir, mettant même en danger, à mon avis, l'attrait de la plate-forme pour ses participants (par rapport à Twitter, par exemple).
Par ailleurs, il faut espérer que la banque se donne les moyens de ses ambitions, dans la durée. En particulier, il lui faudra, pour réussir, faire preuve d'une réactivité qui n'a pas toujours été inscrite dans son ADN (mais qui semble en voie d'amélioration), car les clients n'accepteront de jouer le jeu des suggestions et des idées que s'ils se sentent écoutés, "concrètement". Le renfort de l'équipe en charge des médias sociaux, qui passe de 2 à 4 personnes, devrait pouvoir répondre à cet enjeu dans le domaine du SAV mais l'exercice sera incontestablement plus difficile pour le développement de produits et services innovants !
Malgré ces quelques réserves et interrogations, somme toute bénignes, "SG et Vous" place directement Société Générale dans le peloton de tête des banques françaises qui misent brillamment sur la co-innovation avec leurs clients, en répliquant, plus ou moins fidèlement, une approche qui a prouvé son immense valeur ailleurs dans le monde (par exemple en Australie). Attendons maintenant la moisson d'idées originales qui en découlera !
lundi 2 avril 2012
Tradeo, le Facebook du trading
Après une période plutôt calme (la crise financière y serait-elle pour quelques chose ?), le trading social semble faire un retour en force, ces derniers temps. Quelques jours après le lancement de MeARKET, c'est donc au tour de Tradeo de dévoiler sa plate-forme, dont la cible et l'approche se révèlent légèrement différentes, quoique proches, de celles de sa concurrente.
Ainsi, sur Tradeo, il ne sera question que de trading sur les marchés de devises mais, en contrepartie, les services mis à disposition sont d'une très grande richesse. Tout d'abord, côté "classique", les informations de marché (cours, historiques, actualités...) sont directement intégrées dans le site et les utilisateurs peuvent aussi y surveiller leurs positions et leurs ordres, surtout s'ils adoptent la fonction "Cloud Sync" qui permet d'actualiser leur portefeuille en temps réel grâce à des connexions directes aux principales plates-formes de trading en ligne.
Mais c'est évidemment dans les fonctions sociales que la solution prend toute sa dimension. Tout commence par l'établissement de relations avec des "amis" virtuels et, éventuellement, la création de groupes publics ou privés sur des thèmes spécifiques. Une fois un tel réseau constitué, l'utilisateur pourra suivre les activités de ses membres, notamment leurs positions et transactions (s'ils l'autorisent), les noter et/ou les commenter, voire engager des discussions. Les outils de communication comprennent aussi tchat et messagerie privée, et chaque participant dispose même d'un mur où ses "amis" peuvent poster des informations, des liens, des images, des vidéos...
Si cette description vous rappelle quelque chose, ce n'est probablement pas une coïncidence : selon toutes les apparences, Tradeo est en train de créer un véritable Facebook du trading, n'hésitant pas à dupliquer une partie des fonctions de son modèle, même si la plate-forme permet aussi de partager ses activités sur Twitter et (le vrai) Facebook.
Cette stratégie pourrait s'avérer être un trait de génie car il est probable que les traders, pour intéressés qu'ils soient à partager avec leurs pairs, aient des réticences à s'épancher sur le réseau social généraliste. Et quelle meilleure alternative dans ce cas qu'une copie (plus ou moins conforme), sécurisée, réservée à un public averti ? Si, enfin, la connexion aux principale plates-formes de trading constitue la clé (future) du modèle économique de la startup (moyennant une commission sur les transactions générées), Tradeo a de beaux atouts pour réussir...
Ainsi, sur Tradeo, il ne sera question que de trading sur les marchés de devises mais, en contrepartie, les services mis à disposition sont d'une très grande richesse. Tout d'abord, côté "classique", les informations de marché (cours, historiques, actualités...) sont directement intégrées dans le site et les utilisateurs peuvent aussi y surveiller leurs positions et leurs ordres, surtout s'ils adoptent la fonction "Cloud Sync" qui permet d'actualiser leur portefeuille en temps réel grâce à des connexions directes aux principales plates-formes de trading en ligne.
Mais c'est évidemment dans les fonctions sociales que la solution prend toute sa dimension. Tout commence par l'établissement de relations avec des "amis" virtuels et, éventuellement, la création de groupes publics ou privés sur des thèmes spécifiques. Une fois un tel réseau constitué, l'utilisateur pourra suivre les activités de ses membres, notamment leurs positions et transactions (s'ils l'autorisent), les noter et/ou les commenter, voire engager des discussions. Les outils de communication comprennent aussi tchat et messagerie privée, et chaque participant dispose même d'un mur où ses "amis" peuvent poster des informations, des liens, des images, des vidéos...
Si cette description vous rappelle quelque chose, ce n'est probablement pas une coïncidence : selon toutes les apparences, Tradeo est en train de créer un véritable Facebook du trading, n'hésitant pas à dupliquer une partie des fonctions de son modèle, même si la plate-forme permet aussi de partager ses activités sur Twitter et (le vrai) Facebook.
Cette stratégie pourrait s'avérer être un trait de génie car il est probable que les traders, pour intéressés qu'ils soient à partager avec leurs pairs, aient des réticences à s'épancher sur le réseau social généraliste. Et quelle meilleure alternative dans ce cas qu'une copie (plus ou moins conforme), sécurisée, réservée à un public averti ? Si, enfin, la connexion aux principale plates-formes de trading constitue la clé (future) du modèle économique de la startup (moyennant une commission sur les transactions générées), Tradeo a de beaux atouts pour réussir...
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