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C'est pas mon idée !

vendredi 12 décembre 2014

Quand une banque prévient les découverts

HSBC
Une des récriminations les plus fréquentes des consommateurs vis-à-vis de leur banque concerne les frais liés aux découverts. Il est même une légende (?) selon laquelle il s'agirait d'une de leurs principales sources de revenus… Au Royaume-Uni, HSBC a récemment pris le problème à bras-le-corps et en retire déjà des résultats impressionnants.

Annoncées au cours de l'été et entrées en vigueur le mois dernier (également dans la filiale First Direct), les mesures de simplification mises en œuvre comprennent une meilleure information (notamment un préavis de 2 semaines au minimum avant le prélèvement des agios), une baisse sensible des ponctions opérées sur les comptes débiteurs, des procédures plus justes (par exemple un moratoire sur les frais et intérêts perçus s'ils sont seuls responsables d'un dépassement du découvert autorisé)…

Cependant, la plus originale des nouveautés consiste à alerter le client par SMS – si la banque dispose de son numéro de téléphone mobile et s'il ne s'y oppose pas – lorsqu'il passe dans le rouge et s'expose donc à des charges importantes. L'information est utile en soi mais pourrait rapidement s'avérer frustrante. Alors, dans ce cas, l'établissement accorde un délai de grâce au débiteur, jusqu'à 23:45 le même jour, pour lui permettre de rétablir sa situation (c'est-à-dire revenir dans sa limite pré-négociée) et ainsi éviter les pénalités normalement applicables.

Un mois plus tard, HSBC révèle avoir envoyé 1,2 million de ces messages depuis le lancement du service ! Et, visiblement, ces notifications sont extrêmement utiles, puisque 40% des destinataires ont réagi en approvisionnant leur compte avant que le couperet (et la facture correspondante) ne tombe ! Dans ces conditions, la colère de ces consommateurs, jusqu'à maintenant lourdement sanctionnés pour une simple négligence, devient plus compréhensible. A l'inverse, le système d'alerte est plébiscité.

Une telle expérience devrait inciter toutes les banques à réfléchir en profondeur à leur politique en matière de découverts. Celles qui préféreront fidéliser leurs clients plutôt que de les accabler de frais peuvent envisager un système aussi simple que celui de leur consœur britannique, déjà très efficace (et potentiellement peu coûteux). Elles peuvent aussi opter pour des mécanismes un peu plus élaborés, susceptibles d'accroître encore la satisfaction des utilisateurs. Si cela est possible, pourquoi ne pas proposer, avec l'alerte, de réaliser un virement immédiat depuis un compte d'épargne ?

En allant un peu plus loin, tout en restant dans le domaine du faisable (comme l'esquisse le concept expérimental de « reste à dépenser » de Société Générale), il devrait aussi être imaginable de prédire le découvert avant qu'il ne se produise, grâce à une analyse (même approximative) des comportements financiers du client tels qu'ils ressortent de l'historique de ses transactions. Cet événement pourrait alors devenir une opportunité commerciale contextuelle, pour proposer un crédit à la consommation ou autre…

Parapluie

jeudi 11 décembre 2014

iQuantifi, du PFM au conseil financier

iQuantifi
Une récente levée de fonds nous procure une excellente occasion de (re)découvrir aujourd'hui la startup américaine iQuantifi. Deux ans après sa première apparition à Finovate, sa solution de gestion de finances personnelles (PFM) a en effet mûri, concrétisant sa promesse de devenir un conseiller patrimonial virtuel, accessible à tous.

L'idée d'origine de ses concepteurs part du constat que les outils classiques du genre n'ont qu'une valeur limitée, en se contentant, en général, de proposer un suivi des recettes et dépenses associé à une fonction de budgétisation relativement basique et « théorique ». A l'inverse, l'ambition d'iQuantifi est de permettre à ses utilisateurs d'atteindre effectivement les grands objectifs de vie qu'ils se fixent à court, moyen et long terme, en les aidant concrètement à optimiser leurs finances personnelles, au quotidien.

En pratique, la plate-forme de la jeune société, entièrement automatisée, va d'abord « découvrir » le nouvel inscrit à partir de l'état de ses comptes bancaires, tout comme un service de PFM traditionnel, complété ensuite de quelques questions personnelles, notamment sur ses projets (études, voyage, mariage, achat immobilier, retraite…). Dès lors, sa « timeline » budgétaire va lui présenter non seulement ses recettes et ses dépenses mais également quelques conseils divers et variés, toujours extrêmement précis (payer le solde de telle carte de crédit, investir dans telle action…), qui le rapprocheront de son but.

Page d'accueil iQuantifi

Dans une certaine mesure, le concept est assez proche de ce que proposent les acteurs émergents du conseil en investissement automatisé (Betterment, Motif…). Cependant, outre le spectre plus large de l'approche d'iQuantifi (qui intègre, par exemple, le remboursement des dettes), la principale différence est que, au lieu de fixer des objectifs purement financiers (qui supposent une certaine maturité dans le domaine), les utilisateurs adoptent une perspective directement alignée sur leur plans d'avenir, comme ils le feraient avec un expert en gestion de patrimoine.

Par son positionnement, la startup cible prioritairement les jeunes. Bien sûr, ils seront certainement plus à l'aise avec une approche de conseil automatique que leurs aînés mais, surtout, il sont les plus susceptibles d'avoir besoin d'aide pour planifier leur destin financier, alors qu'il n'ont pas accès aux professionnels, dont les prestations sont réservés aux clients (plus ou moins) fortunés. Encore une fois, le nouvel entrant cible donc, avec un modèle à coûts réduits, des populations peu ou mal servies par les offres existantes.

Le plus grande défi que doit affronter iQuantifi est celui de la confiance : comment convaincre les utilisateurs de la qualité des conseils prodigués ? La société choisit pour ce faire (au moins en partie) une solution de contournement puisqu'elle met sa plate-forme à disposition des institutions financières, en marque blanche. Ces dernières gagnent ainsi l'opportunité de combler une lacune dans leurs catalogues, avec une solution qui peut leur permettre de séduire un segment de clientèle hautement désirable…

mercredi 10 décembre 2014

Hello Bank! s'affirme, en Allemagne

Consorsbank
Parmi les 4 « Hello Bank! » européennes déployées par BNP Paribas en 2013, l'approche adoptée en Allemagne, sous la houlette de Cortal Consors, était finalement la seule à vraiment sortir des sentiers battus. Sa différenciation se confirme aujourd'hui avec le lancement de la nouvelle marque fédératrice Consorsbank.

Le changement de nom représente une étape supplémentaire dans la transition – esquissée lors de la création de « Hello Bank! » outre-Rhin – d'un spécialiste du trading en ligne vers une plate-forme complète de services financiers. La présentation de l'offre reflète cette évolution, en plaçant sur un pied d'égalité les outils d'investissement historiques et les produits bancaires plus récents, tels que comptes courants et d'épargne. Pour les clients, les deux domaines sont également intégrés au sein de l'espace web et de l'application mobile qui leur sont réservés.

Beaucoup plus intéressant, Consorsbank profite de ce ré-habillage complet pour lancer de nouveaux services, originaux et (pour certains) exclusifs, concrétisant le résultat de la démarche de co-création qui avait accompagné le démarrage de la banque il y a 18 mois (et qui devrait être renforcée). On peut certainement regretter, comme souvent avec les grandes institutions financières, un délai de mise en œuvre bien long (si, toutefois, je ne fais pas erreur sur les dates par la faute de mon allemand déficient). Quoi qu'il en soit, l'attente en valait largement la peine.

Accueil Consorsbank

Sans revenir sur les fonctions de gestion de budget, qui s'avèrent relativement traditionnelles, ni sur l'espace communautaire dans lequel les clients peuvent poser leurs questions et dialoguer entre eux, le premier ajout notable consiste en une offre d'assurance « digitale ». Conçue en partenariat avec BNP Paribas Cardif (la compagnie d'assurance du groupe), celle-ci est destinée à protéger la vie numérique des adhérents et de leur famille, notamment vis-à-vis des utilisations frauduleuses de leurs cartes bancaires ou encore des tentatives d'usurpation d'identité.

Enfin, la véritable pépite de la nouvelle enseigne est une solution de crowdfunding, fournie par SeedMatch, plate-forme spécialisée leader en Allemagne. Proposée comme un véhicule d'investissement original, permettant de financer (en capital) des startups, à partir de 250 euros, elle complète intelligemment le catalogue de Consorsbank, à la frontière entre les produits d'épargne assez basiques de Hello Bank! et les outils de trading de Cortal Consors. Et la finance participative fait ainsi une entrée officielle et remarquée dans la banque…

Depuis ses débuts, l'initiative menée en Allemagne promettait une vision différente des services financiers. Avec son extension, il semblerait que cette stratégie s'avère payante. Cela rend d'autant plus regrettable que les autres « Hello Bank! » (en France, Belgique et Italie) n'ait pas tenté une approche aussi disruptive, qui leur aurait peut-être permis de mieux s'imposer sur leurs marchés respectifs. D'ailleurs, il n'est peut-être pas trop tard : ne serait-il pas possible maintenant de s'inspirer de Consorsbank pour les relancer ?

mardi 9 décembre 2014

Barclays recycle ses agences désertées

Barclays Bank
Les banques traditionnelles sont désormais toutes confrontées à une importante désaffection de leurs réseaux d'agences, qui les conduit à s'interroger sur leur avenir. La majorité d'entre elles persiste à chercher les moyens de leur donner un nouveau rôle dans le monde numérique. A l'opposé, Barclays commence à tourner la page…

Au premier abord, l'annonce que vient de faire la banque britannique est relativement anodine. Pourtant, sous couvert de la réallocation de ses locaux non (ou sous-) utilisés à l'hébergement temporaire de startups et autres entreprises des environs, en particulier dans des domaines sociaux et communautaires, ce sont bien d'anciennes agences qui sont concernées. Lorsqu'elle précise que la salle des coffres du premier de ces lieux a été convertie en atelier de fabrication, le doute n'est en effet plus permis.

En soi, l'initiative est tout à fait louable. Plutôt que de laisser des bureaux plus ou moins à l'abandon, il est certainement plus sensé pour Barclays de les mettre (gratuitement) à la disposition de structures qui en ont besoin, dans un contexte d'explosion des coûts des loyers. La démarche est facilitée par le partenariat établi avec 3Space, une association qui s'est fait une spécialité de ce modèle de gestion immobilière alternative. Le premier espace « offert » aux entrepreneurs est déjà opérationnel, à Oxford, et il est prévu que trois autres ouvrent dans le courant de 2015.

Barclays Hatch

Afin de donner plus de sens à son action et promouvoir la création et l'innovation, la banque n'hésite pas à investir un minimum dans l'aménagement de ses locaux, en vue de leur reconversion. Les organisations accueillies y trouveront ainsi des zones de co-travail, des salles de réunion (entièrement équipées, notamment pour la visioconférence), des ateliers (avec outillages divers et variés, dont des machines à coudre et une imprimante 3D)…, complétés par un support actif sur différents sujets – assuré par quelques collaborateurs de Barclays – et même un accès à des mentors.

Quoi qu'en pensent les banquiers qui s'échignent à en réinventer le concept pour le 21ème siècle, l'ère des agences à chaque coin de rue sera bientôt révolue. Parmi les multiples défis que cette mutation induira, le devenir des points de vente ne sera pas le moindre. Si, pour certaines, l'abandon pur et simple peut être une solution, les opportunités de transformation en lieux d'accueil spécialisés ne devraient pas être négligées, dessinant alors une nouvelle mission pour les banques (qu'il restera néanmoins à valoriser).

Que cela concerne des locaux dans leur intégralité, comme dans le cas de Barclays, ou seulement une partie des agences, commme l'ont déjà expérimenté Umpqua Bank ou St George Bank, l'accompagnement des entrepreneurs peut constituer une piste intéressante à explorer.

lundi 8 décembre 2014

MasterCard crée un lab d'innovation en Afrique

MasterCard
L'omniprésence des banques dans nos vies et les dérives de quelques-unes nous le font parfois oublier, mais l'accès aux services financiers représente un important facteur de développement dont les pays émergents manquent encore cruellement. L'installation par MasterCard d'un lab d'innovation au cœur de l'Afrique de l'Est pour remédier à cette carence représente donc un pas dans la bonne direction.

Dans le monde, ce sont environ 2,5 milliards d'individus qui ne peuvent compter que sur les espèces dans leur vie quotidienne, avec tous les surcoûts, aléas, risques et autres inconvénients que cela implique. En comparaison, l'exemple du porte-monnaie mobile M-Pesa au Kenya, parmi quelques autres, a démontré combien des moyens simples de mieux gérer les flux d'argent pouvait avoir un impact extraordinaire sur la vie des populations qui se trouvent à l'écart des circuits financiers traditionnels.

Le lab d'innovation de MasterCard, financé à hauteur de 11 millions de dollars par la fondation Bill & Melinda Gates, a pour ambition d'aider à la création de nouvelles opportunités. Celles-ci devront apporter des outils pratiques et peu coûteux permettant aux plus de 100 millions de personnes constituant sa cible privilégiée de se construire un avenir plus stable. En pratique, la structure viendra en appui aux entrepreneurs, gouvernements et organisations diverses de la région dans la concrétisation de leurs idées, idéalement en vue d'un déploiement global.

MasterCard Africa Lab

L'ouverture du lab, qui s'inscrit dans un réseau que MasterCard déploie en différents lieux de la planète, arrive à point nommé dans un contexte où convergent une créativité bouillonnante en matière d'inclusion financière (et de services financiers alternatifs en général), des innovations technologiques favorisant le développement de solutions adaptées, l'émergence d'un écosystème actif de startups en Afrique… et le besoin pour les entreprises historiques de trouver des relais de croissance face à la stagnation observée dans les pays les plus riches.

En plus des fonds alloués directement aux efforts de recherche et développement, la fondation Gates prévoit une réserve de 8 millions de dollars afin d'accompagner les projets qui passeront du stade de l'étude à celui de l'incubation. En dépit de l'implication d'une institution financière qui a ses propres intérêts, la participation à l'initiative d'un organisme à but non lucratif devrait ainsi garantir une certaine indépendance dans son fonctionnement (par ailleurs promise par MasterCard). Il s'agit évidemment d'une condition indispensable pour une efficacité maximale…

dimanche 7 décembre 2014

BNZ crée avec ses clients, littéralement

BNZ
Face à la demande de leurs clients pour des applications mobiles toujours plus riches et plus performantes, les institutions financières adoptent rapidement de nouvelles méthodes de développement logiciel, dites agiles. Dans les équipes « digitales » de BNZ, les limites sont encore repoussées lors de ses journées de l'innovation annuelles.

En fonctionnement normal, la réalisation des différents titres mis à disposition dans les AppStores repose sur une approche désormais largement répandue dans les grandes entreprises, même si toutes n'en ont pas une totale maîtrise. Interactions directes entre demandeurs et concepteurs, cycles de création courts, flexibilité dans les spécifications… sont quelques-unes des recettes de ces nouveaux modes de travail, remplaçant processus figés, plans de route et cahiers des charges trop rigides.

À cette base, la banque néo-zélandaise ajoute depuis quelques semaines un outil supplémentaire, BNZ Community, prenant la forme d'un espace de dialogue ouvert sur internet. Grâce à celui-ci, les échanges entre les développeurs d'applications et les utilisateurs prennent une autre dimension. Ils ne sont plus circonscrits à des interlocuteurs internes prenant la parole pour le compte des clients, les internautes peuvent exprimer directement leur avis et participer effectivement à la définition et la mise au point des services qui leur sont destinés.

La démarche culmine lors des journées de l'innovation que le département numérique de BNZ réserve chaque année à des projets sortant des sentiers battus, poussés par la passion de ses collaborateurs. Une autre particularité de ces sessions est qu'elles impliquent un engagement intime avec les clients de l'établissement. L'objectif fixé aux petites équipes constituées pour l'occasion est de concrétiser une idée en 2 jours, puis de la présenter aux autres membres en vue d'une éventuelle intégration en production.

Co-création à BNZ

Le cas d'une des fonctions récemment ajoutées dans l'application phare de la banque permet de mieux comprendre le concept. Le groupe qui en est à l'origine s'est installé dans une agence de Wellington. Là, ils ont commencé à développer un prototype et l'ont présenté aux clients de passage. A partir des commentaires des 22 visiteurs interrogés, 24 itérations (en 24 heures) plus tard, la direction prise a évolué pour aboutir à une option permettant de changer à la demande le compte associé à la carte bancaire.

Créativité, agilité et immersion : 3 principes simples et essentiels pour imaginer la banque de demain ! L'approche de BNZ combine intelligemment des idées déjà vues ailleurs (rarement dans le secteur financier, cependant), entre 20% Google (en version très allégée) et mode commando à la Nordstrom… Et ses bénéfices ne se limitent pas à la création de nouvelle fonctions. Il s'agit également – et c'est peut-être la leçon la plus importante à en tirer – de favoriser le contact des développeurs avec les réalités, telles qu'elles ne peuvent être exprimées que par des clients.

samedi 6 décembre 2014

Le bitcoin conquiert les banques néerlandaises

Bitcoin
Il n'est plus un secret que (presque) toutes les institutions financières du monde s'intéressent désormais, à un titre ou un autre, au phénomène bitcoin. Selon un récent reportage de RTL (relayé en anglais par CoinDesk), trois des plus importantes banques néerlandaises en seraient même déjà au stade de l'expérimentation.

Apparemment, ABN Amro, ING et Rabobank exploreraient, indépendamment les unes des autres, les opportunités de la crypto-monnaie et du « blockchain » (le mécanisme de « grand livre » décentralisé au cœur du protocole bitcoin) en vue de faire évoluer leurs systèmes de paiement. Il n'est toutefois pas question de déploiement, à court terme. Il s'agit tout au plus, dans un premier temps, de les étudier et d'en maîtriser les concepts (bien que Rabobank teste également, en parallèle, la solution de Ripple).

Comme l'exprime un responsable d'ING, les modes de paiement en vigueur aujourd'hui sont nés dans les années 70-80. Ils ont évolué au fil du temps, notamment en matière d'accélération des traitements (grâce à l'automatisation croissante), mais il est indispensable de continuer à progresser pour répondre aux nouveaux besoins des clients. La promesse de transactions exécutées en quasi temps réel grâce aux approches P2P (pair à pair) des crypto-monnaies est séduisante. Il reste néanmoins, pour la banque, à en valider tous les aspects avant de se lancer dans l'aventure.

Dans le cas d'ABN Amro, la perspective est légèrement différente puisque la principale motivation exprimée est de « surveiller » les concurrents émergents. Une multitude d'acteurs non issus du secteur financier traditionnel développent des solutions originales, qui viennent défier les banques sur leurs domaines réservés. Avec bitcoin comme avec d'autres technologies disruptives, les établissements historiques doivent impérativement identifier ces menaces, afin de ne pas se laisser surprendre lorsqu'elles déferleront.

Dans ce paysage, un obstacle ne tardera probablement pas à se dresser sur la route des pionniers : le régulateur. Aux Pays-Bas, la position de la banque centrale en la matière est extrêmement claire : si les banques peuvent expérimenter les technologies – « blockchain » compris – autant qu'elles le souhaitent, il est absolument hors de question que les transferts d'argent dans le pays échappent à son contrôle. Il faudra donc encore faire preuve de créativité pour profiter des avantages des crypto-monnaies tout en respectant la réglementation…

Il devient de plus en plus indubitable que le bitcoin aura des répercussions profondes sur nombre de pratiques séculaires du secteur financier. Que les banques conduisent déjà des expérimentations en est un signe fort et visible. Le régulateur devra rapidement s'aligner sur la tendance s'il ne veut pas créer un système à deux vitesses susceptible de laisser les institutions traditionnelles en position de faiblesse, favorisant ainsi directement la dérégulation technologique

Reportage RTL Nieuws

Information repérée grâce à J. Jegher (thanks!)

vendredi 5 décembre 2014

Que la révolution mobile commence !

Forrester
7 ans après le lancement de l'iPhone, le smartphone a transformé le monde et, par exemple, toutes les entreprises en contact avec le grand public ont désormais au moins une application sur les AppStores. La révolution mobile est-elle pour autant terminée ? Bien au contraire, elle est tout juste en train de commencer…

Pour le comprendre, commençons par quelques constats, partagés par Julie Ask et Thomas Husson, analystes pour le cabinet Forrester. En premier lieu, il est aujourd'hui indéniable que les consommateurs ont changé de comportements, exigeant un accès permanent, instantané et contextuel aux informations et services dont ils ont besoin. En 2015, plus de 4 personnes sur 10 dans le monde possèderont un smartphone sur lequel beaucoup compteront pour répondre à cette attente.

Les stratégies mobiles déployées par les grandes marques sont-elles au rendez-vous ? Rarement : entre les services qui se contentent de répliquer ce qui existe pour PC et la croyance que tous les clients (voire les prospects) installeront l'application ou consulteront le site web « responsive » concoctés pour eux, la plupart font fausse route. La première réalité à admettre et à prendre en compte est que les mobinautes passent l'essentiel de leur temps sur smartphone dans un tout petit nombre d'applications.

La conséquence de cet état de fait est que les entreprises doivent apprendre à capitaliser sur ce que Forrester nomme les « moments mobiles ». S'il est illusoire d'espérer que les consommateurs adoptent massivement la solution dédiée qui leur est proposée, il faut satisfaire leurs besoins dans d'autres contextes, notamment au cours de leur utilisation des logiciels les plus populaires (si l'intégration est pertinente). Inversement, les applications fréquemment sollicitées (même si ce n'est que par une partie de leur cible) peuvent devenir un support pour les services d'autres acteurs.

Une culture de partenariats va ainsi se développer, entre des entreprises diverses et variées, souhaitant échanger les « moments mobiles » de leurs utilisateurs, afin de maintenir l'engagement de ces derniers en toute circonstance, quelles que soient leurs habitudes et leurs préférences. Un exemple proposé est celui d'une application de voyage (TripIt) pouvant être utilisée pour obtenir des informations sur un vol d'une compagnie aérienne (United) tandis que l'outil de cette dernière pourrait intégrer un service de réservation de VTC (Uber).

Plus profondément, dans une période qui voit des entreprises historiques menacées par de nouveaux entrants, une stratégie mobile ambitieuse est susceptible de constituer un point d'entrée vers la création de modèles d'affaires salvateurs. Il peut s'agir de transformer les processus et, par voie de conséquence, les structures de coûts, ou bien de créer des services entièrement nouveaux, inconcevables auparavant. Dans tous les cas, les moyens à mettre en œuvre pour mener à bien la transition seront importants : des budgets en dizaines (ou même centaines) de millions d'euros sont à prévoir.

Stratégie mobile

jeudi 4 décembre 2014

Un beacon pour mieux accueillir les handicapés

Barclays Bank
Alors que les banques – parmi d'autres acteurs de la relation de proximité – commencent à s'éveiller aux opportunités qu'offrent les « beacons » pour leurs agences, leurs idées se résument généralement à alerter le conseiller de l'arrivée de son client. Barclays leur a (enfin !) trouvé un usage un peu plus original.

Dans le cadre de ses premières expérimentations avec la technologie – qui, rappelons-le, consiste en une balise permettant de localiser et identifier les smartphones des utilisateurs qui passent dans son voisinage – la banque britannique choisit de l'utiliser en priorité pour aider ses clients handicapés, avec un service réellement innovant. Sachant que, selon les statistiques officielles du Royaume-Uni, ce sont 20% des citoyens qui souffrent d'une incapacité (même si toutes ne sont pas invalidantes), leurs besoins spécifiques méritent certainement d'être pris en compte.

Le dispositif mis en œuvre reste simple. Les personnes intéressées peuvent télécharger une application sur leur téléphone, dans laquelle elles vont préciser leurs exigences particulières et, si elles le souhaitent (car rien n'est obligatoire), ajouter une photo permettant au personnel de la banque de les reconnaître. Une fois cette étape accomplie, dès qu'elles se présenteront dans une agence Barclays, un chargé d'accueil, armé d'une tablette, saura immédiatement anticiper leurs besoins et faciliter leur visite.

Barclays - Accessibilité sur iPhone

La démarche qui a conduit au développement de ce concept est elle-même digne d'intérêt. Le prototype a en effet été conçu en réponse à la demande d'un client (et, supposons-le, avec lui) qui était lassé de devoir rappeler ses exigences d'accessibilité à chacun de ses rendez-vous. Dans un premier temps, un prototype est déployé dans une seule agence (celle du premier demandeur, naturellement) et l'expérience s'étalera sur 3 mois avant qu'une décision ne soit prise quant à une possible généralisation.

Les initiatives en faveur des personnes souffrant de handicap sont une bonne pratique non seulement vis-à-vis des clients concernés (dont le nombre ne fera qu'augmenter avec le vieillissement de la population) mais également en termes d'image de marque et de communication. Or, les « beacons » se prêtent parfaitement à une action utile dans ce domaine, en apportant des bénéfices concrets (même s'ils restent modestes) sans engager des moyens disproportionnés.

Incidemment, grâce à ce premier essai, l'occasion est excellente pour la banque de familiariser ses clients – ou au moins une partie d'entre eux – avec cette nouvelle technologie, autour d'un cas d'usage qu'ils ne pourront qu'apprécier. Par la suite, une fois l'« accoutumance » installée, il deviendra beaucoup plus facile de leur proposer d'autres applications, éventuellement plus commerciales…

mercredi 3 décembre 2014

BoursoShop, l'e-commerce entre dans la banque

Boursorama
Quand la plupart des banques traditionnelles sont sur la défensive face aux tentatives d'acteurs externes de piétiner leurs plates-bandes, certaines de leurs consœurs « 100% en ligne » commencent à passer à l'attaque. L'ouverture par Boursorama d'une e-boutique réservée à ses clients est un bel exemple de ce nouveau mouvement.

Pour son lancement, la plate-forme « BoursoShop » propose ainsi la réservation et l'achat des véhicules d'occasion d'ALD Automotive, la filiale du groupe Société Générale – tout comme Boursorama – dédiée à la location de longue durée et la gestion de parc automobile. La boutique est accessible directement depuis l'espace de banque en ligne (après identification) et est adaptée à une consultation sur tout type de terminal fixe ou mobile, micro-ordinateur, smartphone ou tablette.

Loin de se résumer à un simple site de vente sur internet comme les autres, BoursoShop offre quelques avantages spécifiques, du fait de son origine. Ainsi, outre les promesses de réductions exclusives, le parcours d'achat, dont plus particulièrement l'étape (cruciale) de paiement, se trouve considérablement simplifié, tout en assurant une sécurité renforcée. En effet, grâce à une intégration bancaire totalement invisible de l'utilisateur, toute saisie d'information superflue peut être évitée. Cet argument intéressera autant les consommateurs que les marchands.

Boursoshop

L'expérience avec ALD n'est qu'un début et Boursorama confirme son intention de développer rapidement son dispositif de commerce en ligne vers d'autres univers de consommation. Les futures initiatives s'inscriront dans la lignée des bases déjà posées : intégration systématique de promotions instantanées (qui introduisent une petite touche d'élitisme, rappelant le principe des sites de ventes privées) et simplicité du processus d'achat, qui sera d'autant plus séduisant pour les utilisateurs mobiles.

Dans l'univers numérique, les frontières entre les secteurs d'activités s'effritent progressivement. Les aventures de quelques géants de la distribution dans les services financiers (par exemple Walmart aux États-Unis ou Tesco au Royaume-Uni) ont ouvert la voie dans un sens, il semble logique que les banques tentent de profiter à leur tour de leur position privilégiée (d'opérateur de confiance) pour offrir des services additionnels à leurs clients, surtout lorsqu'elles peuvent optimiser l'expérience utilisateur d'une manière dont elles sont (presque) seules capables.

La tendance est tout juste émergente mais Boursorama rejoint dans cette approche quelques autres précurseurs (dont Bank Zachodni WBK, en Pologne, sur un modèle un peu différent, focalisé sur le mobile).

Information repérée grâce à F. Bois (merci !)